[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur agriculture (dont OGM), alimentation, forêt, pêche, apiculture et jardinage (vendredi 22 avril)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Ven 22 Avr 08:05:27 CEST 2022


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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Avant-propos. Une page se tourne avec le prochain arrêt de la diffusion de la présente revue de presse (06/05/22)
1- Entretien. Public, entreprises, ONGs : tous mobilisés pour un cacao responsable <https://www.entrepreneursdavenir.com/actualites/une-filiere-du-cacao-plus-equitable-et-juste-est-ce-possible/>, Entrepreneurs d’avenir, 13/04/22
2- Critique. "Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent" : Arte part à la découverte de "l’Internet de la forêt" <https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/04/14/le-murmure-de-la-foret-quand-les-arbres-parlent-arte-part-a-la-decouverte-de-l-internet-de-la-foret_6122211_3246.html>, Le Monde, 14/04/22, 19h00
3- L’UE restreint l’utilisation d’un pesticide nocif pour les abeilles <https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/lue-restreint-lutilisation-dun-pesticide-nocif-pour-les-abeilles/>, EurActiv, 14/04/22
4- Interview. « Pendant des millénaires, l'agriculture s'est parfaitement passée d'engrais de synthèse » <https://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-gilles-billen-agriculture-engrais-39459.php4>, Actu-environnement, 14/04/22
5- Un Kenyan fabrique un engrais organique bon marché à partir de balles de riz <https://www.enviro2b.com/2022/04/14/un-kenyan-fabrique-un-engrais-organique-bon-marche-a-partir-de-balles-de-riz/>, Enviro2B, 14/04/22
6- Tribune. « La crise alimentaire va à nouveau soulever la question de l’autonomie agricole de l’Europe » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/15/la-crise-alimentaire-va-a-nouveau-soulever-la-question-de-l-autonomie-agricole-de-l-europe_6122311_3232.html>, Le Monde, 15/04/22, 12h17
7- Tribune. Matières premières : « Le “chacun pour soi” risque de prévaloir » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/15/matieres-premieres-le-chacun-pour-soi-risque-de-prevaloir_6122318_3232.html>, Le Monde, 15/04/22, 12h22 
8- L’Europe pourrait produire 100 % du soja qu’elle consomme <https://reporterre.net/L-Europe-pourrait-produire-100-du-soja-qu-elle-consomme>, Reporterre, maj le 15/04/22 à 15h56
9- Tribune. "En autorisant l’abattage massif de bouquetins des Alpes, l’Etat suit le lobby des syndicats agricoles contre l’avis des scientifiques" <https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/17/en-autorisant-l-abattage-massif-de-bouquetins-des-alpes-l-etat-suit-le-lobby-des-syndicats-agricoles-contre-l-avis-des-scientifiques_6122526_3232.html>, Le Monde, 17/04/22, 09h00   
10- Pâques : entre chocolat et environnement, comment s’y retrouver <https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/paques-entre-chocolat-et-environnement-voici-comment-s-y-retrouver-150721.html>, Novethic, 17/04/22
11- La discrétion de Nestlé face au scandale d’enfants malades pour avoir consommé des pizzas contaminées <https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/18/la-discretion-de-nestle-face-au-scandale-d-enfants-malades-pour-avoir-consomme-des-pizzas-contaminees_6122579_3244.html>, Le Monde, 18/04/22, 05h09
12- Suisse : Une compagnie aérienne s’attaque au gaspillage alimentaire à bord de ses avions <https://www.20minutes.fr/planete/3273651-20220419-suisse-compagnie-aerienne-attaque-gaspillage-alimentaire-bord>, 20 Minutes avec agence, 19/04/22, 15h06
13- Envol des prix, insécurité alimentaire… les lourdes conséquences pour l’Afrique de la guerre en Ukraine <https://theconversation.com/envol-des-prix-insecurite-alimentaire-les-lourdes-consequences-pour-lafrique-de-la-guerre-en-ukraine-181193>, The Conversation, 19/04/22, 18:39
14- Reportage. Les fermes verticales, un modèle controversé pour l’agriculture de demain <https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/20/les-fermes-verticales-un-modele-controverse-pour-l-agriculture-de-demain_6122841_3244.html>, Le Monde, 20/04/22, 05h29
En images
15- L'huître de mangrove, une perle à cultiver pour le Sénégal <https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20220414-l-hu%C3%AEtre-de-mangrove-une-perle-%C3%A0-cultiver-pour-le-s%C3%A9n%C3%A9gal>, AFP, 14/04/22, 15:00
16- Surexploitée, la précieuse mangrove kényane "se relève" grâce aux habitants <https://www.la-croix.com/Surexploitee-precieuse-mangrove-kenyane-releve-grace-habitants-2022-04-08-1301210408>, AFP, 14/04/22, 18:00
17- "Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent" <https://www.arte.tv/fr/videos/091180-000-A/le-murmure-de-la-foret-quand-les-arbres-parlent/>, Arte, 14/04/22, 22h55
18- Factuel. En cartes : comment a évolué l’utilisation de pesticides dans les communes françaises depuis 2017 ? <https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/04/17/en-cartes-comment-a-evolue-l-utilisation-de-pesticides-dans-les-communes-francaises-depuis-2017_6122537_4355770.html>, Le Monde, 17/04/22, 11:00

Bien à vous,
Florence

NB : En pied de page de chaque message, vous disposez d’une adresse url qui vous permet de vous abonner, de changer votre adresse mail ou de vous désabonner directement à votre gré.

DOCUMENTAIRE DU JOUR : On connaît de mieux en mieux "l'intelligence" des arbres et les étonnantes facultés qui leur ont permis, depuis des millénaires, de tisser entre eux un réseau dense de communication. Au cœur de la forêt, amis, ennemis, partenaires d’affaires et parents entretiennent ainsi une conversation silencieuse, restée longtemps insoupçonnée. (cf. item 2 & 17)
AVENIR DU JOUR : Max Havelaar, plusieurs ONGs, le gouvernement français et des syndicats s'engagent pour une plus juste rémunération des cacaoculteurs et une meilleure protection de leurs droits. (cf. item 1)
DÉCISION DU JOUR : La Commission européenne a décidé de limiter l’utilisation du pesticide Sulfoxaflor aux espaces intérieurs en raison de son impact sur les abeilles, mais cette décision n’a pas été bien accueillie par les États-Unis. (cf. item 3)
ENTRETIEN DU JOUR : "Ce qui coûte cher dans la fabrication des engrais azotés, c'est le gaz naturel, car il en faut beaucoup. Pour fixer 1 tonne d'azote sous forme d'ammoniac, il faut 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) en gaz ou en charbon. C'est donc très dispendieux en énergie et très émetteur de gaz à effet de serre." (cf. item 4)
ALTERNATIVES DU JOUR : — Dans son usine de transformation de Mwea, au centre du Kenya, Amel Rigu fabrique son propre engrais, le biochar, à partir de balles de riz, et d’un ingrédient "secret" qui s’avère obtenir des résultats très encourageants et qui permettent de faire face aux pénuries liées à la guerre en Ukraine. (cf. item 5 & suite)
— La compagnie aérienne Swiss International Air Lines a décidé de mettre en place deux programmes pour lutter contre le gaspillage alimentaire. (cf. item 13)
— A 120 km au sud de Dakar, les eaux salées bordées de mangrove regorgent d'huîtres, source d'aliments protéinés encore mal exploitée mais prometteuse de nouveaux revenus. (cf. item 15)
— Les mangroves sont précieuses pour la planète : leurs arbres peuvent absorber cinq fois plus de carbone que les forêts terrestres et agissent comme une barrière contre les tempêtes et l’érosion. Protéger les mangroves coûte 1.000 fois moins cher au kilomètre que de construire des digues, selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement. (cf. item 16)
QUESTIONNEMENT DU JOUR : Va-t-on assister à une envolée durable des prix et des actions des entreprises de l’agroalimentaire et le chacun pour soi ne risque-t-il pas de prévaloir ? (cf. item 6, 7 & 13)
ÉTUDE DU JOUR : Importer du soja pour nourrir le bétail est une cause majeure de déforestation. Or, selon une étude, l’Europe serait capable de produire elle-même tout le soja dont elle a besoin. (cf. item 8 & suite)
REQUÊTE DU JOUR : Le géographe Farid Benhammou et la documentariste Mélina Zauber, demandent la suspension d’un arrêté signé par le préfet de Haute-Savoie qui autorise un abattage massif de bouquetins dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie. (cf. item 9)
FAUX-AMI DU JOUR : Déforestation, besoins importants en eau, utilisation massive de pesticides, recours aux enfants…la culture du cacao entraîne de nombreux impacts sur l’environnement et la main-d’œuvre. (cf item 10)
MASQUE DU JOUR : Nestlé, le géant agroalimentaire invoque l’enquête préliminaire en cours pour ne pas s’exprimer alors que plusieurs enfants en France sont morts ou ont développé de très graves syndromes d’insuffisance rénale. (cf. item 11)
CONTROVERSE DU JOUR : Les fermes verticales suscitent un intérêt croissant, avec la promesse d’économiser des terres, de l’eau et des intrants agricoles. Le concept, qui reste marginal en France, est aussi jugé coûteux et gourmand en énergie par certains. (cf. item 14)
BILAN DU JOUR : Depuis 14 ans, la France se donne officiellement l’objectif de réduire rigoureusement sa consommation de produits phytosanitaires. Si l’objectif fait consensus, les débats sont plus âpres sur les moyens d’y parvenir et aucun des 3 plans Ecophyto successifs n’a été capable d’enclencher une dynamique de baisse. (cf. item 18)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/le-temps-est-venu-lappel-de-nicolas-hulot-pour-poser-les-premieres-pierres-dun-nouveau-monde/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/economies-denergie-au-quotidien-trucs-et-astuces-pour-depenser-moins/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://www.youtube.com/watch?v=FMjygtDmPSM>
> L'APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <http://www.comite21.org/reseau-adherents/actualites.html?id=11056>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/trophees-pour-le-climat-my-positive-impact/>
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Avant-propos. Une page se tourne avec le prochain arrêt de la diffusion de la présente revue de presse (06/05/22)

Cher(e)s abonné(e)s,
C’est un message un peu particulier que je vous adresse aujourd’hui…
En effet, une page est sur le point de se tourner avec l’arrêt définitif de la diffusion de la revue de presse, le 6 mai prochain.
Pourquoi cet arrêt ? Parce que la bénévole (en ma personne…) qui vous la concocte chaque jour commence à avoir les yeux un peu fatigués après 17 ans de bons et loyaux services.
Et puis, autant en 2005, il était difficile de rassembler des articles qui parlent d’écologie, d’environnement ou de nature du fait de leur rareté, autant aujourd’hui leur nombre ne manque pas et il faut plutôt opérer un tri sélectif pour faire émerger la qualité. Au moins, de ce point de vue-là, il y aura eu des progrès pour sortir ces problématiques de l’ombre. Nombreux sont désormais les sites proposant des fils d’actualité, des newsletters ou des applications permettant à chacun de s’abonner et vous y gagnerez en qualité de présentation car la mienne était plutôt sobre...
Pour garder le lien avec la Fondation, je vous invite, pour celles et ceux qui ne le sont pas déjà à vous inscrire à sa newsletter mensuelle « L’Essentiel de la FNH » <https://www.fnh.org/newsletter-fnh/> : 
Encore deux semaines à passer ensemble avant de se séparer définitivement.
Bonne lecture à toutes et tous,
Florence
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1- Entretien. Public, entreprises, ONGs : tous mobilisés pour un cacao responsable, Entrepreneurs d’avenir, 13/04/22

Max Havelaar, plusieurs ONGs, le gouvernement français et des syndicats s'engagent pour une plus juste rémunération des cacaoculteurs et une meilleure protection de leurs droits.
Vous êtes directeur général de Max Havelaar, mouvement engagé pour le commerce équitable. Vous avez signé en octobre dernier l’initiative française pour un cacao durable. Pourquoi avoir accompagné cette initiative et quelle ambition pour celle-ci ?
Blaise Desbordes : Parce qu’il y a urgence ! Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de la filière du cacao sont immenses et pressants : de l’extrême pauvreté des cacaoculteur·rice·s, à la déforestation, en passant par le travail des enfants, nous devons agir. Les acteurs de la filière connaissent ces réalités depuis des décennies, et certains travaillent depuis longtemps pour y répondre, mais sans suffisamment changer la donne. Quelques chiffres pour vous donner une idée :
>> Suite à lire à :
<https://www.entrepreneursdavenir.com/actualites/une-filiere-du-cacao-plus-equitable-et-juste-est-ce-possible/>
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2- Critique. "Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent" : Arte part à la découverte de l’"Internet de la forêt", Le Monde, 14/04/22, 19h00
Catherine Pacary

Petra Höfer et Freddie Röckenhaus se sont littéralement mis à « l’écoute » des arbres, du dense réseau de communication tissé entre eux depuis des millénaires, et dont les hommes commencent seulement à cerner le langage. Fascinant. 
« Je ne peux pas dire : “On comprend le langage des arbres.” On ne comprend rien au langage des arbres ! », grommelait Yann Arthus-Bertrand face à la caméra, en 2019. Le photographe enregistrait le spot de présentation du documentaire Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent, de Petra Höfer et Freddie Röckenhaus, sélectionné dans le cadre de l’opération « Winter of Forests », orchestrée par celui qui est aussi président fondateur de l’association environnementale GoodPlanet.
Ce documentaire, majoritairement tourné dans les forêts d’Europe du Nord, prend un pari fascinant : nous faire entendre « les créatures des bois [qui] utilisent un langage que les chercheurs commencent tout juste à déchiffrer ». Quelque 2 000 expressions seraient répertoriées dans le lexique des arbres. Les échanges sont matérialisés ici par des animations de synthèse, par exemple entre les arbres et les champignons : les premiers reçoivent de l’azote et du phosphore des seconds qui, eux, reçoivent en retour le sucre issu de la photosynthèse.
Interaction arbre-homme
Le réseau mycorhizien ainsi constitué est qualifié d’« Internet de la forêt » : il pourrait interconnecter des forêts entières, et permettrait d’expliquer l’étonnante faculté d’adaptation de la forêt aux changements climatiques, aux attaques des insectes et à la surexploitation dont elle a été victime, depuis le néolithique jusqu’au reboisement entamé au XVIIIe siècle.
Ainsi se dessine, au-delà des échanges sensoriels ressentis par l’être humain en balade dans une futaie, une interaction arbre-homme. Or, et c’est l’un des chapitres les plus originaux et les plus intéressants du documentaire, cet interventionnisme même est remis en question, en s’appuyant sur deux expérimentations : l’une en forêt bavaroise, où l’homme a choisi de ne rien faire face à une invasion de parasites, l’autre en forêt humide, où les bois morts ne sont plus déblayés.
> Lire aussi « On finit par croire que la forêt a besoin d’être exploitée pour être en pleine santé »
L’arbre n’a pas le même rapport au temps que l’homme. Plus que sa faculté à générer des ions positifs ou à drainer l’humidité, c’est certainement cela qui nous fascine et crée ce lien particulier. Les réalisateurs s’attardent ainsi sur la « vie » du chêne de la forêt de Grunewald, près de Berlin, aujourd’hui âgé de près de 500 ans. Décrit tel un héros ouvrier, il fabrique chaque jour « 12 kg de glucose, absorbe le CO2 de trois maisons individuelles et produit en oxygène l’équivalent de ce que respirent dix personnes ».
> Lire aussi Arte donne la parole aux arbres, avec Yann Arthus-Bertrand
Le rappel de ses années passées fait voyager dans l’histoire : en 1543, « lorsqu’il enfonce ses premières racines dans le sol », Copernic démontre que la Terre tourne autour du Soleil ; il a 265 ans lorsqu’il « voit » Napoléon entrer dans Berlin, où, à près de 450 ans, il assistera à la chute du Mur.
§ Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent <https://www.youtube.com/watch?v=TxqX9bBr9rY&t=44s>, de Petra Höfer et Freddie Röckenhaus (All., 2019, 95 min).
<https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/04/14/le-murmure-de-la-foret-quand-les-arbres-parlent-arte-part-a-la-decouverte-de-l-internet-de-la-foret_6122211_3246.html>
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3- L’UE restreint l’utilisation d’un pesticide nocif pour les abeilles, EurActiv, 14/04/22
Jamie Holcomb et Natasha Foote | translated by  Anne-Sophie Gayet

La Commission européenne a décidé de limiter l’utilisation du pesticide Sulfoxaflor aux espaces intérieurs en raison de son impact sur les abeilles, mais cette décision n’a pas été bien accueillie par les États-Unis.
Ce pesticide, produit par le géant de l’agrochimie Corteva, a été développé à l’origine comme une alternative à une classe controversée de pesticides : les néonicotinoïdes, qui ont été associés à la diminution de la population d’abeilles.
Le Sulfoxaflor a été approuvé dans l’Union européenne en 2015. Cependant, après seulement sept ans sur le marché, cette substance chimique sera désormais limitée à un usage en intérieur après que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a jugé les informations concernant son impact sur les abeilles insuffisantes pour garantir la sécurité du pollinisateur.
Commentant cette décision, la commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a déclaré que la protection des pollinisateurs contre les pesticides nocifs est d’une « importance capitale pour l’avenir de notre planète et de nos enfants ».
« Nos engagements dans le cadre de la stratégie “de la ferme à la table” (Farm to Fork) et de la stratégie en faveur de la biodiversité sont clairs : les pesticides chimiques nocifs seront ou bien interdits, ou bien leur utilisation sera limitée », a-t-elle indiqué, ajoutant que cette décision est la preuve que l’exécutif européen « respecte cet engagement ».
« Les conclusions scientifiques de l’EFSA montrent que l’utilisation du Sulfoxaflor en extérieur peut être nocive pour les bourdons et les abeilles solitaires. Des mesures doivent être prises dès maintenant pour limiter son utilisation en intérieur uniquement », a-t-elle affirmé.
Le règlement devra à présent être adopté par l’exécutif européen au printemps.
Cependant, la décision n’a pas été bien accueillie aux États-Unis.
Euractiv a été informé que les États-Unis ont envoyé une lettre de plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui doit approuver la restriction, soutenant qu’en raison de sa large utilisation aux États-Unis, ils seraient dès lors incapables d’exporter des biens sur lesquels ce pesticide a été utilisé.
Interrogé sur l’impact de la restriction sur le commerce avec les États-Unis et d’autres pays tiers, un fonctionnaire de la Commission a confié à EURACTIV que la proposition ne modifie pas les limites maximales de résidus applicables.
Les traces laissées par les pesticides dans les produits traités sont formellement appelées résidus. La limite maximale de résidus (LMR) est le niveau le plus élevé de résidus de pesticides qui est légalement toléré dans ou sur les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux lorsque les pesticides sont correctement utilisés.
« Ainsi, elle n’affectera pas immédiatement le commerce des produits agricoles », ont-ils déclaré.
Le fonctionnaire a ajouté que la proposition prévoit la possibilité pour les États membres d’accorder des délais de grâce pour la mise sur le marché et l’utilisation des stocks existants de produits phytopharmaceutiques contenant du Sulfoxaflor pour des utilisations en extérieur après la modification des autorisations par les États membres.
Ce n’est que lorsque ces délais de grâce auront expiré qu’une révision des LMR en vigueur sera envisagée, a expliqué le fonctionnaire.
Euractiv a contacté la Mission américaine auprès de l’UE pour obtenir un commentaire sur la question, mais n’a pas reçu de réponse.
>> Suite à lire à :
<https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/lue-restreint-lutilisation-dun-pesticide-nocif-pour-les-abeilles/>
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4- Interview. « Pendant des millénaires, l'agriculture s'est parfaitement passée d'engrais de synthèse », Actu-environnement, 14/04/22
Propos recueillis par Laurent Radisson

La guerre en Ukraine interroge la dépendance de notre agriculture aux engrais de synthèse. Gilles Billen, directeur de recherche au CNRS, explique les raisons de cette dépendance, les moyens à mettre en œuvre pour s'en soustraire et les gains attendus.
Actu-Environnement : Les tensions liées à la guerre en Ukraine concernent-elles tous les engrais de synthèse ?
Gilles Billen : L'azote est l'élément limitant principal en agriculture. Les réserves d'azote disponible dans le sol sont faibles, il faut donc en amener de manière régulière à la plante. La fertilisation se fait donc chaque année, et même parfois plusieurs fois par an, et l'absence de cette fertilisation aurait des effets immédiats sur le rendement. Par contre, le phosphore et le potassium ont des stocks dans le sol beaucoup plus réguliers, avec un temps de résidence beaucoup plus long. Le fait de ne pas ajouter d'engrais phosphorés une année n'a pas d'effet sur le rendement. De plus, en France, comme dans beaucoup de pays européens, il y a eu une telle surfertilisation phosphorée durant les années 1950 à 1980, période durant laquelle l'usage des engrais industriels s'est généralisé, qu'il s'est constitué un héritage de phosphore qui nous permet de nous passer de fertilisants phosphorés pendant les cinquante à cent ans à venir. Ce n'est pas tout à fait aussi vrai pour le potassium, mais presque. Donc, quand on parle de carence possible à court terme, on parle d'azote.
>> Suite à lire à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-gilles-billen-agriculture-engrais-39459.php4>
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5- Un Kenyan fabrique un engrais organique bon marché à partir de balles de riz, Enviro2B, 14/04/22

Amuel Rigu fabrique son propre engrais à partir de balles de riz, et d’un ingrédient « secret » qui s’avère obtenir des résultats très encourageants et qui permettent de faire face aux pénuries liées à la guerre en Ukraine. 
Amel Rigu utilise une potion secrète qu’il ajoute à son engrais fait à partir de balles de riz, appelée « Formule d’amélioration exclusive Safi ».
Dans son usine de transformation de Mwea, au centre du Kenya, Amel Rigu a trouvé un moyen de transformer les déchets agricoles en un engrais organique qui se vend à moins de la moitié du prix de son alternative inorganique.
C’est aussi plus efficace et plus doux pour le sol, disent ses clients et ses scientifiques.
À l’échelle mondiale, il y a un regain d’intérêt pour les engrais organiques alors que les prix mondiaux des intrants chimiques montent en flèche à cause de la guerre en Ukraine.
La demande a augmenté depuis le début de la crise ukrainienne, a-t-il dit, l’incitant à doubler la taille de son équipe, qui travaille 18 heures par jour et produit 35 à 45 tonnes d’engrais par semaine, soit le double de la production avant le début du conflit.
Carbonisation des déchets du riz
Pour l’instant, le marché cible d’Amel Rigu est constitué de petits agriculteurs qui utilisent des engrais synthétiques depuis des années, mais qui ont vu leurs rendements diminuer au fil du temps à mesure que leurs terres se dégradent de plus en plus.
« Ce qui s’est réellement passé, c’est que leurs sols sont légèrement devenus acides et lorsque ces sols deviennent acides, ils deviennent infertiles », a-t-il déclaré.
« Nous sommes ici pour inverser cela. »
Amel Rigu a décidé de se lancer dans le secteur des engrais en 2013 lorsqu’il a vu des montagnes de balles de riz brûlées, polluant l’environnement et contribuant aux émissions de gaz à effet de serre.
Son équipe met d’abord le feu à des monticules de balles de riz, les laissant couver pendant environ huit heures, en utilisant une combustion à faible teneur en oxygène similaire à celle utilisée dans la production de charbon de bois (carbonisation).
Lorsque les enveloppes carbonisées, connues sous le nom de biochar, ont refroidi, l’équipe ajoute la mystérieuse « Formule d’amélioration », en mélangeant et en tournant la substance noire jusqu’à ce que le bon niveau d’humidité soit atteint.
Du biochar de haute qualité 
Le biochar comme celui d’Amel Rigu ajoute non seulement des éléments nutritifs au sol, mais présente de nombreux autres avantages, comme l’aider à retenir l’humidité, combattre l’érosion, encourager les micro-organismes et restaurer les niveaux d’acidité, a déclaré Leigh Ann Winowiecki, pédologue à World Agroforestry.
Pour Amel Rigu, cela se traduit par des clients satisfaits comme le producteur de tomates local David Irungu.
« D’après ce que je vois, mes cultures poussent bien et pendant la récolte, mes fruits sont encore plus gros qu’avant », a déclaré David Irungu.
<https://www.enviro2b.com/2022/04/14/un-kenyan-fabrique-un-engrais-organique-bon-marche-a-partir-de-balles-de-riz/>
En savoir plus :
> Le développement industriel du biochar lancé à la COP26 <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/le-developpement-industriel-du-biochar-lance-a-la-cop26_158999>, Sciences & Avenir, 10/11/21, 15h03
> What is biochar ? - Biochar for climate - Biochar for agriculture <https://netzero.green/biochar/>, Net Zero
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6- Tribune. « La crise alimentaire va à nouveau soulever la question de l’autonomie agricole de l’Europe », Le Monde, 15/04/22, 12h17
Par Maxim Manturov, responsable du conseil en investissement chez Freedom Finance Europe 

Le financier Maxim Manturov prévoit, dans une tribune au « Monde », une envolée durable des prix et des actions des entreprises de l’agroalimentaire
Tribune. Les sanctions économiques contre la Russie pèsent sur les marchés alimentaires mondiaux. L’Ukraine et la Russie sont les leaders mondiaux des exportations de céréales, telles que le blé et le maïs. L’Ukraine est aussi le plus grand fournisseur d’huile végétale au monde. Selon le Conseil agraire panukrainien, l’Ukraine représente environ 10 % des exportations mondiales de céréales et 50 % de celles d’huile de tournesol en 2021-2022.
Le département de l’agriculture américain a estimé que l’Ukraine produirait en 2021-2022 42 millions de tonnes de maïs et en exporterait 33,5 millions de tonnes, se classant au quatrième rang mondial des exportateurs, avec 17 % des parts de ce marché. Deuxième producteur mondial d’engrais potassiques et phosphatés, la Russie fournit 13 % du marché mondial de ces produits. En suspendant ses exportations, Moscou pourrait obliger les superpuissances agricoles, dépendantes des engrais importés, à chercher de nouveaux fournisseurs.
> Lire aussi :  Entre la hausse des coûts et les pénuries, l’agro-industrie tentée de revisiter ses recettes
Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) seront les plus durement touchés par l’envolée des prix. Ces pays sont des importateurs nets directs et, dans certains cas, pourraient souffrir de pénuries alimentaires chroniques. La crise alimentaire va aussi à nouveau soulever la question de l’autonomie de l’Europe en matière de production agricole.
La hausse des prix des engrais et des coûts de production
Des mesures visant à protéger les agriculteurs ont déjà été prises en France. L’Italie pourrait être le prochain pays sur la liste. Il faudrait étudier ce que l’Ukraine exporte vers l’Europe pays par pays, et chercher quels pays et quelles entreprises pourraient combler le déficit d’importations alimentaires.
Mais ces tentatives de substitution ne résoudront pas complètement le problème, car les importateurs d’Afrique du Nord et de Chine chercheront eux aussi des moyens d’assurer un approvisionnement suffisant face à l’incertitude actuelle. Le plus grand importateur de maïs ukrainien est la Chine, qui pourrait par conséquent augmenter ses importations en provenance des Etats-Unis, mais aussi de Russie.
> Lire aussi : « La guerre en Ukraine va aggraver les souffrances des populations du Sahel »
Quant à l’huile de tournesol ukrainienne, elle pourrait être remplacée par de l’huile de soja, en particulier par l’Inde, plus grand importateur mondial d’huile végétale. Cela pourrait entraîner une forte croissance des cultures de blé, de maïs et de soja aux Etats-Unis ce printemps. Toutefois, les agriculteurs devront tenir compte de la hausse des prix des engrais et des coûts de production supplémentaires, ainsi que des ressources en eau, compte tenu de la sécheresse de la saison précédente.
Une forte valorisation des grands groupes
En raison des problèmes de chaîne d’approvisionnement, de la hausse des coûts de l’énergie et de l’augmentation de la demande mondiale, les prix des denrées alimentaires continuent donc d’augmenter. Les économistes prévoient qu’ils resteront élevés en 2022. Par exemple, ils ont augmenté aux Etats-Unis de 6,7 % en janvier, le niveau le plus élevé depuis février 1990.
Selon le département américain de l’agriculture, le revenu agricole net augmentera de 23,9 milliards de dollars en 2022 aux Etats-Unis, soit une hausse de 25 % par rapport à 2021. La reprise actuelle des prix des céréales devrait être de bon augure pour les géants de l’agriculture dans les mois à venir. Les contrats à terme sur le blé ont atteint leur niveau le plus élevé jamais enregistré début mars, tandis que les prix du maïs ont également atteint des sommets.
> Lire aussi : Guerre en Ukraine : le Liban multiplie les contacts pour échapper à une crise du blé
Les actions des entreprises du secteur agricole sont sous les feux de la rampe depuis plusieurs mois. Cette situation inédite permet déjà à certaines grandes entreprises cotées en Bourse de prendre de la valeur, telles que Bunge, l’un des leaders mondiaux d’achat, stockage, transport, transformation et vente de matières premières agricoles et de céréales.
Mettre en œuvre des stratégies de résilience
Les actions des sociétés agricoles assez grandes pour peser sur la fixation des prix de marché sont en bonne position pour croître dans ce contexte. Elles bénéficient des pressions inflationnistes en cours, transférant les coûts aux clients, tandis que les tensions géopolitiques actuelles se concentreront également sur les approvisionnements alimentaires dans le monde entier.
> Lire aussi Guerre en Ukraine : la lente implantation des groupes agroalimentaires français en Russie
Les crises qui bouleversent l’équilibre mondial touchent la Bourse et les marchés, et in fine les consommateurs. Dans ce contexte instable, il sera à chaque niveau nécessaire de redoubler d’attention pour s’y adapter au plus vite et mettre en œuvre des stratégies de résilience.
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/15/la-crise-alimentaire-va-a-nouveau-soulever-la-question-de-l-autonomie-agricole-de-l-europe_6122311_3232.html>
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7- Tribune. Matières premières : « Le “chacun pour soi” risque de prévaloir », Le Monde, 15/04/22, 12h22 
Par Collectif

Contrer la crise alimentaire passe par la revalorisation des productions vivrières, l’organisation des marchés locaux et l’agroécologie, affirment, dans une tribune au « Monde », les dirigeants de l’ONG de développement Agrisud International.
Tribune. Avec le blocage des ports de la mer Noire, la guerre en Ukraine a provoqué une envolée des cours du blé, du maïs et des oléagineux, trois composantes majeures de l’indice du prix des denrées de base, calculé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) depuis 1961. Cet indice dépasse désormais ses plus hauts historiques. Depuis soixante ans, jamais l’accès aux denrées alimentaires de base n’avait été aussi coûteux en termes réels.
Cette inflation agricole va porter un coup très sévère à la sécurité alimentaire dans le monde. La FAO estime à un peu plus de 800 millions le nombre de personnes souffrant de la faim, dans le monde. D’après ses estimations, le conflit risque de l’augmenter de 7 à 13 millions, principalement en Asie-Pacifique et en Afrique subsaharienne.
> Lire aussi Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix du blé ont dépassé des sommets
Pour limiter les dégâts, la première action consiste à veiller au bon fonctionnement des marchés internationaux. Près de 30 % des exportations mondiales de blé, 18 % de celles de maïs et plus de 70 % de celles d’huile de tournesol sont bloquées par le conflit. A court terme, les stocks permettent de leur trouver des alternatives. Encore faut-il que le marché puisse redistribuer les flux en enrayant la spirale haussière des prix. Cela est préconisé tant par la FAO que par l’initiative européenne « Food And Agriculture Resilience Mission » (FARM), annoncée par Emmanuel Macron lors du G7 en mars.
Marchés domestiques
Mais, derrière les déclarations d’intention, on discerne mal les moyens d’action. L’Union européenne, qui hier croulait sous des montagnes de beurre et de céréales, a réformé ses organisations de marché. Elle a démantelé ses moyens d’intervention et ne dispose plus d’aucun stock stratégique en matière alimentaire. Il n’existe pas, au plan mondial, de système de gestion concertée des stocks pour réguler les marchés. Dans ce contexte, ce sont les grands opérateurs privés qui détiennent la majorité des stocks. En l’absence de régulation, ils n’ont aucune raison de freiner la hausse des cours, qui conforte leurs marges. Le risque de spéculation est donc important.
> Lire aussi Guerre en Ukraine : au Moyen-Orient et en Afrique, l’approvisionnement en blé inquiète
Le « chacun pour soi » risque donc de prévaloir. L’Argentine a déjà annoncé une taxe sur l’exportation des farines et de l’huile de soja. La Russie a bloqué ses expéditions de céréales et de sucre vers la Biélorussie et les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale. La multiplication de ce type d’actions ne peut qu’accentuer la tension internationale des cours. Faute d’une régulation préventive, la seule action curative sera d’accroître les aides alimentaires d’urgence, qu’il faudra financer au prix fort, au risque de déstabiliser les marchés agricoles locaux.
> Lire aussi « Du pain bénit pour les céréaliers »
Les marchés internationaux des denrées agricoles de base ont un rôle à jouer pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, qui ne peut reposer sur la seule recherche d’autonomie ou d’autosuffisance de chaque pays ou région. Ces marchés ne doivent cependant jouer qu’un rôle de complément. La sécurité alimentaire de chaque pays repose en premier lieu sur le marché domestique, qui doit être protégé contre les concurrences internationales intempestives.
Vulnérabilité
Pour contrer la crise alimentaire qui vient, l’action la plus déterminante est la revalorisation des productions vivrières locales et l’organisation des marchés locaux. Cette action multiforme doit se construire à l’échelle des territoires par des approches multi-acteurs. A titre d’exemple, les cultures vivrières (manioc, mil, sorgho…) ont été concurrencées par des cultures de rente (hévéa, palmier à huile…) dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Revaloriser ces cultures vivrières contribue à la sécurité alimentaire tant des familles qui les produisent que des acheteurs urbains. Bien souvent, en l’absence d’organisation des marchés locaux, les agriculteurs ne voient pas trace de la hausse des cours mondiaux.
Le drame ukrainien pousse à s’interroger une fois de plus sur les modèles agricoles sur lesquels repose le système alimentaire mondial. La crise des marchés révèle la vulnérabilité de modèles trop spécialisés, à base de matériels génétiques uniformisés, d’intrants chimiques utilisés de façon irresponsable pour tenter de contrer le plafonnement des rendements, de la surexploitation de l’eau et plus généralement du milieu naturel.
> Lire l’analyse : Guerre en Ukraine : la flambée du prix des céréales secoue les agriculteurs français
L’alternative réside dans la révolution des méthodes de production de l’agroécologie, qui vise à produire mieux, et, dans de nombreux cas, plus à l’hectare, en se reposant sur la diversité du milieu vivant : biocontrôle plutôt que produits phytosanitaires, maintien du couvert végétal, fertilisation organique des sols, etc.
L’agroécologie est la clé du maintien durable de niveaux élevés de production et de la résistance aux effets croissants du changement climatique. Elle implique de réorienter les priorités des politiques et des investissements de développement au profit de la masse des exploitations agricoles familiales, sur qui repose en premier lieu la sécurité alimentaire du monde. Le contexte de la crise alimentaire qui menace lui donne une résonance particulière.
§ Signataires : Elphège Ghestem est directrice générale d’Agrisud International ; Joël Lebreton est président d’Agrisud International ; Christian de Perthuis est administrateur d’Agrisud International et professeur à l’université Paris Dauphine-PSL.
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/15/matieres-premieres-le-chacun-pour-soi-risque-de-prevaloir_6122318_3232.html>
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8- L’Europe pourrait produire 100 % du soja qu’elle consomme, Reporterre, maj le 15/04/22 à 15h56
Justine Guitton-Boussion 

Importer du soja pour nourrir le bétail est une cause majeure de déforestation. Or, selon une étude, l’Europe serait capable de produire elle-même tout le soja dont elle a besoin.
Si nous y mettions des moyens, l’Europe pourrait être autosuffisante en soja. Voilà le résultat d’une étude publiée par des scientifiques de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’institut AgroParisTech, dans la revue Nature food, le 7 avril.
Le soja est une plante de la famille des légumineuses, riche en protéines. Elle est en partie utilisée pour l’alimentation humaine (les graines de soja sont transformées en huile, en lait, en tofu…), mais surtout pour nourrir les animaux d’élevage, grâce aux tourteaux (ce qui reste de l’extraction de l’huile des graines) de soja.
Quelques pays européens produisent déjà du soja sur leur territoire [1], comme l’Italie, la France (dans le Sud-Ouest et le Nord-Est notamment), la Roumanie ou encore la Croatie. C’est trop peu.
>> Suite à lire à :
<https://reporterre.net/L-Europe-pourrait-produire-100-du-soja-qu-elle-consomme>
En savoir plus :
> Data-driven projections suggest large opportunities to improve Europe’s soybean self-sufficiency under climate change <https://www.nature.com/articles/s43016-022-00481-3>, Nature food, 07 April 2022
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9- Tribune. « En autorisant l’abattage massif de bouquetins des Alpes, l’Etat suit le lobby des syndicats agricoles contre l’avis des scientifiques », Le Monde, 17/04/22, 09h00   
Par Farid Benhammou, Géographe, chercheur associé au Laboratoire Ruralités, à Poitiers & Mélina Zauber, Documentariste et réalisatrice

Le géographe Farid Benhammou et la documentariste Mélina Zauber, dans une tribune au « Monde » soutenue par quatorze personnalités parmi lesquelles Isabelle Autissier, Jean-Michel Bertrand et Cyril Dion, demandent la suspension d’un arrêté signé le 17 mars par le préfet de Haute-Savoie et autorisant un abattage massif de bouquetins dans le massif du Bargy.
Tribune. Il se trame un scénario bien sordide dans les montagnes du Bargy, en Haute-Savoie, où, une fois encore, les intérêts agro-politiques risquent de l’emporter sur la protection de la nature et les savoirs scientifiques.
A l’heure où il n’a jamais été aussi urgent pour l’humanité d’apprendre à conserver la biosphère dont elle dépend, il est désolant de constater que nos dirigeants privilégient une fois encore la gestion à court terme des crises sanitaires, au détriment d’espèces protégées par la loi. L’abattage inefficace de loups est connu, le projet de massacre actuel des bouquetins, dont l’espèce a failli disparaître, l’est moins.
Un cas humain unique
Oui, nous sommes bien en 2022, et l’Etat français est prêt à se livrer à un massacre sur une des espèces les plus rares et les plus menacées en France. Sous la pression de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (Fnsea) et des producteurs détenteurs de l’Appellation d’origine protégée (AOP) Reblochon, la préfecture de Haute-Savoie avait déjà ordonné, en 2013, un premier abattage massif du bouquetin, accusé de transmettre la brucellose aux bovins.
Cette maladie bactérienne contagieuse est une zoonose, principalement animale, qui peut parfois toucher les humains. Très présente dans les élevages de ruminants jusqu’à la fin du XXe siècle en France, elle en a finalement été éradiquée. Ce sont les troupeaux domestiques qui, auparavant, ont contaminé les bouquetins.
> Archives : L’abattage des bouquetins dans les Alpes suspendu
Un cas humain unique, fin 2011, suivi d’un avortement bovin au printemps 2012 puis de la découverte des cas des bouquetins fin 2012 ont conduit à l’abattage massif de 2013. Après une bataille juridique menée par les protecteurs de la nature, les pouvoirs publics semblaient, depuis, se diriger vers une gestion raisonnée de la maladie avec des dépistages et des euthanasies ciblées, beaucoup plus efficaces sur un plan sanitaire.
Pourtant, le préfet de Haute-Savoie, Alain Espinasse, vient de signer le 17 mars un arrêté préfectoral autorisant l’abattage massif et indiscriminé de 170 bouquetins dans la zone du massif du Bargy (sur une population de 380 individus environ). Le motif invoqué est la rémanence de la maladie, qui pourrait être due à un « réservoir infectieux » touchant la population de bouquetins du massif.
Simulacres de consultations
Mais les origines de ce type de maladie restent difficiles à déterminer, les animaux domestiques pouvant contaminer les animaux sauvages et inversement. Pour les syndicats agricoles et l’Etat, le coupable est toujours du côté de la nature. C’est encore une fois un déni de démocratie car le préfet fait fi des 84 % d’opinions défavorables exprimées lors de la consultation publique au sujet de son projet d’arrêté ! Quand arrêtera-t-on ces simulacres de consultations qui démonétisent toute démocratie environnementale ?
Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), plus haute instance environnementale consultative en France, s’était également opposé à ces abattages, mettant en avant leur inefficacité et le signal négatif qu’ils représentent. Bactériologistes et épidémiologistes étudient le cas du Bargy depuis des années.
> Archives : Le pays du reblochon traque les bouquetins malades
Parmi eux, certains ont contribué au dernier avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), paru en novembre 2021, relatif à « l’évaluation de l’efficacité de différents scénarios de lutte contre la brucellose dans les populations des bouquetins dans le massif du Bargy ».
L’avis de l’Anses propose six scénarios d’action différents, visant à éradiquer la maladie d’ici à 2030. Mais les services de l’Etat, poussés par les pressions agricoles, choisissent le scénario 6, qui prévoit un abattage massif sur individus non testés. Or, l’avis laisse entendre que ce scénario pourrait être inefficace sur le long terme ou même contre-productif. Un « abattage drastique », selon l’avis, se traduirait par « une possible perte d’information sur les animaux abattus, voire[pour le scénario 6] une déstructuration de la population aux conséquences peu prévisibles ».
L’inverse de l’objectif recherché
Cet abattage hasardeux atteindra en effet des bouquetins non infectés, tandis que survivront d’autres individus, infectés. Les scientifiques soulèvent aussi le fait que l’éclatement des populations à la suite de cet abattage provoquera la dispersion géographique des individus restants, contribuant à propager Brucellaplus largement et plus rapidement. C’est exactement ce qui s’est passé lors de l’abattage massif de 2013 mentionné plus haut et mis en œuvre par le préfet précédent.
A l’époque, 110 gendarmes avaient bouclé la vallée pour procéder au massacre, 233 bouquetins non testés avaient été abattus avec pour résultat une augmentation de la prévalence de la maladie sur les bouquetins survivants. Soit l’exact inverse de l’objectif recherché.
> Archives : "L'abattage massif des bouquetins du Bargy est contre-productif"
En revanche, les scénarios 3 et 4, dont l’avis considère qu’ils « sont parmi les meilleurs compromis », proposent « des captures et des abattages ciblés sur les individus les plus à risque ». La télé-anesthésie, que l’Office français de la biodiversité réalise déjà, permettrait de tester les populations et d’euthanasier uniquement les porteurs.
Rappelons que le bouquetin des Alpes est une espèce protégée, dont la préservation tient à un fil. En 2020, l’association Animal Cross – qui avait saisi le tribunal administratif de Grenoble à la suite de la décision de la préfecture d’abattre 60 bouquetins non testés – avait obtenu gain de cause et fait jurisprudence.
Suspension et médiation
Le tribunal avait statué que « la préfecture n’avait pas fourni la preuve nécessaire qu’il n’existait pas d’autre solution satisfaisante que cet abattage sans test pour contenir la circulation de la bactérie. » Ajoutons qu’Animal Cross ne s’est pas contenté de dénoncer la décision préfectorale, mais a aussi proposé d’appliquer une méthode de « ségrégation spatiale des animaux » afin d’éviter les zones de pâture communes aux bovins et aux bouquetins.
Il existe donc plusieurs solutions dans la gestion de la brucellose, toutes validées par les scientifiques et l’expérience du terrain. Elles permettent à la fois de protéger les troupeaux et la production fromagère régionale, tout en préservant la population de bouquetins.
Pourquoi, alors, choisir un scénario aussi cruel qu’inefficace ? Le contexte préélectoral a-t-il une quelconque influence dans cette décision ? Pourquoi l’Etat suit-il le lobby des syndicats agricoles contre l’avis des scientifiques ? C’est aujourd’hui le « bouquetin-émissaire » qui fait les frais de notre incapacité à adapter nos activités humaines à l’environnement naturel dont dépendent celles-ci.
Nous demandons la suspension de l’arrêté signé le 17 mars par le préfet de Haute-Savoie.
Nous demandons la mise en œuvre d’un plan de gestion durable de l’infection de la brucellose dans le massif du Bargy, un plan qui soit scientifiquement validé et respectueux du statut de protection des bouquetins. Nous demandons la création d’un dialogue entre éleveurs, producteurs, scientifiques, protecteurs de la faune sauvage et services de l’Etat sous la houlette de médiateurs.
§ Cette tribune est soutenue par : Marie Amiguet, réalisatrice (« La Panthère des neiges ») ; Isabelle Autissier, navigatrice, écrivaine, présidente d’honneur du Fonds mondial pour la nature (WWF) ; Jean-Michel Bertrand, réalisateur (« La Vallée des loups », « Marche avec les loups ») ; Denis Cheissoux, producteur radio ; Cyril Dion, écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste ; Vincent Munier, réalisateur et photographe animalier (« La Panthère des neiges ») ; Christian Couloumy, président d’Envergures alpines et adjoint au maire d’Embrun (Hautes-Alpes) ; Rémy Marion, réalisateur, écrivain, expert des pôles ; Vincent Bonnans, ingénieur, docteur en sciences ; Thomas Pfeiffer, historien, enseignant spécialisé dans l’histoire du loup et des grands prédateurs ; Jean-Marc Lacarrère, producteur ; Bruno Fournier, journaliste ; Bruno Sanches, comédien ; Sylvain Millepied, enseignant.
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/17/en-autorisant-l-abattage-massif-de-bouquetins-des-alpes-l-etat-suit-le-lobby-des-syndicats-agricoles-contre-l-avis-des-scientifiques_6122526_3232.html>
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10- Pâques : entre chocolat et environnement, comment s’y retrouver, Novethic, 17/04/22
Concepcion Alvarez

Ça va être la star de ce lundi de Pâques, et pourtant manger du chocolat n’est pas bon pour la planète. Déforestation, besoins importants en eau, utilisation massive de pesticides…la culture du cacao entraîne de nombreux impacts sur l’environnement. Des alternatives existent et les acteurs du secteur commencent à s’engager. Voici quelques pistes pour mieux consommer.
Si on blâme souvent la viande et les produits laitiers, à raison, le chocolat fait lui aussi partie des aliments ayant un impact très négatif sur l’environnement, quand on prend en compte l’ensemble du cycle de vie. Il se classe ainsi quatrième après le bœuf, le mouton et l'agneau, et le fromage. Et il arrive largement devant l’huile de palme, qui est souvent pointée du doigt, ou encore devant les bananes, les mangues ou autres fruits exotiques qu’on hésite parfois à mettre dans notre panier de courses en raison des milliers de kilomètres qu’ils ont parcouru. 
Le chocolat n’y échappe pas puisqu’il est principalement produit en Afrique de l’Ouest, et dans une moindre mesure en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Mais ce n’est pas tant la distance parcourue pour arriver jusque dans nos assiettes qui pose problème, que la déforestation qu’entraînent les plantations de cacaoyer. En Côte d’Ivoire, qui fournit la majorité du chocolat que nous consommons, on estime que 90 % des forêts ont été détruites en 60 ans. Avec l'explosion de la demande, les producteurs, souvent des petits paysans, sont incités à faire de la place en rasant toujours plus d’arbres. Si bien que l’industrie du chocolat est l’une des premières causes de déforestation au niveau mondial.
>> Suite à lire à :
<https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/paques-entre-chocolat-et-environnement-voici-comment-s-y-retrouver-150721.html>
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11- La discrétion de Nestlé face au scandale d’enfants malades pour avoir consommé des pizzas contaminées, Le Monde, 18/04/22, 05h09
Laurence Girard et Mathilde Gérard

Plusieurs enfants en France ont développé de très graves syndromes d’insuffisance rénale. Le géant agroalimentaire invoque l’enquête préliminaire en cours pour ne pas s’exprimer. 
Ce sont des familles brisées. Un garçon de 8 ans décédé à Paris après un grave syndrome hémolytique et urémique (SHU). Une fillette de 12 ans plongée dans un état végétatif, qui ne réagit pas aux stimuli de son entourage. Un nouveau-né mort huit heures après sa naissance. Une enfant de 7 ans qui a fait plusieurs arrêts cardiaques. D’autres ont frôlé le pire, comme cette famille dont trois enfants, âgés de 2, 9 et 10 ans, ont été hospitalisés en urgence entre fin janvier et début février et gardent aujourd’hui des séquelles.
Ces drames ont pour point commun d’être survenus quelques jours après la consommation de pizzas Fraîch’Up de Buitoni produites dans la même usine Nestlé. Les analyses ont mis en évidence que celles-ci étaient contaminées par des bactéries Escherichia coli (E. coli).
> Lire aussi : Bactérie E. coli : comment des pizzas Buitoni ont été débusquées par les autorités sanitaires
Une enquête préliminaire a été ouverte le 22 mars par le pôle santé publique du parquet de Paris, pour notamment « mise en danger d’autrui, blessures involontaires et homicides involontaires », et mercredi 13 avril, des perquisitions ont été menées par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique au siège de Nestlé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), à l’usine de Caudry (Nord) et dans plusieurs autres sites.
L’agence Santé publique France, dont les investigations menées avec l’Institut Pasteur ont confirmé le lien entre la survenue de cas groupés de SHU et la consommation des pizzas Buitoni, avait recensé, au 13 avril, cinquante-trois cas confirmés, dont deux enfants décédés, et enquêtait sur vingt-six autres. L’avocat Pierre Debuisson, qui défend une quarantaine de familles de victimes, juge le temps de réaction trop lent : « Les premières hospitalisations se sont produites en janvier et les lignes de production de l’usine n’ont été fermées que le 18 mars. On a laissé les produits s’écouler et d’autres enfants être contaminés. »
Verdict de l’ADN
Le groupe Nestlé a, de son côté, fermé les écoutilles. Officiellement, le géant suisse ne souhaite plus s’exprimer en raison de la procédure judiciaire en cours. « Il s’agit d’une étape qui s’inscrit dans le cadre de l’enquête. Nous continuons à coopérer pleinement avec les autorités pour en assurer le bon déroulement. A ce stade, nous ne sommes pas en mesure de partager plus d’informations. Nous souhaitons réaffirmer que la sécurité et la qualité de nos produits sont nos premières priorités », se contente-t-il de dire.
L’usine de Caudry a stoppé son activité de production le 18 mars, le jour même où un communiqué était envoyé pour annoncer le rappel des pizzas. Une décision prise « après avoir été informé de la présence de bactéries E. coli dans la pâte d’une pizza surgelée de la gamme Fraîch’Up ». Seule la marque Buitoni apparaît sur ce communiqué, qui ne fait pas mention de son propriétaire, Nestlé. La société d’origine italienne Buitoni, qui a construit le site de Caudry en 1982, n’existe plus. Elle a été rachetée en 1988 par le groupe helvète, qui n’en a gardé finalement que l’activité de pizza surgelée.
Même discrétion du géant agroalimentaire dans un communiqué publié le 30 mars, où le nom de Nestlé ne figure pas davantage. « Les équipes Buitoni ont été informées le 29 mars par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCRF) que des cas d’infection, dont certains graves, pourraient être liés à la présence de bactéries E. coli dans la pâte de pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up », est-il écrit.
Le verdict de l’ADN vient alors de tomber : le génome de la bactérie trouvée dans la pizza après avoir été séquencé et analysé s’est avéré similaire à celui des bactéries prélevées chez les enfants malades.
Ce 30 mars, Jérôme Jaton, directeur général industriel de Nestlé France, prend la parole en direct de l’usine de Caudry pour dire « qu’il ne comprend pas ce qui a pu arriver ». Il évoque l’hypothèse de la contamination de la pâte. Le lendemain, des photos mises en ligne en mai 2021 par un lanceur d’alerte anonyme pour dénoncer les conditions d’hygiène dans cette usine sont médiatisées. Le directeur général de la communication de Nestlé France, Pierre-Alexandre Teulié s’exprime alors pour reconnaître que ces clichés ont bien été pris dans l’usine de pizzas mais affirme qu’elles ne correspondent pas à son état habituel. Il met en avant le résultat négatif de soixante-quinze mesures effectuées sur le site par l’entreprise, sans donner la date des prélèvements, et souligne que deux contrôles officiels menés en septembre 2020 et en mars 2021 n’ont relevé aucun écart avec la réglementation.
Autocontrôles des industriels
Une version largement amendée par les services de la répression des fraudes. Le premier contrôle, dit « de première mise sur le marché » et considéré plutôt comme un audit car l’entreprise est prévenue, a en effet donné lieu à des remarques sur l’hygiène. Dans ce cas, une « contre-visite » est organisée, généralement de manière inopinée. Sauf qu’en mars 2021, l’épidémie de Covid-19 oblige les autorités à planifier le rendez-vous pour être sûr que les interlocuteurs soient sur place. Et la contre-visite est alors jugée satisfaisante.
Rien de tel, semble-t-il, un an plus tard. Lors de deux inspections menées les 22 et 29 mars 2022, au moment où l’enquête sur les cas groupés de SHU pointait déjà vers le site de Caudry, « on a observé une très nette dégradation des conditions de l’usine par rapport à ce qu’on avait observé auparavant », explique la DGCCRF.
Tandis que Nestlé avait demandé la possibilité de relancer la ligne de fabrication de pizzas à pâte cuite, l’usine possédant deux lignes dont l’une, à pâte crue, produit la Fraîch’Up, la réponse des autorités est sans appel : « L’état des locaux et des équipements, les conditions de stockage et de manipulation des denrées alimentaires ne permettent pas le maintien de l’activité industrielle de l’établissement, qui présente dès lors une menace pour la santé publique », relève l’arrêté préfectoral du 1er avril, dénonçant même « la présence de rongeurs dans l’atelier boulangerie ».
> Lire aussi : De Lactalis à Buitoni, l’insuffisance des contrôles menace la sécurité sanitaire
Un enchaînement qui interroge sur la capacité des autorités à contrôler effectivement la sécurité sanitaire des aliments, qui repose encore largement sur les autocontrôles des industriels. « Dans la communication qui est faite par les entreprises, on nous donne l’impression que tout a été fait correctement, mais à partir du moment où les produits contaminés ont été consommés, c’est bien qu’il y a eu un problème quelque part », réagit Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants, créée après l’affaire Lactalis de 2017-2018 au cours de laquelle des dizaines de bébés avaient été contaminés à la salmonelle en consommant du lait infantile.
Communication lacunaire de Nestlé
Comme pour le dossier Lactalis il y a cinq ans, où l’entreprise laitière s’était montrée distante, le géant suisse se voit reprocher aujourd’hui sa communication lacunaire. « Nestlé ne dit rien, il n’y a aucun message d’empathie à l’égard des familles. On parle pourtant de dizaines d’enfants contaminés, certains décédés, d’autres avec des lésions gravissimes », déplore Me Debuisson.
Alors que plusieurs plaintes ont déjà été déposées, l’avocat attend la nomination d’un juge d’instruction, « sans quoi notre travail de défense sera considérablement limité ». Me Debuisson dit craindre des délais similaires à ceux de l’enquête sur Lactalis, qui n’a donné lieu à aucune mise en examen à ce jour, malgré l’ouverture d’une information judiciaire. « On se félicite des perquisitions du 13 avril, mais on a peur que certaines preuves aient pu disparaître », poursuit l’avocat.
Ironie du sort, Nestlé avait communiqué en décembre 2021 sur… la même usine de pizzas de Caudry. Dans une newsletter envoyée à la presse et à des partenaires institutionnels, la communication du groupe proposait une visite virtuelle du site de production. Une invitation à découvrir « les coulisses de l’usine » et « les différentes étapes de la fabrication des pizzas Buitoni ». Intitulée « Usine ou pizzeria géante ? », la vidéo n’est aujourd’hui plus accessible. Trop décalée par rapport à la réalité ?
> Lire aussi : Des fromages de la marque Graindorge, coulommiers et bries, rappelés pour suspicion de listériose
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/18/la-discretion-de-nestle-face-au-scandale-d-enfants-malades-pour-avoir-consomme-des-pizzas-contaminees_6122579_3244.html>
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12- Suisse : Une compagnie aérienne s’attaque au gaspillage alimentaire à bord de ses avions, 20 Minutes avec agence, 19/04/22 à 15h06

Greenwashing. Deux programmes, proposés à partir de ce mercredi 20 avril, ont été mis en place par la compagnie SWISS
La compagnie aérienne Swiss International Air Lines (SWISS) a décidé de mettre en place deux programmes pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Ces mesures concernent les personnes voyageant en classe économique. Le « SWISS Saveurs Pre-Order » leur permettra de précommander en ligne des produits frais à consommer pendant le vol, indique Air Journal.
Une commande pourra être effectuée jusqu’à 36 heures avant le vol. Seront proposés : salades, sandwichs, desserts préparés par la Confiserie Sprüngli. Pour les voyages les plus longs, un burger devrait même être à la carte.
Proposer les produits non consommés
Les voyageurs paieront directement dans l’avion, donc moins cher. Ce premier programme concerne les courts et moyen-courriers, de plus de 50 minutes, arrivant ou partant des aéroports de Zurich-Kloten et Genève-Cointrin, dès ce mercredi 20 avril. « L’initiative Pre-Order a pour objectif une meilleure adéquation de la production des produits frais à la demande afin de réduire la quantité de déchets alimentaires à bord », explique Tamur Goudarzi, Chief Officer de la filiale suisse de Lufthansa.
Le second programme est « SWISS Saveurs to go ». Il s’attaque, cette fois, aux produits qui n’ont pas été consommés sur le dernier vol de la journée. L’équipage proposera ainsi aux voyageurs les stocks disponibles, après le service classique. Les passagers pourront récupérer ces produits à un tarif avantageux et éviter qu’ils ne finissent à la poubelle. Un « panier surprise » sera remis aux personnes intéressées, par le personnel de bord.
<https://www.20minutes.fr/planete/3273651-20220419-suisse-compagnie-aerienne-attaque-gaspillage-alimentaire-bord>
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13- Envol des prix, insécurité alimentaire… les lourdes conséquences pour l’Afrique de la guerre en Ukraine, The Conversation, 19/04/22, 18:39
Par Julien Gourdon, Economiste, Agence française de développement (AFD)

Dès les premiers jours de l’invasion russe en Ukraine, Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), tirait la semaine d’alarme : « Bon nombre de pays africains subissent déjà une grande insécurité alimentaire. Le Soudan, l’Éthiopie et toute la région de la Corne de l’Afrique sont en difficulté, ce que la flambée récente des prix des denrées alimentaires va accentuer ». Et Emmanuel Macron d’enchaîner : « l’Union européenne doit redéfinir une stratégie alimentaire à l’égard de l’Afrique sans quoi plusieurs pays seront touchés par des famines dans les douze à dix-huit prochains mois ».
De fait, le conflit semble s’enliser en Ukraine et la situation pourrait devenir intenable pour les pays d’Afrique : difficulté d’approvisionnement et envol des prix des biens alimentaires et énergétiques préoccupent. Surtout que ces économies ont peu de marge de manœuvre pour aider leur population du fait d’un environnement macroéconomique dégradé.
La dépendance aux exportations ukrainiennes et russes reste un problème de taille qu’il s’agisse des produits agricoles, de l’énergie ou des matériaux nécessaires à la production d’infrastructures sur le continent. Depuis 2016, dans les importations de blé du continent, les productions russes et ukrainiennes pèsent pour environ 45 % du total, 30 % pour l’orge, 20 % pour le maïs. Pour les huiles de tournesol, c’est 45 % des importations totales. Et ces produits représentent 35 % des biens alimentaires importés sur le continent.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://theconversation.com/envol-des-prix-insecurite-alimentaire-les-lourdes-consequences-pour-lafrique-de-la-guerre-en-ukraine-181193>
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14- Reportage. Les fermes verticales, un modèle controversé pour l’agriculture de demain, Le Monde, 20/04/22, 05h29
Mathilde Gérard (Epaux-Bézu (Aisne), envoyée spéciale)

Les cultures en bâtiment à étages suscitent un intérêt croissant, avec la promesse d’économiser des terres, de l’eau et des intrants agricoles. Le concept, qui reste marginal en France, est aussi jugé coûteux et gourmand en énergie par certains.
Chaque mercredi, Michèle Lori, 86 ans, ne rate sous aucun prétexte le marché hebdomadaire de la Cité maraîchère de Romainville (Seine-Saint-Denis). « J’habite au bout de la rue, cité Marcel-Cachin, depuis soixante ans. J’attendais l’ouverture de ce lieu avec impatience. J’ai même une truelle au nom de la Cité maraîchère, poursuit la dynamique octogénaire, flanquée de son cabas en jute, dans lequel elle glisse endives, pleurotes, shiitakés et salade. Ici, c’est convivial, on y rencontre du monde et les légumes sont bons et très frais. » A sa voisine, Nebia Gherras, 72 ans, que Michèle a motivée à sortir cet après-midi, elle demande : « Tu viens faire le compost samedi ? » « Je ne l’ai encore jamais fait, mais je vais m’y mettre ! », répond Nebia.
Ouverte à l’été 2021, la Cité maraîchère de Romainville est un lieu public hybride, à la fois serre horticole, dont la production est vendue à des tarifs modulés selon le quotient familial (jusqu’à – 75 %), espace de sensibilisation, chantier d’insertion, café cantine… L’originalité de cet espace tient à ses usages multiples, mais aussi à sa conception : les légumes poussent sous une grande verrière, comme dans une serre, mais sur plusieurs niveaux, six étages dans deux tours modernes.
Ici se pratique une forme d’agriculture verticale, terme générique qui désigne des systèmes de production variés – en tour, en sous-sols ou en entrepôt, avec ou sans lumière naturelle –, qui ont pour point commun d’être pratiqués sur plusieurs niveaux étagés de culture. Alors que, en 2050, près de 70 % de la population mondiale vivra en ville, l’agriculture verticale, dont l’emprise au sol est réduite, est présentée par ses promoteurs comme une solution à la pression sur les terres. Mais ce modèle compte aussi ses détracteurs, qui le considèrent au choix comme un gadget, coûteux, et pour les cas les plus « high-tech », trop gourmands en énergie.
Amener de la nature en ville
A Romainville, la Cité maraîchère est plutôt « low-tech ». L’intention n’est pas de produire massivement, mais d’amener de la nature en ville. Voulu et pensé par l’ancienne maire, Corinne Valls (divers gauche), le projet de tour maraîchère était, lors du changement d’équipe municipale en 2020, « le gros boulet de la nouvelle mandature » en raison du coût du chantier, 8 millions d’euros. La nouvelle équipe en a revu les ambitions, créant une régie municipale et renforçant sa dimension sociale et éducative.
« Avant d’être un lieu de production, on est un lieu de démonstration et de vie, dans un quartier politique de la ville », décrit Yuna Conan, directrice de la Cité. Le site emploie quinze personnes en insertion, ainsi que les encadrants, et a distribué quelque 240 cartes d’adhérents aux habitants de la ville, dont un tiers correspond au tarif le plus bas.
Dans des bacs d’un demi-mètre cube, Nicolas Baudez, responsable des cultures, a associé des légumes : fèves avec carottes et radis, choux et navets, puis bientôt artichauts, maïs et tomates. « L’avantage de la verticalité, c’est d’augmenter la densité de culture », explique l’ancien ingénieur reconverti dans l’agriculture urbaine.
Actuellement, l’équipe cultive sur une surface équivalente à 350 mètres carrés, pour 150 mètres carrés d’occupation au sol. Le travail sous serre permet également d’allonger les saisons de quelques semaines et de s’affranchir de certains aléas météorologiques, comme la pluie, la grêle ou le vent. Mais la production reste dépendante de l’ensoleillement et de la température extérieure. « La complexité d’une serre, c’est qu’il faut équilibrer chaleur et humidité, détaille Nicolas Baudez. Notre objectif est de maintenir une température au-dessus de 10 °C au niveau du sol », et ce sans apport de chauffage.
Il faut également gérer les différences d’apport en lumière entre les différents étages, faire face aux attaques de pucerons ou encore aux problèmes d’étanchéité. « Je n’ai pas la contrainte d’un champ, mais celle de gérer un bâtiment », résume M. Baudez.
A l’échelle mondiale, la réflexion sur l’agriculture verticale a pris son essor il y a une vingtaine d’années, sous l’impulsion d’un microbiologiste américain, Dickson Despommier. L’auteur du livre The Vertical Farm(2010, non traduit) et professeur émérite de l’université Columbia, dont les cours et conférences font salle comble, est profondément convaincu que les cultures étagées peuvent à terme réduire l’empreinte des villes sur la planète. « Les villes ne sont autonomes ni en eau, ni en énergie, ni en alimentation, explique l’écologue au Monde. Elles rejettent du carbone et n’en séquestrent pas. Elles sont un véritable poids pour la Terre. L’idée de l’agriculture verticale est de rendre les villes compatibles avec la nature, en restaurant des terres. »
Dans la vision utopiste de Dickson Despommier, il faudrait, dans chaque nouvelle construction d’immeuble, prévoir un local consacré à la production agricole (fruits, légumes et céréales) pour qu’à terme les villes se rapprochent de l’autonomie alimentaire. « Une ferme verticale de pommes de terre occupant 100 hectares au sol peut produire l’équivalent de 500 hectares, poursuit le professeur. On pourrait réensauvager les 400 hectares libérés et réparer des écosystèmes. » L’agriculture occupant près de 40 % des terres mondiales émergées, une grande partie de cette surface pourrait être restaurée, selon Dickson Despommier.
> Lire aussi L’agriculture urbaine peut-elle nourrir les villes ?
Activité de niche en France
On en est encore loin. En France, la production verticale reste une niche. A 80 kilomètres au nord-est de Romainville, au cœur d’une zone industrielle près de Château-Thierry (Aisne), la société Jungle cultive des pousses sur vingt-cinq niveaux de culture. A la différence de la serre vitrée de Romainville ouverte sur la ville, tout se fait derrière des portes fermées, dans un entrepôt William Saurin (dont la holding, Cofigeo, est actionnaire de Jungle) et sous environnement contrôlé : eau, air, lumière…, ces paramètres sont reproduits à l’aide d’équipements automatisés.
A terme, Jungle ambitionne de devenir la plus grande installation verticale de France, avec dix-neuf tours de production. Pour l’heure, six tours sont opérationnelles. La société fait pousser du basilic, de la roquette, du persil, des micropousses, des graines de moutarde ou de shiso, à un rythme effréné : quatorze récoltes par an pour le basilic vert, contre de trois à cinq en plein champ. Les pousses sont ensuite vendues dans des commerces franciliens et de l’est de la France, avec les mentions « sans pesticide » et « cultivé localement » – mais pas de label bio, les cultures hors-sol ne pouvant y prétendre.
Le cofondateur de Jungle, Gilles Dreyfus, est un ancien de la finance à Londres, dont il a gardé des habitudes de langage très anglo-saxonnes : ici, on fait du « farming de précision », on pense le « layout » (disposition) des plants, et on parle de « higher purpose » pour évoquer l’objectif de restauration des terres. Avant de se lancer, l’entrepreneur, qui s’est pris d’intérêt pour l’agriculture verticale après la lecture d’un article de presse, s’est rendu au Texas et au Japon pour étudier les structures existantes et peaufiner son modèle commercial. Tout a été calibré pour assurer la rentabilité financière de la production, les volumes prévus devant permettre des économies d’échelle. « On peut tout faire agronomiquement parlant en vertical, mais qu’est-ce qui est pertinent ? On détermine par rapport à un prix de marché ce qui sera rentable », explique-t-il.
Ce n’est pas un hasard si l’entreprise se concentre sur des pousses haut de gamme et des aromatiques, et non sur des produits de consommation plus massive. L’objectif de Jungle est clair : « Allier agronomie et finance. » En France, l’entreprise est concurrencée principalement par l’allemande Infarm, qui multiplie les partenariats avec la grande distribution, tandis que des projets plus locaux émergent, comme La Tige à Lyon, ou Futura Gaïa, dans le Gard.
« Une des difficultés, c’est le coût d’investissement et de fonctionnement de ces systèmes, observe Christine Aubry, ingénieure agronome et fondatrice d’une équipe de recherche sur l’agriculture urbaine à l’Institut national de la recherche agronomique. Parce que ces méthodes reviennent cher, elles ne sont pas adaptées pour de la production de masse de façon aussi prometteuse que certains le disent. Ceux qui produisent massivement, comme le Japon avec les salades, le font à grands coups de subventions d’Etat. » Le placement fin janvier en redressement judiciaire de la société française Agricool, qui faisait pousser des fraises et des herbes en conteneurs, atteste de la difficile pérennisation des projets.
Progrès sur la consommation d’énergie
Autre interrogation, la promesse d’une meilleure empreinte environnementale. Si le modèle vertical permet une économie dans l’usage des terres, d’eau et d’intrants chimiques, il reste, lorsque les cultures se font en environnement contrôlé, très consommateur d’énergie. « En vingt ans, il y a eu beaucoup de progrès sur la consommation d’énergie, relativise toutefois Leo Marcelis, professeur à l’université de Wageningen (Pays-Bas) et coauteur d’une étude sur l’agriculture verticale parue en décembre dans la revue Nature Food. Le développement des ampoules LED, devenues moins chères et beaucoup plus efficaces, a été crucial pour le secteur. » Dickson Despommier note par ailleurs que la plus grande installation d’Europe, au Danemark, repose entièrement sur les énergies renouvelables. Mais, en France, les cultures de Jungle sont raccordées au réseau électrique classique.
> Lire aussi La plus grande ferme verticale d’Europe inaugurée au Danemark
Une autre inconnue est celle de l’appétit des consommateurs pour ce type de production. « Ça a beau être local, si ce sont des cultures hors-sol, sous lumière artificielle, comment est-ce perçu par les consommateurs ? », s’interroge Christine Aubry. En Europe du Nord, Leo Marcelis constate que la part de réfractaires tend à diminuer. Dans les pays où la production agricole est restreinte, les cultures verticales offrent la promesse de produits plus diversifiés : sous des latitudes extrêmes, faire pousser des tomates devient possible, tandis qu’une cité-Etat comme Singapour, qui importe une grande partie de son alimentation, se met à produire localement.
Pour le chercheur néerlandais, l’intérêt à terme concerne les produits les plus frais, comme salades, épinards, fruits rouges, pour lesquels la durée de conservation est limitée. La culture verticale, proche des points de vente, permet en effet une mise en rayon très rapide. En revanche, pour les cultures facilement stockables et transportables, le modèle vertical semble moins pertinent.
Christine Aubry se montre plus dubitative : « Est-ce qu’il faut financer ce type de système ou bien les 350 maraîchers en plein champ qu’il est censé pouvoir “remplacer” et qui rendent d’autres services, en matière de biodiversité, d’absorption d’eau ou de stockage de CO2 ? » La professeure d’AgroParisTech voit toutefois un potentiel de développement : les cosmétiques. « Pour cette filière, la culture verticale peut répondre à une vraie problématique d’approvisionnement du fait de la forte variabilité des rendements et des qualités des plantes. » Jungle s’est d’ailleurs lancé en fin d’année dans la production de muguet pour le secteur de la parfumerie.
En France, le gouvernement se montre pour l’heure prudent, même si la banque publique d’investissement Bpifrance finance plusieurs structures, dont Jungle et Futura Gaïa. Dans sa feuille de route pour l’agriculture numérique présentée fin février, aucune mention n’est faite des fermes verticales. Mais un appel à candidatures de la French Tech Agri, lancé par le ministère de l’agriculture et le secrétariat d’Etat au numérique, s’achève le 21 avril pour soutenir des jeunes pousses dans le domaine agricole, notamment celles qui imaginent ces « fermes du futur ».
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/20/les-fermes-verticales-un-modele-controverse-pour-l-agriculture-de-demain_6122841_3244.html>
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En images
15- L'huître de mangrove, une perle à cultiver pour le Sénégal, AFP, 14/04/22, 15:00
Emmanuel Parisse

Derrière le bourg de pêche de Joal-Fadiouth à 120 km au sud de Dakar, les eaux salées bordées de mangrove regorgent d'huîtres, source d'aliments protéinés encore mal exploitée mais prometteuse de nouveaux revenus.
Bintou Sonko, la cinquantaine, est l'une des nombreuses femmes qui font vivre des familles entières en récoltant les mollusques marins.
"C'est un travail épuisant qui demande beaucoup de moyens. Malheureusement nous n'en avons pas", se désole-t-elle assise dans l'eau devant une bassine de "crassostrea gasar", la variété locale présente à l'état naturel sur les racines des palétuviers.
En ces temps d'insécurité alimentaire et de surpêche maritime, le Sénégal rêve d'une ostréiculure moderne, productive, durable.
Mais l'activité largement informelle, avec quelques milliers d'emplois dont 90% de femmes, reste centrée sur la cueillette traditionnelle.
En 2017, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), seules 400 tonnes de la production sénégalaise provenaient de parcs à huîtres; 15.600 tonnes venaient de la mangrove du delta du Sine-Saloum, de la Petite-Côte au sud de Dakar ou de Casamance (sud).
A titre de comparaison, la Chine, premier producteur mondial, en récolte 3,5 millions de tonnes par an, selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).
Au Sénégal, l'huître est souvent séchée, puis cuite au feu de bois. Son goût iodé et fumé, croustillant à l'extérieur et tendre à l'intérieur, la rend populaire sur les marchés locaux. Elle se vend aussi bouillie.
-"Vers l'élevage"-
"La production d'huîtres est en deçà du potentiel", reconnaît Boubacar Banda Diop, chargé de l'ostréiculture au ministère de la Pêche, affirmant que l'Etat a établi ces dernières années "un plan de développement", notamment pour améliorer les conditions sanitaires de la production.
Il importe de mettre en place un suivi de la qualité des eaux car les zones de production "sont soumises à des contaminations chimiques, biologiques, micro-biologiques et par micro-algues", explique-t-il.
Parallèlement, plusieurs programmes de coopération se sont penchés sur l'huître sénégalaise.
Le programme FISH4ACP, lancé en 2021 par la FAO avec des financements européens, a commencé par dresser un état des lieux de l'activité pour élaborer une "Stratégie nationale" sur 10 ans (2021-2031). Les objectifs: améliorer les conditions sanitaires, les techniques de production, aller "vers l'élevage".
"La Cabane penchée", petite exploitation à La Somone (sud), adhère déjà à ces principes depuis trois ans.
"Nous avons doublé notre capacité de production comparée à l'année dernière, passant de trois à six tonnes annuelles", explique à l'AFP Khadim Tine, le patron de l'entreprise qui produit des huîtres en parc.
Mais de telles prouesses ne vont pas de soi.
Pour Mamadou Bakhoum, président de l'Association intervillageoise de Dassilamé Serere (sud), "la ressource (en huîtres) est à un niveau inquiétant (...) La salinité est trop élevée par endroits", explique-t-il, citant le réchauffement climatique comme une des causes de cette situation.
- Question de moyens -
M. Bakhoum estime toutefois que "pour peu que les gens s'y mettent sérieusement, les pistes de développement de l'ostréiculture sont colossales".
Un autre défi est de concilier hausse de la productivité et préservation de la mangrove. La mangrove, écosystème tolérant au sel et caractéristique des côtes tropicales, se dégrade au Sénégal comme ailleurs sous l'effet de la surexploitation de ses ressources, du développement, de l'aquaculture et de la montée des eaux. Or elle joue un rôle important comme barrière contre l'érosion et les inondations, et comme puits à carbone.
Abdou Karim Sall, président de l'Aire marine protégée de Joal-Fadiouth, aide les cueilleuses d'huîtres à monter des "guirlandes". Suivant ce procédé, les naissains se développent sur des fils tendus entre des branches d'eucalyptus soutenus par des pieux plantés dans la vase. Les cueilleuses ne prélèvent plus les huîtres sur les racines. 
"Cela permet non seulement de laisser la mangrove tranquille et que les femmes (...) gagnent plus d'argent", explique-t-il.
Mais les guirlandes et les pieux ne sont pas à la portée de tous dans cette région pauvre.
Augmenter les revenus passe aussi par une production accrue d'huîtres fraîches, qui touchent une clientèle touristique aisée.
Selon les professionnels du secteur, la douzaine d'huîtres fraîches du Sénégal se vend entre 4.500 et 6.000 FCFA (6,80 et 9,10 euros), et le kilo de cuites, qui nécessite au moins trois bassines de 15 douzaines, se vend de 4.000 à 6.000 FCFA (6,10 à 9,10 euros).
Or les infrastructures pour conserver et transporter l'huître fraîche sont rares.
La modernisation de l'ostréiculture sénégalaise "dépend surtout des moyens financiers et techniques", dit M. Diop, au ministère de la Pêche.
<https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20220414-l-huître-de-mangrove-une-perle-à-cultiver-pour-le-sénégal>
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16- Surexploitée, la précieuse mangrove kényane "se relève" grâce aux habitants, AFP, 14/04/22, 18:00
Nick Perry

Le long d'une rive balafrée par la déforestation, Joseph Mwandenge Mangi désigne un palétuvier solitaire, espèce d'arbre autrefois abondante dans l'estuaire où le puissant fleuve Sabaki rencontre l'océan Indien : "C'est le dernier. Il n'y en a plus".
Pour les habitants de cette zone de la côte orientale du Kenya, cet arbre miraculé est un rappel du travail à mener pour retrouver l'équilibre naturel brisé par des décennies de surexploitation.
Durant des générations, les communautés locales ont puisé dans les richesses naturelles offertes par le Sabaki: bois, bois de chauffage, eau douce, fruits de mer, terres agricoles fertiles, plantes pour la médecine traditionnelle... 
Entretenue, cette zone humide côtière recèle de nombreux atouts face au changement climatique : stockage du carbone, filtrage de la pollution de l'eau, protection naturelle contre les phénomènes météorologiques extrêmes et la montée du niveau de la mer.
Mais des années d'exploitation incontrôlée ont infligé de terribles dégâts aux mangroves, vasières, bassins d'eau douce et dunes de sable qui jalonnent l'embouchure du deuxième plus long fleuve du Kenya. 
Le bois de mangrove -utilisé de manière durable pendant des siècles pour construire des maisons traditionnelles swahili- a été massivement utilisé pour soutenir l'essor rapide des villes, comme la cité balnéaire voisine de Malindi.
Pour pêcher, les habitants ont notamment utilisé des moustiquaires qui ont piégé jusqu'à la plus petite des espèces marines.
- Allié naturel -
"Le paysage a changé. À l'époque, nous avions une immense forêt avec des éléphants et des singes", raconte Francis Nyale, un des chefs communautaires âgé de 68 ans, debout au milieu d'une clairière de souches de mangrove noueuses.
Un peu plus loin en aval, là où les eaux brunes du Sabaki rencontrent les vagues bleues de l'océan, une équipe de bénévoles plante de jeunes arbres de mangrove le long de la rive. 
Depuis plusieurs années, des habitants ont choisi de redonner vie, arbre par arbre, à l'estuaire meurtri. 
Ils en ont planté des dizaines de milliers, oeuvrant à la renaissance de forêts, estime Francis Kagema, le coordinateur régional du groupe de protection de l'environnement Nature Kenya. 
Et ces efforts donnent de premiers signes de réussite. 
Accroupi au milieu d'un bosquet d'arbres, Francis Kagema montre des grappes de minuscules pousses vertes jaillissant du sol sombre, preuve d'une régénération naturelle, d'un écosystème en voie de guérison. 
"S'agissant des mangroves, leur capacité à se relever (...) et à repeupler leurs zones d'autrefois est assez encourageante", souligne-t-il.
Les mangroves sont précieuses pour la planète: leurs arbres peuvent absorber cinq fois plus de carbone que les forêts terrestres et agissent comme une barrière contre les tempêtes et l'éro
Protéger les mangroves coûte 1.000 fois moins cher au kilomètre que de construire des digues, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), qui parraine le projet de restauration du Sabaki.
"Des zones humides saines - cruciales pour atténuer le changement climatique, pour la biodiversité, la santé et la prospérité humaines - rapportent bien plus qu'elle ne coûtent", estime Leticia Carvalho, coordinatrice principale du PNUE pour les eaux marines et douces.
- Diplomatie locale -
Au-delà des bénéfices environnementaux, elles offrent des avantages économiques.
Selon le PNUE, un hectare de mangrove peut fournir l'équivalent de 33.000 à 57.000 dollars par an (30.000 à 52 000 euros) de services économiques.
À Sabaki, les guides locaux complètent leurs revenus en amenant visiteurs et groupes scolaires observer les hippopotames et les oiseaux qui peuplent l'estuaire.
Des travaux sont également en cours pour améliorer les installations touristiques et développer l'apiculture traditionnelle.
Convaincre les quatre villages des environs de l'estuaire de l'intérêt de défendre l'environnement nécessite de la diplomatie, souligne Joseph Mwandenge Mangi, qui dirige un groupe communautaire de protection de l'estuaire.
Ils travaillent avec les pêcheurs pour qu'ils abandonnent les pratiques non-durables et les gardes forestiers bénévoles qui surprennent des bûcherons dans l'estuaire gèrent les infractions en interne pour ne pas braquer les populations.
"Nous ne les emmenons pas à la police. Nous leur parlons. Nous voulons qu'ils comprennent qu'il y a quelque chose de bénéfique dans ces arbres plutôt que de les couper", explique Mangi.
Selon Jared Bosire, chef de projet dans un groupe de protection de l'océan Indien baptisé Convention de Nairobi, la communauté du Sabaki fait la preuve que les approches locales de défense de l'environnement apportent des bénéfices mutuels.
"Nous avons l'espoir que les leçons tirées pourront être reproduites ailleurs", estime-t-il.
Plus de 80% des mangroves ont déjà disparu le long des parties occidentales de l'océan Indien. "Si nous n'avons pas ces arbres", affirme Mangi, "nous perdons notre patrimoine ».
<https://www.la-croix.com/Surexploitee-precieuse-mangrove-kenyane-releve-grace-habitants-2022-04-08-1301210408>
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17- « Le Murmure de la forêt. Quand les arbres parlent », Arte, 14/04/22, 22h55

On connaît de mieux en mieux "l'intelligence" des arbres et les étonnantes facultés qui leur ont permis, depuis des millénaires, de tisser entre eux un réseau dense de communication. Au cœur de la forêt, amis, ennemis, partenaires d’affaires et parents entretiennent ainsi une conversation silencieuse, restée longtemps insoupçonnée.
Par le biais notamment de leurs racines, qui occupent généralement deux fois plus d’espace que le feuillage, et du réseau fongique qui leur est associé, tous sont reliés entre eux. Véritables signaux chimiques, les molécules qu'ils échangent transmettent des minéraux et des informations leur permettant de se défendre contre les agressions, par exemple des parasites, ou de favoriser la croissance des jeunes arbres. C'est ainsi que les bouleaux transfèrent des sucres aux jeunes sapins qui manquent de lumière, et qu'à la mauvaise saison les conifères en envoient vers les branchus défeuillés. Cette passionnante exploration de l’évolution des forêts européennes détaille l’extraordinaire nature sociale des arbres, qui leur permet de pratiquer à un haut degré l'entraide et la coopération.
> Documentaire (87 min) à voir à :
<https://www.arte.tv/fr/videos/091180-000-A/le-murmure-de-la-foret-quand-les-arbres-parlent/>
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18- Factuel. En cartes : comment a évolué l’utilisation de pesticides dans les communes françaises depuis 2017 ?, Le Monde, 17/04/22, 11:00
Romain Imbach et Luc Martinon

Les plans Ecophyto successifs n’ont pas suffi à réduire de façon draconienne l’usage de produits phytosanitaires. La situation a évolué diversement selon les territoires.
Depuis quatorze ans, la France se donne officiellement l’objectif de réduire rigoureusement sa consommation de produits phytosanitaires. Si l’objectif fait consensus, les débats sont plus âpres sur les moyens d’y parvenir et aucun des trois plans Ecophyto successifs n’a été capable d’enclencher une dynamique de baisse.
• Comment mesure-t-on la quantité de pesticides utilisés ?
Les volumes de produits phytosanitaires vendus ne suffisant pas à mesurer les quantités de produits phytosanitaires utilisées, un nouvel indicateur a été mis en place au moment du lancement du premier plan Ecophyto : le nombre de doses unités (NODU). Il combine les quantités vendues et l’efficacité de chaque substance selon les préconisations des fabricants et s’exprime en nombre d’hectares traités. En revanche, il ne tient pas compte des traitements des semences enrobées, qui ne sont pas comptabilisées dans la base de données des ventes de produits phytosanitaires.
En excluant les surfaces agricoles bio, ce sont près de 102 millions d’hectares qui ont été traités chaque année entre 2017 et 2019, et chaque hectare de surface agricole a reçu en moyenne 4,16 traitements par an.
• Comment a évolué la consommation de produits phytosanitaires depuis 2008 ?
La base de données des ventes de produits phytosanitaires fait la distinction entre les substances selon leur niveau de dangerosité, pour l’homme et l’environnement. Le graphique ci-dessous tient compte de l’ensemble de ces substances et reflète l’intensité de consommation de ces produits depuis 2008 en France.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/04/17/en-cartes-comment-a-evolue-l-utilisation-de-pesticides-dans-les-communes-francaises-depuis-2017_6122537_4355770.html>
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— J’agis pour la nature <https://jagispourlanature.org/>, des activités de bénévolat nature partout en France.
— Mon Restau Responsable <https://www.monrestauresponsable.org/>®, un outil gratuit destiné à accompagner les restaurants collectifs qui souhaitent proposer à leurs convives une cuisine saine, de qualité et respectueuse de l’environnement.
— L’affaire du siècle <https://laffairedusiecle.net/>, une campagne de mobilisation pour soutenir l'action en justice contre l'Etat pour le climat. 
— The Freaks <https://www.the-freaks.fr/>, un collectif d'artistes et de personnalités qui s'engagent à adopter de nouveaux comportements pour lutter contre la sur-consommation, la pollution, le réchauffement climatique et protéger la biodiversité.
— Le temps est venu <https://letempsestvenu.org/>, 100 propositions pour prendre la mesure des changements à entreprendre pour opérer une transition écologique socialement juste.
— Baromètre des mobilités <http://barometremobilites-quotidien.org/>, une analyse annuelle des pratiques de mobilité des Français.
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