[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur agriculture (dont OGM), alimentation, forêt, pêche, apiculture et jardinage (jeudi 18 juin)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Jeu 18 Juin 07:36:10 CEST 2020


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Filets, casiers, lignes... Des engins de pêche connectés par satellite pour limiter la pollution plastique des océans <https://www.20minutes.fr/planete/2794383-20200607-filets-casiers-lignes-engins-peche-connectes-satellite-limiter-pollution-plastique-oceans>, 20 Minutes, 07/06/20, 23h19
2- Guadeloupe. Goyave : ouverture d'une enquête après le saccage des bananeraies et les menaces de mort à l'encontre des planteurs <https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/basse-terre/goyave/goyave-ouverture-enquete-apres-saccage-bananeraies-menaces-mort-encontre-planteurs-840788.html>, La 1ère, 08/06/20, 18h19
3- Reportage. L’Alsace, tête de pont d’une filière française du lin à très fort potentiel <https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/09/l-alsace-tete-de-pont-d-une-filiere-francaise-du-lin-a-tres-fort-potentiel_6042232_3234.html>, Le Monde, 09/06/20, 10h28
4- Les exportations de poissons pèsent plus que la viande, le tabac, le riz et le sucre réunis <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/09/les-exportations-de-poissons-pesent-plus-que-la-viande-le-tabac-le-riz-et-le-sucre-reunis_6042204_3244.html>, Le Monde, maj le 09/06/20 à 12h21
5- Reportage. Le karité, « or des femmes » en Côte d’Ivoire <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/09/le-karite-or-des-femmes-en-cote-d-ivoire_6042256_3212.html>, Le Monde Afrique, 09/06/20, 12h30
6- Tribune. Il faut « instaurer une démocratie alimentaire qui vise une meilleure santé économique, sociale, environnementale et humaine » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/09/il-faut-instaurer-une-democratie-alimentaire-qui-vise-une-meilleure-sante-economique-sociale-environnementale-et-humaine_6042287_3232.html>, Le Monde, 09/06/20, 18h48 
7- Lait infantile, confiseries et céréales contiennent des nanomatériaux <https://reporterre.net/Lait-infantile-confiseries-et-cereales-contiennent-des-nanomateriaux>, Reporterre, 09/06/20
8- La nouvelle politique alimentaire de l’UE risque d’encourager l’agriculture non durable hors Europe <https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/new-sustainable-food-policy-bears-risk-of-unsustainable-imports-ministers-warn/>, EurActiv, 10/06/20, 09:18
9- Le Choucas des tours, destructeur de récoltes : l'oiseau est pourtant protégé <https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/choucas-tours-destructeur-recoltes-oiseau-est-pourtant-protege-1839144.html>, France 3 Bretagne, 10/06/20, 10:30
10- Au Pakistan, on transforme les criquets pèlerins en aliments pour poulets <https://www.geo.fr/environnement/au-pakistan-on-transforme-les-criquets-pelerins-en-aliments-pour-poulets-200894>, AFP, 10/06/20, 15:00
11- Paysans, riverains... Dans le Rhône, des collectifs se battent pour préserver des terres agricoles <https://reporterre.net/Paysans-riverains-Dans-le-Rhone-des-collectifs-se-battent-pour-preserver-des-terres>, Reporterre, 10/06/20
12- Odeurs non-conscientes et trop plein d’informations : lien entre surpoids et environnement obésogène ? <https://www.inrae.fr/actualites/odeurs-non-conscientes-trop-plein-dinformations-lien-entre-surpoids-environnement-obesogene>, INRAE, communiqué du 10/06/20
13- Lactalis va baisser le prix du lait payé aux éleveurs <https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/11/lactalis-va-baisser-le-prix-du-lait-paye-aux-eleveurs-en-2020_6042504_3234.html>, Le Monde, 11/06/20, 11h
14- Colombie : une famille paysanne séduit YouTube avec des "tuyaux" pour les citadins <https://information.tv5monde.com/info/colombie-une-famille-paysanne-seduit-youtube-avec-des-tuyaux-pour-les-citadins-362896>, AFP, 11/06/20, 17:00
15- Pourquoi notre santé et celle de la planète se jouent dans nos assiettes <https://theconversation.com/pourquoi-notre-sante-et-celle-de-la-planete-se-jouent-dans-nos-assiettes-140500>, The Conversation, 11/06/20, 19:17 
16- Les potagers, planche de salut des restaurateurs <https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2020/06/12/les-potagers-planche-de-salut-des-restaurateurs_6042631_4497319.html>, Le Monde, 12/06/20, 13h50
17- A Tchernobyl, des scientifiques mesurent le désastre après des incendies record <https://information.tv5monde.com/info/tchernobyl-des-scientifiques-mesurent-le-desastre-apres-des-incendies-record-363110>, AFP, 13/06/20, 09:00
18- Nanoparticules : lait infantile, bonbons, 900 produits alimentaires sont concernés ! <https://www.lalsace.fr/magazine-sante/2020/06/13/nanoparticules-lait-infantile-bonbons-900-produits-alimentaires-sont-concernes>, Les DNA, 13/06/20, 18:00
19- Reportage. A Beaucaire, les saisonniers étrangers, entre conditions de vie difficiles et crainte du coronavirus <https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/13/a-beaucaire-les-saisonniers-etrangers-entre-conditions-de-vie-difficiles-et-crainte-du-coronavirus_6042770_3244.html>, Le Monde, 13/06/20, 22h21
En images
20- Le retour des saisonniers dans les champs de cerises ou de fraises <https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/le-retour-des-saisonniers-dans-les-champs-de-cerises-ou-de-fraises-69387970.html>, TF1, journal de 20h, 09/06/20
21- Voici les conseils d’un expert pour acheter du poisson véritablement issu de la pêche durable <https://positivr.fr/video-comment-choisir-un-poisson-reellement-issu-de-la-peche-durable/>, Positivr, 09/06/20
22- Lin : les stocks s'accumulent <https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/lin-les-stocks-saccumulent-78660724.html>, TF1, journal de 20h, 10/06/20

Bien à vous,
Florence

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ALTERNATIVES DU JOUR : — La société toulousaine CLS vient de mettre au point des balises connectées pour les filets et autres casiers de pêche, afin de limiter la pollution plastique des océans. (cf. item 1)
— A la faveur de la crise sanitaire, un industriel alsacien est en passe de réussir son dernier pari : créer une filière textile 100 % française consacrée au lin. (cf. item 3 & 22)
— En Côte d’ivoire, la récolte de karité qui commence va fournir un revenu à plus de 42 000 collectrices, transformatrices et vendeuses de cette filière en plein développement. (cf. item 5)
— Confronté à la pire invasion de criquets pèlerins depuis 25 ans, qui ravage les cultures et menace la sécurité alimentaire, le Pakistan a développé un projet pilote pour transformer ces insectes riches en protéines en nourriture pour poulets. (cf. item 10)
— Comment semer de la menthe ou des oignons, créer un jardin vertical, domestiquer un petit cochon ou préparer de la confiture de lait ou comment une famille paysanne traditionnelle de Colombie a réussi à élever son niveau de vie en partageant des conseils simples pour les citadins confinés et en mal de campagne. (cf. item 14)
— Face à la fermeture de leurs restaurants, ­certains chefs, également maraîchers, ont vendu leurs récoltes aux particuliers ou nourri les soignants et les plus démunis. (cf. item 16)
RAPPORTS & ÉTUDE DU JOUR : — La FAO publie son rapport biennal sur l’état des pêcheries et de l’aquaculture mondiales, largement dominées par la Chine dans un contexte où le secteur des produits de la mer a été très affecté par l’épidémie de Covid-19. (cf. item 4)
— Près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification "substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée", nous apprend un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). (cf. item 7, suite & 18)
— L'environnement alimentaire, comme les images ou les odeurs, peut influencer le comportement des individus et ce, alors même qu’ils n’y prêtent pas attention selon une étude menée au CSGA (INRAE/CNRS/AgroSup Dijon/Université de Bourgogne). (cf. item 12)
ASYMÉTRIE DU JOUR : Les derniers efforts de la Commission pour rendre le système alimentaire de l’UE plus durable risquent involontairement d’encourager des pratiques agricoles non durables à l’étranger, ont signalé les ministres européens de l’Agriculture. (cf. item 8)
RAZZIA DU JOUR : Chaque printemps, le Choucas des tours, capable de détruire complètement une parcelle de maïs fraîchement semée, redevient un oiseau de mauvaise augure pour les agriculteurs. Ils réclament de le sortir des espèces protégées. (cf. item 9)
GRISE MINE DU JOUR : Le géant laitier Lactalis a annoncé une baisse du prix moyen du lait versé aux producteurs pour le reste de l’année. (cf. item 13)
CITATION DU JOUR : "Cette forêt ne renaîtra plus", regrette le scientifique Oleksandre Borsouk, marchant sur la terre jaune, parmi les troncs de pins calcinés et l'odeur de brûlé dans la zone d'exclusion autour de la centrale de Tchernobyl, après des incendies record. (cf. item 17)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://letempsestvenu.org/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.lesgesteseclaires.com/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Pétition. Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/petition_ecolocreche>
> Pour répondre PRÉSENT à l’APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <https://www.appel-des-solidarites.fr/>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <http://www.mypositiveimpact.org/les-solutions>
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1- Filets, casiers, lignes... Des engins de pêche connectés par satellite pour limiter la pollution plastique des océans, 20 Minutes, 07/06/20, 23h19
Béatrice Colin

Pollution. La société toulousaine CLS vient de mettre au point des balises connectées pour les filets et autres casiers de pêche, afin de limiter la pollution plastique des océans
• Spécialisée dans l’observation par satellite, la société toulousaine CLS a mis au point des balises connectées pour les filets et autres casiers de pêche.
• La perte de ces engins de pêche par les chalutiers est à l’origine d’une part importante de la pollution plastique des océans.
• Une expérimentation de ces balises connectées commence ce mois-ci en Méditerranée, dans le Var.
Ce lundi, comme chaque année à l’occasion de la journée mondiale des océans, des nettoyages de plages sont organisés un peu partout sur les côtes du monde entier. Parmi les déchets ramassés, les volontaires trouveront certainement des morceaux de filets et autres cordages issus de l’activité de la pêche.
Chaque année, 640.000 tonnes de lignes, gilets de sauvetage et autres matériels de pêche sont ainsi perdues en mer ou abandonnées dans les océans par les chalutiers, se transformant parfois en pièges pour les tortues et les dauphins.
>> Suite à lire à :
<https://www.20minutes.fr/planete/2794383-20200607-filets-casiers-lignes-engins-peche-connectes-satellite-limiter-pollution-plastique-oceans <https://www.20minutes.fr/planete/2794383-20200607-filets-casiers-lignes-engins-peche-connectes-satellite-limiter-pollution-plastique-oceans>>
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2- Guadeloupe. Goyave : ouverture d'une enquête après le saccage des bananeraies et les menaces de mort à l'encontre des planteurs, La 1ère, 08/06/20, 18h19
Eric Stimpfling et Carole Petit 

Plusieurs parcelles de bananiers ont été saccagées dans la nuit du 5 au 6 juin, sur les hauteurs de Goyave. Sont visés de jeunes agriculteurs qui ont signé un bail avec l'ONF pour développer de l'agro-foresterie. Des menaces de mort ont aussi été proférées à leur encontre. Une enquête est ouverte.
Rien, il ne reste rien de cette parcelle de près de 4 hectares située sur les hauteurs de Blonzac à Goyave. Les 4000 pieds de bananes ont été sabrés, méthodiquement, dans la nuit du 5 au 6 juin. Un acte de vandalisme qui intervient alors que cette parcelle commençait tout juste à produire ses premiers régimes. 
"Vous voyez là, ce régime allait être emballé..." Aline Adonaï
Non content de couper les pieds porteurs, les vandales se sont également acharnés sur les rejetons. Et le massacre s’est poursuivi un peu plus loin avec l’écrasement des pieds de piments végétariens et la coupe de plusieurs jeunes cacaoyers. Un an de travail anéanti pour toute une famille. Même si c'est difficile, Aline Adonaï, ne baisse pas les bras. Ils ne sont pas les seuls à être victimes de ces actes de vandalisme et ce n'est pas la première fois.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/basse-terre/goyave/goyave-ouverture-enquete-apres-saccage-bananeraies-menaces-mort-encontre-planteurs-840788.html>
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3- Reportage. L’Alsace, tête de pont d’une filière française du lin à très fort potentiel, Le Monde, 09/06/20, 10h28
Nathalie Stey (Strasbourg, correspondance)

La France est le premier producteur mondial de cette fibre aux nombreuses applications, mais dont la Chine s’est emparée. A la faveur de la crise sanitaire, un industriel de la région veut relocaliser le secteur dans l’Hexagone. 
Pierre Schmitt n’en démord pas : « La délocalisation tire le produit vers le bas. » Cet ancien cadre commercial de DMC a monté sa propre société de conception de tissus en 1998, avec l’ambition de développer une filière européenne de qualité. Vingt-deux ans et trois reprises d’entreprise plus tard (Velcorex en 2010, Tissage des Chaumes et Emanuel Lang en 2013), il est en passe de réussir son dernier pari : créer une filière textile 100 % française consacrée au lin.
Cette fibre, dont la France est le premier producteur mondial, est en effet bien plus écologique que le coton, qui, du champ au filage, consomme beaucoup d’eau. Du textile au bâtiment, en passant par l’industrie et les transports, ses applications sont nombreuses. Mais les débouchés du lin tricolore sont aujourd’hui concentrés dans les mains de quelques fileurs chinois.
> Lire aussi  Lin, bambou, résine d’abeille… Ces matériaux nouveaux venus du fond des âges
Confiant dans un savoir-faire local plus que centenaire, l’industriel s’est mis en tête, il y a trois ans, de bâtir avec sa fille une marque de prêt-à-porter 100 % française intégrant le lin et d’autres fibres nobles, comme l’ortie et le chanvre. Avec pour idée de proposer notamment un jean en lin infroissable. « Il ne faut pas se limiter aux caractéristiques standards des matières. On a tous les atouts à portée de main pour monter en gamme : les laboratoires, les matières premières, le fabricant de machines textiles, les entreprises de tissage et de finition. Il nous manque très peu de choses… et on est en train de les faire », explique-t-il.
Fin 2019, Pierre Schmitt a mis la main sur une série de machines à filer le lin, à l’occasion de la fermeture d’un atelier en Hongrie. Des machines construites par Schlumberger à Guebwiller (Haut-Rhin), il y a… vingt-cinq ans. Le fabricant travaille actuellement au développement d’une nouvelle machine spécifique, dont le prototype a été installé dans les locaux d’Emanuel Lang. « Ici, Schlumberger peut vérifier le fonctionnement de la machine et la perfectionner, alors qu’il n’a aucun retour d’expérience de ses clients chinois. C’est un cercle vertueux, tant pour le filateur que pour le constructeur », note M. Schmitt.
« Mine d’or »
Quand les besoins en masques de protection se sont faits criants en raison de la crise sanitaire, l’industriel s’est aisément adapté à cette nouvelle demande pour produire un masque constitué de deux épaisseurs de lin et de coton, certifié par la direction générale de l’armement (DGA). Aujourd’hui, un tiers des métiers à tisser d’Emanuel Lang est dévolu à ce nouveau produit, fabriqué au rythme de 100 000 unités par semaine. Ce marché a permis d’accélérer le démarrage de la filière lin, notamment l’atelier de confection que l’entreprise projetait de mettre en place en partenariat avec l’association Marie Pire, un établissement et service d’aide par le travail (ESAT).
En plein confinement, cet ESAT, situé à proximité des locaux d’Emanuel Lang, a embauché des couturières et a acquis 25 machines à coudre « ménagères » pour assurer la fabrication des masques. Dans un souci de pérennisation, elles ont depuis été remplacées par du matériel professionnel. Objectif : former une vingtaine de personnes handicapées à la confection de masques, mais aussi de jeans et autres chemises en lin. « Le but n’est pas de réindustrialiser à outrance, mais de rester à taille humaine », souligne le directeur général de l’ESAT, Pierrick Buchon.
« La question des masques a permis de mettre les projecteurs sur notre projet. Les élus ont pris conscience de la mine d’or sur laquelle nous sommes assis, et les milieux bancaires sont désormais moins frileux », résume Pierre Schmitt. Les premiers retours l’encouragent à aller plus loin, pour proposer un modèle de masque utilisable en milieu hospitalier. Viendront ensuite d’autres produits.
Les capacités de production d’Emanuel Lang, prévues pour absorber 150 tonnes de ruban de lin, devraient être rapidement renforcées pour passer à 600 tonnes, avec une centaine d’emplois à la clé. Une goutte d’eau face aux 145 000 tonnes de fibre produites en France. M. Schmitt veut interpeller les acteurs de la filière : « Il n’y a pas de fatalité, à partir du moment où l’on ose. Dans le lin, il y a de la place pour beaucoup d’autres projets. »
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/09/l-alsace-tete-de-pont-d-une-filiere-francaise-du-lin-a-tres-fort-potentiel_6042232_3234.html>
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4- Les exportations de poissons pèsent plus que la viande, le tabac, le riz et le sucre réunis, Le Monde, maj le 09/06/20 à 12h21
Martine Valo

La FAO publie son rapport biennal sur l’état des pêcheries et de l’aquaculture mondiales, largement dominées par la Chine. Le secteur des produits de la mer a été très affecté par l’épidémie de Covid-19. 
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) n’a pas décidé par hasard de publier lundi 8 juin l’édition 2020 de son « Etat des pêcheries et de l’aquaculture mondiales ». En choisissant la date de la Journée internationale de l’océan pour rendre publique cette somme considérable de données – un exercice statistique réalisé tous les deux ans –, elle voulait mettre l’accent sur les bienfaits d’une gestion responsable des ressources des captures en mer et des élevages aquatiques qui fournissent 7 % de l’ensemble des protéines consommées dans le monde. Dans des pays comme le Bangladesh, le Cambodge, la Gambie, l’Indonésie, le Sri Lanka et plusieurs petits Etats insulaires, les produits de la mer représentent plus de la moitié des protéines animales consommées.
> Lire aussi  Le boum de l’aquaculture et des farines de poisson aux dépens de l’alimentation des pays du sud
Mais l’épidémie de Covid-19 a donné un autre ton à la présentation de ce rapport. Bien que le coronavirus « n’infecte pas les espèces aquatiques, il a affecté les systèmes alimentaires de la pêche et de l’aquaculture comme aucun autre phénomène auparavant », assure l’agence onusienne. Toute la chaîne de production a été désorganisée par les mesures de distanciation à bord des bateaux, les restrictions de déplacement de main-d’œuvre étrangère, les mises en quarantaine d’équipages, les pénuries de gasoil, de glace, et par la fermeture des restaurants et des marchés.
Baisse d’activité pour la pêche industrielle
La FAO s’inquiète des risques de crises alimentaires et sociales dans les pays dépendants de l’activité de ce secteur. Si son rapport s’appuie sur des statistiques de 2018, un addendum à cette publication tente de mesurer les premières conséquences de la pandémie. Dans le monde, les pêcheurs étaient en 2018 environ 39 000 à pratiquer leur activité à petite échelle, nourrissant leur famille et approvisionnant les populations littorales grâce à leurs pirogues ou à leurs petites embarcations. Motorisés ou non, 82 % de leurs 4,56 millions de bateaux mesurent moins de 12 mètres. Ils sont nombreux à s’être adaptés à la nouvelle donne sanitaire, envoyant femmes, voire enfants, vendre leurs produits de façon informelle, au risque de contracter le Covid-19.
La pêche industrielle, elle, a enregistré une baisse d’activité de 6,5 % fin avril par rapport aux années précédentes. Autour de la mer Noire et de la Méditerranée, 90 % des artisans ont dû cesser leur activité. Le gouvernement français, par exemple, a consenti à des prêts et des subventions afin de soutenir ses marins.
> Lire aussi  La pêche industrielle exploite plus de la moitié de la superficie des océans
Pour autant, poissons et crustacés pêchés ou engraissés dans des fermes constituent un secteur économique considérable, qui s’élève à environ 179 millions de tonnes et dont les ventes sont estimées à 401 milliards de dollars (356 milliards d’euros). Un secteur qui pèse lourd aussi dans les échanges mondiaux : 67 millions de tonnes ont été exportées en 2018, plus que la viande, le tabac, le riz et le sucre réunis, pour un montant de 167 milliards de dollars.
+ Infographie : Les poissons d’élevage pèsent de plus en plus lourd dans la production mondiale <https://img.lemde.fr/2020/06/09/0/0/1068/3247/688/0/60/0/de77a85_RbTVLerhFZr26lvwHgUlhcrg.png>
L’anchois est de retour
Or, l’appétit pour les produits de la mer ne faiblit pas. Il s’agit même d’une boulimie : la consommation globale a grimpé de 122 % par rapport à 1990. En moyenne, un Terrien mange 20,5 kg par an de produits aquatiques. Les experts estiment que cette part va encore augmenter à l’avenir… A condition d’apprendre à moins gaspiller sur le pont des bateaux et à quai et, surtout, en misant sur l’aquaculture.
> Lire aussi  « Ils siphonnent les poissons » : les pêcheurs normands vent debout face aux bateaux-usines
Car les captures stagnent malgré la sophistication accrue des engins de pêche et des navires toujours plus puissants. La FAO annonce qu’elles ont « atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré avec 96,4 millions de tonnes, soit une augmentation de 5,4 % par rapport à la moyenne des trois années précédentes ». Mais pour parvenir à ce résultat elle doit additionner prises en mer et en eau douce (respectivement 84,4 millions tonnes et 12 millions de tonnes).
L’anchois collecté devant les côtes du Pérou et du Chili est de retour : il est la première espèce pêchée en volumes, suivie par le colin d’Alaska. Plusieurs populations de thons ont au demeurant atteint leur niveau le plus élevé en 2018 (environ 7,9 millions de tonnes), opérant un redressement de + 10 % en deux ans seulement, ce qui montre bien qu’une marchandise de grande valeur peut susciter des idées de préservation.
> Lire aussi  La santé retrouvée du thon rouge ne profite pas aux petits pêcheurs
Selon l’ONU, moins de 66 % des stocks de poissons étaient exploités de façon durable en 2017, contre 90 % en 1970. Encore ces estimations sont-elles discutées par certains halieutes. « Nous pouvons cependant annoncer une bonne nouvelle : certaines régions montrent une volonté politique forte de restaurer la ressource, expose Marc Taconet, chef de la sous-division des statistiques et de l’information à la FAO. On observe depuis une dizaine d’années des progrès du côté de l’Alaska, des Etats-Unis, dans le sud du Pacifique, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, au large de l’Europe dans l’Atlantique Ouest. A l’inverse, plus de la moitié des stocks sont surexploités sur les deux façades maritimes de l’Amérique du Sud… Le pire étant la Méditerranée, dont presque 63 % de stocks sont pêchés de façon non durable. » 
La Chine, en tête des pays pêcheurs
Le rapport confirme des tendances déjà amorcées auparavant. Ainsi, qu’elle soit pratiquée dans des cages en mer, des étangs, des bassins ou des rizières, l’aquaculture fournit désormais 52 % des poissons consommés par les humains (contre 17 % trente ans plus tôt).
> Lire aussi  Dans la Manche, un visage plus vertueux de l’aquaculture
Il est donc grand temps de se soucier des conditions qui ont cours dans ces élevages. « Nous préparons des directives avec des normes internationales,annonce M. Taconet. L’aquaculture doit veiller à son impact sur l’eau, l’environnement. Elle ne doit pas laisser échapper d’antibiotiques, ni de gènes indésirables afin de ne pas générer d’individus hybrides. »
L’aquaculture a produit 82 millions de tonnes d’animaux aquatiques et 32,4 millions d’algues en 2018, essentiellement en Asie. La carpe de roseau en est la championne (10,5 % des poissons d’élevage) ; avec trois autres carpes plus le tilapia du Nil, elle fournit 41 % de l’ensemble, très loin devant le saumon de Norvège (4,5 %).
> Lire aussi  Le saumon, industrie à grande échelle et filon pour la Norvège
La Chine, déjà en tête des pays pêcheurs avec 15 % de l’ensemble des captures mondiales, représente presque 58 % de la totalité de l’aquaculture, plus que tout le reste du monde réuni depuis 1991.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/09/les-exportations-de-poissons-pesent-plus-que-la-viande-le-tabac-le-riz-et-le-sucre-reunis_6042204_3244.html>
En savoir plus :
> The State of World Fisheries and Aquaculture 2020 - Interactive story 2020 <http://www.fao.org/state-of-fisheries-aquaculture/fr/>, FAO, 08/06/20
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5- Reportage. Le karité, « or des femmes » en Côte d’Ivoire, Le Monde Afrique, 09/06/20, 12h30
Youenn Gourlay (Ouabalavogo, Côte d'Ivoire, envoyé spécial)

La récolte qui commence va fournir un revenu aux plus de 42 000 collectrices, transformatrices et vendeuses de cette filière en plein développement. 
A Ouabalovogo, une douzaine de villageoises collectent à la hâte de petits fruits verts au milieu de grandes discussions en langue sénoufo mêlées de fous rires. Depuis fin mai, dans les savanes arborées du nord de la Côte d’Ivoire, les précieuses noix de karité commencent à tomber par dizaines au pied des grands arbres sauvages du même nom. Un soulagement pour les milliers de femmes productrices, après trois mois de difficultés financières liées au coronavirus.
Sous la pulpe, une noix marron renferme l’amande blanchâtre qui, une fois transformée, donne un beurre de plus en plus convoité sur les marchés locaux et internationaux pour ses multiples vertus cosmétiques, thérapeutiques et même alimentaires. « La saison s’annonce très bonne », se réjouit Awa Sogouro Ouattara, secrétaire du Bureau de création de l’interprofession du karité : « Les arbres ont bien produit et je retourne à Abidjan avec 500 kg de beurre de karité pour les clients ivoiriens et une tonne pour le port, direction Paris. » Contrairement à d’autres marchandises en cette période de restrictions anti-coronavrirus, le karité circule presque normalement de l’intérieur du pays jusqu’à la capitale économique.
> Lire aussi  Au Ghana, des coopératives pour aider les femmes à tirer profit du karité
Longtemps perçu comme un produit de seconde zone, le karité est désormais l’une des denrées phares d’Afrique de l’Ouest. A Ouabalovogo, depuis longtemps, c’est un produit du quotidien pour hydrater la peau, masser et relaxer les enfants malades, prévenir les vergetures et revitaliser les cheveux secs. Les jours de fête, on l’utilise pour sublimer la mariée. Son usage est aussi alimentaire, puisqu’il nourrit le riz gras, graisse les grillades et remplace peu à peu le beurre de cacao dans les usines de transformation.
Riche de toutes ces vertus, le beurre de karité entre dans la composition de shampoings, de baumes à lèvres et de crèmes hydratantes. En Côte d’Ivoire, il séduit les usines de savon, les pharmacies, les marchés… « Désormais, toutes les familles ivoiriennes ont un pot de karité chez elles », avance Mme Ouattara. Le beurre de karité est aujourd’hui le produit d’exportation qui se vend le mieux sur le marché local, contrairement aux noix de cajou et au cacao, peu consommés sur place.
>> Suite à lire à :
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/09/le-karite-or-des-femmes-en-cote-d-ivoire_6042256_3212.html>
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6- Tribune. Il faut « instaurer une démocratie alimentaire qui vise une meilleure santé économique, sociale, environnementale et humaine », Le Monde, 09/06/20, 18h48 
Par Collectif*

L’arrêt de la restauration collective qui affecte un pan de l’économie et de l’agriculture doit être l’occasion, au-delà de ce secteur, d’imaginer des formes de coopération plus équitables et de solidarités locales, estime un collectif comptant, entre autres, des élus, des agriculteurs, ou des cuisiniers.
Tribune. Fermée depuis le 12 mars, la restauration collective n’a pas vraiment repris malgré la réouverture des établissements le 2 juin. Tandis que des millions de convives redécouvrent le casse-croûte maison, c’est tout un pan de l’agriculture et de l’économie qui vit dans l’incertitude, et plus précisément celui que la loi EGAlim [sur l’agriculture et l’Alimentation] adoptée au Parlement a orienté vers le durable et la qualité à table. Il est temps de relever le gant et d’imaginer de nouvelles solidarités.
C’est un secteur à onze millions de repas quotidiens et plusieurs milliards d’euros annuels, que la crise du Covid-19 a frappé de plein fouet. Alors que le déconfinement remet en route une bonne partie de l’économie depuis le 11 mai, la restauration collective reste durement affectée.
Si les hôpitaux et les maisons de retraite continuent de servir des repas, les cantines scolaires, qui concentrent l’essentiel de l’offre alimentaire, tournent au ralenti, quand elles ne sont pas à l’arrêt. Et il faudra attendre au moins la prochaine rentrée pour y voir clair, c’est-à-dire évaluer avec précision le niveau des dommages causés à toute une filière.
Dans cette attente, la majorité des collectivités locales continuent certes de payer du personnel peu ou pas occupé, mais derrière, des milliers d’acteurs et d’entreprises de la filière agroalimentaire restent en cale sèche.
> Lire aussi  Le jour d’après : « Les Français se tournent de plus en plus vers les circuits alimentaires courts »
Puissant levier de l’offre alimentaire en France, lieu d’accès pour tous à une alimentation équilibrée et facteur de développement économique et social sur les territoires, la restauration collective, que la loi EGAlim a orientée vers la qualité alimentaire avec l’objectif d’atteindre 50 % de produits durables dont 20 % de produits bio d’ici à 2022, va avoir du mal à se relever.
Toute une série d’acteurs touchés
Cette situation, inédite par son ampleur et par la brutalité de son irruption, pose plusieurs questions : agricoles, économiques, écologiques, sociales et humaines. Alors qu’un mouvement de fond s’était enfin engagé sur les territoires avec l’ambition de transformer durablement les politiques publiques de l’alimentation, cette rupture soudaine rebat les cartes.
En première ligne, les écoliers, les collégiens, les lycéens et les étudiants n’ont plus accès à un service public de restauration. Cette discontinuité prolongée, six mois au total, les renvoie à la seule responsabilité des familles, avec la diversité et les inégalités sociales que cela implique sur le plan alimentaire.
> Lire aussi  « Le confinement donne encore plus de sens à mon métier de maraîcher : nourrir le monde »
Sur le même front, les opérateurs du secteur agroalimentaire (agriculteurs, transformateurs et distributeurs) sont à la peine. Beaucoup, à l’échelle des communes, des départements et des régions, ont intégré que la restauration collective constitue un nouveau moyen de relocaliser la production alimentaire. Ces dernières années ont vu fleurir de beaux contrats qui ont permis à de nombreux acteurs agricoles de se diversifier, de se regrouper et répondre à la demande de gros volumes des cantines.
Mais les collectivités locales se retrouvent elles-mêmes en tension à l’issue de la crise et, confrontées à de nouvelles urgences, pourront-elles tenir demain leurs engagements en faveur d’une restauration collective plus bio, locale, saine et juste ?
Remettre en culture des terres en friche
En réalité, la question est de savoir si la relocalisation alimentaire n’a pas été à la fois trop ambitieuse et trop timide en se consacrant principalement au débouché de la restauration collective. Du bon travail a été fait dans les cantines, mais le reste de la société et les autres lieux de consommation n’ont pas suivi. Manger relève encore de démarches individuelles, du foyer, qui s’affranchissent des dynamiques collectives.
A cet égard, la crise révèle avec éclat que, hormis le succès marginal des ventes à la ferme, seule la grande distribution a tiré son épingle du jeu. On allait faire ses courses à la supérette du quartier ou au supermarché sans même réfléchir, munis d’une autorisation de sortie si éphémère qu’elle censurait quasiment le désir et le besoin d’accès à d’autres formes d’approvisionnement, alors même que les marchés de plein air étaient frappés d’interdiction…
> Lire aussi  Crise alimentaire : « C’est l’occasion ou jamais de réorienter notre système vers un développement plus durable »
Ce contexte est d’autant plus regrettable que les solutions de relocalisation existent et démontrent leur efficacité. Ici on met en place des régies agricoles, là on crée des plates-formes de producteurs en circuit court, là encore on construit des légumeries collectives proches des convives. L’idée de remettre en culture des terres en friche, de plus en plus nombreuses à la campagne, fait aussi son chemin. Les outils sont là, mais qui s’en saisit vraiment ? Qui les utilise pour rapprocher durablement la production alimentaire et la consommation sur un même territoire ?
Manger mieux
Dessiner un avenir alimentaire commun demande d’imaginer des formes de coopération plus équitables et de nouvelles solidarités au sein des territoires. En sortant la bonne alimentation, bio, locale et de saison, des seuls réfectoires collectifs, les autorités publiques et la société civile ont une nouvelle carte à jouer et de quoi travailler main dans la main. Tout le monde est d’accord : les citoyens veulent manger mieux, les agriculteurs veulent vivre de leur métier, les collectivités disposent plus que jamais de leviers de décision et d’action.
> Lire aussi  « Manger mieux à la cantine, c’est possible et pas forcément plus cher »
Le principal frein, au final, est à rechercher plus dans les têtes que dans les moyens. Inventer les bases d’un nouveau contrat social « par et pour l’alimentation », instaurer une démocratie alimentaire qui vise une meilleure santé économique, sociale, environnementale et humaine, cela passe par des actions nouvelles, faciles et pas forcément coûteuses à mettre en place. Pour le bien de l’assiette, pour une meilleure santé des territoires, et pour un meilleur climat.
*Les signataires : Eric Andrieu, député européen (Alliance progressiste des socialistes & démocrates) ; Damien Carême, député européen (Europe Ecologie-Les Verts) ; Cathy Chaulet, vice-présidente du département du Gard (PC), déléguée à la qualité alimentaire ; Julien Claudel, journaliste ; François Collart-Dutilleul, juriste, membre du Centre Lascaux sur les transitions (CELT) ; Arnaud Daguin, cuisinier ; Carole Delga, présidente de la région Occitanie (PS) ; Dominique Fedieu, conseiller départemental de la Gironde, président de la commission agriculture ; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère (divers gauche écologiste) ; Dominique Granier, président de la SAFER-Occitanie ; Xavier Hamon, membre de l’Alliance des cuisiniers Slow Food ; Christophe Hébert, président d’Agores ; Philippe Jouin, directeur de Biocoop Restauration ; Joël Labbé, sénateur du Morbihan (EELV) ; Denis Lairon, directeur de recherche émérite à l’Inserm ; Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, avocate ; Mounir Mahjoubi, ancien secrétaire d’Etat au numérique, député (LRM) ; Laurence-Maillart-Méhaignerie, députée (LRM) ; Françoise Nyssen, ancienne ministre de la culture, éditrice ; Gilles Pérole, président d’Un Plus Bio, élu local à Mouans-Sartoux ; Didier Perréol, président du Synabio ; Eric Piolle, maire de Grenoble (EELV) ; Véronique Pugeat, vice-présidente du département de la Drôme (UDI), adjointe à la ville de Valence ; Olivier Roellinger, chef étoilé ; Vincent Rozé, cofondateur du réseau des plates-formes Manger Bio, éleveur ; Aurélie Solans, conseillère de Paris déléguée à l’environnement (EELV) ; Thierry Stoedzel, directeur Ecocert France.
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/09/il-faut-instaurer-une-democratie-alimentaire-qui-vise-une-meilleure-sante-economique-sociale-environnementale-et-humaine_6042287_3232.html>
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7- Lait infantile, confiseries et céréales contiennent des nanomatériaux, Reporterre, 09/06/20
Source : Anses

Près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification « substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée », nous a appris un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) publié mardi 9 juin.
« Pour autant, cela ne peut être assimilé à une présence de nanomatériaux dans chaque produit ou lot. Les sous-secteurs alimentaires les plus concernés sont le lait infantile (25,6%), les confiseries (15,6%), les céréales du petit déjeuner (14,8%), les barres céréalières (12,9%), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9%) », écrit l’agence. Elle précise que ce comptage a été effectué avant la suspension de l’additif E171, le dioxyde de titane.
Pour ce rapport, elle a recensé les principaux usages des nanomatériaux manufacturés dans le domaine alimentaire. Ils sont donc utilisés :
• En tant qu’additif, pour améliorer l’aspect et l’appétence du produit alimentaire ;
• En tant que matériaux au contact des aliments, pour leurs fonctions d’améliorations de la sécurité du conditionnement (par ex. fonction antimicrobienne assurée par le nano-argent) ;
• En tant qu’ingrédients nutritifs, pouvant se trouver à l’état nanoparticulaire (ex. du carbonate de calcium utilisé dans les laits infantiles pour atteindre une teneur suffisante en calcium).
L’agence note que malgré l’obligation de déclaration de ces substances depuis 2013, « l’identification et la traçabilité des nanomatériaux dans le domaine de l’alimentation s’avèrent encore aujourd’hui limitées. Elles constituent pourtant une étape indispensable à l’évaluation des risques sanitaires. »
Après ce recensement, « la prochaine étape consistera à étudier les risques sanitaires que pourraient représenter ces substances pour les consommateurs », a indiqué l’agence.
<https://reporterre.net/Lait-infantile-confiseries-et-cereales-contiennent-des-nanomateriaux>
En savoir plus : 
> Nanomatériaux dans l’alimentation : les recommandations de l’Anses pour améliorer leur identification et mieux évaluer les risques sanitaires pour les consommateurs <https://www.anses.fr/fr/content/nanomat%C3%A9riaux-dans-l%E2%80%99alimentation-les-recommandations-de-l%E2%80%99anses-pour-am%C3%A9liorer-leur>, Anses, 09/06/20
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8- La nouvelle politique alimentaire de l’UE risque d’encourager l’agriculture non durable hors Europe, EurActiv, 10/06/20, 09:18
Gerardo Fortuna | translated by Morgane Detry

Les derniers efforts de la Commission pour rendre le système alimentaire de l’UE plus durable risquent involontairement d’encourager des pratiques agricoles non durables à l’étranger, ont signalé les ministres européens de l’Agriculture lundi 8 juin.
Lors d’un Conseil AGRIPECHE informel organisé par la Croatie, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE, les ministres de l’Agriculture ont donné leur avis sur la politique alimentaire « De la ferme à la table » et la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, deux éléments essentiels du « Green Deal » européen.
Plusieurs États membres se disent inquiets quant au risque d’asymétries entre les nouvelles exigences élevées imposées aux agriculteurs européens et les normes moins strictes pour les produits importés.
Selon le ministre espagnol Luis Planas, l’obligation de respecter ces objectifs ambitieux pourrait entraîner d’autres coûts pour les pays de l’UE dépendant d’importations de pays tiers, qui ne sont pas soumis à ces exigences en matière de durabilité des produits.
« Nous sommes convaincus que la réciprocité s’appliquera », ajoute le ministre.
Le représentant de l’Italie se demande aussi comment la Commission entend assurer l’harmonisation des règles de durabilité au niveau international afin d’éviter tout risque de délocalisation des pratiques non durables.
Si le coût des produits venait à augmenter après avoir mis en place la stratégie, cela nuirait à la compétitivité des denrées alimentaires de l’UE sur la scène mondiale et au sein même du marché unique, souligne l’Italie.
L’Allemagne, qui exercera la présidence du Conseil de l’UE à partir de juillet, souhaite ériger la politique alimentaire européenne en norme mondiale pour écarter une telle éventualité.
« Nous devons éviter que la production ne se déplace vers d’autres régions dont la législation environnementale ne correspond pas à nos exigences », déclare la ministre allemande de l’Agriculture, Julia Klöckner, en évoquant la déforestation liée aux pratiques agricoles dans les pays tiers.
Les deux stratégies, présentées le 20 mai, définissent la politique alimentaire phare par laquelle l’UE souhaite transformer radicalement la manière dont la nourriture est produite, distribuée et consommée en Europe d’ici 2030.
Lors de la réunion, les 27 ministres ont salué l’ambition des deux projets d’un point de vue global, mais ont demandé à la Commission d’expliquer plus concrètement comment mesurer les résultats et mettre en œuvre les objectifs généraux.
Comme le résume le représentant néerlandais, les États membres souhaitent en savoir plus sur la méthodologie, l’étalonnage concurrentiel, les niveaux de référence et les ressources financières afin de calculer les objectifs à atteindre en fonction leur propre situation.
Dans ses deux stratégies, la Commission propose, par rapport aux niveaux actuels, de réduire de moitié l’utilisation et le risque de pesticides d’ici 2030. Elle souhaite également baisser de 20 % l’utilisation des engrais et diminuer de 50 % de la vente d’antibiotiques pour l’agriculture et l’aquaculture.
>> Suite à lire à :
<https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/new-sustainable-food-policy-bears-risk-of-unsustainable-imports-ministers-warn/>
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9- Le Choucas des tours, destructeur de récoltes : l'oiseau est pourtant protégé, France 3 Bretagne, 10/06/20, 10:30
Eric Pinault

Il vole souvent en groupe et peut détruire complètement une parcelle de maïs fraîchement semée. Chaque printemps, le Choucas des tours redevient un oiseau de mauvaise augure pour les agriculteurs. Ils réclament de le sortir des espèces protégées.  
Le Choucas des tours est un petit oiseau noir de la famille des corvidés. Il est depuis toujours le locataire des clochers des églises, mais sa prolifération pose aujourd'hui problème.
Jean-Alain Divanac'h redoute ce volatile qu'on appelle aussi "corneille". Agriculteur à Plonevez-Porzay et président du syndicat agricole FDSEA dans le Finistère, il fait partie des producteurs de maïs victimes des ravages du Choucas des tours sur les semis.
D'année en année les dégâts sont croissants. "J’ai ressemé 2 hectares il y a 15 jours, affirme Jean-Alain Divanac'h, et je constate que les ¾ sont déjà mangés par les oiseaux. Mon frère a ressemé 10 hectares à Plonevez-Porzay, un voisin 6 hectares sur 8. Derrière les choucas y’a plus rien, il reste que la terre".
Evidemment les pertes pèsent lourd sur les finances. Cinq cents euros pour ressemer un hectare qui aura de moins bons rendements de toute façon car il est fait trop tard dans la saison. Un hectare non récolté c'est environ une perte de mille cinq cents euros.
Selon Didier Goubil, maire de Poullaouen et chargé du dossier "faune sauvage" à la chambre d'agriculture du Finistère, 500 000 euros de dégâts ont été signalés l'an passé dans le département, mais "on est sûrement autour de deux millions car tout n'est pas déclaré", sans doute car il n'existe aucune forme d'indemnisation. 
>> Suite à lire à :
<https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/choucas-tours-destructeur-recoltes-oiseau-est-pourtant-protege-1839144.html>
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10- Au Pakistan, on transforme les criquets pèlerins en aliments pour poulets, AFP, 10/06/20, 15:00
Kaneez Fatima à Lahore & Ashraf Khan à Karachi

Confronté à la pire invasion de criquets pèlerins depuis 25 ans, qui ravage les cultures et menace la sécurité alimentaire, le Pakistan a développé un projet pilote pour transformer ces insectes riches en protéines en nourriture pour poulets.
Un premier test s'est tenu en février, quand des villageois ont été payés pour ramasser des criquets dans le district d'Okara (centre), où les cultures se font sans pesticides, qui auraient rendu les insectes impropres à la consommation.
"Nous avons d'abord dû (...) enseigner aux habitants comment (les) attraper. Les filets sont inutiles contre eux", commente Muhammad Khurshid, un fonctionnaire du ministère de l'Alimentation, à l'origine de l'initiative.
La récolte s'est faite de nuit, alors que les essaims, profitant des températures plus fraîches, se regroupaient, immobiles, sur les arbres et les plantes, explique-t-il. Un à un, les insectes ont été cueillis, puis jetés dans des sacs, avant que ne les réveillent les premiers rayons du soleil.
Chaque kilo était payé 20 roupies pakistanaises (11 centimes d'euros). Une juste revanche pour les agriculteurs, dont ils ont ces derniers mois anéanti des champs entiers.
"Les criquets ont dévoré toutes mes céréales", se lamente un paysanne interrogée par les autorités, par ailleurs satisfaite d'avoir gagné 1.600 roupies (9 euros) en ramassant les insectes pendant une journée.
Au total, 20 tonnes de ces insectes nuisibles ont ainsi été récoltés, épuisant le budget des autorités. Le programme a alors été mis en pause.
Les criquets, séchés et déchiquetés, ont ensuite été ajoutés à de la nourriture pour volailles par Hi-tech feeds, le plus grand producteur d'aliments pour animaux du Pakistan. Le nouveau mélange a été testé sur 500 poulets d'élevage.
- Pénuries -
"Il n'y a eu aucun problème", observe Muhammad Athar, le directeur général de l'entreprise. Les criquets pèlerins, riches en protéines, "ont un bon potentiel d'utilisation dans l'alimentation des volailles", ajoute-t-il.
Bien que le projet pilote ne soit pas une solution à la dévastation des cultures, il peut fournir aux agriculteurs une source alternative de revenus et soulager les autorités qui peinent à distribuer les pesticides antiacridiens.
En juin, le Premier ministre Imran Khan a approuvé un plan prévoyant l'extension de ce projet, alors que le Pakistan connaît sa pire attaque de criquets pèlerins depuis 25 ans. D'après l'ONU, fortes pluies et cyclones ont déclenché une multiplication "sans précédent" des essaims l'an passé dans la péninsule arabique.
La crise est si grave que le gouvernement a déclaré le phénomène une urgence nationale et a lancé un appel à l'aide à la communauté internationale.
Bananes, mangues et autres cultures maraîchères sont toutes vulnérables, ce qui fait craindre des pénuries alimentaires, alors que les exportations de blé et de coton fournissent des revenus vitaux au Pakistan, à l'économie déjà plombée par le nouveau coronavirus.
Selon l'Organisation onusienne pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Pakistan pourrait subir des pertes d'environ 5 milliards de dollars si 25% de ses cultures étaient endommagées.
Des récoltes réduites pourraient également faire grimper les prix et aggraver l'insécurité alimentaire, dans un pays où environ 20 % de la population est déjà sous-alimentée, et près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance, selon des chiffres du Programme alimentaire mondial.
Les criquets pèlerins ont également fait de lourds dégâts dans le nord-ouest de Inde, voisin du Pakistan. Une année de conditions climatiques extrêmes les ont aussi vu dévaster une dizaine de pays d'Afrique de l'Est cette année.
<https://www.geo.fr/environnement/au-pakistan-on-transforme-les-criquets-pelerins-en-aliments-pour-poulets-200894>
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11- Paysans, riverains... Dans le Rhône, des collectifs se battent pour préserver des terres agricoles, Reporterre, 10/06/20
Pierre Lemerle, Saint-Romain-de-Popey (Rhône), reportage

Dans l’ouest lyonnais, petit à petit, le bitume grignote du terrain. Objectif : exploiter économiquement au maximum les terres agricoles bordant l’autoroute. Dernier projet en date : la construction d’un bâtiment logistique de 20.000 m2. Paysans et riverains multiplient les actions de résistance.
Les premières pousses commencent à germer à Saint-Romain-de-Popey. Dans cette commune de l’ouest lyonnais, plusieurs membres du collectif paysan contre le projet de zone logistique de l’ouest rhodanien (Ozlor) ont labouré deux hectares de terre agricole, mi-mai, une semaine après le début du déconfinement. Sur ce terrain de la communauté d’agglomération de l’ouest rhodanien (COR) au « bon potentiel agricole », ils ont planté du maïs et des patates. « Il a plu dimanche et ça pousse déjà », sourit un sympathisant du collectif, une semaine après l’action. Pourtant, il est inquiet. Il sait qu’à terme ce terrain pourrait accueillir un rond-point d’une grande zone logistique.
De l’autre côté de la haie, Gilles Vignon, les cheveux grisonnant, est membre du collectif ami Quicury. Casquette sur la tête, il arpente d’un pas énergique le terrain qui pourrait devenir une zone bétonnée en détaillant l’historique du projet. La préfecture a donné son feu vert en janvier dernier à l’installation de la Fresinius medical care — Smad(société de matériels annexes pour la dialyse). « Enfin… Ils n’ont pas encore commencé les travaux, précise-t-il. On devrait les retarder un peu. » Le géant de la dialyse veut construire, avec le promoteur immobilier Argan, un bâtiment logistique de près de 20.000 m2. À la clef, la Smad promet de l’emploi. Mais la construction va entraîner la destruction d’un hectare de bois et d’une mare, et des dégâts environnementaux importants. « L’eau serait de mauvaise qualité, dit Gilles Vignon. Mais des espèces protégées vivent autour, comme l’œdicnème criard, le petit gravelot ou le triton crêté [1]. »
>> Suite à lire à :
<https://reporterre.net/Paysans-riverains-Dans-le-Rhone-des-collectifs-se-battent-pour-preserver-des-terres>
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12- Odeurs non-conscientes et trop plein d’informations : lien entre surpoids et environnement obésogène ?, INRAE, communiqué du 10/06/20

L'environnement alimentaire, comme les images ou les odeurs, peut influencer le comportement des individus et ce, alors même qu’ils n’y prêtent pas attention. Une étude récente (1), menée au CSGA (INRAE/CNRS/AgroSup Dijon/Université de Bourgogne), ciblant les biais attentionnels (2) a révélé qu’une odeur de quatre-quarts pouvait amener des personnes à orienter automatiquement leur attention vers des images représentant des aliments très caloriques, et ce d’autant plus chez des personnes en obésité. Les chercheurs ont alors étudié l’impact des odeurs perçues de manière non-attentive sur les capacités des individus à réagir ou à se retenir face à des images d’aliments. Leurs résultats, parus le 9 juin dans PLOS ONE montrent que ce ne sont pas tant les odeurs, ni le statut pondéral du sujet qui influencent ces capacités, mais plutôt la quantité d’informations qu’il doit traiter (la charge cognitive).
Est-ce que les odeurs que nous percevons de manière non-attentive ont une influence sur nos choix alimentaires ? Oui. Des chercheurs d’INRAE ont montré par le passé que, par exemple, une odeur d’aliment gras-sucré donne plus envie de choisir des aliments, comme des gâteaux qui correspondent à cette odeur3. Mais ces odeurs ont-elles une influence sur notre contrôle et notre inhibition vis-à-vis de ces aliments caloriques ?
>> Suite à lire à :
<https://www.inrae.fr/actualites/odeurs-non-conscientes-trop-plein-dinformations-lien-entre-surpoids-environnement-obesogene>
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13- Lactalis va baisser le prix du lait payé aux éleveurs, Le Monde, 11/06/20, 11h57
Laurence Girard 

Anticipant la crise de l’après-Covid 19 et un retour du discours sur la lutte pour le pouvoir d’achat de la part de la grande distribution, le géant laitier a annoncé une baisse du prix moyen versé aux producteurs pour le reste de l’année. 
Les éleveurs laitiers français font grise mine. La crise liée au coronavirus a soudain assombri les perspectives. En janvier, ils se frottaient les mains, anticipant une nouvelle hausse du prix du lait en 2020. Las, la pandémie a bousculé le jeu. Et certains industriels ont changé de discours. A l’exemple du poids lourd Lactalis.
« Sur les cinq premiers mois de l’année, le prix du lait payé au producteur est supérieur à celui payé en 2019. Mais au second semestre, le prix moyen sera en baisse et nous sommes sur un repli en moyenne sur l’ensemble de l’année », déclare Emmanuel Besnier, président du conseil de surveillance de l’entreprise familiale mayennaise, qui revendique le titre de premier groupe laitier mondial. Son chiffre d’affaires a tutoyé la barre des 20 milliards d’euros en 2019.
> Lire aussi  Yann Arthus-Bertrand et Julien Leprovost : « Le prix du lait payé aux éleveurs, une honte française avec laquelle il faut finir »
Cette inversion de tendance n’est guère du goût de certains éleveurs qui travaillent pour Lactalis. En particulier ceux regroupés au sein de l’Organisation des producteurs de lait Grand Ouest (OPLGO), soit près de 1 300 agriculteurs qui ont décidé de saisir le médiateur des relations commerciales agricoles.
315 euros la tonne de lait en juin
« Déjà fin 2019, nous n’avions pas signé d’accord cadre et nous sommes allés en médiation. Nous avons trouvé un accord temporaire pour le premier trimestre 2020 avec une formule de prix qui tient compte des coûts de production de l’éleveur et de l’évolution des marchés. Mais en avril-mai, Lactalis nous a dit que le prix était déconnecté de la réalité économique et ils ont appliqué un prix imposé », explique Jean-Michel Yvard, président de l’OPLGO.
Les éleveurs, qui avaient touché 330 euros la tonne en moyenne en 2019, ont perçu 333 euros au premier trimestre 2020, puis 326 euros en avril et enfin 315 euros en mai et juin. « Les Etats généraux de l’alimentation devaient apporter une réponse à la crise laitière de 2015 avec la prise en compte des coûts de production des éleveurs. Il y a eu un début de réponse en 2019. Mais là, on nous ramène à la réalité du marché international. C’est exaspérant d’être mis en concurrence avec des producteurs qui ne respectent pas les mêmes règles », affirme M. Yvard.
La crise du coronavirus, après avoir frappé la Chine, est arrivée au moment crucial du pic de production laitière saisonnière en Europe. « Fin mars, début avril, tout le monde était très inquiet avec le pic de collecte de lait », souligne Benoît Rouyer, directeur prospective économique du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière.
> Lire aussi  « Le prix du lait ne sent plus la poudre »
D’autant qu’en face, les réseaux de distribution étaient bouleversés avec, d’un côté, la grande distribution écoulant des volumes inédits de lait, de beurre, de yaourts et d’emmental râpé, et, de l’autre, des cantines, des restaurants et des marchés en plein air contraints de fermer, mettant à mal les fabricants de fromages traditionnels. En parallèle, les circuits d’exportation étaient eux aussi bousculés et les cotations internationales des produits laitiers perdaient de la valeur.
« Remettre de l’optimisme dans la filière »
L’interprofession a immédiatement réagi en débloquant 10 millions d’euros pour inciter les agriculteurs français à réduire leur production. En parallèle, Bruxelles a accepté de débloquer 30 millions d’euros afin de financer le stockage privé de produits laitiers pour absorber d’éventuels trop-pleins. Finalement, les cours ne sont pas descendus au niveau du prix d’intervention (prix auquel Bruxelles s’engage à acheter) et les industriels comme Lactalis n’ont pas sollicité ces aides.
« Ce qui nous a rassurés, ce sont les moyens colossaux mis en place par les Etats-Unis pour soutenir leur secteur agricole. Même si la production laitière n’a pas baissé outre-Atlantique, on constate un rebond des cours depuis fin avril, début mai », explique M. Rouyer. En outre, les exportations de produits laitiers français qui avaient subi un retrait en janvier et février, lié à la situation chinoise, se sont redressées en mars.
Finalement la filière laitière a, dans son ensemble, plutôt mieux passé la période de crise sanitaire que d’autres secteurs. « Maintenant, on va entrer dans la crise économique, avec la problématique du prix dans la grande distribution et le risque d’un retour du discours sur la lutte pour le pouvoir d’achat. Nous allons voir quelle sera la position de la grande distribution », explique M. Besnier.
> Lire aussi  Le groupe Lactalis visé par une information judiciaire pour falsification de denrées alimentaires
Lactalis n’est pas le seul groupe, à réagir à ces anticipations en baissant le prix du lait. D’où la réaction de France OP Lait, qui fédère différentes organisations de producteurs, et a aussi saisi le médiateur fin avril. « Prétextant de la crise du Covid-19, de nombreux industriels n’ont pas respecté les accords ni les contrats en imposant unilatéralement et brutalement des réductions de prix. Certains en profitent également pour reporter aux calendes grecques la mise en conformité de leurs relations commerciales avec les organisations de producteurs conformément aux exigences de la loi Egalim », s’est émue France OP Lait.
> Lire aussi  Malgré le déconfinement, l’alimentation en circuit court reste plébiscitée
Dans sa réponse, mi-mai, le médiateur incite les acteurs à trouver un terrain d’entente avant les nouvelles négociations commerciales entre industriels et distributeurs fin 2020, au risque de sanctions financières. « Si l’on veut garder des éleveurs en France, il faut donner une réponse en termes de valeur et de prix. La crise du Covid a créé un trou d’air, mais il faut remettre de l’optimisme dans la filière », conclut Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/11/lactalis-va-baisser-le-prix-du-lait-paye-aux-eleveurs-en-2020_6042504_3234.html>
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14- Colombie : une famille paysanne séduit YouTube avec des "tuyaux" pour les citadins, AFP, 11/06/20, 17:00

En à peine un mois, Nubia Gaona et ses enfants, une famille paysanne traditionnelle de Colombie, sont passés de l'anonymat à la célébrité sur YouTube, en y partageant des conseils simples pour les citadins confinés et en mal de campagne.
Comment semer de la menthe ou des oignons, créer un jardin vertical, domestiquer un petit cochon ou préparer de la confiture de lait...
Les idées de Nubia, David et Alejandro ont été partagées des dizaines de milliers de fois depuis le début de l'aventure en mai, alors que la Colombie était confinée depuis déjà deux mois à cause du nouveau coronavirus.
"Nous n'aurions jamais imaginé être aussi reconnus. (Nous sommes) très heureux de savoir que des gens regardent nos vidéos et ainsi en savent plus sur la campagne", a déclaré à l'AFP David, un adolescent de 14 ans, fier de ses racines paysannes.
C'est lui qui a eu l'idée de convertir les Gaona en "youtubers" et que leur fermette aux murs blancs et au toit de zinc serve de décor à leur série de douze vidéos, sous-titrées en anglais et qui comptent plus de trois millions de vues.
Leur chaine enregistre déjà près de 500.000 abonnés. A titre de comparaison, il a fallu quatre ans à l'humoriste Daniel Samper Ospina, l'un des "youtubers" les plus connus de Colombie, pour en conquérir 741.000.
David a "demandé (...) +Maman, si je crée une chaine, tu m'aideras?+ et moi je lui ai répondu +Mon fils, je n'y connais pas grand chose, mais essayons+", raconte Nubia, 37 ans.
- Soutien technique -
Les Gaona ont alors demandé conseil à des voisins, dont la parcelle jouxte la leur dans les montagnes brumeuses de Chipaque, commune de 8.400 habitants à un peu plus d'une heure en voiture de Bogota.
L'ingénieur Sigifredo Moreno et sa femme les ont aidés. Et, avec des connaissances basiques, en tournage comme en édition, les Moreno ont produit leur première vidéo, "Familia campesina decide volverse youtuber" (Une famille paysanne décide de devenir youtuber), qui comptabilise 1,3 million de vues sur la chaine "Nubia e hijos" (Nubia et fils).
En fond sonore, le caquètement des poules, des aboiements de chiens et le son de la pluie qui arrose les prés alentour.
A la publication de leur première vidéo, "le jour même, ils ont atteint les 110.000 abonnés", explique M. Moreno. "Cela leur a changé la vie !"
Il a fallu moins de 24 heures aux Gaona pour remplir l'une des conditions de YouTube afin de monétiser leur chaîne : dépasser le millier d'abonnés.
En outre, ils reçoivent de plus en plus de demandes pour un kit de plantation qu'ils vendent l'équivalent de cinq dollars : trois pots, des semences et de la terre.
Les usagers "nous soutiennent pour l'humilité que nous montrons grâce à nos vidéos, la simplicité et l'amour qu'il y a à la campagne", ajoute Nubia.
- Un tournant -
M. Moreno n'exagère pas quand il dit que la vie de cette veuve, de David et d'Alejandro, 10 ans, a radicalement changé.
Lorsque le père est décédé il y a deux ans, la famille a commencé à manquer, ne mangeait plus qu'une fois par jour et travaillait de l'aube jusqu'à la nuit pour maintenir la ferme.
Les agriculteurs colombiens se plaignent souvent d'être négligés : en zone rurale, la pauvreté est de 36,1%, soit 12 points de plus que le taux national de ce pays de 48 millions d'habitants.
"Nous allons aider toutes les familles paysannes. Déjà, nous avons commencé avec deux familles qui vendent leurs produits par notre chaîne", se réjouit David, décidé à éviter les intermédiaires qui s'approprient le plus de profits.
Les Gaona espèrent aussi aider les gens à supporter le confinement, décrété le 25 mars dans l'ensemble du pays, puis prolongé plusieurs fois et jusqu'au 15 juin dans certaines régions, dont la capitale Bogota.
"Regarder ce que nous vivons ici, à la campagne, leur donne un peu de joie", pense Nubia.
Grâce à la vente du kit de plantation, ils ont pu en outre arranger l'entrée de la ferme, meubler les chambres des garçons. Les autorités locales leur ont fourni le matériel pour électrifier la maison et il leur reste l'argent des vidéos vues.
Et YouTube leur a octroyé le Bouton d'argent, qui récompense les 'youtubers' dépassant les 100.000 abonnements.
"Je ne l'aurai jamais imaginé... Mon rêve était de donner à mes enfants ce qu'ils voulaient ou ce dont ils avaient besoin... J'y suis parvenue en un mois et ça, c'est un grand bonheur !", lâche Nubia les larmes aux yeux.
<https://information.tv5monde.com/info/colombie-une-famille-paysanne-seduit-youtube-avec-des-tuyaux-pour-les-citadins-362896>
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15- Pourquoi notre santé et celle de la planète se jouent dans nos assiettes, The Conversation, 11/06/20, 19:17 
Par Michel Duru, Directeur de recherche, UMR AGIR (Agroécologie, innovations et territoires), Inrae & Patrick Caron, Vice-Président de l’Université de Montpellier en charge des relations internationales, Président d'Agropolis International, chercheur sur les systèmes alimentaires, Cirad

La crise sanitaire mondiale provoquée ces derniers mois par le Covid-19 est symptomatique des interconnexions entre santé humaine, animale et environnement dans un contexte de mondialisation. Elle s’inscrit dans une période – depuis la fin du XXe siècle – d’accélération des phénomènes d’émergences épidémiques, qui a fait naître des courants de pensée proposant des approches intégrées de la santé.
Initialement focalisées sur les zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’homme), ces approches systémiques se sont progressivement étendues à d’autres domaines de la santé, jusqu’à considérer les liens entre santé humaine, état des écosystèmes et équilibre des grands processus qui régulent le système terrestre (à l’image du climat).
Dans ce cadre, la notion de « santé » caractérise la capacité des écosystèmes et de la planète à fournir, dans la durée, un ensemble de services appelés « écosystémiques », c’est-à-dire nécessaires à la survie et au bien-être de l’humanité.
Nous nous intéressons ici à ces dimensions de la santé en lien avec nos systèmes alimentaires.
>> Suite à lire à :
<https://theconversation.com/pourquoi-notre-sante-et-celle-de-la-planete-se-jouent-dans-nos-assiettes-140500>
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16- Les potagers, planche de salut des restaurateurs, Le Monde, 12/06/20, 13h50
Marie Aline

Face à la fermeture de leurs restaurants, ­certains chefs, également maraîchers, ont vendu leurs récoltes aux particuliers ou nourri les soignants et les plus démunis. Cette expérience leur a surtout ouvert de nouvelles perspectives dans la pratique de leur métier. 
Au fil de la saison, la liste s’allonge. Mauro Colagreco, chef du Mirazur, à Menton, s’enivre de l’énumération des produits de son jardin : « Courges, aubergines, tomates, courgettes, fraises, petits pois, févettes… Mais aussi beaucoup de fleurs pour favoriser la pollinisation : capucines, pensées, violettes, fleurs de ciboulette, fleurs d’hysope, tournesols, cosmos, dahlias, soucis, bégonias… Et encore : cardes, artichauts, framboisiers, tagettes, blettes, salades, épinards. On a des arroches, on a repiqué des échalotes, des oignons, des cébettes, de l’ail, des betteraves, des poules… » Tout s’emmêle. Dans un éclat de rire, Colagreco poursuit : « Poivrons, haricots, ail rose, cinq amandiers, deux pruniers, trois poiriers, des kiwis, abricotiers, pêchers, cerisiers… »
Fin mai, le voilà qui rayonnait alors que son restaurant, 3 étoiles au Michelin, sacré meilleur du monde en 2019, était fermé depuis le 15 mars 2020, à l’instar des établissements de tous ses confrères dans l’Hexagone. Si certains chefs ont profité de cette longue parenthèse pour renouer avec leur vie de famille d’habitude très arythmique, d’autres ont repensé l’agencement de leur restaurant pour anticiper une réouverture sans trop de pertes financières ou développent une offre à emporter. D’autres encore se sont lancés dans des batailles ­judiciaires avec leurs assureurs ou ont nourri les soignants. Et puis, il y a ceux qui ont regardé leurs légumes pousser…
« Le potager est notre lumière, on y plante nos rêves », s’extasient Gaby Benicio et Amélie Darvas, à la tête du restaurant Äponem, à Vailhan, près de Béziers. Avoir un potager est de plus en plus courant chez les restaurateurs installés à la campagne. Mais auraient-ils imaginé que ces lopins de terre cultivés deviendraient leur planche de salut ? Certainement pas à ce point. Crise ou pas, Mauro Colagreco, Gaby Benicio, Amélie Darvas, James Edward Henry ou encore Armand Arnal décrivent tous le ravissement qui les saisit quand ils arrivent au jardin. Une sérénité à mille lieues du tumulte des cuisines, qui vient s’ancrer au plus profond d’eux-mêmes dans cette période d’arrêt total des machines. Là où la plupart de leurs confrères se sont retrouvés désœuvrés, les chefs maraîchers n’ont eu d’autre choix que de répondre aux exigences de leurs potagers. Le confinement est tombé au tout début du printemps, grande période d’activité pour qui travaille la terre. Les derniers légumes ­d’hiver laissent la place aux jeunes pousses qui dessinent un nouveau jardin, celui de l’été.
Dès le début de la crise, l’équipe d’Äponem s’est mobilisée pour ­réaliser les semis destinés à ses 5 000 m2 de potager. Les nouvelles serres bourdonnaient d’activité. Pendant ce temps, les sourciers sont venus localiser l’eau dans les profondeurs du terrain. De son côté, Armand Arnal, à La Chas­sagnette, près d’Arles, a installé des ombrières au-dessus des tomates et des courgettes qui exigent de la fraîcheur, planté des légumes sous les arbres de son verger, fini de construire le poulailler et réfléchi à une version mobile pour que les fientes des volailles puissent nourrir directement la terre.
Courant avril, Mauro Colagreco s’est retrouvé avec une multitude de fruits et légumes sur les bras. Ses cinq parcelles sises à Menton, cultivées en permaculture, ont un rendement infernal car elles aiment le microclimat du quartier de Garavan. Protégées du vent par les montagnes, elles bénéficient aussi de la réfraction de la chaleur, emmagasinée le jour dans le rocher et restituée la nuit. Las de ne pouvoir utiliser sa récolte dans sa cuisine, il a commencé à la commercialiser aux gens du coin. « On a vécu un peu de notre rêve,confie-t-il. Avec Julia, ma femme, nous voudrions que le restaurant constitue une part d’un écosystème basé sur le travail de la terre, le respect de son calendrier et de la biodiversité. » Fabrication de conserves et de glaces aux arômes naturels, jardin pédagogique… Les idées fusent tandis que, pour la première fois depuis longtemps, Mauro Colagreco reprend contact avec la population locale : « On a une ­clientèle internationale et on ne sait pas comment va se passer la réouverture des frontières. » Il pressent que la vente directe des légumes aux Mentonnais pourrait leur donner envie de venir goûter à la cuisine du Mirazur…
Une autonomie à 95 %
James Edward Henry, qui travaille depuis cinq ans avec son associé, Shaun Kelly, à l’ouverture du ­restaurant-ferme-auberge Le Doyenné en Essonne, à Saint-Vrain, affronte la crise de la même façon. Les légumes qu’il destinait à Septime, Le Verre Volé, Mokonuts ou la Table de Bruno Verjus, en attendant d’ouvrir sa propre enseigne, vont maintenant aux ­ particuliers. « On a dépassé nos attentes avec cette nouvelle façon de faire du commerce. Les gens sont heureux de pouvoir cuisiner des produits ­normalement réservés aux grands ­ restaurants. » Et alors que son envie de se mettre aux fourneaux devient impérative, ce temps suspendu lui fait envisager son affaire autrement : « Nous avons beaucoup ­d’espace ici, on pourrait développer la partie maraîchère si la demande des particuliers se maintient. Nous devons simplement trouver l’économie juste qui va avec l’agriculture. » 
« Économie », le mot est lâché. James Edward Henry, pas certain de pouvoir un jour ouvrir son restaurant, raisonne en agriculteur quand il vise une autonomie à 95 %. Avec un demi-hectare cultivé pour l’instant, un verger de cent fruitiers et vingt vieux pommiers d’origine, des abeilles et des poules, la ferme de Saint-Vrain regorge de trésors : de la livèche, de la sarriette, trois types de radis, cinq de basilics, de l’arroche, des blettes, des épinards, de la roquette, de la mizuna, de la moutarde, quatre sortes de concombres, cinq de courgettes, neuf de tomates, quatre de fraises… Les perspectives sont multiples et l’idée d’agrandir la surface à cultiver tombe sous le sens.
Les modèles économiques des enseignes sont aussi différents que les caractères des cuisiniers. Si l’équipe d’Äponem se nourrit de ses légumes faute d’argent, Armand Arnal, en place depuis douze ans, a pu offrir ses récoltes aux plus démunis. Devant l’immensité de son terrain, le chef arlésien imagine aujourd’hui une ferme hybride en pleine Camargue. En attendant d’accueillir quelques chèvres et des agneaux, il vient de dessiner un ­jardin mandala et entrevoit son potager comme la nouvelle salle de La Chassagnette : « On vient de mettre au point des paniers pique-nique que l’on servira aux quatre coins du jardin. »
Mauro Colagreco, qui a tout juste rouvert, accueille ses clients en intérieur et sur sa terrasse, avec vue sur l’immense avocatier et la mer. Il aimerait mettre à profit ce qu’il a appris pendant ces mois passés à travailler la terre : « Pour cultiver, il faut être en lien avec le cosmos. Nous allons intégrer cette vision dans notre cuisine, maintenant. » En permaculture (comme dans d’autres formes d’agricultures alternatives), les jardiniers se fondent sur le cycle lunaire pour soigner leurs plantes, en fonction des jours feuilles, fleurs, fruits ou racines. Durant ces différentes phases, chaque élément est gorgé de vitalité. Le tronc du menu sera donc construit autour des feuilles, des fleurs, des fruits ou des racines. « Les Amérindiens cuisinaient avec la lune, raconte Mauro Colagreco. Quand elle est ascendante, toute la sève remonte dans les feuilles, et si on les mange à ce moment-là, on bénéficie de toute leur énergie. Le jardin nous impose cette vision cosmique… On est très excités de pouvoir partager enfin cette idée qui a vu le jour pendant le confinement. » Les chefs sont à l’affût de tous les signes, qu’ils viennent de la terre ou du ciel, pour repenser l’avenir de leur profession.
<https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2020/06/12/les-potagers-planche-de-salut-des-restaurateurs_6042631_4497319.html>
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17- A Tchernobyl, des scientifiques mesurent le désastre après des incendies record, AFP, 13/06/20, 09:00
Oleksandr Savochenko

"Cette forêt ne renaîtra plus", regrette le scientifique Oleksandre Borsouk, marchant sur la terre jaune, parmi les troncs de pins calcinés et l'odeur de brûlé dans la zone d'exclusion autour de la centrale de Tchernobyl, après des incendies record. 
Ces feux d'une ampleur inédite ont ravagé un quart de cette zone, raconte à l'AFP M. Borsouk, un des responsables de la réserve naturelle qui occupe la plupart de ce vaste territoire.
Toujours contaminée par les radiations, cette zone restée largement à l'abandon entoure dans un rayon de 30 kilomètres le centrale accidentée, théâtre en 1986 du pire accident nucléaire de l'Histoire. 
Début avril, des feux de forêts qui s'y sont déclarés ont pris une ampleur inédite. Encouragés par des vents violents et surtout une météo inhabituellement sèche, les feux ont duré jusqu'à la mi-mai, s'arrêtant, selon Greenpeace, à moins de deux kilomètres du dôme de confinement qui protège son réacteur accidenté. 
Malgré les efforts de centaines de pompiers, plus de 66.000 hectares de terres (un quart de la zone d'exclusion) dont 42.000 hectares de forêts ont été ravagés. Cette semaine, les autorités ont pour la première fois ouvert aux médias l'accès aux territoires affectés.
"C'était l'incendie le plus important" depuis l'accident de 1986, relève Denys Vychnevsky, un responsable scientifique de la réserve. 
Si le désastre n'a pas provoqué, selon Kiev, de hausse de la radioactivité, il a porté un coup dur à l'écosystème local, qui prospérait depuis la catastrophe de 1986 suivie de l'évacuation des centaines de milliers d'habitants et de l'arrêt de la plupart des activités humaines.
- Chaleur et sécheresse -
"Les forêts de pins ont le plus souffert", explique M. Borsouk. Touchés par des flammes dont les températures peuvent atteindre "700 à 800°C", ces arbres âgés de 30 ou 40, voire 90 ans vont continuer à mourir pendant encore "deux à trois ans", ajoute-il.
Si la végétation finira par repousser, les pins se feront naturellement remplacer par des arbres feuillus (bouleaux, trembles...), plus résistants aux flammes, explique le scientifique, selon lequel une dizaine de villages abandonnés ont également été détruits.
La faune a aussi accusé le coup: de gros animaux - loups, élans ou lynx - ont réussi à s'enfuir mais de petits mammifères comme des lièvres ainsi que des serpents ont péri, explique M. Vychnevsky. 
Mais depuis la fin des incendies, "nous observons des tendances positives": des animaux et oiseaux reviennent dans les territoires affectés, ajoute le biologiste.
L'incendie a été provoqué, selon la police, par un jeune habitant vivant près de la zone de Tchernobyl, qui a dit avoir mis le feu à de l'herbe "pour s'amuser".
Mais les scientifiques montrent du doigt le changement climatique qui a entraîné un hiver inhabituellement chaud et sec avec seulement 63% de précipitations par rapport à la norme, créant des conditions favorables pour la propagation du feu. 
"A l'avenir, avec de tels changements climatiques, cela va représenter une menace pour nous", estime M. Vychnevsky. "Il va falloir réorganiser tout le système d'observation, de prévention et de réaction d'urgence à ce genre d'incendies, propres plutôt aux Etats-Unis et au sud de l'Europe", avertit-il. 
Un réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, contaminant, selon certaines estimations, jusqu'aux trois quarts de l'Europe. La centrale, qui était restée en activité, a fermé définitivement en 2000. 
Ces dernières années, le site est également devenu une attraction touristique majeure attirant des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier.
<https://information.tv5monde.com/info/tchernobyl-des-scientifiques-mesurent-le-desastre-apres-des-incendies-record-363110>
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18- Nanoparticules : lait infantile, bonbons, 900 produits alimentaires sont concernés !, Les DNA, 13/06/20, 18:00
Dominique Salomon (Destination Santé) 

Les aliments industriels contiennent de plus en plus souvent des substances à l'état nanoparticulaire. Pour déterminer quels aliments sont concernés, l’Anses publie un point de la situation en France.
Recenser les principaux usages des nanomatériaux manufacturés dans le domaine alimentaire. Voici l’objectif de l’expertise réalisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Une première étape avant d’« étudier les risques sanitaires que pourraient représenter ces substances pour les consommateurs », indique l’agence. Des risques déjà évoqués dans plusieurs études scientifiques ces dernières années
Dans les aliments fabriqués de manière industrielle, l’Anses relève plusieurs rôles remplis par ces particules. D’abord, celui d’additif, « pour améliorer l’aspect et l’appétence du produit alimentaire (en modifiant la structure, la couleur, la texture…) », indique l’Anses.
Mais aussi « en tant que matériaux au contact des aliments, pour leurs fonctions d’améliorations de la sécurité du conditionnement », comme certains anti-microbiens. Enfin, certains ingrédients à vocation nutritive peuvent « se trouver à l’état nanoparticulaire ».
>> Suite à lire à :
<https://www.lalsace.fr/magazine-sante/2020/06/13/nanoparticules-lait-infantile-bonbons-900-produits-alimentaires-sont-concernes>
En savoir plus :
> Nanomatériaux dans l’alimentation : les recommandations de l’Anses pour améliorer leur identification et mieux évaluer les risques sanitaires pour les consommateurs <https://www.anses.fr/fr/content/nanomat%C3%A9riaux-dans-l%E2%80%99alimentation-les-recommandations-de-l%E2%80%99anses-pour-am%C3%A9liorer-leur>, ANSES, 09/06/20
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19- Reportage. A Beaucaire, les saisonniers étrangers, entre conditions de vie difficiles et crainte du coronavirus, Le Monde, 13/06/20, 22h21
Sofia Fischer, Beaucaire, envoyée spéciale

Début juin, des clusters de Covid-19 ont été découverts parmi les ouvriers agricoles, venus majoritairement d’Amérique du Sud, qui circulent entre Gard, Vaucluse et Bouches-du-Rhône. Le dépistage révèle les pratiques douteuses de la filière.
Dans la longue file d’attente qui s’étend devant le gymnase de Beaucaire (Gard) transformé en centre de dépistage, les accents de Colombie et de l’Equateur se mêlent à ceux, plus hachés, des membres de la Croix-Rouge. Un homme s’inquiète auprès de son voisin, en espagnol : « Est-ce qu’il faut une carte Vitale ? Parce que je n’en ai pas. » 
Sur ces terres fertiles, limitrophes des Bouches-du-Rhône et proches du Vaucluse, beaucoup d’ouvriers agricoles, provenant majoritairement d’Amérique du Sud et transitant par l’Espagne, arrivent tous les ans par bus entiers au printemps. Très dépendants de cette main-d’œuvre, d’autant plus en période de crise sanitaire, les agriculteurs membres de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles des Bouches-du-Rhône avaient manifesté le 20 mai à Arles et Aix pour s’assurer de leur venue. Alors, à la réouverture des frontières, ils sont arrivés. Avec, a priori, plusieurs cas de Covid-19 à bord.
> Lire aussi « La tension monte dans les campagnes », qui attendent leurs saisonniers
A quelques kilomètres de Beaucaire, de l’autre côté du Rhône, plusieurs foyers du virus sont apparus début juin. Une trentaine de cas ont été découverts dans un camping de travailleurs installé au milieu des champs à Noves et chez un producteur de fraises à Maillane, au nord des Bouches-du-Rhône. Une opération de dépistage a depuis été lancée. Les derniers bilans attestent 158 cas dans le département, 53 autres dans le Gard et 39 autres dans le Vaucluse. Des chiffres qui devraient augmenter au début de la semaine du 16 juin.
Dans le complexe sportif, jeudi 11 juin, on s’active. Des entraîneurs de football, des professeurs et même une boulangère se sont proposés pour faire office de traducteurs, rassurer les parents inquiets et répondre aux questions. Pour faire venir au gymnase les saisonniers étrangers, qui sont parfois en situation irrégulière et ne parlent pour la plupart pas le français, l’agence régionale de santé (ARS) a dû innover. En utilisant, par exemple, les réseaux paroissiaux : David Flores, le prêtre équatorien de la ville, a fait circuler le message quotidiennement à ses fidèles par la messagerie WhatsApp.
« Bouche-à-oreille »
Les communiqués annonçant les dépistages gratuits pendant trois jours ont été traduits en espagnol et placardés sur les épiceries latinos du centre-ville. « On compte beaucoup sur le bouche-à-oreille pour rassurer les gens qui auraient peur de venir », explique Claude Rols, délégué de l’ARS dans le Gard.
Pour l’ARS, qui, face à ce genre de situation, met en place un dispositif de traçage des contacts permettant d’enquêter sur les déplacements et les échanges entre individus, la tâche s’annonce ardue. Car ces ouvriers agricoles, souvent accueillis dans des chambres ou des mobile-homes collectifs, travaillent sur plusieurs lieux à la fois. Les risques de contamination deviennent donc importants au gré des déplacements, souvent effectués dans des véhicules collectifs. « Sans compter que tous les magasins latinos sont à Beaucaire », explique Angel (certains prénoms ont été modifiés), 48 ans. L’Equatorien, qui ramasse les abricots en ce moment, l’assure : « Tout le monde se retrouve là-bas le week-end. »
A la sortie du centre, Pablo, 22 ans, et Nathaly, 21 ans, font un signe de croix. « J’ai un bébé en Espagne, explique le jeune Colombien. Si je suis positif, je ne sais pas ce que je vais faire. Je suis venu ici pour travailler. » Nathaly, elle, a tenté de convaincre celle qui partage sa chambre sur l’exploitation de concombres où elle travaille de venir elle aussi se faire dépister. « Impossible : elle a beaucoup trop peur. Soit de la police de l’air et des frontières, soit d’être renvoyée en Espagne sans son salaire », explique-t-elle.
Depuis les Bouches-du-Rhône voisines, où les campagnes de dépistage ont démarré début juin, beaucoup de saisonniers disent avoir appris leurs résultats par l’entreprise d’intérim qui les emploie et non par un médecin. Ils attendent toujours un document médical. Une vidéo montrant des chambres surpeuplées dans un domaine près d’Arles où plusieurs cas de Covid-19 ont été détectés circule sur les réseaux sociaux. Un Equatorien sur place raconte que des vigiles mèneraient la garde à l’entrée de la ferme.
> Lire aussi Coronavirus : la pénurie de saisonniers paralyse l’agriculture européenne
Dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin, sept employées saisonnières qui auraient testé positives au Covid-19, dispersées dans plusieurs fermes autour d’Arles (Bouches-du-Rhône), ont été transportées dans un centre d’isolement à Miramas. Elles disent avoir appris qu’elles étaient porteuses du virus par leur employeur début juin et n’avoir reçu aucun document médical. Elles refusaient de bouger sans de plus amples informations.
« Esclaves du XXIe siècle »
« C’est le chauffeur de la boîte d’intérim pour laquelle je travaille qui m’a dit que j’étais positive, explique Liliana qui, affolée, a contacté Le Monde pendant l’opération, tout en tentant de s’isoler tant bien que mal dans le domaine où elle se trouvait. Je n’ai jamais reçu de SMS, de mail, ou de courrier officiel. Et là, on nous embarque, je ne sais même pas où. Ils menacent d’appeler la police. » La préfecture des Bouches-du-Rhône, contactée samedi, parle de départs « volontaires », pour une mise à l’isolement plus « confortable ». « Il y a eu un moment de panique ou d’incompréhension, admet-elle, mais des informations devraient remonter très vite sur ce qui s’est passé. »
Le fonctionnement opaque des entreprises, très lucratives, dont dépendent les saisonniers est souvent en cause. La plus connue d’entre elles, Terra Fecundis, devait être jugée pour près de 112 millions d’euros de fraude sociale début mai à Marseille. Mais l’audience de la plus grosse affaire de dumping social en France a été reportée pour cause de crise sanitaire. Les syndicats dénoncent depuis des années leurs conditions de travail, n’hésitant pas à parler « d’esclaves du XXIe siècle ».
Parmi les ouvriers, beaucoup témoignent d’heures supplémentaires non payées, de retenues sur salaire non justifiées, de malaises, et parfois mêmes de violences. Javier, carrure large et voix chancelante, raconte « qu’on lui jette des pommes » sur la tête régulièrement. « On est traités comme des animaux. La cheffe de file a déjà fait pleurer plusieurs ouvriers. » Un autre dit avoir été renvoyé pour avoir publié une vidéo des conditions déplorables dans lesquelles il était confiné dans une ferme des Bouches-du-Rhône.
Alberto, 36 ans, aujourd’hui sédentarisé en France, raconte ses débuts « avec des sociétés espagnoles » : des saisons « terribles », où il n’était payé « qu’un tiers des heures vraiment faites ». « Si votre tête de leur revenait pas, où qu’ils estimaient que vous ne travailliez pas assez vite, ils vous demandaient de ne pas revenir l’après-midi, explique-t-il. Parfois, si on avait déjà fait une semaine, ils ne la payaient pas. » Alors, selon ce père de famille, « c’est évident que si j’étais encore avec eux, je ne voudrais pas me faire tester ».
« On va devoir tirer les conclusions de ce qui s’est passé », admet Patrick Lévêque, patron de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles des Bouches-du-Rhône. S’il se serait bien passé de l’annonce des multiples clusters dans le monde agricole, il assure n’être pas surpris : « Nous avons continué de bosser pour nourrir la France pendant tout le confinement. C’était un risque, évidemment. »
« On ne nous dit rien »
A quelques encablures du centre de dépistage, on retrouve l’épicentre de cette immigration : l’intérieur des remparts de la ville musée de Beaucaire. Le maire Rassemblement national (ex-Front national), Julien Sanchez, a été réélu dès le premier tour le 15 mars. Dans les épiceries latinos, entre les bananes plantain et les bonbons au dulce de leche, des agriculteurs ont épinglé des annonces traduites en espagnol. « Cherche bras pour travailler dans la vigne. Cotisations en Espagne. » 
> Lire aussi « Ici, au moins, je vois du monde et je gagne un salaire » : portraits de nouveaux saisonniers
Une femme demande si elle peut être renvoyée si jamais le résultat était positif. Une autre s’inquiète pour un ami confiné chez son employeur, dans un dortoir avec plusieurs cas de Covid-19. Un couple à qui on a imposé une quarantaine après avoir covoituré avec un collègue testé positif s’inquiète : seront-ils payés quand même à la fin du mois ? « On ne nous dit rien », confie le mari.
Dans les rues de Beaucaire, la nuit tombe. Les terrasses se remplissent doucement. Sur les tables, les « unes » des journaux locaux avec le nombre de cas qui grimpe dangereusement. Les riverains s’inquiètent. « Avec les conditions dans lesquelles ils vivent, ce n’est pas étonnant qu’il y ait autant de Covid chez les Latinos », estime Alain, bière à la main. « Avec cette histoire, raconte Alberto, les gens nous regardent un peu bizarrement. Il y en a qui changent carrément de trottoir. »
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/13/a-beaucaire-les-saisonniers-etrangers-entre-conditions-de-vie-difficiles-et-crainte-du-coronavirus_6042770_3244.html>
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En images
20- Le retour des saisonniers dans les champs de cerises ou de fraises, TF1, journal de 20h, 09/06/20

Depuis le début de ce mois de juin, les cerises, les fraises, les mirabelles arrivent à maturité dans les vergers. Les producteurs ont besoin de bras pour les récolter. Près de 80% de la main-d'oeuvre de l'agriculture française est d'origine étrangère. Avec le déconfinement, certaines frontières ont rouvert juste à temps. Certains saisonniers ne s'arrêteront pas aux fruits rouges, ils resteront jusqu'aux vendanges en septembre. Cinq mois de travail assuré sur des terres agricoles, qui contrairement à d'autres secteurs, ne connaissent pas la crise.
> Reportage à voir à :
<https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/le-retour-des-saisonniers-dans-les-champs-de-cerises-ou-de-fraises-69387970.html>
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21- Voici les conseils d’un expert pour acheter du poisson véritablement issu de la pêche durable, Positivr, 09/06/20
Mathilde Sallé de Chou

Comment choisir son poisson issu de la pêche durable ? Réponse avec Frederic Le Manach, directeur scientifique de l'association BLOOM.
Le 4 mai dernier, l’association BLOOM « dévouée aux océans et à ceux qui en vivent » a sorti une étude à charge contre le Label de pêche durable MSC. Après ces révélations troublantes, Frédéric Le Manach, son directeur scientifique, a décidé de livrer les clés pour choisir en toute transparence son poisson afin de guider les consommateurs.
Depuis plus de 20 ans, le MSC (Marine Stewardship Council) propose un label certifiant l’origine durable des produits de la mer. Un allié parfait pour les consommateurs désireux de privilégier une alimentation responsable. Mais depuis la publication de l’étude démontrant que les pêcheries certifiées par le label MSC sont principalement destructrices et industrielles, difficile de s’y retrouver.
Frederic Le Manach, Directeur scientifique de BLOOM et premier auteur de l’étude interviewé par le moteur de recherche solidaire Lilo répond aux interrogations des consommateurs en vidéo. Il conseille ainsi de choisir son poisson en fonction des méthodes de pêche plutôt que des labels.
> Vidéo à voir à :
<https://positivr.fr/video-comment-choisir-un-poisson-reellement-issu-de-la-peche-durable/>
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22- Lin : les stocks s'accumulent, TF1, journal de 20h, 10/06/20

Les agriculteurs français font pousser 60% de la production mondiale de lin. Les débouchés étaient en expansion. Mais à cause de l'épidémie de coronavirus, toute la chaîne est arrêtée dans le monde. Les stocks se sont accumulés dans les hangars. Pour faire face à la crise, des mesures d'économies drastiques sont déjà envisagées dans une coopérative de liniculteurs dans le Calvados.
> Reportage à voir à :
<https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/lin-les-stocks-saccumulent-78660724.html>
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– Rapport mobiliser les financements pour le climat <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/rapport-mobiliser-les-financements-pour-le-climat/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, février 2016
– Alimentation et climat : enjeux et solutions à différentes échelles <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/alimentation-et-climat-enjeux-et-solutions-differentes-echelles/?page=0&domaines1%5B%5D=32&domaines2%5B%5D=32&domaines3%5B%5D=32>, décembre 2015
– Solaire photovoltaïque : 25% de l'électricité mondiale bas carbone d'ici 2050 ! <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/solaire-photovoltaique-25-de-lelectricite-mondiale-bas-carbone-dici-2050/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, novembre 2015
– Les révolutions invisibles, un livre pour comprendre le monde qui vient <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/revolution-invisible-un-livre-pour-comprendre-le-monde-qui-vient>, août 2015
– Une revue consacrée aux liens entre environnement et inégalités sociales <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/une-revue-consacree-aux-liens-entre-environnement-et-inegalites-sociales/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, juin 2015
– Démocratie participative : guide des outils pour agir <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/publication_etat_deslieaux_democratie_participative_0.pdf>, Etat des lieux & Analyses n°3, nouvelle édition, mars 2015
– Mobilité au quotidien - Comment lutter contre la précarité ? <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-mobilite-precarite.pdf>, Etat des lieux & Analyses, septembre 2014
– Etude. Les solutions de mobilité soutenable en milieu rural et périurbain <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-solution-mobilite-soutenable.pdf>, Fondation Nicolas Hulot & RAC France, juillet 2014
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