[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur biodiversité, sciences et protection du vivant et de l'univers, patrimoine (mercredi 27 mai)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Mer 27 Mai 08:11:17 CEST 2020


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Un frelon asiatique géant repéré pour la première fois aux Etats-Unis <https://www.geo.fr/environnement/un-frelon-asiatique-geant-repere-pour-la-premiere-fois-aux-etats-unis-200616>, AFP, 07/05/20, 08:00
2- Entretien. Les mystères élucidés : Le réseau trophique unique plantes-insectes des forêts tropicales <https://cordis.europa.eu/article/id/417985-mysteries-unravelled-the-unique-plant-insect-food-web-of-tropical-forests/fr>, Cordis pour Europa, 07/05/20
3- Dans les gorges de l'Ardèche, une virginité retrouvée mais éphémère ? <https://www.geo.fr/environnement/dans-les-gorges-de-lardeche-une-virginite-retrouvee-mais-ephemere-200634>, AFP, 10/05/20, 18:00
4- Reportage. Au cœur de l’Afrique, la guerre au nom de la nature <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/08/au-c-ur-de-l-afrique-la-guerre-au-nom-de-la-nature_6039073_3212.html>, Le Monde, maj le 11/05/20, 12h27
5- Déconfinement : appels à protéger les animaux qui se sont réappropriés les espaces naturels <https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/deconfinement-appels-a-proteger-les-animaux-qui-se-sont-reappropries-les-espaces-naturels-148533.html>, Novethic, 11/05/20
6- Brésil : à plus de 50 ans, une nouvelle vie pour une éléphante <https://www.geo.fr/environnement/bresil-a-plus-de-50-ans-une-nouvelle-vie-pour-une-elephante-200670>, AFP, 14/05/20, 00:00
7- "L'Amazonie est un réservoir à virus", dit un chercheur brésilien <https://www.geo.fr/environnement/lamazonie-est-un-reservoir-a-virus-dit-un-chercheur-bresilien-200672>, AFP, 14/05/20, 09:00
8- Les digues de végétation représentent un bel espoir pour lutter contre les tsunamis <https://dailygeekshow.com/digue-vegetale-tsunami/>, Daily Geek Show, 14/05/20
9- L'IPBES intègre à ses travaux le lien entre pandémies et biodiversité <https://www.actu-environnement.com/ae/news/lien-pandemie-biodiversite-IPBES-35481.php4>, Actu-environnement, 14/05/20
10- Dans les forêts d'Ile-de-France, concilier quiétude des animaux et besoin de nature <https://www.geo.fr/environnement/dans-les-forets-dile-de-france-concilier-quietude-des-animaux-et-besoin-de-nature-200690>, AFP, 15/05/20, 15:00
11- Pakistan. Aux portes d'Islamabad, les léopards profitent du calme grâce au virus <https://www.geo.fr/environnement/aux-portes-dislamabad-les-leopards-profitent-du-calme-grace-au-virus-200695>, AFP, 16/05/20, 14:00
12- [Bonne nouvelle] Quand le coronavirus protège les baleines des chasseurs <https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/bonne-nouvelle-quand-le-coronavirus-protege-les-baleines-chassees-148559.html>, Novethic, 17/05/20
13- Indonésie : un tigre de Sumatra retrouvé mort, un cas de braconnage suspecté <https://www.geo.fr/environnement/indonesie-un-tigre-de-sumatra-retrouve-mort-un-cas-de-braconnage-suspecte-200713>, AFP, 19/05/20, 18:00
14- 22 mai Journée mondiale de la biodiversité - le Comité français de l’UICN appelle a investir dans les Solutions fondées sur la Nature (SfN) <https://uicn.fr/solutions-fondees-sur-la-nature/>, communiqué du 20/05/20
15- Malaisie : l'Etat de Terengganu va interdire le commerce des œufs de tortue marine <https://information.tv5monde.com/info/malaisie-l-etat-de-terengganu-va-interdire-le-commerce-des-oeufs-de-tortue-marine-360082>, AFP, 21/05/20, 12:00
16- Marseille : Emmanuel Macron annonce l'organisation d'un sommet mondial sur la biodiversité dans la ville en 2021 <https://www.20minutes.fr/vousinterviewez/2784259-20200522-marseille-emmanuel-macron-annonce-organisation-sommet-mondial-biodiversite-ville-2021>, 20 Minutes avec AFP, 22/05/20, 17h03
17- Un artisan de Floride fabrique des masques en peau de python et d'iguane <https://information.tv5monde.com/info/un-artisan-de-floride-fabrique-des-masques-en-peau-de-python-et-d-iguane-360309>, AFP, 23/05/20, 09:00
18- Réservoir de maladies et gibier prisé, une chauve-souris inquiète en Nouvelle-Calédonie <https://information.tv5monde.com/info/reservoir-de-maladies-et-gibier-prise-une-chauve-souris-inquiete-en-nouvelle-caledonie-360312>, AFP, 23/05/20, 09:00
19- "Pandémie" et "Quarantaine", espoirs pour la sauvegarde des pumas mexicains <https://information.tv5monde.com/info/pandemie-et-quarantaine-espoirs-pour-la-sauvegarde-des-pumas-mexicains-360585>, AFP, 25/05/20, 18:00
En audio
20- Jean-Louis Etienne, 40 ans d'exploration <https://www.franceinter.fr/emissions/du-vent-dans-les-synapses/du-vent-dans-les-synapses-09-mai-2020-0>, France Inter, Du vent dans les synapses, 09/05/20, de 15h à 17h
21- "Les hommes portent la responsabilité de ce qui leur arrive..." - Elisabeth de Fontenay <https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-22-mai-2020>, France Inter, Lettres d’intérieur, 22/05/20, 08h55
En images
22- L’Inde se réjouit du nombre de bébés tortues nés sur cette plage <https://www.youtube.com/watch?v=ZQvuhO3we9c>, Le HuffPost, 11/05/20
23- A Crozon, le déconfinement menace les oiseaux du littoral <https://www.youtube.com/watch?v=xHYBe6FxQdM>, AFP, 14/05/20, 22:00

Bien à vous,
Florence

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CITATION DU JOUR : "Dans la longue histoire du genre animal, ce sont ceux qui ont appris à collaborer et à improviser efficacement qui l’ont emporté", Charles Darwin
DOSSIER DU JOUR : Dans le monde entier, le confinement a enhardi les animaux sauvages à récupérer leur territoire et leur quiétude. Comment éviter de revenir à la situation d’avant Covid-19 ? (cf. item 3, 5, 8, 10, 11, 12, 19, 22 & 23)
ALTERNATIVES DU JOUR : Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) ou comment faire alliance avec elle. (cf. item 8, 9, 14 & 15)
RECHERCHE DU JOUR : Le projet Diversity6continents s’intéresse tout particulièrement aux plantes et insectes qui peuplent les forêts tropicales dans l’espoir de découvrir comment tant d’espèces parviennent à coexister sur des zones incroyablement petites. (cf. item 2)
REPORTAGE DU JOUR : En Centrafrique, l’immense réserve naturelle de Chinko est protégée par une ONG sud-africaine qui, face aux bergers nomades, braconniers, mercenaires et miliciens lourdement armés sévissant dans la région, s’impose par des méthodes musclées. (cf. item 4)
ALERTE DU JOUR : "L'Amazonie est un grand réservoir à virus. Nous sommes en train de jouer avec le feu. Il y a toujours plus de déforestation, de destruction (...). Quand on provoque ce déséquilibre écologique (...) il peut y avoir une transmission du virus des animaux aux hommes", David Lapola, chercheur (cf. item 7 & 18)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://letempsestvenu.org/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.lesgesteseclaires.com/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Pétition. Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/petition_ecolocreche>
> Pour répondre PRÉSENT à l’APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <https://www.appel-des-solidarites.fr/>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <http://www.mypositiveimpact.org/les-solutions>
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1- Un frelon asiatique géant repéré pour la première fois aux Etats-Unis, AFP, 07/05/20, 08:00
Javier Tovar

Un frelon asiatique géant, considéré par les spécialistes comme le plus gros du monde et surnommé par certains "frelon meurtrier", a été repéré pour la première fois sur le sol américain, suscitant notamment la crainte des apiculteurs.
Deux spécimens ont été découverts en décembre 2019 dans l'Etat de Washington, à l'extrême nord-ouest des Etats-Unis, près de la frontière canadienne. Depuis cette découverte de mauvais augure, les scientifiques sont à l'affût pour tenter d'éradiquer l'insecte invasif avant qu'il ne s'implante.
On ignore encore à ce stade comment ce frelon géant (Vespa mandarinia), qui peut atteindre près de cinq centimètres de long, est arrivé jusqu'aux Etats-Unis.
"En général, ce sont des passagers clandestins embarqués involontairement sur quelque chose, comme un conteneur maritime, ou quelqu'un", a déclaré à l'AFP Karla Salp, porte-parole du département de l'Agriculture de l'Etat de Washington.
Distinct du frelon géant, le frelon asiatique "à pattes jaunes" (Vespa velutina nigrithorax) qui a commencé à coloniser une partie de l'Europe de l'ouest, est lui-même probablement arrivé en 2004 dans une cargaison de poteries en provenance de Chine, livrée dans le sud-ouest de la France d'où il a essaimé.
Dans le nord-ouest des Etats-Unis, les experts estiment qu'il y a déjà plus de frelons géants que les deux spécimens retrouvés l'an dernier et sont en train de lancer une campagne pour appeler le public à leur signaler tout hyménoptère suspect.
Avec ces signalements et la pose de pièges, "nous espérons avoir une meilleure idée des zones où ils se trouvent et essayer de les éradiquer", a expliqué Mme Salp. Les entomologistes redoutent que s'il n'est pas éliminé d'ici environ deux ans, le "frelon meurtrier" puisse se diffuser en Amérique du Nord et s'y établir définitivement.
Il s'attaque surtout aux ruches, dont il décime les abeilles pour nourrir ses larves, mais sa piqûre est particulièrement douloureuse pour les humains. "En général, les gens n'ont pas à s'inquiéter. Dès lors que vous ne marchez pas sur un nid ou que vous ne vous approchez pas d'une ruche dont ils ont pris possession, il y a vraiment peu de chances que vous soyez piqué", assure Karla Salp. 
"Cela dit, si vous êtes piqué, leur venin est plus toxique que celui des abeilles ou des guêpes de chez nous, et ils en ont une plus grosse quantité", met-elle en garde.
Au Japon, où les insectes sont parfois chassés pour être mangés, environ 30 à 50 personnes meurent chaque année après avoir été piquées par des frelons géants.
- Abeilles décapitées -
C'est surtout pour les colonies d'abeilles, déjà en net déclin dans de nombreuses régions du monde, que les frelons sont une menace à prendre au sérieux.
Lorsque ces frelons découvrent une ruche, ils commencent par massacrer les abeilles en les décapitant une par une avec leurs puissantes mandibules, explique Chris Looney, entomologue auprès du département de l'Agriculture de l'Etat de Washington. Les prédateurs occupent ensuite la ruche pendant une semaine, voire plus, le temps de se repaître des pupes (cocons) et des larves laissées par les abeilles.
Paul van Westendorp, apiculteur établi en Colombie britannique, de l'autre côté de la frontière, affirme que le seul nid de frelons géants jamais découvert en Amérique du Nord se trouvait sur l'île de Vancouver, au Canada, et a été détruit. Un spécimen a aussi été découvert à White Rock, en Colombie britannique, en novembre dernier.
Dans l'Etat de Washington, l'un des deux intrus était encore en vie et s'est envolé tandis que l'autre était mort, a expliqué M. van Westendorp.
<https://www.geo.fr/environnement/un-frelon-asiatique-geant-repere-pour-la-premiere-fois-aux-etats-unis-200616 <https://information.tv5monde.com/info/un-frelon-asiatique-geant-repere-pour-la-premiere-fois-aux-etats-unis-358276>>
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2- Entretien. Les mystères élucidés : Le réseau trophique unique plantes-insectes des forêts tropicales, Cordis pour Europa, 07/05/20

Il est bien connu que les forêts tropicales sont le berceau d’une biodiversité extraordinaire, au niveau de chaque maillon de la chaîne alimentaire. Le projet Diversity6continents, financé par le CER, s’intéresse tout particulièrement aux plantes et insectes qui les peuplent dans l’espoir de découvrir comment tant d’espèces parviennent à coexister sur des zones incroyablement petites.
«Notre maison brûle». Cette métaphore, utilisée pour parler des incendies dramatiques qui ont consumé l’Amazonie à la fin de l’année dernière, a également fait office de piqûre de rappel pour la communauté scientifique. Le moment est venu d’élucider les mystères des forêts tropicales, non seulement afin d’enrichir nos connaissances scientifiques, mais aussi de souligner leur valeur et, espérons-le, de mettre en place de meilleures stratégies de conservation. Dans cette course contre la montre, chaque effort compte. Prenons le projet Diversity6continents, par exemple. L’étude des réseaux trophiques plantes-insectes en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Cameroun et au Panama, a permis d’approfondir notre compréhension de ce qui rend la faune et la flore des forêts tropicales si diversifiées par rapport aux forêts tempérées. De plus, l’approche unique adoptée par le projet, qui fait directement intervenir les communautés locales, pourrait à terme renforcer le soutien de ces dernières aux stratégies de conservation. Nous avons obtenu de plus amples informations lors d’une discussion approfondie avec Vojtech Novotny, chercheur principal de Diversity6continents.
>> Suite à lire à :
<https://cordis.europa.eu/article/id/417985-mysteries-unravelled-the-unique-plant-insect-food-web-of-tropical-forests/fr>
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3- Dans les gorges de l'Ardèche, une virginité retrouvée mais éphémère ?, AFP, 10/05/20, 18:00
Pierre Pratabuy

Du fond du canyon ne remontent que le chant des oiseaux, le coassement des grenouilles et le murmure de la rivière. Avant le retour des hommes, les gorges de l'Ardèche profitent de leurs derniers instants de tranquillité.
"Cela fait 40 ans que je les observe et jamais je n'aurais imaginé pareil spectacle, pareil silence", s'émerveille Gilbert Cochet, qui préside le comité scientifique de cette réserve naturelle créée en 1980 face à la pression touristique.
Depuis le belvédère du Serre de la Tour, la vue embrasse l'ample méandre du Pas de Mousse, 200 mètres en contrebas, vide du moindre canoë. Début mai d'ordinaire, la saison bat déjà son plein et le bruit des voitures sur la route menant au Pont d'Arc, l'arche minérale qui forme l'entrée des gorges, couvre les sons de la nature.
"Ces deux mois de confinement nous ont montré une autre réserve, que personne ne connaissait, ou alors il y a fort longtemps, peut-être l'homme de Cro-Magnon. On l'avait oubliée, on l'a redécouverte et c'est tellement bien qu'on n'a pas envie de la perdre", poursuit le naturaliste en suivant à la jumelle le ballet de deux circaètes dans le ciel.
Plus d'un millier d'espèces végétales vivent dans cet espace témoin d'une histoire géologique complexe. L'Ardèche serpente sur une vingtaine de kilomètres entre des versants abrupts et boisés, où domine le chêne vert, et de hautes falaises de calcaire.
La position du site, qui mêle des influences continentales et méditerranéennes, et la présence de multiples sources génèrent une grande diversité de milieux accueillant des animaux protégés comme l'aigle de Bonelli, le vautour percnoptère, le faucon pèlerin, le castor d'Europe, mais aussi loutres, chauves-souris, aloses ou aprons.
Eux et d'autres, tel ce cormoran qui fait sécher ses ailes au soleil sur un rocher et ne s'effarouche pas, se sont réappropriés les lieux ces dernières semaines, "H24" et plus seulement quand l'homme se retire. Le chevreuil s'est montré davantage également - sur une rive sablonneuse, l'un d'eux a laissé trace de son passage récent.
"Il s'est passé l'inverse de ce qui se passe habituellement: les gens sont restés chez eux et les animaux ont pu se déconfiner dans la nature", relève la naturaliste Béatrice Kremer-Cochet.
- "Ré-ensauvagement" -
Qui plus est en période de reproduction : de quoi espérer de belles couvées et portées, ici et ailleurs. Dans le Mercantour, cinq couples de gypaètes barbus ont pu se reproduire ce printemps, "un résultat remarquable" selon M. Cochet.
À condition que le retour des humains ne tue pas dans l'œuf ces effets bénéfiques. La Ligue de protection des oiseaux (LPO), en Auvergne-Rhône-Alpes, a appelé à la vigilance ceux qui s'apprêtent à réinvestir parois et sentiers.
"Des rapaces ont pu faire leur nid au beau milieu d'une voie d'escalade désertée", prévient Adrien Lambert, chargé par la LPO de concilier sports en pleine nature et respect de la biodiversité. "Les petits viennent d'éclore et ont besoin d'être nourri par leurs parents, qu'il faut éviter de déranger autant que possible."
"Le déconfinement nous inquiète beaucoup", abonde Marc Giraud, porte-parole de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Ceux-ci "ne font plus trop attention aux humains et ça va leur faire drôle de les voir déferler à nouveau. Les hérissons se faisaient beaucoup moins écraser ces derniers temps..."
Quelles leçons tirer de cette parenthèse durant laquelle la nature a pu "reprendre ses droits" ? Comme d'autres, les naturalistes rêvent d'un "après" différent de "l'avant", où l'homme partagerait mieux l'écosystème avec ses "voisins de planète" et les croiserait plus souvent.
"On a eu un petit échantillon de ré-ensauvagement et il ne faut pas casser cette dynamique", souhaite Gilbert Cochet, administrateur de l'Aspas qui a acheté 1.500 hectares en France ces dernières années - en collectant des dons - pour en faire des réserves dépourvues de toute exploitation humaine.
Lui voudrait sanctuariser une des rives de l'Ardèche, où il verrait bien prospérer, par exemple, le cerf que l'homme préhistorique a peint, tout près de là, dans la grotte Chauvet - l'animal côtoyait à l'époque aurochs et bisons. "L'auteur de ce magnifique bestiaire n'avait ni téléobjectif, ni jumelles, il voyait cette grande faune de près."
Avec 1,5 million de visiteurs par an, les gorges traînent une réputation d'autoroute à canoës mais l'office du tourisme du Pont d'Arc, créé il y a cinq ans, encourage des pratiques plus sensibles à l'environnement, comme les randonnées au crépuscule en petit comité ou les descentes en deux jours encadrées par un guide.
"Ce qu'on vient de vivre va forcément déboucher, à l'avenir, sur une logique de dédensification, les gens vont moins s'agglutiner", veut croire son directeur, Vincent Orcel.
<https://www.geo.fr/environnement/dans-les-gorges-de-lardeche-une-virginite-retrouvee-mais-ephemere-200634>
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4- Reportage. Au cœur de l’Afrique, la guerre au nom de la nature, Le Monde, maj le 11/05/20, 12h27
Joan Tilouine, Bangui, Chinko, Centrafrique, envoyé spécial

En Centrafrique, l’immense réserve naturelle de Chinko est protégée par une ONG sud-africaine qui, face aux bergers nomades, braconniers, mercenaires et miliciens lourdement armés sévissant dans la région, s’impose par des méthodes musclées.
Voilà trois mois, peut-être quatre, qu’il pérégrine dans les forêts profondes du sud-est de la République centrafricaine. Depuis le début de la saison sèche, probablement depuis un jour de novembre 2019. Zacharia, quadragénaire fluet drapé dans une djellaba élimée, ne se le rappelle pas vraiment, comme si cet éleveur nomade disposait d’assez de temps pour ne pas en perdre à le compter. Un jour, à l’aube, il a quitté son village d’Al-Tomat, dans le sud du Darfour, région du Soudan dévastée par des décennies de guerre, les sécheresses et le surpâturage. Avec quelques vivres, sa kalachnikov, des amis et des centaines de bœufs, le berger est parti. Ses bêtes appartiennent à des hommes influents, militaires, politiciens et commerçants darfouris, des nantis pas toujours fréquentables, qui investissent et spéculent sur le négoce très rentable des bovins.
Comme des milliers d’autres bergers peuls, Zacharia doit faire fructifier son capital à quatre pattes – l’engraisser, le garder en bonne santé, le protéger des prédateurs, assurer sa reproduction – au cours de transhumances aussi éreintantes que périlleuses. A pied ou à dos d’âne, ces convoyeurs de cheptel avancent en quête de pâturages, toujours plus au sud, là où la savane boisée parsemée de clairières herbeuses se mue en vastes couloirs de forêts denses et humides sillonnées de rivières. Ils se trouvent dans la réserve naturelle de Chinko, en République centrafricaine, 1,7 million d’hectares dans l’une des plus vastes régions du monde encore vierges de villages, de routes et de champs. Et un écotone unique, selon les rares biologistes à s’aventurer dans cette brousse majestueuse d’Afrique centrale, décrite dès le XIXe siècle par quelques explorateurs, esclavagistes, colons ou scientifiques. Aujourd’hui, ceux qui pénètrent dans ces lieux ne se séparent pas de leurs armes, qu’il s’agisse de se défendre face aux divers groupes armés, de racketter ou de braconner.
« Les milices centrafricaines nous traquent pour piller nos vaches et leur lait, et pour nous imposer des taxes de passage. Même quand ils sont peuls comme nous, ils attaquent. C’est de plus en plus difficile, déplore Zacharia, visage enroulé dans un chèche assailli d’insectes. Mais dans mon Darfour natal, il n’y a plus d’herbe et presque plus d’eau. Alors, on va quand même passer la saison ici. » Depuis sa tente, une toile déchirée tenue par des bouts de bois, il peut profiter d’un ballet sublime de céphalophes, de singes, de phacochères et d’oiseaux aux couleurs vives. Tout en restant vigilant : les lions aussi apprécient les troupeaux comme le sien.
Deux visions du monde
Sa contemplation est brutalement interrompue par le vrombissement d’un hélicoptère qui survole la canopée avant de se poser dans une clairière voisine. Dans le vacarme du rotor et le tourbillon de feuilles et de poussière, surgissent des individus équipés de radios et de téléphones satellite dernier cri. Zacharia est hors-la-loi, l’informent-ils. Ici, c’est Chinko, une réserve naturelle que surveille et protège African Parks (AP), une ONG sud-africaine. L’éleveur écoute le discours sévère que lui assènent ces hommes blancs – traduit par des employés locaux d’AP – sur la nécessité de protéger les splendeurs de cet écosystème menacé par le surpâturage, dont il serait l’un des responsables. Le berger est stupéfait : à quoi bon empêcher les gens de vaquer dans cette forêt arpentée depuis des siècles par les chasseurs, cueilleurs et nomades qui vivent de ses ressources ? Il y a là deux visions du monde, qui ne dialoguent pas vraiment et qui ne se comprennent guère.
Pour l’instant, Zacharia et ses camarades sont considérés comme de simples éleveurs en transhumance, même si nul n’ignore leur penchant prononcé pour le braconnage. Demain, s’ils n’ont pas déguerpi, ils seront des criminels que pourchassera un commando armé d’AP, des rangers formés par d’anciens membres de forces spéciales européennes. Les éleveurs quittent les lieux sans résister, effrayés à l’idée de voir resurgir cet hélicoptère qui les intrigue tant.
Quelques jours plus tôt, le 10 février, ces soldats au service de la nature n’avaient pas hésité à détruire un campement de braconniers récalcitrants. Selon un rapport des autorités centrafricaines, leurs six ânes et leurs deux veaux ont été abattus au cours de l’opération. Une punition humiliante infligée par AP. L’organisation se considère en guerre contre tous ceux qui menacent la forêt de Chinko.
« Infiltrations possibles de transhumants » ; « Vol à prévoir pour identifier les troupeaux » ; « Eléments de groupes armés repérés à nos frontières » ;« Fumée suspecte au nord »… Dans la petite salle de contrôle sécurisée, des cartes satellitaires défilent sur les écrans. C’est le centre névralgique de Kocho, le quartier général d’AP à Chinko, à 300 km de piste de la ville la plus proche, Bakouma, une cité minière en déshérence. Dans la pièce sombre, des hommes en treillis surveillent, en temps réel, toute présence suspecte dans le parc, le moindre feu de forêt, mais aussi chaque déplacement de leurs équipes à pied, en hélicoptère ou en ULM.
Affronter les « têtes dures » à la kalachnikov
L’une d’entre elles, partie à la rencontre d’éleveurs et de braconniers dans le cadre d’une « opération de sensibilisation », vient d’envoyer une alerte : l’équipe a été mal reçue et craint pour sa sécurité. Le responsable de la lutte antibraconnage, un sexagénaire retraité de l’armée belge qui ne donnera que son prénom, Mario, passe aussitôt à l’action. « On va leur montrer qu’on ne blague pas », souffle-t-il en empoignant l’une des 120 kalachnikovs stockées dans l’armurerie aux côtés des fusils d’assaut et des peaux saisies. Il s’engouffre dans l’hélicoptère, suivi de dix rangers, pour affronter ces « têtes dures » qui finiront par se volatiliser dans les tréfonds de la forêt.
Hormis ces gardes centrafricains en uniforme impeccable et au garde-à-vous, entonnant à l’aube l’hymne national avant d’effectuer le salut au drapeau qui ralingue au vent, sur une place en terre battue bordée de 4 × 4 et de camions cabossés, les maîtres de ces lieux sont tous occidentaux et rompus aux réalités des conflits qui ravagent le continent. Ce sont d’anciens militaires, dont quelques spécialistes du renseignement, des ex-humanitaires, des logisticiens et des conservationnistes déterminés. Des broussards blancs venus de très loin, de bonne volonté et efficaces, mais parfois rustres.
Convaincus du bien-fondé de leur mission, ils sont durs avec les hommes et prêts à tout pour sauver les grands mammifères sauvages dont l’observation ne cesse de les émerveiller. « Plus que le changement climatique, Chinko est menacée par le surpâturage, ces centaines de milliers de bœufs inadaptés à cet environnement. Déjà, les girafes ont disparu, ainsi que les rhinocéros. Il ne reste qu’une soixantaine d’éléphants, alors qu’il y en avait plus de 40 000 dans les années 1980. Or, ces animaux ont une fonction cruciale pour permettre à cet écosystème de perdurer,prévient Thierry Aebischer, responsable de la recherche pour AP à Chinko. Si nous n’étions pas là et si nous ne faisions pas usage de la force, tout se dégraderait, disparaîtrait. Il a fallu se battre durement, et ce n’est pas fini. »
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Ce jeune et élégant biologiste suisse de 34 ans se distingue par son érudition scientifique et son dévouement pour la réserve naturelle. Parmi le personnel d’AP, il est le premier à être arrivé sur les lieux, en 2012, de sa ville natale de Fribourg, avant même l’organisation. Depuis, il étudie l’écosystème et recense minutieusement les espèces qu’il scrute à l’œil nu ou à l’aide de centaines de caméras spéciales disséminées à travers le parc. « Cette forêt est l’une des plus vierges et des plus riches de la planète. J’y ai recensé 90 espèces de mammifères de plus de 100 grammes, dont le lycaon, menacé d’extinction, et 447 types d’oiseaux qui, pour la moitié d’entre eux, étaient inconnus dans cette région d’Afrique »,s’enthousiasme le chercheur, qui incarne la mémoire de la lutte pour la conservation à Chinko.
African Parks, cette organisation étrangère qui règne sur un territoire un peu plus grand que la moitié de la Belgique, en plein cœur de l’Afrique, a de quoi surprendre. En 2014, l’Etat centrafricain en pleine décomposition lui a en quelque sorte délégué sa souveraineté sur cette région. « Le vide laissé par l’Etat a profité à plusieurs acteurs : les groupes armés, puis les conservationnistes d’AP, analyse Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales. Chinko est devenu le symbole de cette nouvelle tendance, qui voit les conservationnistes se déployer dans des zones de conflits échappant au contrôle du pouvoir central. »
En accord avec les autorités de Bangui, la capitale, AP se charge donc de faire appliquer à Chinko la loi centrafricaine dans son interprétation la plus stricte. Elle mène des opérations de renseignement, des enquêtes de police judiciaire, procède à des arrestations et entretient un bataillon d’une cinquantaine de rangers. Elle maîtrise aussi l’espace terrestre et aérien, sécurise les 700 km de frontières de la réserve et la forêt, située entre le nord de la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan du Sud.
Dans la salle d’opérations, Mario, au teint aussi gris que ses cheveux longs, ne connaît pas de répit. « Les bergers peuls ont compris où étaient nos failles, dit-il. Ils savent que nous avons peu d’hommes dans l’ouest et dans l’est du parc, alors ils grignotent notre territoire. » Il s’inquiète aussi des déplacements d’un chef de guerre local, reconverti dans la chasse. L’homme écoule sa production à Bangassou, sur le plus grand marché de viande de brousse de la région, à deux jours de route de la base d’AP, ou de l’autre côté de la rivière Mbomou, en RDC. Voilà des mois qu’il le traque.
Des hordes de guerriers soudanais
Autre problème, son contingent de rangers a fondu à la suite d’une mutinerie, en mai 2019. Réclamant de meilleures conditions de travail et une hausse de leurs primes, plusieurs gardes ont exigé, les armes à la main, le départ du lieutenant centrafricain dépêché à Chinko par le ministère des eaux et forêts. La direction a dû s’interposer « pour éviter un potentiel désastre », selon un compte rendu interne, avant d’exfiltrer le lieutenant. « AP a réalisé qu’elle ne maîtrisait pas ses gars à Chinko. Les relations avec le personnel local restent tendues », décrypte un diplomate européen en poste à Bangui. Une partie des séditieux ont été congédiés. De dépit, certains ont sûrement rallié les groupes armés qui pullulent dans cette région troublée de Centrafrique, notamment depuis la crise politico-militaire de 2013.
La réserve naturelle s’étend sur quatre anciennes zones de chasse créées en 2008 par la société de safari Central African Wildlife Adventures (CAWA), fondée par Erik Mararv, rejeton d’une famille de Suédois installées en Centrafrique au milieu des années 1970. A l’époque, la chasse aux éléphants, aux lions, aux bongos et aux élands de Derby, plus grande antilope d’Afrique, excite les riches amateurs occidentaux de coups de fusil et de trophées (à raison de 20 000 dollars, soit 18 600 euros, par animal). Autres amateurs de gibier : des hordes de guerriers soudanais montés à cheval pour braconner à l’arme lourde. Les animaux commencent à se raréfier, certains disparaissent de la forêt de Chinko.
« En ces temps-là, je tuais dix éléphants par mois au fusil traditionnel, puis à la kalach’ comme les Soudanais. Je donnais la viande aux villageois et vendais l’ivoire aux Soudanais et aux Congolais. J’avais des clients qui venaient jusque du Nigeria pour s’approvisionner et revendre la marchandise aux Chinois. J’étais bien, raconte François Zizunga, légende locale de la chasse, âgé de presque 100 ans aujourd’hui selon ses propres calculs. Ensuite, je n’en ai plus chassé que deux par mois, puis plus aucun : les Soudanais les ont massacrés. Les éléphants ont quitté la forêt et nos enfants ne savent même plus à quoi ils ressemblent. » M. Zizunga et les Soudanais n’ont en outre pas épargné les hippopotames, dont les dents restent prisées des trafiquants d’ivoire internationaux. Quant à la peau de léopard, elle se négocie toujours à plus de 500 dollars. Les notables de Centrafrique, de RDC et du Soudan en raffolent.
Esclaves sexuelles et enfants-soldats
Aux braconniers soudanais sont venus s’ajouter les miliciens de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), un mouvement politico-mystique ougandais fondé en 1988 dont l’objectif a été de renverser le président Yoweri Museveni pour instaurer un système de droit divin. Repliés dans la forêt, les membres de ce groupe sectaire millénariste circulent en Centrafrique, en RDC et au Soudan du Sud, sèment la terreur dans les villages, massacrant et kidnappant hommes, femmes et enfants pour en faire des porteurs, des esclaves sexuelles ou des enfants-soldats. Ces cruels tongo-tongo, comme on les appelle ici, braconnent aussi et trafiquent l’ivoire. Les zones de chasse des Mararv, théâtres de conflits meurtriers où l’environnement est saccagé, deviennent impraticables. « Il y avait urgence, se souvient le biologiste Thierry Aebischer. A partir de 2012, les lions allaient être exterminés, et les groupes armés entretenaient le chaos. »
Les Mararv décident « d’arrêter la chasse et de se reconvertir en protecteur des espèces animales. Ils ont redémarré de zéro dans un contexte sécuritaire de plus en plus tendu », précise Ulrich Frédéric Lambé Zanza. Avec d’autres fonctionnaires, ce colonel rattaché au ministère centrafricain des eaux et forêts accepte fin 2013 la création d’une réserve nationale, « Projet Chinko », gérée par une association locale dirigée sur le terrain par Erik Mararv et son compère David Simpson, pilote britannique épris d’aventure et mêlé brièvement à une sordide affaire de meurtre et sorcellerie qui lui vaudront un court séjour en prison à Bangui. « C’est depuis sa cellule, où il a réussi à faire entrer un téléphone, que David a pensé la stratégie pour sauver Chinko », glisse M. Aebischer, toujours admiratif.
La fine équipe se lance dans la construction de ce qui deviendra le camp Kocho. Une forteresse de bric et de broc peu à peu agrémentée de bâtiments en dur. Leur base pour lutter contre des ennemis de la nature plus armés qu’eux. Les soldats de l’armée ougandaise figurent parmi leurs premiers visiteurs. Accompagnés de commandos américains, ils multiplient les patrouilles pour capturer le « prophète » Joseph Kony, seigneur de la LRA.
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Imbroglio géopolitique avec l’Ouganda
Apparaît ensuite un autre groupe meurtrier, la Séléka. En 2013, cette coalition de mouvements rebelles musulmans, minoritaires (10 %) en Centrafrique, appuyés par le dictateur soudanais Omar Al-Bachir, part à la conquête de Bangui. En mars, le président et pasteur en chef de l’Eglise du christianisme céleste, François Bozizé, est renversé. L’autocrate déchu s’exile en Ouganda chez son allié Museveni, qui poursuit, en vain, sa traque du chef de la LRA dans la région de Chinko. Pour compliquer cet imbroglio géopolitique qui ressemble de plus en plus à un désastre, des chrétiens et des animistes avides de revanche constituent d’autres groupes armés, les anti-balaka, présentés comme des « milices d’autodéfense », dont certaines sont discrètement financées par le clan Bozizé.
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De Bangui, le nouveau président autoproclamé, Michel Djotodia, se révèle incapable d’endiguer la spirale de violence. A peine contrôle-t-il 20 % du pays, qui sombre dans la guerre civile. Les forces de maintien de la paix dépêchées par l’Union africaine (juillet 2013-septembre 2014), par la France (décembre 2013-octobre 2016) et par les Nations unies (depuis septembre 2014) peinent à rétablir l’ordre. Autour de Chinko, les groupes armés s’imposent, pillent les mines d’or et de diamants, s’adonnent à un racket sans merci des éleveurs transhumants. Le braconnage y est endémique.
Alors que la situation paraît hors de contrôle, les membres du Projet Chinko se tournent vers AP, avec la bénédiction de Bangui. En novembre 2014, le président Djotodia octroie à l’organisation sud-africaine une convention de gestion sur Chinko pour une durée de cinquante ans, en leur souhaitant bon courage. Sans trop y croire. AP injecte 460 000 dollars dans la réserve naturelle. L’ONG établie à Johannesburg a sa petite notoriété. A l’époque, elle gère déjà sept zones protégées, 5,9 millions d’hectares, sur le continent africain.
African Parks a été créée en 2000 par des conservationnistes sud-africains, réunis par le richissime industriel et financier néerlandais Paul Fentener van Vlissingen. Qu’importe si la réputation de cet aristocrate, aujourd’hui défunt, poète à ses heures perdues et amoureux de la nature, a été entachée par ses liens d’affaires avec le régime de l’apartheid qui sévissait en Afrique du Sud. C’est à la suite d’un dîner de gala en présence de Nelson Mandela sur le thème des parcs naturels que le milliardaire a imaginé un nouveau business model de la conservation. Celui-ci prévoit la quasi-privatisation d’aires protégées, combinée à une forme de marchandisation de la nature grâce à un tourisme très haut de gamme et à un portefeuille de ressources botaniques.
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Certes, AP a été contrainte de se retirer d’Ethiopie, en 2007, après avoir provoqué d’importants déplacements de communautés privées soudainement de leurs terres dans le parc de l’Omo, dans le sud-ouest du pays. Mais en Afrique centrale, la faiblesse des Etats a toujours constitué une opportunité pour les aventuriers des affaires, que ce soit dans les mines, le pétrole, le commerce… Pourquoi la préservation de la nature devrait-elle s’en priver ? AP gère depuis 2005 le parc national de la Garamba, au secours des dernières girafes du Kordofan, dans le nord-est de la RDC frontalier du Soudan du Sud, où sévissent des miliciens de la LRA, des bandits de brousse et une constellation de groupes armés locaux.
Un recours décomplexé à la force
Cette ONG singulière a bouleversé le petit monde de la conservation avec une approche néolibérale revendiquée reposant notamment sur des partenariats public-privé (PPP) et un recours à la force décomplexé. « AP est unique autant par ses méthodes que par sa gouvernance, dans des zones infestées d’acteurs lourdement armés, constate Kristof Titeca, chercheur à l’université d’Anvers. Aujourd’hui, elle est en première ligne dans cette expérience moderne de conservation militarisée. »
Le système AP a séduit des banquiers, des philanthropes et des hommes d’affaires parfois sulfureux, attirés par les retours sur investissement et l’occasion de soigner leur image. Dans certains cénacles, le cliché du gentleman héroïque sauveur de la nature en Afrique continue de séduire. Le prince Harry en est l’une des icônes, lui qui, après avoir quitté l’armée britannique, est devenu président d’honneur de l’ONG, fin 2017. L’organisation compte parmi ses soutiens des stars d’Hollywood, comme Leonardo DiCaprio, et des légendes de la conservation comme l’Américain Mike Fay, célèbre explorateur du groupe américain de presse National Geographic – soutien logistique et médiatique d’AP –, qui fut brièvement directeur de la réserve de Chinko tout en acceptant sans sourciller de revêtir le costume de conseiller spécial du président gabonais.
Après avoir, en 1999, parcouru 3 200 km en 456 jours dans la forêt équatoriale du bassin du Congo pour sensibiliser à la richesse de cet écosystème, M. Fay séduit Omar Bongo, le président du Gabon, où la forêt recouvre plus de 80 % du pays. Ce pilier de la Françafrique, dans sa version barbouzarde et corruptive, accepte de consacrer plus de 10 % de son territoire à des zones protégées. A sa mort en 2009, son fils et successeur, Ali Bongo, poursuit cette politique jugée efficace de la conservation qui lui permet d’obtenir des financements et d’exister sur la scène internationale autrement que par des scandales de détournements de fonds publics. Mike Fay le conseille avec son ami, le Britannique naturalisé gabonais Lee White, directeur de l’Agence nationale des parcs nationaux jusqu’à sa nomination, en juin 2019, comme ministre des forêts, de la mer et de l’environnement.
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« Une forme de tradition coloniale »
« On a l’impression que pour ces conservationnistes, l’Afrique est un espace non gouverné et sans lois, où n’importe qui peut s’installer et faire ce qui lui plaît, observe la politiste Rosaleen Duffy, de l’université de Sheffield, au Royaume-Uni. Avec son approche sécuritaire, AP s’inscrit dans une longue histoire de la conservation forcée et coercitive en Afrique, et prolonge une forme de tradition coloniale. » L’écologiste kenyan Mordecai Ogada partage cette analyse, lui qui critique au vitriol les pratiques et comportements de ces sauveteurs blancs de la nature chez des Noirs considérés, dit-il, comme incapables de s’en charger. Une pratique « coloniale » de « domination territoriale » qui implique « toujours le contrôle des terres, pour le meilleur ou pour le pire ».
Africaine et blanche, se sachant particulièrement exposée aux critiques, African Parks assure agir pour le bien du continent et de la planète, en situation d’urgence. « On ne va pas attendre des décennies que des pays comme la RDC ou la Centrafrique se stabilisent pour sauver des écosystèmes qui se détruisent sous nos yeux. On ne fait que s’adapter aux menaces », défend Peter Fearnhead, PDG d’AP depuis 2007. Diplômé d’Oxford, ce Sud-Africain né au Zimbabwe a débuté dans un grand cabinet d’audit et de conseil, puis chez South African National Parks, principale autorité en matière de conservation, avant de cofonder AP. « Ceux qui critiquent la militarisation [de l’ONG] ne connaissent pas la réalité du terrain et ne proposent aucune autre solution pour protéger la biodiversité, ajoute-t-il. Sécuriser rapidement ces zones est crucial tant pour les gouvernements et les populations que pour les écosystèmes. »
Du Mozambique au Tchad, de l’Angola au Zimbabwe, AP a multiplié les signatures de PPP avec les gouvernements et gère aujourd’hui 13 millions d’hectares protégés sur le continent. Quant à Chinko, son étendue va tripler pour atteindre 55 000 km2, après validation d’un nouveau projet qui a été adopté le 15 avril par l’Assemblée nationale centrafricaine. En attendant, l’ONG reçoit pour la réserve une aide financière de l’Union européenne (UE) et une de l’agence de développement américaine Usaid qui contribuent à son budget annuel de près de 7 millions de dollars. « On essaie maintenant de faire évoluer son approche, qui ne doit pas seulement se concentrer sur la préservation mais aussi intégrer des projets de développement économique local. Sauf que ça, les spécialistes de conservation ne savent pas faire », dit un diplomate de l’UE.
Bokassa partage ce constat, lui qui règne sur une quinzaine de cases en mauvais torchis en lisière de Chinko. Né le 31 décembre 1965, jour où Jean-Bedel Bokassa s’empara du pouvoir en Centrafrique, il a hérité de son nom en prénom. « AP doit fournir du travail à nos jeunes, déclare-t-il. Chinko nous apporte un peu de sécurité, mais on la paie. On ne peut plus chasser ou pêcher. Et, à la place, on est envahis par les bœufs des éleveurs soudanais qui viennent avec leurs armes et créent des tensions. On a déjà assez souffert. »
Au début des années 2010, Bokassa et tous les villageois avaient pris la fuite pour échapper à la folie meurtrière de la LRA puis de la Séléka, et enfin à celle des milices désorganisées. Pillages, cases incendiées… Dix-huit habitants enlevés par la LRA ne sont jamais revenus. Nul ne veut évoquer ceux qui ont été massacrés sur place. L’école n’a rouvert qu’en octobre 2019 : quelques bancs usés sous un appentis à côté d’une église baptiste tout aussi indigente. « Tout le monde manque de moyens, on lutte même pour trouver des habits », lâche Bala Alfonso, vieil instituteur édenté à l’haleine chargée d’alcool.
Ici, on se réjouit simplement d’être en vie, en se délectant de poissons et de singes grillés agrémentés de liqueurs bachiques qui font oublier la misère et l’oisiveté. Certains jeunes ont rejoint les rangs anti-balaka. D’autres gagnent quelques francs CFA en trafiquant de la viande boucanée ou s’esquintent sur les « chantiers », surnom donné aux mines d’or artisanales, pour certaines situées dans Chinko. Les chasseurs du village végètent dans l’attente qu’AP, principal employeur de la région, les recrutent comme cuisinier, écomoniteur ou ranger.
Le parcours de Bienvenue Ndonondo, 48 ans, les fait rêver. Passé par la prison pour détention d’armes de guerre, brièvement kidnappé par la LRA, blessé au bras par un éléphant, cet ancien braconnier réputé dans la région a fini par changer de camp. « Je me considère désormais comme un soldat au service de la préservation », dit ce repenti. Colosse au regard perçant, M. Ndonondo est devenu pisteur hors pair, lui qui connaît si bien les secrets et les manigances de la forêt. « S’il n’y avait pas AP, je serais sans doute encore chasseur pour nourrir ma famille », admet-il, tout en comprenant, pour l’avoir lui-même ressenti, le désarroi des villageois.
Autour de la réserve, les populations locales s’estiment lésées et râlent, tout en espérant bénéficier des faveurs d’AP. Ses méthodes musclées, qui ont provoqué des morts, des arrestations, des incarcérations et beaucoup d’incompréhension, lui ont valu d’être qualifiée d’« ONG prédatrice »recourant à des « mercenaires » pour qui « la violence est érigée en système de gestion », dans une lettre adressée fin 2018 au gouvernement de Bangui par des associations de la société civile.
« Mieux vaut sensibiliser la population que lui mener une guerre perdue d’avance,souligne Nestor Waliwa, directeur de la faune et des aires protégées au ministère des eaux et forêts. Mieux vaut discuter que tirer. AP a fini par le comprendre. Elle a réussi à sécuriser le parc et à permettre le retour progressif des grands mammifères. Elle doit maintenant s’occuper des hommes. » AP n’a plus vraiment d’autre choix que de contribuer au développement d’une région oubliée par Bangui.
L’ONG a prévu d’organiser des couloirs pour que les près de 100 000 têtes de bétails qui contournent désormais Chinko deviennent un atout économique. « On ne va pas stopper la transhumance ; c’est une problématique régionale du ressort des Etats, nuance Olivier Blaise, le directeur belge de la réserve pour AP. A notre niveau, on réfléchit à l’aménagement de passages munis de péages et de commerces, avec des zones de pâturage payantes pour que les populations profitent des retombées. On est là pour longtemps, c’est notre avantage. »
Le temps reste sans doute un atout, mais aussi un risque tant il est délicat de prédire à quoi ressemblera la Centrafrique de demain. L’avenir de Chinko dépend étroitement des incertitudes politiques et sécuritaires d’un pays exsangue qui doit, sans trop savoir comment, organiser une élection présidentielle en 2020. Les braconniers, les miliciens, les éleveurs armés et les mercenaires qui sévissent dans la région ne votent pas et se régénèrent à chaque crise politique. L’armée centrafricaine ne compte que 4 000 soldats opérationnels, mal équipés. Un seul groupe armé peut en compter davantage.
L’illusion d’une déconflictualisation
Le modèle AP, en dépit de ses limites et des controverses, est très en vogue auprès des principaux bailleurs de fonds, pour qui cette forme de conservation permet de sous-traiter la délicate stabilisation de territoires sous la coupe de groupes armés avant d’envisager d’éventuels projets de développement. C’est aussi une façon de tirer profit de la nécessaire protection de la nature, tout en donnant l’illusion d’une déconflictualisation de zones difficilement accessibles.
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Bien loin de Chinko, entre le Sahel et les côtes occidentales d’Afrique, l’ONG pourrait prochainement se retrouver face à des combattants djihadistes. Dans le nord-ouest du Bénin, elle gère depuis mai 2017, pour une durée de dix ans, le parc national de la Pendjari, où vivent les derniers lions de la région. Cette réserve de 4 800 km2 de savane herbeuse et de forêt sèche, adossée à la frontière avec le Burkina Faso, est devenue tristement célèbre, en mai 2019, lors de l’assassinat d’un guide béninois et de l’enlèvement de deux touristes français. Les méthodes autoritaires d’AP, peu au fait des coutumes locales, ont ici aussi provoqué la colère des populations, interdites de chasser dans le parc. Conséquence, l’armée béninoise déplore une baisse significative de ses sources de renseignements au sein des villages. Certains informateurs ont succombé à l’attraction du gain assuré par les djihadistes.
Plus au nord, AP lorgne encore le parc du W, à cheval sur le Bénin, le Niger et le Burkina Faso : une zone de circulation de bergers peuls, de contrebandiers, de combattants djihadistes, tous armés. L’ONG discute actuellement avec l’Agence française de développement (AFD) pour bénéficier d’un soutien financier, par l’intermédiaire d’une fondation. Pour cette institution, sous tutelle des ministères des affaires étrangères et de l’économie, c’est l’occasion de mettre en œuvre « une stratégie de reconquête qui devrait s’appuyer sur une gestion déléguée », selon une note interne. AP est aussi incitée par l’AFD à s’impliquer dans une « distribution rapide de revenus cash [qui] constitue une alternative crédible au recrutement des jeunes désœuvrés par les groupes armés » dans cette zone transfrontalière. Ainsi, la conservation mène à tout.
« AP a l’habitude des contextes difficiles et de combattre efficacement des groupes armés en Afrique centrale. Alors pourquoi pas des djihadistes ? Leur savoir-faire militaire est reconnu au Bénin et même par des organismes européens, rétorque un responsable des programmes « transition écologique » à l’AFD. Cela reste à voir et à être testé de manière concrète. Il n’y a pas de solution idéale et il y a peu d’opérateurs capables de faire le boulot. Nous, on pense qu’occuper le terrain avec des organismes de préservation vaut mieux que laisser le champ libre à des groupes armés. » Des confins de l’Afrique centrale au Sahel, la conservation a franchi une nouvelle étape. Elle n’exclut plus le recours à l’affrontement contre des ennemis que combattent déjà des armées locales et internationales. Avec le soutien d’Etats, de bailleurs de fonds, de naturalistes, African Parks poursuit sa conquête.
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/08/au-c-ur-de-l-afrique-la-guerre-au-nom-de-la-nature_6039073_3212.html>
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5- Déconfinement : appels à protéger les animaux qui se sont réappropriés les espaces naturels, Novethic, 11/05/20
La Rédaction avec AFP

Le déconfinement de millions d'humains risque d'être dramatique pour les animaux qui se sont réappropriés des espaces désertés par l'activité humaine, avertissent l'Office national des forêts (ONF) et la Ligue de protection des oiseaux (LPO).
Alors que le déconfinement progressif débute en France, l'ONF rappelle ainsi que les week-ends de mai sont par exemple en Ile-de-France "déjà ceux qui habituellement reçoivent le plus de monde". Or, pendant près de deux mois de confinement "la tranquillité inhabituelle retrouvée en forêt a donné (aux animaux) envie de se déplacer davantage, voire d'aller dans des endroits fréquentés par l'homme".
Et au sortir de cette période "la faune sauvage sera plus sensible au dérangement", d'autant que c'est le moment des naissances pour les mammifères et de la nidification pour les oiseaux. "Les visiteurs vont faire irruption dans une nurserie qui a perdu l'habitude des hommes," résume Pierre-Édouard Guillain, directeur de l'agence Île-de-France Est de l'ONF.
>> Suite à lire à :
<https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/deconfinement-appels-a-proteger-les-animaux-qui-se-sont-reappropries-les-espaces-naturels-148533.html>
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6- Brésil : à plus de 50 ans, une nouvelle vie pour une éléphante, AFP, 14/05/20, 00:00

Mara, éléphante cinquantenaire née en Inde, est arrivée mercredi dans un sanctuaire au Brésil où elle va terminer sa vie dans de grands espaces verts, au terme d'un long voyage de cinq jours depuis l'Argentine.
"Mara est arrivée chez elle ! Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés à assurer ce transport international en pleine pandémie de coronavirus", a annoncé sur Facebook le sanctuaire pour éléphants, situé à Chapada dos Guimaraes, dans l’État de Mato Grosso (centre-ouest du Brésil), près d'un parc national.
C'est là que Mara va finir ses jours, avec plus de liberté qu'en Argentine, dans un espace de 1.200 hectares avec des prés, des sources d'eau et des arbres à profusion.
La vénérable pachyderme, qui a entre 50 et 54 ans, a passé la première partie de son existence comme animal de cirque, puis est arrivée en 1995 au jardin zoologique de Buenos Aires, transformé depuis en Ecoparc où elle avait son habitat.
Pour mener à bien le voyage de plus de 2.000 km en pleine pandémie, un protocole spécifique a été élaboré afin de protéger l'animal et les équipes techniques qui assurent son transport, qui était prévu depuis janvier. 
Samedi, lors d'une opération qui a duré près de trois heures à l'Ecoparc, situé dans le quartier de Palermo à Buenos Aires, Mara avait été installée dans une énorme caisse en bois construite spécialement, laquelle a été placée sur un camion à l'aide d'une grue.
Une autre grue a été nécessaire pour décharger au Brésil la précieuse caisse contenant l'éléphante qui pèse 5,5 tonnes, est longue de 5 mètres pour une largeur de 2 mètres et une hauteur de 3 mètres.
Elle se nourrit chaque jour de plus de 100 kilos de légumes, de fourrage et de canne à sucre.
Dans le sanctuaire de Chapada do Guimaraes, Mara pourra arpenter les espaces verts en compagnie de trois autres éléphantes asiatiques : Maia, Lady et Rana.
<https://www.geo.fr/environnement/bresil-a-plus-de-50-ans-une-nouvelle-vie-pour-une-elephante-200670>
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7- "L'Amazonie est un réservoir à virus", dit un chercheur brésilien, AFP, 14/05/20, 09:00
Paula Ramon

L'intervention humaine dans des zones à la faune et flore indigènes peut provoquer des déséquilibres écologiques et propager des maladies depuis le coeur de la jungle. Avec la déforestation de l'Amazonie, la prochaine grande pandémie pourrait être brésilienne, prévient le chercheur David Lapola.
"L'Amazonie est un grand réservoir à virus", affirme ce scientifique de 38 ans. "Nous sommes en train de jouer avec le feu". 
La plus grande jungle tropicale du monde a encore de vastes zones préservées, "mais il y a toujours plus de déforestation, de destruction (...). Quand on provoque ce déséquilibre écologique (...) il peut y avoir une transmission du virus (des animaux aux hommes)", explique-t-il dans un entretien à l'AFP. 
Spécialiste de l'environnement, David Lapola rappelle que le VIH, l'Ebola et la dengue ont sévi ou sévissent encore sur le globe. "C'est historique, tous ont été des virus qui se sont fortement disséminés à partir de déséquilibres écologiques". 
Il précise que, selon les études, ces transmissions ont lieu plus fréquemment en Asie du Sud et en Afrique, où se trouvent certaines familles de chauves-souris. Mais la diversité de la faune et la flore amazonienne pourraient faire de cette région "le plus grand dépôt de coronavirus du monde", dit-il, en référence au coronavirus en général et non au nouveau coronavirus parti de Chine. 
Mais "ce n'est pas la faute des chauves-souris, il ne faut pas sortir les tuer", précise le chercheur brésilien du Centre de recherches météorologiques et appliquées à l'agriculture de l'Unicamp. 
"C'est une raison supplémentaire pour ne pas faire cet usage irrationnel, qui est en hausse actuellement, de notre Amazonie", estime-t-il. 
- "Refonder" la relation avec la jungle -
David Lapola prévient que le contexte actuel au Brésil, où le Covid-19 a déjà fait plus de 13.000 morts, rend encore plus difficile la surveillance de la jungle tropicale, qui est menacée. 
"Nous devons répondre à cette crise sanitaire et tous nos efforts doivent tendre vers ce but (...) Mais c'est inquiétant car nous avons une hausse très importante (de la déforestation), alors que ce n'est même pas la saison", assure-t-il. 
Durant les quatre premiers mois de 2020, 1.202 kilomètres carrés de jungle ont disparu, selon les données satellitaires de l'Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE).
Cela représente une augmentation de 55% par rapport à la même période de l'année dernière, la plus élevée depuis que ces observations mensuelles ont commencé, en août 2015.
Le président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climato-sceptique qui préconise l'ouverture des terres protégées à l'exploitation minière et à l'agriculture, a envoyé cette semaine des militaires pour combattre la déforestation.
"La question la plus grave est l'utilisation de l'armée pour toutes sortes de problèmes au Brésil. Cela démontre une certaine crise institutionnelle et le démantèlement de l'agence environnementale Ibama", poursuit-il. 
"Il est démontré que l'avancée de la déforestation dépend de ceux qui nous gouvernent. La bonne nouvelle c'est que les gouvernements passent. J'espère que lors d'une prochaine administration nous ferons plus attention à cet énorme trésor biologique, sans doute le plus grand de la planète", dit-il au sujet de l'Amazonie, dont plus de 60% est en territoire brésilien. 
Le chercheur estime aussi qu'il est également nécessaire de "refonder le rapport de la société avec les jungles". 
Pour David Lapola, la propagation de nouvelles maladies depuis le fin fond de la jungle "est un processus trop complexe pour être prévu, il vaut mieux appliquer le principe de précaution et ne pas joueur avec le feu" en provoquant des désastres écologiques.
<https://www.geo.fr/environnement/lamazonie-est-un-reservoir-a-virus-dit-un-chercheur-bresilien-200672>
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8- Les digues de végétation représentent un bel espoir pour lutter contre les tsunamis, Daily Geek Show, 14/05/20
Yann Contegat - Source : Futurity

Encore une fois, c'est la nature qui nous aidera à surmonter les catastrophes
Des rangées de collines recouvertes de végétation, stratégiquement disposées le long des côtes, pourraient contribuer à limiter les dégâts causés par les tsunamis tout en préservant la vue sur l’océan et l’accès au littoral. Pour certaines communautés, elles constitueraient même une meilleure option que les imposantes digues de béton.
« Face à une menace potentielle, construire un mur représente une réaction naturelle »
Dans le cadre de cette nouvelle étude publiée dans la revue PNAS, les chercheurs ont tenté de quantifier la manière dont les vagues de tsunamis de différentes hauteurs interagissaient avec les monticules de tailles et de formes diverses disposés en bord de mer. À l’heure actuelle, les digues géantes constituent l’approche classique pour atténuer le risque de tsunami. Le Japon, par exemple, a construit des centaines de kilomètres de murs de béton, d’une hauteur de plus de 12 mètres à certains endroits, pour un coût de plus de 12 milliards de dollars, suite au terrible tsunami ayant frappé l’est du pays en mars 2011.
> Lire aussi Le grand retour de la pollution en Chine
Mais ces digues s’avèrent coûteuses, nuisent au tourisme local et aux industries de la pêche, perturbent les communautés côtières et détruisent l’environnement. Sans parler des graves conséquences que leur destruction peut engendrer.
« Si la digue s’effondre, les conséquences sont terribles pour la vie », explique Jenny Suckale, auteure principale de l’étude et professeure adjointe de géophysique à la School of Earth, Energy & Environmental Sciences de Stanford. « De telles installations peuvent non seulement créer un faux sentiment de sécurité qui pourrait dissuader les évacuations rapides, mais également finir par se briser en blocs que les vagues du tsunami projettent ensuite dans toute la ville. »
« Face à une menace potentielle, construire un mur représente une réaction naturelle. Mais s’il est vrai que ces digues peuvent répondre à certains risques de tsunami, les facteurs rendant un endroit habitable s’avèrent complexes », poursuit la chercheuse. « La plupart des communautés côtières veulent maximiser leur bien-être, et non minimiser leurs risques au détriment de tout le reste. Tenez-vous vraiment à vivre derrière un gigantesque mur de béton parce qu’il y a une petite chance qu’un tsunami massif vous frappe ? Il est important d’explorer d’autres alternatives. »
Selon les chercheurs, disposer de davantage d’options s’avère indispensable dans les endroits où les ressources pour la protection des côtes sont rares, et cette nouvelle étude fournit aux pays les plus exposés une base solide concernant l’utilisation de barrières végétales comme moyen moins coûteux d’atténuer les risques de tsunami.
>> Suite à lire à :
<https://dailygeekshow.com/digue-vegetale-tsunami/>
En savoir plus :
> The protective benefits of tsunami mitigation parks and ramifications for their strategic design <https://www.pnas.org/content/early/2020/04/28/1911857117>, PNAS, 04/05/20
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9- L'IPBES intègre à ses travaux le lien entre pandémies et biodiversité, Actu-environnement, 14/05/20
Philippe Collet  

Le 13 mai, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a annoncé organiser un atelier portant sur le lien entre les pandémies et la biodiversité. Les résultats de ces travaux donneront lieu à un rapport, qui fera l'objet d'une revue par les pairs en août 2020, puis d'une publication en septembre. Le document sera ensuite intégré aux travaux du « nexus assessment », c'est-à-dire aux travaux consacrés à l'évaluation des liens entre la biodiversité, l'eau, l'alimentation et la santé dans le contexte des changements climatiques. Le document servira en particulier à cadrer le travail du groupe d'experts chargés de réaliser cette évaluation.
L'atelier de la plateforme intergouvernementale, qui se tiendra du 27 au 31 juillet, « examinera les preuves relatives à la transmission des maladies infectieuses par les animaux sauvages, ainsi que la relation entre les pandémies et la biodiversité, et en particulier les dynamiques des pandémies et les possibilités d'action liées à la biodiversité et aux services écosystémiques ».
Il réunira vingt experts. Cinq seront retenus parmi ceux intervenant dans le « nexus assessment » et dans le groupe de travail spécifique à l'évaluation de l'utilisation durable des espèces sauvages. Les quinze autres seront nommés par les gouvernements et les parties prenantes.
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/lien-pandemie-biodiversite-IPBES-35481.php4>
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10- Dans les forêts d'Ile-de-France, concilier quiétude des animaux et besoin de nature, AFP, 15/05/20, 15:00
Laure Fillon

En partie cachés par des ronces, des cygnes ont niché sur le rivage d'un étang, tout près de Versailles. Mais avec le déconfinement et le retour des nombreux promeneurs d'Ile-de-France, leur quiétude, comme celle d'autres animaux, est menacée.
On est en pleine semaine, mais "il y a du monde comme un dimanche", constate Marianne de Brito, responsable de l'unité territoriale de Versailles pour l'Office national des forêts (ONF), en longeant les étangs de la Minière, dans la forêt domaniale de Versailles.
Avec la fin du confinement et les beaux jours, les familles, joggeurs, propriétaires de chiens et amateurs de VTT sont venus en masse profiter de ces espaces facilement accessibles. 
Ils offrent de jolies promenades dans les forêts de chênes et de châtaigniers et autour des plans d'eau et de leurs roselières. Ces visiteurs partagent l'espace avec des chevreuils, des cormorans, des foulques, des renards, des papillons, des libellules...
Nombre de promeneurs s'arrêtent pour observer la femelle cygne en train de couver, à quelques mètres à peine du chemin. "J'attends qu'elle se lève et je compte les œufs", dit Pascale Stephany, qui vient tous les ans voir ces oiseaux. "On est dans la nature, on a de la chance, pour moi c'est primordial", poursuit cette dame de 62 ans, visiblement ravie, en prenant soin de ne pas trop s'approcher.
Mais un petit couloir d'herbe piétinée vers le nid montre que tous ne prennent pas cette peine. Il s'est formé en quelques jours à peine, relève Marianne de Brito.
Les cygnes "ont fait leur nid très proche par rapport aux années précédentes (...), j'espère qu'ils ne seront pas trop embêtés", s'inquiète-t-elle.
Ils ne sont pas les seuls à avoir changé leurs habitudes pendant le confinement dans cette forêt d'environ 1.000 hectares et dans d'autres en Ile-de-France, d'habitude très fréquentées. D'autant que l'absence des hommes a eu lieu en pleine saison de reproduction.
- Chiens en laisse -
Trois types d'espèces ont profité du confinement, explique Laurent Tillon, chargé de mission biodiversité à l'ONF : les batraciens ont pu se reproduire ce printemps sans risquer d'être écrasés sur les routes, tandis que les oiseaux et les mammifères, "qui avaient l'habitude de se cantonner sur des parcelles éloignées des chemins fréquentés, se sont plus répartis dans l'espace."
Avec le retour des humains, certains vont trouver refuge dans des zones plus calmes, mais pas tous, comme ces cygnes, les engoulevents d'Europe (des oiseaux qui nichent au sol), ou encore des femelles chevreuil qui pourraient avoir mis bas à proximité de chemins et y ont pris leurs repères, poursuit Laurent Tillon.
Après plusieurs semaines enfermés, et avec les bars, restaurants, salles de sport, cinémas et théâtres qui restent fermés, "on s'attend vraiment à une fréquentation plus forte" au moins jusqu'à l'été, indique Marianne de Brito, alors que la forêt de Versailles est en temps normal déjà très prisée.
"La grosse inquiétude porte sur les chiens" qui peuvent déranger les oiseaux ou les chevreuils, voire écraser des œufs, explique-t-elle, rappelant qu'ils doivent être tenus en laisse du 15 avril au 30 juin. 
La consigne n'est pas connue de tous, comme le montrent des chiens non tenus en laisse, aux pattes mouillées, qui viennent de se baigner dans l'étang.
L'ONF appelle aussi les promeneurs à ramasser leurs déchets, rester sur les sentiers balisés, ne pas allumer de feu, limiter la cueillette de fleurs et de champignons, ne pas ramasser de bois et à faire preuve de prudence sur les routes traversant les forêts pour ne pas heurter en voiture cerfs et chevreuils.
L'ONF incite aussi les Franciliens en mal de nature à se rendre en forêt à vélo ou à pied s'ils le peuvent, et à découvrir des lieux nouveaux, plutôt que de se concentrer sur les sites les plus connus.
"Cela vaut le coup de rentrer dans la forêt plus tranquillement, de regarder ce qu'il y a autour de nous, d'écouter les oiseaux", dans cette période spéciale où la faune sauvage est moins craintive des hommes, conseille Laurent Tillon.
<https://www.geo.fr/environnement/dans-les-forets-dile-de-france-concilier-quietude-des-animaux-et-besoin-de-nature-200690 <https://www.geo.fr/environnement/dans-les-forets-dile-de-france-concilier-quietude-des-animaux-et-besoin-de-nature-200690>>
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11- Pakistan. Aux portes d'Islamabad, les léopards profitent du calme grâce au virus, AFP, 16/05/20, 14:00

Des léopards, des chacals et d'autres animaux profitent aux portes d'Islamabad d'un calme inhabituel grâce au coronavirus qui a chassé les hordes quotidiennes de joggeurs et promeneurs hors des collines boisées de Margalla.
Les gardes forestiers ont observé dans le parc national des collines de Margalla, situé sur le territoire de la capitale pakistanaise, un développement rapide de l'activité animale après le confinement imposé en mars à la ville.
Des léopards qui préfèrent habituellement mener une vie retirée se sont aventurés sur les sentiers désertés et les réseaux sociaux bruissent de discussions sur leur apparition. Des images ont été prises avec des caméras déclenchées par leurs mouvements.
"Il y a une forte hausse du nombre d'animaux (aperçus) dans le parc national", explique à l'AFP un garde, Imran Khan, qui porte le même nom que le Premier ministre.
Des images fournies par le parc à l'AFP montrent des léopards qui se promènent sur les sentiers, ainsi qu'un chacal manifestement curieux et un ours couvert de boue.
"Les animaux sauvages sont à l'aise quand il n'y a pas de visiteurs là-bas. Ils se baladent tranquillement, ce qui est bon signe pour la jungle", ajoute M. Khan
Le parc est resté fermé depuis plus d'un mois et les visiteurs restent très rares en cette période de ramadan durant laquelle les familles ne sortent pas pique-niquer.
Selon Sakhwat Ali, directeur adjoint chargé de la vie sauvage à Islamabad, le parc, situé sur les contreforts de l'Himalaya, abrite des centaines d'espèces différentes : 38 pour les mammifères, 350 pour les oiseaux et 34 pour les reptiles dont 27 rien que pour les serpents.
Et les gardes ont pu repérer de nouvelles espèces dans le cadre d'une étude en cours. "Certaines espèces de papillons n'avaient pas été signalées auparavant mais peuvent être observées en ce moment", dit M. Ali.
Dans le monde entier, le confinement a enhardi des animaux sauvages à se rendre dans les cités où les habitants restaient cloîtrés chez eux. Un troupeau de chèvres a ainsi été aperçu par des habitants d'une ville du Pays de Galles au Royaume-Uni et des coyotes ont exploré des rues désertes à San Francisco.
<https://www.geo.fr/environnement/aux-portes-dislamabad-les-leopards-profitent-du-calme-grace-au-virus-200695>
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12- [Bonne nouvelle] Quand le coronavirus protège les baleines des chasseurs, Novethic, 17/05/20
Ludovic Dupin

Cette année, les baleiniers islandais ne partiront pas au large pour traquer les baleines. Les entreprises estiment que les obligations de distanciation sociale et de sécurité, liées au coronavirus, ne permettront pas de mener à bien les opérations de pêche. Mais au-delà de la crise sanitaire, l’industrie de la pêche aux cétacés est de moins en moins rentable.
Pour la deuxième année consécutive, l’Islande renonce à la période estivale de chasse aux rorquals et aux baleines de Minke. En 2019, ce sont des raisons économiques qui ont poussé les baleiniers à rester au port, tant la concurrence, nippone en particulier, était rude. En 2020, c’est la crise du Covid-19 qui va forcer l’industrie islandaise à renoncer à chasser les mammifères marins géants. En effet, selon la société Hvalur, les mesures de distanciation sociale et de sécurité imposées par le gouvernement rendent impossible l’activité sur les bateaux et la transformation de la viande.
>> Suite à lire à :
<https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/bonne-nouvelle-quand-le-coronavirus-protege-les-baleines-chassees-148559.html>
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13- Indonésie : un tigre de Sumatra retrouvé mort, un cas de braconnage suspecté, AFP, 19/05/20, 18:00

Un tigre de Sumatra a été retrouvé mort dans l'île de Sumatra, apparemment victime d'un braconnier, ont déclaré mardi les autorités indonésiennes, soulignant les menaces qui pèsent sur la survie de cette espèce gravement menacée.
Le corps en décomposition du tigre mâle de 18 mois a été découvert lundi, ses jambes prises dans un piège près d'une plantation d'huile de palme dans la province de Riau, à l'est de l'île de Sumatra.
"Il était déjà mort depuis plusieurs jours quand l'équipe l'a trouvé", a indiqué Suharyono, directeur de l'agence locale de protection de la nature, qui, comme beaucoup d'Indonésiens, n'a qu'un seul nom.
"Nous avons déterminé qu'il avait été tué parce qu'un chasseur avait attaché une carcasse de porc au piège pour attirer le tigre", a-t-il ajouté.
Le braconnage est responsable de 80% des décès au sein de cette espèce en voie d'extinction, selon TRAFFIC, un réseau mondial de surveillance du commerce des espèces sauvages.
Les tigres de Sumatra sont très prisés par les chasseurs, qui revendent souvent leur peau à des collectionneurs.
En janvier, les autorités de la province d'Aceh, au nord de Sumatra, ont arrêté un homme qui tentait de vendre la peau d'un tigre à un policier infiltré pour 90 millions de roupies indonésiennes (5.540 euros).
On estime qu'il reste moins de 400 tigres de Sumatra vivant dans la nature.
<https://www.geo.fr/environnement/indonesie-un-tigre-de-sumatra-retrouve-mort-un-cas-de-braconnage-suspecte-200713>
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14- 22 mai Journée mondiale de la biodiversité - le Comité français de l’UICN appelle a investir dans les Solutions fondées sur la Nature (SfN), communiqué du 20/05/20

A l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité 2020, vendredi 22 mai, qui a cette année pour thème « Nos solutions sont dans la nature », le Comité français de l’UICN encourage le développement des Solutions fondées sur la Nature pour répondre à des défis sociétaux tels que le changement climatique, les risques naturels, l’accès à l’eau, la santé, la sécurité alimentaire et le développement socio‑économique tout en préservant la biodiversité.
« Les dégradations que nous faisons subir à la nature vont engendrer d’autres crises avec des coûts économiques, sociaux et environnementaux importants. C’est le cas des catastrophes naturelles liées au changement climatique, comme les inondations, les sécheresses ou l’érosion de nos côtes. Il faut agir davantage et, pour cela, les solutions sont dans la nature » souligne Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). 
Des chiffres qui nous alertent
Les dommages annuels moyens causés par les inondations en France sont évalués entre 650 et 800 millions d’euros et près de 1 Français sur 4 et 1 emploi sur 3 sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations. Environ 20 % du trait de côte est en recul et une surface d’environ 30 km² été perdue en 50 ans. Nous avons pourtant un puissant allié pour lutter contre le changement climatique et les risques naturels : la nature. Les écosystèmes absorbent environ la moitié des émissions de CO2 générées par les activités humaines chaque année et ils fournissent des solutions concrètes pour nous adapter aux effets des changements climatiques. C’est en protégeant et en restaurant nos milieux naturels, que nous contribuerons à réduire les conséquences des évènements extrêmes. Le lien climat/biodiversité n’a jamais été aussi fort !
La nature au secours des crises climatiques
Érosion côtière, inondations, glissements de terrain, canicules en ville… toutes ces catastrophes naturelles amplifiées par le changement climatique peuvent être atténuées par « les Solutions fondées sur la Nature » (SfN). C’est en effet en restaurant les zones humides que nous limiterons les inondations ou les sécheresses, c’est en reconstituant les dunes que nous maintiendrons la côte sableuse, c’est en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules, c’est en protégeant les forêts en montagne que nous réduirons les glissements de terrain et c’est en préservant les mangroves et récifs coralliens que nous lutterons contre les submersions marines. Des écosystèmes préservés continueront en même de temps de jouer leur rôle naturel d’amortisseur climatique en absorbant le CO2 que nous émettons. Ces solutions sont à double bénéfice pour le climat et la biodiversité.
Les solutions fondées sur la nature (SfN) ont prouvé leur efficacité
>> Des exemples de projets de SfN à :
<https://uicn.fr/solutions-fondees-sur-la-nature/>
Sur le même sujet : 
> « Solutions fondées sur la Nature » : faire de la nature une alliée <https://www.afd.fr/fr/actualites/solutions-fondees-sur-la-nature-faire-de-la-nature-une-alliee>, AFD, 22/01/19
> « Nature-based Solutions » : une nouvelle Business Unit transverse pour EcoAct <https://eco-act.com/fr/neutralite-carbone-3/solutions-fondees-sur-la-nature/>, 30/01/20
> Solutions Fondées sur la Nature : une plaquette pour agir localement <https://www.fne.asso.fr/publications/sfn>, FNE, 25/02/20
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15- Malaisie : l'Etat de Terengganu va interdire le commerce des œufs de tortue marine, AFP, 21/05/20, 12:00

L'Etat de Terengganu, important lieu de ponte pour les tortues marines dans le nord-est de la Malaisie, interdira à la fin de l'année le commerce de leurs œufs dans le but de protéger ces espèces menacées, ont annoncé jeudi les autorités locales.
En dépit des pressions d'organisations de défense de l'environnement, cet Etat continuait d'autoriser le libre commerce des œufs de certaines espèces, un mets recherché dans les restaurants locaux.
Les populations ont rapidement décliné ces dernières années en raison de ce commerce, de la pollution, mais aussi du fait que les tortues soient chassées pour leur chair ou leur carapace.
Les autorités ont décidé d'interdire le commerce des œufs de toutes les espèces de tortue d'ici la fin de l'année en raison "d'une importante baisse des arrivées de toutes les espèces de tortues dans l'Etat de Terengganu", a déclaré à l'AFP Azman Ibrahim, un homme politique local influent.
"Nous espérons que cela permettra de sauver la vie marine, de protéger l'environnement et de renforcer les revenus touristiques de l'Etat", a-t-il ajouté, sans donner de détail sur les pénalités qu'impliquerait le commerce des œufs de tortue.
Avec sa longue côte baignée par la mer de Chine méridionale, l'Etat de Terengganu est le lieu de ponte le plus important en Malaisie péninsulaire pour les tortues. La ponte comme l'éclosion des œufs sont aussi des attractions touristiques majeures.
La vente des œufs de tortue luth avait déjà été interdit en raison de la baisse du nombre d'animaux venant pondre.
Les trois autres espèces fréquentant les plages de Terengganu sont la tortue imbriquée, la tortue olivâtre et la tortue verte. Leurs oeufs ne pourront plus être vendus à compter de l'an prochain.
Elizabeth John, de l'ONG Traffic, a décrit cette interdiction comme "une décision capitale pour la protection des tortues marines".
Mohamad Uzair Rusli, un biologiste travaillant à la préservation de ces reptiles, a aussi salué "une décision audacieuse" mais averti que l'enjeu serait de faire respecter cette interdiction. D'autant que la consommation des œufs de tortue fait partie de la culture locale dans l'Etat. Certains habitants les considèrent comme un aphrodisiaque.
En Malaisie, chaque Etat a ses propres lois et certains, comme ceux de Sabah et Sarawak sur Bornéo, ont déjà interdit le commerce des œufs de tortue.
<https://information.tv5monde.com/info/malaisie-l-etat-de-terengganu-va-interdire-le-commerce-des-oeufs-de-tortue-marine-360082>
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16- Marseille : Emmanuel Macron annonce l'organisation d'un sommet mondial sur la biodiversité dans la ville en 2021, 20 Minutes avec AFP, 22/05/20, 17h03
J.S.-M. avec AFP

Ce sommet se tiendra en janvier 2021, en marge du Congrès mondial de la nature
« Pour mobiliser et agir pour la biodiversité, la France organisera le 11 janvier 2021 un One Planet Summit à Marseille, pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN » : c’est par un tweet, posté ce vendredi, qu’ Emmanuel Macron a annoncé l’organisation d’un sommet mondial sur la biodiversité, en janvier 2021 à Marseille.
« Protéger les écosystèmes permet de prévenir l’apparition d’épidémies comme celle du COVID-19 », précise le président de la République. L’Elysée avait annoncé début avril le report, en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, du congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui était attendu à Marseille du 11 au 15 juin.
« JO de la biodiversité »
Ces « JO de la biodiversité » sont l’occasion pour des milliers d’acteurs de la conservation de la nature – gouvernements, ONG, experts – d’établir des priorités et de lancer de nouvelles actions de protection des écosystèmes.
Ce congrès était aussi l’occasion de mettre à jour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN et, pour la première fois, de sensibiliser le grand public à la nécessité de protéger la nature, avec des expositions et des stands. Des dizaines de milliers de visiteurs étaient attendus.
<https://www.20minutes.fr/vousinterviewez/2784259-20200522-marseille-emmanuel-macron-annonce-organisation-sommet-mondial-biodiversite-ville-2021>
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17- Un artisan de Floride fabrique des masques en peau de python et d'iguane, AFP, 23/05/20, 09:00

Un artisan de Floride s'est lancé dans la fabrication de masques de protection en peau de python et d'iguane, deux reptiles exotiques qui pullulent dans cet état du sud-est des Etats-Unis, menaçant l'écosystème local. 
"J'ai transformé un objet vital en accessoire de mode", explique Brian Wood dans son atelier de Dania Beach, à 40 km au nord de Miami. 
L'homme de 63 ans, qui fabrique toutes sortes d'objets en peau de reptiles, a décidé de surfer sur la nouvelle mode : les masques de protection personnalisés. 
"C'est basique, mais cela fonctionne plutôt bien. Ils s'ajustent bien et on peut leur mettre un filtre", poursuit M. Wood en montrant les trous d'aération sur ses masques reptiliens.
Ses créations sont disponibles en plusieurs couleurs et vendues pour 90 dollars sur sa page Facebook, All American Gator Products. 
La chasseuse de serpents Amy Siewe fournit à Brian Wood les énormes pythons qu'ils dépouillent dans la cour de sa maison, d'un coup sec. 
"Le python birman est une espèce invasive en Floride. Ils ne viennent pas d'ici, mais de l'Asie du Sud-Est et ils font des ravages dans les Everglades", raconte Mme Siewe, 43 ans, en référence à la zone humide qui occupe une bonne partie du sud de la Floride. 
Les pythons ont été introduits dans la région probablement comme animaux de compagnie à la fin du siècle dernier. Une fois libérés dans les Everglades, ils se sont rapidement reproduits, n'ayant aucun prédateur pour les chasser. 
L'Agence de la pêche et de la vie sauvage de Floride (FWC) encourage les habitants, récompenses à la clé, à capturer ces serpents constricteurs qui détruisent l'écosystème. 
Les iguanes dévastent eux aussi la flore locale. L'année dernière, la FWC a appelé les citoyens à tuer dès que possible tous ceux qu'ils apercevaient, de préférence sans cruauté. 
Ces grands lézards n'échappent donc pas aux ciseaux de Brian Wood, et leur peau pourrait bientôt finir par protéger des humains du coronavirus.
<https://information.tv5monde.com/info/un-artisan-de-floride-fabrique-des-masques-en-peau-de-python-et-d-iguane-360309>
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18- Réservoir de maladies et gibier prisé, une chauve-souris inquiète en Nouvelle-Calédonie, AFP, 23/05/20, 09:00
Claudine Wery

En Nouvelle-Calédonie, la roussette, une grande chauve-souris emblématique du territoire, reste un gibier prisé par la population, malgré les risques sanitaires mis en avant avec l'épidémie de coronavirus, et l'identification en 2017 d'un nouvelle maladie associée à ce mammifère volant. 
"On n'est pas assez prudent ici, alors que la crise de la Covid-19 est venue nous rappeler que la chauve-souris est un réservoir pathogène", rapporte un scientifique, préférant rester anonyme tant la question des risques sanitaires de la roussette est sensible dans l'archipel.
Sur le Caillou, "il y a des gens qui chassent la roussette en claquettes, sans gants, risquant de se faire mordre ou griffer. Après, elles sont dépiautées et cuisinées sans plus de précaution", ajoute-t-il. 
L'archipel compte quatre espèces de roussettes, dont trois endémiques. 
Aussi appelées renards-volants, les roussettes vivent en colonie dans les arbres des forêts, sommeillant têtes en bas dans la journée et se déplaçant la nuit pour des festins de fruits et de nectar floral. 
"On les surnomme les jardinières des forêts car elles ont un rôle capital dans la dispersion des graines et la pollinisation", explique Malick Oedin, qui consacre son doctorat en biologie au chiroptère - le nom savant des chauves-souris. 
Consommée en civet ou en bougna, spécialité culinaire mélanésienne, la roussette est aussi un symbole de virilité dans la culture kanak. On la déguste lors des célébrations de la nouvelle igname tandis que ses poils et ses os servaient à confectionner des monnaies traditionnelles. Elle est aussi parfois domestiquée.
- Chasse réglementée -
En déclin à cause du braconnage et des chats sauvages, les roussettes ne peuvent être chassées que les week-end d'avril dans les provinces du Nord et du Sud mais le sont presque toute l'année dans les îles Loyauté. 
"C'est un animal comme un autre, il faut arrêter de faire peur à tout le monde", tempête Pierre Aubé, président de la fédération des chasseurs, précisant qu'aucune précaution spécifique n'est prise. 
En 2016, sa fédération avait cependant été sollicitée pour collecter des animaux après la découverte, au Parc forestier de Nouméa, de roussettes porteuses d'anticorps du virus Nipah. 
Apparue en 1998 en Asie, cette pathologie grave, dont la chauve-souris est l'hôte, a fait plusieurs dizaines de morts.
Les investigations réalisées à l'époque avaient révélé que 30% des roussettes calédoniennes étaient porteuses d'anticorps Nipah. 
Mardi sur Radio Classique, le professeur Didier Raoult a affirmé qu'en Nouvelle-Calédonie, "comme ils mangent des chauves-souris, il y a une maladie spécifique des chauves-souris (...) qui se répand probablement partout en Océanie". 
Le centre hospitalier territorial (CHT) a en effet mis en évidence une nouvelle maladie, soupçonnée d'être transmise par les roussettes, suite à des travaux menés en collaboration avec l'Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille (IHU). 
Cette zoonose appelée fièvre hémolytique, qui provoque perte de poids, fièvre et augmentation de la rate, a touché entre 2012 et 2019 une quinzaine de personnes dont quatre sont mortes. 
"Tous les malades, sauf un, avaient été en contact avec des roussettes soit à la chasse, soit en les cuisinant et la plupart en avaient mangé de trois semaines à trois mois avant le début des symptômes", a indiqué le docteur Julien Colot, du laboratoire de microbiologie du CHT.
L'équipe scientifique pluridisciplinaire calédonienne à laquelle il appartient va approfondir les recherches sur les modes de transmission, les autres réservoirs potentiels (cochons, rats) et étendre le champ d'étude au Vanuatu et à Wallis et Futuna. 
A Nouméa, l'Institut Pasteur travaille par ailleurs au séquençage du génome de leptospires de roussettes.
"Celles-ci n'ont pas la capacité d'infecter les hommes mais nos travaux vont néanmoins aider à mieux décrire la leptospirose humaine. Nos échantillons vont aussi permettre d'élargir la recherche sur les risques pathogènes, en incluant les coronavirus", confie Cyrille Goarant, le chercheur chargé du programme. 
Ce vétérinaire de formation tient toutefois à insister sur le fait que ce véritable "musée" de virus qu'est la roussette reste inoffensif pour l'homme, "pour peu qu'on le laisse tranquille dans son lieu de vie naturel".
<https://information.tv5monde.com/info/reservoir-de-maladies-et-gibier-prise-une-chauve-souris-inquiete-en-nouvelle-caledonie-360312>
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19- "Pandémie" et "Quarantaine", espoirs pour la sauvegarde des pumas mexicains, AFP, 25/05/20, 18:00

"Pandémie" pour la femelle et "Quarantaine" pour le mâle : deux pumas sont nés récemment dans un zoo de l'est du Mexique, un espoir pour cette espèce en danger dans le pays. 
Les deux félins au pelage tacheté sont nés le 20 mars, cinq jours après la naissance d'un tigreau, baptisé Covid, dans ce zoo de la ville de Cordoba, dans l’État de Veracruz (est). 
Avc ces noms, "Pandemia" et "Cuarentena" en espagnol, "il s'agit de faire prendre conscience au monde entier que nous devons être plus responsables et unis face à la crise", a expliqué à l'AFP Gonzalo Rodriguez, responsable du zoo Africa Bio Zoo.
Les deux petits pumas viennent grossir les rangs de l'espèce "puma concolor", protégée au Mexique car considérée comme en voie d’extinction dans ce pays. 
Selon M. Rodriguez, les taches sur le pelage des bébés pumas disparaissent au bout de quelques mois. 
Les parents de "Pandémie" et "Quarantaine" appartiennent à une famille de pumas récupérés dans un cirque après la promulgation d'une loi en 2015 interdisant les spectacles avec des animaux au Mexique.
"Ils sont nés d'une reproduction naturelle pendant la période de confinement dû au Covid-19", a précisé à l'AFP la vétérinaire du zoo, Kitzia Rodriguez. 
Selon elle, la gestation d'environ trois mois a été facilitée par un niveau de stress plus faible et une pollution moindre en raison du confinement. 
"Il n'y avait presque personne (dans le zoo). Le stress que peut provoquer la présence de visiteurs peut les toucher, mais cette fois ce n'était pas le cas", a-t-elle expliqué.
<https://information.tv5monde.com/info/pandemie-et-quarantaine-espoirs-pour-la-sauvegarde-des-pumas-mexicains-360585>
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En audio
20- Jean-Louis Etienne, 40 ans d'exploration, France Inter, Du vent dans les synapses, 09/05/20, de 15h à 17h
Daniel Fiévet

Le médecin-explorateur a effectué plusieurs tours du monde à la voile, gravi les plus hautes montagnes dont la face nord de l'Everest, exploré les pôles Nord et Sud, à ski, en traîneau, en capsule dérivante ou en ballon... Retour sur la vie d'un explorateur en série.
C’est l’histoire d’un jeune médecin qui se sentait à l’étroit dans les murs de son hôpital toulousain et qui rêvait d’ailleurs et de lointain. Sur les murs de sa chambre on pouvait lire cette phrase du navigateur Bernard Moitessier : « On n’empêche pas une Mouette de prendre le large ». Nous étions en 1976 notre jeune médecin, Jean-Louis Etienne pas encore trentenaire s’apprêtait à prendre son envol.
>> Emission (54 min) à (ré)écouter à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/du-vent-dans-les-synapses/du-vent-dans-les-synapses-09-mai-2020-0>
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21- "Les hommes portent la responsabilité de ce qui leur arrive..." - Elisabeth de Fontenay, France Inter, Lettres d’intérieur, 22/05/20, 08h55
Augustin Trapenard

Elisabeth de Fontenay est philosophe, spécialiste de la cause animale. Dans cette lettre adressée aux chauves-souris, elle dénonce le trafic illégal d'animaux sauvages, susceptible d'être à l'origine de l'épidémie de Covid 19.
>> Suite à lire ou à (ré)écouter (3 min) à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-22-mai-2020>
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En images
22- L’Inde se réjouit du nombre de bébés tortues nés sur cette plage, Le HuffPost, 11/05/20

Pour la première fois depuis des années, de nombreuses femelles ont réussi à atteindre la plage pour pondre, grâce au confinement en vigueur un peu partout dans le monde.
> Vidéo à voir à :
<https://www.youtube.com/watch?v=ZQvuhO3we9c>
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23- A Crozon, le déconfinement menace les oiseaux du littoral, AFP, 14/05/20, 22:00
Riwan Marhic

Grand gravelot, hirondelle de rivage : les oiseaux marins se sont réapproprié le littoral pendant le confinement, mais le retour des promeneurs en pleine période de nidification pourrait "menacer la reproduction" de certaines espèces protégées, comme sur la plage de Morgat, dans le Finistère.
La végétation des dunes a repris ses droits sur cette plage de la presqu'île de Crozon, face au port. Mais sur le sable, déserté depuis le début du confinement, se dresse une drôle de haie : un enclos d'une trentaine de mètres de large. Au centre, un nid de grands gravelots, bec orange, gorge blanche et collier noir. 
"C'est une espèce protégée particulièrement menacée, c'est pourquoi nous avons mis en place un enclos, des panneaux explicatifs et une interdiction des chiens sur la plage", explique Didier Cadiou, chargé de l'environnement à la mairie de Crozon. Il s'agit de protéger les œufs, "qui miment l'aspect des galets et risquent facilement d'être piétinés".
Sur les 200 couples de grands gravelots français, 70 sont bretons, répartis entre les îles de Sein et Molène. Mais celui de Morgat, surnommé "Gégé" et qui s'est installé sur l'emplacement du club Mickey, est "une surprise, c'est le seul couple nicheur sur la côte bretonne" souligne Livier Schweyer, agent du parc naturel marin d'Iroise, venu observer l'oiseau avec ses jumelles.
Avec ses collègues rattachés à l'Office français de la biodiversité (OFB), il l'a repéré en faisant samedi l'inventaire des "zones accueillantes" du littoral pour mesurer l'effet du confinement sur la biodiversité, à la demande du préfet. Leur travail de recensement a été facilité par la quiétude. "La chance qu'on a eue, c'est le silence, parce que ce sont les cris qui nous alertent", précise Cécile Gicquel, chargée de mission au Parc naturel marin d'Iroise. 
"On a pu remarquer la remise en place de certaines colonies d'oiseaux qui en temps normal n'aurait pas pu avoir lieu, eu égard au dérangement occasionné par la fréquentation" relève Livier Schweyer, comme cette nouvelle colonie d'hirondelles de rivage qui s'est installée sur la plage de l'Aber, non loin de Morgat.
L'espèce protégée, en pleine nidification, creuse des terriers dans les falaises meubles du littoral. Mais leur habitat est menacé d'effondrement : comme le sentier côtier passe juste au dessus, "le piétinement risque de l'endommager" remarque l'inspecteur de l'environnement, désignant la microfalaise trouée comme du gruyère autour de laquelle virevoltent des dizaines d'hirondelles, plongeant dans les trous et s'en extirpant en un éclair pour aller chasser le long des dunes.
- Forte pression touristique -
Là aussi, la communauté de communes a fait installer des barrières de protection. Mais quid des plages qui ne peuvent pas être protégées ?
"La conséquence est simple : la reproduction va échouer si aucune mesure ne peut être mise en place avant la réouverture des plages" avertit Bernard Cadiou, de l'association de protection de la nature Bretagne Vivante. Pour l'ornithologue, il est "compliqué" de mettre en place ces mesures partout où il y a une forte pression touristique, d'autant que "les gens n'ont qu'une hâte, c'est de retourner dehors". Peu de chances pour lui qu'ils soient sensibles à de nouvelles restrictions, sachant que "les humains sont souvent accompagnés de chiens qui ne lisent pas les panneaux... Le retour à la normale va avoir un impact sur la faune à l'échelle de l'ensemble de la France."
"Ça peut être une inquiétude de dire qu'on va tous se déconfiner alors que la nature a repris ses droits", abonde Aurélie Delaval, chargée de mission à le Ligue de Protection des oiseaux du Nord-Pas-de-Calais. Elle rappelle les bons gestes à respecter : "éviter de fréquenter les hauts de plages, les dunes, les berges, et tenir les chiens en laisse quand c'est possible, sur les plages et en forêt."
<https://www.youtube.com/watch?v=xHYBe6FxQdM <https://www.youtube.com/watch?v=xHYBe6FxQdM>>
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– Démocratie participative : guide des outils pour agir <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/publication_etat_deslieaux_democratie_participative_0.pdf>, Etat des lieux & Analyses n°3, nouvelle édition, mars 2015
– Mobilité au quotidien - Comment lutter contre la précarité ? <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-mobilite-precarite.pdf>, Etat des lieux & Analyses, septembre 2014
– Etude. Les solutions de mobilité soutenable en milieu rural et périurbain <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-solution-mobilite-soutenable.pdf>, Fondation Nicolas Hulot & RAC France, juillet 2014
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