[revue-presse-FNH] Grande revue de presse centrée sur économie, écologie, gouvernance, démographie, sociologie, éducation, recherche, droit, UE & international + 1 publication & 2 annonces (lundi 10 février)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Lun 10 Fév 08:03:34 CET 2020


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Le gaspillage augmente, l’économie circulaire recule <https://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/le-gaspillage-augmente-leconomie-circulaire-recule>, EurActiv, 24/01/20
2- A l’Assemblée nationale, le lobbying sans complexes <https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/01/28/a-l-assemblee-les-limites-de-la-promesse-d-un-lobbying-transparent_6027471_823448.html>, Le Monde, 28/01/20, 13h49
3- Nouvelle tentative d’imposer un chargeur universel en Europe <http://www.journaldelenvironnement.net/article/nouvelle-tentative-d-imposer-un-chargeur-universel-en-europe,103006?xtor=RSS-31>, Le JDLE, 31/01/20
4- Ensemble, plus forts… <http://www.influencia.net/fr/actualites/media-com,conversation,ensemble-plus-forts,9866.html>, Influencia, 31/01/20
5- Entretien. Jeremy Rifkin : « Demain, nous allons passer de l’ère du progrès à l’ère de la résilience » <https://www.nouvelobs.com/2049/20200201.OBS24236/jeremy-rifkin-demain-nous-allons-passer-de-l-ere-du-progres-a-l-ere-de-la-resilience.html>, L’Obs, 01/02/20, 09h00
6- « Foutu pour foutu », un docu pour mieux vivre le désastre écologique en cours <https://usbeketrica.com/article/foutu-pour-foutu-un-docu-pour-mieux-vivre-le-desastre-ecologique-en-cours>, Usbek & Rica, 02/02/20, 07:00
7- Entretien. Davi Kopenawa : « Les Blancs détruisent l’Amazonie parce qu’ils ne savent pas rêver » <https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/02/03/davi-kopenawa-a-force-d-extraire-tous-les-minerais-les-blancs-vont-faire-tomber-le-ciel_6028177_3246.html>, Le Monde, 03/02/20, 08h04
8- Dix crises humanitaires en cours, oubliées par les médias et le reste du monde <https://www.novethic.fr/actualite/social/droits-humains/isr-rse/dix-crises-humanitaires-en-cours-oubliees-par-les-medias-et-le-reste-du-monde-148177.html>, Novethic, 03/02/20
9- Sur France 3, Nicolas Hulot où les raisons d’une démission <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/sur-france-3-nicolas-hulot-ou-les-raisons-d-une-demission_6028392_3244.html>, Le Monde, 04/02/20, 18h09
10- [Interview] Le regard de Nicolas Hulot sur la philanthropie <https://www.carenews.com/fr/news/interview-le-regard-de-nicolas-hulot-sur-la-philanthropie>, Carenews, 04/02/20, 16:33
11- Pas de résultats et pas de transparence sur les pesticides : la politique publique de réduction vue par la Cour des comptes <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/la-cour-des-comptes-dresse-un-constat-d-echec-des-politiques-publiques-de-reduction-des-pesticides_6028340_3244.html>, Le Monde, maj le 05/02/20 à 11h28
12- Entretien. « Nous allons simplifier les règles budgétaires européennes » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/05/valdis-dombrovskis-nous-allons-simplifier-les-regles-budgetaires-europeennes_6028463_3234.html>, Le Monde, 05/02/20, 11h45
13- L'environnement, sujet rassembleur pour 68% des Français, selon un sondage <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/l-environnement-sujet-rassembleur-pour-68-des-francais-selon-un-sondage_141211>, AFP, 05/02/20, 12h53
14- Avis d’expert. Convention judiciaire d'intérêt public : l'État mise sur le droit pénal pour protéger l'environnement <https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-judiciaire-interet-public-droit-penal-protection-environnement-34925.php4>, Actu-Environnement, 05/02/20, 13h13
15- La finance durable en quête d’un baromètre fiable <https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/05/la-finance-durable-en-quete-d-un-barometre-fiable_6028523_3234.html>, Le Monde, maj le 06/02/20 à 06h33
16- 3 Tribunes. « Qui travaillera demain ? » Les coopérateurs ou les compétiteurs ? <https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/06/qui-travaillera-demain-les-cooperateurs-ou-les-competiteurs_6028597_3234.html>, Le Monde, 06/02/20, 08h45 
17- Dans l’industrie, la taxe carbone a réduit les émissions de CO2 sans détruire l’emploi <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/06/dans-les-manufactures-la-taxe-carbone-a-reduit-les-emissions-de-co2-sans-detruire-l-emploi_6028688_3244.html>, Le Monde, 06/02/20, 18h16
18- EDF, Thales et Total forment un trio dans l'intelligence artificielle <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-thales-et-total-forment-un-trio-dans-lintelligence-artificielle-1169776>, Les Echos, 06/02/20, 18h39
19- La grève dans les incinérateurs d’Ile-de-France a-t-elle des conséquences sur l’environnement ? <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/06/greve-dans-les-incinerateurs-d-ile-de-france-quel-impact-pour-l-environnement_6028663_3244.html>, Le Monde, 06/02/20, 20h51
20- L'Amazonie selon Bolsonaro, un "rêve" qui fait cauchemarder les indigènes <https://www.geo.fr/environnement/lamazonie-selon-bolsonaro-un-reve-qui-fait-cauchemarder-les-indigenes-199802>, AFP, 06/02/20, 22:00
21- Entretien. "La RSE traditionnelle doit faire place à la responsabilité morale des entreprises", Fabrice Bonnifet, président du C3D <https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/la-rse-de-conformite-a-montre-son-insuffisance-elle-doit-faire-place-a-la-responsabilite-morale-des-entreprises-fabrice-bonnifet-c3d-148191.html>, Novethic, 06/02/20
22- Pour Yann Arthus-Bertrand, "aujourd'hui, les héros de l'écologie sont des femmes" <https://information.tv5monde.com/culture/pour-yann-arthus-bertrand-aujourd-hui-les-heros-de-l-ecologie-sont-des-femmes-345749>, AFP, 08/02/20, 11:00
23- Rocio Berenguer, chorégraphe de l’après-anthropocène <https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/08/rocio-berenguer-choregraphe-de-l-apres-anthropocene_6028924_1650684.html>, Le Monde, 08/02/20, 19h00
En audio
24- Philippe Descola : l’anthropologie comme écologie des relations <https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-31-janvier-2020>, France Inter, La Terre au carré, 31/01/20, de 13h30 à 14h30
25- Une histoire environnementale des idées <https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-03-fevrier-2020>, France Inter, La Terre au Carré, 03/02/20, de 13h30 à 14h30
26- Sortir de la croissance avec Eloi Laurent <https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-09-fevrier-2020>, France Inter, CO2 Mon Amour, 09/02/20, 13h20
En images
27- Joaquin Phoenix en chirurgien pour sauver la planète dans un court métrage militant <https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/joaquin-phoenix-en-chirurgien-pour-sauver-la-planete-dans-un-court-metrage-militant_3817923.html>, France info Culture avec agences, 08/02/20, 20:00
Une publication
28- Abondance et liberté  - Une histoire environnementale des idées politiques <https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Abondance_et_libert__-9782348046780.html>, de Pierre Charbonnier, Editions La Découverte, 02/01/20
Deux annonces
29- 847 000 européens exigent la fin de l'impunité des multinationales et de l'arbitrage entre investisseurs et Etats <http://r.email.collectifstoptafta.org/mk/mr/Kk-57L2yY2oh7_vbSaFwIfZNM6LIhCh9jNw1WYetzeNk50SpqZn9lnig1LBU6S6ia3BxUb7UawD3Hhf0U8PnwUF2TENDmnif3rTU2y08TMK87ZLQOMdxFGM>, Collectif Stop TAFTA, 07/02/20
30- Save the date. Forum-débat : Démocratie locale et implication citoyenne <https://web.imt-atlantique.fr/x-de/cts-pdl/index.php?page=2019-2020>, évènement de clôture du Collège des transitions sociétales 2020, Polytech de Nantes, le 04/06/20, de 16h50 à 22h30

Bien à vous,
Florence

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RAPPORT, ÉTUDE & BILAN DU JOUR : — En 2017, 100,6 milliards de tonnes de minéraux, combustibles fossiles, métaux et biomasse ont été utilisés. Mais seulement 8,6% ont été réutilisés, détaille la 3ème édition du rapport annuel de l’organisation, le « Circular Gap report ». En 2015, cette proportion s’élevait à 9,1%. Ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète. (cf. item 1 & suite)
— Un rapport détaille "25 propositions soumises au débat public pour un lobbying plus responsable et transparent", défendues par la majorité. (cf. item 2 & suite)
— 51 millions de personnes dans le monde souffrent en silence. Dans son dernier rapport sur les crises oubliées, l’ONG Care décrit des situations dramatiques dans dix pays devenus invisibles au reste du monde en raison de la chronicité des crises et de leur faible impact géopolitique. (cf. item 8 & suite)
— Gros retards, imbroglio administratif, absence de résultats et manque de transparence : voilà en substance le bilan dressé par la Cour des comptes de dix années d’action gouvernementale, impuissante à sortir l’agriculture française de sa dépendance aux pesticides. (cf. item 11)
— Une industrie plus verte grâce à l’augmentation des prix de l’énergie et à la taxe carbone, sans détruire d’emplois ? C’est ce qui s’est passé dans les manufactures françaises ces dernières années, selon une étude d’économistes de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). (cf. item 17)
SONDAGE DU JOUR : Près de 7 Français sur 10 (68%) considèrent que la protection de l'environnement est un enjeu qui peut permettre de surmonter les divisions au sein de la société, selon une vaste enquête de l'institut Kantar. (cf. item 13)
CITATIONS DU JOUR : — "Les capitalistes, les politiciens et les grands hommes d’affaires veulent arracher toutes les racines de la terre. Ils ne se rendent pas compte parce qu’ils ne rêvent pas. Ils ne peuvent pas s’imaginer qu’à force d’extraire tous les minerais, ils vont faire tomber le ciel." Davi Kopenawa, chaman et leader du peuple indigène yanomami du Brésil (cf. item 7 & 20)
— "La gestion partagée des biens communs que sont le climat et les éléments composant la biosphère exige à l’évidence des formes de coopération étroite, notamment internationales". Dominique Méda, directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (cf. item 16)
PROJECTIONS DU JOUR : — "Demain, nous allons passer de l’ère du progrès à l’ère de la résilience", l’économiste américain Jeremy Rifkin prône un bouleversement de notre civilisation. Selon lui, seule une économie circulaire et régénératrice pourra amener un monde plus propre et plus juste à l’horizon 2049. (cf. item 5)
— Le vice-président de la Commission européenne chargé des questions économiques, Valdis Dombrovskis, prépare la réforme du pacte de stabilité et de croissance. (cf. item 12)
— Les gestionnaires d’actifs veulent combattre le « greenwashing » des entreprises en s’appuyant sur des critères objectifs. (cf. item 15)
— Coopération et vivre-ensemble veulent s’imposer comme des alternatives crédibles. (cf. item 16 )
— 2020 doit être une décennie décisive pour le changement de système économique. Face au dérèglement climatique, à l'effondrement de la biodiversité et à la montée des inégalités, les entreprises doivent bouleverser leurs business models. (cf. item 21)
— Philippe Descola nous introduit de manière vivante à la pratique de l’anthropologie et à une "écologie des relations". (cf. item 24)
— L'économiste Eloi Laurent propose un autre modèle politique, social et écologique, où le PIB ne serait plus le moteur principal. (cf. item 26)
— Selon le philosophe Pierre Charbonnier, le pacte entre démocratie et croissance est aujourd'hui remis en question par le changement climatique et le bouleversement des équilibres écologiques. Il nous revient donc de donner un nouvel horizon à l'idéal d'émancipation politique. (cf. item 28)
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> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.lesgesteseclaires.com/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Pétition. Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/petition_ecolocreche>
> Pour répondre PRÉSENT à l’APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 120 ONG & associations de tous horizons <https://www.appel-des-solidarites.fr/>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <http://www.mypositiveimpact.org/les-solutions>
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1- Le gaspillage augmente, l’économie circulaire recule, EurActiv, 24/01/20
Giulietta Gamberini |  La Tribune

En 2017, les ressources consommées par l’économie mondiale ont encore grimpé, dénonce l’ONG Circle Economy dans un rapport présenté à Davos. Leur taux de réutilisation a en revanche reculé. Un article de notre partenaire La Tribune.
L’économie mondiale est de plus en plus gourmande en ressources, mais de moins en moins circulaire. Le 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos, l’ONG Circle Economy a lancé le cri d’alarme. En 2017, 100,6 milliards de tonnes de minéraux, combustibles fossiles, métaux et biomasse ont été utilisés. Mais seulement 8,6% ont été réutilisés, détaille la troisième édition du rapport annuel de l’organisation, le « Circular Gap report ». En 2015, cette proportion s’élevait à 9,1%.
L’extraction de matières a plus que triplé depuis 1970
Ce recul est surtout dû à l’extraction de matières premières, qui ne cesse de croître. Entre 1970 et 2017, elle a plus que triplé, progressant de 26,7 à 92 milliards de tonnes. Depuis 2015, elle a augmenté de 9%. Or, la réutilisation de ces ressources n’augmente pas aussi vite : entre 2015 et 2017, elle n’a crû que de 3%, en passant de 8,4 à 8,65 milliards de tonnes.
La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement : de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.
Certes, le rapport souligne aussi quelques progrès à travers le monde. Treize pays européens (l’Allemagne, le Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, la Pologne, le Portugal, la Slovénie et les Pays-Bas) ont déjà élaboré au niveau national des feuilles de route visant à rendre leurs économies plus circulaires. En Amérique latine, la Colombie a fait de même. La Chine a restreint ses importations de déchets, afin d’encourager le recyclage domestique : une décision qui a aussi poussé des pays auparavant exportateurs à revoir leurs propres stratégies.
Mais globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit.
>> Suite à lire à :
<https://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/le-gaspillage-augmente-leconomie-circulaire-recule>
Sur le même sujet : 
> L’économie mondiale de plus en plus gourmande de matières, mais de moins en moins recycleuse <https://reporterre.net/L-economie-mondiale-de-plus-en-plus-gourmande-de-matieres-mais-de-moins-en-moins>, Reporterre, 03/02/20
En savoir plus : 
> The world is now only 8.6% circular - Global resource consumption has passed 100 billion tonnes a year <https://www.circularity-gap.world/>, Circularity Gap Reporting Initiative, 21/01/20
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2- A l’Assemblée nationale, le lobbying sans complexes, Le Monde, 28/01/20, 13h49
Manon Rescan  

Un rapport, que « Le Monde » a pu se procurer, détaille 25 propositions pour une « coconstruction » avec les lobbyistes, défendue par la majorité. 
A l’échelle de l’Assemblée nationale, c’est une petite révolution. Ce qui hier était cantonné aux coulisses, associé aux pratiques occultes et aux manœuvres les plus basses, se fait de plus en plus au grand jour et de manière revendiquée. Le rapport au lobbying et aux lobbyistes change sous l’impulsion des députés de la majorité actuelle. La relation est « décomplexée », observe-t-on au sein de l’ONG Transparency International France. « Elle est clairement plus assumée », abonde Fabrice Alexandre, ancien président de l’Association française des conseils en lobbying.
« Il faut avoir la franchise de le dire, [le lobbying] fait partie intégrante de la décision publique. Comment imaginer une délibération, un vote, sans aucune intervention des personnes ou groupements concernés ? », déclarait, lors d’un colloque organisé le 15 mai à l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, président de l’institution.
> Lire aussi  Lobbying : « Pour des pratiques radicalement nouvelles et volontaristes en matière de transparence »
Derrière le mot « lobby » se logent une variété d’acteurs, incluant aussi les associations et ONG. Mais, davantage que par le passé, c’est bien avec les acteurs privés que les rapports sont désormais plus assumés. Les macronistes défendent la « coconstruction » de la loi avec les représentants d’intérêts quels qu’ils soient.
Ce concept est au cœur du rapport présenté, mardi 28 janvier, par le vice-président de l’Assemblée nationale, Sylvain Waserman, et que Le Monde a pu lire en exclusivité. Dans ses « 25 propositions soumises au débat public pour un lobbying plus responsable et transparent », le député (MoDem) du Bas-Rhin développe sa vision de cette relation. Pour lui, elle est « la véritable façon de construire des textes plus ancrés, plus durables et qui correspond à une tendance d’une société qui n’accepte plus que les lois soient faites en Chambre ».
En quête de légitimation, les lobbyistes tiennent eux-mêmes ce discours. Dans une tribune publiée en juin 2016 dans Le Monde, deux présidents d’associations de lobbyistes estimaient que les relations avec les représentants d’intérêts sont« nécessaires pour que les décisions prises soient adaptées aux réalités, mais aussi comprises et acceptées par les intéressés ». « Je trouve heureux que la question de notre légitimité se pose de moins en moins », se félicite aujourd’hui M. Alexandre.
Traçabilité de la loi
Pour M. Waserman, la voie vers un « lobbying éthique » a toutefois pour condition la transparence. « C’est le sens de l’histoire, une exigence citoyenne et une attente démocratique forte », écrit-il. En la matière, la loi Sapin 2, adoptée en 2016, a produit une première avancée. Depuis, les représentants d’intérêts sont tenus de déclarer chaque année sur le répertoire en ligne de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) leurs activités d’influence auprès des décideurs publics. M. Waserman milite au sein de la majorité pour aller plus loin.
Dans une tribune qu’il a initiée avec Transparency International et WWF, publiée par Le Monde le 9 octobre 2019, la quasi-totalité du groupe La République en marche (LRM) et une partie des députés MoDem s’engageaient à révéler la source de leurs amendements lorsque ceux-ci sont inspirés par des lobbys. Ils jugeaient également « fondamental » de rendre publics leurs rendez-vous avec les représentants d’intérêts.
Dans son rapport, M. Waserman fait d’autres propositions. Il envisage une adaptation du décret d’application de la loi Sapin 2 pour obliger les lobbyistes à déclarer non seulement les rendez-vous qu’ils ont eux-mêmes sollicités, mais aussi ceux pris à l’initiative des décideurs. Il souhaite que les activités d’influence soient déclarées plus fréquemment et de manière plus détaillée à la HATVP.
Enfin, à moyen terme, M. Waserman aimerait que l’ensemble des amendements « clés en main » transmis par les lobbyistes aux députés soient versés sur une plate-forme publique. Son objectif : obtenir une vision « à 360 degrés » des actions de lobbying afin de retrouver l’« empreinte » de leur influence sur les textes. En clair, assurer la traçabilité de la loi.
Mais cette volonté de transparence se heurte à un principe, sur lequel M. Waserman n’entend pas transiger : la liberté du parlementaire. Pas question d’obliger les élus à publier leurs agendas ni à sourcer leurs amendements, à l’exception des rapporteurs de textes. « Toute obligation implique des sanctions,explique-t-il. Vous imaginez que l’on piste l’agenda de Jean-Luc Mélenchon pour vérifier s’il a déclaré l’ensemble de ses rendez-vous ? Cela s’appelle la surveillance d’opposants politiques, cela s’appelle une dictature ! »
Les représentants des lobbyistes ne sont pas plus emballés. « Si vous travaillez pour une industrie polluante ou qui a un gros problème d’image, le parlementaire va se demander si ça vaut le coup de s’afficher avec eux », s’inquiète M. Alexandre.
> Lire aussi  La transparence des agendas des élus LRM, une promesse non tenue
« Mainmise du secteur privé »
Cette absence d’obligation constitue toute la limite de l’exercice, révélée en novembre 2019 avec l’adoption d’un amendement sur l’huile de palme au cours de l’examen du projet de loi de finances 2020. Les députés avaient approuvé, avant de rétropédaler, une proposition repoussant la fin de son exonération fiscale. Une mesure soutenue à l’époque par le groupe Total et portée par le député (MoDem) des Bouches-du-Rhône, Mohamed Laqhila. Signataire de la tribune dans laquelle les élus de la majorité s’engageaient à donner la source de leurs amendements, le parlementaire ne l’avait cette fois pas précisée.
« Quand c’est vraiment important, ça reste quand même “off”, dénonce Delphine Batho, députée non inscrite (Deux-Sèvres), ancienne ministre de l’écologie sous le quinquennat de François Hollande. On n’a encore jamais vu quelqu’un écrire que son amendement est proposé par Monsanto. »
« Il y a un changement dans les discours mais pas dans les pratiques », nuance ainsi Transparency International France. Certaines ONG sont même bien plus sévères. « La transparence est un prérequis mais ce n’est pas ça qui va régler le sujet de la mainmise du secteur privé sur les décisions politiques », met en garde Juliette Renaud, chargée de campagne pour l’association Les Amis de la Terre. « Le fait de pouvoir tracer les orientations de chacun ne suffit pas à les éviter », renchérit MmeBatho.
Les ONG dénoncent notamment le fait d’être mises sur le même plan que des représentants du secteur privé. Pour Mme Renaud, il existe une « illusion qu’en mettant tout le monde autour de la table, magiquement, un consensus va émerger de cette intelligence collective. Comme si on pouvait toujours réconcilier l’intérêt privé avec la protection de l’environnement, des citoyens. Sur certains sujets c’est possible, mais pas tous ». Les Amis de la Terre prônent l’instauration d’un « pare-feu entre les décideurs et les lobbys ».
« Construire un mur de Berlin autour du décideur pour qu’il ne soit pas pollué par les idées des uns ou des autres, c’est absurde ! », balaie pour sa part Sylvain Waserman. Pour Juliette Renaud, c’est cependant une nécessité, en raison des« rapports de force » existant entre les ONG ou associations et les représentants des intérêts privés.
« La question, c’est l’égalité des armes », poursuit Elise Van Beneden, secrétaire générale adjointe de l’association de lutte contre la corruption Anticor. Elle cite ces lobbys qui ont les moyens de produire, à l’intention des décideurs, des rapports « en apparence professionnels et impartiaux, alors qu’ils défendent des intérêts privés ». « Les personnes pouvant apporter une autre expertise comme les associations n’ont pas ce budget », dénonce-t-elle.
« Poreux »
« Ce n’est pas parce que vous êtes riche que ça vous fait écrire la loi, nuance Guillaume Courty, professeur de sciences politiques et auteur du livre Lobbying en France. Invention et normalisation d’une pratique politique (Peter Lang, 2002). Si on regarde les budgets, il y a asymétrie, mais les ONG ont aussi un énorme atout : le pouvoir de mobilisation. » Pour cet universitaire, « il faut que les décideurs entendent tous les acteurs ». « Je ne les vois pas travailler actuellement main dans la main avec les syndicats ou les associations environnementales », critique ainsi le chercheur.
Selon certaines ONG, l’emprise du secteur privé s’est accentuée depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. « On observe un renoncement à avoir recours à la régulation », déplore Juliette Renaud. Au moment du vote de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, au printemps 2018, le refus d’inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate en trois ans avait ainsi été justifié par la majorité par la volonté de « faire confiance aux acteurs » économiques pour y parvenir sans légiférer.
« Les décideurs sont tellement imprégnés de ces discours des lobbys sur la dérégulation, sur le poids administratif qui pèse sur les entreprises, qu’on est au stade de généralisation du cancer », tance Juliette Renaud. Pour elle, les nouveaux députés, novices en politiques, « sont plus poreux aux différentes influences ».
> Lire aussi  Comment la loi sur l’économie circulaire et la lutte contre le gaspillage a été ciblée par les lobbys
Les élections législatives de 2017 ont propulsé à l’Assemblée une génération d’élus qui n’avaient jamais autant émané du secteur privé. « Ce qui a pu jouer, c’est qu’ils peuvent être sensibles à des idées émises par le secteur privé, mais on ne peut pas dire que, quand la Macronie est arrivée, ça a été les portes grandes ouvertes, nuance le lobbyiste Fabrice Alexandre. Au début, un certain nombre de députés novices étaient même un peu inquiets et prudents. »
En parallèle, les ONG s’inquiètent de voir les arcanes de l’exécutif peuplées de personnes faisant des allers-retours dans le privé, créant ainsi des risques de conflit d’intérêts. Et ce, alors que, du côté du gouvernement lui-même, les circuits de l’influence restent opaques. « On s’est tellement focalisé sur le Parlement qu’on a complètement oublié l’exécutif », constate Mme Van Beneden. Dans une proposition de loi, le député écologiste, ex-LRM, Matthieu Orphelin propose de rendre obligatoire la publication des rencontres avec les représentants d’intérêt des membres du gouvernement et de leurs cabinets.
De cela, M. Waserman ne dit mot dans son rapport. « Chacun balaie devant sa porte », explique-t-il, mais « chacun doit faire de même dans son domaine », jugeant « insupportable qu’un haut fonctionnaire puisse traiter à Bercy d’un dossier dont il traitait dans le privé ».
> Lire aussi  Avant son départ, le président de la HATVP Jean-Louis Nadal appelle à renforcer le contrôle du lobbying
Pour éviter « l’aliénation de l’intérêt général par des intérêts privés », M. Waserman pose, en plus de la transparence, la condition de l’« absence totale de conflit d’intérêts » des décideurs, mais aussi le principe de l’« information non faussée des décideurs publics ». Il souhaite que les députés soient mieux outillés pour vérifier les informations qui leur sont adressées. En suivant un principe : hors de question de chercher à « sonder l’esprit du député pour tenter d’analyser tout ce qui a pu l’influencer ». Pour lui, il faut uniquement traquer l’empreinte des lobbys dans la loi.
Guillaume Courty met en garde contre cette inclination à faire du représentant d’intérêts le « suspect idéal des dysfonctionnements du système ». « Enormément de travail provient des députés », souligne le chercheur, qui rappelle que ces derniers « sont responsables de leurs choix ».
<https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/01/28/a-l-assemblee-les-limites-de-la-promesse-d-un-lobbying-transparent_6027471_823448.html>
Sur le même sujet :
> Les amendements proposés par les lobbyistes bientôt publiés sur le site de l'Assemblée ? <https://www.nextinpact.com/news/108641-les-amendements-proposes-par-lobbyistes-bientot-publies-sur-site-assemblee.htm?skipua=1>, Nextinpact, 29/01/20,  17:21
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3- Nouvelle tentative d’imposer un chargeur universel en Europe, Le JDLE, 31/01/20
Stéphanie Senet

Dans une résolution adoptée le 30 janvier, les eurodéputés demandent à la Commission d’imposer un chargeur universel aux fabricants d’appareils mobiles d’ici à l’été.
N’en déplaise à Apple, les députés européens veulent un chargeur universel pour les téléphones portables, tablettes et autres petits appareils mobiles. L’idée, lancée en 2009 par Bruxelles, s’était heurtée aux réticences de l’industrie. Les fabricants ont toutefois réduit la voilure puisqu’il n’y en a plus que 3 en Europe, contre 30 en 2009 ! Restent le connecteur Micro USB, l’USB-C plus récent, et le Lightning produit par Apple.
Le groupe à la pomme s’est fermement opposé à toute règlementation européenne, qui «étoufferait l’innovation au lieu de l’encourager et nuirait aux consommateurs en Europe et à l’économie dans son ensemble».
51.000 tonnes de déchets en moins
Au contraire, les eurodéputés défendent un chargeur unique « pour éviter des coûts excessifs, des désagréments pour les consommateurs et une empreinte écologique inutile ». Selon eux, les déchets électroniques représentent 12,3 millions de tonnes par an en Europe, dont 51.000 tonnes issues des seuls chargeurs. Leur résolution a été massivement adoptée par 582 voix pour, 40 contre et 37 abstentions.
La suite pourrait leur être favorable, l’exécutif européen se déclarant "prêt à reprendre en main le dossier".
<http://www.journaldelenvironnement.net/article/nouvelle-tentative-d-imposer-un-chargeur-universel-en-europe,103006?xtor=RSS-31 <http://www.journaldelenvironnement.net/article/nouvelle-tentative-d-imposer-un-chargeur-universel-en-europe,103006?xtor=RSS-31>>
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4- Ensemble, plus forts…, Influencia, 31/01/20
Frédéric Therin

Six ONG, unies au sein du collectif Alliance Urgences, viennent de lancer leur première campagne publicitaire.
L’union fait la force. Les associations humanitaires ont trop longtemps oublié la devise nationale de la Belgique, de la Bulgarie, de l'Angola, de la Bolivie, d'Haïti, d'Andorre et du peuple acadien. Mais lorsque les temps sont durs et que la tempête menace, se serrer les coudes devient une nécessité.
L'union fait la force
Alliance Urgences, le collectif récemment créé qui réunit les ONG Action Contre la Faim, CARE France, Handicap International, Médecins du Monde, Plan International et Solidarités International, a lancé, le 29 janvier, sa toute première campagne de communication avec Publicis Conseil. La publicité réalisée et produite par Prodigious est simple et efficace. Tourné par Mikael Arslanyan et James Maciver, le film de 35 secondes montre une jeune femme qui colle dans la précipitation des affiches de différentes associations les unes sur les autres. Le bruit de fond est un brouhaha médiatique où des mots clés alarmistes émergent par moment. « Mauvaise nouvelle, tremblement de terre, engin explosif, panique, mourir, leurs professeurs se faisaient tuer, bombardement… » Cette bande-son est inquiétante et oppressante. La tension est palpable. La colleuse d’affiches à la casquette déchire, pendant ce temps, méticuleusement les affiches. Elle retire alors ses oreillettes et le spectateur découvre un nouveau poster composé des six précédemment collées et le message percutant qu’il porte « Unis face à l’Urgence », la signature d’Alliance Urgences. Le message final tient en quatre mots : Un clic, un don.
>> Suite à lire à :
<http://www.influencia.net/fr/actualites/media-com,conversation,ensemble-plus-forts,9866.html <http://www.influencia.net/fr/actualites/media-com,conversation,ensemble-plus-forts,9866.html>>
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5- Entretien. Jeremy Rifkin : « Demain, nous allons passer de l’ère du progrès à l’ère de la résilience », L’Obs, 01/02/20, 09h00
Propos recueillis par Boris Manenti et Claude Soula

L’économiste américain prône un bouleversement de notre civilisation. Selon lui, seule une économie circulaire et régénératrice pourra amener un monde plus propre et plus juste à l’horizon 2049. Entretien.
« Quand j’étais môme, 2028 évoquait un futur où nous aurions tous des jet-packs [sorte de sacs à dos permettant de voler, NDLR] et où on mangerait des pilules comme les astronautes. La vérité, c’est que mon accès internet est toujours trop lent, les bananes n’existent plus, les gosses veulent vingt-sept chaînes de télé, et les prix du gaz et de l’électricité ont explosé », déplore le personnage de Rosie Lyons dans la série futuriste « Years and Years ». Si l’ambiance générale est à la collapsologie, tout le monde ne se prépare pas à un effondrement total.
L’économiste et prospectiviste américain Jeremy Rifkin, conseiller de nombreux gouvernements et institutions, dont l’Union européenne et la Chine, conserve un optimisme « prudent » et dessine un chemin possible vers le salut. Dans son dernier ouvrage, « le New Deal vert mondial » (Les Liens qui Libèrent, 2019), il prédit l’écroulement de la consommation d’hydrocarbures (pétrole, gaz naturel et charbon), avec un basculement en 2028, et voit dans « la fin de cette civilisation fossile » une occasion de bâtir un monde plus propre et plus juste. Entretien.
« L’Obs ». Jeremy Rifkin, en 2049, vous aurez 104 ans. Comment imaginez-vous le monde à cet horizon ?
Jeremy Rifkin. Je ne pense pas qu’il y ait une seule direction possible, et il est difficile de tout prendre en compte… Aussi, je…
>> Suite à lire sur abonnement à :
§ Cet article est extrait du numéro spécial de « l’Obs » « Notre vie en 2049 », actuellement en kiosques. Vous pouvez également le commander en ligne.
<https://www.nouvelobs.com/2049/20200201.OBS24236/jeremy-rifkin-demain-nous-allons-passer-de-l-ere-du-progres-a-l-ere-de-la-resilience.html>
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6- « Foutu pour foutu », un docu pour mieux vivre le désastre écologique en cours, Usbek & Rica, 02/02/20, 07:00
Annabelle Laurent

« Comment vit-on avec le sentiment que le monde qu’on connaît part en vrille ? » : c’est la question posée par Foutu pour Foutu, un documentaire d'Agathe Bru et Romain Sanchez.
Agathe Bru et Romain Sanchez ont 25 ans, leurs diplômes tout juste en poche, et une série de questions pressantes à régler, la principale étant : foutu pour foutu, on fait quoi ? En 2019, les alertes des scientifiques se sont succédées, les méga-feux, pour ne citer qu’eux, ont ravagé la planète, la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre n’a pas montré le moindre signe de ralentissement, l’Assemblée a voté la fin du plastique à usage unique...mais pour 2040, et face à la succession de mauvaises nouvelles, le discours de l’effondrement, encore marginal en 2018, s’est propagé, annonçant des pénuries de ressources, la fragilité des systèmes démocratiques et économiques, l’extinction de la biodiversité. 
Que faire face à ce constat ? « On en profite à fond ? On finit de détruire ce qui tient encore, et on va au MacDo 3 fois par jour ? Ouais, non », tranche la voix-off : mieux vaut profiter du sentiment de paralysie ressenti pour creuser le sujet, décide le duo, tenter de s’y retrouver soi-même, et si possible inspirer les autres.
Intervenants réguliers sur les questions d’effondrement et de transition, le maire de Grenoble Eric Piolle, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, l’ingénieur Arthur Keller, le fondateur d’Adrastia Vincent Mignerot, Julien Devauraix du podcast Sismique ou encore Ophélie Damblé (Ophélie Ta Mère Nature) sont de la partie, mais tous s’expriment ici dans un contexte appréciable car moins officiel, en accord avec la tonalité intime du documentaire. Très présents à travers la voix-off et les images de leur quotidien, les deux auteurs ont aussi interrogé des étudiants, jeunes actifs, artistes ou militants qui œuvrent pour la transition écologique, en ville ou dans des communautés qui expérimentent l’autonomie (comme le projet TERA).
>> Suite à lire à :
<https://usbeketrica.com/article/foutu-pour-foutu-un-docu-pour-mieux-vivre-le-desastre-ecologique-en-cours>
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7- Entretien. Davi Kopenawa : « Les Blancs détruisent l’Amazonie parce qu’ils ne savent pas rêver », Le Monde, 03/02/20, 08h04
Propos recueillis par  Nicolas Bourcier  

Alors que s’ouvre à la Fondation Cartier la rétrospective de la photographe Claudia Andujar, qui a consacré son œuvre à la défense du peuple indigène Yanomami, au Brésil, le chaman et leader Yanomami alerte sur les nouvelles menaces qui pèse sur la forêt et sur son peuple. 
Entretien. Il a l’autorité naturelle d’un pape ou d’un prince, en beaucoup plus simple. A 54 ans, silhouette bonhomme, mains costaudes, Davi Kopenawa, chaman et leader du peuple indigène yanomami du Brésil, est un homme en colère. Face à la destruction de la forêt et l’avancée meurtrière sur ses terres des trafiquants de bois et autres garimpeiros, les orpailleurs clandestins, il sonne l’alarme aux quatre coins du monde.
En décembre 2019, à Stockholm, il a reçu le Right Livelihood Award, connu comme le « prix Nobel alternatif ». A la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, le 30 janvier, il a ouvert la formidable rétrospective consacrée à la photographe Claudia Andujar aux côtés de l’artiste-activiste et de l’anthropologue Bruce Albert.
> Lire aussi  Claudia Andujar, Van Eyck, « Le Fantôme d’Aziyadé »... Nos sorties culturelles de février
C’est avec eux qu’il parvint à faire démarquer, en 1992, la Terra Indigena Yanomami, un territoire de 96 650 km², soit une superficie légèrement supérieure à celle du Portugal. Une terre régulièrement menacée par d’innombrables projets d’exploration minière aujourd’hui ouvertement soutenus par le gouvernement de Jair Bolsonaro.
Quand Davi Kopenawa parle, c’est avec une force de conviction contagieuse, forgée par un souverain détachement des choses matérielles. Enfant, il a vu son groupe d’origine, une maison collective d’environ 200 personnes située dans l’extrême nord-est de l’Etat d’Amazonas, décimé par les maladies infectieuses propagées par les Blancs.
Pendant un temps, il subit le prosélytisme des missionnaires nord-américains, auxquels il doit son prénom biblique, l’apprentissage de l’écriture et un aperçu peu engageant du christianisme. Malgré sa curiosité initiale, il sera rapidement rebuté par leur fanatisme et leur obsession du péché.
Révolté par les deuils successifs mais intrigué par la puissance des Blancs, Davi quittera sa région natale pour travailler dans un poste de la Funai, la Fondation nationale de l’Indien. Il s’efforcera, selon ses termes, de « devenir un Blanc ». Il finira seulement par y contracter la tuberculose. Guéri, il parcourra le territoire yanomami. Il tirera de cette expérience une compréhension plus précise de la logique prédatrice de ce qu’il nomme le « peuple de la marchandise » et des menaces qu’elle représente. Avant de rentrer chez lui, en Amazonie, vendredi 30 janvier, Davi Kopenawa a livré au Monde sa lecture de la situation.
Les attaques contre votre territoire se multiplient. On a parlé de près de 20 000 chercheurs d’or illégaux présents sur place en janvier. Est-ce la pire période que vous affrontez depuis la fin de la dictature militaire ?
Ils sont désormais 25 000… Dans le passé, nous avons déjà été confrontés à plusieurs dangers, notamment lors de la construction de la route entre Manaus et Boa Vista durant la période militaire. Des communautés ont été décimées par des bombes. Aujourd’hui, nous vivons une même réalité que celle de l’époque de la dictature. Le président Jair Bolsonaro est lui-même un militaire, un homme de l’armée.
Dans les années 1980, plus d’un millier de Yanomami ont péri en raison des maladies et des violences qui ont accompagné l’invasion de votre territoire par 40 000 orpailleurs. En quoi la situation d’aujourd’hui est-elle différente ?
Elle n’est pas différente. Les mêmes chercheurs d’or des années 1980 sont revenus. Ce sont les mêmes qui ont tué mes frères. Les mêmes qui ont dévasté notre région. Ce sont les mêmes qui ont été expulsés et qui sont en train de revenir.
Ce retour des garimpeiros remonte à 2016. Puis, quand Bolsonaro a pris le pouvoir, l’orpaillage illégal a beaucoup augmenté. Cela n’est pas seulement la faute du président. Il y a aussi le soutien des sénateurs, de nombreux députés et politiciens à Brasilia, des hommes d’affaires aussi et de gens importants partout au Brésil.
> Lire aussi  En Amazonie, la violence des chercheurs d'or contre les indiens Yanomami s'intensifie
Les garimpeiros ne sont pas seuls. Bolsonaro et ses proches les aident à se procurer du gasoil pour les transports en bateau. Ils n’ont plus leurs vieux fusils de chasse mais des mitraillettes. Ils sont aussi connectés à Internet. A certains endroits, ils ont même de vraies maisons en dur où ils stockent de l’alcool, où ils vivent avec leurs femmes. Partout, ils polluent, détruisent la nature et les hommes, répandent leurs maladies avec la bénédiction de Brasilia. Un véritable sentiment d’impunité s’est installé.
Jair Bolsonaro a dit, un jour, que les militaires brésiliens n’avaient pas bien fini leur travail, contrairement aux soldats nord-américains qui ont massacré tous les Indiens. Plus récemment, il s’est félicité que ces mêmes Indiens étaient en train de devenir « humains ». Comment réagir ?
Je dis souvent que je ne suis pas triste, je dis que je suis révolté. Il nous considère comme des animaux. Il ne veut pas respecter mon peuple. Il y a des gens qui lui prêtent attention. Moi, je ne veux pas l’écouter. Ce sont mes amis qui me racontent.
> Lire aussi  Brésil : la détresse des indigènes face au mépris de Jair Bolsonaro
Il dit ces choses-là pour que je m’énerve contre lui. Faut-il réagir et l’attaquer aussi ? Je ne le pense pas. C’est exactement ce qu’il veut. C’est son jeu, comme un enfant qui ne sait pas bien se disputer. Il a la « bouche sale », la boca suja, comme on dit.
Assistons-nous à une offensive finale contre les Indiens dans une guerre commencée il y a cinq siècles, comme le dit l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro ?
Oui, c’est cela, le « peuple de la marchandise » est en train de gagner cette guerre qui a commencé quand les Blancs ont tué pour prendre le pouvoir. Cela s’est passé aux Etats-Unis. Et c’est en train de se passer chez nous.
C’est une idée que nous partageons fortement avec Raoni [chef indigène Kayapo], Ailton Krenak [chef indigène Krenak] et d’autres caciques. Si le monde d’ici ne prête pas attention à ce que le gouvernement est en train de faire au Brésil, cela sera effectivement la fin.
Êtes-vous fatigué ?
Non, je me sentirai fatigué quand il ne restera plus qu’un seul Yanomami sur terre. Là, je pourrai dire que la fatigue est arrivée. Heureusement, mon peuple est toujours vivant. Je ne peux donc pas me plaindre.
Je suis encore jeune, je peux continuer. Je peux verser mon propre sang pour mon peuple. Mais je n’aimerais pas verser mon propre sang chez les autres. Pour me tuer, il faudra venir chez moi. Et s’ils n’aiment pas les Indiens, qu’ils nous tuent tous ensemble.
Selon Stephen Corry, le directeur de Survival International, seul un tollé général au niveau mondial peut arrêter le racisme d’un Bolsonaro et ses conséquences tragiques. Qu’en dites-vous ?
Il faut que le monde entier se lève pour faire du bruit. Il faut beaucoup de gens pour réunir cette force et mettre la pression sur les autorités pour qu’elles commencent à nous respecter et expulsent les orpailleurs clandestins.
Est-ce une solution pour les Yanomami de s’armer contre les invasions des garimpeiros ?
Qui va nous donner ces armes ? Si on commence à s’armer, on se tuera les uns les autres. Ce n’est pas une bonne idée. Je ne veux pas d’une guerre entre les Blancs et mon peuple. Nous ne sommes pas en train de voler, nous ne sommes pas en train d’extraire l’or de notre territoire pour le revendre à l’étranger.
Personne ne peut dire que les Yanomami ont tort. Nous avons raison de dénoncer la situation. Nous sommes sur notre territoire qui a été délimité et reconnu. Une guerre ne servirait à rien. Notre nom Yanomami est reconnu dans le monde entier. Nous continuerons à lutter avec notre voix et les documents officiels que nous avons obtenus.
Raoni, le chef Kayapo, a rassemblé plusieurs centaines de caciques en pleine forêt pour dénoncer « un projet de génocide » de la part du gouvernement. Que pensez-vous de cette initiative ?
L’union entre les peuples indigènes est très importante. On aimerait aussi organiser des réunions plus souvent sur nos terres avec tous les leaders des peuples autochtones qui luttent. Mais les heures de vol sont chères. Nous manquons de ressources. Il nous faut donc compter sur le soutien de tous nos partenaires.
L’exposition de photos de Claudia Andujar à Paris s’inscrit-elle dans cette mobilisation ?
Cette exposition aide énormément la lutte des peuples indigènes. Elle ouvre le chemin, et nous sommes juste derrière. Tout cela participe à la découverte de notre histoire et de notre nom aux gens qui ne connaissent pas notre réalité.
> Lire aussi  Claudia Andujar, une photographe à toute épreuve
Que vous a apporté le regard de Claudia Andujar ?
Claudia Andujar m’a aidé à m’éveiller, elle m’a alerté sur la guerre des Blancs contre les Indiens, comme une mère qui explique les dangers et les périls à ses enfants. Elle m’a enseigné à ne pas faire confiance aux peuples des villes qui ont toujours cette cupidité et cette avidité de l’argent.
L’expérience exposée par vous et Bruce Albert dans votre livre « La chute du ciel » (Plon, 2010) est celle d’une catastrophe : la disparition de la forêt et de ses habitants. Comment et pourquoi s’opère-t-elle ?
Les Blancs détruisent l’Amazonie parce qu’ils ne savent pas rêver. S’ils pouvaient comme nous entendre d’autres paroles que celle de la marchandise, ils sauraient se montrer moins hostiles envers les peuples autochtones.
Vous, les peuples des villes, vous n’êtes pas des chamanes qui rentrez en contact avec les esprits. Nous, nous connaissons les dangers, nous savons interpréter les signes des périls. Les capitalistes, les politiciens et les grands hommes d’affaires veulent arracher toutes les racines de la terre. Ils ne se rendent pas compte parce qu’ils ne rêvent pas. Ils ne peuvent pas s’imaginer qu’à force d’extraire tous les minerais, ils vont faire tomber le ciel.
Nous, nous rêvons et alertons les Blancs pour les prévenir qu’il ne faut pas continuer ainsi. Dans le futur, peut-être en 2021 ou 2023, si les Yanomami disparaissent, il va falloir attendre un peu et voir ce qui se passera. Le ciel ne va pas vous prévenir. Vous allez tous dormir pour ne pas sentir cet énorme poids tomber sur vous. Bolsonaro, lui, fait beaucoup de bruit, il aboie comme un chien. Mais quand le ciel tombera, on n’entendra plus rien.
§ « Claudia Andujar, La Lutte Yanomami » à la Fondation Cartier (Paris 14e). Jusqu’au 10 mai.
<https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/02/03/davi-kopenawa-a-force-d-extraire-tous-les-minerais-les-blancs-vont-faire-tomber-le-ciel_6028177_3246.html>
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8- Dix crises humanitaires en cours, oubliées par les médias et le reste du monde, Novethic, 03/02/20
Ludovic Dupin

51 millions de personnes dans le monde, en situation de crises alimentaires ou soumis à des conflits, souffrent en silence. Dans son dernier rapport sur les crises oubliées, l’ONG Care décrit des situations dramatiques dans dix pays devenus invisibles au reste du monde en raison de la chronicité des crises et de leur faible impact géopolitique.
Pour la quatrième année, l’ONG Care publie son classement des dix crises humanitaires oubliées sur la planète, dans son rapport Suffering in Silence. Cela concerne des situations dont les médias ne font presque pas mention et donc sur lesquelles ni les politiques, ni les citoyens ne se mobilisent. L’étude de l’ONG repose sur l’analyse de 2,4 millions d’articles de presse publiés en 2019 en allemand, anglais, français, espagnol et arabe. Sur les dix cas mis en avant, neuf sont en Afrique et six étaient déjà présents dans deux classements précédents.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://www.novethic.fr/actualite/social/droits-humains/isr-rse/dix-crises-humanitaires-en-cours-oubliees-par-les-medias-et-le-reste-du-monde-148177.html>
En savoir plus
> Rapport. Les 10 crises humanitaires oubliées <https://www.carefrance.org/actualite/communique-presse-news/2020-01-28,rapport-crises-humanitaires-oubliees.htm>, Care France, 29/01/20
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9- Sur France 3, Nicolas Hulot où les raisons d’une démission, Le Monde, 04/02/20, 18h09
Stéphane Foucart et  Stéphane Horel  

Dans un documentaire qui sera diffusé le 27 février, l’ancien ministre de la transition écologique revient sur ses difficultés au sein du gouvernement et sur les causes de son départ en août 2018. 
Amertume, sentiment de trahison, aveu d’impuissance, évocation de menaces voilées : devant la caméra d’Eric Guéret, Nicolas Hulot s’est confié comme rarement sur son passage au gouvernement. Dans son prochain film, La vie est dans le pré, qui doit être diffusé le 27 février sur France 3, et que Le Monde a pu visionner, le documentariste raconte d’abord le combat judiciaire de l’agriculteur Paul François contre Monsanto.
> Lire aussi  Nicolas Hulot, de l’ancien allié au lanceur d’alerte
Dans les dernières scènes du documentaire, il croise l’ancien ministre de la transition écologique qui revient sur son expérience gouvernementale. Sans filtre.
« J’étais censé être ministre d’Etat et numéro trois du gouvernement mais c’était juste pour la façade !, lance Nicolas Hulot. Quand j’ai pris cette décision difficile de partir du gouvernement, j’avais demandé douze points de clarification au premier ministre et au président, dont ma volonté de copiloter la révision de la politique agricole commune, parce que pour moi il n’était pas pensable qu’on loupe cette fenêtre. Evidemment, ça ne m’a pas été accordé. »
>> Suite à lire et à voir à :
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/sur-france-3-nicolas-hulot-ou-les-raisons-d-une-demission_6028392_3244.html>
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10- [Interview] Le regard de Nicolas Hulot sur la philanthropie, Carenews, 04/02/20, 16:33

Nicolas Hulot apporte sa contribution à la réflexion sur le rôle de la philanthropie. Dans ce texte qu’il a présenté lors d’un colloque de France générosités, il étudie le rôle, la place et l’utilité de la générosité dans le contrat social français. Nicolas Hulot jette un regard lucide sur les relations entre l’État et les philanthropes. Mais au-delà de ce lien, il met en perspective l’état du monde, ses fractures et les enjeux à relever qui sont une nécessité et une urgence basés sur la solidarité comme valeur cardinale. Bien évidemment, il lie les trois enjeux fondamentaux : écologique, économique, social.
Comment voyez-vous le rôle de la philanthropie dans la société actuelle ?
Je pense qu’il y a deux humanités. Une humanité, peut-être la plus visible, sans scrupule et qui est là pour accaparer le bien commun. Et puis il y a une humanité dont la philanthropie est une des composantes qui se bat au quotidien, pour essayer d’honorer les promesses souvent non tenues de la République : les promesses d’égalité, de solidarité. C’est une société discrète sans quête de reconnaissance mais qui comble les vides, qui crée, qui maintient, qui entretient, qui développe le lien social si important. C’est cette humanité qu’il faut écouter et qu’il faut entendre.
La générosité est un outil au service de valeurs, à commencer par une valeur cardinale, qui devra de gré ou de force être le fil guide du 21e siècle, la solidarité. Le 21e siècle, chacun le sent dans sa chair, sera solidaire ou ne sera pas. Cette société de l’ombre, entre 13 et 20 millions de bénévoles en France, qui partout, entretient la solidarité de proximité mais aussi la solidarité à distance. C’est cette France-là, cette société-là qui me maintient, je dirais, en vie. Dans ces moments où nous sommes tous traversés par une forme de doute, il faut garder à l’esprit que cette société-là, ces artisans de la solidarité du lien social, est beaucoup plus nombreuse qu’on l’imagine et c’est pour elle qu’il ne faut jamais baisser les bras.
>> Suite à lire à :
<https://www.carenews.com/fr/news/interview-le-regard-de-nicolas-hulot-sur-la-philanthropie>
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11- Pas de résultats et pas de transparence sur les pesticides : la politique publique de réduction vue par la Cour des comptes, Le Monde, maj le 05/02/20 à 11h28
Martine Valo

En dépit de trois versions successives, les plans Ecophyto se sont soldés par une augmentation des quantités de produits chimiques. 
Gros retards, imbroglio administratif, absence de résultats et manque de transparence : voilà en substance le bilan dressé par la Cour des comptes de dix années d’action gouvernementale, impuissante à sortir l’agriculture française de sa dépendance aux pesticides. Le premier ministre, à qui ce référé en forme de constat d’échec a été adressé le 27 novembre 2019, disposait d’un délai de deux mois pour y répondre avant que ce texte ne soit rendu public mardi 4 février. Matignon a rédigé une défense in extremis lundi. Son argumentaire recense des mesures censées encourager les agriculteurs à avoir la main moins lourde sur les produits chimiques, mais ne dit pas pourquoi les programmes de mobilisation et les millions d’euros dépensés depuis 2009 se sont jusqu’à présent soldés par une augmentation continue des quantités de produits vendues aux agriculteurs.
> Lire aussi  « Jusqu’ici, les agrochimistes ont défini eux-mêmes les modalités de l’évaluation environnementale de leurs produits »
La Cour rappelle qu’en 2008, poussée par l’élan d’optimisme du Grenelle de l’environnement, la France ambitionnait de réduire de 50 % l’usage des pesticides en dix ans, d’atteindre 50 % d’exploitations engagées en certification environnementale vers 2012 et 20 % de surfaces agricoles en bio en 2020. Las, même reportés à 2025 et revus à la baisse, « les effets des plans Ecophyto demeurent très en deçà des objectifs fixés », observent les magistrats. En dépit des trois versions successives de ces plans (dont la dernière date d’avril 2019) et des 400 millions d’euros engagés par an, l’utilisation des pesticides « a au contraire progressé de 12 % entre 2009 et 2016 », notent-ils. Encore ne disposaient-ils pas des derniers chiffres pour leur rapport.
Car en réalité, selon la note du suivi Ecophyto du 7 janvier établie par le ministère de l’agriculture, le recours aux pesticides s’est fortement intensifié entre 2009 et 2018 : il a augmenté de 25 % en nombre de doses unités (NODU), un indicateur qui exclut les produits de bio contrôle à risque faible et les traitements de semences. L’augmentation par rapport à 2017 est même spectaculaire (+ 24 % en un an). Quant aux lignes budgétaires, le gouvernement avance les chiffres de 41 millions d’euros par an pour les actions nationales et de 30 millions pour les régions, sans commune mesure avec ceux estimés par la Cour des comptes. Une diversité de financement « si complexe, estime la Cour des comptes, qu’elle peut neutraliser les effets de l’impulsion nationale et (…) des initiatives régionales ». Le tout sous le contrôle de sept administrations différentes.
Quasi-retour au niveau de 2009
Matignon concède qu’il faut « en rendre mieux compte » et annonce la nomination d’un coordinateur interministériel chargé d’établir une cartographie des financements. Il promet aussi de livrer des statistiques plus à jour. Et il vante la mise en ligne en janvier d’un site, Dataviz, permettant de visualiser les évolutions des ventes des dix dernières années (où l’on voit qu’elles montent en flèche dans le Tarn-et-Garonne en particulier). Un effort de transparence inédit il est vrai.
Une « agriculture moins dépendante aux pesticides » constituant une de ses priorités, le gouvernement évoque dans son argumentaire de défense de six pages ses efforts auprès de l’Union européenne en faveur d’une politique agricole commune plus soucieuse d’environnement et de l’interdiction de certaines substances, comme les insecticides néonicotinoïdes entre autres. Il met en avant l’augmentation de la redevance pour pollutions diffuses, l’encadrement de la publicité et la fin des ristournes sur les pesticides. Cela n’a pas suffi : en quantité de substances actives, le volume des achats en France s’élevait encore à 85 900 tonnes en 2018. Or, la Cour note que l’obligation pour les vendeurs de proposer aux acheteurs des méthodes de substitution aux produits phytos « demeure de portée incertaine », en raison notamment « de la suppression du régime de sanction pécuniaire » pour les professionnels qui manquent à ce devoir.
> Lire aussi  Le Conseil constitutionnel reconnaît que « la protection de l’environnement » peut justifier des « atteintes à la liberté d’entreprendre »
Matignon rapporte des baisses de 15 % et de 9 % en moyennes triennales des molécules « les plus préoccupantes » : avec un caractère cancérigène, mutagène ou toxique soit avéré, soit suspecté. Pourtant, les courbes de la note Ecophyto dessinent un quasi-retour au niveau de 2009. En revanche, dans les zones non agricoles, la loi a fait chuter l’utilisation des pesticides de 70 %. Les ventes de produits de biocontrôle, destinés aux cultures bio, augmentent fortement car ce type de modèle gagne du terrain : 41 600 exploitations y sont converties, soit 9,5 % du total.
Selon la Cour, l’Etat devrait « améliorer les règles scientifiques et déontologiques d’évaluation des substances » et mettre en place un « dispositif de phyto-pharmacovigilance ». Elle rappelle que tout citoyen devrait pouvoir consulter l’importance des substances émises dans l’environnement, près de chez lui notamment. Fin novembre 2019, elle demandait au gouvernement de s’appuyer sur les résultats de la consultation publique menée au sujet des distances de sécurité à l’égard des riverains. Depuis, celui-ci a tranché pour des zones sans épandage de 3 à 20 mètres selon les cultures, bien inférieures aux 150 mètres demandés par nombre des 53 000 contributions reçues.
> Lire aussi  Pesticides interdits : révélations sur l’intense lobbying des industriels jusqu’au sommet de l’Etat
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/la-cour-des-comptes-dresse-un-constat-d-echec-des-politiques-publiques-de-reduction-des-pesticides_6028340_3244.html <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/la-cour-des-comptes-dresse-un-constat-d-echec-des-politiques-publiques-de-reduction-des-pesticides_6028340_3244.html>>
Sur le même sujet :
> Malgré toutes les mesures et 400 millions d’euros, l’usage des produits chimiques augmente en France <https://dailygeekshow.com/politique-reduire-pesticides-echec/>, Daily Geek Show, 07/02/20
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12- Entretien. « Nous allons simplifier les règles budgétaires européennes », Le Monde, 05/02/20, 11h45
Propos recueillis par Virginie Malingre (Bruxelles, bureau européen)

Le vice-président de la Commission européenne chargé des questions économiques, Valdis Dombrovskis, prépare la réforme du pacte de stabilité et de croissance. 
Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne chargé des questions économiques, doit passer deux jours à Paris, mercredi 5 et jeudi 6 février, pour y rencontrer notamment le chef du gouvernement, Edouard Philippe, et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Dans un entretien au Monde, le commissaire letton aborde la réforme du pacte de stabilité et de croissance, qu’il prépare pour la fin de l’année, mais aussi la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du Green Deal.
La Commission s’est livrée à un examen de sa gouvernance budgétaire, dont elle présente les conclusions, mercredi. Quels en sont les principaux enseignements ?
Avec les années, les règles budgétaires européennes sont devenues très complexes et difficiles à comprendre. Nous allons réfléchir à une simplification. On a aujourd’hui des indicateurs qui ne correspondent pas à une réalité observable, comme le déficit structurel [déficit budgétaire, sans tenir compte des effets de la conjoncture]. Il peut être utile d’en choisir d’autres, plus parlants, comme le niveau des dépenses publiques compatible avec une dette soutenable. Par ailleurs, nous devons nous demander comment faciliter, avec l’instrument budgétaire, la transformation de nos économies, à l’heure des transitions écologique et numérique.
> Lire aussi  Le plan de la Commission européenne pour aider à financer la transition écologique
Les règles de gouvernance budgétaire de l’Europe s’avèrent très procycliques, elles accentuent les évolutions économiques, au lieu de les compenser. Ne pensez-vous pas qu’elles devraient l’être moins ?
Certainement. Mais si, quand la croissance est là, les Etats, surtout ceux qui sont très endettés, en profitaient pour réduire le niveau de leur dette et se préparer à des temps plus durs, dès lors, ils pourraient dépenser davantage dans les moments de crise, tout en respectant le pacte de stabilité et de croissance…
Depuis le 10 janvier, les Vingt-Sept sont censés avoir transposé dans leur droit la 5e directive antiblanchiment. Que cela va-t-il changer ?
Aujourd’hui, plusieurs Etats membres – une dizaine environ – ne nous ont pas encore notifié avoir transposé cette directive. D’ici à la mi-février, nous allons lancer une procédure d’infraction contre ceux qui ne l’auront pas fait. Et, en mars, nous ferons de même contre les Etats membres qui n’ont pas transposé l’intégralité de la directive.
Par ailleurs, en matière de lutte contre le blanchiment, il nous faut plus de pouvoir au niveau européen. Nous avons des règles très dures, parmi les plus dures au monde, mais tous les pays membres ne les appliquent pas de la même manière et, pour les faire respecter pleinement, il faut que l’Europe puisse en faire davantage à son niveau.
> Lire aussi  « Le Green Deal ne peut pas être une rustine verte sur un capitalisme prédateur »
La Commission évalue à 3 000 milliards d’euros sur dix ans les investissements nécessaires pour que les émissions de CO2 baissent de 40 % d’ici à 2030, conformément à ce que prévoit l’accord de Paris de 2015. Elle a prévu des financements publics de 1 000 milliards. Comment inciter le secteur privé à financer le reste ?
La Banque européenne d’investissement a pour objectif de faire passer de 30 % à 50 %, d’ici à 2025, la part des projets liés à la transition climatique qu’elle financera. Ce qui représente 1 000 milliards sur dix ans. Pour le reste, on veut mobiliser le secteur financier. Notamment grâce à la taxonomie, une classification des activités vertes, que nous avons mise en place et dont les financiers se sont déjà emparés.
Nous voulons aller plus loin et faire plusieurs propositions dans les prochains mois. Nous voulons développer un écolabel pour la finance verte, définir ce que serait une obligation verte ou un crédit hypothécaire vert. En matière de finance verte, on peut encore faire beaucoup. Et il faut que nous nous coordonnions avec d’autres pays pour que ces futurs standards puissent être reconnus partout dans le monde.
> Lire aussi  L’Europe peine à s’accorder sur ce qu’est réellement une activité économique « verte »
Y compris aux Etats-Unis ?
C’est justement l’exception notable. On discute avec la Chine, l’Inde, le Mexique, le Maroc… Mais, comme vous le savez, le président Donald Trump n’est pas convaincu par le changement climatique… Par ailleurs, il ne faut pas oublier que, dans la foulée de l’accord de Paris, les Européens se sont engagés à réduire leurs émissions de CO2 secteur par secteur. Nous avons fixé des objectifs pour le transport routier, l’industrie automobile, la construction…, qui vont mécaniquement se traduire par des investissements du secteur privé.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est engagée à ce que l’Union réduise de 50 % ou 55 % ses émissions de CO2 à l’horizon 2030. Cela va nécessiter de mobiliser encore plus d’argent. Comment ferez-vous ?
Il y a actuellement des négociations très compliquées entre Etats membres sur le budget pluriannuel de l’Europe pour la période 2021-2027. On ne pourra pas l’augmenter considérablement. En revanche, la Commission s’est engagée à ce que 25 % de ce budget soit consacré à la transition climatique. Ce pourcentage peut monter à 30 % ou 35 %.
> Lire aussi  Environnement : Pascal Canfin veut qu’à Bruxelles « les moyens soient à la hauteur de l’ambition »
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/05/valdis-dombrovskis-nous-allons-simplifier-les-regles-budgetaires-europeennes_6028463_3234.html>
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13- L'environnement, sujet rassembleur pour 68% des Français, selon un sondage, AFP, 05/02/20, 12h53

Près de sept Français sur dix (68%) considèrent que la protection de l'environnement est un enjeu qui peut permettre de surmonter les divisions au sein de la société, selon une vaste enquête de l'institut Kantar.
Ils sont encore plus nombreux (83%) à se dire convaincus qu'il faut "se serrer les coudes et faire face aux problèmes ensemble" et à déplorer que le débat public devienne "de plus en plus agressif" (89%).
"Toutes les familles de Français voient dans la protection de l'environnement un enjeu pour nous rassembler", notent les auteurs. La transition écologique est l'un des principaux thèmes, au-delà des clivages politiques, de la campagne pour les élections municipales de mars.
Réalisée auprès d'un total de 6.000 personnes pour le laboratoire d'idées Destin Commun, l'étude distingue trois groupes de population : la France "tranquille" (30%), la plus intégrée au modèle social, la France "polémique", très visible dans les débats et les conflits (32%) et la "France des oubliés" (38%), en retrait du débat public.
Elle relève par ailleurs de fortes tensions au sein de la société, avec notamment 62% des personnes interrogées qui s'inquiètent d'"un climat d'hostilité croissant à l'égard des musulmans en France".
Les Français n'éprouvent pas moins "une forte aspiration à l'unité", avec 61% des personnes interrogées qui pensent que "nos divisions sont surmontables". Un chiffre toutefois moins élevé qu'en Allemagne (71%) ou aux Etats-Unis (77%) sur la base d'enquêtes similaires.
Enquête réalisée en ligne du 27 février au 20 mars 2019 auprès d'un échantillon de 4.008 personnes, selon la méthode des quotas, puis du 27 novembre au 3 décembre auprès de 2.003 personnes, selon les mêmes modalités.
<https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/l-environnement-sujet-rassembleur-pour-68-des-francais-selon-un-sondage_141211>
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14- Avis d’expert. Convention judiciaire d'intérêt public : l'État mise sur le droit pénal pour protéger l'environnement, Actu-Environnement, 05/02/20, 13h13

Que va changer le projet de loi relatif au Parquet européen et à la justice pénale spécialisée, présenté fin janvier ? Analyse de Laura Picavez, avocate en droit de l'environnement, cabinet Gossement Avocats.
Le 29 janvier 2020, la garde des Sceaux a présenté en Conseil des ministres un « projet de loi relatif au Parquet européen et à la justice pénale spécialisée » visant, notamment, à réformer la justice pénale environnementale au moyen d'une spécialisation environnementale de certains tribunaux judiciaires et d'une convention judiciaire écologique.
Ce projet de loi, qui ne manquera pas d'être enrichi, démontre la volonté de l'État de se saisir de l'outil pénal comme nouvelle arme pour faire respecter le droit de l'environnement. Il conviendra, notamment pour les entreprises dont l'activité peut avoir un impact sur l'environnement, de suivre attentivement les débats parlementaires à venir sur ce projet de loi.
Le recours à la transaction en matière environnementale
Après avoir fait le constat selon lequel « le taux de réponse pénale pour les infractions au code de l'environnement est élevé, puisqu'il est de 92,3 % en 2018 », l'étude d'impact du 27 janvier 2020 portant sur ce projet de loi en a déduit la nécessité de développer des mécanismes transactionnels en matière environnementale dès lors où « une part minoritaire des affaires traitées aboutit à la saisine d'un tribunal correctionnel ».
Si les alternatives aux poursuites constituent une réponse adaptée pour les infractions de faible gravité, de tels mécanismes n'existent pas en cas d'atteinte grave à l'environnement. C'est la raison pour laquelle le projet de loi propose de créer une convention judiciaire d'intérêt public en matière environnementale afin de compléter l'actuel arsenal pénal en matière de délinquance environnementale.
Pour rappel, l'article L. 173-12 du code de l'environnement prévoit un dispositif, jugé conforme à la Constitution (Décision QPC, 26 septembre 2014, Association France Nature Environnement, n°2014-416), permettant à l'autorité administrative de transiger avec les personnes physiques et morales sur la poursuite des contraventions et délits réprimés par le code de l'environnement.
La décision de recourir à la transaction pénale n'est cependant qu'une faculté (CE, 27 mai 2015, n°380652) qui n'est offerte que si l'action publique n'a pas été mise en mouvement et qui ne concerne pas les délits punis de plus de deux ans d'emprisonnement.
Actuellement, la proposition de transaction, qui fait ensuite l'objet d'une homologation par le Procureur de la République, doit fixer le montant de l'amende transactionnelle qui ne peut excéder le tiers du montant de l'amende encourue ; le cas échéant, les obligations tendant à faire cesser l'infraction, à éviter son renouvellement, à réparer le dommage ou à remettre en conformité les lieux ; et enfin, les délais impartis pour le paiement et, s'il y a lieu, l'exécution des obligations.
>> Suite à lire à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-judiciaire-interet-public-droit-penal-protection-environnement-34925.php4>
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15- La finance durable en quête d’un baromètre fiable, Le Monde, maj le 06/02/20 à 06h33
Isabelle Chaperon  

Les gestionnaires d’actifs veulent combattre le « greenwashing » des entreprises en s’appuyant sur des critères objectifs. 
« Croissance partagée » : voilà l’étiquette pleine de promesse d’un fonds créé par la société de gestion Sycomore Asset Management, l’un des pionniers de l’investissement responsable en France. Son objectif : investir dans des entreprises ayant un impact positif sur la société, que ce soit à travers leurs produits ou en tant qu’employeurs.
> Lire aussi  La finance verte peut-elle sauver le monde ?
Toutefois, il n’est pas aisé de séparer le bon grain de l’ivraie, quand toutes les firmes se présentent comme des parangons de vertu… « A force de répéter des messages, les entreprises peuvent créer des écrans de fumée », prévient Sébastien Thevoux-Chabuel, gérant et analyste ESG (environnement, social, gouvernance) chez Comgest.
Archétype du « greenwashing », cette pratique qui consiste à orienter ses actions marketing vers un positionnement écologique ? « British Petroleum, au début des années 2000, avait réussi, grâce au battage marketing, à se doter d’une image de pétrolier plus “vert” que les autres. Une perception que démentait pourtant le montant réel de ses investissements dans les énergies renouvelables. La marée noire dans le Golfe du Mexique, en 2010, a remis les pendules à l’heure », poursuit-il.
> Lire aussi  « Il y a une bonne dose de green washing et de social washing dans la démarche des grands patrons »
Pour évaluer une entreprise, le nombre d’emplois créés constitue un point de départ, mais comment vérifier qu’ils ne se révèlent pas précaires ou mal payés ? « Nous voulions soutenir des entreprises qui contribuent au développement économique et à la réduction des inégalités à travers les emplois qu’elles créent, mais nous nous sommes rendu compte qu’il n’existait pas d’outil pour mesurer une telle performance. Alors, nous avons décidé de le bâtir nous-mêmes », relate Anne-Claire Imperiale, coresponsable de la recherche ESG chez Sycomore Asset Management, qui a levé le voile, mercredi 5 février, sur ce nouveau baromètre.
« Nombreuses nuances de vert »
La société de gestion s’est associée avec The Good Economy, un expert britannique de l’impact social, afin de concevoir une notation « The Good Jobs Rating », fondée sur des critères d’inclusion et d’autres capacités à offrir des emplois pérennes. « Nous avons accordé des points aux entreprises comme Legrand ou Maisons du Monde, dont les sièges sociaux sont en région, où la contribution de ces entreprises au dynamisme économique local est forte »,explique Mme Imperiale. A l’inverse, la prise en compte de l’équité salariale défavorise les secteurs de la finance et de l’informatique, où l’écart entre le plus haut et le plus bas salaire se révèle souvent élevé.
A cette aune, Total, Vinci et Accor apparaissent les mieux notés parmi les grandes entreprises françaises ; Atos, Dassault Systèmes et Publicis figurent en queue de peloton. Ce palmarès illustre la complexité de la démarche ESG dont se targuent désormais toutes les banques et autres gestionnaires d’actifs. Car, alors que Total compte parmi les meilleurs élèves en matière d’emploi, le producteur d’énergies fossiles est, au contraire, excommunié des portefeuilles d’investissement par des gérants, nordiques en particulier.
Nulle malice à cela. « Energie propre et d’un coût abordable », « travail décent et croissance économique » ou encore « vie aquatique » : la finance, soucieuse à la fois de rendement et de sauver le monde, suit la feuille de route établie par l’Organisation des Nations unies à travers dix-sept objectifs de développement. Entre ces différents critères, chaque gérant ou agence de notation joue sa propre partition.
« Il n’y a pas de définition unique d’un fonds durable. Chacun intègre les critères ESG de façon très différente. C’est pourquoi il est essentiel de bien regarder quelles sont les règles d’investissement, même si elles restent parfois vagues, voire trompeuses », souligne Hortense Bioy, responsable des stratégies passives et de la recherche durable chez Morningstar. Et de préciser : « Des particuliers s’étonnent de trouver des valeurs pétrolières dans des fonds orientés climat, mais il existe de nombreuses nuances de vert. »
« Fixer des contraintes »
Le chantier s’annonce considérable pour lutter contre le « greenwashing », tant du côté des entreprises que des financiers. L’Europe, en pointe sur cette question, veut mettre en place des standards pour définir les investissements verts. En France, le label ISR (investissement socialement responsable) fait l’objet d’une procédure de certification. L’Autorité des marchés financiers, elle, s’apprête à publier au cours des prochaines semaines sa doctrine sur la finance durable.
« Nous avons tous envie de manger bio et d’investir dans des produits financiers qui font du bien. Mais dans les deux cas, il faut bien lire les étiquettes », avance Emmanuel de La Ville, cofondateur de l’agence de notation extrafinancière Qivalio. « Pour protéger les épargnants, il est nécessaire de fixer des contraintes à la finance qui se voudrait durable ou responsable. »
> Lire aussi  S’y retrouver dans la jungle des fonds d’obligations vertes
Un travail urgent, alors que cette nouvelle finance rencontre un succès phénoménal. Selon Morningstar, les actifs gérés dans des fonds durables en Europe atteignaient 668 milliards d’euros à la fin de 2019, en hausse de 56 % sur un an, à comparer avec une croissance de 18 % des fonds européens dans leur ensemble.
Afin d’attirer la gestion passive, des indices durables émergent, à partir de notations qui divergent d’une agence spécialisée à l’autre. De Blackstone à State Street, les géants de la gestion collective annoncent l’un après l’autre la prise en compte des critères ESG dans la constitution de leurs portefeuilles.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/05/la-finance-durable-en-quete-d-un-barometre-fiable_6028523_3234.html>
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16- 3 Tribunes. « Qui travaillera demain ? » Les coopérateurs ou les compétiteurs ?, Le Monde, 06/02/20, 08h45 

Socle de l’économie ­libérale au Nord comme au Sud, la compétition ne semble plus répondre aux défis du monde du travail du XXIe siècle. Coopération et vivre-ensemble veulent s’imposer comme des alternatives crédibles. Trois tribunes pour comprendre ces nouveaux enjeux.
• Tribune. Vers un surcroît de coopération
Par Dominique Méda, directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et auteure notamment de « La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer » (Flammarion, « Champs actuel », 2014)
Tribune. La sociologie a établi depuis fort longtemps un lien entre compétition et surconsommation. Dans Théorie de la classe de loisir (1899), par exemple, Thorstein Veblen montre qu’« au fur et à mesure qu’une personne fait de nouvelles acquisitions et s’habitue au niveau de richesse qui vient d’en résulter, le dernier niveau cesse tout à coup d’offrir un surcroît sensible de contentement ». Elle ne va donc avoir de cesse qu’elle n’obtienne de nouveaux biens dans un processus où rivalité et consommation ostentatoire s’alimentent l’une l’autre.
En 1970, les travaux de Baudrillard dans La Société de consommation l’ont confirmé : la consommation est un langage dont l’usage principal est de permettre aux individus de se différencier. Un tel processus alimente donc aussi la croissance du PIB dont les dégâts sont dénoncés depuis les années 1970 et de plus en plus fortement à mesure que la crise écologique s’aggrave.
La reconversion écologique dans laquelle nos sociétés doivent s’engager de toute urgence devra donc sans doute faire une place beaucoup plus importante soit à un type de compétition qui n’entraîne pas une forte consommation d’énergie (donc qui s’appuie sur d’autres leviers que l’achat de biens, par exemple des compétitions sportives, des joutes oratoires…), soit à un surcroît de coopération.
La gestion partagée des biens communs que sont le climat et les éléments composant la biosphère exige à l’évidence des formes de coopération étroite, notamment internationales. Mais les processus de production eux-mêmes devront devenir plus coopératifs : la reconversion écologique s’accompagnera sans doute d’une relocalisation d’une partie de la production en raison de la hausse du coût des transports.
Celle-ci pourrait alors être prise en charge par un artisanat local revitalisé et/ou un tissu de coopératives. De la même manière, nombreux sont ceux qui attendent que le coopérativisme de plate-forme, théorisé par Trebor Scholz, se substitue aux plates-formes capitalistes actuelles. En tous cas, les travaux qui appellent de leurs vœux un tel changement sont désormais de plus en plus nombreux.
• Tribune. L’entreprise altruiste, un modèle prospère
Par Isaac Getz, professeur à l’ESCP, conférencier et coauteur, avec Laurent Marbacher, de « L’Entreprise altruiste » (Albin Michel, 2019).
Tribune. Nous appelons « entreprises altruistes » des structures dont les activités servent leurs interlocuteurs externes (clients, fournisseurs, communautés locales, voire concurrents) de façon inconditionnelle. L’économie de marché suppose que ses acteurs, dont les entreprises, poursuivent des intérêts opposés.
A l’inverse, les entreprises altruistes optent pour la coopération à tous les niveaux. Aux transactions économiques avec les interlocuteurs externes elles préfèrent des relations authentiques. Un peu comme avec un ami, car on ne recherche pas un retour sur investissement avec ses amis, n’est-ce pas ?
Grâce à cette orientation sociale délibérée, grâce au refus de résultats financiers comme finalité, ces entreprises prospèrent. Paradoxe. Nous en avons pourtant rencontré des dizaines, de tous types, sur trois continents. Prenez LSDH, la quatrième laiterie industrielle de France (2 000 salariés), située près d’Orléans. Dès sa fondation, après la guerre, elle a décidé de travailler avec des éleveurs du Centre dont les industriels du lait installés dans l’Ouest ne voulaient pas en raison de leur trop grand éloignement.
Plus récemment, toujours guidée par le souci des éleveurs, LSDH a lancé la marque Cantaveylot avec 29 producteurs menacés, basés dans le Cantal, l’Aveyron et le Lot. LSDH a aussi créé la marque C’est qui le patron ? !, afin de distribuer la production de 80 producteurs bressois. Les deux initiatives rencontrent un vrai succès économique.
Autre exemple en Suède. Handelsbanken, une grande banque, est la plus rentable du pays depuis près de cinquante ans, alors qu’elle sert ses clients de manière inconditionnelle quitte à leur conseiller un produit de la concurrence !
Les entreprises altruistes ne considèrent pas que leurs interlocuteurs externes ont des intérêts opposés aux leurs. Au contraire, elles se mettent à leur service inconditionnel et instaurent ainsi un cercle vertueux de la coopération dont la conséquence est la prospérité de tous. Et des emplois.
• Tribune. Être utile à la société pour survivre
Par Emery Jacquillat, fondateur et PDG de Camif Matelsom
Tribune. Demain, seules survivront les entreprises – et donc leurs emplois – qui sauront prouver leur utilité pour la société. Ces nouveaux modèles plus inclusifs, circulaires et locaux misent sur la coopération plus que sur la compétition effrénée.
En France, la Camif, spécialiste en ligne de l’équipement de la maison, fait partie des toutes premières entreprises à mission. Ainsi que le permet la loi Pacte, nous avons inscrit notre raison d’être dans nos statuts. Au quotidien, la recherche de performance sociale et environnementale est aussi importante à nos yeux que l’atteinte de performance économique.
Notre raison d’être se résume en deux phrases : « Proposer des produits et des services pour la maison au bénéfice de l’homme et de la planète. Mobiliser notre écosystème, collaborer et agir pour imaginer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation. » Nous proposons donc des équipements le plus local et durable possible.
J’ai racheté la Camif en 2009 alors qu’elle mettait la clé sous la porte. Nous avons d’emblée misé sur la coopération entre toutes nos parties prenantes. Un exemple ? Si à l’époque, en pleine crise financière mondiale, nous avons réussi à convaincre les banquiers de nous prêter de l’argent, c’est parce que 95 % de l’emprunt était garanti par la région [alors le Poitou-Charentes]. Elle a compris que nous allions avoir un impact positif sur l’emploi à Niort, où, de fait, notre projet a entraîné, entre autres, l’ouverture d’un centre de relation client et d’un centre de logistique.
Nous avons tissé des liens forts avec 137 fabricants français. 73 % de notre chiffre d’affaires est engendré par le « made in France ». Nous organisons chaque année un « Tour du made in France », avec près de 400 clients qui visitent les usines, participent à des ateliers créatifs avec des ouvriers, des collaborateurs et des experts de l’économie circulaire. Ensemble, nous imaginons et concevons les modèles de demain, notamment les produits Camif Edition. A ce jour, nous réalisons un chiffre d’affaires de près de 40 millions d’euros et nous salarions 60 personnes.
§ Ces trois tribunes font partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec « Courrier international » et Thecamp
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/06/qui-travaillera-demain-les-cooperateurs-ou-les-competiteurs_6028597_3234.html>
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17- Dans l’industrie, la taxe carbone a réduit les émissions de CO2 sans détruire l’emploi, Le Monde, 06/02/20, 18h16
Julien Lemaignen  

Une étude de chercheurs de l’OCDE montre que les économies d’énergie réalisées dans les manufactures en France n’ont pas eu d’effets délétères sur l’emploi. 
Une industrie plus verte grâce à l’augmentation des prix de l’énergie et à la taxe carbone, sans détruire d’emplois ? C’est ce qui s’est passé dans les manufactures françaises ces dernières années, selon une étude d’économistes de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), publiée mardi 4 février.
Fondée sur l’analyse de 8 000 entreprises françaises entre 2001 et 2016, elle montre qu’une hausse de 10 % des prix de l’énergie « fait baisser la consommation d’énergie de 6 % et le niveau des émissions de carbone de 9 % ». La taxe carbone, introduite en 2014, a conduit selon eux à une baisse de 5 % des émissions des manufactures pour l’année 2018.
Ce n’est pas tout : ces économies sont sans effet significatif sur l’emploi. Certes, dans les entreprises touchées par la hausse des prix de l’énergie, le nombre d’employés diminue – « mais dans une moindre mesure », soit 2 %. Surtout, précise l’étude, « au niveau de l’industrie dans son ensemble, l’effet des prix de l’énergie sur la croissance nette de l’emploi est nul en raison du redéploiement de salariés entre entreprises ». Autrement dit, les emplois ne sont pas perdus, mais transférés depuis des sociétés énergivores vers d’autres plus économes.
Ce « redéploiement » peut cependant faire « des gagnants et des perdants », commente Antoine Dechezleprêtre, qui a supervisé l’étude, puisqu’il peut passer par des licenciements. Selon M. Dussaux, l’auteur du rapport, « le secteur vert demande des compétences plus élevées, donc de l’accompagnement » pour former les employés. Les experts préconisent donc de développer une politique de formation professionnelle et d’allocations permettant de soutenir la transition verte.
« Contraintes politiques très fortes »
Ils ont aussi simulé ce qui se passerait si la taxe carbone était augmentée, passant de 45 euros la tonne aujourd’hui à 86 euros : on obtiendrait alors dans la manufacture une « réduction supplémentaire de 6,2 millions de tonnes de carbone, ce qui serait conforme au deuxième budget carbone fixé dans la stratégie nationale pour 2019-2023 ».
Mais ce scénario ne devrait pas se réaliser : 86 euros la tonne de CO2, c’était le montant attendu de la taxe carbone en 2020 ; or le gouvernement a suspendu toute hausse fin 2018 face à la colère des « gilets jaunes », provoquée notamment par le prix des carburants. Pourtant, remarque M. Dechezleprêtre, si les émissions de l’industrie ont « fortement diminué ces dernières années grâce à la taxe carbone et aux quotas, elles ont continué à augmenter chez les ménages », notamment du fait des transports en véhicule personnel.
> Lire aussi  Comprendre la taxe carbone en huit questions
Le montant de la taxe est donc gelé, de nombreux secteurs d’activité, comme l’agriculture, en sont exonérés – même si la Stratégie nationale bas carboneentend « supprimer progressivement » ces exemptions –, tandis que les entreprises les plus polluantes sont soumises à un autre mécanisme, celui des quotas, dans le « marché carbone » à l’échelle européenne. Dans ces conditions, ce levier fiscal reste-t-il pertinent face à l’urgence climatique ?
« Les contraintes politiques sont très fortes sur l’adoption de la taxe carbone », reconnaît M. Dechezleprêtre, mais « elle existe dans de nombreux pays, et dans certains avec de très grands succès ». En Colombie-Britannique par exemple, province de l’ouest du Canada, il a été montré que dans la mesure où la taxe était redistribuée aux contribuables, elle était acceptée socialement. « Elle a aussi dopé l’emploi car les gens ont consommé dans d’autres secteurs que ceux qui sont de gros consommateurs d’énergie », précise-t-il.
La question, pour le chercheur, est celle du « design » de ces politiques. Il est ainsi bienvenu, selon lui, « d’associer les taxes avec des mesures pour l’innovation ou la redistribution ». 
> Lire aussi : A l’étranger, des taxes carbone efficaces et approuvées par la population
L’hypothèse d’une taxe aux frontières de l’Europe
L’Union européenne réfléchit de son côté à un autre mécanisme de fiscalité verte, celui de la taxe carbone aux frontières, consistant à taxer les produits importés en fonction de leur empreinte carbone. Dans une étude publiée début janvier, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime que cette voie est « à explorer » : elle permettrait non seulement d’augmenter le produit de la fiscalité verte, mais serait aussi plus équitable que la taxe sur l’énergie.
La contribution exigée des ménages dépendrait en effet de leur volume d’achats importés, et donc de leurs revenus, tandis que leur consommation d’énergie – notamment le carburant pour les transports – s’avère plus incompressible, et donc moins susceptible de diminuer si le prix augmente.
M. Dechezleprêtre s’interroge toutefois sur la mise en pratique d’une telle initiative : « Il faut être capable de mesurer le contenu en carbone de chaque produit importé en Europe, alors qu’aujourd’hui la chaîne est mondiale et qu’il y a des sites de production partout. Le faire bien demande des données qu’on n’a pas. »Une telle taxe aux frontières exposerait aussi au risque de mesures de rétorsion de la part de pays exportateurs vers l’Europe.
MM. Dussaux et Dechezleprêtre soulignent aussi le manque de données concernant les « fuites de carbone », autrement dit les délocalisations d’activités polluantes dans des pays plus accommodants, un effet pervers des « fiscalités vertes ». « Il faut analyser davantage ces fuites, souligne M. Dussaux, car ce qui est en jeu là, c’est l’efficacité même des mesures de fiscalité environnementale. »
> Lire la chronique : Taxe carbone : « Le rêve d’une Europe évangélisant le monde »
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/06/dans-les-manufactures-la-taxe-carbone-a-reduit-les-emissions-de-co2-sans-detruire-l-emploi_6028688_3244.html>
En savoir plus : 
> Les effets conjugués des prix de l’énergie et de la taxe carbone sur la performance économique et environnementale des entreprises françaises du secteur manufacturier <https://www.oecd-ilibrary.org/fr/environment/les-effets-conjugues-des-prix-de-l-energie-et-de-la-taxe-carbone-sur-la-performance-economique-et-environnementale-des-entreprises-francaises-du-secteur-manufacturier_b8ca827a-fr>, OCDE, 04/02/20
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18- EDF, Thales et Total forment un trio dans l'intelligence artificielle, Les Echos, 06/02/20, 18h39
Hortense Goulard

Les trois entreprises veulent rassembler une quinzaine de chercheurs spécialisés dans l'intelligence artificielle sur le plateau de Saclay. La réussite du projet dépendra de leur capacité à attirer les meilleurs.
Autant mettre les recherches fondamentales en commun. Trois grands industriels français d'horizons différents - l'énergéticien EDF, le pétrolier Total et Thales, groupe versé dans l'aéronautique, la défense ou l'espace -, ont décidé de financer ensemble un laboratoire dédié à l'intelligence artificielle pour faire des cerveaux numériques « une source de croissance et d'emploi ». Un projet qui s'inscrit dans la ligne du  manifeste pour l'intelligence artificielle au service de l'industrie signé début juillet par 14 grands groupes français.
>> Suite à lire sur inscription à :
<https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-thales-et-total-forment-un-trio-dans-lintelligence-artificielle-1169776>
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19- La grève dans les incinérateurs d’Ile-de-France a-t-elle des conséquences sur l’environnement ?, Le Monde, 06/02/20, 20h51
Brice Laemle  

Les fours du site d’Issy-les-Moulineaux ont redémarré mais une grande partie des déchets habituellement brûlés va continuer à être enfouie. 
L’enfouissement de déchets, en raison du mouvement de grève dans des sites d’incinération d’Ile-de-France, provoque-t-il une « catastrophe environnementale » ? C’est ce qu’affirme le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom), organisme qui gère le traitement des déchets des 85 communes franciliennes, dont Paris. Depuis bientôt deux semaines, 40 à 60 % des salariés des usines de Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux et Ivry-sur-Seine ont cessé le travail pour protester contre la réforme des retraites.
Après un deuxième arrêté du préfet de police de Paris réquisitionnant les personnels en grève annoncé lundi, les deux fours d’Issy-les-Moulineaux, destinés à valoriser les ordures ménagères en les brûlant, ont redémarré dans la nuit de mercredi 5 au jeudi 6 février. Cela devrait permettre de traiter de nouveau 1 800 des 6 000 tonnes quotidiennes collectées en Ile-de-France.
Depuis le début du mouvement le 23 janvier, 5 000 tonnes de déchets ont été enfouies chaque jour, soit environ 65 000 tonnes en deux semaines. Actuellement, environ 85 % des détritus sont enfouis, contre 6 % par an habituellement – sur 2,3 millions de tonnes de déchets traitées. L’enfouissement est « la seule solution, mais la pire » d’un point de vue écologique, regrette une porte-parole du Syctom : « Vous enfouissez pour l’éternité. Dans un siècle, ces déchets seront toujours là. »
> Lire aussi  Incinérateurs d’Ile-de-France en grève : les pouvoirs publics réquisitionnent des personnels
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/06/greve-dans-les-incinerateurs-d-ile-de-france-quel-impact-pour-l-environnement_6028663_3244.html>
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20- L'Amazonie selon Bolsonaro, un "rêve" qui fait cauchemarder les indigènes, AFP, 06/02/20, 22:00
Jorge Svartzman

Nouvelle initiative pour construire l'Amazonie "de ses rêves", le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son aval à un projet d'ouverture des terres indigènes à l'exploitation minière qui a été dénoncé comme un "cauchemar" par des écologistes et des chefs autochtones.
Autre mesure hautement controversée : la nomination d'un missionnaire évangélique à la tête du département en charge des indigènes isolés de la Funai, agence publique des affaires autochtones.
De quoi concilier les intérêts de deux des principaux alliés de Bolsonaro : les évangéliques ultra-conservateurs et le lobby de l'agronégoce.
"J'espère que ce rêve va se concrétiser", a déclaré le chef de l'Etat jeudi soir, au moment d'apposer sa signature sur le projet de loi qui sera soumis prochainement au vote du Congrès. 
Mais son point de vue est loin de faire l'unanimité chez les leaders indigènes.
"Bolsonaro, ton rêve est notre cauchemar. Il est synonyme d'extermination, parce que l'orpaillage amène la mort, les maladies, la misère, et prive nos enfants de tout avenir", a réagi jeudi Sonia Guajajara, coordinatrice de l’Assemblée des Peuples Indigènes du Brésil (APIB).
Le fait que le président d'extrême droite continue à œuvrer avec insistance pour imposer sa vision de l'Amazonie montre que les critiques de la communauté internationale au sujet de la recrudescence des incendies de forêts et de la déforestation n'ont pas eu le moindre effet.
Ces dernières semaines, plusieurs diplomates étrangers, notamment européens, ont été invités par le gouvernement, qui a tenté de les convaincre des bienfaits du nouveau projet de loi.
"Le Parlement va subir des pressions des écologistes. Si je pouvais, j'aimerais confiner ces écologistes au beau milieu de l'Amazonie (...) pour qu'ils arrêtent d'embêter les peuples amazoniens depuis la ville", a ironisé Jair Bolsonaro.
- "Énorme préoccupation" -
Le projet de loi qui fait grincer les dents de nombreux leaders indigènes est présenté comme un amendement à l'article 231 de la Constitution. Cet article porte notamment sur l'exploration des richesse minérales et du potentiel hydroélectrique dans les terres réservées aux autochtones. 
D'après le gouvernement, l'absence de règles claires est source d'"insécurité juridique" et encourage par ailleurs les activités illégales. 
Le nouveau texte prévoit notamment "le paiement d'indemnisations aux communautés indigènes" si une partie de leurs terres venait à être utilisée par des personnes venues de l'extérieur.
Au-delà du projet de loi, le gouvernement a également annoncé jeudi que les représentants de la société civile (notamment les ONG) seraient exclus du Fonds National de l'Environnement (FNMA), organe public censé favoriser le développement durable. 
"Ce sont des mesures attendues, parce que le gouvernement a totalement changé les pratiques du passé, compromettant les intérêts des indigènes et la protection de l'environnement", explique à l'AFP Joao Paulo Capobianco, directeur de l'Institut Démocratie et Développement durable (IDS) et ancien vice-ministre de l'Environnement. 
"Il y a une énorme préoccupation, parce que cette politique risque de susciter des tensions internes chez les indigènes", ajoute-t-il, rappelant que Jair Bolsonaro a souvent affirmé disposer du soutien de certains leaders autochtones.
- "Loup dans la bergerie" -
Dans ce contexte, la désignation de l'anthropologue et missionnaire évangélique Ricardo Lopes Dias à la tête de la Coordination des Indigènes isolés de la Funai a été vue par les détracteurs du gouvernement comme une provocation.
Pour l'ONG Survival International, cela revient à "mettre un loup dans la bergerie".
Les peuples dits "isolés" sont ceux qui n'ont pas de contacts permanents avec l'extérieur et la Funai a toujours œuvré jusqu'à présent pour que cet isolement soit maintenu et respecté.
Ricardo Lopes Dias a été membre de 1997 à 2007 du groupe missionnaire d'origine américaine New Tribes Mission (NTM), aujourd'hui connu sous le nom d'Ethnos360, dont l'objectif est d'évangéliser les peuples autochtones. 
Il a beau s'être engagé à exercer ces nouvelles fonctions en tant qu’anthropologue et non en tant qu'évangélisateur, les défenseurs des indigènes sont sur leurs gardes. 
"Nos aïeuls ont beaucoup souffert à cause du prosélytisme des missionnaires, qui les ont abordés avec des mensonges, de la violence et des menaces de mort", a affirmé la Coordination des Organisations indigènes de l'Amazonie brésilienne (COIAB).
<https://www.geo.fr/environnement/lamazonie-selon-bolsonaro-un-reve-qui-fait-cauchemarder-les-indigenes-199802>
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21- Entretien. "La RSE traditionnelle doit faire place à la responsabilité morale des entreprises", Fabrice Bonnifet, président du C3D, Novethic, 06/02/20
Propos recueillis par Béatrice Héraud

2020 doit être une décennie décisive pour le changement de système économique. Face au dérèglement climatique, à l'effondrement de la biodiversité et à la montée des inégalités, les entreprises ont un rôle à jouer mais doivent bouleverser leurs business models. Et les directeurs développement durable sont aux avant-postes, explique Fabrice Bonnifet, président du C3D, le collège des directeurs développement durable et Directeur Développement Durable de Bouygues. 
Novethic. Lors de vos vœux à la communauté des Directeurs développement durable, vous avez dressé un constat alarmiste sur l’état de de la planète et le rôle des entreprises. La logique de Responsabilité sociétale des entreprises RSE) n’a-t-elle servi à rien ? 
Fabrice Bonnifet. Ces dernières années ont vraiment permis une prise de conscience de la part de tous les acteurs économiques et financiers. Mais cela n’a pas permis de modifier les modèles d’affaires. 50 ans après le rapport du Club de Rome, notre modèle de développement est toujours basé sur la prédation du vivant et des ressources naturelles pour améliorer le confort matériel d’une minorité de terriens sans forcément contribuer à leur bonheur. En cela, la RSE, la responsabilité sociétale traditionnelle, c’est-à-dire de conformité, est clairement insuffisante. Elle doit être rapidement remplacée par la RME, la responsabilité morale des entreprises.
>> Suite à lire à :
<https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/la-rse-de-conformite-a-montre-son-insuffisance-elle-doit-faire-place-a-la-responsabilite-morale-des-entreprises-fabrice-bonnifet-c3d-148191.html>
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22- Pour Yann Arthus-Bertrand, "aujourd'hui, les héros de l'écologie sont des femmes", AFP, 08/02/20, 11:00
Séverine Rouby

Ses photos aériennes l'ont fait connaitre dans le monde entier. C'est désormais aux femmes, les "héroïnes de l'écologie d'aujourd'hui", que s'intéresse Yann Arthus-Bertrand dans son documentaire "Woman", présenté au festival de Luchon avant sa sortie en salles le 4 mars.
Une certitude pour le réalisateur et photographe défenseur de la planète : "Les héroïnes de l'écologie sont des femmes, de Rachel Carson dans les années 60 à Greta Thunberg aujourd'hui, en passant par la primatologue Jane Goodall", qui était son "idole" quand il était plus jeune. 
L'environnement n'est toutefois pas au cœur de "Woman", récompensé à la Mostra de Venise et qui fait suite au film "Human", série de portraits par lequel le photographe voulait "remettre l'humain au cœur de son travail". 
"Je pense que les femmes ont cette capacité à protéger la vie que nous les hommes avons perdue", affirme le photographe à l'AFP.
Pour "Woman", réalisé avec Anastasia Mikova, l'équipe a rencontré 2.000 femmes dans 50 pays et Yann Arthus-Bertrand a "compris beaucoup de choses" notamment "le travail de sa mère" que ce fils d'une famille de sept enfants "ne respectait pas du tout".
Invité d'honneur du festival de Luchon, le photographe écologiste de 73 ans a profité de l'occasion pour sensibiliser le public sur l'environnement tout en revenant sur son parcours.
"Quand j'étais jeune et que j'avais les cheveux bruns, je m'occupais d'une réserve dans l'Allier, à l'époque je suis tombé amoureux de la mère de ma meilleure amie, on est restés 10 ans ensemble. Mon idole, c'était Jane Goodall, je voulais faire la même chose qu'elle mais avec des lions", raconte-t-il.
Il part vivre dans une réserve au Kenya où il photographie des lions dans la perspective d'une thèse. Il y rencontre sa femme, qui écrit ses textes.
"Finalement on fait un livre et je ne deviens pas scientifique, je deviens photographe. Je fais mon premier livre sur Paris et je prends autant de plaisir à photographier ma ville que la jungle", poursuit-il.
Il travaille pour des magazines (Geo, National Geographic) puis inspiré par le travail du photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado, il part faire les photos de "La terre vue du ciel", travail qui a "changé sa vie".
- Fan de Greta -
"Le graphisme est très important dans mon travail, j'essaie de faire beau pour le côté positif", décrit-il devant ses clichés les plus connus comme le cœur percé dans la forêt déboisée ("aujourd'hui 40% des mangroves ont disparu") ou l'ouvrier ivoirien allongé sur des sacs de coton ("c'était du coton bio et l'usine a dû fermer face à la concurrence des Américains subventionnés").
"Quand je suis né, on était 2 milliards sur la planète. Maintenant on est 8 milliards. L'homme est en train de consommer la terre", déplore-t-il en égrenant les terribles chiffres de la déforestation, du réchauffement climatique et de la disparition des espèces, des problématiques qu'il explore dans son prochain film "Legacy", suite de "Home" en cours de montage.
S'il pense "qu'on a perdu la bataille du changement climatique", il tient à présenter des moyens d'action à son public : "arrêter de manger de la viande industrielle, manger bio", "limiter ses déplacements en avion au strict nécessaire". "Moi j'ai arrêté car je l'ai tellement pris dans ma vie que je suis le premier à devoir le faire !"
Sur l'avion, c'est Greta Thunberg qui l'a inspiré : "La radicalisation de Greta est extraordinaire, ce qu'elle a réussi à faire personne n'y était arrivé avant elle", s'enthousiasme-t-il.
En grand admirateur de la jeune Suédoise, c'est avec des sanglots dans la voix qu'il conclut sa conférence en racontant que son arrière grand-père illustrait des livres de voyage avec des animaux qui existent encore. Et se demande jusqu'à quand ses propres petits enfants pourront voir des lions.
<https://information.tv5monde.com/culture/pour-yann-arthus-bertrand-aujourd-hui-les-heros-de-l-ecologie-sont-des-femmes-345749>
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23- Rocio Berenguer, chorégraphe de l’après-anthropocène, Le Monde, 08/02/20, 19h00
Catherine Mary

La jeune artiste espagnole a dialogué avec des chercheurs pour imaginer un spectacle où l’humain se voit contraint de dialoguer avec les autres règnes peuplant la Terre. 
Une femme accouche d’un robot araignée qui se met aussitôt en mouvement et entre en relation avec les représentants de chacun des occupants de la planète Terre – animaux, végétaux, minéraux et humains. G5, la dernière création de l’artiste Rocio Berenguer, met en scène un mythe post-anthropocène dans lequel l’humain est contraint de dialoguer avec les représentants des autres règnes au sujet de l’avenir de la planète.
Regard vif et profond, courtes mèches décolorées qu’elle rabat d’un geste régulier, Rocio Berenguer est assise les pieds ballants au bord de la scène du théâtre Hexagone, à Meylan (Isère), revêtue d’un costume à longs poils synthétiques qui lui donne une allure de yeti. Face à elle, une vingtaine de chercheurs (anthropologues, géologues, linguistes et biologistes) assistent aux premières répétitions de G5.
> Lire aussi  L’ONU propose de protéger 30 % de la planète d’ici à 2030
Tous ont été impliqués dans le travail de recherche préparatoire au spectacle, soutenu par un financement du consortium ARTificial Intelligence Lab, de l’Union européenne, qui invite artistes et scientifiques à échanger, sur les enjeux humains et philosophiques du développement de l’intelligence artificielle. Rocio Berenguer s’est imprégnée de connaissances sur des sujets aussi divers que la présence de la magnétite dans les minéraux et chez les êtres vivants, le fonctionnement de la mémoire ou les relations entre langage et pouvoir.
« Une utopie des temps de la fin »
« Elle tente de mettre en place quelque chose qui est dans l’air du temps. Cette idée de mettre en relation le monde minéral et le monde de l’intelligence artificielle était intéressante, car on a tendance à ne penser qu’à la relation entre les humains, les animaux et les végétaux », observe le géologue Henri-Claude Nataf, de l’université de Grenoble Alpes.
« Elle s’inspire du G20, qui est emblématique de la posture politique de l’homme moderne. Il y a toujours un côté absurde à mettre en scène ce format très situé politiquement et culturellement et à l’utiliser comme modèle d’une politique planétaire, analyse l’anthropologue Marc Higgin, de la même université. Rocio déconstruit les savoirs par le questionnement. Lors de nos rencontres, nous étions toujours dans la discussion, avec une volonté de sortir d’une vision anthropocentrée et de se poser la question : “C’est quoi le monde pour un champignon ou pour un chien ?” »
> Lire aussi  « Anthropocène, l’époque humaine » : vues panoramiques de l’apocalypse
« Elle propose une utopie des temps de la fin et elle y va franchement, avec un questionnement critique déconstruisant les codes et les langages qui structurent les hiérarchies entre les espèces, renchérit Dominique Roland, du Centre des arts d’Enghien-les-Bains. Elle a une véritable capacité à appréhender des questions de société selon une démarche qui est à la fois celle d’une artiste et celle d’une chercheuse. » « Elle a une imagination débordante et infantile au bon sens du terme, qui rend possible la liberté des autres », complète le philosophe Emanuele Coccia.
Contre-culture espagnole
Arrivée en France en 2012, Rocio Berenguer est née en 1987, à Barcelone, d’un père catalan et d’une mère andalouse, et d’elle émane un mélange de fragilité assumée, d’excentricité et de détermination, rappelant certains personnages du cinéaste Pedro Almodovar. Son père, Josep Maria Berenguer, était une figure de la bande dessinée espagnole et la revue El Vibora (« la vipère »), qu’il avait créée en 1979, est emblématique de la movida, la contre-culture de la période post-franquisme. Fondée sur un esprit transgressif teinté d’humour et traitant autant de sexe que de critique sociale, El Vibora introduisit en Espagne des auteurs comme le Français Philippe Vuillemin ou l’Américain Art Spiegelman.
Les éditions La Cupula, qui publiaient la revue, tiennent leur nom de la maison en forme de vaisseau spatial que Josep Maria Berenguer avait conçue dans les années 1970 et dans laquelle grandit Rocio Berenguer. « Ça m’a forgé une culture politique, mais tout n’a pas été aussi simple et j’ai aussi traversé des épreuves. J’ai hérité de tout cela, et il y a donc eu un désenchantement. Il a fallu que je trouve une manière d’être qui soit ni pour ni contre, mais avec le monde », nuance-t-elle.
« J’ai payé avec mon corps »
A l’adolescence, elle plonge dans la philosophie grâce à la découverte des philosophes grecs dont elle se souvient aujourd’hui comme d’une rencontre. A la même époque, elle devient anorexique. « J’ai retourné la violence contre moi et j’ai payé avec mon corps, car mon corps, c’est la charnière. C’est sur le corps des femmes que la société exerce son emprise, une emprise tellement forte, au niveau de l’image, au niveau symbolique, au niveau des représentations, que c’est très lourd de porter tout cela », décrypte-t-elle.
Elle quitte l’école à 15 ans pour un emploi de serveuse dans un bar, avant d’être contactée par un agent qui l’a repérée dans un casting quelques années auparavant. Il lui propose un rôle dans une série catalane populaire, El Cor de la ciutat (« le cœur de la ville »), dont elle devient durant quatre ans l’un des personnages principaux. Elle accède à la notoriété et son salaire mensuel de 5 000 euros lui permet de gagner son autonomie, qu’elle recherchait. Elle apprend aussi le métier de comédienne, suit des enseignements en yoga et en flamenco, et poursuit un travail d’écriture mêlant théâtre et poésie.
Une errance et un déclic
Elle se sent toutefois tiraillée entre les concessions que lui imposent son métier d’actrice et son aspiration à une vie plus libre. Un jour, elle craque. Elle s’égare dans son quartier à deux rues de chez elle et erre durant plusieurs heures avant de retrouver son chemin. Elle décide alors de recentrer son existence autour de l’art et lâche son agent et son rôle dans la série télé.
Elle s’embarque avec 100 euros en poche pour le nord de la France, dort les premières nuits dans des gares, et commence une période nomade de deux ans en France, en Italie, en Espagne et au Maroc. Elle s’initie au cirque contemporain et à l’art du cabaret en rejoignant la Macabra, un lieu artistique autogéré, installé dans un hangar désaffecté à Barcelone. Elle s’approprie aussi son héritage andalou en séjournant à Grenade, sur la colline de Sacromonte, où elle se perfectionne en flamenco et squatte une cabane dans un jardin abandonné, qu’elle transforme en lieu d’échange et de partage.
Elle écrit alors son premier court-métrage, Plumas de asfalto, et crée sa compagnie, Pulso, avant de s’embarquer pour Marseille, en 2012, où elle se forme aux arts de la rue à la FAI-AR, la Formation supérieure d’art en espace public. La question du corps la taraude, qu’il soit façonné par les codes comportementaux, au cœur d’enjeux identitaires, ou colonisé par la médecine ou par la technologie.
En 2014, elle crée Corps/Non-Lieu, une chorégraphie questionnant les images produites par les corps se mouvant dans l’espace public, du point de vue de la caméra de vidéosurveillance, suivie d’une série de créations sur le statut du corps contemporain. Dans son spectacle Ergonomics, elle met ainsi en scène le lancement fictif d’un nouveau produit intitulé « smart body », un corps parfait. « Soyez la version idéale de vous-même », scande une voix synthétique sur fond de musique électronique, tandis que les spectateurs sont invités à participer à l’événement en imitant les gestes chorégraphiés par une hôtesse.
G5 a été présenté sous la forme d’un spectacle de danse pour la première fois au 104, à Paris, le 9 février. Avec ce spectacle, qui sera aussi produit dans le cadre de la Biennale Arts Sciences Experimenta, à Grenoble, elle élargit son questionnement à la relation entre le corps humain et celui des représentants des autres règnes. « Il y a une arrogance dans la conception de l’humain qui est en train de se briser par obligation. Cette fissure-là pour moi est une terre fertile. Elle est un nouveau terrain des possibles », conclut-elle.
> Lire aussi  « Il y a vraiment eu une prolifération des fictions apocalyptiques »
<https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/08/rocio-berenguer-choregraphe-de-l-apres-anthropocene_6028924_1650684.html>
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En audio
24- Philippe Descola : l’anthropologie comme écologie des relations, France Inter, La Terre au carré, 31/01/20, de 13h30 à 14h30

Considéré comme un des grands anthropologues français du XXe siècle, Philippe Descola nous restitue les grandes étapes de son parcours et nous introduit de manière vivante à la pratique de l’anthropologie et à une « écologie des relations ».
Invité du jour
Philippe Descola est anthropologue, titulaire de la chaire d’anthropologie de la nature au Collège de France de 2000 à 2019. Il vient de prendre sa retraite. 
Il est auteur de Une écologie des relations, éditions du CNRS, septembre 2019.
Cet ouvrage fait partie de la collection « De vive voix » qui offre une tribune aux lauréats de la médaille d’or du CNRS. Dans un format court et accessible, Philipe Descola revient sur son parcours intellectuel, de sa formation universitaire jusqu’au développement des thèses et des travaux qui l’ont fait connaitre. 
> Emission (55 min) à réécouter à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-31-janvier-2020 <https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-31-janvier-2020>>
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25- Une histoire environnementale des idées, France Inter, La Terre au Carré, 03/02/20, de 13h30 à 14h30
Mathieu Vidard

Avec « Abondance et liberté », le philosophe Pierre Charbonnier, qui étudie les liens entre science politique et questions environnementales, prend le temps long du détour historique pour saisir l'urgence écologique.
Invité du jour
Pierre Charbonnier philosophe, ancien élève de l’École normale supérieure, chargé de recherches au CNRS et membre du Laboratoire Interdisciplinaire d'Etudes sur les Réflexivités (LIER), à l'EHESS. 
Sous la forme d’une magistrale enquête philosophique et historique, ce livre propose une histoire environnementale des idées politiques modernes. Il ambitionne de montrer comment toutes, qu’elles se revendiquent ou non de l’idéal écologiste, sont informées par une certaine conception du rapport à la terre et à l’environnement.
Il est l'auteur de Abondance et liberté, Une histoire environnementale des idées politiques, (ed. La découverte).
>> Emission (54 min) à (ré)écouter à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-03-fevrier-2020>
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26- Sortir de la croissance avec Eloi Laurent, France Inter, CO2 Mon Amour, 09/02/20, 13h20
Denis Cheissoux

L'obsession mondiale de la croissance conduit nos sociétés à un certain nombre de crises, d'impasses et de désillusions. L'économiste Eloi Laurent propose un autre modèle politique, social et écologique, où le PIB ne serait plus le moteur principal. 
L'invité 
Le début de notre XXIe siècle est frappé par une triple crise, sociale, écologique et démocratique. La recherche permanente de la croissance, nous empêche de réfléchir à un modèle alternatif, qui n'engendrerait ni souffrance sociale, ni destruction de la planète. La transition du bien-être, dont Eloi Laurent affirme la nécessité et démontre la faisabilité, propose de sortir de ces impasses en sortant de la croissance.
Ce livre lève le voile sur tout ce que la croissance nous cache : corrosion des inégalités, récession démocratique, fin du loisir, mondialisation de la solitude, pesanteur de l'économie sur la biosphère... Mais nous pouvons et devons aller plus loin, en développant des alternatives robustes et en bâtissant des justes institutions. Cela tombe bien : il existe pléthore d'indicateurs de bien-être humain fiables, ainsi que quantité de réformes simples et d'application immédiate qui permettront de donner vie à la transition du bien-être à tous les niveaux de gouvernement - européen, national, dans les territoires comme dans les entreprises.
Il ne s'agit pas de changer d'indicateurs : il faut changer de vision, de valeurs, de volonté.
§ Eloi Laurent, Sortir de la croissance, mode d'emploi. Editions Les Liens qui Libèrent <http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Sortir_de_la_croissance,_mode_d%E2%80%99emploi-9791020907769-1-1-0-1.html>. 
Emission (37 min) à (ré)écouter à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-09-fevrier-2020>
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En images
27- Joaquin Phoenix en chirurgien pour sauver la planète dans un court métrage militant, France info Culture avec agences, 08/02/20, 20:00

L'acteur américain Joaquin Phoenix, très engagé dans la lutte pour le climat, a participé à un film militant de 3'30 minutes pour la survie de la planète
>> Court métrage (03:34) à voir à :
<https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/joaquin-phoenix-en-chirurgien-pour-sauver-la-planete-dans-un-court-metrage-militant_3817923.html>
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Une publication
28- Abondance et liberté  - Une histoire environnementale des idées politiques, de Pierre Charbonnier, Editions La Découverte, 02/01/20

Sous la forme d'une magistrale enquête philosophique et historique, ce livre propose une histoire inédite : une histoire environnementale des idées politiques modernes. Il n'ambitionne donc pas de chercher dans ces dernières les germes de la pensée écologique (comme d'autres l'ont fait), mais bien de montrer comment toutes, qu'elles se revendiquent ou non de l'idéal écologiste, sont informées par une certaine conception du rapport à la terre et à l'environnement. Il se trouve que les principales catégories politiques de la modernité se sont fondées sur l'idée d'une amélioration de la nature, d'une victoire décisive sur ses avarices et d'une illimitation de l'accès aux ressources terrestres. 
Ainsi la société politique d'individus libres, égaux et prospères voulue par les Modernes s'est-elle pensée, notamment avec l'essor de l'industrie assimilé au progrès, comme affranchie vis-à-vis des pesanteurs du monde. Or ce pacte entre démocratie et croissance est aujourd'hui remis en question par le changement climatique et le bouleversement des équilibres écologiques. Il nous revient donc de donner un nouvel horizon à l'idéal d'émancipation politique, étant entendu que celui-ci ne peut plus reposer sur les promesses d'extension infinie du capitalisme industriel. Pour y parvenir, l'écologie doit hériter du socialisme du XIXe siècle la capacité qu'il a eue de réagir au grand choc géo-écologique de l'industrialisation. 
Mais elle doit redéployer l'impératif de protection de la société dans une nouvelle direction, qui prenne acte de la solidarité des groupes sociaux avec leurs milieux dans un monde transformé par le changement climatique.
A propos de l’auteur
Philosophe, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé et docteur en philosophie, Pierre Charbonnier est actuellement chargé de recherches au CNRS. Il est l’auteur de La Fin d’un grand partage (CNRS, 2015), d’un livre d’entretiens avec Philippe Descola, La Composition des mondes (Flammarion, 2014) et d'Abondance et liberté (La Découverte, 2019).
Abondance et liberté  - Une histoire environnementale des idées politiques, de Pierre Charbonnier, Editions La Découverte, 02/01/20, ISBN : 978-2-348-05838-7, EAN : 9782348058387, 475 pages, 24 € ou 16,99 € en e-book.
<https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Abondance_et_libert__-9782348046780.html>
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Deux annonces
29- 847 000 européens exigent la fin de l'impunité des multinationales et de l'arbitrage entre investisseurs et Etats, Collectif Stop TAFTA, 07/02/20

Info de la campagne "Stop impunité : des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales"
Depuis janvier 2019, un collectif composé de plus de 200 organisations de la société civile issues de 16 pays de l’Union européenne - dont plus de 40 en France - ont animé une grande campagne de mobilisation citoyenne intitulée “des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales”. Une pétition, réunissant 847 000 signataires à sa clôture fin janvier 2020, interpelle les dirigeants des institutions européennes et des Etats membres sur la nécessité d’instaurer des règles contraignantes sur le respect des droits humains et de l’environnement par les entreprises multinationales, et de mettre fin aux privilèges dont elles bénéficient via les accords d’investissement (tribunaux d'arbitrage, ISDS etc).
En France, ce sont 56 député.e.s européen.ne.s qui ont pris des engagements en la matière, lors des dernières élections. Le vote sur les accords commerce et investissement entre l'UE et le Vietnam ce mardi 11 février 2020 leur offre une première opportunité concrète de passer de la parole aux actes : il serait inconcevable que les eurodéputé.e.s ratifient des accords qui vont encore accroître le pouvoir des entreprises multinationales au détriment des droits humains et de l'environnement.
Les 46 organisations françaises membres de cette campagne ont écrit au Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, le 13 janvier dernier, pour le rencontrer afin de l’entretenir de ces exigences collectives et lui remettre la pétition. Nous attendons sa réponse.
Notes :
> Le texte de la pétition et le dossier de presse de janvier 2019 <http://r.email.collectifstoptafta.org/mk/cl/f/zThXibOoO48-oHxlBSSQOjjRrR27hk-92xNXb7eQs4UELgsbM9o1N-SRKeSJnSg2IWVH_u8sZzAccEDjitcEqBLHRsWP9zul3YKgqA1tV7g5vfM4-oT2AVOVvJ2chsLKotQo4yC2IV_seYjv0Cm_xSgA2Hgia3yyiU7r7q0Ctk1BupLqyPCBvMlYqmNNpgStk5HJ5U52Rambl_AlkFNZm_7XHIfmxSbH55WlyNNhIiU1PAzg2g>
> Liste des députés européens <http://r.email.collectifstoptafta.org/mk/cl/f/L4qlMPNwl_EinSr8n2BQtMkQOEdcN_BG8gf6sHDvUiNGcIxUKVXWDf_ftjFdFhWtMN_sIAzFunjf1C1KqMBOXMdAXN1lhpVXXYNFr879aPrcLPPxIe9RKiKA8jX_LgbgCJESTc9Z1K2UcP_qKawwYvKBmzFlogMJk4KlFmES0cM7e8e00lp_i_fl2vRv4ZW3d0afkXYzr-Sp2NqgUnCJBCpUemZm-acN1whSxt8uHIZLgL3YFWh4> qui ont pris des engagements
> Lettre au ministère des affaires étrangères du 13 janvier 2020 <http://r.email.collectifstoptafta.org/mk/cl/f/gZ94cDguD7XQTeJqmWI1OJ4cGS0FlAITglAPWDVzWQaQLBIn5s1PDl_RxCl2brZBTPQBR_CQeRnaJc8dTagSJ87pDjZWAt05w9nUwMcxQ27iF37LuanmVDJpAUkassiOIC3IBhhCVnflGHpBGW-i4U-V2LLIaIgGBwO8VIZpnW2Y4XMlINBqvUkQiNLf-bOHvhKbGQVptVtriIXl4HZEw2j1AUxsbBNxg78PchiT> : Demande de rendez-vous à Monsieur Le Drian et Madame de Montchalin
<http://r.email.collectifstoptafta.org/mk/mr/Kk-57L2yY2oh7_vbSaFwIfZNM6LIhCh9jNw1WYetzeNk50SpqZn9lnig1LBU6S6ia3BxUb7UawD3Hhf0U8PnwUF2TENDmnif3rTU2y08TMK87ZLQOMdxFGM>
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30- Save the date. Forum-débat : Démocratie locale et implication citoyenne, évènement de clôture du Collège des transitions sociétales 2020, Polytech de Nantes, le 04/06/20, de 16h50 à 22h30

A l’occasion de la clôture de la session 2020 du Collège des transitions sociétales, les auditeurs vous invitent au forum-débat : 
Démocratie locale et implication citoyenne : Quelles réponses face à l'urgence écologique et sociale ?
Jeudi 4 juin 2020 de 16h50-22h30, à POLYTECH de Nantes
Organisé et animé par les auditeurs du Collège des transitions sociétales.
Responsables de collectivités (élu.es <http://xn--lu-9ia.es/> ou services), de l’Etat, d’associations, d’entreprises, cet évènement est pour vous !
En présence de Jo Spiegel, Loïc Blondiaux, Jean-François Caron, Benoit Couteau, Christian Proust, Séverine Bellina, Carine Dartiguepeyrou, Claire Roumet, Marie-Hélène Bacqué, Jean-Christophe Lipovac, Sandra Rataud…
Face à l’urgence écologique (extinction du vivant, mur climatique…) et sociale, des décisions majeures doivent être prises à toutes les échelles, dont celles de nos territoires, de nos « bassins de vie ».
Ces changements structurels vont nécessiter la mobilisation et l’implication du plus grand nombre, pour faire ensemble : collectivités (élu.es <http://xn--lu-9ia.es/>, services), Etat, société civile (associations et entreprises).
Mais, au regard de la crise de confiance démocratique actuelle*, quelles réponses apporter au niveau local ? Quelles formes et démarches d’implication citoyenne pour répondre à ces enjeux ? Quels dispositifs, pour quelles finalités ? Quelles modalités et qualités relationnelles entre acteurs ? La société civile a-t-elle vraiment envie de participer, de s'impliquer ? Quels enseignements tirer des différentes expériences en cours ?
Telles sont les questions que les auditeurs de la session 2020 explorent cette année, au travers de rencontres, de lectures et d’échanges.
* Voir par exemple le baromètre 2009-2019 du CEVIPOF
> Venez explorer, partager et contribuer à faire émerger vos utopies réalistes
<https://web.imt-atlantique.fr/x-de/cts-pdl/index.php?page=2019-2020 <https://web.imt-atlantique.fr/x-de/cts-pdl/index.php?page=2019-2020>>
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Cette revue de presse s’inscrit dans la mission éducative de notre Fondation, au statut apolitique et non confessionnelle, et vise à répondre aux souhaits d’information et de sensibilisation des abonnés.
Elle n’a pas de caractère exhaustif. Il s’agit d’une sélection pluraliste d’articles ou de dépêches, parfois antagonistes, ne faisant pas systématiquement la Une des journaux et regroupés en 6 thèmes, adressée par mail du lundi au vendredi, à raison d’un thème différent chaque jour.
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NOS PUBLICATIONS (les plus récentes) 
– Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>, janvier 2020
– Oui, les alternatives techniques aux néonicotinoïdes existent <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/oui-les-alternatives-techniques-aux-neonicotinoides-existent/?page=0&domaines1%5B%5D=32&domaines2%5B%5D=32&domaines3%5B%5D=32>, mai 2016
– Mettre la politique monétaire au service de l’avenir <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/mettre-la-politique-monetaire-au-service-de-lavenir/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, mai 2016
– Rapport mobiliser les financements pour le climat <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/rapport-mobiliser-les-financements-pour-le-climat/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, février 2016
– Alimentation et climat : enjeux et solutions à différentes échelles <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/alimentation-et-climat-enjeux-et-solutions-differentes-echelles/?page=0&domaines1%5B%5D=32&domaines2%5B%5D=32&domaines3%5B%5D=32>, décembre 2015
– Solaire photovoltaïque : 25% de l'électricité mondiale bas carbone d'ici 2050 ! <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/solaire-photovoltaique-25-de-lelectricite-mondiale-bas-carbone-dici-2050/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, novembre 2015
– Les révolutions invisibles, un livre pour comprendre le monde qui vient <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/revolution-invisible-un-livre-pour-comprendre-le-monde-qui-vient>, août 2015
– Une revue consacrée aux liens entre environnement et inégalités sociales <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/une-revue-consacree-aux-liens-entre-environnement-et-inegalites-sociales/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, juin 2015
– Démocratie participative : guide des outils pour agir <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/publication_etat_deslieaux_democratie_participative_0.pdf>, Etat des lieux & Analyses n°3, nouvelle édition, mars 2015
– Mobilité au quotidien - Comment lutter contre la précarité ? <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-mobilite-precarite.pdf>, Etat des lieux & Analyses, septembre 2014
– Etude. Les solutions de mobilité soutenable en milieu rural et périurbain <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-solution-mobilite-soutenable.pdf>, Fondation Nicolas Hulot & RAC France, juillet 2014
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