[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur agriculture (dont OGM), alimentation, forêt, pêche, apiculture et jardinage (mardi 13 avril)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Mar 13 Avr 07:54:18 CEST 2021


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Chlordécone : des avocats contestent la prescription et portent plainte à la CJR <https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/chlordecone-des-avocats-contestent-la-prescription-et-portent-plainte-a-la-cjr_2148062.html>, AFP, 02/04/21, 10:00
2- Populaire et chic : gardons la patate <https://www.lejdd.fr/Style-de-vie/Gastronomie/populaire-et-chic-gardons-la-patate-4034633>, Le JDD, 02/04/21, 10h00
3- Au bonheur des jardins… bios <https://planete.lesechos.fr/culture/au-bonheur-des-jardins-bios-8457/>, Les Echos Planète, maj le 02/04/21 à 11h19
4- Au Sénégal, l’association Nébéday veut reverdir la savane <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/02/au-senegal-l-association-nebeday-veut-reverdir-la-savane_6075414_3212.html>, Le Monde Afrique, 02/04/21, 19h11
5- Près de 250 hectares de pins détruits dans un incendie en Gironde <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/03/pres-de-250-hectares-de-pins-detruits-dans-un-incendie-en-gironde_6075499_3244.html>, Le Monde avec AFP, 03/04/21, 00h59
6- Reportage. En Inde, sur la route du précieux santal <https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/04/02/en-inde-sur-la-route-du-precieux-santal_6075401_4500055.html>, M le Mag, maj le 03/04/21 à 04h58
7- Chronique. En Côte d’Ivoire, « les planteurs de cacao sont chocolats » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/04/en-cote-d-ivoire-les-planteurs-de-cacao-sont-chocolats_6075545_3234.html>, Le Monde, 04/04/21, 15h00
8- Ces chasseurs qui veulent moins chasser les cerfs <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/05/en-alsace-ces-chasseurs-qui-veulent-moins-chasser-les-cerfs_6075565_3244.html>, Le Monde, 05/04/21, 07h58 
9- Tribune. Politique agricole commune : à quand un virage agroécologique ? <https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/politique-agricole-commune-a-quand-un-virage-agroecologique-20210406_UPFWWUWBWRHEDDRGMN4KBIXYPU/>, Libération, 06/04/21, 18h48
10- PAC : les orientations se précisent… et inquiètent les paysans <https://reporterre.net/PAC-les-orientations-se-precisent-et-inquietent-les-paysans>, Reporterre, 07/04/21, 16h15
11- Tribune. Sahel : « La réponse humanitaire est loin d’être suffisante pour briser le cercle vicieux des crises alimentaires » <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/07/sahel-la-reponse-humanitaire-est-loin-d-etre-suffisante-pour-briser-le-cercle-vicieux-des-crises-alimentaires_6075920_3212.html>, Le Monde Afrique, 07/04/21, 20h00
12- Projets soutenus. La permaculture pour accompagner la transition agro-écologique au Sénégal <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/permchange-la-permaculture-pour-accompagner-la-transition-agro-ecologique-au-senegal/>, Fondation Nicolas Hulot, 07/04/21
13- Tribune. « Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/08/notre-surconsommation-d-engrais-azotes-de-synthese-est-un-desastre-ecologique-social-et-economique_6075962_3232.html>, Le Monde, 08/04/21, 06h26 
14- Enquête. Pollution : la face cachée des engrais azotés <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/08/pollution-la-face-cachee-des-engrais-azotes_6075943_3244.html>, Le Monde, 08/04/21, 06h29
15- "Seaspiracy", le documentaire à voir sur les insoutenables dessous de la pêche <https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/seaspiracy-les-insoutenables-dessous-de-la-peche-149703.html>, Novethic, 08/04/21 
16- Loire-Atlantique. L’arrêté anti-pesticides du maire de La Montagne suspendu provisoirement <https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-montagne-44620/loire-atlantique-l-arrete-anti-pesticides-du-maire-de-la-montagne-suspendu-provisoirement-08fb2110-9949-11eb-ba58-9c36148e3626>, Ouest-France, 09/04/21, 19h12
En audio
17- Comment mangerons-nous demain ? <https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-03-avril-2021>, France inter, Les Savanturiers, 03/04/21, 07h15
18- Le soja est-il si bon que ça pour la santé ? <https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-03-avril-2021>, France inter, L’Interview, 03/04/21
En images
19- La méthode Miyawaki pour doper la création de forêt <https://www.actu-environnement.com/ae/news/methode-Miyawaki-doper-creation-foret-37316.php4>, Actu-environnement, 02/04/21
20- À la découverte d’une des dernières forêts primaires d’Europe en Bosnie-Herzégovine <https://www.lci.fr/evasion/video-a-la-decouverte-d-une-des-dernieres-forets-primaires-d-europe-en-bosnie-herzegovine-2182849.html>, TF1, journal de 20h, 06/04/21

Bien à vous,
Florence

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STAR DU JOUR : Légume merveilleux et abordable, la pomme de terre est cultivée et dégustée dans le monde entier et sous toutes ses formes. (cf. item 2)
REPORTAGE DU JOUR : Le santal est un arbre sacré en Inde et une matière première prisée de la parfumerie. Victime de la déforestation, le bois de santal est également l’objet d’un important trafic. Afin d’y remédier, le gouvernement tente de structurer la filière. (cf. item 6)
ALTERNATIVES DU JOUR : Au Sénégal, l’association Nébéday développe des programmes de reboisement, d’agroforesterie et de biocharbon, dans un pays qui a perdu la moitié de ses forêts en 60 ans. De son côté, Perm&change se lance de nouveaux défis : améliorer le système d’irrigation, créer une banque de semences paysannes, commercialiser la production locale en lançant le premier marché bio et aménager une cantine. (cf. item 4 & 12)
TENSIONS DU JOUR : — La Côte d'Ivoire a décidé de réduire d’un quart le montant versé aux planteurs de cacaoyers pour la récolte qui va commencer. En outre, les acteurs du commerce équitable soupçonnent les multinationales d’avoir « préféré freiner leurs achats et puiser dans leurs stocks pour faire pression » sur les prix. (cf. item 7)
— Pour l’ONF, l’équilibre forêt-gibier est loin d’être atteint. "En dix ans, la population de cerfs a doublé dans le Haut-Rhin. Or, le cerf n’est pas un animal forestier ; il est capable de transformer une forêt en lande en l’espace de quelques années". (cf. item 8)
APPEL DU JOUR : Une cinquantaine d’organisations membres de la plateforme ‘Pour une autre PAC’ exhorte le gouvernement à engager une politique orientée vers la transition écologique, en rémunérant les pratiques vertueuses pour l’environnement ou en soutenant les fermes les plus petites, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée. (cf. item 9)
VULNÉRABILITÉ DU JOUR : Les coûts exorbitants de l’assistance alimentaire et humanitaire dans le bassin du lac Tchad et le Sahel central, dépassent très largement les moyens dont disposent les gouvernements de la région, créant une dépendance toujours plus forte. (cf. item 11)
ENQUÊTE DU JOUR : En excès dans certains cours d’eau, les engrais azotés ou fertilisants chimiques sont également responsables de pics de pollution atmosphérique et émetteurs de gaz à effet de serre. L’instauration d’une redevance doit être débattue prochainement à l’Assemblée nationale. (cf. item 14)
INSOUTENABLE DU JOUR : Près de 5 millions de poissons prélevés chaque minute, dont 40 % de pêche accidentelle, jusqu'à 30 000 requins tués par heure, le documentaire Seaspiracy, accessible sur la plateforme de streaming Netflix, plonge le spectateur dans les secrets les plus sombres et dissimulés de la pêche industrielle. (cf. item 15)
QUESTIONNEMENT DU JOUR : Très intéressant sur le plan nutritionnel, le soja n'est peut-être pas aussi bon pour la santé qu'on pourrait le penser. Il contient des molécules similaires à des hormones, qui, consommées en trop grande quantité, seraient dangereuses pour l'être humain. (cf. item 18)
ÉMERVEILLEMENT DU JOUR : C'est un joyau qui se cache au cœur des plus hauts sommets de Bosnie. La forêt de Perucica est une terre vierge. Certaines parcelles n'ont jamais été foulées par les pieds de l'homme. La nature y a gardé tous ses droits. (cf. item 20)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://letempsestvenu.org/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.lesgesteseclaires.com/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Pétition. Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/petition_ecolocreche>
> Pour répondre PRÉSENT à l’APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <https://www.appel-des-solidarites.fr/>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <http://www.mypositiveimpact.org/les-solutions>
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1- Chlordécone : des avocats contestent la prescription et portent plainte à la CJR, AFP, 02/04/21, 10:00

Des avocats ont contesté jeudi auprès des juges d'instruction chargés d'une enquête sur l'empoisonnement des Antilles au chlordécone la possible prescription des faits et entendent déposer une plainte à la Cour de la justice de la République (CJR), a appris l'AFP vendredi auprès d'eux.
Me Rachid Madid et Olivier Tabone, avocats de l'Association médicale de sauvegarde de l'environnement et de la santé (Amses), ont confirmé à l'AFP l'information de Libération selon laquelle ils ont déposé un mémoire auprès des juges afin de contester l'analyse juridique de ces derniers sur la question de la prescription, en se basant sur des "points de procédure, de jurisprudence et d'évolution du droit" en la matière.
Ils ont également demandé que soit retenue l'infraction d'"homicide involontaire".
"Nous avons reçu un accueil très favorable" de la part des juges, ont estimé les avocats.
Dans ce dossier instruit depuis maintenant 14 ans par le pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris, les juges d'instruction ont signifié mi-janvier à plusieurs parties civiles leur analyse selon laquelle les faits seraient dans leur grande majorité prescrits.
Selon le compte-rendu de certaines de ces parties civiles à la presse, les juges d'instruction ont également fait savoir que des preuves avaient disparu.
L'analyse a été récemment appuyée par le procureur de Paris dans un entretien au quotidien France Antilles : "la grande majorité des faits dénoncés était déjà prescrite" dès le dépôt des plaintes en 2006 pour empoisonnement au chlordécone en Guadeloupe et en Martinique, a assuré mi-mars Rémy Heitz.
En 2006, plusieurs associations martiniquaises et guadeloupéenne avaient déposé trois plaintes pour empoisonnement, mise en danger de la vie d'autrui et administration de substance nuisible.
Une nouvelle grande mobilisation est prévue le 10 avril en Martinique pour dénoncer un possible non lieu, dans ce dossier qui a déjà fait l'objet de grandes mobilisations aux Antilles.
Les deux avocats ont également annoncé leur intention de déposer une plainte vendredi contre plusieurs anciens ministres auprès de la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger les actes des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.
Ils leur reprochent d'avoir "prolongé l'autorisation d'utilisation du chlordécone" et signé des arrêtés, notamment en 2005, qui autorisaient des résidus de chlordécone dans l'alimentation avec des seuils tolérables" d'après eux bien trop élevés.
Le chlordécone, un pesticide interdit en France en 1990 mais qui a continué à être autorisé dans les champs de bananes de Martinique et de Guadeloupe par dérogation ministérielle jusqu'en 1993, a provoqué une pollution importante et durable des deux îles.
Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France, et les populations antillaises présentent un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.
<https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/chlordecone-des-avocats-contestent-la-prescription-et-portent-plainte-a-la-cjr_2148062.html>
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2- Populaire et chic : gardons la patate, Le JDD, 02/04/21, 10h00
Charlotte Langrand

La pomme de terre est cultivée et dégustée dans le monde entier. Sous toutes ses formes. 
Il était une fois une boule cabossée et terreuse devenue reine des cuisines du monde entier. Le conte de fées avait pourtant mal commencé pour la pomme de terre : quand elle est arrivée en Europe par l'Espagne en 1562, on s'entichait plutôt du cacao ou de la canne à sucre. L'Eglise, qui ne percevait pas d'impôts sur les racines, la qualifiait même de "nourriture pour cochons". On préférait lui attribuer des vertus médicinales : Philippe II en offrit au pape Pie IV pour soigner sa goutte. Le saint homme disparut quelques mois plus tard, mais la patate lui a survécu. En cuisine plutôt que dans la boîte à pharmacie.
> Lire aussi - Oeuf mayo, pâté en croûte ou camembert : les confréries culinaires se multiplient
Venue de loin – elle est née en Amérique du Sud, au pied de la cordillère des Andes –, elle s'acclimate partout. Sa famille compte des milliers d'espèces, sauvages ou hybrides, engendrées par les particuliers qui les replantent dans leurs champs. En France, dès le XVIIe siècle, elle est dans toutes les régions. En Suisse et en Allemagne, on en fait déjà du schnaps et de la vodka.
Son succès ne tarde pas à attirer les vaniteux : "Contrairement à ce qu'il prétendait, Parmentier n'a pas découvert la pomme de terre en Allemagne, rectifie Pierre-Brice Lebrun, écrivain gastronome belge, auteur passionné d'un Petit Traité de la pomme de terre et de la frite (Le Sureau). En revanche, il en a planté en plein Paris, sur la plaine des Sablons, pour donner aux pauvres l'envie d'en ­manger…" A tel point que la légende associe toujours ce pharmacien militaire du XVIIIe siècle au produit, qui a même donné son nom à un fameux plat à base de purée et de viande hachée (hachis parmentier).
Sautée, soufflée, frite, vapeur, farcie…
Aujourd'hui, on en trouve dans tous les pays du monde du nord au sud : "Comme les pâtes, les pommes de terre sont universelles, constate Pierre-Brice Lebrun. Avec la mondialisation des fast-foods, la Chine est même devenue le premier pays consommateur." Et pour cause : ce tubercule présent toute l'année cache sous son apparence anodine des trésors pour les cuisiniers.
Sa pulpe caméléon adopte toutes les textures : en purée (jusqu'à la recette fameuse de Joël Robuchon, très technique et très beurrée), sautée à la poêle, frite dans l'huile, roulée en gnocchis, à la vapeur (tiède, avec un hareng), gratinée au four (dauphinois), sous la cendre, farcie, en tartiflette et même montée en gâteau. Les déclinaisons sont infinies. Populaire et chic, la pomme de terre trouve sa place dans le frigo d'un étudiant fauché comme sur les tables étoilées.
> Lire aussi - Déco moderne, ingrédients éthiques, recettes originales : le renouveau des crêperies
A la table du Bristol, Eric Frechon a par exemple marié le caviar à une mousseline fumée au haddock. Guillaume Gomez, l'ancien chef de l'Elysée, estime que "c'est un légume merveilleux et abordable, qui témoigne de la valeur du terroir français et de nos producteurs". "Nous en avions en permanence huit variétés différentes en cuisine", précise-t‑il. Des agrias ou des amandas pour les pommes soufflées, dont les tranches fines plongées dans l'huile se séparent pour former un beignet creux ; des charlottes pour les fameuses pommes moulées, qui ont produit leur petit effet au "déjeuner des grands chefs" organisé à ­l'Elysée en 2019. En 2017, on a aussi servi à Donald Trump du porc noir de Bigorre avec des pommes paille, faites à partir des belles de Neuilly-Plaisance, cultivées en Seine-Saint-Denis.
"Un rapport très fort à l'enfance"
La palette de goût est des plus diversifiées selon les variétés, plus ou moins amidonnées ou sucrées : on choisira la bintje pour les frites ou la charlotte pour les pommes sautées, les petites rattes du Touquet pour leur caractère mais aussi la pompadour, la bonnotte, l'amandine, la monalisa, la roseval, la vitelotte ou la belle de Fontenay… Certaines ont une belle longueur en bouche, d'autres jouent les seconds rôles avec brio : "C'est un support aromatique génial qui rend un simple plat exceptionnel, estime Vivien Durand, le chef du Prince Noir à Lormont (Gironde). Elle sublime tous les arômes, comme une éponge. J'adore particulièrement celle qui est cultivée dans le village voisin, Eysines."
Lui qui vénère les pommes sarladaises (à la graisse de canard) a aussi inventé une recette iodée, à partir des rondelles que l'on glisse sous un poisson, au four, pour éviter qu'il n'adhère au plat : il les précuit au thym et au sel puis les laisse confire sous le poisson avant de les servir. Alors qu'il maîtrise les très techniques pommes soufflées (par exemple au homard !), Vivien Durand angoisse quand il sert une simple purée : "Parce que les plats de pommes de terre ont un rapport très fort à l'enfance, chaque client a comme repère le souvenir divin de celle de sa mère ou de sa grand-mère… La comparaison est intenable !"
11 millions de tonnes chaque année
Dans cette galaxie "patatière", les frites tiennent une place à part. Les bâtonnets sont un des dix plats les plus populaires au monde. Onze millions de tonnes sont consommées chaque année. "Pour un Belge comme moi, la frite, ce n'est pas que de la pomme de terre, c'est un concept, c'est artistique, explique Pierre-Brice Lebrun. Pour nous, c'est un repas à part entière, pas un accompagnement. Et on les déguste dans les friteries, pas au restaurant. Elles doivent croustiller à l'extérieur et fondre à l'intérieur."
On peut préférer, dans un tout autre genre, le pâté bourbonnais. La cuisinière et auteure Anne Etorre n'a jamais eu autant de ­succès sur Instagram qu'avec cette tourte aux patates, à la crème et au comté. Sa recette du bonheur est à la portée de tous : dans un moule beurré, on étale une pâte feuilletée et on alterne des couches de pommes de terre amandine taillées sur deux millimètres, de pulpe d'ail noir mélangée à de la crème crue, sel et poivre, de comté râpé et de persil ciselé. On recouvre d'un deuxième cercle de pâte feuilletée et on pince les deux pâtes ensemble. On badigeonne de jaune d'œuf, on fait un trou pour l'aération et on enfourne 1h15 à 180 °C. Son conseil ? Des pommes de terre de taille égale, pour une cuisson homogène. De quoi retrouver la patate.
<https://www.lejdd.fr/Style-de-vie/Gastronomie/populaire-et-chic-gardons-la-patate-4034633>
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3- Au bonheur des jardins… bios, Les Echos Planète, maj le 02/04/21 à 11h19
Françoise Blind Kempinski 

Encourager la présence du vivant dans le moindre espace extérieur, créer son potager sans débourser un centime, tout savoir pour cultiver écologiquement les plantes : une sélection de livres pour guider vos premiers pas. 
Avec la pandémie, le moindre centimètre carré d’extérieur est devenu une aubaine, qu’il s’agisse d’un bout de balcon ou d’un véritable jardin. Pouvoir se plonger dans le vert, se réjouir d’une floraison à venir ou profiter d’herbes aromatiques et de légumes « maison » : toutes ces perspectives sont devenues source de bien-être. Bien des Français s’y sont mis, découvrant la joie de charrier des sacs de terreau, de se noircir les ongles dans la terre et, avant cela, de prendre le temps de réfléchir au choix des plantes. La sélection d’un végétal, son association avec un autre et la composition du tableau final ne sont pas anodines : derrière le jardinier, se révèle la personne. Car dans la construction de cette œuvre, la façon de faire prime sur le résultat… ce qui rassurera tous les jardiniers en herbe.
A tous ceux qui souhaitent se lancer dans l’expérience d’un jardin écologique, qui ont un goût certain pour les légumes bios et l’autonomie alimentaire ainsi qu’une appétence pour lier connaissance des plantes et santé, quelques ouvrages rédigés par des spécialistes livrent de précieuses clés.
>> Suite à lire à :
<https://planete.lesechos.fr/culture/au-bonheur-des-jardins-bios-8457/>
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4- Au Sénégal, l’association Nébéday veut reverdir la savane, Le Monde Afrique, 02/04/21, 19h11
Olivier Herviaux (Toubacouta, Sénégal, envoyé spécial)

L’organisation développe des programmes de reboisement, d’agroforesterie et de biocharbon, dans un pays qui a perdu la moitié de ses forêts en soixante ans. 
Tout commence avec un arbre, le moringa oleifera, qui ne veut pas mourir : « Never die » ou « Nébéday » en wolof. Originaire d’Inde et du Sri Lanka, on le trouve aujourd’hui tout le long de la zone tropicale et subtropicale. Il peut croître aussi bien sur sol riche que pauvre et n’est que peu affecté par des conditions climatiques difficiles telles que la sécheresse. Il pousse rapidement et se régénère même après une coupe sévère.
C’est donc tout naturellement ce nom qu’a choisi Jean Goepp lorsqu’il a cofondé avec dix partenaires et amis son association en 2011. « Si la planète Terre n’a plus d’arbres, il n’y aura ni homo sapiens sapiens, ni animaux, ni quoique ce soit. C’est un combat pour la vie. On veut un Sénégal vert et prospère. Et les deux vont ensemble », souligne ce Français arrivé à Dakar à l’âge de 14 ans en 1988, ingénieur diplômé de l’Institut supérieur technique d’outre-mer (Istom) de Paris.
« On œuvre à cela surtout avec les femmes, car c’est le maillon fort de la société. Elles sont sérieuses, solidaires et travailleuses. Et on doit accompagner leurs enfants à être des adultes plus aimants envers la nature. », poursuit le directeur de Nébéday.
> Lire aussi  Le Sénégal lance un projet de forêts nourricières et médicinales
La structure basée à Toubacouta, dans la région du Sine Saloum, emploie 36 personnes et possède 4 bureaux, en plus de son siège (Dakar, Palmarin, Popenguine et Richard-Toll), autour du même objectif : le reboisement. Il s’agit de répondre à la baisse très rapide des ressources naturelles dans le pays, et notamment celle des forêts.
En cinquante ans, la population du Sénégal est en effet passée de 4 à 16 millions d’habitants. Et pour les populations vivant en brousse, la coupe des arbres est le moyen le plus simple – et gratuit – de se procurer du combustible pour la cuisine. Résultat : le Sénégal a perdu la moitié de ses forêts en soixante ans et 40 000 hectares disparaissent chaque année.
« Pour le bien commun »
Nébéday offre ses conseils et son expertise pour protéger deux forêts classées, propriétés de l’Etat : celle de Djilor (1 000 hectares) et celle de Sangako (2 140 hectares). La cogestion se fait entre la direction des eaux et forêts et les populations riveraines. Dans ces lieux, il était interdit de prélever du bois vivant. Grâce à l’association, on peut le faire désormais de manière raisonnée selon un cycle de coupes de huit ans, par parcelle, en choisissant les essences et la taille des arbres.
L’objectif est de reboiser, mais également de gérer et d’exploiter la ressource de façon durable. « En renforçant les capacités des comités villageois, nous souhaitons une appropriation des lieux par les communautés locales », précise Mariama Diallo, coordinatrice des projets et relais auprès des bailleurs de fonds, dont l’Union européenne et l’Organisation internationale de la francophonie.
> Lire aussi  Au Sénégal, une forêt de baobabs sacrifiée sur l’autel de l’industrialisation
Il faut pour cela mener un important travail de pédagogie. L’intérêt de planter un manguier dans son jardin pour obtenir des fruits est clair pour tout le monde. Mettre en terre un caïlcédrat en pleine brousse l’est beaucoup moins. « Pour les “vieux” notamment, c’est le travail de Dieu, la régénération naturelle : la graine tombe et germe par elle-même. Du coup, peu d’adultes sont engagés dans la protection de la nature pour le bien commun. Quand tu plantes chez toi, tout va bien. Quand on plante dans une forêt qui appartient à tout le monde, ça devient beaucoup plus compliqué », reconnaît Jean Goepp.
Et les résultats sont là. En 2020, l’association a planté 1 150 000 arbres et a le même objectif pour cette année. Les essences les plus utilisées sont le palétuvier dans les mangroves et le rônier, un palmier surnommé « la sentinelle de la savane » : des arbres faciles à planter et qui poussent sans difficulté.
Depuis 2016, toutes les plantations sont répertoriées par essences, zones, dates et géolocalisées (www.reboisonslesenegal.org). On y retrouve une cinquantaine d’espèces : fruitiers (anacardiers, manguiers, jujubiers…), forestiers (baobabs, vachellias seyals…) et ombragés (acacias, caïlcédrats, moringas…).
Maraîchage et arbres fertilitaires
Ce travail s’accompagne d’une sensibilisation auprès de la jeunesse : Nébéday est présente dans plus de 120 villages à travers le pays. « On forme les enfants en leur apprenant toute la vie de l’arbre, ce qui est essentiel pour leur donner l’amour de la nature. Puis ils en emportent trois à planter chez eux. Nous sommes présents dans une centaine d’écoles, ce qui représente environ 10 000 élèves », détaille le cofondateur.
Le développement de l’agroforesterie, qui consiste à exploiter des terres en y associant arbres et cultures, permet aussi d’améliorer les revenus des populations et leur alimentation. Dix périmètres d’un hectare à un hectare et demi existent aujourd’hui. Ces jardins, confiés à des femmes, allient le maraîchage et les arbres fertilitaires qui puisent l’azote de l’air pour le restituer dans la terre.
On y cultive fruits et légumes entourés de haies vives plantées d’acacia mellifera, dont les branches épineuses forment des fourrés impénétrables pour la protection des espaces, et avec des brise-vent. On peut alors compter jusqu’à 2 500 arbres sur un seul hectare : de véritables poumons verts près des villages.
Toutes les vertus du moringa
Parmi eux, le fameux moringa qui possède de nombreuses vertus. Ses feuilles permettent de lutter contre la malnutrition grâce à leur grande teneur en protéines, cuivre et vitamines A, C et E, calcium, potassium, magnésium, manganèse, sélénium, fer et les neuf acides aminés essentiels. Elles ont également des propriétés antitumorales, anti-inflammatoires et antibactériennes.
L’objectif aujourd’hui est d’obtenir le label AB (agriculture biologique) géré par le ministère français de l’agriculture et de l’alimentation et des organismes de contrôle indépendants comme Ecocert. Nébéday espère bientôt décrocher le logo vert connu des consommateurs pour l’apposer sur les produits dérivés du moringa.
A Toubacouta, on les retrouve à la boutique Maam Nature grâce à la coopérative des femmes de la forêt de Sangako : feuilles pour infusion, poudre de feuilles pour accompagner des sauces, graines décortiquées, huile issue des graines, gélules, chips, bonbons, barres nutritives, pâtes de fruit… Et des miels de forêt, de mangrove, de fleurs de baobab et autres confitures de mangue et papaye.
Enfin, Nébéday a développé le biocharbon : combustible issu de biomasse telle que la paille de brousse, de mil, de résidus agricoles ou de coques d’arachide. Une façon de lutter contre les coupes sauvages de bois, principale raison de la disparition de la forêt car 80 % des ménages sénégalais utilisent du bois au moins une fois par jour pour cuisiner.
« C’est un défi important, car les habitudes sont tenaces. Il faut sans cesse expliquer les qualités de ce biocharbon : moins cher en vrac que le charbon de bois, ne fume pas, n’explose pas et sa combustion est plus longue. Certes, il est un peu moins puissant que le charbon de bois », précise Jean Goepp.
« Le biocharbon permet aussi de lutter contre les feux de brousse, un véritable fléau dans le pays », ajoute Mariama Diallo, car la paille sauvage est alors ramassée. Sans compter qu’il peut procurer des revenus aux populations villageoises au moment où il n’y a pas d’autres activités, notamment en période de soudure, à la fin de la saison sèche.
Pour l’organisation, la prochaine étape, actuellement en test, sera de développer l’usage des foyers améliorés. Fabriqués à base de terre argileuse, de paille hachée et de bouse séchée, ils permettent d’économiser 50 % du bois de chauffe car ils concentrent la chaleur. « Ça marche ! », s’enthousiasme le cofondateur de Nébéday, qui en a déjà diffusés 500 en un an et demi. Il s’agira ensuite d’apprendre aux femmes à les construire pour qu’elles soient totalement autonomes, et à les faire fonctionner au biocharbon.
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/02/au-senegal-l-association-nebeday-veut-reverdir-la-savane_6075414_3212.html>
+ En vidéo : Les forêts de l’espoir <https://www.youtube.com/watch?v=W6KMp05WqO4&t=10s>, Nébéday Saloum, 25//04/20
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5- Près de 250 hectares de pins détruits dans un incendie en Gironde, Le Monde avec AFP, 03/04/21, 00h59

L’incendie d’Avensan est l’un des premiers feux importants de l’année en Gironde. Aucune habitation n’est toutefois menacée à ce stade, selon les pompiers et la préfecture. 
Quelque 250 hectares de forêt, des pins principalement, ont été détruits, samedi 3 avril, dans un incendie en Gironde. D’origine non déterminée à ce stade, l’incendie s’est déclaré vers 16 h 30 sur le secteur d’Avensan dans le Médoc, à près de 40 km au nord-ouest de Bordeaux. Il a progressé assez rapidement sur un axe nord-sud, aidé par un fort vent du nord, qui a soufflé la majeure partie de la journée.
Vers 21 heures, l’incendie mobilisait encore 160 soldats du feu, 70 véhicules, appuyés par deux bombardiers d’eau Dash, dont les rotations ont cessé avec la nuit, a précisé à l’Agence France-Presse le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Gironde. Avec une accalmie du vent, les pompiers espéraient un progrès déterminant de leur action dans les heures à venir.
Pas d’évacuation
Aucune habitation n’était toutefois menacée en soirée. L’action préventive avec appui aérien a permis de protéger des secteurs habités, ainsi, il n’y a pas eu d’évacuation à envisager. Aucun pompier n’a été blessé, ni matériel ou véhicule endommagé. La végétation détruite est principalement du pin, des semis de divers âges.
L’incendie d’Avensan est l’un des premiers feux importants de l’année en Gironde. La moitié de la superficie du département est recouvert de forêts et abrite une grande partie des Landes de Gascogne, un massif de près d’un million d’hectares. La Gironde est le premier département français en nombre de départs de feux, avec près de 1 000 par an en moyenne. Les surfaces détruites (autour d’un millier d’hectares en moyenne totale) restent néanmoins relativement faibles, selon des chiffres de la préfecture.
> Lire aussi  Origines, répartition, conséquences : visualisez l’évolution des feux de forêts en France
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/03/pres-de-250-hectares-de-pins-detruits-dans-un-incendie-en-gironde_6075499_3244.html>
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6- Reportage. En Inde, sur la route du précieux santal, M le Mag, maj le 03/04/21 à 04h58
Guillaume Delacroix

C’est un arbre sacré pour le sous-continent et une matière première prisée de la parfumerie. Victime de la déforestation, le bois de santal est également l’objet d’un important trafic. Afin d’y remédier, le gouvernement tente de structurer la filière.
Depuis la rue, la parfumerie de Pranjal Kapoor ne paie pas de mine. La porte est étroite, surmontée de deux swastikas, croix gammées que certains hindous assimilent à Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. A l’intérieur, des murs rose bonbon apparaissent entre les armoires vitrées où s’entassent des centaines de petits flacons. « Notre établissement a 110 ans, mon grand-père était encore enfant quand il a commencé à travailler ici », assène Pranjal Kapoor en guise d’introduction.
Avec ses 250 distilleries, Kannauj, petite ville de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, est la capitale du parfum en Asie du Sud. Elle est au pays ce que Grasse est à la France. Dans la maison Kapoor, les photos des aïeux côtoient un portrait de Parvati, génitrice de Ganesh, imprimé sur un panneau clignotant.
Ici, le parfum est une affaire de famille. La fille de Pranjal, 9 ans, traîne ses guêtres dans la boutique du matin au soir. Elle rêve déjà de partir en France étudier à l’école de l’industrie du parfum et de la cosmétique de Versailles (l’Isipca) dont lui a parlé son père. Quelques secondes dans l’antre des Kapoor et les fragrances montent au nez, sucrées, poivrées, citronnées…
Un savoir-faire unique au monde
La maison distille un tas de choses étranges. Le bois d’oud, arbre que l’on infecte avec une bactérie pour lui faire sécréter une substance purulente à l’odeur proche du crottin de cheval. La valériane, connue sous l’appellation vernaculaire d’« herbe à chat », aux relents de chaussette sale. L’ambre gris, prélevé en haute mer dans les excréments de cachalot, qui exhale comme un mélange d’urine et de salive. « Pour créer quelque chose de beau, il faut des éléments qui puent », explique Pranjal Kapoor.
Trois rues derrière, les alambics de la famille Kapoor sont une machine à remonter le temps. Noyés dans des volutes de fumée épaisse, ils sont, paraît-il, semblables à ceux mis au jour par l’archéologie dans la vallée de l’Indus. On place les fleurs ou les racines dans une jarre en terre cuite fermée hermétiquement. Dessous, on allume un feu. L’eau parfumée monte sous forme de vapeur dans un tube en bambou enroulé de jute. Elle redescend ensuite, par condensation, dans une amphore en cuivre plongée dans l’eau froide et contenant entre un et deux litres d’huile de bois de santal. Voilà l’élément nécessaire à la magie, à la codistillation : le santal. Cette essence de bois capte le parfum des fleurs et des racines, l’empêchant de s’échapper. Dans le métier, on parle d’une « assise olfactive ».
> Lire aussi Création de parfums : la guerre des plantes a commencé
Depuis la nuit des temps, le bois de santal est un marqueur identitaire de l’Inde. Son parfum emblématique est un élément prégnant de ce que Pasolini appelait « l’odeur de l’Inde » dans un ouvrage du même nom. Lors d’un voyage initiatique avec les écrivains Alberto Moravia et Elsa Morante, en 1961, le cinéaste italien était tombé sous le charme du pays des parfums. « En valeur, l’Inde est aujourd’hui le deuxième exportateur d’huiles essentielles au monde après le Brésil et le leader mondial des matières premières de la parfumerie », indique Shakti Vinay Shukla, directeur du Fragrance & Flavour Development Centre (FFDC). Principaux clients : l’Europe et le Moyen-Orient, à la fois dans le luxe et le milieu de gamme.
Le santal joue un rôle central dans cette tradition. L’intérêt pour son bois remonte à quatre mille ans, mais c’est au XVIIe siècle qu’il a pris une véritable valeur marchande. Son usage était essentiellement religieux, on le donnait en offrande aux divinités, sous forme d’huile essentielle ou de poudre que l’on brûlait pour jouir de son parfum subtil.
Appelé « arbre royal » par le maharaja de Mysore, le Santalum album (santal blanc) servait d’élément de base à toutes les distillations. Même les plus incroyables. Comme cette spécificité de Kannauj : « Il s’agit du seul endroit au monde où l’on distille l’argile, qui a la particularité de reproduire l’odeur de la première pluie sur la terre, indique Amal Jain, le représentant de la troisième génération d’une firme connue pour être l’un des plus gros distillateurs locaux. Seule l’huile de santal permet de saisir ce parfum extraordinaire et de le conserver dans des flacons. Malheureusement, 100 kilos de bois donnent seulement 4 ou 5 kilos d’huile. »
« L’arbre est en voie de disparition », ajoute Amal Jain. Car le santal est un patrimoine en péril. Capable, en théorie, de pousser sur près des trois quarts du territoire indien, il prospérait autrefois presque exclusivement, à l’état sauvage, dans les forêts d’altitude à la jonction du Karnataka, du Kerala et du Tamil Nadu, les trois Etats du Sud. Mais le pays, qui produisait 85 % du santal dans le monde il y a encore une trentaine d’années, a vu sa position chuter à une place négligeable.
Un patrimoine en péril
Une dégringolade due à la surconsommation des XIXe et XXe siècles, au boom du tourisme et, surtout, à l’explosion du secteur du tabac, à fumer ou à priser, que les Indiens consomment agrémenté de tout un tas d’arômes et où il a laissé la place à des huiles synthétiques. Les trafiquants ont pillé ce qui restait des forêts sauvages de santal dans les années 2000. La faute aussi à la déforestation occasionnée par la culture exponentielle du bambou, employé en Inde par une industrie papetière en plein essor. La production de santal en Inde a été supplantée par une espèce de qualité moindre, originaire d’Australie et du Kenya.
En raison de sa pénurie, il est aujourd’hui réservé exclusivement à la codistillation de parfums. Si les produits chimiques ont remplacé le santal dans le processus de distillation, la menthe, elle, l’a supplanté sur le marché des huiles essentielles utilisées en tant que telles, ou en tant que composants de parfums élaborés ailleurs dans le monde. « La menthe occupe le premier rang : cette plante est produite à 90 % chez nous et représente un marché de 1 milliard de dollars par an », explique Shakti Vinay Shukla.
L’un des derniers gisements naturels survit dans un écrin montagneux du Kerala, 2 000 hectares surveillés de près autour du village de Marayoor, tout proche des célèbres plantations de thé de Munnar. Le paysage est alpin, bucolique et tempéré, avec des sommets bleutés culminant alentour à 2 300 mètres d’altitude. Sur les pentes verdoyantes, le Santalum album prospère. L’arbre au tronc bigarré et aux petites feuilles ressemblant à celles du ficus atteint de 10 à 15 mètres de haut. Il résiste mal à la sécheresse et déteste les rayons trop violents du soleil.
Mais, dans la région, il a surtout été victime de la « mafia du santal ». Entre 2001 et 2005, des trafiquants armés ont fondu sur Marayoor et abattu des milliers d’arbres pour alimenter des filières souterraines, la parfumerie, le tabac, les savons de Mysore, mais aussi l’artisanat destiné aux touristes et les sites sacrés hindous de crémation, où les riches familles brûlent leurs morts sur le santal, noblesse oblige. Certains habitants gardent un souvenir particulièrement cuisant de Veerappan, Robin des bois pour les uns, Pablo Escobar pour les autres. Un trafiquant de santal et d’ivoire d’éléphant, kidnappeur d’hommes politiques qu’il libérait contre rançon. Les forces paramilitaires du Tamil Nadu ont fini par l’abattre, en 2004.
« Le Kerala a été l’un des derniers Etats de l’Union indienne à adopter une réglementation sévère sur le santal, favorisant de nombreux rackets de la part de contrebandiers comme Veerappan, le plus important d’entre eux, qui a été actif pendant trente-six ans, relate Ritika Gupta, dirigeante d’une entreprise familiale d’huiles essentielles, l’une des dernières à être encore agréée pour le santal. Comme le gouvernement n’offrait aucune prime aux villageois pour le produit de la vente du bois de santal, Veerappan bénéficiait d’un immense soutien de leur part et les encourageait, en retour, à vendre le bois en son nom. Tout cela a eu pour effet d’augmenter la coupe des arbres et le commerce illégal, de décourager les cultivateurs privés et d’empêcher toute action de conservation de la forêt. »
Le manque d’uniformité des lois entre les régions de l’Inde, ajouté à l’incapacité à faire appliquer le droit et à la corruption endémique, a ruiné le secteur du santal. Les pouvoirs publics sont intervenus. En 2002, ils ont commencé à encadrer son exploitation. Au tournant des années 2010, New Delhi a pris le taureau par les cornes et décidé de structurer la filière en encourageant les cultivateurs à ouvrir des plantations, sous le pilotage de l’Institute of Wood Science and Technology (IWST) de Bangalore. « Mais les progrès sont très lents. Il reste encore beaucoup de travail à faire », selon Ritika Gupta.
Vers une AOC
Parallèlement, une appellation d’origine contrôlée (AOC) est en train d’être mise en place. « La règle du jeu est très simple, d’après Shakti Vinay Shukla, du FFDC : Il est strictement interdit de couper ne serait-ce qu’une branche de santal sans la permission de l’Etat. Si vous le cultivez sur votre terrain, il faut le déclarer à l’administration. Et, le jour où vous obtenez le feu vert pour le couper et vendre le bois aux enchères publiques, vous devez être en mesure de montrer aux autorités un certificat d’origine garantissant qu’il a poussé dans votre jardin. En clair, vous devez prouver au service des forêts que vous ne l’avez pas volé dans la nature. » Rattraper le temps perdu va être long. Car il faut trois bonnes décennies pour que la précieuse essence arrive à maturité et que sa pulpe puisse être employée en parfumerie.
À Kannauj, sur le campus verdoyant du Fragrance & Flavour Development Centre, chargé du contrôle qualité de toutes les distilleries, l’Etat pratique le bouturage de santal pour sauver la filière. « Cet arbre pousse difficilement tout seul, il faut l’aider à capter l’azote dans le sol en lui donnant des apports nutritifs. En dix ans, nous avons donné 1 500 pieds à des cultivateurs », se félicite son directeur. Cette initiative valeureuse reste isolée et le trafic de bois de santal est toujours florissant. Ici, ce dernier est distillé en modeste quantité dans le cadre des quotas officiels.
> Lire aussi Les plantes à parfum donnent l'exemple
Mais d’importants volumes sont produits dans le plus grand secret. De temps à autre, en effet, des négociants appellent les parfumeurs depuis l’autre bout du sous-continent, pour les prévenir de l’arrivée d’un camion plein à craquer, 500 kilos de marchandise en moyenne. Le bois coupé illégalement est écoulé en quelques minutes, à la tombée de la nuit. Ou alors le négociant loue les services d’une distillerie pour fabriquer lui-même sa propre huile de santal et la vendre ensuite aux parfumeurs, qui l’utiliseront comme base.
Faisal Ali (le nom a été changé) est l’un d’eux. Il se procure le bois à Bangalore ou à Chennai, à 4 000 roupies (46 euros) le kilo, preuve que le marché parallèle est toujours actif. Officiellement, le kilo de bois de santal se traite entre 230 et 350 euros. Ce sont les racines et la pulpe du tronc qui contiennent le plus d’huile, les branches beaucoup moins. « Je fais tout venir par la route et, à l’arrivée, on broie le bois pour le transformer en copeaux, puis en sciure », explique-t-il. Après cinq cycles de distillation à la vapeur produite par la chaudière d’une ancienne locomotive, le négociant récupère de 20 à 25 kilos d’huile de santal, qu’il vendra entre 1 500 et 7 000 euros le kilo, selon sa qualité.
Un parfum unique
Menacé par les parfums synthétiques et la concurrence du santal australien et africain, le santal indien n’est pourtant pas près de disparaître tellement il est partie intégrante de la filière du parfum et de la ville de Kannauj elle-même. Laquelle s’enorgueillit d’être le seul endroit au monde à ne produire que de l’attar, du parfum sans alcool. Or, sans santal, pas d’attar.
« Les parfumeurs de Kannauj pratiquent un procédé multimillénaire permettant de créer le parfum en direct, en faisant naître plusieurs notes ensemble, simultanément. C’est très inspirant », souligne Jean-Christophe Bonnafous, un Français de Bombay qui, en 2019, a lancé une marque de parfums et cosmétiques naturels sous forme d’huiles à l’état brut, Call of the Valley. Cet esthète a trouvé des petits producteurs d’huiles bio dépourvues de tout additif, encore rares dans cette région du monde. Là aussi, les essences destinées aux parfums sont distillées avec l’huile de santal : l’argile du Gange, la fleur de frangipanier, le lys de gingembre blanc, le henné…
Quelles que soient les évolutions de la filière du santal, Kannauj, le Grasse de l’Inde, restera toujours indissociable du bois. On peut voir les vestiges de la première distillerie, construite en 1919, près du grand portique d’entrée de la ville, dans un jardin colonisé par des dizaines de singes. Avinash Chandra Dubey, arrière-petit-fils du fondateur, vit sur place.
Dans un salon crasseux aux murs ornés de portraits du mahatma Gandhi et des membres illustres de la dynastie Nehru-Gandhi, le vieil homme tire d’une enveloppe mitée des clichés noir et blanc de ses ancêtres. « À l’époque, on fabriquait l’huile de bois de santal avec la méthode traditionnelle de la distillation hydraulique », raconte-t-il. « Les bûches arrivaient par train de Madras [l’ancien nom de Chennai], on allait les chercher à la gare en charrette à bœufs. Comme on a rapidement exporté, les Anglais nous ont autorisés à importer une machine à vapeur, une première en Inde, ça a été la révolution ! » 
Les distilleries se sont vite multipliées et les rebuts de santal sont devenus tellement volumineux que, dans les années 1930, ils ont été réutilisés comme remblais pour construire la route principale de la bourgade. L’arbre royal imprègne le sol de Kannauj. Comme un code génétique.
<https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/04/02/en-inde-sur-la-route-du-precieux-santal_6075401_4500055.html>
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7- Chronique. En Côte d’Ivoire, « les planteurs de cacao sont chocolats », Le Monde, 04/04/21, 15h00
Laurence Girard

Le pays a décidé de réduire d’un quart le montant versé aux agriculteurs pour la récolte qui va commencer. En outre, les acteurs du commerce équitable soupçonnent les multinationales d’avoir « préféré freiner leurs achats et puiser dans leurs stocks pour faire pression » sur les prix, observe Laurence Girard, journaliste économique au « Monde ».
Oyez, oyez, la triste histoire des planteurs de cacaoyers… La mauvaise nouvelle vient de tomber. Pour la récolte prête à commencer, la paie sera étriquée. La Côte d’Ivoire a décidé, mercredi 31 mars, de réduire d’un quart le montant versé. Le prix du cacao, payé « bord champ », fixé à 750 francs CFA (1,14 euro) par kilo, se retrouve cabossé.
Pourtant, en octobre 2020, l’heure était à l’optimisme. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial d’« or brun », avec plus de 40 % des volumes, avait dévoilé un tarif officiel de 1 000 francs CFA le kilo pour la principale récolte annuelle. Son voisin, le Ghana, s’alignait. Les deux pays avaient obtenu des multinationales du chocolat qu’elles mettent un peu de beurre sur le marché du cacao. Elles s’étaient engagées à verser un « différentiel de revenu décent » de 400 dollars (340 euros) la tonne, venant s’ajouter au cours de la matière première cotée à Londres.
> Lire aussi  En Côte d’Ivoire, la crise du cacao touche durement les planteurs
Simple coïncidence ? Cette revalorisation était annoncée alors qu’Alassane Ouattara jouait sa réélection à la présidence de la Côte d’Ivoire, sur fond de fortes tensions, et que son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, briguait, lui aussi, un nouveau mandat. Pourtant, dès la fin novembre 2020, les nuages ont commencé à s’accumuler. De manière assez inhabituelle, le binôme de pays producteurs a choisi de dénoncer sur la place publique Hershey et Mars, qui rechignaient, selon eux, à passer à la caisse. Finalement, un accord a été trouvé, et les sanctions dont ils étaient menacés ont été levées.
« Léger recul de la consommation »
Toutefois, sur le terrain, les beaux discours n’ont pas été suivis d’effet. Poudre de cacao aux yeux des Ivoiriens ? Les planteurs n’ont pas vu la couleur des 1 000 francs CFA. « C’est dommage. L’accord est entré en vigueur au moment où la pandémie est arrivée. Avec la fermeture des restaurants, la forte chute des ventes dans les aéroports, il y a eu un léger recul de la consommation mondiale de chocolat. Alors même que la récolte de fèves était abondante », explique Patrick Poirrier, président du Syndicat du chocolat et patron de l’entreprise Cémoi. Le cacao a eu du mal à s’écouler, les industriels ont fait la fine bouche et les prix ont glissé.
> Lire aussi  Cacao : « la Côte d’Ivoire et le Ghana à l’offensive contre les multinationales Hershey et Mars »
Les acteurs du commerce équitable ont décidé, la veille de Pâques, de sonner les cloches aux multinationales du chocolat. Ils les soupçonnent d’avoir « préféré freiner leurs achats de cacao et puiser dans leurs stocks pour faire pression » sur les prix. Il y a un an, Pâques tombait en plein confinement. La chasse aux œufs avait du plomb dans l’aile. Les ventes de confiseries chocolatées ont fondu de 27 %, pendant cette période cruciale, dans les supermarchés, comparé aux 300 millions d’euros collectés en 2019.
Certains chocolatiers, comme Bernachon, à Lyon, avaient même décidé de ne pas lever le rideau. Rien de tel cette année. « Comme les Français ne peuvent pas aller au restaurant, ils se régalent chez eux. Et le chocolat reste un produit joyeux, antistress, on peut dire que c’est un anti-Covid », souligne Philippe Bernachon. Les planteurs de cacao, eux, sont chocolats…
> Lire aussi  « Plus de beurre pour le cacao »
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/04/en-cote-d-ivoire-les-planteurs-de-cacao-sont-chocolats_6075545_3234.html>
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8- Ces chasseurs qui veulent moins chasser les cerfs, Le Monde, 05/04/21, 07h58 
Nathalie Stey (Strasbourg, correspondance)

La filière sylvicole estime que ces animaux, trop nombreux, dégradent une forêt fragilisée en Alsace, mais certains chasseurs refusent d’en tuer davantage. 
Fin mars dans les Hautes-Vosges. Alors que le gibier se repose des longs mois de chasse, un drôle de ballet nocturne anime la forêt. Des véhicules tout terrain sillonnent les chemins. A leur bord, chasseurs et représentants de l’Office national des forêts (ONF) se relaient pour compter les animaux. L’opération, rendue difficile par leurs déplacements, devrait prendre plusieurs semaines. Mais il s’agit du seul moyen, selon le président de la Fédération de chasseurs du Haut-Rhin, Gilles Kaszuk, de mettre un terme au débat qui agite depuis des années les acteurs du milieu forestier en Alsace : alors que la sécheresse et les maladies fragilisent les arbres, quelle place faut-il accorder aux grands ongulés dans les Vosges ?
La filière sylvicole estime en effet que les cerfs sont aujourd’hui trop nombreux et qu’en broutant les pousses de sapin ou de chêne, ils empêchent la régénération du milieu. Une analyse contestée par les chasseurs, pour qui le grand gibier n’est pas responsable des difficultés actuelles de la forêt. « Il faut arrêter d’accuser le cerf de tous les maux. Ce dernier broute la forêt, mais il y rejette aussi des minéraux. L’exploitation forestière, au contraire, appauvrit un sol déjà pauvre », estime ainsi le président de la Fédération de chasseurs du Bas-Rhin, Gérard Lang.
Le débat a viré durant l’hiver à la bataille rangée, quand les préfets des deux départements ont voulu prolonger la saison de la chasse. Covid-19 et conditions météorologiques obligent, les objectifs de prélèvement étaient en effet loin d’être atteints. Légalistes, les chasseurs bas-rhinois ont accepté, à contrecœur, de ressortir leurs fusils.
Les tensions sont retombées
Dans le Haut-Rhin au contraire, leurs homologues ont refusé de tirer. L’affaire s’est soldée par l’organisation de chasses administratives, y compris de nuit, directement depuis les véhicules. Une mise sous tutelle assimilée à une déclaration de guerre. Depuis, les tensions sont retombées. « Le nouveau plan de chasse tient compte en partie de nos souhaits », reconnaît ainsi M. Kaszuk. Les opérations de comptage doivent notamment permettre d’ajuster le nombre d’animaux à prélever en fonction de la situation relevée sur le terrain.
Pour l’ONF cependant, l’équilibre forêt-gibier est loin d’être atteint. « En dix ans, la population de cerfs a doublé dans le Haut-Rhin. Or, le cerf n’est pas un animal forestier ; il est capable de transformer une forêt en lande en l’espace de quelques années », estime Rodolphe Pierrat, directeur adjoint de l’établissement dans le Grand-Est.
De nombreux systèmes de protection contre le broutage des cervidés ont déjà été testés. Le seul véritablement efficace consiste à réaliser des enclos. Un constat d’échec pour l’établissement, qui appelle les chasseurs à changer de culture. « Ils veulent avant tout voir des animaux, il leur en faut beaucoup pour que leurs invités soient satisfaits. Nous préférons nous inspirer d’anciennes pratiques », note M. Pierrat. L’ONF a repris des lots de chasse pour y tester la traque à l’affût. « On a ainsi démontré qu’une augmentation des prélèvements est possible et qu’elle ne nuit pas à la reproduction de la population et donc aux prélèvements futurs », conclut le responsable.
Peu de débouchés pour la viande de gibier
« Bien sûr qu’on aime voir des animaux, lui répond M. Lang. Après l’aurochs, l’élan, le renne, qui ont tous disparu, le cerf est le dernier de nos grands herbivores. On ne va pas le supprimer pour que l’ONF ne fasse pas de déficit. » Mais l’amour de la nature clamé par les chasseurs n’explique pas à lui seul le peu d’intérêt de ces derniers pour augmenter leurs prises. La réalisation des prélèvements se heurte en effet au peu de débouchés offerts actuellement à la viande de gibier.
« Avec la fermeture des restaurants, la disparition de l’évènementiel et la fermeture des frontières, des tonnes de viande ont été bradées ou offertes. Et les chasseurs n’ont pas envie de faire une centaine de kilomètres pour livrer leur capture », reconnaît M. Kaszuk. Des réflexions sont en cours pour élargir les débouchés de cette viande somme toute locale. La collectivité européenne d’Alsace a ainsi inscrit le sanglier au menu de ses cantines scolaires. La mesure a cependant déclenché l’ire de certaines associations environnementales ou de parents d’élèves.
> Lire aussi  Les sangliers en surnombre grèvent les finances des chasseurs
Ironie du sort, la Fédération des chasseurs du Bas-Rhin est affiliée à l’association Alsace Nature, elle-même favorable… à une meilleure régulation du cerf. « Aujourd’hui, la surdensité des grands herbivores empêche toute régénération de la forêt. A certains endroits, les sapins les plus jeunes ont trente ans ! », indique Francis Dopff, vice-président de l’association. Pour cet expert de la montagne vosgienne, la solution ne pourra être que commune.
> Lire aussi  Un chasseur de 22 ans est mort dans les Vosges. Combien y a-t-il d’accidents de chasse en France ?
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/05/en-alsace-ces-chasseurs-qui-veulent-moins-chasser-les-cerfs_6075565_3244.html>
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9- Tribune. Politique agricole commune : à quand un virage agroécologique ?, Libération, 06/04/21, 18h48
Par la plateforme Pour une autre PAC <https://pouruneautrepac.eu/>

Une cinquantaine d’organisations exhorte le gouvernement à engager une politique orientée vers la transition écologique, en rémunérant les pratiques vertueuses pour l’environnement et le bien-être animal, ou en soutenant les fermes les plus petites, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée.
A la croisée des chemins du dérèglement climatique, de la précarité alimentaire, de l’effondrement de la biodiversité, des risques sanitaires, du mal-être paysan ou encore des atteintes portées au bien-être animal, l’agriculture peut être à la fois cause, victime ou source de solutions des grands maux de notre société. Mais qui sait que son avenir se joue, en ce moment même, dans les coulisses du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ? Peu abordée par les médias et inconnue du public, la déclinaison de la Politique agricole commune en France (PAC), scellée au travers du Plan stratégique national (PSN), sera pourtant cruciale pour donner aux agriculteurs et aux agricultrices une vision d’avenir et les moyens d’une réelle transition agroécologique d’ici 2027.
Scénario catastrophe
Le secteur agricole français se porte mal et ce, malgré un soutien public massif, dont 9 milliards d’euros versés chaque année via la PAC. Depuis des dizaines d’années, cet argent public pousse à l’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation, ayant pour conséquences la désertion des campagnes, les pollutions, les atteintes au bien-être animal ou encore la paupérisation des paysans, y compris dans les pays du Sud par le dumping à l’export. Or ce sont bien nos politiques publiques qui sont responsables de cette situation : responsables de faire primer les intérêts économiques de court terme sur l’intérêt général, responsables d’inaction pour préserver les intérêts d’une poignée d’agro-industriels, responsables d’inventer une opposition entre agriculteurs et écologistes, pour détourner l’attention des causes réelles des problèmes du secteur. Avec 45 % des agriculteurs proches de la retraite et de lourds défis à relever pour la nouvelle génération, les perspectives d’une inaction politique à un tournant historique de la PAC ressemblent fort à un scénario catastrophe pour le monde agricole et les écosystèmes.
Redresser la barre
Le gouvernement s’est engagé à atteindre des objectifs pour redresser la barre et garantir la résilience du secteur : obtenir 15 % de surface en agriculture biologique d’ici 2022 (1), augmenter de 40 % la surface de production de légumineuses d’ici 2024 (2), réduire l’usage des pesticides de 50 % d’ici 2025 (3), diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole d’ici 2050 (4) ou encore mettre fin aux importations de produits agricoles non durables contribuant à la déforestation d’ici 2030 (5). Mais avec seulement 4 % du budget actuel de la PAC dédiés aux mesures d’accompagnement de la transition agroécologique et de la conversion au bio, la stratégie de nos politiques s’est avérée inefficace. La surface agricole bio progresse très lentement et n’atteint que 9 %, l’usage des pesticides continue à augmenter (6), et l’élevage reste largement dépendant du soja importé d’Amazonie. Agriculteurs et agricultrices sont pourtant prêts à faire évoluer leur système et les citoyens se tournent résolument vers une alimentation choisie, respectueuse des paysans, de l’environnement et des animaux. Mais les initiatives individuelles seront insuffisantes pour changer d’échelle (7). C’est un signal clair qui est attendu du ministre Julien Denormandie pour renverser les vieux équilibres et engager une politique publique volontariste, pleinement orientée vers la transition.
C’est pourquoi les 46 organisations de la plateforme Pour une autre PAC demandent un virage à 180 degrés du Plan stratégique national. Le gouvernement doit redistribuer l’argent de la PAC pour accompagner les agriculteurs qui transforment leur système agricole, rémunérer les pratiques vertueuses pour l’environnement et le bien-être animal, ou encore pour soutenir les fermes les plus petites, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée mais oubliées de la PAC. Le budget et les solutions sont disponibles. Il ne manque que la volonté politique. Avec un bilan déjà entaché par l’échec des Etats généraux de l’alimentation sur la question du revenu paysan, par l’échec de la sortie du glyphosate ou encore par la réintroduction des néonicotinoïdes, le gouvernement dispose, avec le PSN, d’une dernière chance de laisser une trace positive de son passage. Il doit impérativement aligner la première de nos politiques agricoles sur les objectifs collectivement fixés pour ne pas prolonger, jusqu’en 2027, un système déjà à bout de souffle.
(1) Programme Ambition Bio 2022
(2) Stratégie protéines végétales 2020
(3) Plan Écophyto
(4) SNBC 2018
(5) Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée 2018-2030
(6) Etude des financements publics et privés liés à l’utilisation agricole de pesticides en France - BASIC pour la FNH 2021
(7) Carbone 4 2019
Signataires : Guillaume Riou, président de la FNAB, Michel Vampouille, président de la Fédération Terre de Liens, Julien Kieffer et Pierre-Henri Roussel, coprésidents de Reneta, Françoise Vernet, présidente de Terre et Humanisme, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, Raphaël Bellanger, co-président de la FADEAR, Fabrice Bouin, président du Réseau Civam, Cédric Letourneur, secrétaire national du MRJC, Christian Pons, président de l’Unaf, Bertrand Auzeral, président de l’Association Bee Friendly, Philippe Hirou, président de l’Afac-Agr, Nicolas Hulot, président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH), François Veillerette, porte-parole et responsable plaidoyer de Générations Futures, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité, Jacques Caplat, secrétaire général d’Agir Pour l’Environnement, Justine Ripoll, co-présidente de Combat Monsanto, Ghislain Zuccolo, directeur général de Welfarm, Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement, Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, Leopoldine Charbonneaux, présidente de CIWF, Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France, Michaël Weber, président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France (FPNRF), Christophe Lépine, président de la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat, Clotilde Bato, déléguée Générale SOL, Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, Anne-Françoise Taisne, déléguée générale du CFSI, Jean-Louis Marolleau, secrétaire du Réseau Foi et Justice, Luc de Ronne, président d’ActionAid France, Robert Levesque, président d’aGter, Philippe Collin, président d’AVSF, Tanguy Martin, administrateur d’Ingénieurs Sans Frontières – Agrista, Evelyne Boulongne, porte-parole du Miramap, Clémentine Nordon, co-responsable du Pôle Lobbying de Citoyens pour le Climat, José Tissier, président de Commerce Équitable France, Dominique de Viviès et Jean-François Hivert, co-présidents de Chrétiens dans le Monde Rural, Marc Mangenot, administrateur des Amis de la Conf, Henri Rouillé d’Orfeuil, pilote du programme alimentation responsable et durable, Julie Potier, directrice générale de Bio Consom’acteurs, Vincent Destival, délégué général du Secours Catholique, Sophie Marie, présidente de WWOOF France, Bastien Beaufort, représentant de Slow Food France, Félix Lallemand, administrateur des Greniers d’Abondance.
<https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/politique-agricole-commune-a-quand-un-virage-agroecologique-20210406_UPFWWUWBWRHEDDRGMN4KBIXYPU/>
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10- PAC : les orientations se précisent… et inquiètent les paysans, Reporterre, 07/04/21, 16h15
Marie Astier

Des négociations cruciales au sujet de la nouvelle Politique agricole commune sont en cours au ministère de l’Agriculture. Les arbitrages favoriseront-ils des pratiques agricoles plus écologiques ? Les contempteurs de l’agriculture productiviste se disent « très inquiets ».
Comment la France va-t-elle appliquer les règles de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne ? Celle-ci doit entrer en vigueur au 1er janvier 2022 pour cinq ans, et permettre la redistribution, chaque année, de neuf milliards d’euros aux agriculteurs français. Une forte somme, capable d’orienter les pratiques agricoles, de financer les agriculteurs les plus bio ou les plus conventionnels, l’élevage extensif ou intensif, une production plutôt qu’une autre, ou encore de valoriser les fermes en fonction de leur surface ou du nombre d’emplois qu’elles créent.
Si les grandes lignes se décident au niveau européen, chaque pays a une marge de manœuvre dans l’application des règles. Qui sont justement en train de se discuter au ministère de l’Agriculture. « Le calendrier s’accélère », observe Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne. Les syndicats agricoles ont été invités au ministère mardi 6 avril au matin. Le 7 avril, une réunion interministérielle rassemblant autour du Premier ministre ceux de l’Agriculture et de l’Écologie s’est tenue dans la matinée. On attend aussi d’un instant à l’autre le retour du ministère de l’Agriculture concernant le résultat du débat public national qui a été organisé sur la PAC.
Des arbitrages pourraient donc être rendus prochainement, sur des sujets cruciaux. Le gros morceau est ce que l’on appelle les « écorégimes ». Il s’agit d’aides données en fonction des efforts de l’agriculteur pour se conformer à des critères environnementaux. L’enveloppe serait d’environ 1,5 milliard d’euros par an — autant d’argent qui pourrait être redistribué selon de nouvelles règles, plus écologiques.
« Il faut souligner qu’il n’y a pas d’augmentation prévue du budget alloué à l’environnement dans la PAC. Il reste le même que précédemment », explique Claire Garrot, membre de la commission PAC de la Confédération paysanne, et éleveuse en Mayenne. « On appelle aujourd’hui écorégimes ce que l’on appelait avant le verdissement. Le verdissement n’a pas du tout atteint ses objectifs, il a entraîné une lourdeur administrative pour les agriculteurs, sans impact positif pour l’environnement. »
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<https://reporterre.net/PAC-les-orientations-se-precisent-et-inquietent-les-paysans>
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11- Tribune. Sahel : « La réponse humanitaire est loin d’être suffisante pour briser le cercle vicieux des crises alimentaires », Le Monde Afrique, 07/04/21, 20h00
Par Julia Wanjiru Nikiema, analyste politique pour le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO/OCDE).

Alors que le nombre de personnes vulnérables et les besoins financiers ne cessent d’augmenter, l’analyste Julia Wanjiru Nikiema appelle à des investissements massifs, notamment dans l’agriculture.
Tribune. Année après année, des plans de réponse d’urgence sont mis en œuvre pour « éviter le pire » au Sahel et en Afrique de l’Ouest, notamment dans les deux grands foyers d’insécurité alimentaire aiguë : le bassin du lac Tchad et le Sahel central. L’urgence est prévisible et la réponse est planifiée à l’avance – le cycle se répète chaque année. Les coûts exorbitants de l’assistance alimentaire et humanitaire dépassent très largement les moyens dont disposent les gouvernements de la région, créant une dépendance toujours plus forte.
Jeudi 8 et vendredi 9 avril, les membres du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) se réuniront virtuellement pour évaluer les perspectives alimentaires et nutritionnelles : plus de 27 millions de personnes risquent d’être en situation de crise d’ici à la prochaine soudure (juin-août), période entre l’épuisement des réserves alimentaires et les premières récoltes. C’est un nouveau pic pour la région. D’après l’Unicef, près de 2 millions d’enfants auront besoin d’un traitement de la malnutrition aiguë sévère.
> Lire aussi  Plus de deux millions de personnes déplacées dans le Sahel en 2020, « un triste record »
En 2020, la crise alimentaire avait déjà nécessité une réponse exceptionnelle et les pays, avec l’appui de leurs partenaires, ont considérablement augmenté leurs efforts. Par exemple, le gouvernement sénégalais a distribué plus de 1 million de kits alimentaires. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a mobilisé 6 200 tonnes de céréales de sa réserve régionale de sécurité alimentaire. Une table ronde ministérielle sur le Sahel central a permis de sécuriser des financements à hauteur de 1,47 milliard d’euros.
Il s’avère cependant difficile de maintenir cette forte mobilisation dans la durée. Les gouvernements sont confrontés à de douloureux arbitrages budgétaires entre les urgences sécuritaires, sanitaires et alimentaires.
La situation ne s’arrange pas
Dans le nord-est du Nigeria, le conflit lié à l’insurrection islamiste persiste pour la douzième année consécutive. Les trois Etats d’Adamawa, de Borno et de Yobe comptaient en moyenne près de 3,7 millions de personnes en situation de crise. Ce chiffre dépassera 5 millions cette année. La zone des « trois frontières » entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger est devenue le deuxième foyer d’insécurité alimentaire aiguë de la région. Une personne sur quatre y dépend de l’assistance alimentaire.
La région a l’habitude de gérer ces crises alimentaires récurrentes. C’est un système rodé, affiné au fil du temps : les résultats provisoires des perspectives alimentaires et nutritionnelles sont disponibles fin novembre ; sur la base de ces estimations, les pays et la région élaborent leurs plans de réponse ; le système des Nations unies lance des appels internationaux au début de chaque année ; une mise à jour des chiffres projetés est ensuite validée en avril et des messages de plaidoyer sont alors lancés pour tenter de combler le manque de financement ; la réponse est mise en œuvre, notamment pendant la soudure ; puis c’est le moment de tirer un bilan et de préparer le prochain cycle de réponse.
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Ces crises à répétition devraient nous interpeller, car le nombre de personnes vulnérables et les besoins financiers ne cessent d’augmenter : l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale représentent désormais près d’un quart des besoins humanitaires du monde en 2021, soit 56,1 millions de personnes sur 235 millions, pour un coût total chiffré à 6,2 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d’euros).
Malgré des centaines de millions de dollars injectés, la situation ne s’arrange pas. Si chaque année plusieurs millions d’enfants sont sauvés grâce aux traitements de la malnutrition aiguë sévère, la malnutrition chronique persiste : le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance a augmenté de 3 millions depuis 2000 (17,8 millions en 2019), provoquant des dommages irréversibles. Les interventions humanitaires sont fondamentales pour sauver des vies, mais elles sont loin d’être suffisantes pour briser ce cercle vicieux.
Sortir du « business as usual »
Pour sortir du « business as usual », la région a besoin d’investissements massifs dans la durée, d’une forte capacité d’innovation et d’une coordination plus efficace entre les différents partenaires locaux et étrangers. Des investissements doivent en particulier être réalisés dans le secteur agricole, permettant de développer des chaînes de valeur durables, de créer des emplois pour les jeunes et ainsi de renforcer les moyens d’existence des populations vulnérables.
Au Nigeria par exemple, seulement 2 % des dépenses budgétaires sont consacrées à l’agriculture, soit bien en dessous de l’engagement de Maputo visant au moins 10 %. De gros efforts sont nécessaires pour s’attaquer aux causes structurelles de la faim et de la malnutrition. Cela fait partie intégrante des solutions durables aux crises sécuritaires et liées à l’instabilité politique.
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En 2020, la pandémie de Covid-19 nous a obligés à repenser notre façon d’analyser et de gérer les crises alimentaires. L’utilisation des téléphones mobiles permet de disposer d’une veille quasi quotidienne sur la consommation alimentaire. Dans les zones inaccessibles, l’imagerie satellitaire offre des informations sur les superficies cultivées ou abandonnées, l’activité des marchés, etc. Ces innovations constituent des leviers essentiels pour assurer une meilleure efficacité des interventions.
Enfin, face à la multiplication des initiatives et des acteurs, la coordination demeure un défi de taille. Au Burkina Faso, 67 partenaires opérationnels sont engagés dans l’action humanitaire. C’est à ce prix qu’il sera possible de mettre un terme à ces crises prolongées dans lesquelles les problèmes structurels persistent et où le manque d’argent pour y répondre devient chaque jour plus important.
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/07/sahel-la-reponse-humanitaire-est-loin-d-etre-suffisante-pour-briser-le-cercle-vicieux-des-crises-alimentaires_6075920_3212.html>
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12- Projets soutenus. La permaculture pour accompagner la transition agro-écologique au Sénégal, Fondation Nicolas Hulot, 07/04/21

Bienvenue À Ndiaganiao, commune située à 2h30 de Dakar. Depuis 2018, Perm&change soutient Sagana Fall dans son projet : intégrer une formation à la permaculture dans le cursus scolaire de l’école élémentaire qu’il dirige. Après l’aménagement d’un jardin éducatif, Perm&change se lance de nouveaux défis : améliorer le système d’irrigation, créer une banque de semences paysannes, commercialiser la production locale en lançant le premier marché bio et aménager une cantine. Un projet lauréat de notre programme Génération Climat.
La permaculture, le point de départ d’une formidable aventure
Binta et Elsa, deux jeunes femmes de 28 et 22 ans font partie de l’association Médiaquart, dédiée à la promotion de la permaculture et au développement interculturel entre la France et l’Afrique. C’est dans cette perspective qu’elles y ont créé Perm&change : un programme accompagnant les porteurs de projets agroécologiques dans les zones rurales démunies d’Afrique. Leur rencontre en 2018 avec Sagana Fall, directeur de l’école de Mbalakhate située à Ndiaganiao au Sénégal  fut déterminante, tous trois partageant la même conviction: intégrer la permaculture dans le cursus scolaire est une solution d’avenir pour les communautés des zones rurales « hors système » en Afrique. En effet, dans ces villages qui ne disposent ni des moyens, ni des savoir-faire, pour lutter contre l’appauvrissement des sols dû au recours massif aux pesticides et engrais chimiques, la permaculture offre des solutions concrètes. Elle permet également de pallier le manque de semences paysannes, indispensables pour diversifier les cultures et obtenir des récoltes suffisantes pour assurer l’autonomie alimentaire.
>> Suite à lire à :
<https://www.fondation-nicolas-hulot.org/permchange-la-permaculture-pour-accompagner-la-transition-agro-ecologique-au-senegal/>
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13- Tribune. « Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique », Le Monde, 08/04/21, 06h26 
Par Collectif

L’addiction des agriculteurs aux engrais azotés a un coût exorbitant pour le climat et la biodiversité, estime un collectif d’agronomes et d’agriculteurs. Ils appellent, dans une tribune au « Monde », à réduire fortement la consommation de fertilisants chimiques et à retrouver des sources d’approvisionnement biologiques.
Tribune. Les engrais chimiques sont une potion magique issue de la guerre. L’invention du chimiste Fritz Haber (1868-1934), qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac, avait deux objectifs : nourrir davantage d’êtres humains et fabriquer des explosifs. Cette découverte a permis d’augmenter rapidement les rendements agricoles au sortir de la seconde guerre mondiale, tout en offrant de nouveaux débouchés aux industries créées en temps de guerre. Depuis 1960, notre consommation mondiale d’engrais azotés de synthèse a été multipliée par neuf – pourtant les plantes n’absorbent que la moitié de l’azote produit. Alors, où va le reste ?
Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique. La fabrication de ces engrais, que nous importons à 60 %, est une bombe climatique : il faut l’équivalent en gaz d’un kilogramme de pétrole pour produire un kilogramme d’azote. Une fois arrivés dans nos champs, ils émettent massivement du protoxyde d’azote, un gaz 265 fois plus puissant que le CO2. L’azote qui n’est pas absorbé par les plantes pollue les cours d’eau et l’eau du robinet, et tue la biodiversité aquatique – le phénomène des algues vertes est désormais bien connu. De l’ammoniac s’évapore également dans l’air et contribue à produire des particules fines, qui génèrent des pics de pollution jusque dans les villes lors des épandages au printemps. L’adoption massive des engrais chimiques a provoqué une chute de la teneur en matière organique des sols et une augmentation des traitements pesticides car trop d’azote rend les plantes vulnérables aux pathogènes.
> Lire aussi  Pollution : la face cachée des engrais azotés
Pour certaines filières agricoles, il est économiquement difficile, aujourd’hui, de réduire les consommations d’engrais chimiques. Pourtant, l’achat de ces intrants peut représenter plus de 15 % des coûts de production d’une ferme française. Des coûts dont la volatilité génère de l’insécurité, puisqu’ils sont indexés sur le prix des énergies fossiles…
Les alternatives aux engrais azotés de synthèse existent mais elles supposent de nouvelles politiques publiques structurantes qui nous aident à réintégrer de l’azote organique dans les systèmes de culture. Les politiques menées jusqu’ici ont toutes échoué : la réglementation nitrates n’est pas respectée, tout comme la stratégie nationale bas carbone. La TVA réduite sur les engrais bio n’a pas infléchi la demande en engrais de synthèse et la portion des financements du plan de relance qui va dans la bonne direction est bien trop faible.
Installer des milliers de paysans
Il est crucial et urgent de réintégrer des légumineuses dans nos rotations de culture. Elles fertilisent naturellement les sols et fournissent des protéines végétales, ce qui permettrait de cesser de dépendre de l’importation de soja qui contribue à la déforestation pour nourrir nos animaux d’élevage.
Il est crucial et urgent de soutenir tous les agriculteurs qui le souhaitent à passer en agriculture biologique, modèle agricole qui se passe complètement d’engrais chimiques, et d’accroître l’accessibilité des produits bio. Aujourd’hui, nous importons un tiers des aliments bio consommés en France, et nous sommes loin des objectifs nationaux fixés par le gouvernement.
Il est crucial et urgent de déspécialiser les agricultures régionales pour retrouver le cercle vertueux de l’azote : que les herbivores soient élevés à l’herbe sur des prairies riches en légumineuses et que leur fumier puisse fertiliser les sols.
> Lire aussi  « L’agriculture biologique peut être meilleure pour l’environnement »
Il est crucial et urgent que toute formation agricole fasse redécouvrir le cycle de l’azote, et les techniques pour l’appliquer au mieux en agriculture. Aujourd’hui, il est difficile pour un apprenti agriculteur d’être formé à l’agroécologie.
Les engrais azotés de synthèse sont venus se substituer au travail paysan, qui ne représente plus que 2,6 % de la main-d’œuvre nationale. Ne persistons pas dans les politiques qui ont vidé nos campagnes quand nous pourrions installer des milliers de paysans supplémentaires en retrouvant des systèmes agricoles faibles en intrants et productifs grâce aux cultures associées.
Nous reconnaissons le rôle important des engrais azotés de synthèse au sortir de la seconde guerre mondiale, comme nous reconnaissons qu’ils sont désormais caducs face aux enjeux contemporains. Aujourd’hui, nous savons qu’il est possible de réduire drastiquement notre consommation d’engrais chimiques, qui nourrit plus l’élevage industriel que les humains. Nous souhaitons collectivement dire aux engrais azotés de synthèse : merci et au revoir !
Signataires
• Agronomes : Claude Aubert, agronome ; Pierre Béranger-Fenouillet, agronome ; Benoît Biteau, agronome et agriculteur en polyculture élevage ; Claude Bourguignon, agronome ; Lydia Bourguignon, agronome ; François Braillon, agronome et agriculteur en polyculture élevage ; Hélène Cadiou, agronome ; François Calvet, agronome et agriculteur en élevage ; Jacques Caplat, agronome ; Luc Delacôte, agronome ; Hervé François, agronome ; Patrick Marcotte, agronome ; Xavier Poux, agronome ; Mathieu Rambaud, agronome ; Christine Rebreyend-Surdon, agronome ; François Warlop, agronome.
• Agricultrices et agriculteurs : Rémi Balmassière, maraîchage (Occitanie) ; Nicolas Barbin, maraîchage (Auvergne-Rhône-Alpes) ; Rémi Beslé, élevage (Pays de la Loire) ; Virgile Bleunven, élevage (Bretagne) ; Jeroen Bogers, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Sabine Bonnot, arboriculture (Occitanie) ; Désirée Bour, élevage (Grand-Est) ; Philippe Caillaud, polyculture élevage (Pays de la Loire) ; Bruno Cayron, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Nathalie Cercle, maraîchage et polyculture élevage (Auvergne-Rhône-Alpes) ; Pierre Chabrol, maraîchage (Hauts-de-France) ; Pierre-Henri Cosyns, vigne (Nouvelle-Aquitaine) ; Christophe Cottereau, herboristerie (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Valentine Cuillier, maraîchage (Bourgogne-Franche-Comté) ; Virginie Delbarre, maraîchage arboriculture, plantes aromatiques et médicinales (Bretagne) ; Ludovic Desbrus, castanéiculture (Auvergne-Rhône-Alpes) ; Anders Drew, élevage (Occitanie) ; Dominique Dubreuil, maraîchage et élevage (Bretagne) ; Guy Durand, arboriculture (Centre-Val de Loire) ; Hélène Falise, maraîchage (Ile-de-France) ; Claude Gaulandeau, polyculture, (Centre-Val de Loire) ; Maxime Giordano, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Alexandre Goblet, maraîchage (Occitanie) ; Robert Jullian, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; René Kermagoret, maraîchage (Bretagne) ; Patrice Lamballe, maraîchage (Pays de la Loire) ; Jean-Marie Lambert, maraîchage (Bourgogne-Franche-Comté) ; Séverine Lascombe, maraîchage arboriculture (Occitanie) ; Lise Lemaire, élevage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Patricia Lenne, maraîchage pépiniériste (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Frédéric Lombard, élevage (Occitanie) ; Jean-Yves Marc, céréaliculture (Occitanie) ; Florian Marco, élevage (Occitanie) ; Jacques Maret, polyculture élevage (Nouvelle-Aquitaine) ; Dominique Marion, polyculture élevage (Nouvelle-Aquitaine) ; Alexis Mathieu, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Clément Matrat, polyculture élevage (Occitanie) ; Jérôme Menard, élevage (Pays de la Loire) ; Gérard Michaut, céréaliculture (Bourgogne-Franche-Comté) ; Jacques Morineau, polyculture élevage (Pays de la Loire) ; Xavier Niaud, élevage (Bourgogne-Franche-Comté) ; Jade Nicolas, plantes aromatiques et médicinales (Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; Claude Pernix, maraîchage (Provence-Alpes-Côte d’Azur).
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/08/notre-surconsommation-d-engrais-azotes-de-synthese-est-un-desastre-ecologique-social-et-economique_6075962_3232.html>
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14- Enquête. Pollution : la face cachée des engrais azotés, Le Monde, 08/04/21, 06h29 
Stéphane Mandard

En excès dans certains cours d’eau, les fertilisants chimiques sont également responsables de pics de pollution atmosphérique et émetteurs de gaz à effet de serre. L’instauration d’une redevance doit être débattue prochainement à l’Assemblée nationale. 
Le tracteur déploie ses immenses bras mécaniques, et commence à pulvériser le champ de colza, puis l’orge, puis le blé. « Allez, c’est parti ! », lance David Forge, au volant de son engin, 145 chevaux sous le capot et flambant rouge comme la combinaison de l’agriculteur. C’est parti… pour « la grande saison des engrais azotés », indique la vidéo, publiée le 2 mars. David Forge est un jeune agriculteur souriant qui a repris l’exploitation familiale (168 hectares) en Indre-et-Loire et lancé sa « chaîne agricole » sur YouTube (108 000 abonnés).
« Les cultures se réveillent » et vont avoir « beaucoup besoin » d’engrais azotés pour se développer, explique, très pédagogue, le céréalier. Sous un hangar, 20 000 litres sont stockés sous forme liquide (solution azotée) dans une vielle cuve en acier et le reste dans une poche XXL. Aujourd’hui, David Forge a programmé son pulvérisateur sur 3 200 litres, soit près de 4 tonnes de chargement. Il y aura deux ou trois autres « apports » en fonction des cultures.
Chaque année, de mi-février à avril, les épandages de fertilisants (engrais chimiques mais aussi lisiers) battent leur plein dans la ferme France. Et ce que ne précise pas la vidéo, c’est que l’azote qui n’est pas absorbé par les plantes est à la source d’une pollution polymorphe. Sous trois formes principales. La première est dénoncée depuis longtemps : les nitrates, qui contaminent les eaux, à l’origine des algues vertes sur la côte atlantique. Les deux autres sont beaucoup moins connues, mais tout aussi dangereuses : le protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) et l’ammoniac, à l’origine notamment de pics de pollution de l’air au printemps.
Une menace planétaire. Environ 130 millions de tonnes d’azote sont produites chaque année dans le monde sous forme d’engrais. La moitié seulement est absorbée par les plantes. « Les retombées de la pollution par l’azote sont considérées comme l’une des plus grandes externalités globales auxquelles le monde est confronté, impactant l’air, l’eau, les sols et la santé humaine », souligne la Banque mondiale dans un rapport publié en septembre 2019.
> Lire aussi  Pollution de l’air : le Parlement européen demande des normes plus strictes et plus protectrices
« Une bombe climatique et sanitaire », alerte Claude Aubert. Ingénieur agronome, pionnier de l’agriculture biologique, il vient de publier Les Apprentis sorciers de l’azote (Terre vivante, 144 pages, 15 euros). Le père des apprentis sorciers s’appelle Fritz Haber. En 1909, le chimiste allemand, associé à l’industriel Carl Bosch, synthétise l’ammoniac, matière première de tous les engrais chimiques : ammonitrates (qui ont explosé dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020), solution azotée (utilisée dans les champs de David Forge), urée…
« Un poison mortel pour l’environnement et pour l’humain »
« L’invention la plus importante de l’histoire de l’agriculture », pour Claude Aubert. En améliorant de façon spectaculaire les rendements, elle a permis de nourrir une planète en pleine explosion démographique après la seconde guerre mondiale. Elle a bouleversé profondément le modèle agricole en précipitant l’avènement de la monoculture et de l’élevage intensif : 80 % de l’azote sert à la production de nourriture pour l’élevage.
« Des transformations qui ont fait d’un élément vital, l’azote, un poison pour l’environnement et pour l’humain », affirme l’agronome, signataire, avec une vingtaine d’autres agronomes et une cinquantaine d’agriculteurs, d’une tribune dans Le Monde appelant à rompre avec l’addiction aux engrais de synthèse.
> Lire aussi  « Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique »
Depuis 1960, leur consommation a été multipliée par neuf dans le monde. En Europe, la France est le plus gros consommateur (2,3 millions de tonnes par an) avec l’Allemagne. Entre 2007 et 2018, la quantité d’azote apportée par hectare est passée de 81,6 kg à 86,9 kg. Corollaire, avec près de 700 000 tonnes par an, la France est aussi le plus gros émetteur d’ammoniac.
Dans son dernier rapport sur la pollution de l’air, publié en janvier, la Commission européenne s’inquiète de la relative stagnation des émissions d’ammoniac, issues à plus de 90 % de l’agriculture (fertilisants et élevage). En France, les émissions des principaux polluants issus des autres secteurs (industriel, transports, résidentiel) ont tous chuté depuis 2000 : 80 % pour le dioxyde de soufre (SO2), 56 % pour les oxydes d’azote (NOx), 60 % pour les particules fines (PM2,5). Tous sauf pour l’ammoniac qui n’a baissé que de 8 %.
L’ammoniac est l’angle mort des politiques communautaires. Les objectifs de réduction fixés aux Etats sont faibles : la France doit réduire ses émissions de seulement 14 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005 quand il lui est assigné d’atteindre – 77 % pour le SO2, – 69 % pour les NOx ou – 57 % pour les PM2,5. Et même peu ambitieux, cet objectif semble hors de portée : les émissions n’ont baissé que de 2 % depuis 2005. De l’aveu même de l’Union des industries de la fertilisation, « si les pratiques d’épandages actuelles perdurent (…), les émissions d’ammoniac augmenteraient de 2,4 % ».
> Lire aussi  Pollution de l’air : les Etats doivent « intensifier leurs efforts », alerte la Commission européenne
L’enjeu sanitaire est pourtant important. En se combinant avec les NOx issus du trafic routier ou le S02 de l’industrie, l’ammoniac contribue à la formation des particules fines, les plus dangereuses pour la santé car elles pénètrent profondément l’organisme. Les périodes d’épandage sont ainsi propices à des pics de pollution entre février et avril. Les derniers remontent au début du mois de mars. Et même en plein confinement, alors que le trafic et l’activité industrielle étaient à l’arrêt, l’Ile-de-France ou le Grand-Est ont été touchés en mars 2020 par des pics de particules fines. Des épisodes de pollution qui, selon plusieurs publications scientifiques, aggravent l’épidémie de Covid-19. Des associations avaient saisi le Conseil d’Etat pour obtenir la suspension des épandages. En vain.
> Lire aussi  Coronavirus : « Un moratoire sur les épandages de pesticides près des habitations est une nécessité sanitaire et morale »
Dangereux pour la santé, les engrais chimiques le sont aussi pour le climat. Avec les engrais organiques, ils sont à l’origine d’environ 70 % des émissions de protoxyde d’azote (N2O), selon les estimations des chercheurs du Global Carbon Project. Après le CO2 et le méthane, le N2O est le troisième gaz à effet de serre (GES) le plus abondant dans l’atmosphère où il reste une centaine d’années. Et sa concentration a augmenté de 30 % depuis 1980. A ce bilan carbone, il faut ajouter les émissions liées à la fabrication des engrais chimiques : ils absorbent à eux seuls 5 % de la consommation mondiale en gaz naturel. Soit l’équivalent d’un kilo de pétrole pour produire un kilo d’azote.
A l’échelle de la France, le N2O (issu à 90 % de l’agriculture) est responsable d’un peu plus de 10 % des émissions de GES du pays. Les fertilisants azotés représentent environ 45 % des GES de l’agriculture. Et ces émissions n’ont baissé que de 9 % depuis 1990. Elles font de la France le premier émetteur de l’Union européenne.
> Lire aussi  Epandage de pesticides : le confinement ravive les tensions entre agriculteurs et riverains
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France s’est fixé pour objectif de réduire de 45 % les émissions de N2O à l’horizon 2050 et de 15 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2015. Cette cible, ainsi que la trajectoire de réduction des rejets d’ammoniac de 13 % d’ici à 2030, figure dans le projet de loi Climat et résilience.
Le débat sur les engrais azotés minéraux devrait avoir lieu dans les prochains jours à l’Assemblée nationale. La bataille se cristallise sur l’instauration d’une redevance. Soutenue depuis plusieurs années par la Cour des comptes, la mesure a été reprise par la convention citoyenne sur le climat. Selon l’étude d’impact réalisée par le gouvernement, la redevance permettrait d’éviter 2 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit environ 15 % de l’effet attendu par le projet de loi.
« C’est maintenant qu’il faut prendre des mesures fortes »
Pourtant, l’exécutif et la majorité parlementaire préfèrent temporiser. Dans le texte soumis aux députés, la redevance est seulement « envisagée ». Et à une condition : que les objectifs de réduction ne soient pas atteints pendant deux années consécutives, ce qui reporterait sa mise en place à 2025, au plus tôt. Le texte demande en outre au gouvernement de produire un « rapport » pour analyser les conditions (taux, assiette) de sa mise en œuvre.
« Attendre encore deux ans et un nouveau rapport, ce n’est pas acceptable. Face à l’urgence climatique, c’est maintenant qu’il faut prendre des mesures fortes », dénonce Sandrine Le Feur, députée (La République en marche) du Finistère. Son amendement en faveur de la création immédiate d’une redevance a été rejeté en commission. Elle en présentera un nouveau en séance. « Depuis vingt ans et la première directive nitrate, les politiques publiques ont toutes échoué », rappelle l’élue qui ne « veut pas vivre un troisième renoncement après le glyphosate et les néonicotinoïdes. » Mme Le Feur défend une « redevance équitable » : à 27 centimes d’euro le kilo, elle permettrait de dégager 618 millions d’euros par an entièrement reversés aux agriculteurs pour les aider à prendre le virage de « l’agroécologie » en privilégiant notamment le retour à l’azote sous forme organique (nettement moins émetteur) dans leurs cultures.
> Eclairage : Pollution de l’air : la Commission européenne menace la France d’une lourde amende
La députée connaît son sujet. Elle est agricultrice. Installée en bio depuis 2015 près de Morlaix, Mme Le Feur cultive en rotation longue des légumes de plein champ (choux, pommes de terre, salades, courgettes…), des céréales (blé, seigle, épeautre, orge, avoine…), des tomates, poivrons, aubergines et concombres sous serres (non chauffées), et fait paître toute l’année ses vaches et moutons sous ses vergers de pommiers et poiriers. Ses apports en azote se résument à du « fumier de bovins bio » fourni par un voisin éleveur. Ici, pas de « grande saison des engrais azotés »
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/08/pollution-la-face-cachee-des-engrais-azotes_6075943_3244.html>
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15- "Seaspiracy", le documentaire à voir sur les insoutenables dessous de la pêche, Novethic, 08/04/21
Pauline Fricot

Surpêche, mythe de la "pêche durable", recours à l’esclavagisme… En une heure et demie, le documentaire Seaspiracy, accessible sur la plateforme de streaming Netflix depuis fin mars, plonge le spectateur dans les secrets les plus sombres et dissimulés de la pêche industrielle. Le réalisateur l'admet lui-même : il n'avait aucune idée de ce qu'il allait découvrir.
L'équipe derrière Seaspiracy est pourtant bien rodée. Elle est à l’origine du documentaire primé Cowspiracy (2014), qui explore l’impact de l’industrie de la viande sur l’environnement. Pour ce documentaire, disponible actuellement sur Netflix, l’équipe a cette fois largué les amarres du côté de la pêche industrielle. 
Près de cinq millions de poissons prélevés chaque minute, dont 40 % de pêche accidentelle, jusqu'à 30 000 requins tués par heure. Dans un premier temps, le documentaire aligne les chiffres pharamineux de la surpêche. Avant de démonter les solutions miracles.
>> Suite à lire et bande-annonce à voir à :
<https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/seaspiracy-les-insoutenables-dessous-de-la-peche-149703.html>
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16- Loire-Atlantique. L’arrêté anti-pesticides du maire de La Montagne suspendu provisoirement, Ouest-France, 09/04/21, 19h12

Début janvier, les élus de la Montagne avaient pris un arrêté interdisant l’emploi de produits phytosanitaires considérant qu’il s’agit d’un déchet. Ce vendredi 9 avril, le tribunal administratif de Nantes a décidé de suspendre cet arrêté dans l’attente d’un jugement sur le fond.
Dans le match opposant la commune de La Montagne à l’État, pour interdire l’usage des produits phytopharmaceutiques (pesticides), un partout, la balle au centre. Le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a décidé, ce vendredi 9 avril, de suspendre l’arrêté du maire de La Montagne (Loire-Atlantique), jusqu’au jugement sur le fond.
« C’est une décision d’attente, puisque l’article le plus important n’a pas été suspendu : l’article 2 qui interdit les dépôts de déchets sur le territoire de la commune », a précisé l’avocat de La Montagne, Me Gossement, espérant que l’affaire sera jugée sur le fond « d’ici l’été ».
Singularité de cet arrêté municipal, les produits phytosanitaires sont assimilés à des déchets et ordures et comme leur gestion relève des prérogatives du maire, celui de La Montagne a posé l’interdit sur sa commune le 11 janvier dernier. Le 8 mars, le préfet de Loire-Atlantique n’a pas obtenu la suspension de l’arrêté en référé. Sa seconde requête, du 15 mars, autrement formulée a été prise en considération par le juge des référés du tribunal administratif.
<https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-montagne-44620/loire-atlantique-l-arrete-anti-pesticides-du-maire-de-la-montagne-suspendu-provisoirement-08fb2110-9949-11eb-ba58-9c36148e3626>
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En audio
17- Comment mangerons-nous demain ?, France inter, Les Savanturiers, 03/04/21, 07h15
Fabienne Chauvière

Nous sommes pratiquement 8 milliards d’hommes sur terre actuellement. En 2050, les scientifiques estiment que nous frôlerons les 10 milliards. Le contenu de nos assiettes et l’accès à une alimentation pour tous, plus respectueuse de l’environnement sont des questions qui prennent de plus en plus de place.
AgroParistech, l’institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, s’est emparé du sujet pour sensibiliser les jeunes à une alimentation durable. « Je mange pour le futur » est un compte qui a été ouvert sur Instagram.
Lorsque l’on évoque l’alimentation de demain, de nombreuses disciplines scientifiques sont impliquées. . Et sur des domaines inattendus, comme par exemple celui du microbiote. 
Damien Conare, secrétaire général de la Chaire Unesco alimentation du monde nous en parle. 
>> 4 minutes à réécouter à :
<https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-03-avril-2021>
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18- Le soja est-il si bon que ça pour la santé ?, France inter, L’Interview, 03/04/21
Jacques Monin

Très intéressant sur le plan nutritionnel, il n'est peut-être pas aussi bon pour la santé qu'on pourrait le penser. Le soja contient des molécules similaires à des hormones, qui, consommées en trop grande quantité, seraient dangereuses pour l'être humain.
Dans son dernier livre, Planète soja (éditions du Rocher) la journaliste Julie Lotz s'est intéressée à ce végétal dont on vante les mérites nutritionnels, mais qui ne serait pas si bon que ça pour la santé. Elle est l'invitée de Jacques Monin dans "Secrets d'info".
Du soja oui, mais pas trop
Dans son enquête, la journaliste montre que le soja est un végétal intéressant pour la santé. D'un point de vue nutritionnel, il contient beaucoup de protéines : "C'est un très bon substitut à la viande pour les végétariens, mais aussi pour les personnes qui veulent en manger un peu moins." Ce que l'on sait moins, c'est que le soja contient des molécules appelées phyto-œstrogènes, qui ont un effet similaire aux hormones féminines. "Ces molécules peuvent provoquer des effets sur les cycles menstruels, sur la fertilité, mais aussi sur personnes qui ont des problèmes de thyroïde ou des antécédents de cancer du sein", explique Julie Lotz.
Pour les hommes, on observerait une baisse de quantité de spermatozoïdes, avec de potentiels risques d'infertilité. "Il n'y a pas de consensus scientifique, rassure la journaliste. En revanche, ce qui est sûr, c'est que les autorités sanitaires en France, mais aussi ailleurs dans le monde, ont commencé à déconseiller sa consommation pour un certain nombre de personnes. Pour les femmes enceintes, parce qu'une consommation de soja trop importante, et donc de phyto-œstrogènes, peut entraîner des risques pour le fœtus de développer plus tard un cancer des testicules ou du sein. Le soja est également déconseillé chez les enfants en dessous de trois ans."
>> Suite à lire ou à (ré)écouter à : 
<https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-03-avril-2021>
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En images
19- La méthode Miyawaki pour doper la création de forêt, Actu-environnement, 02/04/21
Baptiste Clarke  

Cette méthode, créée par un célèbre botaniste japonais, fait des émules en France. Elle permettrait de créer des forêts natives 10 fois plus rapidement que la formation naturelle d'une forêt. Reportage à Toulouse, en plein centre urbain.
Le botaniste Akira Miyawaki est célèbre au Japon et commence peu à peu à élargir sa notoriété à travers le monde, notamment dans les grands centres urbains, en mal de nature.
Cet expert en biologie végétale et professeur à l'université nationale de Yokohama, serait à l'origine de la création de 1 300 micro-forêts, sur des sites industriels et en zone urbaine ou le sol est dégradé avec une terre pauvre, voir polluée. Une approche qui séduit de plus en plus d'acteurs.
Le principe de base consiste dans un premier temps à rendre le sol fertile, puis à planter trois plants par mètre carré en respectant un pourcentage spécifique entre les arbres de haute taille, de moyenne taille, les arbustes et les buissons, pour créer plusieurs strates qui auront différents besoins d'ensoleillement. Cette densité est censée permettre de faciliter les échanges racinaires, bénéfiques pour leur croissance. Aussi, il faut bien choisir les espèces, locales et résilientes et les diversifier au maximum. Choix des plants, méthode de fertilisation des terres, arrosage, bénéfices environnementaux attendus sur la biodiversité, la capture du CO2, la création d'un micro-climat, regardez le reportage sur la plantation d'une micro-forêt à Toulouse dans l'enceinte de l'Université Paul Sabatier.
>> Reportage vidéo à voir à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/methode-Miyawaki-doper-creation-foret-37316.php4>
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20- À la découverte d’une des dernières forêts primaires d’Europe en Bosnie-Herzégovine, TF1, journal de 20h, 06/04/21

C'est un joyau qui se cache au cœur des plus hauts sommets de Bosnie. La forêt de Perucica est une terre vierge. Certaines parcelles n'ont jamais été foulées par les pieds de l'homme. La nature y a gardé tous ses droits.
Sous nos yeux, des points de vue époustouflants dans un paysage si rude qu'à certains endroits, il devient inaccessible. Une unique route praticable en 4x4 seulement mène aux abords de cette forêt. Ces gardes forestiers sont notre précieux sésame pour entrer au cœur de cette forêt primaire, l'une des dernières d'Europe. Ce sont 10 km de marche qui nous attendent dans des conditions difficiles. Autour de nous, des milliers de sapins, de hêtres, ou d'épicéa, mais aussi des arbres remarquables qui ne poussent qu'ici. De nombreuses variétés qui résistent à tout depuis 20 000 ans.
>> Reportage à voir à :
<https://www.lci.fr/evasion/video-a-la-decouverte-d-une-des-dernieres-forets-primaires-d-europe-en-bosnie-herzegovine-2182849.html>
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– Mettre la politique monétaire au service de l’avenir <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/mettre-la-politique-monetaire-au-service-de-lavenir/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, mai 2016
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– Alimentation et climat : enjeux et solutions à différentes échelles <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/alimentation-et-climat-enjeux-et-solutions-differentes-echelles/?page=0&domaines1%5B%5D=32&domaines2%5B%5D=32&domaines3%5B%5D=32>, décembre 2015
– Solaire photovoltaïque : 25% de l'électricité mondiale bas carbone d'ici 2050 ! <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/solaire-photovoltaique-25-de-lelectricite-mondiale-bas-carbone-dici-2050/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, novembre 2015
– Les révolutions invisibles, un livre pour comprendre le monde qui vient <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/revolution-invisible-un-livre-pour-comprendre-le-monde-qui-vient>, août 2015
– Une revue consacrée aux liens entre environnement et inégalités sociales <http://www.fondation-nicolas-hulot.org/magazine/une-revue-consacree-aux-liens-entre-environnement-et-inegalites-sociales/?page=0&magazine_categorie%5B%5D=26>, juin 2015
– Démocratie participative : guide des outils pour agir <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/publication_etat_deslieaux_democratie_participative_0.pdf>, Etat des lieux & Analyses n°3, nouvelle édition, mars 2015
– Mobilité au quotidien - Comment lutter contre la précarité ? <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-mobilite-precarite.pdf>, Etat des lieux & Analyses, septembre 2014
– Etude. Les solutions de mobilité soutenable en milieu rural et périurbain <http://think-tank.fnh.org/sites/default/files/documents/publications/etude-solution-mobilite-soutenable.pdf>, Fondation Nicolas Hulot & RAC France, juillet 2014
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