[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur agriculture (dont OGM), alimentation, forêt, pêche, apiculture et jardinage (mercredi 4 décembre)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Mer 4 Déc 08:00:29 CET 2019


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Le botaniste ­Francis ­Hallé veut recréer une forêt vierge au cœur de l'Europe <https://www.lejdd.fr/Societe/le-botaniste-francis-halle-veut-recreer-une-foret-vierge-au-coeur-de-leurope-3932015>, Le JDD, 22/11/19, 10h00
2- Dans le Loir-et-Cher, un maraîcher bio fait la tournée des usines <https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/24/dans-le-loir-et-cher-un-maraicher-bio-fait-la-tournee-des-usines_6020302_3244.html>, Le Monde, 24/11/19, 06h13
3- Chronique. L’œuf sans poule ni coq d’étudiantes biologistes <https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/11/24/l-uf-sans-poule-ni-coq-d-etudiantes-biologistes_6020324_4401467.html>, Le Monde Campus, 24/11/19, 11h00 
4- L’Anses met en garde contre les compléments alimentaires contenant de la berbérine <https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/l-anses-met-en-garde-contre-les-complements-alimentaires-contenant-de-la-berberine_6020377_3244.html>, Le Monde, 25/11/19, 00h00
5- Chlordécone : l’Etat désigné « premier responsable » par la commission d’enquête parlementaire <https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/chlordecone-l-etat-designe-premier-responsable-par-la-commission-d-enquete-parlementaire_6020387_3244.html>, Le Monde, 25/11/19, 06h20
6- Un éleveur du Cantal condamné à payer 8 000 euros à ses voisins, gênés par les « fortes odeurs » de ses vaches <https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/24/cantal-un-eleveur-condamne-a-payer-8-000-euros-a-ses-voisins-genes-par-les-odeurs-de-ses-vaches_6020375_3224.html>, Le Monde avec AFP, maj le 25/11/19 à 07h47
7- Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/lancement-d-une-petition-europeenne-pour-interdire-les-pesticides-de-synthese_139245>, AFP, 25/11/19, 11:00
8- En Roumanie, le sort de 14 600 moutons incertain après le chavirage d’un cargo <https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/25/roumanie-le-sort-de-14-600-moutons-incertain-apres-le-chavirage-d-un-cargo_6020491_3210.html>, Le Monde avec AFP, 25/11/19, 19h19
9- Un pas en avant pour protéger le thon obèse en Atlantique <https://www.geo.fr/environnement/un-pas-en-avant-pour-proteger-le-thon-obese-en-atlantique-198757>, AFP, 25/11/19, 22:00
10- La justice rejette la suspension d’un arrêté antipesticides dans les Hauts-de-Seine <https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/la-justice-rejette-la-suspension-d-un-arrete-antipesticides-dans-les-hauts-de-seine_6020500_3244.html>, Le Monde avec AFP, 25/11/19, 22h50
11- Au Zimbabwe, les arbres énièmes victimes de la crise économique <https://www.geo.fr/environnement/au-zimbabwe-les-arbres-eniemes-victimes-de-la-crise-economique-198758>, AFP, 26/11/19, 09:00
12- Des milliers d'agriculteurs manifestent à Berlin contre la politique environnementale <https://www.geo.fr/environnement/des-milliers-dagriculteurs-manifestent-a-berlin-contre-la-politique-environnementale-198769>, AFP, 26/11/19, 17:00
13- Entretien. Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>, Le Monde Afrique, 26/11/19, 18h00
14- La permaculture marine au secours des huîtres <https://information.tv5monde.com/info/la-permaculture-marine-au-secours-des-huitres-334176>, AFP, 27/11/19, 09:00
15- Risque d'amendes pour les groupes n'achetant pas assez d'huile de palme "durable" <https://information.tv5monde.com/info/risque-d-amendes-pour-les-groupes-n-achetant-pas-assez-d-huile-de-palme-durable-334261>, AFP, 27/11/19, 17:00
16- Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>, Le Monde Afrique, 27/11/19, 18h00
17- Abeilles : résidus de néonicotinoïdes même dans les zones non-traitées <https://information.tv5monde.com/info/abeilles-residus-de-neonicotinoides-meme-dans-les-zones-non-traitees-334288>, AFP, 27/11/19, 19:00
18- Agriculture : mise en garde sur les risques des variétés tolérantes à un herbicide <https://information.tv5monde.com/info/agriculture-mise-en-garde-sur-les-risques-des-varietes-tolerantes-un-herbicide-334419>, AFP, 28/11/19, 14:00
19- Enquête. En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>, Le Monde Afrique, 28/11/19, 18h00
20- Gilles Pérole : « A l’école, nous avons fait basculer toute la restauration collective en 100 % bio » <https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2019/11/29/gilles-perole-a-l-ecole-nous-avons-fait-basculer-toute-la-restauration-collective-en-100-bio_6021032_4497319.html>, Le Monde, 29/11/19, 15h20
21- Reportage. Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>, Le Monde Afrique, 29/11/19, 18h00
22- Reportage. Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>, Le Monde Afrique, 30/11/19, 05h22
23- Chronique. Agriculture : « La France en a gros sur la patate » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/30/agriculture-la-france-en-a-gros-sur-la-patate_6021140_3234.html>, Le Monde, 30/11/19, 08h23 
24- Entretien. « En Afrique, les paysans qui pratiquent l’agroécologie résistent mieux au changement climatique » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/12/01/en-afrique-les-paysans-qui-pratiquent-l-agroecologie-resistent-mieux-au-changement-climatique_6021261_3212.html>, Le Monde, Afrique, 01/12/19, 18h00
25- La France va devenir le premier consommateur mondial de vin bio <https://information.tv5monde.com/info/la-france-va-devenir-le-premier-consommateur-mondial-de-vin-bio-335107>, AFP, 02/12/19, 19:00
En images
26- Haute-Marne : un parc national pour protéger la nature <https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/haute-marne-un-parc-national-pour-proteger-la-nature_3725553.html>, France 2, journal de 20h, 30/11/19
Une annonce
27- Rencontres-débat. La lutte contre la biopiraterie <http://www.adequations.org/spip.php?article2552>, Université du bien commun, Paris (75002) le 07/12/19 de 15h à 18h30

Bien à vous,
Florence

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ALTERNATIVES DU JOUR : —  Un maraîcher bio de Blois a choisi de livrer aux employés et ouvriers des zones industrielles environnantes pendant leur pause déjeuner. Il croule sous les commandes. (cf. item 2)
— En proie à une forte mortalité depuis dix ans, les huîtres pourraient tirer profit d'une cohabitation avec d'autres espèces marines selon le modèle de la permaculture, ont révélé cette semaine des chercheurs réunis autour d'un programme européen dédié à la santé des mollusques. (cf. item 14)
INITIATIVE DU JOUR : Interdire les pesticides de synthèse dans l'Union européenne d'ici 15 ans : c'est l'objectif d'une "Initiative citoyenne européenne" (ICE) lancée par sept citoyens de l'Union européenne. (cf. item 7)
PRÉCAUTION DU JOUR : L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) estime que la sécurité d’emploi des compléments alimentaires contenant de la berbérine, « ne peut être garantie ». (cf. item 4 & suite)
ENQUÊTE DU JOUR : Conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur le « désastre sanitaire » provoqué par l’usage du chlordécone aux Antilles, un pesticide ultratoxique dont la pollution nécessite des réparations. (cf. item 5 & suite)
AVERTISSEMENTS DU JOUR : — Des traces de trois néonicotinoïdes, insecticides considérés comme nocifs pour les abeilles, restent présents en quantité dangereuse pour les insectes dans des parcelles, malgré un moratoire en vigueur depuis 2013, selon une étude. (cf. item 17 & suite)
— Les variétés de végétaux agricoles rendues tolérantes à un herbicide font courir le risque d'un développement de résistances des mauvaises herbes, et donc d'augmentation de l'utilisation de phytosanitaires, a averti l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses). (cf. item 18 & suite)
SÉRIE DU JOUR : Via les épisodes « des champs de l’espoir », le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère qui touche toujours plus de la moitié des pauvres du monde. (cf. item 13, 16, 19, 21, 22 & 24)
PORTRAIT DU JOUR : Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) chargé de l’enfance et de l’éducation depuis plus de vingt ans, défend la cause du bien manger dans les cantines. (cf. item 20)
RECOMMANDATION DU JOUR : Pour l’agroéconomiste Coumba Sow, les savoirs traditionnels doivent être utilisés en complément des connaissances scientifiques pour garantir la sécurité alimentaire. (cf. item 24)
MUTATION DU JOUR : Dans le 11e parc national français à cheval entre les départements de la Haute-Marne et de la Côte-d'Or, 54 000 hectares d'arbres vont être gérés durablement. (cf. item 25)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.lesgesteseclaires.com/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Pétition. Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/petition_ecolocreche>
> Pour répondre PRÉSENT à l’APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <https://www.appel-des-solidarites.fr/>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <http://www.mypositiveimpact.org/les-solutions>
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1- Le botaniste ­Francis ­Hallé veut recréer une forêt vierge au cœur de l'Europe, Le JDD, 22/11/19, 10h00
Anne-Laure Barret

Le grand botaniste ­Francis ­Hallé plaide pour la création d'un sanctuaire boisé en Europe. Naissance prévue dans… sept siècles.
Il a passé sa vie à se promener ­au-dessus des bois. Et ces balades ont nourri des croquis fabuleux – certains sont actuellement ­exposés à la fondation Cartier, à Paris. ­Francis ­Hallé, 81 ans, est connu du grand public pour avoir inventé, il y a plus de trente ans, le radeau des cimes, à bord duquel ce spécialiste des forêts primaires (ou naturelles) a pu observer la canopée tropicale. Ces dernières années, les expéditions sur la plateforme en cylindres de caoutchouc gonflable se font plus rares. Le scientifique, spécialiste de l'architecture des arbres, ­supporte moins le décalage ­horaire ; surtout, lui dont les conférences de vulgarisation attirent un large public, doit aujourd'hui batailler pour financer ses voyages.…
>> Suite à lire sur inscription à :
<https://www.lejdd.fr/Societe/le-botaniste-francis-halle-veut-recreer-une-foret-vierge-au-coeur-de-leurope-3932015 <https://www.lejdd.fr/Societe/le-botaniste-francis-halle-veut-recreer-une-foret-vierge-au-coeur-de-leurope-3932015>>
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2- Dans le Loir-et-Cher, un maraîcher bio fait la tournée des usines, Le Monde, 24/11/19, 06h13
Jordan Pouille

Un cultivateur de Blois a choisi de livrer aux employés et ouvriers des zones industrielles environnantes pendant leur pause déjeuner. Il croule sous les commandes. 
« Des solutions pour la planète ». Novembre est le mois des courges, des poireaux et des côtes de blette. Des salariés des usines de Blois et de la Chaussée-Saint-Victor le savent bien. Ary Régent, maraîcher bio, leur livre ses légumes chaque semaine, profitant de leur pause déjeuner.
Bien que défenseur du circuit court, il se tient à distance des Amap, ces structures associatives reliant agriculteurs et consommateurs, avec des lieux de retrait définis. Ses clients ont le profil de ses anciens collègues, quand il était conducteur de travaux puis responsable technique dans l’informatique. « Ce sont des parents qui rentrent fatigués de l’usine ou du bureau. C’est compliqué pour eux d’aller à une salle des fêtes un vendredi soir pour récupérer des légumes. Moi je leur permets de faire 30 % de leurs courses sans perte de temps », assure le maraîcher.
Ary a aussi écarté le système d’abonnement. « Ailleurs, des gens s’abonnent pour un an puis se retrouvent à devoir manger souvent la même chose. Vous imaginez leur déception ? Et notre vie est faite d’abonnements en tous genres, avec des résiliations laborieuses. Mes clients n’en veulent plus », poursuit-il, confiant en son étude de marché, menée lorsqu’il cultivait sur les terres du lycée horticole de Blois, avant de s’installer sur sa propre exploitation en janvier.
Paiement de la main à la main
Par peur de lasser, il mise beaucoup sur la diversité de ses produits : « Je récolte des dizaines de légumes différents afin que chacun puisse personnaliser son panier au maximum. Et proposer un légume avant tout le monde, c’est vraiment mon truc. » Les saisons froides qui s’adoucissent lui permettent de faire pousser des fèves au printemps puis à l’automne, et même d’expérimenter la patate douce, un tubercule surtout cultivé chez le voisin espagnol. « Ces proverbes agricoles qui invitaient à semer à telle ou telle période, c’est vraiment du passé », constate-t-il.
Ary Régent s’est construit un fichier de 400 contacts de clients potentiels au sein des entreprises où il livre. Avec Christelle Musin, sa responsable commerciale, il leur adresse un SMS chaque dimanche, précisant la composition des paniers de la semaine plus tous les légumes en supplément. Ceux qui répondent avant 19 heures seront ravitaillés le lendemain, quelques heures après la récolte.
Ce Guadeloupéen devenu francilien puis loir-et-chérien est autant attaché à ses 2 000 m2 de serres neuves et ses 3 hectares de cultures en pleine terre situés dans le quartier de Blois Vienne, qu’à ces moments de convivialité, quand il décrit une recette de potage à la pelure de navets à un ouvrier en mécanique. Chaque paiement se fait de la main à la main. « Pour l’instant, j’évite les intermédiaires ou les transactions en ligne, pour maintenir des tarifs abordables et des salaires corrects. J’ai trois enfants… et trois salariés polyvalents à plein temps que je veux conserver. »
« C’est toujours madame qui commande le panier »
Ses acheteurs sont presque exclusivement des femmes. « Curieusement, c’est toujours madame qui commande le panier et c’est toujours à monsieur que je le remets. D’ailleurs, cela arrive souvent, quand je me signale à la réception, que ce dernier ne soit même pas au courant. Par ici, les hommes ne gèrent pas le budget alimentation. C’est un peu macho, non ? » Lorsque Ary livre à une petite entreprise d’élagage, son meilleur client est la cogérante Brigitte Lemaire :« J’essaie de convaincre mes gars mais vous savez, les bûcherons sont plutôt branchés chasse et gibier », rit-elle. Mais le maraîcher a du répondant : « Dites leur que le radis noir est excellent pour l’estomac, surtout après une soirée arrosée. »
Le paysan repart. Il est attendu dans un « call center » de 450 salariés, dont l’été fut émaillé de grèves en raison des bas salaires pratiqués par l’entreprise. De jeunes téléconseillères fument aux entrées, tassées sous un préau étroit. Des affiches « Fun Management », « Team spirit » égaient les couloirs. « Mes clients ne sont pas sur la plate-forme, où l’on paie au smic. Je ne livre que là-haut, dans les bureaux », soupire-t-il. En sortant, une téléconseillère lui demande une adresse Facebook pour en savoir plus sur ces paniers locaux et bios.
Collectif de producteurs bio
Quand le Rassemblement national tracte à l’extérieur de cette usine d’injecteurs à moteurs diesel, Ary lui s’engage directement sur le parking à la rencontre des ingénieurs et des techniciens. Généralement, le groupe de cols-blancs s’approche le premier, suivi d’une poignée de cols-bleus. Chose rare, la direction prend en charge 40 % du coût du panier. « Malgré cette offre, ça ne se bouscule pas. Mais j’ai trouvé la parade. Quand je croise des travailleurs, je leur lance : “Dites bien à vos épouses que mes légumes reviennent moins chers qu’au supermarché”. »
Auchan à Vineuil, Cora à Villebarou, Casino à Onzain, Carrefour à La Chaussée-Saint-Victor : les grandes surfaces encerclant Blois ont désormais toutes un étal dédié aux petits producteurs, bio ou non, présentés en photo à côté de leur récolte. « On m’a approché plusieurs fois mais j’ai trop peur de tomber dans la monoculture. Si une enseigne me réclame 50 puis 100 puis 500 salades chaque semaine, tout mon modèle s’effondre. »
Ary fait partie d’un collectif régional de producteurs bio. C’est à eux qu’il achète des légumes qui parfois lui font défaut : « Dépendre des uns et des autres, c’est quelque chose que beaucoup d’agriculteurs ne comprennent pas. Mais je pense surtout au client. Si une semaine, je lui annonce que je n’ai rien, il retournera en grande surface. »
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/24/dans-le-loir-et-cher-un-maraicher-bio-fait-la-tournee-des-usines_6020302_3244.html>
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3- Chronique. L’œuf sans poule ni coq d’étudiantes biologistes, Le Monde Campus, 24/11/19, 11h00 
Eric Nunès

Tous les mois, un objet raconte un cursus. A l’Ecole de biologie industrielle, Sheryline Thavisouk et Philippine Soulères ont inventé un œuf végétal.
Chronique. Lorsqu’elle était étudiante en licence de biochimie à l’université de Cergy-Pontoise, Sheryline Thavisouk, 25 ans, se voyait bien créer des mascaras et des crèmes hydratantes. Fausse route : trois ans plus tard, avec sa binôme Philippine Soulères, elle produit des œufs sans poule ni coq et sans couvaison. Les deux nouvelles diplômées de l’Ecole de biologie industrielle (EBI) ont inventé pendant leurs études un œuf « entièrement composé de matières végétales et minérales », expose Philippine. Un œuf « végan-compatible », baptisé Les Merveilloeufs, que les deux entrepreneuses présentent sur leur site, ouvert vendredi 22 novembre. Des œufs qui peuvent être consommés sans risque d’allergie, problème qui touche 1 à 2 % des enfants d’âge préscolaire.
Pour passer de la cosmétique à l’industrie alimentaire, il n’y aurait qu’un pas. « Faire une crème pour la peau, c’est un peu comme monter une mayonnaise », assure Sheryline. Ce pas, la jeune femme le franchit avec sa consœur après avoir rejoint l’EBI en 2017. L’école d’ingénieurs prévoit, pour ses étudiants en première année de master, la mise en place d’un projet « innovation » : « Un exercice destiné à sensibiliser les étudiants à la création, à développer des projets entrepreneuriaux », explique Laurence Taupin, professeure de marketing à l’EBI.
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/11/24/l-uf-sans-poule-ni-coq-d-etudiantes-biologistes_6020324_4401467.html>
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4- L’Anses met en garde contre les compléments alimentaires contenant de la berbérine, Le Monde, 25/11/19, 00h00
Mathilde Gérard

L’Agence de sécurité sanitaire estime que la sécurité d’emploi de ces compléments, qui agissent, à partir d’une certaine dose, comme un médicament, « ne peut être garantie ». « Les compléments alimentaires doivent rester un aliment et, en aucun cas, être utilisés comme un médicament. » Aymeric Dopter, de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), insiste sur l’importance de ce message, alors que l’agence publie, lundi 25 novembre, un avis sur l’utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires. A partir de 400 mg/jour chez l’adulte, selon l’Anses, ces produits présentent une activité pharmacologique avérée sur le système cardiovasculaire, nerveux, immunitaire ou sur le métabolisme. « Cela signifie que la berbérine agit comme un médicament et non plus comme un aliment, à cette dose », écrit l’agence dans un communiqué qui accompagne la sortie de cet avis et qui avertit : « La sécurité d’emploi de ces compléments alimentaires ne peut être, à ce jour, garantie. »
La berbérine est un alcaloïde, un ensemble de molécules d’origine végétale – à l’image de la théine ou la caféine –, qui se trouve dans l’écorce et les racines des plantes du genre berberis, l’épine-vinette par exemple, mais également d’autres végétaux, comme l’hydraste du Canada ou le coptide chinois. En médecine traditionnelle chinoise, elle est utilisée en traitement contre les infections gastro-intestinales. Mais en Europe, c’est surtout son action sur le taux de sucre dans le sang qui lui vaut un intérêt naissant, notamment pour réduire les glycémies et la cholestérolémie.
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/l-anses-met-en-garde-contre-les-complements-alimentaires-contenant-de-la-berberine_6020377_3244.html>
En savoir plus :
> Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires <https://www.anses.fr/fr/content/utilisation-de-plantes-%C3%A0-base-de-berb%C3%A9rine-dans-les-compl%C3%A9ments-alimentaires>, Anses, communiqué du 25/11/19
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5- Chlordécone : l’Etat désigné « premier responsable » par la commission d’enquête parlementaire, Le Monde, 25/11/19, 06h20
Stéphane Mandard

Après six mois d’auditions, la commission d’enquête rend ses conclusions sur le « désastre sanitaire et environnemental » provoqué par l’usage du pesticide aux Antilles. 
L’Etat est le « premier responsable » du scandale du chlordécone aux Antilles. Telle est la conclusion sans appel de la commission d’enquête parlementaire mise en place pour faire la lumière sur ce « désastre sanitaire et environnemental » qui frappe la Guadeloupe et la Martinique. Après six mois d’auditions et plus de 150 personnalités interrogées, le rapport, auquel Le Monde a eu accès, doit être adopté mardi 26 novembre, à l’Assemblée nationale, avant d’être rendu public le 2 décembre.
Pesticide ultratoxique et ultra-persistant, le chlordécone a été utilisé massivement pendant plus de vingt ans dans les plantations de ­bananes afin de lutter contre le charançon. Banni aux Etats-Unis dès 1975, classé cancérogène possible par l’Organisation mondiale de la santé en 1979, la France a attendu 1990 pour décider de son interdiction et 1993 pour l’étendre aux Antilles après trois ans de dérogations. Et ce n’est qu’en 2008 que le premier « plan chlordécone » a été activé pour tenter de réduire l’exposition de la population à l’insecticide.
> Lire aussi  Chlordécone, un scandale sanitaire
Une décennie plus tard, les sols, les rivières et toute la chaîne alimentaire sont toujours contaminés. Si bien que la quasi-totalité des Antillais (95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais, selon Santé publique France) sont imprégnés. L’exposition au chlordécone, également reconnu comme un perturbateur endocrinien, augmente les risques de prématurité, de troubles du développement cognitif et moteur des nourrissons ou encore de cancers de la prostate. Avec 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année, la Martinique est la région du monde la plus touchée.
« L’Etat a fait subir des risques inconsidérés, au vu des connaissances scientifiques de l’époque, aux populations et aux territoires de Guadeloupe et Martinique », pointe le rapport qui souligne que « le maintien de la production bananière a trop souvent pris le pas sur la sauvegarde de la santé publique et de l’environnement ». Selon les éléments rassemblés par la commission d’enquête, l’Etat connaissait la dangerosité de la molécule et son caractère persistant dans l’environnement… dès 1969.
Caractère « toxique et persistant »
La première demande d’homologation du chlordécone (sous la dénomination commerciale « Kepone ») remonte au 8 mai 1968. Le 26 novembre 1969, le comité d’étude des produits antiparasitaires à usage agricole, instance rattachée au ministère de l’agriculture, s’y oppose en raison de son caractère « toxique et persistant ». En 1971, le même comité révise sa classification des composés organochlorés : le Kepone rétrograde de la catégorie « toxique » à « dangereux ». L’année suivante, il l’autorise de manière dérogatoire (« relevant les hésitations voire les réticences qu’avaient les services de l’Etat à l’époque », note le rapport), avant d’être officiellement homologué en 1981 sous une nouvelle dénomination, « Curlone ». L’autorisation sera prolongée jusqu’en 1993.
« Entre 1975 et 1992, de multiples alertes auraient dû conduire les autorités réglementaires à réexaminer l’autorisation donnée pour l’utilisation du chlordécone. Dans les faits, elles ont été largement ignorées », relève la commission, présidée par le député de la Martinique, Serge Letchimy (Socialistes). Ces « alertes » émanent de scientifiques (l’Institut national de la recherche agronomique mène une mission d’enquête dès 1975) mais aussi du terrain.
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En 1974, des travailleurs martiniquais entrent en grève contre le chlordécone. La répression du mouvement fait deux morts. « Deux ans après l’autorisation du chlordécone, les ouvriers agricoles de la banane entament l’une des plus importantes grèves de l’histoire sociale de la Martinique et demandent explicitement l’arrêt de l’utilisation de cette molécule parce qu’ils ont fait l’expérience de sa toxicité dans leur chair », rappelle Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS, lors de son audition devant les députés.
Ce n’est que sous la pression de l’Europe et l’arrivée de la directive de 1991 sur la mise sur le marché des pesticides que la France retire l’homologation du chlordécone, en février 1990. Mais là encore, son usage va être prolongé aux Antilles jusqu’en septembre 1993 par deux dérogations successives signées par des ministres de l’agriculture de François Mittterand : Louis Mermaz et Jean-Pierre Soisson.
Présent dans des eaux de captage
La prolongation de l’utilisation du « Curlone » jusqu’en 1993 témoigne d’« une gestion défaillante par le ministère de l’agriculture », selon les députés. Curieusement, la direction générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture (DGAL) n’a pas été en mesure de produire les compte rendus de réunion de la commission de toxicité – qui a autorisé le chlordécone pendant vingt ans – entre février 1972 et juin 1989 : ils auraient disparu des archives.
Les archives que la DGAL a retrouvées permettent toutefois de reconstituer l’intense lobbying des groupements de planteurs et des industriels, les interventions de certains élus et le soutien explicite des services locaux du ministère de l’agriculture en faveur d’une « molécule miracle » jugée indispensable pour l’équilibre de l’économie antillaise.
« Cette prolongation a donc fait l’objet d’une attention politique soutenue, avec des interventions à tous les niveaux de l’Etat », conclut la commission d’enquête qui critique également une « gestion défaillante des stocks après 1993 ». Aucun dispositif n’avait été prévu pour retirer de la circulation et détruire les stocks non utilisés de chlordécone. Aussi, le Curlone a continué d’être utilisé et même vendu après son interdiction. « L’Etat fermait les yeux sur l’utilisation de cette molécule dans les bananeraies, bien après l’interdiction », a témoigné devant la commission l’ancien député de la Martinique, Guy Lordinot, soutien indéfectible de la « molécule miracle ».
ll faudra attendre 2002 pour qu’une campagne de récupération des stocks soit organisée par les préfectures. Quelque 9,5 tonnes de chlordécone seront récupérées auprès des planteurs de Martinique et 12 tonnes en Guadeloupe. Trois ans plus tôt, la présence du pesticide avait été mise en évidence dans des eaux de captage et en bouteilles.
Entre cette détection du chlordécone dans l’eau en 1999 et la mise en œuvre du premier plan chlordécone, il s’écoulera encore neuf ans. Soit quinze ans après son interdiction. « Une prise de conscience beaucoup trop tardive par l’Etat », dénonce le rapport qui déplore le « manque d’ambition » des plans qui se sont depuis succédé et leur « financement insuffisant ». Devant la commission, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a promis un quatrième plan « plus ambitieux » en 2020 avec un objectif prioritaire : « le zéro chlordécone dans l’alimentation ».
« Astronomique »
La commission propose d’aller plus loin à travers une loi d’orientation et de programmation pour « sortir du chlordécone » et la nomination d’un délégué interministériel dédié au chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. « Seule une loi permettra de graver dans le marbre le principe d’actions pour réparer les préjudices subis par des populations en grande souffrance et de restaurer la confiance envers l’Etat », indique au Monde la rapporteure, Justine Benin, députée de Guadeloupe (Mouvement démocrate).
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Elle préconise d’ériger la recherche sur le chlordécone comme une priorité stratégique de la recherche nationale, avec des financements fléchés. En matière de santé, d’abord : selon nos informations, l’Institut national du cancer doit annoncer avant la fin de l’année un fonds de recherche sanctuarisé. En matière de dépollution, ensuite : il n’existe toujours pas de technique permettant d’éliminer le chlordécone des sols.
La commission demande en outre à l’Etat de mettre en place un suivi sanitaire systématique pour les publics les plus exposés, de constituer un réseau d’éducation sanitaire et de prévention ou encore d’accompagner les pêcheurs et les agriculteurs dans une démarche « zéro chlordécone » en favorisant les cultures hors-sol et agrobiologiques.
Le rapport ne chiffre pas le financement de l’ensemble de ces mesures. « Ce serait de l’hypocrisie, nous ne savons pas le faire », répond Justine Benin. Pour la rapporteure, la somme pour couvrir l’ensemble de ces « réparations » est « forcément astronomique ». Mais comme elle le rappelle, Emmanuel Macron est le premier président à avoir reconnu, lors d’un déplacement en Martinique en septembre 2018, que « l’Etat doit prendre sa part de responsabilité dans cette pollution. » Et selon le rapport de la commission, celle-ci est également « astronomique ».
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/chlordecone-l-etat-designe-premier-responsable-par-la-commission-d-enquete-parlementaire_6020387_3244.html>
Sur le même sujet :
> Un rapport parlementaire exige des "réparations" à la pollution du chlordécone <https://www.lepoint.fr/politique/un-rapport-parlementaire-exige-des-reparations-a-la-pollution-du-chlordecone-26-11-2019-2349785_20.php>, AFP, 26/11/19, 21:00
> Scandale du chlordécone : 500 demandes d’indemnisation faites par des habitants des Antilles <https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/03/chlordecone-500-demandes-d-indemnisation-envoyees-a-edouard-philippe_6021488_3244.html>, Le Monde avec AFP, 03/12/19, 14h45
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6- Un éleveur du Cantal condamné à payer 8 000 euros à ses voisins, gênés par les « fortes odeurs » de ses vaches, Le Monde avec AFP, maj le 25/11/19 à 07h47

La cour d’appel de Limoges a considéré qu’un couple de retraités avait subi « un trouble anormal du voisinage pendant de nombreuses années ». 
Un agriculteur de Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal, a été condamné à payer 8 000 euros à ses voisins à l’issue d’un long parcours judiciaire, en raison d’un « trouble anormal du voisinage » causé par les odeurs de son élevage bovin et dénoncées depuis dix ans par ses voisins.
En cause, des ballots de foin stockés trop près de leur maison générant de « fortes odeurs irritantes » ou encore l’utilisation d’un bâtiment de stockage comme bâtiment d’élevage causant des désagréments liés au fumier et à la fosse à purin.
> Lire aussi  « A Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal, deux visions irréconciliables de la ruralité se télescopent »
« La stupidité poussée à son maximum »
Ce couple de retraités, arrivé en 2001 de Saint-Étienne, selon le journal La Montagne, a « subi un trouble anormal du voisinage pendant de nombreuses années », a ainsi tranché mardi 19 novembre la cour d’appel de Limoges, dans une décision que l’AFP a pu consulter dimanche. Cette juridiction, la dernière à se prononcer dans un dossier remonté jusqu’à la Cour de cassation, condamne l’agriculteur à 6 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais de justice.
« C’est la stupidité poussée à son maximum », a réagi l’éleveur, cité par La Montagne, avant d’ajouter qu’il accepterait cette décision, qui illustre la cohabitation parfois difficile entre ruraux et nouveaux venus.
> Lire aussi  Odeur de crottins de cheval, caquètement du canard ... Quand les animaux sont attaqués en justice
Du purin « quasiment sous la fenêtre »
« S’il n’est pas anormal d’être confrontés aux odeurs générées par l’activité agricole », en milieu rural, les juges ont pointé « la concentration des effluves générée par la maturation du foin » à faible distance de l’habitation voisine. Ils ont aussi considéré que l’activité « non autorisée » d’élevage dans un bâtiment de stockage a généré du fumier et du purin « quasiment sous la fenêtre de (la) cuisine » des voisins, retenant dans ce cas la « nuisance visuelle ».
Mais la cour d’appel de Limoges reconnaît que ces nuisances ont cessé, puisqu’un nouveau bâtiment d’élevage a été construit plus loin et que le foin est stocké à proximité de cette nouvelle construction. La juridiction a toutefois une autre demande des voisins, qui voulaient interdire la présence de fumier et de déjections en dehors de l’aire prévue.
<https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/24/cantal-un-eleveur-condamne-a-payer-8-000-euros-a-ses-voisins-genes-par-les-odeurs-de-ses-vaches_6020375_3224.html>
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7- Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse, AFP, 25/11/19, 11:00

Interdire les pesticides de synthèse dans l'Union européenne d'ici 15 ans : c'est l'objectif d'une "Initiative citoyenne européenne (ICE) lancée lundi, qui espère récolter plus d'un million de signatures pour contraindre la Commission européenne à ouvrir le débat.
Cette initiative a été lancée par sept citoyens de l'Union européenne, vivant en Italie, en Roumanie, en France, en Autriche, en Allemagne, en Belgique et en Grèce, selon une présentation de l'ONG française Générations futures. Leur demande a été validée par la Commission européenne.
Les ICE sont un outil de participation citoyenne qui permet de saisir la Commission sur des sujets d'initiative populaire. Une ICE, lancée en 2017, a déjà conduit la Commission européenne à revoir sa législation sur le glyphosate, herbicide controversé.
Cette nouvelle récolte de signatures se déroulera jusqu'au 30 septembre 2020, sur les sites 
<https://www.savebeesandfarmers.eu/>
et <https://www.generations-futures.fr/actualites/icepesticides/> pour la France.
"Obtenir que les pays se mettent d'accord pour l'interdiction des pesticides en 15 ans, c'est plutôt ambitieux", reconnaît Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures. Mais pour elle, il faut "sortir d'un système agricole à bout".
En France, il faudra récolter au moins 55.000 signatures pour cette ICE. Un appel, "Nous voulons des coquelicots", pour l'interdiction des pesticides de synthèse a recueilli près de 979.000 signatures. Le gouvernement français s'est déjà engagé à sortir de l'essentiel des usages du glyphosate au 1er janvier 2021, et de tous les usages début 2023.
Les ONG soutenant cette démarche demandent précisément "l’interdiction progressive des pesticides de synthèse dans l’agriculture européenne à hauteur de 80% d’ici 2030, en priorisant les pesticides les plus toxiques, afin de devenir un territoire +zéro-pesticide+ au plus tard en 2035", selon le dossier de presse.
Elles préconisent de "donner priorité aux exploitations agricoles de petite taille, diversifiées et ayant des pratiques durables" et de "restaurer la biodiversité" dans les zones agricoles, alors que la situation est catastrophique, avec une disparition massive des insectes et de leurs prédateurs (oiseaux, hérissons, lézards, amphibiens).
Actuellement, chaque Etat de l'UE peut instaurer un programme de réduction des pesticides. En France, deux plans successifs en ce sens ont échoué. Une nouvelle mouture prévoit de réduire de 50% l'utilisation des produits phytopharmaceutiques d'ici 2025.
Pour Nadine Lauverjat, l'exemple français des 3.000 fermes Dephy engagées dans des pratiques économes en pesticides montre que c'est possible.
<https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/lancement-d-une-petition-europeenne-pour-interdire-les-pesticides-de-synthese_139245>
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8- En Roumanie, le sort de 14 600 moutons incertain après le chavirage d’un cargo, Le Monde avec AFP, 25/11/19, 19h19

Un cargo de 84 mètres s’est couché sur le flanc au large du port de Midia, dans le sud-est du pays. La Roumanie figure parmi les premiers exportateurs d’ovins vers les pays arabes. 
Sur les près de 15 000 moutons à bord, combien ont survécu ? Un navire qui transportait 14 600 animaux a chaviré, dimanche 24 novembre, au large du port roumain de Midia, en mer Noire. Lundi, la course pour tenter de sauver des bêtes continuait. L’ONG Animals International a diffusé une vidéo montrant au moins une vingtaine de corps flottant près du cargo de 84 mètres de long, couché sur le flanc.
En Roumanie, Ana-Maria Stoica, une porte-parole de l’Inspectorat pour les situations d’urgence (ISU), soulignait dimanche que « 32 moutons qui s’étaient retrouvés piégés à l’extérieur du navire (avaient) jusqu’ici été sauvés ». Deux des animaux ont été récupérés dans les eaux glacées de la mer Noire. Mme Stoica disait espérer que les moutons qui se trouvaient dans la cale étaient toujours en vie.
Les 21 membres de l’équipage – 20 Syriens et un Libanais – sont eux sains et saufs et ont été ramenés à terre.
> Lire aussi  Des animaux exportés par l’Union européenne victimes de mauvais traitements
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/25/roumanie-le-sort-de-14-600-moutons-incertain-apres-le-chavirage-d-un-cargo_6020491_3210.html>
Sur le même sujet : 
> Roumanie : sauvetage de 26 moutons, après le naufrage d'un cargo avec 14.600 moutons à bord <https://information.tv5monde.com/info/roumanie-sauvetage-de-26-moutons-apres-le-naufrage-d-un-cargo-avec-14600-moutons-bord-334143>, AFP, 26/11/19, 23:00
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9- Un pas en avant pour protéger le thon obèse en Atlantique, AFP, 25/11/19, 22:00
Laure Fillon

Le secteur de la pêche a fait un premier pas lundi pour mieux protéger le thon obèse en Atlantique, menacé par la surpêche, en réduisant les prises pour deux ans, mais a échoué à s'entendre sur le requin-taupe bleu.
La population du thon obèse, ou Thunnus obesus, ou patudo, est mal en point: appréciée en conserve comme en sashimi, elle est victime de surpêche et d'une mortalité importante des thons juvéniles.
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA, ICCAT en anglais), qui regroupe une cinquantaine d'Etats, est chargée de fixer des niveaux de pêche pour plusieurs espèces de thonidés (thons, bonites, makaires, espadons) et de requins en Atlantique et en Méditerranée, dans le but d'assurer la conservation de ces espèces vivant en haute mer.
En 2018, la CICTA avait échoué à réduire les quotas de pêche du thon obèse. Cette année, au terme de huit jours de négociations très serrées à Palma de Majorque, en Espagne, ses membres se sont entendus pour un programme de reconstitution des stocks à l'horizon 2034.
Actuellement, les sept principaux pêcheurs de thons obèses - dont l'Union européenne ou encore le Japon - sont soumis à un quota annuel de 65.000 tonnes. Mais ce quota ne comprend pas d'autres pays, ce qui porte les prises totales à environ 77.000 tonnes.
Le compromis adopté lundi prévoit que le quota baissera à 62.500 tonnes en 2020 puis 61.500 tonnes en 2021, mais aussi qu'un plus grand nombre de pays devront limiter leurs prises. Il a été décidé de réexaminer ensuite ces quotas.
Cette réduction "est assez modérée", a commenté Daniel Gaertner, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), chargé de l'évaluation des stocks.
En 2020, les principaux pêcheurs (plus de 10.000 tonnes) devront baisser leurs prises de 21%, ceux qui capturent entre 10.000 et 3.500 tonnes de 17%, entre 1.000 et 3.500 tonnes de 10%. Les plus petits pêcheurs (moins de 1.000 tonnes) sont "encouragés à maintenir la prise et l'effort au niveau récent".
"Ces mesures sont sévères, elles nous font mal, mais ça va dans le bon sens", a dit à l'AFP Yvon Riva, président d'Orthongel, l'organisation française des producteurs de thon surgelé.
"C'est une bonne nouvelle, mais nous sommes déçus que la surpêche continue", a réagi Grantly Galland de l'ONG Pew Charitable Trusts, qui plaidait pour un quota de 50.000 tonnes.
- Pas de répit pour le requin-taupe bleu -
D'autres espèces étaient au menu de la CICTA : pour le thon albacore, dont le quota de pêche à été dépassé de 26% en 2017 et qui a fait pour la première fois l'objet d'une évaluation scientifique, il a été décidé que 110.000 tonnes annuelles seront pêchées à partir de 2020.
La CICTA a décidé de durcir le ton contre les DCP, des radeaux flottants servant d'appât pour les poissons, qui attirent beaucoup de jeunes thons. Leur nombre sera limité à 350 par bateaux en 2020 et 300 en 2021, contre 500 actuellement.
Ils ne pourront pas être utilisés pendant deux mois de l'année en 2020 et trois mois en 2021 dans tout l'Atlantique, ce qui devrait réduire les prises de thons juvéniles.
Un autre enjeu de cette réunion était l'avenir du requin-taupe bleu. Requin le plus rapide au monde et en danger au niveau mondial car victime de surpêche, il a bénéficié cet été de la protection de la CITES, qui fixe les règles du commerce international de plus de 35.000 espèces sauvages. 
Mais la CICTA n'a pas réussi à s'entendre pour mieux le protéger. Une proposition, portée par une dizaine de pays, visant à interdire "de retenir à bord, de transborder ou de débarquer" des requins-taupes bleus de l'Atlantique Nord s'est heurtée à des contre-propositions de l'UE et des Etats-Unis. 
"C'est une honte que des puissances de pêche comme l'UE et les USA s'opposent à une large coalition de pays et de scientifiques plaidant pour des mesures fortes contre les prises accessoires" de requins-taupes bleus, a critiqué WWF dans un communiqué.
A la fin des années 2000, la CICTA avait baissé drastiquement les quotas de pêche du thon rouge après des années de tergiversations. L'espèce était tellement mal en point que la CITES avait examiné une interdiction de son commerce international.
<https://www.geo.fr/environnement/un-pas-en-avant-pour-proteger-le-thon-obese-en-atlantique-198757>
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10- La justice rejette la suspension d’un arrêté antipesticides dans les Hauts-de-Seine, Le Monde avec AFP, 25/11/19, 22h50

« Les produits phytopharmaceutiques constituent un danger grave pour les populations exposées », selon le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui autorise la ville d’Antony à interdire les pesticides sur son territoire. 
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté, lundi 25 novembre, la demande de suspension d’un arrêté antipesticides pris par le maire d’Antony (Hauts-de-Seine), autorisant ainsi cette ville à interdire les produits phytopharmaceutiques sur son territoire.
« Les produits phytopharmaceutiques constituent un danger grave pour les populations exposées » et justifient le recours à une mesure d’interdiction même si cette prérogative relève normalement de la compétence du ministre de l’agriculture, a expliqué dans sa décision le tribunal, qui statuait en référé.
Le tribunal a aussi souligné les « spécificités » de la commune d’Antony, « traversé[e] par 8,5 km de voies ferrées, dont l’entretien implique l’utilisation d’herbicides contenant du glyphosate, et qui bordent en particulier un hôpital privé, comportant un service de néonatologie, ainsi qu’un hôpital psychiatrique ».
Le 8 novembre, un juge des référés du même tribunal avait rejeté pour la première fois la suspension de deux arrêtés antipesticides décidée par le préfet. Le tribunal avait invoqué là aussi « un danger grave pour les populations exposées ».
> Lire aussi  Pesticides : « Il n’est plus temps de faire semblant de prendre des demi-mesures »
Des centaines d’arrêtés pris en France
Depuis le 18 mai et un arrêté pris par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) pour bannir les pesticides, plus d’une centaine de communes ont pris des décisions similaires, dont Paris, Lille et Nantes.
Des dizaines de procédures visant ces arrêtés sont en cours à travers la France. Jusqu’ici, la plupart ont été suspendus à la demande du préfet, décision en général confirmée par le tribunal administratif. Le Conseil d’Etat a en partie annulé le 26 juin un arrêté interministériel réglementant l’utilisation des pesticides, jugeant qu’il ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains ni l’environnement.
> Lire aussi  Le Conseil d’Etat annule en partie l’arrêté encadrant l’usage des pesticides
Le gouvernement, qui a proposé un nouveau projet d’arrêté, jugé minimaliste par les écologistes, a promis de tenir compte des résultats d’une consultation publique menée en septembre, avant de publier les textes définitifs pour une entrée en application au 1er janvier. Dans un rapport paru le 10 novembre, une mission parlementaire a estimé que la suppression du glyphosate aurait un coût élevé pour les agriculteurs.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/25/la-justice-rejette-la-suspension-d-un-arrete-antipesticides-dans-les-hauts-de-seine_6020500_3244.html>
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11- Au Zimbabwe, les arbres énièmes victimes de la crise économique, AFP, 26/11/19, 09:00
Ish Mafundikwa

Au Zimbabwe, l'environnement non plus n'est pas épargné par la crise économique. Les coupures d'électricité qui paralysent depuis des mois l'essentiel du pays y ont relancé la production de charbon de bois et défigurent ses forêts.
"Ca fait mal de voir des forêts décimées comme ça", soupire Miller Chizema, 82 ans, assis sur un tronc fraîchement tronçonné de mopane, un arbre indigène, dans le district de Mhondoro Ngezi (centre).
"Des gens viennent (couper du bois) de Harare, où on nous dit que la demande en charbon est forte", poursuit le vieil homme, appuyé sur sa canne. "Nous, les anciens, on essaie de décourager de telles pratiques, mais (...) c'est une question d'argent et de survie" pour la population.
Le Zimbabwe se débat depuis une vingtaine d'années dans une crise économique sans fin que le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à l'autocrate Robert Mugabe, ne parvient pas à enrayer.
Pénuries d'eau, de carburants et de médicaments, manque cruel d'argent liquide, la vie quotidienne se résume déjà pour ses 15 millions d'habitants à un combat pour la survie qui se décline dans tous les domaines.
Avec les délestages de courant et les prix élevés du gaz - l'équivalent de 1,7 dollar américain la bouteille - les Zimbabwéens se tournent désormais vers le charbon de bois pour faire la cuisine et se chauffer. Et la forêt pleure.
"La déforestation était déjà importante mais la crise de l'électricité a aggravé la situation", explique Best Muchenje, responsable forestier dans le district de Mhondoro Ghezi.
"Le mopane est une cible privilégiée en raison de sa dureté et du charbon de bois de qualité qu'il produit", ajoute-t-il. 
- 'Besoin de se nourrir' -
Chaque année, 330.000 hectares de forêt disparaissent, pour l'essentiel à cause de l'agriculture, selon Abednigo Marufu, le directeur de la commission de la gestion forestière.
La réforme agraire lancée il y a vingt ans par Robert Mugabe, qui s'est traduite par l'expulsion de milliers de fermiers blancs, a contribué à la coupe de bois incontrôlée. "Des gens ont détruit la forêt pour cultiver du tabac", explique M. Marufu.
Récemment, la situation s'est encore aggravée à cause des coupures d'électricité.
"Partout où vous allez (...) le Zimbabwe perd beaucoup d'arbres parce qu'il n'y a pas de courant et que les gens ont besoin de se nourrir, ils ont besoin de chauffer leur maison", constate le patron de la commission forestière.
"On coupe et on vend les arbres parce qu'on a des enfants à nourrir et à envoyer à l'école", confirme Enia Shagini, une jeune mère de trois enfants.
A Mhondoro Ngezi, elle vend le sac de 50 kilos de charbon de bois à 8 dollars zimbabwéens (moins d'un demi dollar américain). Un prix imbattable pour ses clients, dont les factures d'électricité ont quadruplé en octobre.
La production de charbon de bois au Zimbabwe est pourtant illégale et les coupes et transports de bois très réglementés.
Aucun permis de coupe n'a ainsi été accordé depuis un an. Seul le charbon de bois importé, notamment du Mozambique, de la Zambie et du Malawi voisins, est autorisé.
- Débrouille -
Mais "comment savoir quel charbon est importé et lequel est produit localement ?", se défend Abednigo Marufu, censé faire appliquer la règle. Mission impossible...
Depuis quelques mois, les sacs de charbon de bois s'empilent sur plusieurs mètres de hauteur dans le marché de Mbare, à quelques kilomètres du centre-ville de la capitale Harare.
Une revendeuse, Prudence Mkonyo, assure se fournir à Nyamapanda, à la frontière avec le Mozambique.
"Il est difficile de ramener le produit à Harare", reconnaît-elle. "On le charge sur des camions la nuit mais parfois il faut se débrouiller avec la police sur les barrages routiers. Il faut être prêt à payer des pots-de-vin pour les franchir".
Alertées par l'accélération de la déforestation, les autorités ont récemment mené plusieurs opérations anti-contrebande.
Mais comme le reconnaît le ministre de l'Environnement, Nqobizitha Ndlovu, la question est délicate. 
"C'est un problème très complexe", dit-il. "Le bois et le charbon de bois sont des alternatives dans un contexte de pénuries d'électricité et de prix élevé du gaz. On est inquiets pour les forêts, mais on est tout aussi inquiets pour les êtres humains".
Là-bas dans le district de Mhondoro Ngezi, Miller Chizema sait la valeur de la forêt. Et il s'inquiète déjà des coups qui lui sont portés. "On se demande bien ce qui va se passer quand tous les arbres seront décimés..." 
<https://www.geo.fr/environnement/au-zimbabwe-les-arbres-eniemes-victimes-de-la-crise-economique-198758>
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12- Des milliers d'agriculteurs manifestent à Berlin contre la politique environnementale, AFP, 26/11/19, 17:00

Plusieurs milliers d'agriculteurs allemands ont convergé en tracteur mardi à Berlin, deux mois après l'annonce d'un vaste plan destiné à réduire l'usage des pesticides et engrais chimiques dans les exploitations du pays.
"Sans agriculteurs, pas d'avenir", "Agriculteurs ruinés, nourriture importée"... Les pancartes accrochées derrière les tracteurs reflétaient les inquiétudes des manifestants. 
Ils craignent que les nouvelles réglementations environnementales n'accroissent leurs difficultés économiques, dans un contexte de concurrence internationale. 
"Les agriculteurs allemands ont besoin de protection et de perspectives d'avenir, plutôt que de régulations excessives et d'interdictions", a ainsi argué l'Organisation des agriculteurs allemands (DBV), principal syndicat agricole du pays.
C'est la troisième fois qu'une telle manifestation est organisée. Les agriculteurs demandent une "refonte" du "plan de protection des insectes", annoncé début septembre par le gouvernement d'Angela Merkel. 
Fruit d'un compromis entre les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture, ce programme implique notamment une interdiction de l'usage du glyphosate d'ici 2023 et l'interdiction, avant 2021, de l'usage d'herbicides et insecticides "ayant un impact sur les insectes" dans les zones "vulnérables d'un point de vue écologique", et des restrictions dans l'usage des engrais minéraux.
"De nombreux pesticides et pratiques interdites ici sont autorisés ailleurs dans l'Union Européenne ou dans le monde. Or, nous sommes en concurrence avec les produits issus de ces pays", regrette Norbert Prkle, exploitant agricole en Saxe.
"J'ai de moins en moins confiance en mon avenir", renchérit René Wessler, manifestant de 24 ans.
Huée plusieurs fois, la ministre de l'Agriculture Julia Klöckner a défendu sa politique devant les manifestants, porte de Brandebourg en plein centre de Berlin près du Parlement, tout en appelant à "renouer le dialogue" entre la société et les agriculteurs.
Depuis plusieurs mois, les organisations du secteur se plaignent d'un manque de considération de la part d'une opinion publique de plus en plus sensibilisée aux questions environnementales.
"Les citadins ne nous comprennent plus, car ils n'ont plus aucun contact avec nous", regrette Hubert Oing, 47 ans, exploitant en Basse-Saxe. 
Cette fracture s'est récemment illustrée avec une pétition visant à "sauver les abeilles" contre les pesticides, qui a récolté cette année plus de 1,8 million de signatures en Bavière, poussant le gouvernement régional à s'engager sur la question malgré l'opposition des organisations agricoles locales.
Selon une étude parue fin 2017 et basée sur des captures réalisées en Allemagne, l'Europe a perdu près de 80% de ses insectes en moins de 30 ans, contribuant à faire disparaître plus de 400 millions d'oiseaux.
<https://www.geo.fr/environnement/des-milliers-dagriculteurs-manifestent-a-berlin-contre-la-politique-environnementale-198769>
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13- Entretien. Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes », Le Monde Afrique, 26/11/19, 18h00
Propos recueillis par Marie de Vergès

En Afrique, les champs de l’espoir (1). Selon la géographe, les Etats peuvent lutter contre la précarité rurale en favorisant la création de groupements de producteurs, de coopératives et de syndicats. 
D’ici à 2050, la population de l’Afrique doublera, pour atteindre plus de 2 milliards d’individus. L’enjeu sera de nourrir ce continent où près de 240 millions de personnes sont déjà aujourd’hui victimes d’insécurité alimentaire. Et ce alors que l’agriculture y est nettement moins productive que dans le reste du monde. Un autre grand défi sera d’assurer des revenus décents aux agriculteurs, qui forment actuellement plus de la moitié des actifs africains et souffrent de pauvreté.
> Lire aussi  La lutte contre la pauvreté, un défi d’abord africain
Professeure à Sorbonne Université et ancienne présidente d’Action contre la faim, la géographe Sylvie Brunel estime que les Etats africains ont « un rôle énorme à jouer » pour changer la donne. Auteure de nombreux livres consacrés à la faim et au développement (dernier paru : Toutes ces idées qui nous gâchent la vie, éd. Lattès, 2019), elle croit aussi que l’Afrique, avec ses immenses terres cultivables sous-exploitées, conserve le potentiel pour devenir « le grenier du monde ».
En quoi l’agriculture est-elle déterminante quand on parle du développement de l’Afrique ?
La question des paysans est au premier plan, d’abord parce qu’ils sont encore extrêmement nombreux. Même si les villes s’accroissent très rapidement, les urbains ne dépasseront les ruraux qu’en 2030. Or les paysans souffrent de ce que j’appelle « les 4 P » : la pauvreté et la précarité alimentaire ; la pénibilité, car leurs systèmes agraires sont encore très fragiles ; et les pertes, car les rendements sont très faibles, avec notamment des attaques parasitaires qui font des dégâts énormes.
Il existe d’autres modèles que celui de l’agriculture familiale paysanne. Certains sont dynamiques, insérés dans des circuits de commercialisation efficaces, notamment autour des villes avec le maraîchage, l’élevage de petits ruminants, l’aviculture… Et puis il y a une agriculture moderne avec de grandes firmes spécialisées sur des cultures destinées soit à l’exportation soit au marché urbain.
Mais quand on parle de l’agriculture africaine, on pense surtout à l’agriculture familiale, où se concentrent les masses paysannes. Et celle-là, sauf quand elle est soutenue par l’Etat, est dans une situation très difficile.
> Lire aussi  Climat : avant la COP25, l’Afrique fait bloc autour du Maroc pour défendre son agriculture
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
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Sommaire de la série « En Afrique, les champs de l’espoir »
Malgré l’engagement pris à l’échelle internationale d’éradiquer d’ici à 2030 l’extrême pauvreté, l’Afrique concentre toujours plus de la moitié des pauvres du monde. Parce que cette bataille planétaire sera perdue ou gagnée sur le continent, Le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère. Le quatrième volet de notre série se penche sur les défis que doit relever l’agriculture en Afrique, où l’insécurité alimentaire sévit à grande échelle et dont la population vit encore majoritairement dans les campagnes.
• Episode 1 Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
• Episode 2 Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
• Episode 3 En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
• Episode 4 Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
• Episode 5 Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
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14- La permaculture marine au secours des huîtres, AFP, 27/11/19, 09:00
Sandra Ferrer

En proie à une forte mortalité depuis dix ans, les huîtres pourraient tirer profit d'une cohabitation avec d'autres espèces marines selon le modèle de la permaculture, ont révélé cette semaine des chercheurs réunis autour d'un programme européen dédié à la santé des mollusques.
Dans le cadre de ce programme de recherche qui réunit dix pays depuis 2016, des scientifiques de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) se sont intéressés au rôle de la biodiversité sur la sensibilité des huîtres aux maladies.
Depuis une dizaine d'années le secteur, qui emploie plus de 40.000 personnes selon l'Union européenne, dont 10.000 en France selon le Comité national de la conchyliculture (CNC), est confronté à une forte mortalité des coquillages.
Parmi les causes de ces épisodes de mortalité récurrents, le virus OsHV-1 qui affecte les jeunes huîtres creuses dans plusieurs pays d'Europe ou la bactérie Vibrio aestuarianus qui touche les huîtres creuses adultes, notamment en France et en Irlande. 
Les chercheurs du Laboratoire de physiologie des invertébrés de l'Ifremer se sont notamment penchés sur la question de savoir si un écosystème diversifié, sain et riche, pouvait être à même de protéger les huîtres des maladies. 
Des huîtres de la rade de Brest ont ainsi été élevées en laboratoire, dans un milieu semi-naturel, avec d'autres espèces marines, dont des moules et des ascidies, des sortes d'éponges marines.
- Animaux filtreurs -
"Nos travaux ont montré que quand on associe l'huître à d'autres animaux filtreurs, elle résiste mieux aux maladies", assure dans un entretien à l'AFP Fabrice Pernet, chercheur à l'Ifremer.
Non pas que les virus et bactéries aient été dilués entre plusieurs organismes, mais avec une nourriture moins abondante car partagée, le métabolisme des huîtres s'est trouvé ralenti, conduisant à une moindre capacité de diffusion des maladies.
"En mangeant moins, les huîtres ont grandi un peu moins vite ce qui a fait que les maladies se sont moins propagées", explique Fabrice Pernet. "C'est le phénomène de la permaculture version marine", assure-t-il.
Dans la population d'huîtres élevées avec d'autres animaux marins le taux de survie a atteint 97% contre 75% dans la population témoin élevée seule. A titre de comparaison, dans la rade de Brest le taux de survie des huîtres est de 50% en moyenne.
Les recherches menées dans la rade de Brest ont en revanche montré une augmentation de la mortalité dans le cas d'une association des huîtres avec des algues vertes. 
Le taux de survie des huîtres élevées en présence d'algues vertes a été de 50% contre 75% pour la population témoin. Les algues vertes ont en effet contribué à déstabiliser la flore microbienne des huîtres, les rendant plus sensibles aux maladies.
"Les professionnels pourraient mettre des petits bigorneaux sur leurs poches ostréicoles afin qu'ils broutent les algues vertes", recommande le chercheur, empruntant là aussi à la technique de la permaculture dont l'une des clefs est l'intégration plutôt que l'exclusion. 
De telles recommandations, le programme Vivaldi, qui s'achève cette semaine à Brest avec un bilan en présence de quelque 200 chercheurs, en regorge. 
"On a obtenu énormément de résultats", se félicite Isabelle Arzul, coordinatrice du programme qui réunit des scientifiques français, espagnols, italiens, irlandais, norvégiens, britanniques, allemands ou encore danois.
Un manuel rassemblant ces bonnes pratiques est ainsi en cours de préparation, en concertation avec les producteurs et les autorités compétentes dans les pays participant au programme.
Certaines de ces recommandations, parmi lesquelles également le non déplacement des coquillages en cas de mortalité ou le choix de dates spécifiques et de températures idéales pour immerger les naissains, ont d'ailleurs déjà été mises en pratique dans certains pays, comme en Espagne. 
"Des producteurs d'huîtres du delta de l'Ebre sont passés d'un taux de mortalité de 80% à un taux de 4% après avoir suivi nos recommandations", souligne Dolors Furones, chercheuse à l'Institute of Agrifood Research and technology (Irta) de Barcelone.
<https://information.tv5monde.com/info/la-permaculture-marine-au-secours-des-huitres-334176>
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15- Risque d'amendes pour les groupes n'achetant pas assez d'huile de palme "durable", AFP, 27/11/19, 17:00
Sam Reeves

Le géant suisse de l'alimentation Nestlé affiche fièrement son adhésion aux principes de protection de l'environnement, affirmant que 56% de l'huile de palme utilisée dans ses produits vendus en Europe proviennent d'une production certifiée "durable".
Mais en Chine, où les consommateurs sont souvent moins regardant, les produits Nestlé ne contiennent pas le moindre gramme d'huile de palme durable, selon les chiffres de la société fournis à la Table ronde sur l'huile de palme durable (Roundtable on Sustainable Palm Oil - RSPO), une association établie en 2004 pour garantir des normes internationales pour la production d'huile de palme durable.
Pour faire pression sur les géants de l'agroalimentaire, qui utilisent l'huile de palme dans près de 80% de leurs produits, la RSPO vient de décider de mettre à l'amende les acheteurs s'ils n'augmentent pas leurs achats d'huile de palme durable d'au moins 15% par an.
Nestlé, la première entreprise agroalimentaire au monde, a affirmé que 100% de l'huile de palme qu'elle utilise sera certifiée "durable" dès 2023.
Les organisations environnementales ont accueilli avec satisfaction cette décision de la RSPO, basée à Kuala Lumpur, et qui regroupe quelque 4.000 adhérents, pour la plupart producteurs et utilisateurs d'huile de palme.
L'appartenance à la RSPO est volontaire, mais dans un monde où le consommateur s'inquiète de plus en plus de l'origine des produits achetés et se montre soucieux d'une production respectueuse de l'environnement, le certificat de bonne conduite délivrée par l'association est un argument marketing de poids.
Nestlé, l'an dernier, s'est retrouvé exclu du club pendant quelques semaines pour avoir enfreint les règles. Et la multinationale est très vite rentrée dans les rangs de peur de se voir mise à l'index par les consommateurs.
Les nouvelles règles devraient encourager une montée en production d'huile de palme durable, c'est-à-dire sans recours à la déforestation et à la destruction de son écosystème.
- "Espoir de changement" -
Les organisations environnementales s'inquiètent toutefois du fait que les bonnes intentions de la RSPO pourraient s'avérer sans réels effets par manque de contrôles sur les statistiques fournies par les adhérents à la Table ronde.
"Je suis optimiste, mais je ne suis pas totalement convaincue" que les nouvelles mesures produisent l'effet désiré, a avancé Annisa Rahmawati, une responsable de l'organisation écologiste Greenpeace qui lutte pour la préservation des forêts.
Pour le moment, 19% de l'huile de palme produite au niveau mondial -- notamment en Indonésie et en Malaisie -- bénéficie du certificat d'origine durable attribué par la RSPO. 
Les géants de l'agroalimentaire rechignent souvent, selon les spécialistes, à accroître leurs achats d'huile de palme durable.
"La production d'huile de palme certifiée par la RSPO est depuis bien des années supérieure à la demande", souligne Carl Bek-Nielsen, directeur de United Plantations Plantations, un producteur d'huile de palme en Malaisie. "Mais on a maintenant bon espoir d'un changement," a-t-il ajouté.
Le géant agroalimentaire Unilever s'est félicité des nouvelles règles mises en place par la RSPO. "Notre ambition est de faire de l'huile de palme durable un produit banalisé," affirme la compagnie.
Il revient à la RSPO de s'assurer que la bonne conduite des producteurs.
"Cela ne sert à rien d'avoir de plus en plus d'achats d'huile de palme certifié si les sociétés qui la produisent ne respectent pas les règles", selon un responsable de l'Agence d'enquête environnementale (EIA), une ONG basée à Londres et Washington qui enquête sur les scandales écologiques et qui a publié des rapports critiques de la gestion de la RSPO.
<https://information.tv5monde.com/info/risque-d-amendes-pour-les-groupes-n-achetant-pas-assez-d-huile-de-palme-durable-334261>
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16- Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture, Le Monde Afrique, 27/11/19, 18h00
Morgane Le Cam (Baguinéda et Kolondiéba, Mali, envoyée spéciale)

En Afrique, les champs de l’espoir (2). Plusieurs programmes ciblent les ruraux pour les mettre sur la voie de l’entrepreneuriat dans l’élevage ou la transformation alimentaire. 
La cour de Diop Aïché Guindo est silencieuse et ses occupantes studieuses. Autour de la cheffe du groupement de femmes de Baguinéda, une commune de la région de Koulikoro, la dizaine de jeunes membres présentes observent religieusement les bidons en plastique se remplir de jus de zaban, un fruit répandu au Mali. « C’est une première dans notre village. Personne ne fait ça ici. Les habitants ont hâte de pouvoir en acheter », explique Mme Guindo en levant la tête de son entonnoir.
La commercialisation va bientôt commencer. Jus de zaban et d’hibiscus, sirop de tamarin et confiture de mangue… Les 25 femmes de ce groupement ont bénéficié d’une formation accélérée en transformation agroalimentaire. Dispensé directement chez elles à travers une unité mobile mise en place par le Centre de formation en entrepreneuriat agricole de Baguinéda (CFEAB), ce module d’enseignement pratique de dix jours doit leur permettre, elles l’espèrent, de tripler leurs profits et ainsi de sortir de la pauvreté.
> Lire aussi  Aïssata Diakité, celle qui donne à boire le goût du Mali
« Ici, la situation économique est vraiment difficile pour les femmes. Nous allons au champ, gérons de petits commerces. Nous pouvons gagner jusqu’à 1 000 francs CFA [1,50 euro] par jour, mais ce n’est pas assez pour vivre », déplore Mme Guindo avant de détailler ses ambitions : devenir entrepreneuse, améliorer ses revenus, acquérir une boutique au village et, enfin, conquérir de nouveaux marchés grâce à ces produits locaux qui demeurent, au Mali, trop peu transformés.
« La transformation alimentaire est un défi majeur », souligne Bakary Bengali, chargé de la pédagogie au CFEAB. Chaque année, une grande quantité de mangues et de zaban pourrissent, faute d’avoir été vendus. « Si on arrive à transformer ces fruits, poursuit M. Bengali, cela permettra de créer de la valeur ajoutée et d’augmenter le revenu de ces femmes. »
Elevage, pisciculture, transformation…
Une nécessité dans un pays où plus de quatre habitants sur dix vivent dans une pauvreté extrême, selon la Banque mondiale. Et c’est dans les zones rurales du sud, comme Baguinéda, que se concentrent les 90 % des Maliens les plus pauvres. Les femmes et les jeunes entre 15 et 24 ans sont les plus vulnérables. Pour ces derniers, le taux de chômage a plus que doublé ces dix dernières années, passant de 12,8 % en 2008 à 24,8 % en 2018, toujours selon la Banque mondiale. Là encore, les premières victimes sont les ruraux.
Aussi le CFEAB s’est-il fixé pour objectif de sortir ces jeunes de la précarité en leur offrant une formation agricole. Dans la cour de cet établissement fondé par l’Association jeunesse action Mali, la principauté de Monaco et l’Etat malien, une devise est affichée sur les machines agricoles : « Un Mali sans chômeurs ». Elevage, pisciculture, construction de matériel de récolte, transformation alimentaire… Depuis sa création en 2010, le CFEAB a formé plus de 2 000 jeunes.
> Lire aussi  Retour sur la naissance d’un djihad paysan dans le centre du Mali
Tous étaient déscolarisés. Aujourd’hui, ils ont obtenu un certificat de formation professionnelle et un emploi dans l’agriculture. « C’est un secteur plein d’opportunités. On sait que tous les pays développés ont commencé par bien manger. En Afrique, le modèle a été inversé : nos dirigeants ont commencé par donner de l’emploi aux diplômés des villes, au détriment de la base », analyse Patrice Dembélé, le directeur du CFEAB, en se dirigeant vers son espace de pisciculture hors-sol.
A l’intérieur des bacs en bois bâchés, des dizaines de poissons-chats se chevauchent. L’équipement est rudimentaire mais une fois vendus, ces poissons, élevés par les étudiants du centre, permettront de financer une partie des formations. « Toutes nos unités fonctionnent ainsi : ce sont des espaces de formation mais aussi des microentreprises, explique M. Dembélé. Et nous n’avons pas besoin de matériel sophistiqué, au contraire ! L’objectif est de montrer aux jeunes que c’est possible, qu’ils peuvent monter cette activité chez eux, au village. »
Un modèle économique autonome qui permet aux élèves de n’apporter qu’une contribution symbolique à leur formation : 5 000 ou 10 000 francs CFA. Et ainsi d’encourager la jeunesse à s’intéresser à l’agriculture. « Au Mali, pour saboter quelqu’un, on lui dit qu’il est paysan. Nous voulons effacer cette fausse idée des mentalités. L’agriculture est un métier très noble où il est possible de réussir », insiste M. Dembélé.
Des jeunes davantage attirés par l’orpaillage
Nouhoum Sidibé en est la preuve. A 33 ans, cet aviculteur est à la tête d’un élevage de plus de 3 500 poules à Kolondiéba, à 250 km au sud de Baguinéda. Lui aussi a bénéficié d’une formation accélérée, dispensée par un centre d’apprentissage similaire à celui de M. Dembélé. Comme le CFEAB, le centre de formation de Kolondiéba est partenaire d’un programme à l’objectif ambitieux : former 100 000 jeunes ruraux maliens et les aider à créer 15 000 petites entreprises ou activités génératrices de revenus d’ici à 2023.
S +, l’entreprise de M. Sidibé, fait partie des 3 571 activités économiques qui ont émergé grâce au projet Formation professionnelle, Insertion et Appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER). Financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) à hauteur de 29,6 millions d’euros et par le gouvernement malien, les banques rurales et les bénéficiaires (9 millions d’euros), FIER a permis à M. Sidibé de réaliser ce qu’il pensait encore impossible lorsqu’il est devenu aviculteur, il y a six ans : quadrupler son chiffre d’affaires et devenir le patron du plus gros poulailler de la région. « J’ai commencé en 2013 avec trois poules, un coq et 10 000 francs CFA en poche. Nous étions deux à travailler. Aujourd’hui, nous sommes cinq salariés permanents et six temporaires », sourit fièrement M. Sidibé.
Assis dans un coin du poulailler, Bakary Koné, 39 ans, brûle les becs des poules pour ne pas qu’elles se blessent entre elles ; déjà 500 depuis sa prise de poste, il y a trois heures. Mais il semble motivé : « On va tout faire aujourd’hui, les 3 560 », explique-t-il en haussant la voix pour se faire entendre parmi le brouhaha incessant des volailles, peu enthousiastes à l’idée de passer entre ses mains. « Depuis que l’effectif des poules a augmenté, ma vie s’est nettement améliorée. Avant, je gagnais 30 000 francs CFA par mois. Aujourd’hui c’est 50 000 francs CFA. Je suis en train de construire une maison, avec de l’électricité », souligne-t-il.
> Lire aussi  Au Mali, dans les villages des jeunes qui rêvent de partir en Europe
Les 4,9 millions de francs CFA (près de 7 500 euros) octroyés à S + par le projet FIER ont permis au patron d’acheter des milliers de poules, de recruter et d’augmenter les salaires. En décembre, il devra commencer à rembourser, comme le projet l’exige, 30 % de la somme allouée. Mais l’entrepreneur n’a pas l’air inquiet, et pour cause : il estime son chiffre d’affaires prévisionnel à 5,5 millions de francs CFA par mois. « Je pense que je peux prospérer mais aussi créer de l’emploi dans ma région, devenir un exemple et inciter d’autres jeunes à s’investir dans cette activité », explique M. Sidibé. Cette année, il est devenu formateur auprès de quatre jeunes de sa commune. Un modèle de réussite pour la jeunesse de la région, plus attirée par les routes migratoires vers l’Europe et les profits alléchants des mines d’orpaillage que par l’agriculture.
« Aujourd’hui, dans les villages maliens, on ne voit que les vieux travailler la terre. La plupart des jeunes sont partis sur les sites miniers ou à l’extérieur. Avec FIER, nous voulons leur montrer qu’ils peuvent réussir dans le secteur agricole », explique Makolo Coulibaly, partie prenante du projet. M. Sidibé, lui, a déjà un nouvel objectif : créer une coopérative avec les jeunes aviculteurs qu’il a formés pour mutualiser leurs moyens d’élevage afin de prospérer et recruter davantage. Et ainsi développer l’économie de leur village de manière durable.
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Sommaire de la série « En Afrique, les champs de l’espoir »
Malgré l’engagement pris à l’échelle internationale d’éradiquer d’ici à 2030 l’extrême pauvreté, l’Afrique concentre toujours plus de la moitié des pauvres du monde. Parce que cette bataille planétaire sera perdue ou gagnée sur le continent, Le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère. Le quatrième volet de notre série se penche sur les défis que doit relever l’agriculture en Afrique, où l’insécurité alimentaire sévit à grande échelle et dont la population vit encore majoritairement dans les campagnes.
• Episode 1 Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
• Episode 2 Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
• Episode 3 En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
• Episode 4 Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
• Episode 5 Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
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17- Abeilles : résidus de néonicotinoïdes même dans les zones non-traitées, AFP, 27/11/19, 19:00

Des traces de trois néonicotinoïdes, insecticides considérés comme nocifs pour les abeilles, restent présents en quantité dangereuse pour les insectes dans des parcelles, malgré un moratoire en vigueur depuis 2013, selon une étude publiée mercredi.
L'UE avait imposé ce moratoire partiel, interdisant l'usage de trois de ces substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride) sur les cultures qui attirent les abeilles, comme le maïs, le colza et le tournesol, alors que les populations de ces insectes pollinisateurs étaient décimées.
La France a depuis interdit en septembre 2018 cinq néonicotinoïdes (les trois déjà cités plus la thiaclopride et l'acétamipride) de tout usage phytosanitaire.
Mais selon une étude de chercheurs du CNRS, de l'Inra et de l'Institut de l'abeille (Istap), publiée dans la revue Science of the total environment des résidus des trois produits soumis au moratoire se retrouvent dans des prélèvements réalisés de 2014 à 2018 sur des échantillons de nectar de colza.
Sur 536 échantillons, prélevés sur 291 parcelles du CNRS dans les Deux-Sèvres, l'imidaclopride a ainsi été détecté chaque année, au total dans 43% des échantillons, avec de fortes variations d'une année sur l'autre (90% des parcelles testées positives en 2016, contre 5% seulement en 2015).
Les chercheurs estiment que les niveaux de résidus augmentent notamment avec les précipitations, "mais ne semblent pas directement liées à la proximité spatiale ou temporelle de cultures potentiellement traitées".
Les évaluations de mortalité à partir des relevés "suggèrent un risque non négligeable pour les abeilles butineuses", avec entre 2014 et 2016 "environ 50% des butineuses susceptibles de mourir de l'imidaclopride dans 12% des parcelles étudiées".
Les auteurs estiment en conséquence que leurs résultats "confortent l'idée que les résidus d'imidaclopride persistent et se diffusent dans l'environnement" et soutiennent l'extension de l'interdiction à "toutes les cultures en extérieur".
<https://information.tv5monde.com/info/abeilles-residus-de-neonicotinoides-meme-dans-les-zones-non-traitees-334288>
En savoir plus :
> Neonicotinoid-induced mortality risk for bees foraging on oilseed rape nectar persists despite EU moratorium <https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969719353938?via=ihub>, Science of The Total Environment, 16/11/19
> Néonicotinoïdes : malgré le moratoire de l'UE, un risque persiste pour les abeilles <http://www.cnrs.fr/fr/neonicotinoides-malgre-le-moratoire-de-lue-un-risque-persiste-pour-les-abeilles>, CNRS, 27/11/19
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18- Agriculture : mise en garde sur les risques des variétés tolérantes à un herbicide, AFP, 28/11/19, 14:00

Les variétés de végétaux agricoles rendues tolérantes à un herbicide font courir le risque d'un développement de résistances des mauvaises herbes, et donc d'augmentation de l'utilisation de phytosanitaires, a averti jeudi l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses).
L'agence s'est intéressée aux variétés de plantes rendues tolérantes à un herbicide par des techniques conventionnelles ou génétiques, alias "VRTH".
Utiliser des VRTH permet par exemple à un agriculteur de se débarrasser des mauvaises herbes en traitant son champ de colza résistant avec un herbicide, sans tuer le colza. 
"Après analyse des pratiques culturales, l'Anses confirme des risques de développement de résistances des adventices (les plantes nuisibles à la production) aux herbicides et in fine d'augmentation de l'utilisation d'herbicides, déjà mis en avant dans le rapport d'expertise collective Inra-CNRS de 2011", indique l'agence dans son avis. 
L'Agence pointe également "l'absence de traçabilité de l'utilisation de ces semences faisant obstacle à l'évaluation de leurs impacts sur les plans agronomique et sanitaire". 
Elle recommande donc de mettre en place "un dispositif de suivi afin de surveiller les éventuels effets indésirables liées aux VRTH".
En effet, comme toutes les semences cultivables en France, les VRTH ne sont pas soumises à une évaluation des risques avant leur mise sur le marché et, à ce jour, il n'existe aucun suivi obligatoire de ces semences. 
En France, la culture de VRTH transgéniques n'est pas autorisée, donc toutes les VRTH cultivées en France ont été obtenues par sélection variétale traditionnelle ou par mutagénèse aléatoire, indique l'Anses.
La mutagenèse recouvre un ensemble de pratiques qui visent à introduire volontairement des mutations génétiques chez un organisme vivant. Elle est qualifiée "d'OGM caché" par ses détracteurs.
Dans le cadre de la législation sur les OGM, les organismes obtenus par mutagénèse sont exemptés d'évaluation et d'autorisation de mise sur le marché, et aucun suivi obligatoire n'existe à ce jour, rappelle l'Anses. 
En France, les surfaces cultivées avec des VRTH en culture d'oléagineux représentaient en 2017 27% des surfaces de tournesol (soit environ 160.000 hectares) et 2% des surfaces de colza (soit environ 30.000 ha).
L'avis de l'Anses s'inscrit dans un contexte plus large de débat sur l'utilisation des biotechnologies en agriculture et d'un arrêt de la Cour de Justice de l'Union européenne susceptible d'avoir des répercussions sur leur encadrement réglementaire.
<https://information.tv5monde.com/info/agriculture-mise-en-garde-sur-les-risques-des-varietes-tolerantes-un-herbicide-334419>
Sur le même sujet :
> Des variétés de végétaux devenues tolérantes à un herbicide… à cause de ce même herbicide, Le Monde, 28/11/19, 18h10
Qualifiés « d’OGM cachés » par leurs détracteurs, ces herbicides sont exemptés d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché et aucun suivi obligatoire n’existe à ce jour. 
Et si l’utilisation d’herbicides impliquait, à terme, une plus grande utilisation d’herbicide ? C’est ce qu’a conclu l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses). Les variétés de végétaux agricoles rendues tolérantes à un herbicide font courir le risque d’un développement de résistances des mauvaises herbes et, donc, d’augmentation de l’utilisation de phytosanitaires, a averti l’Anses, jeudi 28 novembre.
L’agence s’est intéressée aux variétés de plantes rendues tolérantes à un herbicide par des techniques conventionnelles ou génétiques, alias « VRTH ». Utiliser des VRTH permet par exemple à un agriculteur de se débarrasser des mauvaises herbes en traitant son champ de colza résistant avec un herbicide, sans tuer le colza.
« Après analyse des pratiques culturales, l’Anses confirme des risques de développement de résistances des adventices (les plantes nuisibles à la production) aux herbicides et in fine d’augmentation de l’utilisation d’herbicides, déjà mis en avant dans le rapport d’expertise collective INRA-CNRS de 2011 », indique l’agence dans son avis.
> Lire aussi  La justice rejette la suspension d’un arrêté antipesticides dans les Hauts-de-Seine
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/28/agriculture-des-varietes-de-vegetaux-tolerantes-a-un-herbicide-a-cause-de-ce-meme-herbicide_6020909_3244.html>
En savoir plus :
> Utilisation de variétés rendues tolérantes aux herbicides en France <https://www.anses.fr/fr/content/utilisation-de-vari%C3%A9t%C3%A9s-rendues-tol%C3%A9rantes-aux-herbicides-en-france>, Anses, 28/11/19
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19- Enquête. En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses, Le Monde Afrique, 28/11/19, 18h00
Youenn Gourlay  

En Afrique, les champs de l’espoir (3). Scolarisation des enfants, autonomisation des femmes… Le « fair trade » a permis des avancées sociales, mais les planteurs peinent encore à obtenir un salaire décent. 
Dans les environs de N’Douci, à une centaine de kilomètres au nord-ouest d’Abidjan, une bande d’enfants jouent sur la piste humide et bordée de cacaoyers qui conduit à leur village, Koffessou. Ils ne quittent pas les champs alentour mais sortent, en uniforme à carreaux rose et bleu, de l’école située dans la bourgade voisine. « Avec le commerce équitable, on a pu acheter des kits scolaires et mettre les enfants à l’école », se réjouit Konan Diby, l’un des 40 planteurs du « campement ».
Sur quelque 3 000 coopératives de cacao de Côte d’Ivoire, un peu plus de 200 sont labellisées équitables, contre seulement dix en 2010. Entre 2004 et 2017, la demande occidentale a explosé et la production homologuée « fair trade » est passée de 25 000 à 150 000 tonnes. La Coopérative agricole N’Zrama de N’Douci (CANN) a reçu sa première certification en 2011, en échange de bonnes pratiques à respecter. Parmi elles, l’interdiction du travail des enfants, très répandu dans les plantations de cacao du pays.
> Lire aussi  Abidjan veut « sauver la forêt ivoirienne » dévorée par la culture du cacao
La CANN menace désormais d’exclure les cultivateurs enfreignant cette règle et dit mettre en place toutes les procédures pour que les fils et filles des planteurs puissent reprendre le chemin de l’école. « On s’y attelle, même si ce n’est pas totalement terminé », concède Konan Diby. Le travail des enfants est l’un des dessous malsains du secteur mis en lumière par le documentaire La Face cachée du cacao, du journaliste Paul Moreira, diffusé sur la chaîne Public Sénat début octobre. L’une des coopératives épinglées dans l’enquête était pourtant certifiée « commerce équitable »…
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
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Sommaire de la série « En Afrique, les champs de l’espoir »
Malgré l’engagement pris à l’échelle internationale d’éradiquer d’ici à 2030 l’extrême pauvreté, l’Afrique concentre toujours plus de la moitié des pauvres du monde. Parce que cette bataille planétaire sera perdue ou gagnée sur le continent, Le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère. Le quatrième volet de notre série se penche sur les défis que doit relever l’agriculture en Afrique, où l’insécurité alimentaire sévit à grande échelle et dont la population vit encore majoritairement dans les campagnes.
• Episode 1 Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
• Episode 2 Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
• Episode 3 En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
• Episode 4 Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
• Episode 5 Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
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20- Gilles Pérole : « A l’école, nous avons fait basculer toute la restauration collective en 100 % bio », Le Monde, 29/11/19, 15h20
Camille Labro

L’instituteur de carrière est adjoint au maire de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) chargé de l’enfance et de l’éducation depuis plus de vingt ans. Egalement président de l’Association Un plus bio, il défend la cause du bien manger dans les cantines. 
« La tourte aux blettes, chez nous, c’est une affaire de famille. C’est aussi une histoire de cantine et de pays. Sur la Côte d’Azur, où je suis né et où j’ai toujours vécu, ce plat est ancré dans la tradition régionale. On prépare les blettes en tourte ou en tarte (c’est-à-dire avec ou sans pâte par-dessus), salée ou sucrée. A vrai dire, il n’y a qu’à Nice qu’on la sert en dessert. Dans un livre fondateur, La Cuisine du comté de Nice (Julliard, 1976), Jacques Médecin, ancien maire très controversé mais excellent cuisinier, livre la version sucrée de “la tourta dé bléa”, comme on l’appelle en dialecte niçois.
Dans cette recette singulière, sans doute issue de la Renaissance italienne, les blettes sont mêlées à du parmesan, des pommes, des œufs, du sucre, des raisins secs, des pignons, de l’eau-de-vie, de l’huile d’olive, le tout saupoudré de sucre glace et servi tiède ou froid. Dans ma famille, cannoise de souche, on a toujours mangé la tourte aux blettes salée.
C’est un plat facile et savoureux que nous préparait beaucoup mon père et que l’on mangeait régulièrement, surtout lors des pique-niques ou le soir avec une salade. Plus tard, je me la suis appropriée, et avec mon épouse nous l’avons adaptée à notre goût. C’est un bon moyen de faire manger des légumes verts aux enfants, car les feuilles et les côtes sont invisibles, cuites et mixées, mélangées à des œufs, du riz, du fromage…
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2019/11/29/gilles-perole-a-l-ecole-nous-avons-fait-basculer-toute-la-restauration-collective-en-100-bio_6021032_4497319.html>
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21- Reportage. Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus, Le Monde Afrique, 29/11/19, 18h00
Romain Chanson  (Chamen, Gambie, envoyé spécial)

En Afrique, les champs de l’espoir (4). Ouvert en 2015, le centre Songhaï vise à développer l’entrepreneuriat agricole, réduire le chômage des jeunes et améliorer la production locale. 
Que viennent faire des autruches dans une ferme en Gambie ? L’oiseau n’est pas présent dans le pays à l’état sauvage et les derniers spécimens aperçus jusqu’ici étaient parqués dans le zoo de l’ancien président Yahya Jammeh, au pouvoir de 1994 à 2017… Cet élevage est en fait une innovation du centre Songhaï de Chamen, un village à une vingtaine de kilomètres de Banjul, la capitale. Une dizaine de volatiles ont été importés du Mali. Une fierté pour Kebba Lang Camara, l’un des responsables du camp. « Je pense qu’aujourd’hui nous avons le plus grand troupeau de Gambie ! », vante-t-il. Les autruches sont censées éveiller la curiosité des étudiants du centre, en les invitant à penser « out of the box »,comme disent les managers – hors des sentiers battus. Car il n’y a pas que le manioc et le riz dans la vie.
Telle est l’une des philosophies de cette ferme modèle qui fait office de centre de formation. Ouverte en 2015 sur le modèle du centre Songhaï de Porto-Novo, créé en 1985 au Bénin, et soutenue financièrement par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), elle vise à développer l’entrepreneuriat agricole et, à long terme, à réduire le chômage des jeunes, combattre la pauvreté et améliorer la production agricole locale. En Gambie, petit Etat de 2,2 millions d’habitants, les deux tiers de la population active travaillent dans les campagnes. Mais cette agriculture de subsistance ne permet de produire que la moitié des besoins alimentaires du pays. Le reste est importé. Chez les épiciers de quartier, c’est du riz américain qui est proposé en vrac.
> Lire aussi  En Gambie, la capitale Banjul vit au rythme quotidien des coupures de courant
Après quatre ans d’activité, le centre Songhaï de Chamen continue d’expérimenter. Les élèves apprennent à installer des systèmes d’irrigation efficaces et à produire des semences de qualité pour obtenir de meilleurs rendements. C’est une petite révolution agricole 100 % bio qui se joue dans ce microcosme, car l’école exige une agriculture respectueuse de l’environnement. « Les jeunes doivent savoir qu’ils ont un grand rôle à jouer », encourage Kebba Lang Camara, qui fait figure de sage. « J’ai 63 ans, je ne serai bientôt plus de ce monde. On leur demande d’être motivés et honnêtes dans leur travail », synthétise cet ancien député retourné à la terre, comme lors de ses jeunes années.
Une promo de 40 étudiants
Les apprentis commencent leur journée à 7 h 30, quand le soleil chauffe raisonnablement. Il faut s’occuper des volailles, des moutons, des chevaux, réparer les tuyaux, arroser la terre… Il faut aussi vendre les produits sur le marché. En fin de journée, un bus scolaire vient ainsi récupérer Nyimansatou Cham dans la ville de Farafenni, à 10 km de Chamen. La jeune fille y a vendu du manioc et des fruits de baobab, mais elle préfère être dans l’enclos des animaux que derrière la caisse. Se délectant d’une crème glacée qui lui fond sur le pantalon, elle raconte son rêve de devenir vétérinaire : « Je suis venue ici pour chercher une formation qui puisse me permettre d’être indépendante. Ici, tu as la chance d’apprendre à la fois la théorie et la pratique. »
Réunis dans la pénombre d’une salle de classe, les élèves fixent une multitude de chiffres inscrits sur un tableau quadrillé. Ils apprennent les portions de nourriture à donner aux animaux en fonction de leur âge. La théorie agricole, comme l’ensemençage, représente un quart du temps d’apprentissage d’une formation qui dure un an et accueille 40 étudiants (pour 1 000 candidats l’année dernière), sélectionnés sur entretien. Il faut savoir lire et écrire. Deux nouveaux bâtiments sont en construction et seront bientôt mis en service pour héberger deux promotions supplémentaires. D’ici à 2020, 120 élèves seront formés chaque année pour devenir des techniciens agricoles.
> Lire aussi  La Gambie dément la restauration d’un « Empire russe » sur ses terres
Quelle vie après le centre ? Un rapport est en cours d’écriture pour connaître les profils des 200 anciens élèves. Premier enseignement : il est difficile pour les jeunes diplômés d’ouvrir leur propre ferme. « Le grand défi à relever, c’est le capital financier », résume Sherrifo Sawo, chargé de mission à Chamen. A la fin de leurs études, le centre verse 12 000 dalasi (environ 210 euros) aux élèves, « ce qui est assurément insuffisant », admet-il. « Il faudrait une subvention d’au moins 5 000 dollars [plus de 4 500 euros] pour lancer une activité », estime Abdou Touray, chargé de projet pour le PNUD.
Rivaliser d’ingéniosité
Selon lui, les entraves financières à l’entrepreneuriat sont structurelles : « La microfinance est à peine naissante en Gambie, les taux d’emprunt sont très élevés et le gouvernement n’a prévu aucun fonds spécial pour soutenir les étudiants qui ont un savoir-faire. » Néanmoins, le PNUD voit dans le centre Songhaï un modèle pour lutter contre le chômage des jeunes, qui s’élève à 41,5 % selon une étude récente du Bureau gambien des statistiques. « Bien que la majorité des jeunes ne peuvent pas ouvrir leur ferme, ils sont employés par des fermes privées et ils sont bien payés », assure Abdou Touray.
Dans une parcelle du centre en cours de bêchage, Bakary Diatta retourne la terre sous un soleil asséchant. « Je n’avais pas l’intention de revenir, explique cet homme de 29 ans issu de la promotion 2016. Je voulais terminer la formation et rentrer chez moi pour lancer ma propre activité. Si seulement j’avais les finances… Mais aujourd’hui, je n’ai pas assez d’argent. » Bakary Diatta a été embauché comme responsable de l’élevage des volailles, l’occasion de parfaire sa formation tout en gagnant 6 000 dalasi par mois. Ici, la nourriture des animaux est produite sur place ; mais plus tard, s’il veut élever des volailles en grande quantité, Bakary Diatta aura besoin d’importer des céréales depuis le Sénégal.
> Lire aussi  Un pont sur le fleuve Gambie pour développer les échanges en Afrique de l’Ouest
Comme lui, les élèves du centre vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour relever les défis qui s’imposent en Gambie. Mais « avec peu de moyens, on peut faire de grandes choses », relativise David Boko, technicien agricole envoyé par le centre Songhaï de Porto-Novo. Le Béninois veille à l’amélioration du centre de Chamen et encourage ses élèves. « Il manque un peu d’implication des apprenants,regrette-t-il, mais les élèves formés ici seront des messagers pour diffuser cet enseignement partout dans le pays. Et d’ici quelques années, nous aurons des producteurs plus efficaces. » Si la Gambie est une terre de conquête agricole, les apprentis du centre Songhaï en sont les missionnaires.
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Sommaire de la série « En Afrique, les champs de l’espoir »
Malgré l’engagement pris à l’échelle internationale d’éradiquer d’ici à 2030 l’extrême pauvreté, l’Afrique concentre toujours plus de la moitié des pauvres du monde. Parce que cette bataille planétaire sera perdue ou gagnée sur le continent, Le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère. Le quatrième volet de notre série se penche sur les défis que doit relever l’agriculture en Afrique, où l’insécurité alimentaire sévit à grande échelle et dont la population vit encore majoritairement dans les campagnes.
• Episode 1 Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
• Episode 2 Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
• Episode 3 En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
• Episode 4 Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
• Episode 5 Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
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22- Reportage. Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim, Le Monde Afrique, 30/11/19, 05h22
Josiane Kouagheu  (Godola, Dougour et Mbozo-Raé, Cameroun, envoyée spéciale)

En Afrique, les champs de l’espoir (5). Dans la région de l’Extrême-Nord, des greniers communautaires accordent des prêts de sorgho ou de mil aux habitants lorsque leurs stocks sont épuisés. 
Il y a trois mois, Nassoumaï, 38 ans, a épuisé sa réserve de sorgho. Pour nourrir ses six enfants en attendant la période de récolte, elle a alors sollicité un « prêt »auprès du groupement d’initiative commune Djounakoum (« réunissons-nous »), dont elle est membre. Après concertation, les responsables du grenier communautaire ont approuvé sa demande. Nassoumaï a obtenu un sac de mil de 100 kg, qu’elle devra rembourser avant janvier.
Comme elle, de nombreux habitants de Godola, un village situé dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun, ont recours au grenier communautaire pour « ne pas mourir de faim ». « C’est en réalité une banque de céréales communautaire, avec le même procédé de prêt qu’une banque normale, assure Rachel Mana, déléguée de Djounakoum. Les sacs de sorgho représentent l’argent, les clients sont les habitants. En période de soudure ou de famine, ils viennent emprunter un sac. Au moment de le rembourser, ils fourniront quelques tasses de plus en guise d’intérêts. »
> Lire aussi  Au Cameroun, le commerce en ligne au secours de l’agriculture
Ce projet a vu le jour au lendemain de la grave crise alimentaire qui a frappé la région, régulièrement classée comme la plus pauvre du Cameroun, en 2005. Cette année-là, des organisations nationales et internationales avaient distribué des vivres aux populations. Une approche jugée peu durable par le Réseau de lutte contre la faim (Relufa), une ONG locale. De fait, les habitants ont accès à de la nourriture pour une courte durée et retombent dans la précarité à la moindre sécheresse ou inondation et, surtout, en période de soudure, quand les stocks sont épuisés.
Le Relufa veut aussi « casser » l’épineux mécanisme de spéculation alimenté par de riches commerçants qui achètent d’immenses quantités de céréales en période de récolte et les revendent jusqu’à trois fois plus cher en période de disette. Un procédé qui aggrave la pauvreté dans cette partie du pays située dans la zone soudano-sahélienne, aujourd’hui malmenée par le groupe terroriste Boko Haram et constamment en insécurité alimentaire.
Lutter contre le gaspillage
L’ONG met alors sur pied des greniers communautaires dans certains villages et les dote de céréales. Objectif : lutter contre la famine en impliquant la population dans la gestion de ces stocks. Le Relufa organise plusieurs séances de formation. « Ces communautés avaient besoin d’acquérir des notions en gestion et entretien des aliments, pour lutter contre les charançons par exemple. On voulait les encourager à ne pas gaspiller. De cette manière, les habitants pouvaient emprunter une certaine quantité et la rembourser lors de la récolte suivante », explique Sandrine Kouba, responsable des programmes de la structure.
Près de quinze ans plus tard, l’ONG a créé une quarantaine de banques de céréales communautaires dans l’Extrême-Nord et construit une vingtaine de magasins de stockage. Dans un rapport paru en 2016, elle note que ces greniers communautaires ont permis, entre autres, la réduction de la faim, la scolarisation des enfants, une meilleure prise en charge sanitaire, l’extension des surfaces cultivées… A Godola, le « capital » est passé de 60 sacs de 100 kg de mil offerts par le Relufa en 2006, à 82 sacs grâce aux intérêts, qui varient généralement entre deux tasses et cinq petites assiettes pleines de sorgho.
> Lire aussi  Au Cameroun, faute d’aide alimentaire, des réfugiés « s’en sortent » grâce à l’agriculture
Avant, Mairouma bradait chaque année une partie de son troupeau de petits ruminants pour nourrir sa famille et envoyer ses sept enfants à l’école. Elle allait régulièrement labourer durant des heures les champs des plus nantis du village afin de gagner quelques tasses de mil pour les repas du soir. « Je n’avais pas le temps de prendre soin de mes enfants et de ma propre plantation. Je me battais pour ma survie. C’est différent aujourd’hui, car avec le prêt, j’ai de quoi tenir durant toute la période de soudure, sourit-elle. Je ne vends plus que quelques animaux pour la scolarité des enfants ou pour résoudre les problèmes urgents. » 
Près d’elle, Ruth Mama, en voile bleu brodé, se souvient des années de famine où elle allait mendier de quoi nourrir sa tribu. Depuis huit ans, tout a changé : elle emprunte chaque année du mil, « rembourse à temps et [vit] mieux ». Elle a même agrandi ses champs.
« J’ai vu mon village se transformer »
Au fil des années, le succès de ces greniers a poussé d’autres villages à créer spontanément le leur. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a également suivi le mouvement. « Ces greniers assurent la gestion rationnelle des stocks en attendant les récoltes. Leur importance n’est plus à démontrer », souligneM. Foudama, délégué régional de l’agriculture et du développement rural de l’Extrême-Nord. « J’ai vu mon village se transformer, les plus pauvres sont privilégiés dans les prêts et le grenier a vraiment diminué la famine ici », se réjouit Richard Yougouda, le chef du village de Dougour.
> Lire aussi  Des routes de l’exil aux champs de fraises, itinéraire d’un Camerounais entêté
Cependant, les changements climatiques, matérialisés par des sécheresses et inondations de plus en plus imprévisibles, menacent les greniers communautaires. « L’excès de pluie et de soleil affecte la récolte. Or sans sorgho récolté, on ne peut pas rembourser son prêt. C’est ainsi que notre capital diminue », déplore Salié Bouba, responsable du groupement Kaguiley, qui gère le grenier communautaire du village de Mbozo-Raé. L’Etat et les ONG doivent voler à leur secours en renflouant leur caisse, estime-t-il : « Les stocks qu’on nous a donnés au début sont très insuffisants pour tout le village. Alors on privilégie les agriculteurs les plus nécessiteux. »
Sandrine Kouba, du Relufa, en est consciente : « Nous aurions voulu faire un peu plus. Nous savons que ces greniers ne peuvent pas combler les besoins. Mais il nous faut des financements. » En attendant, dans l’Extrême-Nord, l’insécurité alimentaire continue de sévir, aggravée depuis 2013 par les attaques de Boko Haram. Les exactions commises par le groupe islamiste ont poussé des milliers de Camerounais à fuir leur village, abandonnant leurs banques de céréales.
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Sommaire de la série « En Afrique, les champs de l’espoir »
Malgré l’engagement pris à l’échelle internationale d’éradiquer d’ici à 2030 l’extrême pauvreté, l’Afrique concentre toujours plus de la moitié des pauvres du monde. Parce que cette bataille planétaire sera perdue ou gagnée sur le continent, Le Monde Afrique est parti explorer les solutions mises en œuvre, dans divers pays africains, pour tenter de venir à bout de la grande misère. Le quatrième volet de notre série se penche sur les défis que doit relever l’agriculture en Afrique, où l’insécurité alimentaire sévit à grande échelle et dont la population vit encore majoritairement dans les campagnes.
• Episode 1 Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/sylvie-brunel-en-afrique-l-agriculture-moderne-laisse-de-cote-les-masses-paysannes_6020619_3212.html>
• Episode 2 Au Mali, des formations pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent réussir dans l’agriculture <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/27/au-mali-des-formations-pour-montrer-aux-jeunes-qu-ils-peuvent-reussir-dans-l-agriculture_6020764_3212.html>
• Episode 3 En Côte d’Ivoire, le cacao équitable tente de tenir ses promesses <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/28/en-cote-d-ivoire-le-cacao-equitable-tente-de-tenir-ses-promesses_6020913_3212.html>
• Episode 4 Autruches et manioc bio : en Gambie, une ferme-école qui sort des sentiers battus <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/29/autruches-et-manioc-bio-en-gambie-une-ferme-ecole-qui-sort-des-sentiers-battus_6021096_3212.html>
• Episode 5 Au Cameroun, des banques de céréales pour lutter contre la faim <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/30/au-cameroun-des-banques-de-cereales-pour-lutter-contre-la-faim_6021126_3212.html>
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23- Chronique. Agriculture : « La France en a gros sur la patate », Le Monde, 30/11/19, 08h23 
Laurence Girard

Malgré les aléas climatiques qui ont touché plusieurs pays européens, la production de pommes de terre sur le Vieux Continent est à l’équilibre. Mais la surface allouée au tubercule ne cesse de grossir, faisant craindre une suproduction, explique, dans une chronique, Laurence Girard, journaliste au « Monde ».
Matières premières. La pomme de terre a eu les pieds dans l’eau. Et la récolte s’est embourbée. « Il est tombé 350 mm de pluie depuis le 20 septembre, nous ne pouvions plus arracher », témoigne Antoine Peenaert, producteur dans le Pas-de-Calais. Par chance, il a réussi à glaner 85 % de ses champs avant la douche, quand d’autres n’en étaient encore qu’à la moitié. Une attente des basses eaux sous forte tension, même si Dame Nature a bien des tours dans son sac. « En 2012, j’ai arraché en avril », se souvient M. Peenaert. La pomme de terre peut vivre sa vie protégée dans la terre. En espérant qu’un froid polaire ne gèle pas les espoirs de récolte ou que l’excès d’eau ne les liquéfie pas.
Ces intempéries ont toutefois un avantage. « La production française et européenne est équilibrée », estime M. Peenaert. D’autant que d’autres pays ont été beaucoup plus touchés par les aléas climatiques. La pluie est tombée encore plus dru au Royaume-Uni ou en Roumanie. Et la Pologne a souffert de la sécheresse. A l’heure de la pesée, les cinq grands producteurs du continent (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Royaume-Uni) totalisent 26,9 millions de tonnes, dont 6,1 millions pour la France. Quand le point d’équilibre est estimé à 26 millions de tonnes.
Nombreux motifs d’inquiétude
Résultat, la pomme de terre destinée à l’industrie pour être transformée en chips, en frites ou en purée se négocie autour de 150 euros la tonne. Et celle prête à partir à l’export se valorise à 200 euros voire 220 euros la tonne. De quoi se faire de belles patates pour les agriculteurs, a condition d’avoir collecté à temps les précieux tubercules.
> Lire aussi  La France engrange une très belle moisson de blé et d’orge
Un soulagement pour les producteurs, car les motifs d’inquiétude ne manquent pas. Depuis plusieurs années, la surface allouée en France à la pomme de terre ne cesse de prendre de l’embonpoint. Elle a encore augmenté de 8 000 hectares en 2019, pour atteindre 147 000 hectares. Planteurs de betteraves inquiets de la fonte du prix du sucre, éleveurs qui mettent la clé sous la porte, céréaliers soucieux de se diversifier : tous misent sur la bintje ou autre déclinaison variétale du tubercule.
Une production très régionalisée, puisque les deux tiers des parcelles sont situées dans les Hauts-de-France. Un positionnement stratégique. En effet, les industriels belges redoublent d’appétit pour la matière première féculente. Les usines se multiplient et cherchent des pommes de terre à se mettre sous la dent. Il est vrai que les frites profitent de l’engouement des consommateurs pour le burger, qu’il soit végétal ou 100 % bœuf.
Mais, gare à l’effet d’aubaine ! « Les industriels proposent plein de contrats aux agriculteurs, avec l’objectif de faire baisser les prix », prévient M. Peenaert. Le spectre de la surproduction plane sur les plaines. Tout le monde a encore en tête l’excès pondéral de 2017, qui a fait plonger les cours à la cave, jusqu’à 10 euros la tonne. Quand les prix passent au presse-purée, la France en a gros sur la patate.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/30/agriculture-la-france-en-a-gros-sur-la-patate_6021140_3234.html>
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24- Entretien. « En Afrique, les paysans qui pratiquent l’agroécologie résistent mieux au changement climatique », Le Monde, Afrique, 01/12/19, 18h00
Propos recueillis par  Séverine Kodjo-Grandvaux

Le rendez-vous des idées. Pour l’agroéconomiste Coumba Sow, les savoirs traditionnels doivent être utilisés en complément des connaissances scientifiques pour garantir la sécurité alimentaire. 
Coordonnatrice régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agroéconomiste sénégalaise Coumba Sow œuvre à l’amélioration des moyens d’existence de populations dont la sécurité alimentaire et nutritionnelle est régulièrement menacée, en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Son expérience intercontinentale l’a amenée à comprendre à quel point la revalorisation des savoirs et des savoir-faire traditionnels est fondamentale dans la mise en place de solutions pérennes. Outre son apport technique, elle travaille sur la résilience en permettant à des populations vulnérables de « recouvrer l’estime de soi et de restaurer leur dignité ». De victimes, elle veut les transformer en acteurs de leurs solutions, a-t-elle expliqué lors des Ateliers de la pensée, qui se sont tenus à Dakar du 30 octobre au 2 novembre.
Peut-on apporter des bribes de réponses aux effets sur l’Afrique du changement climatique ?
Il faut combiner les interventions pour réagir aux urgences humanitaires, certes, mais également renforcer la résilience des populations vulnérabilisées par les changements climatiques et les conflits – les deux phénomènes se nourrissant parfois l’un l’autre – et créer des conditions du développement. C’est ce que nous promouvons à la FAO. Pour cela, il est important que les problèmes environnementaux et sociaux soient pris en compte dès la conception des politiques publiques, pour permettre aux communautés rurales d’être non seulement consultées mais actrices de ces politiques. Elles ne doivent plus être considérées comme des victimes passives des effets du changement climatique, d’autant plus que ce sont ces communautés qui émettent le moins de gaz à effet de serre !
> Lire aussi  Sylvie Brunel : « En Afrique, l’agriculture moderne laisse de côté les masses paysannes »
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/12/01/en-afrique-les-paysans-qui-pratiquent-l-agroecologie-resistent-mieux-au-changement-climatique_6021261_3212.html>
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25- La France va devenir le premier consommateur mondial de vin bio, AFP, 02/12/19, 19:00

La France devrait devenir le premier consommateur mondial de vins bio en 2021, détrônant l'Allemagne, indique l'institut britannique IWSR dans une étude de référence présentée lundi à Paris.
En 2021, la France consommera deux fois plus de vin bio qu'en 2013, doublant alors l'Allemagne comme premier pays consommateur. Et en 2023 elle représentera 20% de la consommation mondiale, prévoit l'étude réalisée pour l'interprofession SudVinBio du Languedoc, avant le salon Millésime Bio qui se tiendra du 27 au 29 janvier à Montpellier.
L'engouement pour les vins bio est général dans le monde, y compris en Espagne où le marché intérieur décolle, alors que la consommation mondiale de vin a plutôt tendance à se tasser, note l'institut, qui suit les marchés des alcools dans 157 pays.
En 2019, l'Allemagne est le premier pays consommateur de vins bio du monde, devant la France, le Royaume-Uni et l'Italie. 
En 2023, selon les projections de l'institut, la France devrait passer en première position devant l'Allemagne, suivie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.
En réponse à cette forte demande, les trois principaux pays producteurs de vin du monde, Italie, Espagne et France, vont considérablement accroître leurs surfaces certifiées bio.
Ainsi, de 165 millions de bouteilles de vin bio en 2013, la production française, passée à 361 millions de cols en 2018 (+119%), devrait encore progresser de 70% d'ici à 2023 à 613 millions, selon l'IWSR.
En Espagne, la production de 241 millions de cols en 2013, qui a déjà augmenté de près de 42% en 2018 à 341 millions, devrait encore progresser de 76% d'ici à 2023, à 599 millions.
En Italie, premier producteur mondial, les 420 millions de bouteilles sorties des caves en 2013 ont progressé à 708 millions en 2018 (+68%) et devraient passer à 924 millions en 2023 (+30%), selon les projections de l'institut.
Dans les pays de l'Union européenne, un vin est certifié bio s'il respecte un cahier des charges interdisant le recours aux engrais chimiques, aux pesticides de synthèse et aux OGM. L'emploi des additifs et des auxiliaires œnologiques est interdit, tandis que le niveau de soufre est limité. 
La certification bio est obtenue au bout d'une conversion de trois ans auprès d'un organisme indépendant accrédité.
<https://information.tv5monde.com/info/la-france-va-devenir-le-premier-consommateur-mondial-de-vin-bio-335107>
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En images
26- Haute-Marne : un parc national pour protéger la nature, France 2, journal de 20h, 30/11/19

La France s'est offert un 11e parc national. Un vaste territoire qui s'étend sur deux départements : la Côte d'Or et la Haute-Marne. Que signifie ce label de parc national ?
C'est l'un des plus vastes massifs forestiers de notre territoire. 130 00 hectares de chênes, de frênes et de hêtres anciens plantés pour certains avant la Révolution française. Un enchevêtrement dont le contraste explose sous le ciel d'automne et dont la palette s'enrichit parfois de nuances surprenantes. Début novembre, après 10 ans de concertation, des grands espaces à cheval entre les départements de la Haute-Marne et de la Côte-d'Or viennent de devenir le 11e parc national français.
> Reportage à voir à :
<https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/haute-marne-un-parc-national-pour-proteger-la-nature_3725553.html>
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Une annonce
27- Rencontres-débat. La lutte contre la biopiraterie, Université du bien commun, Paris (75002) le 07/12/19 de 15h à 18h30

L’Université du bien commun, dont Adéquations est partenaire, a repris son cycle de rencontres-débats. Le 7 décembre : Marchandisation et privatisation du vivant : appropriation des communs naturels et des savoirs associés ?
Samedi 7 décembre 
Marchandisation et privatisation du vivant : appropriation des communs naturels et des savoirs associés
à la Maison du Libre et des Communs – Paris 
226 rue Saint-Denis, 75002 Paris (M° Strasbourg Saint Denis) 
15h à 18h30 - accueil dès 14h30 
Participation aux frais à partir de 3 € (réservations dans la limite des places disponibles)
>> Suite à lire à :
<http://www.adequations.org/spip.php?article2552>
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Cette revue de presse s’inscrit dans la mission éducative de notre Fondation, au statut apolitique et non confessionnelle, et vise à répondre aux souhaits d’information et de sensibilisation des abonnés.
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– Solaire photovoltaïque : 25% de l'électricité mondiale bas carbone d'ici 2050 ! <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/solaire-photovoltaique-25-de-lelectricite-mondiale-bas-carbone-dici-2050/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, novembre 2015
– Les révolutions invisibles, un livre pour comprendre le monde qui vient <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/revolution-invisible-un-livre-pour-comprendre-le-monde-qui-vient>, août 2015
– Une revue consacrée aux liens entre environnement et inégalités sociales <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/une-revue-consacree-aux-liens-entre-environnement-et-inegalites-sociales/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, juin 2015
– Démocratie participative : guide des outils pour agir <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/publication_etat_deslieaux_democratie_participative_0.pdf>, Etat des lieux & Analyses n°3, nouvelle édition, mars 2015
– Mobilité au quotidien - Comment lutter contre la précarité ? <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-mobilite-precarite.pdf>, Etat des lieux & Analyses, septembre 2014
– Etude. Les solutions de mobilité soutenable en milieu rural et périurbain <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-solution-mobilite-soutenable.pdf>, Fondation Nicolas Hulot & RAC France, juillet 2014
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