[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur économie, écologie, gouvernance, démographie, sociologie, éducation, recherche, droit, UE & international + 2 publications (vendredi 29 octobre)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Ven 29 Oct 08:00:42 CEST 2021


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Deepfakes géographiques : l’intelligence artificielle menace-t-elle la crédibilité de l’imagerie satellite ? <https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/10/13/deepfakes-geographiques-l-intelligence-artificielle-menace-t-elle-la-credibilite-de-l-imagerie-satellite_6098191_4408996.html>, Le Monde, Pixels, 13/10/21, 20h18
2- Environnement : Se mettre au vert dans les musiques actuelles <https://www.la-croix.com/Environnement-mettre-vert-musiques-actuelles-2021-10-13-1301180510>, AFP, 14/10/21, 10:00
3- Avant la COP26, le prince William critique la course au tourisme spatial <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/avant-la-cop26-le-prince-william-critique-la-course-au-tourisme-spatial_158264>, AFP, 14/10/21, 15:00
4- Bertrand Piccard au JDD : "L'écologie est la force motrice autant de notre société humaine que de l'économie" <https://www.lejdd.fr/Societe/bertrand-piccard-au-jdd-lecologie-est-la-force-motrice-autant-de-notre-societe-humaine-que-de-leconomie-4071882>, Le JDD, 16/10/21, 22h00
5- Tribune. La chanteuse Amalya, de The Voice : "Qu'avons-nous fait à notre planète ?" <https://www.lejdd.fr/Societe/tribune-la-chanteuse-amalya-de-the-voice-quavons-nous-fait-a-notre-planete-4071898>, Le JDD, 16/10/21, 23h15
6- Placements en faveur du climat : gare au « greenwashing » <https://www.lemonde.fr/argent/article/2021/10/18/placements-en-faveur-du-climat-gare-au-greenwashing_6098776_1657007.html>, Le Monde, 18/10/21, 07h12 
7- Glasgow, le temps de l’arraisonnement…au vivant ? <https://3kwcu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/PkwYYBF4OfHXEwKpEXfABD-Y9zKERud7z9pEr04HCeR7TJbu3dH8H1-Vc2kmhacJZiFU8XffuKfcEYa0fo31L84rlH0kwxVxJtkBVAS-i6LTQ8UO69l9HBKrepvWPWKkap32teys>, Lettre de TEK4life, 19/10/21, 08:00
8- Entretien. Fanny Parise : "le métaverse de facebook est un risque pour nos démocraties" <https://www.novethic.fr/actualite/numerique/donnees-personnelles/isr-rse/fanny-parise-le-metaverse-de-facebook-est-un-risque-pour-nos-democraties-150249.html>, Novethic, 19/10/21
9- Fragments de France. Face à sa nouvelle communauté écologiste, Saint-André entre deux eaux <https://www.lemonde.fr/fragments-de-france/article/2021/10/20/face-a-sa-nouvelle-communaute-ecologiste-saint-andre-entre-deux-eaux_6099141_6095744.html>, Le Monde, 20/10/21, 06h00
10- "Cousteau", plongée dans la vie du légendaire commandant au bonnet rouge <https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211020-cousteau-plong%C3%A9e-dans-la-vie-du-l%C3%A9gendaire-commandant-au-bonnet-rouge>, AFP, 20/10/21, 09:00
11- Les entreprises déplorent le cercle vicieux de l’envolée du prix du CO2 <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/les-entreprises-deplorent-le-cercle-vicieux-de-l-envolee-du-prix-du-co2_6099210_3234.html>, Le Monde, 20/10/21, 11h33 
12- Comment 1 % les plus riches pourraient sauver la Planète <https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/gaz-effet-serre-1-plus-riches-pourraient-sauver-planete-94293/>, Futura-sciences, 20/10/21
13- Tribune. "Le recours au judiciaire souligne l’absence d’institutions de gouvernance de nos grands communs que sont le climat ou la biodiversité <https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/22/le-recours-au-judiciaire-souligne-l-absence-d-institutions-de-gouvernance-de-nos-grands-communs-que-sont-le-climat-ou-la-biodiversite_6099459_3232.html>", Le Monde, 22/10/21, 06h00 
14- Orsted, récit d’une transition écologique à marche forcée d’un énergéticien danois <https://www.lemonde.fr/energies/article/2021/10/22/orsted-recit-d-une-transition-ecologique-a-marche-forcee-d-un-energeticien-danois_6099444_1653054.html>, Le Monde, 22/10/21, 06h18 
15- ELA, le syndicat basque qui a placé la transition écologique au cœur de sa stratégie <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/22/ela-le-syndicat-basque-qui-a-place-la-transition-ecologique-au-c-ur-de-sa-strategie_6099491_3234.html>, Le Monde, 22/10/21, 10h27
16- Avec sa taxe carbone aux frontières, l’Union européenne est accusée de protectionnisme <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/23/avec-sa-taxe-carbone-aux-frontieres-l-union-europeenne-est-accusee-de-protectionnisme_6099634_3234.html>, Le Monde, 23/10/21, 11h30 
17- Transition écologique : l'avis du CESE sur les évolutions nécessaires du modèle publicitaire <https://www.cbnews.fr/conseil/image-transition-ecologique-avis-du-cese-evolutions-necessaires-du-modele-publicitaire>, CBNews, 24/10/21, 18:13
18- Olivia Grégoire : « Il faut accepter que la France ne puisse pas édicter seule les règles du monde entier sur le climat » <https://usbeketrica.com/fr/article/olivia-gregoire-il-faut-accepter-que-la-france-seule-ne-puisse-pas-edicter-les-regles-du-monde-entier-sur-le-climat>, Usbek & Rica, 24/10/21
19- Tribune. Benjamin Coriat : « De la difficulté de soumettre à une analyse coût/bénéfice toute mesure contre le dérèglement climatique » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/29/benjamin-coriat-de-la-difficulte-de-soumettre-a-une-analyse-cout-benefice-toute-mesure-contre-le-dereglement-climatique_6100300_3232.html>, Le Monde, 29/10/21, 06h15 
En audio
20- Qu’est-ce que l’effet rebond ? <https://www.franceculture.fr/emissions/le-pourquoi-du-comment-economie-social/qu-est-ce-que-l-effet-rebond>, France Culture, Le pourquoi du comment, 18/10/21
Deux publications
21- Réaliste - Soyons logique autant qu'écologique <https://www.editions-stock.fr/livres/essais-documents/realiste-978223409244>, de Bertrand Picard, Editions Stock, 20/10/21
22- Et après ? - Pour un capitalisme citoyen <https://www.lisez.com/auteur/olivia-gregoire/158303>, d’Olivia Grégoire, Éditions Le Cherche-Midi, 21/10/21

Bien à vous,
Florence

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CITATIONS DU JOUR : — "Certains des plus grands cerveaux et esprits de ce monde doivent essayer avant tout de réparer cette planète, pas essayer de trouver le prochain lieu où aller vivre", a déclaré le prince William. (cf. item 3)
— "Il faut réconcilier l'écologie et l'industrie, pour développer une écologie rentable et une industrie écologique", prône Bertrand Piccard, fondateur et président de Solar Impulse. (cf. item 4 & 21)
MÉTAMORPHOSE DU JOUR : Le groupe danois Orsted, dont 85 % de la production reposait en 2009 sur les énergies fossiles et 15 % sur le renouvelable, a réussi à inverser la balance pour devenir le numéro un mondial de l’éolien offshore. (cf. item 14)
RADICALITÉ DU JOUR : Face à l’urgence climatique, le syndicat basque ELA, avance « la nécessité d’un changement de système de production, de distribution et de consommation ». (cf. item 15)
ÉTUDE DU JOUR : Les produits reposant sur des indices boursiers climatiques relèvent largement du greenwashing, affirme une étude de l’Edhec, qui s’intéresse à la construction de ces indices. (cf. item 6 & suite)
ENGAGEMENT DU JOUR : On compte aujourd’hui 206 chefs d’entreprises à avoir adopté le statut d’entreprise à mission ouvert par la Loi Pacte en France. (cf. item 7)
QUESTIONNEMENT DU JOUR : Les entreprises très émettrices de CO2 pourront-elles appliquer les nouvelles normes de Bruxelles, sans compromettre une compétitivité souvent plus faible que celle de leurs concurrentes asiatiques ? (cf. item 11)
AVIS DU JOUR : Le Comité économique et social européen (CESE) a publié un "avis d’initiative", voté en plénière à l’unanimité des membres, sur les évolutions nécessaires du modèle publicitaire européen pour le rendre davantage compatible avec les enjeux de la lutte contre le dérèglement climatique. (cf. item 17 & suite)
TENSION DU JOUR : Le projet de taxe carbone aux frontières, présentée par Bruxelles comme une "contribution à la diminution des émissions au niveau mondial", a été qualifié de mesure "protectionniste" et "discriminatoire" par plusieurs pays émergents. (cf. itelm 16)
LEVIER DU JOUR : Les 1 % les plus favorisés sont responsables de 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Mais ce sont aussi eux qui concentrent les principaux leviers d’action pour  résoudre la crise climatique. (cf. item 12)
ENTRETIENS DU JOUR : — Pour l'anthropologue Fanny Parise, si le métaverse ou monde virtuel via un casque de réalité augmentée, est préempté par les GAFAM, les risques pour nos démocraties sont grands. (cf. item 8)
— À l’occasion de la sortie de son ouvrage, Et après ? Pour un capitalisme citoyen, Olivia Grégoire, Secrétaire d’état chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, livre son analyse sur ces enjeux-clefs pour le futur de l’économie. (cf. item 18 & 22)
TRIBUNE DU JOUR : La juriste Judith Rochfeld estime que l’incapacité à agir pour le climat a rendu nécessaire la saisie de la justice. C’est ce qui s’est produit en France avec « l’affaire du siècle », mais ce mouvement vers les prétoires est aussi observé dans le monde entier. (cf. item 13)
HYPERTRUCAGE DU JOUR : Une équipe de chercheurs américains s’inquiète de l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle pour créer de fausses images satellites. (cf. item 1)
REPORTAGE DU JOUR : A Saint-André-des-Eaux, petit bourg des Côtes-d’Armor, la construction d’un hameau de « maisons réversibles » par des jeunes diplômés divise le village, entre méfiants et enthousiastes. (cf. item 9)
ÉVOLUTION DU JOUR : Des stars et des collectifs concernés par les questions écologiques, du local à l'international, se multiplient dans la filière musicale. (cf. item 2 & 5)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/le-temps-est-venu-lappel-de-nicolas-hulot-pour-poser-les-premieres-pierres-dun-nouveau-monde/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/economies-denergie-au-quotidien-trucs-et-astuces-pour-depenser-moins/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://www.youtube.com/watch?v=FMjygtDmPSM>
> L'APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <http://www.comite21.org/reseau-adherents/actualites.html?id=11056>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/trophees-pour-le-climat-my-positive-impact/>
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1- Deepfakes géographiques : l’intelligence artificielle menace-t-elle la crédibilité de l’imagerie satellite ?, Le Monde, Pixels, 13/10/21, 20h18
Antoine Delaunay

Alors qu’une équipe de chercheurs américains s’inquiète de l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle pour créer de fausses images satellites, des experts en renseignement de sources ouvertes relativisent ces risques. 
L’imagerie satellite est souvent perçue comme un élément de preuve, un instantané témoignant d’événements majeurs tels que les feux de forêt ou la baisse de l’activité humaine causée par la pandémie liée au SARS-CoV-2. Elle ne serait pourtant pas à l’abri des deepfakes, des faux dont le trucage est indiscernable : c’est du moins la thèse défendue par Todd Myers, directeur des systèmes d’information au sein de l’Agence nationale de renseignement géospatial de l’armée américaine.
En 2019, celui-ci assurait lors d’une conférence que la Chine utilisait depuis longtemps l’intelligence artificielle (IA) dans le but de « manipuler des scènes et des pixels pour créer des images à des fins malveillantes » – images que pouvaient être amenés à utiliser, de bonne foi, de nombreux services à destination du grand public dépendant pour leur bon fonctionnement de l’imagerie satellite en source ouverte.
> Lire notre enquête : « Deepfakes » : faut-il avoir peur de ces vidéos trafiquées ?
Todd Myers imagine notamment les conséquences dramatiques d’hypothétiques « semi-remorques » en conduite autonome qui utiliseraient pour leur navigation de fausses images : pour lui, l’avènement des IA capables de produire de tels faux aurait un coût financier faramineux, contraignant tous les utilisateurs de telles données à la collecte et à la vérification auprès de plusieurs sources.
Ce sont ces prédictions alarmistes qui ont éveillé l’attention de Bo Zhao, professeur associé en sciences de l’information géographique à l’université de Washington, à Seattle. Coauteur de l’article « Deep fake geography ? When geospatial data encounter Artificial Intelligence » (« deepfake géographique : quand les données géospatiales rencontrent l’intelligence artificielle »), publié en avril, il se questionne depuis sur « la façon de détecter de fausses images ».
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/10/13/deepfakes-geographiques-l-intelligence-artificielle-menace-t-elle-la-credibilite-de-l-imagerie-satellite_6098191_4408996.html>
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2- Environnement : Se mettre au vert dans les musiques actuelles, AFP, 14/10/21, 10:00

Le chemin est encore long mais les préoccupations environnementales montent le son dans les musiques actuelles, des messages de sensibilisation de stars comme Billie Eilish aux petits gestes comme éviter l'autocollant superflu sur une pochette de vinyle.
Aujourd'hui, les collectifs concernés par les questions écologiques, du local à l'international, se multiplient dans la filière. "Alors qu'il y a 10 ans, c'était : +Ca va, on ne fabrique pas des porte-avions !+", rappelle Clémence Meunier, de la branche française de Music Declares Emergency (MDE), prenant la parole au forum sur la transition écologique du festival parisien MaMA (pour Marché des musiques actuelles). 
MDE, parti d'Angleterre en 2019, est un mouvement d'artistes, de professionnels et de structures de la musique mobilisés pour déclarer l'état d'urgence au niveau climatique et écologique. MDE a rapidement fait parler de lui médiatiquement avec des signataires célèbres tels Billie Eilish ou Massive Attack. On voit actuellement sur le site le bassiste des Strokes ou encore Brian Eno arborer un t-shirt siglé "No music on a dead planet" ("Pas de musique sur une planète morte"). 
L'idée est "de se servir de la voix des artistes, qui touchent peut-être plus facilement le public qu'un rapport des experts du Giec (groupe des experts climat de l'Onu), notre public est partout, rares sont les gens qui n'écoutent pas de musique", comme le résume au MaMA Clémence Meunier. 
Des organismes comme MDE, comme le dit cette journaliste, s'attachent à "sensibiliser le public et les pros" sur des points comme "la mobilité".
- Question des transports -
Car "les transports sont la première source d'émission de gaz à effet de serre dans le spectacle vivant", comme le souligne au MaMA Solweig Barbier, cofondatrice de l'association Arviva (Arts vivants, Arts durables), née en 2020.
Du côté des pros, il s'agit comme elle le souligne de "rationaliser pour éviter de faire des tournées en Chine et aux USA à tire-larigot". Le groupe Coldplay avait récemment promis de veiller à ses trajets aériens. Et du côté du public, il faut trouver des alternatives aux véhicules individuels. 
Solweig Barbier illustre ce dernier point et une solution possible avec son autre casquette de secrétaire générale de la Grange au Lac, salle de spectacle à Evian-Les-Bains, construite à flanc de roche. "Personne ne va venir à vélo (sourire), donc il faut inciter les gens à prendre une navette où un pré-spectacle leur sera présenté".
Elle insiste aussi sur les formes à mettre dans les messages à passer. "Je suis basée à Evian-Les-Bains, ville où on vend de l'eau dans des bouteilles en plastique, donc plutôt que dire +Il faut arrêter les bouteilles d'eau en plastique+, on dit +Dans une gourde (réutilisable), l'eau est plus fraîche+".
- Question d'échelle -
Ces différents collectifs, comme l'expose Mme Meunier, doivent mutualiser "les ressources et connaissances". Mme Barbier acquiesce : "On (les pros de la filière) tourne dans les mêmes endroits, il faut donc trouver (et répertorier) des hôtels qui n'utilisent pas trop de linge (donc utilisent moins d'eau, de détergents...), n'allument pas la lumière inutilement, limitent l'usage du plastique, etc.". 
Présente à la table ronde, Lucie Bouchet-Dahan, chargée de missions dans la commercialisation culturelle et le développement durable appliqué au secteur, décortique aussi ce que chacun peut faire à son niveau : l'artiste "Emily Loizeau, pour ses vinyles, a évité le sticker (autocollant) qui ne sert à rien, c'est un bon exemple". 
Ces expertes présentes au MaMA sont lucides sur les défis à relever. "Quand, sans citer de nom, on arrive à 30.000 personnes par soir dans un festival, se pose la question de l'échelle et de la provenance du public, c'est encore un peu tabou", dit Mme Bouchet-Dahan.
Elles ne sont pas dupes non plus des déclarations d'intention de certains acteurs de la filière pour se donner bonne conscience. Trop souvent encore, "quand on pose la question +Qui veut du changement ? + Tout le monde dit +Oui+. Quand on dit +Qui veut changer ? + Il n'y a plus personne", conclut Solweig Barbier.
<https://www.la-croix.com/Environnement-mettre-vert-musiques-actuelles-2021-10-13-1301180510>
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3- Avant la COP26, le prince William critique la course au tourisme spatial, AFP, 14/10/21, 15:00

Le prince William, un des petits-fils de la reine Elizabeth II, a critiqué jeudi la course au tourisme spatial, appelant à se concentrer plutôt sur les problèmes de la planète avant la grande conférence sur le climat (COP26) à Glasgow. 
"Certains des plus grands cerveaux et esprits de ce monde doivent essayer avant tout de réparer cette planète, pas essayer de trouver le prochain lieu où aller vivre", a déclaré William, 39 ans, dans un entretien avec la BBC avant la première édition dimanche de son prix Earthshot pour récompenser des solutions à la crise climatique.
Cette critique intervient après un voyage de quelques minutes dans l'espace effectué mercredi par l'acteur de la série culte Star Strek William Shatner à bord d'une fusée de Blue Origin. Il est devenu, à 90 ans, la personne la plus âgée à atteindre l'ultime frontière. 
Il s'agissait du deuxième vol habité de la fusée du milliardaire américain Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, qui entend s'imposer comme un acteur incontournable dans le secteur convoité du tourisme spatial où concourent également les milliardaires britannique Richard Branson et américain Elon Musk.
Avant la COP26, le prince William, deuxième dans l'ordre de succession au trône britannique, s'est aussi joint à l'appel en faveur du climat de son père le prince Charles, dont il a loué l'action de longue date en faveur de l'environnement.
"La route n'a pas été facile là-dessus et je pense que vous savez qu'il était en avance, bien avant son temps en mettant en garde contre certains de ces dangers", a-t-il déclaré. 
"Ce serait un désastre absolu" que George, fils aîné de William, ait à se trouver "là à parler avec vous dans 30 ans, à répéter les mêmes choses, parce que d'ici-là, il sera trop tard", a dit le prince. 
Avant la conférence de l'ONU sur le climat, prévue à partir du 31 octobre, le prince William a aussi exhorté les dirigeants du monde à passer à l'action, et à ne pas se contenter de "belles paroles". 
"Je veux que les choses dont j'ai profité, la vie au grand air, la nature, l'environnement, je veux que ce soit toujours là pour mes enfants et pas seulement mes enfants mais les enfants de tout le monde", a-t-il dit. 
"Si on ne fait pas attention, on va voler l'avenir de nos enfants à travers ce que l'on fait maintenant", a-t-il insisté.
Dans une interview accordée à la BBC diffusée lundi, son père le prince Charles, 72 ans, s'est dit inquiet que les dirigeants internationaux qui se réuniront à Glasgow ne "fassent que parler" pendant la COP26, au lieu de prendre des mesures pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
Les cinq lauréats du prix Earthshot seront désignés dimanche à Londres, lors d'une cérémonie retransmise à la télévision. Ils recevront chacun un million de livres (environ 1,18 million d'euros).
<https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/avant-la-cop26-le-prince-william-critique-la-course-au-tourisme-spatial_158264>
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4- Bertrand Piccard au JDD : "L'écologie est la force motrice autant de notre société humaine que de l'économie", Le JDD, 16/10/21, 22h00
Propos recueillis par Marianne Enault

Psychiatre de formation, Bertrand Piccard défend une approche "réaliste" de l'écologie dans un livre à paraître mercredi. "Il faut réconcilier l'écologie et l'industrie, pour développer une écologie rentable et une industrie écologique", prône le fondateur et président de Solar Impulse.  
"L'écologie, c'est comme l'aïkido. Vous connaissez cet art martial japonais?" Pour expliquer sa philosophie, Bertrand Piccard n'est jamais avare d'image. "Mon cheval de bataille, poursuit l'explorateur suisse, médecin psychiatre de formation, c'est de promouvoir l'écologie avec les arguments de ceux qu'on veut convaincre. Dans l'aïkido, on ne tape pas son adversaire. On utilise sa force pour le faire tomber tout seul." Une approche "réaliste" qu'il défend dans un livre argumenté à paraître mercredi*. Après avoir réalisé un tour du monde en avion solaire, le Suisse parcourt la planète pour convaincre ses dirigeants de l'opportunité économique que représente l'écologie. 
> Lire aussi - "L'Affaire du siècle" : ce que signifie la condamnation de l'Etat à "réparer le préjudice écologique"
Lors de la COP26, qui s'ouvre le 1er novembre à Glasgow, il interviendra, au titre de sa Fondation Solar Impulse, pour présenter un plan de développement à l'Ecosse lui permettant d'atteindre ses objectifs climatiques. Il a ensuite rendez-vous à l'Elysée pour détailler, devant Emmanuel Macron, qu'il côtoie fréquemment, des innovations adaptées à la France, piochées parmi les 1.300 solutions propres identifiées par sa fondation. "Il faut réconcilier l'écologie et l'industrie, pour développer une écologie rentable et une industrie écologique", prône-t-il. 
Le fils et le petit-fils d'explorateur - son grand-père a inventé le bathyscaphe avec lequel son père a été le premier à descendre 10.000 mètres sous la surface de l'eau dans la fosse des Mariannes – a fait d'un échange eu, un jour, avec un militant écologiste, son mantra : "Vous essayez d'arriver à tout avec le grand risque de n'arriver à rien. Moi j'essaie peut-être de n'atteindre que la moitié, mais je pense y parvenir."
En matière d'écologie, vous défendez l'esprit pionnier. Quel est-il ?
Chaque fois qu'on doit prendre une décision ou juger une situation, il faut regarder ailleurs que dans nos certitudes, nos croyances et nos habitudes. Dans n'importe quel domaine, l'innovation vient rarement de l'intérieur du système. Enfant, j'ai côtoyé beaucoup d'explorateurs. Mon grand-père et mon père ont accompli des choses qui étaient considérées comme impossibles. Tous m'ont montré à quel point la vie est intéressante si on accepte l'inconnu, si on se remet en question, si on a de grandes visions. 
Quel est votre rapport à l’écologie ? 
J'ai toujours vu mon père et mon grand-père utiliser l'exploration scientifique pour protéger l'environnement. Pour eux, l'écologie était quelque chose de très concret. C'était du bon sens. C'était non politisé. Quand il y a eu les premiers partis verts qui se sont créés dans les années 1980, ça nous paraissait curieux qu'il y ait besoin d'un parti pour l'écologie plutôt que de mettre l'écologie dans tous les partis. 
Vous défendez une écologie réaliste et concrète. Est-ce parce que vous avez vu l'idéalisme de votre père se heurter à la réalité ?
Il a été très déçu que l'écologie devienne à ce point idéologique. Il aurait voulu une écologie concrète, qui réunisse, plutôt qu'une écologie qui divise. Ça a ancré en moi ce désir de prôner une écologie fédératrice, où chacun y trouve son compte, plutôt qu'une écologie constituée de clivages. C'est aberrant de voir l'écologie et l'industrie s'opposer aujourd'hui alors que l'industrie est capable d'apporter des solutions écologiques. Si les industriels perçoivent que la protection de l'environnement est devenue plus rentable que sa destruction, ils se rallieront à la cause écologique sans même avoir besoin de croire au changement climatique! 
Que faut-il faire pour sortir de cette opposition ?
Il faut que les écologistes et les industriels parlent le même langage : celui d'une protection de l'environnement financièrement rentable grâce aux nouvelles opportunités économiques. Il faut que chaque parti politique fasse de l'écologie, qu'on s'attelle à promouvoir l'efficience énergétique, les énergies renouvelables, l'économie circulaire, la gestion des déchets, la rénovation des bâtiments. Ça sert tout le monde : les plus modestes, dont les factures énergétiques diminuent, l'industrie, car ça ouvre de nouveaux débouchés, le politique, car ça crée des emplois, et le monde écologique, car ça protège l'environnement. On doit absolument comprendre qu'aujourd'hui l'écologie est la force motrice autant de not
C'est le discours que vous tenez aux PDG et chefs d'Etat que vous rencontrez régulièrement ? 
Si vous allez vers le monde industriel et que vous dites 'il faut protéger l'environnement', vous aurez à peu près le même résultat que si vous allez vers le monde écologique et que vous dites 'il faut produire davantage pour pouvoir développer l'économie'. Ça ne marche pas, car personne ne se comprend. Il faut voir où est l'intersection des intérêts. Aujourd'hui, vous avez de nouveaux procédés, systèmes, produits, matériaux et appareils qui protègent l'environnement, sont capables de créer des emplois et permettent à l'économie de fonctionner. C'est ce que j'appelle l'écologie réaliste, l'écoréalisme. En faisant ça, vous êtes capables d'obtenir un changement que vous n'êtes pas capable d'obtenir tant que c'est uniquement conflictuel. Si les entreprises comprennent que c'est pour elles plus rentable de protéger l'environnement que de continuer à polluer, elles vont être capables d'évoluer. Si les écologistes comprennent qu'il est possible de pousser les entreprises à devenir plus responsables, plus durables et en même temps plus rentables, ils vont aider les entreprises à faire cette transition. On ira beaucoup plus vite que si on fait une guerre de tranchées. Aujourd'hui, vous avez les écologistes d'un côté, les industriels de l'autr et ça évolue très peu. 
On est conscient des risques liés au changement climatique, on connaît les solutions, mais rien ou presque ne bouge. Pourquoi ?
Le cadre légal des normes et des standards est aussi archaïque que les vieux systèmes polluants que l'on utilise encore. Le résultat est que beaucoup d'entreprises polluent légalement. Pour développer l'écologie fédératrice, les standards environnementaux doivent devenir plus exigeants. Il faut créer une nécessité d'utiliser toutes les nouvelles solutions. Aujourd'hui par exemple, il est légalement autorisé d'avoir des passoires thermiques. D'un côté, les plus démunis paient des fortunes en frais de chauffage, de l'autre, l'énergie est gaspillée. Ça devrait être une norme obligatoire d'avoir des bâtiments neutres sur le plan carbone. L'investissement de départ est amorti par l'économie d'énergie réalisée. 
L'interdiction des passoires thermiques était l'idée des 150 citoyens, mais elle a été édulcorée. Par manque de courage politique ? 
C'est surtout une méconnaissance du fait que toutes ces nouvelles solutions écologiques aujourd'hui sont devenues très rentables. Rien qu'avec les économies d'énergie, d'eau, d'électricité, de fioul, on rentabilise ces investissements. Prenez l'exemple des bus : le bus diesel est moins cher à l'achat qu'un bus électrique, mais sur dix ans d'exploitation le bus électrique est 400.000 dollars moins cher car il y a peu de maintenance et pas de carburant. Ce qui pèche, c'est la peur de faire l'investissement de départ. Il faut investir davantage au départ, mais ensuite on récupère plusieurs fois sa mise. 
Vous êtes psychiatre, vous avez pratiqué pendant plus de vingt ans. Est-ce une incapacité de notre cerveau à penser à long terme ?
Notre monde est un monde de court terme, les mandats politiques sont courts, ceux des directeurs généraux aussi. Par conséquent, c'est difficile de faire du long terme, car c'est le suivant qui en profitera. Mais il devrait être légalement obligatoire. Dans un marché public, au lieu de calculer le coût d'achat on devrait tenir compte du coût du cycle de vie sur dix ans. Le bus électrique devient alors une évidence. 
Vous écrivez que le problème n'est pas tant la société de consommation que son corollaire, le gaspillage ; pour autant, vous ne prônez pas la décroissance. Pourquoi ? 
Il faut faire décroître beaucoup de choses : le gaspillage, l'inefficience, la pollution, la démesure, l'irresponsabilité, le court terme. Mais il faut faire croître la création de valeur et de richesse. Il y a trop de gens démunis, trop d'inégalités. Si on parle de redistribution pour les plus pauvres, il faut bien avoir quelque chose à redistribuer ! Ça m'étonne toujours que ce soient les partis de gauche – qui se préoccupent de la solidarité – qui prônent la décroissance, car il n'y a pas de solidarité s'il n'y a pas de richesse à partager, si on ne crée pas de la valeur. Il faut protéger l'environnement, mais aussi l'être humain. Arrêtons d'associer la décroissance nécessaire des excès avec une décroissance économique, les deux ne doivent pas être liés. 
Vous alertez sur l'inefficience de nos usages aujourd'hui. Quelle est-elle ?
Aujourd'hui on perd, par inefficience, les trois quarts de l'énergie produite, entre le tiers et la moitié de la nourriture, la moitié des matières premières, plus de 95% des déchets. Ça doit s'arrêter ! Les écologistes ont raison de le dire. Philosophiquement, c'est juste. Philosophiquement, nous devons être plus sobres, consommer moins, vivre de manière plus simple. Mais psychologiquement, ce n'est pas comme ça que l'être humain raisonne. La décroissance est une excellente philosophie qui manque de psychologie. Elle ne tient pas compte de la psychologie humaine. Le citoyen ne veut pas moins, il veut mieux à défaut de plus. Certes, dans nos pays d'Europe occidentale, nous avons trop, nous sommes un îlot d'excès. Mais regardez le reste du monde, privé de sécurité sociale, d'assurance santé, de retraite… Comment allez-vous faire passer une philosophie de la décroissance économique à des populations dont le seul rêve est d'avoir la même chose que nous ? 
Que faire ?
Il faut les aider à se développer de manière propre. Pour éviter de reproduire nos excès du XXe siècle, il faut les aider à installer directement chez eux des énergies renouvelables, de l'efficience énergétique, des technologies pour recycler et purifier l'eau potable, des systèmes de recyclage de déchets, une économie circulaire. Si vous faites ça, vous aurez des pays propres mais qui se sont aussi développés économiquement. Grâce à l'écologie, on peut obtenir un développement économique qui profite à tous et à toutes et en même temps protège l'environnement. 
Vous dites qu'il ne faut pas compter que sur les comportements individuels, qui, s'ils changent, le font trop lentement. Pourquoi ?
On n'a pas le temps d'attendre quarante ans qu'une nouvelle génération prenne le pouvoir. Il faut aller beaucoup plus vite. Il y a eu des milliers de Gilets jaunes dans la rue tous les samedis car on voulait augmenter le prix du diesel de 8 centimes. La population n'est pas prête à faire des sacrifices. La décroissance va créer un rejet de l'écologie, et c'est en ça que je la trouve dangereuse. Je suis fondamentalement un écologiste, mais je n'utilise pas les mêmes moyens que certains écologistes. Ce n'est pas comme ça que l'on arrivera au résultat. 
La solution est-elle forcément technologique ?
Parmi les 1.300  solutions identifiées par ma fondation, la plupart ne sont pas high-tech. La majorité d'entre elles relèvent du bon sens, de systèmes, de produits, de matériaux et d'appareils qui sont plus efficients que les anciens. Je ne suis pas un technophile, je ne pense pas que la technologie en elle-même va sauver l'humanité. Certaines technologies peuvent d'ailleurs la détruire. 
Pensez-vous à la géo-ingénierie par exemple ? 
Ceux qui cherchent des réponses technologiques pour permettre de continuer à polluer comme aujourd'hui en compensant cette pollution sont des gens dangereux. Aller saupoudrer les hautes couches de l'atmosphère avec des nanoparticules pour réfléchir les rayons du soleil vers l'extérieur et compenser l'écart de température causé par le CO2 est aberrant. C'est même criminel. Ça induit de continuer à déstabiliser et déséquilibrer la nature, comme on le fait aujourd'hui, et d'utiliser une technique qui déstabilise la nature dans l'autre sens. On déséquilibre la nature des deux côtés. On arrivera forcément à une catastrophe, la nature est plus forte que nous. 
Que vous inspirent les polémiques liées à l'installation des énergies renouvelables, les éoliennes par exemple ?
L'éolien est une source d'énergie très efficiente et très bon marché à condition d'être placé au bon endroit et de ne pas gêner la population. L'offshore est par exemple une excellente solution : il y a plus de vent, ça ne gêne pas le paysage et les blocs de béton moderne utilisés pour les éoliennes favorisent la constitution d'un écosystème marin. Si on fait de l'éolien terrestre, il faut choisir des endroits où la population l'accepte ou là où il n'y a pas de population. On ne peut pas mettre des éoliennes devant le coucher de soleil d'un village. Mais comme les puits de pétrole autrefois, qui étaient installés n'importe où, l'installation des éoliennes va se réglementer. 
Que vous inspire le débat sur le nucléaire en France ?
Le nucléaire est souvent un débat passionnel. J'aimerais le ramener sur le terrain économique : sur la moitié du territoire français, l'éolien et le solaire sont moins chers que le nucléaire. Et donc le nucléaire ne va pas diminuer pour des raisons idéologiques, mais parce que les énergies renouvelables deviennent moins chères. Aujourd'hui, si on veut investir dans la production d'énergie, il faut investir dans le vent, dans le solaire, dans l'hydroélectrique, dans la biomasse et dans la géothermie. Il ne faut plus investir dans les énergies fossiles ou dans la fission de l'uranium, ne serait-ce que pour des raisons purement financières, indépendamment de toute autre considération. 
Emmanuel Macron a pourtant annoncé des investissements pour financer des mini-réacteurs nucléaires… 
Les experts disent que nous avons dix ans pour agir et éviter la catastrophe climatique. Combien de temps faudra-t‑il pour que ces mini-réacteurs soient prêts à nous alimenter en énergie décarbonée, alors que les sources renouvelables sont déjà disponibles aujourd'hui et n'attendent que d'être généralisées ? 
> Lire aussi - Réchauffement climatique : comment les pompiers se préparent aux mégafeux
Décrivez-nous ce monde propre qui pourrait déjà exister… 
C'est un monde qui est devenu tellement efficient que les sources renouvelables suffisent pour l'alimenter en énergie. Un monde où on ne gaspille pas, où on utilise mieux les ressources, et qui devient rentable. Prenons l'exemple de la chaîne alimentaire : beaucoup de nourriture est perdue sur le lieu de production à cause de problèmes climatiques ou de sous-développement local. Ma fondation a labellisé un séchoir solaire qui permet aux agriculteurs ou aux coopératives de faire sécher leurs récoltes pour qu'elles ne pourrissent pas sur place. On a aussi des cultures qui permettent, avec des produits naturels, d'avoir plus de rendement ; des systèmes qui économisent l'eau ou l'engrais ; une poubelle intelligente qui scanne et pèse ce que vous jetez et qui va dire à un restaurateur ou à une cafétéria ce qui a été commandé en trop. Il est aussi indispensable de rallonger les dates de péremption sur les produits qu'on achète. Un yaourt que vous consommez un mois plus tard est toujours bon. Ce sont des millions de tonnes de nourriture jetées chaque année à cause de ces dates trop précoces. 
Comment convaincre l'industriel ? Si on consomme moins, il va gagner moins… 
C'est là qu'intervient la croissance qualitative que je défends dans mon livre : si on consomme plus de qualité et qu'on est plus efficient, on a besoin de consommer moins. Et donc on peut facturer un peu plus cher au consommateur et faire un peu plus de marge. Ce qui est perdu en nombre de ventes est récupéré en bénéfices ; et comme le consommateur ne gaspille pas, il achète moins et peut payer un peu plus cher ce qu'il consomme. On augmente la qualité de tout ce qu'on produit et de ce qu'on consomme. 
C'est l'exemple du téléphone portable ?
Oui, il est facile de comprendre qu'il vaut mieux acheter un téléphone 20% plus cher si on peut le garder deux fois plus longtemps. Le problème aujourd'hui est que l'obsolescence programmée est légale. Si demain votre garantie passe d'un ou deux ans à cinq ans, si pendant cinq ans vous pouvez rapporter votre ordinateur, votre imprimante ou votre téléphone, vous serez d'accord pour les acheter un peu plus cher. Là aussi, il faut donc un cadre légal pour pousser à l'efficience et conserver des objets de meilleure qualité plus longtemps. Et ça, seul l'Etat peut le faire pour ne pas introduire une distorsion de concurrence avec les entreprises qui ne voudraient pas jouer le jeu. Il faut mettre tout le monde sur un pied d'égalité, sinon personne n'ose bouger. 
Avez-vous d'autres exemples de ce statu quo que vous décrivez en raison du cadre légal ?
Aujourd'hui, on a un système anti-smog qui permet de diviser par cinq les particules toxiques émises par les moteurs diesel et qui réduit la consommation de carburant de 20%. Mais si vous installez ce système, vous devez recertifier votre véhicule. Donc les gens ne le font pas. Il faut faire évoluer la réglementation. C'est la même chose pour les voitures électriques : le soir, au moment du pic de consommation, celles-ci pourraient être déchargées sur la borne de votre maison et vous donner l'énergie dont vous avez besoin pour votre cuisinière, votre chauffage, votre télévision. Puis quand tout le monde va se coucher, on a la nuit pour recharger les voitures électriques. Malheureusement, ce n'est pas autorisé ! 
Sur qui faut-il compter pour concrétiser ces évolutions ?
Le changement viendra de deux directions différentes. Ça viendra des écologistes, des jeunes qui descendent dans la rue et qui font pression sur les gouvernements. Je les soutiens, mais au lieu de crier 'problème, problème', ils devraient crier 'solution, solution'. Ça viendra aussi de ceux qui démontrent que c'est rentable d'agir, que ça ne va pas entraver le développement économique. 
Les rapports du Giec sont tous alarmants mais rien ne change. S'est-on habitué à la catastrophe ? 
Les gens ne se rendent pas compte. Quand ils ont 2 degrés de température en plus dans leur corps, ils courent aux urgences en pensant qu'ils ont une forme grave du Covid ; quand l'atmosphère prend 2 degrés, les gens s'en foutent. C'est tout bonnement ahurissant. On est dans une situation catastrophique, mais ça ne sert à rien de le dire sans donner de solutions. Car sinon on fait paniquer tout le monde, on fait déprimer les gens et on leur donne l'impression qu'il y a un problème tellement grand qu'ils ne vont jamais pouvoir le résoudre. Le réalisme, c'est changer ce qu'on peut changer plutôt que d'essayer de changer ce qu'on ne peut pas changer. 
Qu'est-ce que vous attendez de la COP de Glasgow ?
J'attends des engagements ambitieux des pays. Mais si ça n'arrive pas non plus cette fois, la frustration causée par la vaine recherche de consensus international a tout de même le mérite de pousser les acteurs locaux à agir : les régions, les villes, les entreprises. 
Les COP ont-elles encore une utilité ?
Oui ! Il faut convaincre les négociateurs de chaque pays de s'engager davantage sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais pour l'instant, ils sont très conservateurs, ils pensent que ce sont surtout des sacrifices et que leur pays vivra moins bien en prenant des mesures environnementales. Notre but est de leur montrer que, au contraire, chaque pays ira mieux, sera plus riche et connaîtra moins de chômage s'il adopte des contributions écologiques très ambitieuses. 
Quel regard portez-vous sur le bilan vert d'Emmanuel Macron ?
Il a clairement essayé d'intégrer des mesures écologistes mais n'a pas trouvé le soutien nécessaire pour arriver à un résultat suffisant. Je pense qu'il y a chez lui une grande sincérité, mais qu'il n'a pas encore réussi à faire sortir la France du clivage économie-écologie.  
"Réaliste – Soyons logiques autant qu'écologiques", Bertrand Piccard, Stock, 180 pages, 18 euros (en librairies le 20 octobre). 
<https://www.lejdd.fr/Societe/bertrand-piccard-au-jdd-lecologie-est-la-force-motrice-autant-de-notre-societe-humaine-que-de-leconomie-4071882>
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5- Tribune. La chanteuse Amalya, de The Voice : "Qu'avons-nous fait à notre planète ?", Le JDD, 16/10/21, 23h15
Rédaction JDD

La chanteuse, et demi-finaliste de The Voice, Amalya s'associe à d'autres personnalités telles que Cyril Dion et Gaël Faure, ainsi qu'à des représentants d'ONG pour alerter sur l'urgence de lutter contre la déforestation.
A l'occasion de son passage en demi-finale de The Voice All Stars, Amalya a poussé un cri du cœur face à la crise environnementale que nous traversons. En interprétant la chanson Earth Song de Michael Jackson, et aux côtés de personnalités et responsables d'ONG, elle en appelle ainsi à une prise de conscience et à une mobilisation massive des citoyens et des artistes pour lutter contre la crise climatique et la déforestation. Voici leur tribune. "Qu'en est-il de notre planète ? Qu'en est-il des océans ? Qu'en est-il des forêts ? Est-ce que ça nous est égal ?" 
Ces questions qui ont résonné samedi soir sur le plateau de The Voice en chantant Earth Song, je me les pose tous les jours. Elles me hantent et en même temps, m'animent chaque jour, pour œuvrer au mieux à préserver notre magnifique planète et à laisser un monde vivable à nos enfants. Comment avons-nous pu en arriver là ? Trente-deux ans après la sortie de cette chanson mythique de Michael Jackson, rien n'a changé… Pire, la situation n'a fait que s'aggraver jusqu'à atteindre un point quasi de non-retour.
Chaque seconde, l'équivalent d'un terrain de foot de forêt tropicale humide disparaît. En Amazonie, en Asie du sud-est, en Afrique et même en Sibérie, les forêts sont rasées ou partent en fumée. Notre appétit grandissant nous pousse toujours plus à consumer ces trésors de biodiversité essentiels à notre survie sans nous rendre compte que nous scions nous-même la branche sur laquelle nous sommes assis.
"Regardez ce que nous avons fait !"
Déjà, dans les années 1960, les scientifiques alertaient sur les dérives de notre société et leurs conséquences à venir. Depuis, et malgré les mobilisations citoyennes du monde entier, malgré les messages engagés d'artistes comme Michael Jackson, Sting, Johnny Hallyday, Mickey 3D ou encore Marvin Gaye dans Mercy Mercy Me en 1971, qu'avons-nous fait?
Mahatma Gandhi disait "ce que nous faisons aux forêts du monde n'est qu'un reflet de ce que nous faisons à nous-mêmes et les uns aux autres…". Regardez ce que nous avons fait à notre planète et nos forêts en si peu de temps. Mais aujourd'hui le constat n'est plus à faire. Le temps est à la mobilisation et à l'action ! Préserver notre planète doit être notre plus grande priorité pour les prochaines années !
Mobilisons-nous pour les forêts !
Saviez-vous que 80% de la biodiversité terrestre est abritée par les forêts ? Que la déforestation et la dégradation des forêts provoquent 15 à 17% des émissions de gaz à effet de serre, grands responsables des dérèglements climatiques dont nous voyons dorénavant tous les jours les premiers effets dévastateurs ? L'Amazonie, par exemple, qui était jusqu'ici le "puits de carbone" du monde, rejette désormais plus de carbone qu'elle n'en absorbe. C'est une catastrophe.
Sans oublier que la déforestation favorise les risques de zoonoses, des maladies causées par des infections d'origine animale, dues à la destruction des forêts, prairies et autres habitats naturels qui rapprochent la faune sauvage du bétail et des hommes. En témoigne la crise du Covid-19, qui a mis le monde entier à l'arrêt pendant plus d'un an.
D'un côté, la déforestation contribue aux émissions de CO2, et de l'autre, nous avons besoin de forêts en bonne santé pour limiter le réchauffement climatique, puisque nos arbres captent le carbone et permettent ainsi de réguler notre climat. Et préserver les forêts, c'est également préserver la faune et la flore, soutenir les populations qui en dépendent et nous prémunir contre la propagation d'épidémies.
"Qu'en est-il de nous ?"
Nous devons unir nos forces, porter la voix des peuples autochtones, des militant(e)s et des associations qui agissent chaque jour sur le terrain pour enrayer ce fléau. Depuis toutes ces années, avons-nous pris le temps de remarquer le formidable travail que font nombre d'ONG pour préserver ce qu'il reste des forêts ? Qu'ils agissent sur le terrain auprès des populations locales, auprès des élu(e)s pour faire bouger les lois ou encore pour faire pression sur les entreprises ? Avons-nous pris le temps de les remercier ?
Alors si j'ai choisi d'interpréter la chanson Earth Song lors de la demi-finale de The Voice All Stars, c'est aussi pour rendre hommage à toutes ces personnes qui se battent chaque jour dans le monde, parfois au péril de leur vie, pour sauver les forêts. Leur combat devrait aussi être le nôtre !
Aujourd'hui, j'appelle les citoyens et les artistes à se mobiliser pour cette cause, à mettre leur notoriété au service des associations engagées. En tant qu'artistes, notre rôle ne se limite pas à divertir. Nous transmettons des messages et le plus important à délivrer aujourd'hui, est celui-ci. L'art questionne notre société et est un formidable moyen de toucher les citoyens de tous horizons. La musique, elle, nous rassemble, nous unit, nous transporte. Elle peut nous donner l'envie et la force de rendre le monde meilleur.
Alors que le métier d'artiste a été considéré comme "non essentiel" pendant plus d'un an, j'ai décidé de me battre pour ce qui est essentiel, mettre ma passion au service de celles et ceux qui agissent pour la planète et les forêts. De par notre métier, nous pouvons influencer des millions de personnes, montrer l'exemple, faire en sorte d'avoir le maximum de cohérence avec nos engagements. Notre responsabilité est immense.
En tant qu'artiste, nous avons un incroyable levier pour montrer que c'est possible, et prouver que non, nous ne nous en foutons pas ! Nous pouvons faire en sorte que nous soyons des millions à agir, que la réalité dépeinte par Earth Song ne soit qu'un lointain cauchemar et que la fin de la destruction de notre planète et de ses forêts devienne enfin une réalité. »
> Signataires
Personnalités : Amalya - Chanteuse et Ambassadrice de la communauté all4trees, Jules Couturié - Chanteur, Lou Mai Baudet - Étudiante et chanteuse, Léman - Auteur, chanteur, musicien, Cyril Dion - Réalisateur, écrivain, Gaël Faure - Enchanteur, Emily Loizeau - Artiste, Sacha Puzos - Auteur, compositeur, interprète, Thalia Otmanetelba - Comédienne, Frah Charon - Shaka Ponk, Marcello Pettineo - Artiste naturaliste, Johé Bruneau - Artiste plasticien co-fondateur de precious plastic France, Frédéric Lopez - Documentariste, Pierre Stine - Cinéaste, Arnaud Baumann - Photographe, Roxane Nonque - Fondatrice du média libre pro-choix Dearlobbies, Luc Marescot - Réalisateur, Patrick Scheyder - Pianiste et auteur, Barbara Pravi - Musicienne, Melanie Lily - Autrice du média naturaliste et écologiste Lily Fairly, Yannis Richardt - Fondateur du média Les Belles Nouvelles, Asmae Hamouti - Créatrice de contenu engagée, Loïc Fleury - chanteur, Marie Toussaint - Députée européenne et activiste pour le climat
Représentant(e)s d'ONG : Jonathan Guyot - Coordinateur et co-fondateur de la communauté all4trees, Charlotte Meyrueis - Directrice de Cœur de Forêt, Jean-Marc Civière - Responsable du développement de Humy, Evrard Wendenbaum - Président de Naturevolution, Nicolas Imbert - Directeur de Green Cross France et Territoires, Magali Payen - Fondatrice de On est prêt, Antoine Gérigné - Président et fondateur d'Impulso Verde Kuaspue, Isabelle Susini - Directrice du 1% for the Planet France, Marie-Françoise Pluzanski - Présidente d'Initiative Développement, Galitt Kenan - Directrice Générale du Jane Goodall Institute, Hugh Doulton - Co-Directeur Dahari, Jérémie Chomette - Directeur Général de la Fondation France Libertés, Emmanuel Poilane - Président du CRID, Boris Patentreger - Co-fondateur d'Envol Vert
<https://www.lejdd.fr/Societe/tribune-la-chanteuse-amalya-de-the-voice-quavons-nous-fait-a-notre-planete-4071898>
Sur le même sujet : 
> The Voice All Stars – Amalya chante "Earth song" de Michael Jackson (Demi-finale) <https://www.tf1.fr/tf1/the-voice/videos/the-voice-all-stars-amalya-chante-earth-song-de-michael-jackson-demi-finale-96711007.html>, TF1, 16/10/21 à 21:59
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6- Placements en faveur du climat : gare au « greenwashing », Le Monde, 18/10/21, 07h12 
Aurélie Fardeau

Que trouve-t-on à l’intérieur des fonds « climat » ? Les produits reposant sur des indices boursiers climatiques relèvent largement du greenwashing, affirme une étude de l’Edhec, qui s’intéresse à la construction de ces indices. 
Investir son épargne dans des placements permettant d’agir contre le réchauffement climatique : voici la belle promesse des fonds « climat ». Face à l’engouement des investisseurs – épargnants privés comme professionnels –, l’offre se démultiplie, drainant des flux d’épargne conséquents. Selon Morningstar, au premier trimestre 2021, parmi les dix fonds les plus souscrits dans le monde, six étaient des supports consacrés au climat.
Mais une étude de la chaire de recherche Scientific Beta de l’Edhec Business School, publiée fin septembre, dresse un constat très sévère sur ces produits.
Selon ses auteurs, les fonds climat ne remplissent pas leurs promesses. Pire, ils se livrent à du greenwashing en communiquant largement sur leur utilisation de données relatives au climat alors que ces dernières sont prises en compte de manière marginale dans leurs stratégies d’investissement.
> Lire aussi Bourse : le succès des fonds indiciels responsables
« Le greenwashing c’est très simple, assure Noël Amenc, professeur de finance à l’Edhec et coauteur de l’étude avec Felix Goltz et Victor Liu. Il suffit d’affirmer que l’on utilise des données extrafinancières et en fait ne pas s’en servir. On s’arrange pour avoir quand même de bons résultats afin de pouvoir communiquer sur la réduction de l’empreinte carbone ou sur la température du fonds. »
L’objectif climatique pas toujours bien défini
Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs se sont penchés sur la composition des indices boursiers « climat », sur une période de dix ans (2011 à 2020). Ces indices sont très utilisés en finance car ils servent de référence aux fonds. Les produits indiciels de type exchange-traded funds (ETF) se contentent même de les répliquer. Leurs noms sont évocateurs : MSCI World Climate Change, FTSE Developed ESG Low Carbon Select, S&P 500 Paris-Aligned Climate…
Pourtant, l’étude démontre que les données climatiques « ne représentent en moyenne que 12 % des déterminants de la pondération des actions des portefeuilles ». Autrement dit : la construction de ces indices repose à 88 % sur des critères financiers bien classiques et notamment sur la capitalisation boursière des sociétés. C’est encore plus marqué dans les stratégies affichant un objectif plus large, de type ESG (environnement, social, gouvernance).
Dans ces cas-là, les critères climatiques n’expliquent plus que 7 % des choix d’allocation. Pour les experts de l’Edhec, des stratégies reposant sur de tels indices ne devraient pas avoir l’autorisation de se prétendre respectueuses du climat. Autre élément d’inquiétude : l’étude révèle que la composition de ces indices n’évolue pas de manière cohérente dans le temps en fonction de leur objectif climatique.
Une forme dangereuse de greenwashing
Sur les dix dernières années, les auteurs ont regardé dans quelle mesure les changements dans les performances climatiques des entreprises influençaient les changements de pondération dans les indices climat. Le résultat est surprenant puisqu’« un tiers des titres affichant une détérioration de leurs performances climatiques ont vu leur poids augmenter dans ces indices », relate le chercheur Felix Goltz.
> Lire aussi Que se cache derrière l’étiquette « investissement socialement responsable »
Dans ces conditions, comment les fonds reposant sur de tels indices arrivent-ils à obtenir des scores carbone (empreinte carbone, intensité carbone…) de bonne qualité ?
Selon l’Edhec, ces bons résultats en apparence résultent simplement de l’élimination des secteurs dotés de la plus forte intensité climatique et notamment du secteur électrique. Une logique d’exclusion qui peut satisfaire certains investisseurs. Mais pour les professeurs de l’Edhec, c’est la voie de la facilité et la forme la plus dangereuse de greenwashing.
Le sous-financement du secteur électrique leur semble particulièrement problématique. « Pour réformer cette industrie vitale pour la croissance économique, il faut y investir des capitaux », soutient Noël Amenc. Ce dernier plaide pour une approche plus fine, consistant à privilégier les meilleures élèves au sein de chaque secteur. Une proposition qui remet au goût du jour la gestion « best-in class » qui vise justement à n’exclure aucun secteur tout en privilégiant les meilleures pratiques.
+ Infographie : La thématique climat parmi les plus porteuses <https://img.lemde.fr/2021/10/14/0/0/1050/813/1328/0/45/0/9102e29_479503531-arg-4120-fonds-climat.png>
<https://www.lemonde.fr/argent/article/2021/10/18/placements-en-faveur-du-climat-gare-au-greenwashing_6098776_1657007.html>
En savoir plus : 
> Le climat mérite mieux que 12 % !, <https://www.edhec.edu/fr/le-climat-merite-mieux-que-12-0> Chaire de recherche Scientific Beta de l’Edhec Business School, septembre 2021
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7- Glasgow, le temps de l’arraisonnement…au vivant ?, Lettre de TEK4life, 19/10/21, 08:00
Par Dorothée Browaeys, TEK4life

A l’heure des communautés en ligne où l’on cultive l’entre-soi, quoi de mieux que de sortir des écrans. Ce 14 octobre au soir, j’embarque pour le Chalet des îles du bois de Boulogne, à l’ouest de Paris, afin de rejoindre la Communauté des Entreprises à mission (CEM) que TEK4life a ralliée, en plein confinement. Joyeuse ambiance ici avec tous ceux, en chair et en os, qui font « le pari de l’amour » comme le décrit Emery Jacquillat, président de cette communauté. Pour lui, il s’agit de « réconcilier des mondes opposés », économie versus écologie. Les chefs d’entreprises réunis avec leurs mentors académiques de l’Ecole des Mines (Armand Hatchuel, Blanche Segrestin et Kevin Levillain) prennent ce défi à bras le corps. Et chacun challenge l’autre, sur sa cohérence, ses indicateurs, son ambition…
Entreprises à mission et droit de l’environnement
Ils sont aujourd’hui 206 à avoir adopté le statut d’entreprise à mission ouvert par la Loi Pacte en France. « La "mission" est souvent ancrée dans le business model de l’entreprise dès sa création », explique Novethic qui présentait le nouvel Observatoire en février dernier. Une entreprise sur cinq est née avec une intention d'avoir un impact positif et l'a rapidement traduit par sa qualité d'entreprise à mission. Par ailleurs, 11 % sont issues de l’économie sociale et solidaire (ESS), et près de 15 % ont également le label international B corp. Cela n'est pas surprenant quand 36 % des entreprises expliquent leur démarche par l’envie de prendre en compte « les enjeux de transition économique, sociale et écologique » ou « préserver des écosystèmes naturels ou des biens communs ».
La dynamique est en train de gagner l’Europe. La CEM organise, le 1er décembre, le Congrès européen des entreprises à mission pour servir de base à un capitalisme responsable. Corinne Lepage croit à cette « contamination » que les cadres juridiques et réglementaires européens encouragent. L’ancienne ministre a publié, avec Christian Hugo, son compagnon, « Nos batailles pour l’environnement », qui témoigne de la force du droit – 50 procès sont restitués – désormais apte à contrer les puissances économiques enclines à tout sacrifier au nom d’intérêts particuliers. C’est ce même droit qui vient de condamner l’Etat français, sommé de « réparer le préjudice écologique » dont il est responsable. Le tribunal administratif de Paris donne jusqu’au 31 décembre 2022 à l’exécutif pour prendre « toutes les mesures utiles » afin de compenser l’excès d’émissions de CO2 constaté entre 2015 et 2018.
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<https://3kwcu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/PkwYYBF4OfHXEwKpEXfABD-Y9zKERud7z9pEr04HCeR7TJbu3dH8H1-Vc2kmhacJZiFU8XffuKfcEYa0fo31L84rlH0kwxVxJtkBVAS-i6LTQ8UO69l9HBKrepvWPWKkap32teys>
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8- Entretien. Fanny Parise : "le métaverse de facebook est un risque pour nos démocraties", Novethic, 19/10/21
Propos recueillis par Marina Fabre

Le métaverse, ce terme venu tout droit de la science-fiction, désignant un monde virtuel via un casque de réalité augmentée, prend forme. Facebook vient d'annoncer la création de 10 000 emplois en Europe pour lancer cet Internet de demain. Pour l'anthropologue Fanny Parise, spécialiste de l'évolution des modes de vie à l'Université de Lausanne, si ce nouveau monde est préempté par les GAFAM, les risques pour nos démocraties sont grands. Réduction des libertés, mainmise sur nos données personnelles... jusqu'où irons-nous pour nous échapper du réel ?
Novethic : Facebook vient d’annoncer la création de 10 000 emplois en Europe pour construire l’Internet du futur, le "métaverse". Concrètement, qu’est-ce-que c’est ?
Fanny Parise : Le métaverse est un univers virtuel qui permet de créer un nouveau monde, c’est une extension de la vie physique, de la vie réelle. Il peut se traduire de différentes manières avec un univers utopique fictif dans des jeux vidéo par exemple ou bien il peut reproduire nos sociétés actuelles. C’est ce vers quoi se dirige le métaverse développé par Facebook. Avec un casque de réalité virtuelle, on pourra ainsi aller à un concert, travailler, faire ses courses… c’est un monde hybride entre nos vies physiques et nos vies digitales. En réalité, c’est la poursuite de la numérisation de nos modes de vie, qui s’est accélérée pendant les confinements. On a notamment vu le rappeur Travis Scott donner un concert sur Fortnite ou l’Organisation mondiale de la santé conseiller de jouer à Animal Crossing pour rester à distance tout en maintenant des relations sociales.
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<https://www.novethic.fr/actualite/numerique/donnees-personnelles/isr-rse/fanny-parise-le-metaverse-de-facebook-est-un-risque-pour-nos-democraties-150249.html>
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9- Fragments de France. Face à sa nouvelle communauté écologiste, Saint-André entre deux eaux, Le Monde, 20/10/21, 06h00
Marine Miller (Saint-André-des-Eaux (Côtes-d'Armor), envoyée spéciale) et Stéphane Lavoué (Photos)

Dans ce petit bourg des Côtes-d’Armor, la construction d’un hameau de « maisons réversibles » par des jeunes diplômés divise le village, entre méfiants et enthousiastes.
Son fief, c’est « viscéral ». Sur ces terres humides traversées de cours d’eau, cinq générations se sont succédé depuis le milieu du XIXe siècle, développant les cultures céréalières et agrandissant le troupeau de vaches laitières. Jean-Louis Nogues, 47 ans, agriculteur « conventionnel » et éleveur, raconte quelques bribes du roman familial en soignant ses veaux, ajustant de temps à autre son robot de traite flambant neuf. Il aime se souvenir que son grand-père avait quinze frères et sœurs, tous nés dans la ferme de Saint-André-des-Eaux, petit bourg des Côtes-d’Armor, perdu au creux des champs de maïs et de colza.
Dans la ferme des Nogues, chaque parcelle a une histoire qu’on entretient. Le petit muret avec la porte en bois juste derrière l’étable ? On le garde, c’est un vestige de la Seconde Guerre mondiale. Dans l’ancien poulailler, la famille planquait des armes pour les réseaux de la Résistance, sous les nids des poules. « Un jour, un Allemand est venu se servir des œufs, comme ils le faisaient souvent dans les fermes de la région. Nous étions tétanisés, même si certains soldats étaient bienveillants », explique Robert Nogues, 84 ans, père de Jean-Louis. Le soldat allemand n’y a vu que des œufs. Ou alors il n’a rien dit, on ne le saura jamais.
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100 « Fragments de France »
A six mois de l’élection présidentielle, Le Monde brosse un portrait inédit du pays. 100 journalistes et 100 photographes ont sillonné le terrain en septembre pour dépeindre la France d’aujourd’hui. Un tableau nuancé, tendre parfois, dur souvent, loin des préjugés toujours. Ces 100 reportages sont à retrouver dans un grand format numérique publié le 20 octobre.
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Dans cette famille d’agriculteurs, d’autres choses se transmettent. La politique par exemple. Depuis 1941, trois générations d’hommes ont été élus à la mairie de Saint-André-des-Eaux, pour porter les valeurs de « gauche » et de l’agriculture. Jean-Louis Nogues a été réélu en 2020 avec plus de 70 % des voix. Ici, on est encarté au Parti socialiste, parce que, comme dit Alexandra Nogues, aide-soignante au centre hospitalier de Dinan et épouse de Jean-Louis, à la « quête des profits », on préfère « l’esprit de partage ». La lutte des classes se joue entre les « petits », les éleveurs laitiers de petites exploitations – Jean-Louis Nogues rappelle que le prix du lait n’a pas changé depuis presque quarante ans – et les « riches », les « cochonniers » – les éleveurs de porcs, comme on les appelle dans la région –, dont tout le monde soupçonne qu’ils mènent grand train : chalet à la montagne et maison de mer sur la côte.
Est-ce cette tradition de gauche qui a convaincu le maire de louer une parcelle de terrain à une petite communauté de huit jeunes, femmes et hommes ? Surnommés les Hameaux légers, du nom de leur association, ils sont tous âgés de moins 30 ans. La plupart sont des diplômés du supérieur : beaux-arts, musique, ingénierie du son, école de commerce ou d’ingénieur, sociologie. Ils rêvent de se bâtir une vie simple, sobre et écologique, qui s’incarnerait dans des maisons « réversibles », des habitations qui peuvent être compostées et démontées sans laisser de traces sur le sol.
« Cela fait plusieurs années que nous observons un exode d’urbains vers Saint-André. Ce sont surtout des jeunes qui ne peuvent plus se loger parce que le foncier est devenu trop cher dans l’agglomération de Dinan », explique Jean-Louis Nogues. En 2018, Saint-André comptait 364 habitants, contre 260 dix ans auparavant selon l’Insee, l’augmentation la plus forte des Côtes-d’Armor, selon Ouest-France.
Le maire y voit aussi un moyen de redynamiser son bourg, en plus du terrain, les Hameaux légers reprendront le café du village, L’Eprouvette, pour le transformer en épicerie, restaurant et conserver l’activité de concerts. Tendance rock punk végan. Sylvie Couvert, la patronne du café, a « eu un coup de foudre » pour cette « jeunesse et leurs idées ».
A l’entrée du bourg, le long de la départementale D26, qui divise le village en une multitude de hameaux, une pancarte indique « Le Placis ». Bien caché derrière une longère bretonne, un chantier est en cours. Sur le terrain de 5 000 mètres carrés, on reconnaît à leurs traces la communauté qui se construit : toilettes sèches, douche extérieure, cahute, cuisine à l’air libre, yourte, et quelques tentes éparpillées où dorment les volontaires – dont deux ingénieurs fraîchement diplômés de l’INSA – venus aider à la construction des maisons.
Devant la première maison en bois réversible, Xavier Gisserot et Clémence Choisnard, cofondateurs des Hameaux légers de Saint-André, se préparent à finir le bardage du toit. Diplômés de HEC et de l’Ecole polytechnique en 2016, le couple incarne un fragment de cette jeunesse surdiplômée, engagée, choisissant de vivre une forme de « précarité volontaire », comme le formule Clémence, pour s’aligner avec leurs convictions politiques et écologiques. Après HEC, cette fille de médecin est devenue enseignante de français en suivant le programme Teach for France, une association créée en 2015 pour former de jeunes diplômés des grandes écoles au métier d’enseignant et les envoyer dans les zones en tension des quartiers prioritaires.
Principes de la sociocratie
Xavier, lui, a cofondé avec deux camarades de HEC une start-up de prospection commerciale. Au moment de la première levée de fonds, c’est le vertige : l’avenir du start-upeur qui s’offre à lui ne correspond en rien à sa « quête de sens ». Le film de Cyril Dion et de Mélanie Laurent, Demain, sorti en 2015, agit comme un révélateur et les précipite sur les routes : les entrepreneurs revendent leur entreprise, remboursent leur prêt étudiant et larguent leur vie urbaine. Avec Sévak Kulinkian, l’un de ses cofondateurs, Xavier et Clémence partent faire un tour des écolieux, en Allemagne, au Danemark, en Espagne, un peu comme on faisait la tournée des festivals de rock, dans les années 2000.
Le road trip s’achève au hameau des Buis, en Ardèche, écovillage de maisons bioclimatiques largement infusé par la pensée du mouvement Colibri de Pierre Rabhi, qui invite chacun à « faire sa part ». Xavier et Clémence y restent deux ans. Les jeunes diplômés ont vu suffisamment d’écolieux pour en faire un benchmark (analyse comparative) : « Le projet politique [du hameau des Buis] nous semblait trop élitiste : ceux qui n’avaient pas de capital ne pouvaient pas devenir propriétaire », dit Xavier.
« Dans ces lieux, nous avions été témoins du manque de mixité sociale, on ne voulait pas devenir une bande de bobos écolos, on avait envie de vivre et d’incarner un projet ouvert, inséré dans la vie d’une petite commune », précise Clémence. Ils cherchent un petit bout de France dans lequel ils imaginent un éco-hameau fait d’habitations légères, accessibles, qui coûteraient environ 10 000 euros, sur un terrain communal loué par le biais d’un bail emphytéotique (de longue durée, le plus souvent entre 18 et 99 ans). Les habitants seraient ainsi propriétaires de leur maison mais pas de la terre. L’esprit de leur communauté s’inspire des principes de la sociocratie : la prise de décision par consentement, l’organisation en cercles, les élections sans candidats.
Parfois, la théorie la plus aboutie ne suffit pas à s’affranchir de la réalité du voisinage. En décembre 2020, les Hameaux légers obtiennent un accord de principe du conseil municipal, qui valide leur projet d’installation et de reprise du café. Le Petit Bleu, le journal local de Dinan, en fait mention. Comme chaque matin, Bernard Suas, retraité et habitant de Saint-André, lit les informations du jour sur Internet. Cet ancien entrepreneur des arts graphiques coule des jours paisibles, occupé par l’entretien de son luxuriant potager. Lui qui n’a jamais adhéré à aucun parti ou aucun syndicat, et affirme ne jamais avoir voulu se présenter à des élections, s’est trouvé un combat politique.
Dans sa maison propre et ordonnée, il a préparé un épais dossier contre les Hameaux légers. Il liste ses arguments, les uns après les autres. Il veut prouver que la zone du Placis est inondable et montre une carte préfectorale des risques. Il épluche le rapport financier de l’association et s’interroge sur les dons versés, il scrute les profils LinkedIn des uns et des autres, cherche des articles de presse locale sur le passé ardéchois de l’association.
« Mais on est où là, c’est une ZAD ? »
L’opposant tient aussi à montrer les risques d’une nouvelle vague « d’immigration » à Saint-André. Au volant de son pick-up, il se laisse aller à la colère : « Mais on est où là, c’est une ZAD ? Quelle image ça donne de Saint-André ? Et nos maisons, qu’est-ce qu’elles valent à côté de ça ? », s’emporte-t-il en désignant les habitations en bois récentes et leurs jardins en désordre, à l’entrée du bourg.
Il dit ressentir l’arrivée de ces jeunes écologistes comme « une menace » à l’encontre de son mode de vie, de ses habitudes, de son patrimoine. Leur profil et leur pedigree scolaire aggravent leurs cas : que vient-on faire dans une commune de 300 habitants dans une cabane en bois quand on a fait HEC et Polytechnique ? « Tout ça est un prétexte pour venir s’implanter ici, ils viennent faire une start-up, une pompe à fric avec leur extrémisme écologique », croit le retraité. Pour la première fois de sa vie, il a toqué à la porte des habitants de Saint-André, une pétition à la main contre l’arrivée des Hameaux légers. Et 115 personnes ont signé le document, authentifié par un huissier de justice, coupant le village en deux.
Pour apaiser les tensions, la mairie a mis à disposition un cahier des doléances. Les témoignages encourageants sont nombreux, comme celui de cette Saint-Andréenne, qui écrit : « C’est une chance pour notre commune d’accueillir un groupe de jeunes qui ont la volonté de s’investir et ainsi d’impulser une nouvelle dynamique. (…) Certains habitants sont inquiets car tout changement peut remettre en question habitude de vie et pensées. »
Les « hameaux légers » du Placis devraient encore s’agrandir dans les années à venir. Xavier Gisserot a reçu une centaine de candidatures pour trois ou quatre places à attribuer. Il aimerait mettre en pratique une certaine diversité en accueillant des familles et des personnes plus âgées. Si l’installation se poursuit et si la coexistence se pacifie, Saint-André pourrait devenir un « modèle qui fait tâche d’huile » en Bretagne, espère le maire, Jean-Louis Nogues.
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Et pour 2022 ?
• Jean-Louis Nogues, le maire de Saint-André-des-Eaux (Côtes-d’Armor), n’est plus encarté au PS depuis les dernières élections départementales. Pour le premier tour de la présidentielle, en 2022, il dit ne pas être « fixé » sur un candidat, il verra ce qu’il se passe à gauche. Il pense s’abstenir au second tour en cas de duel Macron-Le Pen.
• Robert Nogues, le père de Jean-Louis, pense voter pour Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste, et avisera pour le second tour.
• Xavier Gisserot, de l’association Hameaux Légers, ne pense pas aller voter à l’élection présidentielle « à moins d’avoir un espoir que [s]on vote permette un réel changement des institutions vers plus de démocratie ».
• Clémence Choisnard, elle aussi membre de l’association, votera au premier tour, mais pour le second, elle « ne veu[t] pas voter utile, ce serait peut-être [sa] première absention depuis sa majorité ».
• Bernard Suas, opposant au projet de l’association, refuse de dire pour qui il votera en 2022. Peut-être s’abstiendra-t-il.
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<https://www.lemonde.fr/fragments-de-france/article/2021/10/20/face-a-sa-nouvelle-communaute-ecologiste-saint-andre-entre-deux-eaux_6099141_6095744.html>
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10- "Cousteau", plongée dans la vie du légendaire commandant au bonnet rouge, AFP, 20/10/21, 09:00
Laurent Banguet

Explorateur, inventeur, cinéaste, écologiste un temps fourvoyé dans la prospection pétrolière... Le documentaire "Cousteau" plonge dans la vie du légendaire commandant au bonnet rouge, dévoilant les multiples facettes d'un homme qui fut l'un des Français les plus connus dans le monde.
"J'ai grandi avec Cousteau, en regardant ses émissions (...) Et en revisitant ce héros de mon enfance, j'ai eu le sentiment que j'ignorais pas mal d'aspects de sa vie", déclare Liz Garbus, réalisatrice du long-métrage qui sort vendredi dans les cinémas aux Etats-Unis et le mois prochain en France.
Pour retracer le parcours hors du commun de Jacques-Yves Cousteau (1910-1997), elle a eu accès à des centaines d'heures d'archives de la Cousteau Society. Elle a choisi de se concentrer sur ces images, souvent inédites, sans tourner elle-même de nouveaux plans.
"Cousteau était un cinéaste et ses images étaient si révolutionnaires que j'ai voulu que le spectateur d'aujourd'hui y soit immergé", explique à l'AFP Liz Garbus, sélectionnée deux fois aux Oscars.
Première surprise dans ce documentaire, la légende de l'exploration sous-marine se destinait initialement à l'aviation. A 26 ans, il vient d'entrer dans l'aéronavale en tant qu'élève pilote quand un accident de voiture très grave le laisse avec un corps brisé. 
Durant sa convalescence à Toulon, on lui conseille de se rééduquer par la pêche sous-marine, une découverte qui changera sa vie à jamais.
"Dès que j'ai mis la tête sous l'eau j'ai compris ; j'ai eu un choc : un domaine immense et complètement vierge à explorer", dit Cousteau.
Sa passion est si dévorante qu'il devient "inventeur par nécessité". Inspiré notamment par des croquis "un peu fous" de Léonard de Vinci, il emprunte un détendeur destiné aux moteurs de voitures pour concevoir avec l'ingénieur Emile Gagnan le scaphandre autonome utilisé aujourd'hui par tous les plongeurs.
"Je ne voulais pas de tuyaux, je voulais être tout à fait indépendant", lance-t-il.
Après la guerre, il monte la première expédition à bord de la célèbre "Calypso", un dragueur de mines reconverti qui met le cap sur la Mer rouge en 1951. Cousteau va tout filmer grâce à son scaphandre et aux boîtiers étanches pour caméra qu'il a également mis au point.
Comme ses contemporains, l'explorateur Cousteau ne manifeste alors pas de réelle conscience écologique, maniant les explosifs pour faire remonter les poissons à la surface.
Pour financer la "Calypso", il se lance même dans la prospection pétrolière, découvrant au passage le pétrole d'Abu Dhabi. "Je crois que j'étais naïf (...) mais je n'avais pas un sou !", plaidera-t-il après sa conversion à la protection de l'environnement, une vocation qui lui viendra bien plus tard.
- "La mer en détresse" -
Dans les années 1950, Cousteau veut faire du cinéma, sa passion depuis l'adolescence, pour montrer le spectacle grandiose découvert lors de ses plongées. Il propose aux studios Columbia "un scénario purement bidon, juste pour avoir l'argent" et signe un chef-d'oeuvre qui marquera durablement les esprits. "Le Monde du silence" remporte la Palme d'Or à Cannes en 1956 et l'Oscar du meilleur documentaire l'année suivante.
Il est cependant furieux de voir ses films qualifiés de "documentaires", estimant qu'il s'agit de "vrais films d'aventure", sourit Liz Garbus.
Dix ans plus tard, il délaisse le cinéma pour se lancer dans la télévision avec une série de documentaires sur la vie sous-marine financée par Hollywood, la première du genre. "Un sacrifice esthétique", prix à payer pour "atteindre rapidement des millions de personnes".
Car Cousteau a désormais bien conscience de l'urgence à mobiliser le grand public pour préserver les océans et l'environnement.
Ses films se font plus pessimistes, ils "ne sont plus sur les jolis petits poissons mais parlent du futur de l'humanité", dit-il. Ainsi naît Cousteau l'écologiste qui, dès 1971, alerte les parlementaires américains sur "la mer en détresse".
Il combattra pour l'environnement jusqu'à la fin et arrachera, grâce à son immense popularité, la sanctuarisation de l'Antarctique. En 1989, il invoquait déjà le risque climatique à une époque où le réchauffement n'était pas pris au sérieux.
Preuve de son influence, au sommet de la Terre à Rio en 1992, Cousteau est la seule personne sur la photo officielle à ne pas être un chef d'Etat.
"Cousteau a réussi à transformer l'amour et le respect qu'il avait accumulés au fil des décennies en un message crucial, et personne n'a plus un tel pouvoir aujourd'hui", estime Liz Garbus.
<https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211020-cousteau-plongée-dans-la-vie-du-légendaire-commandant-au-bonnet-rouge>
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11- Les entreprises déplorent le cercle vicieux de l’envolée du prix du CO2, Le Monde, 20/10/21, 11h33 
Jean-Michel Bezat

Pour les industriels, un surcoût du carbone rogne la compétitivité, les marges, l’innovation et, pour finir, la capacité à « verdir » les usines. 
Les entreprises très émettrices de CO2 pourront-elles appliquer les nouvelles normes de Bruxelles, sans compromettre une compétitivité souvent plus faible que celle de leurs concurrentes asiatiques ? Lancé en 2005, année d’entrée en vigueur du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre signé en 1997, le marché européen des quotas de CO2, dit « ETS » (Emissions Trading System), est devenu plus mature. Et plus exigeant pour l’industrie lourde, la production d’électricité et le transport aérien intra-européen, qui pèsent 40 % des émissions du Vieux Continent.
> Lire aussi   Article réservé à nos abonnés  Des industriels déboussolés par la hausse et la volatilité des cours de l’énergie
En 2018, la perspective d’une réduction des quotas avait fait décoller le prix du CO2, qui fluctuait, depuis le début de la décennie, entre 3 et 8 euros la tonne. Il a atteint 30 euros, début 2019. Mais, depuis le début de l’année, sidérurgistes, cimentiers, groupes chimiques, papetiers ou producteurs d’engrais, soit 12 000 installations entrant dans le système ETS, ont encaissé son doublement, à 60 euros la tonne cet été. Ce qui a permis aux Etats membres de l’Union européenne (UE) de percevoir 11 milliards d’euros supplémentaires entre janvier et août 2021, selon la Commission européenne.
Une hausse à double tranchant
Le gouvernement est démuni pour amortir ce choc et, au-delà, l’envolée des tarifs de l’électricité et du gaz. Barbara Pompili et Agnès Pannier-Runacher, ministres de la transition écologique et de l’industrie, ont réuni, mardi 19 octobre, les responsables des secteurs « énergo-intensifs ». Outre une baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) déjà actée (200 millions d’euros prévus), le gouvernement envisage d’avancer à 2022 (et non plus avec un décalage d’une année) le versement de l’aide prévue dans le cadre du mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone. Les électro-intensifs (aluminium, électrométallurgie, chimie lourde…) en bénéficient depuis 2016, notamment pour les dissuader de délocaliser leurs productions dans les régions du monde où le prix du carbone est faible ou inexistant.
> Lire aussi « Le coût économique du grand basculement vers un monde décarboné est l’angle mort du discours des politiques »
Le surcoût du CO2 ne compte que pour 20 % dans la flambée actuelle des prix de l’électricité, a assuré le vice-président de la Commission chargé du climat, Frans Timmermans. Mais la pression des politiques climatiques, la fin de la gratuité d’une partie des quotas et la réduction de leur nombre vont les renchérir. Et cette hausse est à double tranchant, soulignent les industriels : elle incite bien à investir dans de nouveaux équipements, comme les fours électriques des aciéries fonctionnant grâce à une électricité renouvelable ou nucléaire, ou le captage-stockage du CO2. Mais un coût excessif du carbone rogne la compétitivité, les marges, l’innovation et, pour finir, la capacité à « verdir » les usines.
Un coût difficile à répercuter sur le client
Si la Commission, les écologistes et de nombreux économistes croient dur comme fer aux effets du signal-prix, les industriels en contestent l’efficacité, s’il est trop brutal. Nicolas de Warren, président de l’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden), s’était indigné de cette « approche à courte vue » et « mortifère », le 25 mai, dans une tribune publiée par Les Echos. « Le problème de l’économie hors-sol, tranchait-il, ce sont les dégâts qu’elle génère. » Difficile pour ArcelorMittal, par exemple, de répercuter le coût du CO2 sur le client, dans un secteur, l’acier, où la Chine, la Russie et la Turquie n’ont pas les mêmes contraintes environnementales – et n’hésitent pas à casser les prix.
Puisque l’Europe s’est fixé des objectifs plus ambitieux que ceux des Etats-Unis ou de la Chine, elle doit taxer le carbone importé quand leurs produits entrent dans l’UE. Bruxelles a prévu, à partir de 2026, d’imposer l’achat de « certificats d’émissions » calculés sur le prix du CO2 dans l’UE, un mécanisme d’ajustement aux frontières qui concernera les industries gourmandes en énergie. Avec peu ou pas de quotas de CO2, l’industrie française a réduit ses émissions de 41 % par unité produite entre 1990 et 2016, fait valoir l’Uniden. Ce résultat est en partie dû à la baisse de l’intensité énergétique dans la sidérurgie et la chimie, où il reste pourtant beaucoup à faire.
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Retrouvez tous les articles de la série « Transition écologique, défis économiques »
Alors que la COP26 débute le 1er novembre à Glasgow, en Ecosse, Le Monde tente de répondre à deux questions : comment financer la transition écologique ? Et qui va payer ?
• Changement climatique : qui paiera pour sauver la planète ? <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/changement-climatique-qui-paiera-pour-sauver-la-planete_6098923_3234.html>
• Le changement climatique, un risque majeur pour les banques <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/le-changement-climatique-un-risque-majeur-pour-les-banques_6098961_3234.html>
• En Ecosse, Aberdeen « vit encore au rythme des cours du brut » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/le-changement-climatique-un-risque-majeur-pour-les-banques_6098961_3234.html>
• L’Europe se divise sur l’élargissement du marché du carbone <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/l-europe-se-divise-sur-l-elargissement-du-marche-du-carbone_6099206_3234.html>
• Les entreprises déplorent le cercle vicieux de l’envolée du prix du CO2 <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/les-entreprises-deplorent-le-cercle-vicieux-de-l-envolee-du-prix-du-co2_6099210_3234.html>
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/les-entreprises-deplorent-le-cercle-vicieux-de-l-envolee-du-prix-du-co2_6099210_3234.html>
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12- Comment 1 % les plus riches pourraient sauver la Planète, Futura-sciences, 20/10/21
Céline Deluzarche, journaliste

Les 1 % les plus favorisés sont responsables de 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Mais ce sont aussi eux qui concentrent les principaux leviers d'action. Voici les cinq façons dont ils peuvent résoudre la crise climatique.
Les 1 % des plus riches ne concentrent pas seulement 44 % de la richesse mondiale ; ils sont aussi responsables de 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, contre 7 % pour les 50 % les plus pauvres, selon Oxfam. Ils ont donc une lourde responsabilité entre les mains dans la lutte contre le changement climatique. De fait, ce sont aussi eux dont le comportement individuel peut avoir l'impact le plus significatif, souligne un article de Nature coordonné par Kristian Nielsen, psychologue à l'université de Cambridge (Royaume-Uni). Cette population peut non seulement agir sur sa propre consommation, mais dispose aussi d'un puissant pouvoir d'influence. Les chercheurs ont identifié cinq leviers par lesquels les plus fortunés (définis comme gagnant plus de 109.000 dollars par an) peuvent agir.
>> Suite à lire à :
<https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/gaz-effet-serre-1-plus-riches-pourraient-sauver-planete-94293/>
En savoir plus :
> The role of high-socioeconomic-status people in locking in or rapidly reducing energy-driven greenhouse gas emissions <https://www.nature.com/articles/s41560-021-00900-y>, Nature energy, 30 September 2021
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13- Tribune. "Le recours au judiciaire souligne l’absence d’institutions de gouvernance de nos grands communs que sont le climat ou la biodiversité", Le Monde, 22/10/21, 06h00 
Par Judith Rochfeld, professeure de droit à l’université Paris-Sorbonne

La juriste Judith Rochfeld estime, dans une tribune au « Monde », que l’incapacité à agir pour le climat a rendu nécessaire la saisie de la justice. C’est ce qui s’est produit en France avec « l’affaire du siècle », mais ce mouvement vers les prétoires est aussi observé dans le monde entier.
Tribune. La décision que vient de rendre le tribunal administratif de Paris, le 14 octobre, dans l’affaire dite « du siècle » met à nouveau le gouvernement français sous pression. Non seulement elle reconnaît une carence fautive de l’Etat dans la conduite de sa politique climatique – la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, prévue dans les textes, a déjà pris un sérieux retard –, mais elle propose également une solution inédite : le tribunal enjoint au premier ministre et à tous les ministres compétents de « réparer » le passé en rattrapant ce retard avant le 31 décembre 2022.
Bien loin d’être isolé, ce jugement s’inscrit dans un mouvement quasi mondial. Dans de nombreux pays, des membres de la société civile – associations, fondations, citoyens – se mobilisent devant les tribunaux pour pousser leurs Etats à respecter les objectifs de baisse des émissions et d’adaptation des territoires, déclinés lors de l’accord de Paris de décembre 2015 puis retranscrits en règles contraignantes dans les textes nationaux et européens.
> Lire aussi « L’affaire du siècle » : la justice ordonne au gouvernement de « réparer le préjudice écologique » dont il est responsable
En Europe (Pays-Bas, Irlande, Allemagne, Suisse, Belgique, Italie, Autriche…), en Amérique (Québec, Etats-Unis, Brésil, Colombie…), en Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande), les politiques publiques se trouvent contestées. Des autorisations données à des activités polluantes – l’exploitation pétrolière en mer en Norvège, l’extension d’aéroports en Angleterre – sont attaquées.
Les juges prennent leurs responsabilités
Toutes ces actions en justice ne débouchent pas sur des victoires, mais certaines sont spectaculaires. L’injonction faite en 2019 au gouvernement néerlandais de reprendre une trajectoire conforme à ses engagements a donné le « la » de cet emballement mondial. En Allemagne, la justice a reconnu un devoir de protection envers les générations futures que le plan climatique national ne permettait pas d’honorer. En Colombie, un tel devoir vaut envers l’Amazonie elle-même. Les grandes « carbon majors », pétrolières ou cimentières (Exxon, Shell, Total, RWE), sont également mises en cause.
La récente décision française n’est pas non plus isolée à l’échelle nationale. Bien conscient de ce mouvement international, le Conseil d’Etat français, la plus haute juridiction administrative, a déjà rendu deux décisions à la demande de la commune de Grande-Synthe (Nord), les 19 novembre 2019 et 1er juillet 2021, imposant au gouvernement français, non pas de « réparer » le dommage causé par le retard, mais de se conformer, d’ici le 31 mars 2022, à la trajectoire climatique dessinée dans les textes nationaux et européens. On le voit, face à l’urgence, aux projections alarmistes du GIEC et aux phénomènes climatiques extrêmes qui se multiplient, l’arène judiciaire est devenue, avec la rue, un lieu de mobilisation et de pression sur les gouvernements.
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On peut légitimement estimer – et beaucoup émettent ces critiques – que telle n’est pas sa vocation. Chacun préférerait que le débat sur le nouveau contrat social qu’impliquent les bouleversements structurels profonds, et les changements de société abyssaux que nous avons à mener, se déroule dans les instances de délibération démocratiques que sont les élections et le Parlement. Mais en l’état du débat, les juges prennent leurs responsabilités et acceptent, dans ce contexte dramatique, non pas de dessiner la politique climatique des Etats (ils n’en ont pas le pouvoir et l’on pourrait évidemment le leur reprocher) mais de faire appliquer les objectifs contraignants que chaque pays s’est fixés dans ses lois. Ils seront amenés à le faire tant que nous ne prendrons pas au sérieux les maux dont ces actions ne sont que les symptômes, et que la crise écologique nous impose de considérer.
Pas de réel pilotage des décisions
En premier lieu, nos politiques publiques n’intègrent pas le long terme de façon contraignante et organisée. Il n’existe pas de réel pilotage des décisions – textes, budgets – au regard du respect des grands objectifs obligatoires et existentiels environnementaux, que ce soit en matière climatique ou de biodiversité. Les propositions n’ont pourtant pas manqué en ce sens : création d’une troisième chambre parlementaire du « futur », dotée d’un droit de veto sur toute nouvelle loi non conforme à ces engagements, ou intégration d’un contrôle de conformité au sein du Parlement existant. Les projets de réforme constitutionnelle n’en ont rien retenu.
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En second lieu, le recours au judiciaire peut être lu comme la marque en creux de l’absence, dans notre démocratie, d’institutions de « gouvernance » de nos grands « communs » que sont le climat ou la biodiversité. Il nous manque des espaces de délibérations plus pacifiques et inclusifs qui permettraient de faire statuer le plus grand nombre sur les réponses à apporter aux défis qui se dressent devant nous. La convention citoyenne pour le climat, avec tous ses défauts (de conception et d’institutionnalisation hors des cadres prévus pour le débat public) en dessinait une forme plus qu’intéressante, dont les suites données à ses propositions peuvent faire l’objet d’une déception profonde.
A la place, se développe donc devant les tribunaux cette gouvernance marginale et conflictuelle, dont on peut admettre que ce ne soit pas la meilleure, mais plutôt la seule qui reste. Et il n’est que peu d’espoirs à placer envers les deux grands événements à venir, la COP26, qui s’ouvre à la fin du mois, et l’élection présidentielle française. La COP26 aurait dû être tout à fait décisive pour réorienter une trajectoire qui se dirige dangereusement vers les 2,7 °C - 3 °C plutôt que les 1,5 °C visés, mais elle n’en prend pas la direction tant les objectifs déjà déclinés par les Etats à cette occasion sont d’ores et déjà insuffisants.
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L’élection nationale ne devrait donner lieu qu’à débat sur ces questions mais s’en détourne. Restent les territoires où des délibérations s’organisent (conseils sur l’énergie, conventions citoyennes régionales), ainsi que l’Union européenne qui rehausse ses ambitions. Sans reformulation de nos modes de participation, on ne devra pas s’étonner du fait que ces délibérations continuent de se déporter dans les prétoires.
§ Judith Rochfeld est professeure de droit à l’université Paris-Sorbonne et notamment l’auteure de « Justice pour le climat ! Les nouvelles formes de mobilisation citoyenne » (Odile Jacob, 2019).
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/22/le-recours-au-judiciaire-souligne-l-absence-d-institutions-de-gouvernance-de-nos-grands-communs-que-sont-le-climat-ou-la-biodiversite_6099459_3232.html>
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14- Orsted, récit d’une transition écologique à marche forcée d’un énergéticien danois, Le Monde, 22/10/21, 06h18 
Anne-Françoise Hivert (Malmö, Suède, correspondante régionale)

« Transition écologique, défis économiques » (4/5). Le groupe, dont 85 % de la production reposait en 2009 sur les énergies fossiles et 15 % sur le renouvelable, a réussi à inverser la balance pour devenir le numéro un mondial de l’éolien offshore. 
Comme toute bonne histoire, celle-ci commence par un échec retentissant. En 2002, la compagnie d’énergie danoise Elsam inaugure Horns Rev1, le premier parc éolien offshore commercial du monde, en mer du Nord : 80 turbines d’une puissance totale de 160 mégawatts (MW) sont installées à 14 km des côtes du pays. Mais, conçues pour être implantées sur terre, elles se révèlent vite inadaptées aux conditions extrêmes de l’offshore. Les avaries s’enchaînent. Finalement, en 2004, les pales et les nacelles sont démontées, pour être réparées au sec. Torben Kenneth Hansen, ingénieur électrique, se rappelle : « Nos collègues des centrales à charbon demandaient, en rigolant, à quoi servaient ces longues cheminées en mer, sans fumée, qui ne produisait pas d’électricité. »
Aujourd’hui, ce qui n’est plus qu’une anecdote dans la brève histoire de l’offshore éolien en dit beaucoup sur le chemin parcouru. L’épisode refroidira longtemps le secteur. En 2006, quand Elsam fusionne avec cinq autres compagnies énergétiques danoises, pour former DONG (Danish Oil and Natural Gas) Energy, ce sont les énergies fossiles qui constituent le plus gros du portefeuille d’activités de la nouvelle compagnie : l’exploration et l’extraction de gaz et de pétrole en mer du Nord, ainsi que l’exploitation d’énormes centrales à charbon, responsables d’un tiers des émissions de CO2 au Danemark.
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Il faudra moins de quinze ans à DONG Energy pour réussir une des métamorphoses les plus impressionnantes du secteur et devenir le numéro un mondial de l’éolien offshore, avec un tiers des parts de marché. Rebaptisé « Orsted » en 2019 – du nom du physicien danois Hans Christian Orsted (1777-1851), à l’origine de la découverte de l’interaction entre électricité et magnétisme –, le groupe danois tire aujourd’hui plus de 98 % de ses revenus de la production d’énergie renouvelable. Entre 2007 et 2020, il a baissé de 86 % ses émissions de CO2, tout en doublant presque son résultat d’exploitation (18,1 milliards de couronnes en 2020, soit 2,4 milliards d’euros).
Le rapport Stern de 2006
Mais revenons en 2006, année de naissance de DONG Energy, une compagnie contrôlée à 76,5 % par l’Etat, qui réalise près de 9 % de son chiffre d’affaires sur le marché danois. « Nous étions convaincus que nous devions croître dans chacun de nos secteurs d’activité », se rappelle Jakob Boss, alors assistant exécutif du PDG, Anders Eldrup. Sauf que le vent commence à tourner : « Le débat sur le changement climatique est arrivé », explique M. Boss, aujourd’hui vice-président chargé de la stratégie chez Orsted.
Il y a d’abord le rapport Stern, publié en 2006, « qui disait qu’il serait moins cher, pour les entreprises, d’agir que d’attendre, car les conséquences du changement climatique allaient être bien pires que les investissements nécessaires pour transformer le système ». En 2008, l’Union européenne adopte son paquet énergie climat 2020. Objectif : baisser la consommation d’énergie et les émissions de CO2de 20 % avant 2020 et accroître d’autant la part du renouvelable dans la consommation finale brute.
En décembre 2009, Copenhague doit accueillir la COP15 sur le climat. Le Danemark se présente volontiers comme un pionnier dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais ses centrales à charbon font tache sur la carte postale. En septembre 2008, Anders Eldrup publie un plaidoyer, dans le journal Politiken, en faveur d’« un système énergétique complètement différent », où le renouvelable remplacera les énergies fossiles. Un an plus tard, juste avant l’ouverture de la COP15, DONG Energy, qui produit 85 % de son énergie à base d’hydrocarbures et 15 % à base d’énergies renouvelables, s’engage à inverser le mix d’ici à 2040. Et, dans la foulée, la compagnie renonce à construire une gigantesque centrale à charbon à Greifswald (nord de l’Allemagne).
« Les salariés ne comprenaient pas vraiment »
Malgré les débuts laborieux du parc Horns Rev1, l’énergéticien décide de miser sur l’éolien offshore : un secteur d’activité balbutiant, mais ils « en voy[aient] le potentiel, à condition de presser les prix vers le bas », raconte Jakob Boss. En 2009, DONG Energy acquiert A2SEA, la société danoise d’installation et de service de parcs éoliens offshore, et passe commande de 500 turbines de 3,6 MW à l’allemand Siemens.
Ce changement de stratégie n’est pas du goût de tout le monde. « Les salariés qui travaillaient dans les centrales thermiques ne comprenaient pas vraiment », révèle Torben Kenneth Hansen. Certaines centrales sont converties à la biomasse, d’autres fermées. En mars 2012, le licenciement soudain d’Anders Eldrup – officiellement en raison des rémunérations démesurées de ses collaborateurs – fait planer le doute sur l’adhésion du conseil d’administration au plan éolien.
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D’autant que, cette année-là, la compagnie vacille, sous la chute des prix du gaz.« Nos revenus ont plongé d’un tiers, et notre dette a augmenté d’autant », souligne Jakob Boss. Avec du recul, la crise aura du bon. Elle va accélérer la transition, par le biais d’un programme qui prévoit la baisse de 20 % des coûts, un recentrage sur quatre des douze secteurs d’activités de l’entreprise, avec des désinvestissements massifs dans le gaz et le pétrole et l’arrivée de nouveaux investisseurs : des fonds de pension, mais aussi la banque Goldman Sachs, qui entre au capital de l’entreprise, non sans provoquer une crise politique en janvier 2014, avec l’implosion de la coalition gouvernementale.
Plusieurs plans sociaux
Plusieurs partis politiques s’interrogent sur la stratégie de DONG Energy. Et pourtant, la direction tient bon. En 2013, elle s’engage à baisser ses prix entre 30 % et 40 %, pour être au niveau de l’électricité conventionnelle d’ici à 2020. « Nous savions que c’était nécessaire pour que l’éolien offshore devienne une technologie énergétique compétitive sur le long terme », relate le vice-président chargé de la stratégie.
Mission accomplie dès 2016, avec deux contrats remportés aux Pays-Bas aux tarifs les plus bas du marché. La même année, Orsted entre en Bourse (l’Etat danois conserve 50,4 % des actions). Et, finalement, l’objectif fixé pour 2040 est atteint… en 2019 : le renouvelable compte alors pour 86 % de l’énergie produite par la compagnie, qui réalise 90 % de son chiffre d’affaires hors du Danemark.
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Au fil des ans, plusieurs plans sociaux ont été mis en place, notamment dans les centrales. Jakob Boss récuse l’idée d’une transition faite sur le dos des salariés, dont le nombre – autour de 6 500 dont 60 % au Danemark – n’a pas changé. Certains ont pu se reconvertir au sein de l’entreprise : « Les compétences ne sont pas si différentes », constate Torben Kenneth Hansen. Orsted a aussi beaucoup misé sur la formation en interne : « Ce n’est pas comme si on pouvait aller à Pôle emploi et recruter des ouvriers spécialisés dans la maintenance de turbines offshore », remarque M. Boss.
Après avoir fermé sa dernière centrale au charbon à Esbjerg (Danemark) en 2023, Orsted prévoit d’atteindre la neutralité carbone en 2025. Objectif pour l’avenir : rester le numéro un de l’offshore éolien et se positionner sur l’onshore, le solaire et l’hydrogène « vert ».
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Retrouvez tous les articles de la série « Transition écologique, défis économiques »
Alors que la COP26 débute le 1er novembre à Glasgow, en Ecosse, Le Monde tente de répondre à deux questions : comment financer la transition écologique ? Et qui va payer ?
• Changement climatique : qui paiera pour sauver la planète ? <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/changement-climatique-qui-paiera-pour-sauver-la-planete_6098923_3234.html>
• Le changement climatique, un risque majeur pour les banques <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/le-changement-climatique-un-risque-majeur-pour-les-banques_6098961_3234.html>
• En Ecosse, Aberdeen « vit encore au rythme des cours du brut » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/19/le-changement-climatique-un-risque-majeur-pour-les-banques_6098961_3234.html>
• L’Europe se divise sur l’élargissement du marché du carbone <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/l-europe-se-divise-sur-l-elargissement-du-marche-du-carbone_6099206_3234.html>
• Les entreprises déplorent le cercle vicieux de l’envolée du prix du CO2 <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/les-entreprises-deplorent-le-cercle-vicieux-de-l-envolee-du-prix-du-co2_6099210_3234.html>
• Le mirage de la « finance verte » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/21/le-mirage-de-la-finance-verte_6099347_3234.html>
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<https://www.lemonde.fr/energies/article/2021/10/22/orsted-recit-d-une-transition-ecologique-a-marche-forcee-d-un-energeticien-danois_6099444_1653054.html>
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15- ELA, le syndicat basque qui a placé la transition écologique au cœur de sa stratégie, Le Monde, 22/10/21, 10h27
Rémi Barroux (Bilbao, envoyé spécial)

Face à l’urgence climatique, l’organisation, née en 1911, avance « la nécessité d’un changement de système de production, de distribution et de consommation ».
Transformer radicalement le modèle productif face à l’urgence climatique. Dès son point 2 (sur trente-six), dans la résolution d’orientation qui sera votée par les 750 délégués de son prochain congrès, lequel se tiendra à Bilbao, les 24 et 25 novembre, le syndicat Euskal Langileen Alkartasuna (Solidarité des travailleurs et travailleuses basques - ELA) aborde la question de la transition écologique.
C’est donc une priorité pour le syndicat basque, qui avance « la nécessité d’un changement de système de production, de distribution et de consommation permettant de répondre à la nécessité de faire décroître l’utilisation des ressources ». Cette mue du syndicat en faveur d’une « transformation sociale, écologiste, démocratique et féministe » ne date pas d’hier. Elle n’est pas anodine pour ELA, qui est le premier syndicat du Pays basque, avec 36,08 % des délégués, devant les Commissions ouvrières (19,95 %), LAB (Langile Abertzaleen Batzordeak, Comité des travailleurs patriotes basques), autre syndicat basque dans la mouvance nationaliste (19,29 %), et l’Union générale des travailleurs (réputée proche du Parti socialiste ouvrier espagnol, le PSOE), à 14,17 %… ELA revendiquait 100 925 militants à jour de cotisation en août 2021, un nombre appréciable rapporté au million de travailleurs que compte le Pays basque.
> Lire aussi Au Pays basque, un « écosystème » post-croissance se met en place
Dans cette région, marquée par son passé minier, sidérurgique et naval, et où l’industrie (énergie, transports…) reste importante, ELA ne semble pas souffrir de son engagement écologique. « Il est difficile de savoir si notre positionnement écologiste nous apporte des voix ou nous en fait perdre, souligne Mitxel Lakuntza, l’actuel secrétaire général, âgé de 45 ans – et candidat à un nouveau mandat. Mais nous ne pouvons pas proposer notre projet de société aux travailleurs sans intégrer cette question essentielle. »
« Une critique globale du système »
Pour autant, la question environnementale n’est pas toujours l’élément principal mis en avant par le syndicat. Mercredi 20 octobre, à la sortie de l’entreprise ATP Aero (1 200 salariés), qui fabrique des turbines pour les moteurs d’avion Rolls-Royce, à proximité de l’aéroport de Bilbao, Mickael Carrero, 46 ans, assure que c’est à l’entreprise de penser la mutation du secteur. « Ce n’est pas au syndicat de le faire. Lui doit se concentrer sur nos conditions de travail. » 
Gaizka Aldazabal, délégué syndical ELA – qui compte onze des vingt-trois délégués de l’entreprise –, le confirme. « Il y a des licenciements, et ce que les travailleurs attendent de nous, c’est qu’on les défende. Et ELA apparaît comme le syndicat indépendant, intègre et proposant une critique globale du système », affirme ce syndicaliste de 42 ans.
Alors, comment expliquer aux salariés de secteurs industriels polluants ou fortement émetteurs de CO2 que cette transition écologique est nécessaire, même si elle risque de menacer leurs emplois ? « La question, c’est de pouvoir dire à des secteurs qui vont disparaître quels seront les moyens de reconversion, quels seront les nouveaux emplois qui vont être créés », affirme Amaia Muñoa, la secrétaire générale adjointe, âgée de 47 ans. Et de préciser qu’ELA prépare, « entreprise par entreprise », le recensement des postes en péril, le potentiel de nouveaux emplois et les nécessités de formation professionnelle.
Pour Ignacio Messina Iglesias, spécialiste du lien entre syndicalisme et écologie, « il est difficile de construire un syndicat à vocation majoritaire sans penser d’abord à la fin du mois pour les salariés ». Toutefois, estime ce chercheur de l’université de Buenos Aires, le syndicat basque a intégré la crise climatique comme partie de celle du système économique, « et la critique du développement capitaliste est parfaitement assumée chez ELA ».
Soutien à des luttes locales contre divers projets
Né en 1911, d’inspiration chrétienne et proche du Parti nationaliste basque, démocrate-chrétien, – majoritaire actuellement au Parlement basque dans une alliance avec le PSOE –, ELA s’est radicalisé au cours de son histoire. Il avance aujourd’hui un projet de société global, revendiquant même, pour la première fois, la création d’une « république [basque ] souveraine et indépendante » issue d’un mouvement d’« émancipation national et de classe ».
Au lendemain de la période de clandestinité (touchant tous les syndicats) qui a prévalu durant les quarante ans de la dictature franquiste, et avec l’arrivée d’une génération militante tournant l’organisation vers le marxisme et le mouvement de la gauche patriote (Abertzale) dès le milieu des années 1970, puis le développement de l’altermondialisme dans les années 1990, les questions écologistes ont vite nourri la matrice syndicale.
> Lire aussi Les théories de la décroissance sont-elles vraiment applicables ?
Avec l’aide d’experts, ELA a produit de la documentation sur les énergies renouvelables (en 1996), l’aménagement du territoire ou encore le problème de l’eau. En 2005, le syndicat a mené une campagne « Aller au travail sans voiture ». Il a également soutenu des luttes locales contre divers projets comme l’extension d’un port à côté de Saint-Sébastien et le centre intermodal de Vitoria… Aujourd’hui, il fait de l’opposition au projet de ligne à grande vitesse du Pays basque – 175 km dessinant un « Y » reliant Irun, Bilbao et Vitoria – un point fort de son activité ; il juge ce projet trop coûteux pour les finances publiques et il n’a, à ses yeux, que peu d’utilité sociale et économique, mais des effets très négatifs sur l’environnement.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/22/ela-le-syndicat-basque-qui-a-place-la-transition-ecologique-au-c-ur-de-sa-strategie_6099491_3234.html>
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16- Avec sa taxe carbone aux frontières, l’Union européenne est accusée de protectionnisme, Le Monde, 23/10/21, 11h30 
Julien Bouissou

Ce dispositif devrait s’appliquer dans un premier temps aux importations d’engrais, d’acier, d’aluminium, d’électricité et de ciment. 
C’est une nouvelle source de tension entre les pays développés et les émergents dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le projet de taxe carbone aux frontières, présentée par Bruxelles comme une « contribution à la diminution des émissions au niveau mondial », a été qualifié de mesure « protectionniste » et « discriminatoire » par plusieurs pays émergents.
Présentée le 14 juillet, cette taxe, que Bruxelles préfère appeler « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières », fixera un prix du carbone pour les importations de certains produits. Il s’agit d’éviter la délocalisation des industries polluantes dans des pays où les normes sont moins strictes et où les émissions de CO2 ne sont pas taxées comme elles le sont sur le Vieux Continent.
> Lire aussi La fracture Nord-Sud menace le combat pour le climat
Ce dispositif, qui entrerait progressivement en vigueur à partir de 2026, doit remplacer à terme les quotas gratuits d’émission aujourd’hui alloués à certaines entreprises polluantes comme les compagnies aériennes pour éviter qu’elles soient pénalisées vis-à-vis de leurs concurrentes étrangères. « Ce mécanisme a aussi pour finalité d’encourager les industries en dehors de l’Union, ainsi que nos partenaires internationaux, à prendre des mesures allant dans le même sens », a précisé Bruxelles.
> Lire aussi Le casse-tête de la taxe carbone aux frontières de l’UE
Selon la Cnuced, l’agence des Nations unies qui représente les pays en développement, la Russie, la Chine, la Turquie, l’Ukraine, l’Inde et le Brésil seront les plus touchés par cette taxe, qui devrait s’appliquer dans un premier temps aux importations d’engrais, d’acier, d’aluminium, d’électricité et de ciment. Celle-ci « pourrait rediriger les flux commerciaux vers des pays où la production est moins polluante, mais aura peu d’effet sur le réchauffement climatique », estime la Cnuced.
« Vive préoccupation »
D’après ses calculs, les exportations des pays en développement baisseraient de 1,4 % si le prix de la tonne de carbone était fixé à 44 dollars (38 euros), et de 2,4 % s’il atteignait 88 dollars, tandis que les émissions de CO2 dans le monde diminueraient de 0,1 %. Moscou, qui évalue à 7,6 milliards d’euros le manque à gagner sur ses exportations à destination de l’Europe, préparerait une taxe d’importation en guise de rétorsion.
En avril, les ministres de l’environnement de la Chine, du Brésil, de l’Inde et de l’Afrique du Sud sont montés au créneau pour exprimer « leur vive préoccupation concernant le projet de mise en place de barrières commerciales unilatérales, comme le mécanisme d’ajustement carbone, qui sont discriminatoires et contraires aux principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées ». Ce dernier principe reconnaît les efforts supplémentaires que les pays industrialisés doivent fournir, car ils ont une responsabilité historique dans la dégradation de l’environnement et disposent de moyens plus importants pour protéger le climat. « Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières sont, à plusieurs égards, des instruments modernes d’un impérialisme qui punit les nations en développement, dont la transition vers une économie verte est plus lente », fustige Charmi Mehta, chercheuse au sein du Finance Research Group, implanté en Inde.
Pour la Chine, cette mesure enfreint les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle pourrait même entraîner une distorsion de la concurrence, dans la mesure où les pays pauvres n’ont pas accès aux technologies leur permettant de réduire l’intensité carbone de leur production. « Bruxelles peut utiliser deux arguments juridiques pour défendre sa mesure : d’abord, expliquer que c’est une réglementation qui est appliquée aux producteurs et aux importateurs sans discrimination ; ensuite, invoquer l’article XX des règles de l’OMC prévoyant que la préservation de l’environnement fait partie des exceptions générales », explique Sébastien Jean, le directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales.
> Lire aussi En Suède, le succès de la taxe CO2 presque trentenaire
Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de l’OMC, rejette les accusations de protectionnisme. « Dans chaque secteur de notre économie, la production et la consommation suivent la variable du prix, écrivait-elle dans une tribune publiée le 14 octobre par le Financial Times. Malheureusement, le carbone a trop souvent été une exception, même si cela commence à changer. » Elle considère que l’« introduction d’un prix mondial du carbone est essentiel » et déplore l’incohérence des systèmes de tarification, avec des prix qui varient de 1 dollar la tonne en Ukraine à 130 dollars en Suède. « En l’absence d’accord, l’OMC, le FMI et l’OCDE ont le devoir de travailler ensemble pour trouver des solutions », conclut Mme Okonjo-Iweala.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/23/avec-sa-taxe-carbone-aux-frontieres-l-union-europeenne-est-accusee-de-protectionnisme_6099634_3234.html>
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17- Transition écologique : l'avis du CESE sur les évolutions nécessaires du modèle publicitaire, CBNews, 24/10/21, 18:13
Thierry Wojciak

Le Comité économique et social européen (CESE) vient de publier sur son site un « avis d’initiative », voté en plénière à l’unanimité des membres, sur les évolutions nécessaires du modèle publicitaire européen pour le rendre davantage compatible avec les enjeux de la lutte contre le dérèglement climatique. Un texte, porté par son rapporteur Thierry Libaert, par ailleurs chargé de mission à la direction du développement durable d’EDF, qui devra être transmis à la Commission Européenne qui a une obligation de prise en compte. Parmi les conclusions et recommandation, le texte insiste sur la « nécessité » pour l’UE de soutenir l’industrie publicitaire car elle représente un levier d’activités économiques et d’emplois « plus important que jamais ». Il met également en avant la mise en place d’une « réflexion d’ensemble » afin que la filière publicitaire intègre notamment les objectifs de l’Accord de Paris. Le texte entend en outre à ce que la Filière s’engage sur une réduction de son empreinte carbone avec pour objectif de réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans la perspective de concourir à la neutralité carbone collective « à l’horizon 2050 ». Il propose dans ce cadre que celle-ci, selon son secteur d’activité, s’engage par une réduction de la consommation énergétique des écrans publicitaires numériques et un accroissement de leur recyclabilité, par l’utilisation préférentielle de papier issu de forêts gérées durablement et d’encres conformes aux normes « Reach » et « GreenGuard » pour l’affichage papier et les dépliants publicitaires, ainsi que par une réduction des impacts techniques, énergétiques et logistiques en matière de productions audiovisuelles.
>> Suite à lire à : 
<https://www.cbnews.fr/conseil/image-transition-ecologique-avis-du-cese-evolutions-necessaires-du-modele-publicitaire>
En savoir plus :
> La publicité au service d’une consommation moderne et responsable (avis d’initiative) <https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/la-publicite-au-service-dune-consommation-moderne-et-responsable-avis-dinitiative>, Conseil économique et social européen (CESE), 20/10/21
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18- Olivia Grégoire : « Il faut accepter que la France ne puisse pas édicter seule les règles du monde entier sur le climat », Usbek & Rica, 24/10/21
Elena Scappaticci

Finance verte, éco-conditionnalité des aides publiques, intégration des indicateurs ESG dans la stratégie des entreprises, place de la France dans la bataille diplomatique actuelle en faveur de la décarbonation… À l’occasion de la sortie de son ouvrage, Et après ? Pour un capitalisme citoyen (Le Cherche Midi, 2021), Olivia Grégoire, Secrétaire d’état chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable et ex-Présidente de la commission spéciale pour la loi PACTE, livre son analyse sur ces enjeux-clefs pour le futur de l’économie.
Votre livre part du constat d'un changement de paradigme : en France, nous serions passés d'une approche de la reponsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises très focalisée sur la communication à une véritable prise en compte des indicateurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance, ndlr). Pouvez-vous revenir sur ce changement de paradigme ?
Olivia Grégoire : Je voudrais d’abord souligner un point important : il y a déjà énormément de TPE, de PME, d’ETI qui pratiquent la RSE sans le savoir : en développant, par exemple, une chaîne d’achat responsable, en cherchant à être paritaire dans leur gouvernance ou en prenant en compte des problématiques sociales fondamentales comme l’intégration de la question du handicap. Moi, j’aimerais d’abord saluer ces démarches qui ne se font pas parce qu’elles sont obligatoires mais parce que ces boîtes ont compris que c’était là le sens de l’Histoire.
>> Suite à lire à :
<https://usbeketrica.com/fr/article/olivia-gregoire-il-faut-accepter-que-la-france-seule-ne-puisse-pas-edicter-les-regles-du-monde-entier-sur-le-climat>
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19- Tribune. Benjamin Coriat : « De la difficulté de soumettre à une analyse coût/bénéfice toute mesure contre le dérèglement climatique », Le Monde, 29/10/21, 06h15 
Benjamin Coriat, économiste

Si la proposition d’évaluation contenue dans le rapport sur « Les grands défis économiques », remis en juin au chef de l’Etat, relève à première vue du bon sens, elle est pourtant compliquée à mettre en place, explique l’économiste dans une tribune au « Monde ».
Tribune. Dans une tribune au Monde [publiée le 03 septembre], postérieure à la publication du rapport remis le 23 juin au président de la république sur « Les grands défis économiques », Christian Gollier et Jean Tirole, deux membres éminents de la commission qui a travaillé à ce rapport, précisent leur proposition sur un point essentiel. Après avoir réitéré que l’extension du marché carbone reste la mesure phare à introduire, ils précisent que toute autre mesure prise par les pouvoirs publics (sont citées en particulier « la mise en place des normes, des infrastructures, des formations aux nouveaux métiers “verts” » ) doit être soumise à une analyse coût/bénéfice préalable. Selon les auteurs en effet, « il est crucial de doter ces actions publiques d’outils d’évaluation socio-économique fondés sur l’estimation des coûts par tCO2 ».
En cela, Gollier et Tirole ne font que développer la proposition déjà formulée dans le « Rapport Blanchard-Tirole » où l’on peut lire que, pour toute mesure complémentaire au marché carbone, il convient « de s’appuyer sur une analyse coûts/bénéfices complète et systématique » (p. 149). Cette assertion s’appuie sur le fait que toutes les mesures ne sont pas d’une égale efficacité. C’est ainsi notent-ils que « remplacer la voiture thermique par la voiture électrique reste coûteux pour la collectivité : 200 à 300 euros par tonne de CO2 évitée (tCO2e) en 2025 ». De même, dans l’habitat, rapportent-ils, « le mécanisme de certificats d’économies d’énergie incitant les ménages à mieux isoler leur habitation coûtait environ 350 euros par tCO2e » alors que « en comparaison, le remplacement d’une chaudière au fioul par une pompe à chaleur a un coût de l’ordre de 50 euros par tCO2e ».
Quel « taux d’actualisation » ?
Cette proposition semble frappée au coin du bon sens. Qui choisirait de dépenser davantage là où l’on peut dépenser moins ? Pourtant, la proposition des auteurs, aussi « évidente » qu’elle paraisse, se heurte à de solides objections.
La première tient à la nature même et aux difficultés intrinsèques que présente l’analyse coût/bénéfice. Sur quel horizon la conduit-on ? Deux ans, cinq ans ? Vingt ans ? De même, n’intègre-t-on que les coûts et bénéfices de la mesure analysée sur son environnement immédiat, ou prend-on en considération ses effets d’ensemble sur l’économie et la société ?
Enfin, et c’est là le principal, puisque cet outil d’analyse entend lisser et prendre en compte le temps à travers un « taux d’actualisation », comment fixer celui-ci ? Pour le même objet – la construction d’un barrage, d’un parc d’éoliennes ou d’une centrale nucléaire –, du fait de la distribution et de l’étalement des coûts et des bénéfices dans le temps, une analyse coût/bénéfice, selon le taux d’actualisation retenu, délivrera un « verdict » très différent, voir opposé.
Une objection toute particulière concerne la prise en compte des effets d’apprentissage. Pour ne prendre que cet exemple, alors que depuis 2015 le prix du solaire et de l’éolien a baissé de 50 à 65 %, rendant dans la plupart des cas l’énergie verte largement compétitive par rapport à nombre d’autres sources d’énergie, le résultat de l’analyse coût/bénéfice était totalement défavorable à ces énergies au moment du lancement des investissements. A suivre ce critère, l’investissement dans les énergies vertes n’aurait donc jamais dû être entrepris.
> Lire aussi « Le Bien commun, le climat et le marché », un modèle économique pour éviter la catastrophe environnementale
Plus généralement encore, la vision très étroite de l’économie dont relève cette préconisation est-elle encore de mise lorsque, jour après jour, les annonces se succèdent pour indiquer qu’en matière de changement climatique le temps est plus que compté. N’est-il pas temps d’abandonner l’idée qu’il faut « faire entrer le climat dans l’économie » pour au contraire réfléchir à la meilleure manière de « faire entrer l’économie dans le climat » ?
Pour toutes ces raisons, le critère préalable de l’analyse coût/bénéfice semble bien fragile. Si les considérations de coûts ne peuvent évidemment être niées, et si des outils d’évaluation doivent évidemment être conçus et utilisés à condition qu’ils soient robustes, la menace que constitue le changement climatique ne peut être enfermée dans un calcul et une comptabilité pour lesquels les outils appropriés n’existent tout simplement pas.
> Lire aussi « Le fondement scientifique, pour ne pas dire idéologique, du rapport Blanchard-Tirole sur le climat entraîne une cécité vis-à-vis de questions essentielles »
§ Benjamin Coriat est professeur émérite à la Sorbonne Paris-Nord. Auteur de « Le Bien commun, le climat et le marché. Réponse à Jean Tirole » (Les Liens qui libèrent, 140 p., 14 €).
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/29/benjamin-coriat-de-la-difficulte-de-soumettre-a-une-analyse-cout-benefice-toute-mesure-contre-le-dereglement-climatique_6100300_3232.html>
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En audio
20- Qu’est-ce que l’effet rebond ?, France Culture, Le pourquoi du comment, 18/10/21
Mathilde Dupré, Dominique Méda, Florence Jany-Catrice, Jézabel Couppey-Soubeyran et Laurence Scialom

Les innovations technologiques ou sociales devraient nous permettre de construire une économie moins carbonée et plus sobre dans l’utilisation des ressources. Mais c’est loin d’être toujours le cas. En cause, le tristement célèbre effet rebond
Conçus pour remplacer les sacs plastiques à usage unique - produits à base de pétrole et dont les déchets polluent les mers au point de former un sixième continent - les "tote bags" semblent désormais poser plus de problèmes écologiques qu’ils n’en résolvent. Leur production génère des impacts environnementaux importants, en particulier en raison de la consommation d’eau et de pesticides de la culture du coton. Sans compter les violations des droits humains et les cas de travail forcé largement documentés dans cette filière, notamment au sein des populations Ouigours en Chine. 
Selon une étude du Ministère de l’environnement et de l’alimentation danois, les "tote bags" devraient être utilisés 7000 fois pour être plus écologiques que les sacs en polyéthylène à usage unique.
Ce constat est une forme d’illustration de l’effet rebond : chaque fois qu’une innovation nous permet de consommer en utilisant moins d’énergie ou de matière, nous avons tendance à augmenter notre consommation. Et quand l’effet rebond est si fort qu’il annule les économies d’énergie ou de ressources apportées par une technologie, on tombe dans le "paradoxe de Jevons". L'économiste britannique avait observé que la consommation anglaise de charbon avait fortement augmenté après l’invention par James Watt d’une nouvelle machine à vapeur. Cette hausse de la consommation s’expliquait notamment par la généralisation de l'utilisation de la machine à vapeur au sein des usines.
>> Suite à lire ou à réécouter (3 min) à :
<https://www.franceculture.fr/emissions/le-pourquoi-du-comment-economie-social/qu-est-ce-que-l-effet-rebond>
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Deux publications
21- Réaliste - Soyons logique autant qu'écologique, de Bertrand Picard, Editions Stock, 20/10/21

Non, la sauvegarde de notre planète ne relève pas forcément de l'exercice d'auto-flagellation. Non, la préservation de notre espace naturel ne se réduit pas obligatoirement à une accumulation de sacrifices. Renversons plutôt la tendance et proposons une logique contraire. Oublions une fois pour toute l'impasse que nous promettent - avec une obstination qui confine à l'aveuglement - les partisans de la décroissance. 
Croire qu'il est possible de motiver les bonnes volontés en amputant d'emblée leur confort, leur mobilité ou leur niveau de vie est un combat perdu d'avance. Mais les solutions pour sortir de cette supposée et inéluctable fatalité existent bel et bien. La Fondation Solar Impulse en propose 1 000 qui toutes fonctionnent. Nous les avons testées et labélisées. Elles prouvent non seulement que la croissante qualitative n'est pas un leurre, mais qu'elle est, au contraire, capable de créer de la richesse et de l'emploi. 
Remplacer ce qui pollue par ce qui protège l'environnement, c'est ça, le marché de l'avenir. Ne soyons pas pessimistes, pas même optimistes, soyons tout simplement réalistes !
A propos de l’auteur
Psychiatre et aventurier, auteur du premier tour du monde en ballon (1999) et du premier tour du monde en avion solaire (2015-2016), Bertrand Piccard, 62 ans, est président de la Fondation Solar Impulse qui s’est donnée pour mission de trouver des solutions afin de protéger notre espace naturel. Chez Stock, il a déjà publié deux best-sellers : Changer d’altitude (2014) et, en collaboration avec André Broschberg, Objectif soleil (2017).
Réaliste - Soyons logique autant qu'écologique, de Bertrand Picard, Editions Stock, 20/10/21, ISBN : 978-2-234-09244-0, EAN : 9782234092440, 180 pages, 18 € ou 12,99 € en e-book.
<https://www.editions-stock.fr/livres/essais-documents/realiste-9782234092440>
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22- Et après ? - Pour un capitalisme citoyen, d’Olivia Grégoire, Éditions Le Cherche-Midi, 21/10/21

Un témoignage inédit et des pistes concrètes pour accélérer la révolution économique, écologique et solidaire. Nous vivons collectivement un moment historique qui nous offre une opportunité unique : responsabiliser le capitalisme. En mesurant son impact, nous pouvons changer l'économie... et refaire société. A l'heure où la crise sanitaire a définitivement éveillé les consciences à l'urgence d'adopter des modes de consommation et de production plus responsables, l'économie se réinvente sous nos yeux. 
Dans cet essai personnel et engagé, Olivia Grégoire s'interroge sur les conditions de survie du capitalisme, l'avenir de l'entreprise, et leur contribution au vivre-ensemble. Pour la secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable, il s'agit de transformer l'économie en lui redonnant toute sa place au cœur d'un projet de société durable et inclusif : si la société capitaliste ne réussit pas sa mutation, ce n'est pas le capitalisme qui disparaîtra, mais la société elle-même. 
Un témoignage inédit et des pistes concrètes pour accélérer la révolution économique, écologique et solidaire.
Et après ? - Pour un capitalisme citoyen, d’Olivia Grégoire, Éditions Le Cherche-Midi, Collection : Impact, 21/10/21, ISBN : 978-2-7491-7221-7, EAN : 9782749172217, 144 pages, 15 € ou 9,99 € en ebook.
<https://www.lisez.com/auteur/olivia-gregoire/158303>
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