[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur énergies, ressources, transports, habitat, urbanisme & aménagement du territoire (vendredi 3 décembre)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Ven 3 Déc 08:43:18 CET 2021


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Retrofleet lance son offre d’autocar électrique rétrofité <https://www.enerzine.com/retrofleet-lance-son-offre-dautocar-electrique-retrofite/35921-2021-11>, Enerzine, 25/11/21, 10:20
2- Nouvelle coalition allemande : 80 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030 et davantage de gaz comme source d’énergie d’appoint <https://www.euractiv.fr/section/climat/news/nouvelle-coalition-allemande-80-denergies-renouvelables-dici-a-2030-et-davantage-de-gaz-comme-source-denergie-dappoint/>, EurActiv, 25/11/21
3- Factuel. Projet d’exploitation pétrolière en Ouganda : silence sur l’or noir <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/26/projet-d-exploitation-petroliere-en-ouganda-silence-sur-l-or-noir_6103639_3212.html>, Le Monde, 26/11/21, 05h37
4- Brésil : inquiétante ruée vers l’or en Amazonie <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/26/bresil-inquietante-ruee-vers-l-or-en-amazonie_6103794_3244.html>, Le Monde, 26/11/21, 06h13
5- RDC. Urbanisme sauvage et érosion à Kinshasa : quand la rue devient ravin <https://information.tv5monde.com/info/urbanisme-sauvage-et-erosion-kinshasa-quand-la-rue-devient-ravin-434039>, AFP, 26/11/21, 09:00
6- Delhi s'asphyxie : trop de voitures particulières, pas assez de transports publics <https://information.tv5monde.com/info/delhi-s-asphyxie-trop-de-voitures-particulieres-pas-assez-de-transports-publics-434092>, AFP, 26/11/21, 15:00
7- Nucléaire : à Fukushima, Tepco s'inquiète de la fonte partielle du « mur de glace » qui protège la centrale <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-a-fukushima-tepco-sinquiete-de-la-fonte-partielle-du-mur-de-glace-qui-protege-la-centrale-1367342>, Les Echos, 26/11/21, 17:45
8- Les activités sous-marines augmentent le risque d’explosion de bombes datant de la Seconde guerre mondiale <https://www.euractiv.fr/section/climat/news/les-activites-sous-marines-augmentent-le-risque-dexplosion-de-bombes-datant-de-la-seconde-guerre-mondiale/>, EurActiv, 26/11/21
9- Exploitation du lithium : les écologistes bloquent des routes en Serbie <https://information.tv5monde.com/info/exploitation-du-lithium-les-ecologistes-bloquent-des-routes-en-serbie-434228>, AFP, 27/11/21, 18:00
10- L’Allemagne subventionne la transition dans le secteur du transport routier de marchandises <https://positivr.fr/allemagne-subventionne-transition-transport-routier-de-marchandises/>, Positivr avec ETX Daily Up, 27/11/21
11- Incident nucléaire à l'EPR de Taishan, en Chine : la cause identifiée <https://information.tv5monde.com/info/incident-nucleaire-l-epr-de-taishan-en-chine-la-cause-identifiee-434263>, AFP, 28/11/21, 08:00
12- EPR : des vibrations anormales font planer un doute sur la conception du réacteur nucléaire <https://www.actu-environnement.com/ae/news/EPR-vibrations-anormales-doute-conception-reacteur-38630.php4>, Actu-environnement, 29/11/21
13- L’association de consommateurs CLCV assigne quatre fournisseurs d’électricité en justice <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/11/30/l-association-de-consommateurs-clcv-assigne-quatre-fournisseurs-d-electricite-en-justice_6104136_3234.html>, Le Monde, 30/11/21, 08h45
14- Entre frugalité et technologies, quatre choix de société pour atteindre la neutralité carbone <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/30/entre-frugalite-et-technologies-quatre-choix-de-societe-pour-atteindre-la-neutralite-carbone_6104131_3244.html>, Le Monde, 30/11/21, 09h45 
15- Energie : l’AIE appelle la France à investir « dans l’efficacité, les renouvelables et le nucléaire » <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/30/energie-l-aie-appelle-la-france-a-investir-dans-l-efficacite-les-renouvelables-et-le-nucleaire_6104164_3244.html>, Le Monde, 30/11/21, 11h32
16- Charbon : air pur ou énergie ? l'épineux dilemme de l'Inde <https://information.tv5monde.com/info/charbon-air-pur-ou-energie-l-epineux-dilemme-de-l-inde-434564>, AFP, 30/11/21, 16:00
17- Dix milliards d’euros pour une usine de gaz naturel liquéfié en Arctique <https://reporterre.net/Dix-milliards-d-euros-pour-une-usine-de-gaz-naturel-liquefie-en-Arctique>, Reporterre, 30/11/21, 16h57
18- Brittany Ferries va affréter début 2022 son premier navire au GNL <https://information.tv5monde.com/info/brittany-ferries-va-affreter-debut-2022-son-premier-navire-au-gnl-434579>, AFP, 30/11/21, 17:00
19- A Paris, le salon du nucléaire civil s'ouvre dans un climat plus porteur <https://information.tv5monde.com/info/paris-le-salon-du-nucleaire-civil-s-ouvre-dans-un-climat-plus-porteur-434589>, AFP, 30/11/21, 18:00
20- Énergie : Bruno Le Maire affirme que la France a besoin d'un nombre significatif de réacteurs nucléaires <https://www.20minutes.fr/planete/3186083-20211130-energie-bruno-maire-affirme-france-besoin-nombre-significatif-reacteurs-nucleaires>, 20 Minutes avec AFP, 30/11/21, 18h25
21- France : quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050 <https://www.wedemain.fr/respirer/france-quatre-scenarios-pour-atteindre-la-neutralite-carbone-en-2050/>, We Demain, 30/11/21
En audio
22- Les ports mettent le cap sur l’environnement <https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-l-eco/les-ports-mettent-le-cap-sur-l-environnement>, France Culture, Entendez-vous l’éco, 26/11/21, de 14h à 15h
En images
23- La réparation des batteries, un marché plein d'avenir <https://www.actu-environnement.com/ae/news/reparation-batteries-marche-avenir-38617.php4>, Actu-environnement, 26/11/21

Bien à vous,
Florence

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DOSSIER DU JOUR : Comment atteindre la neutralité carbone ? L’Ademe a élaboré 4 scénarios très distincts qui permettent d’atteindre cet objectif d’ici 2050. (cf. item 14, 21 & suite)
EMPRISE DU JOUR : En Ouganda, pays pauvre et enclavé, un immense chantier dans lequel le groupe français Total joue un rôle moteur suscite de plus en plus de critiques, pour ses conséquences sur l’environnement et pour le sort réservé aux populations locales, qui n’osent résister par crainte des représailles. (cf. item 3)
ARMADA DU JOUR : Or jaune contre or vert : 300 à 600 bateaux de dragage d'orpailleurs illégaux forment d'impressionnants barrages sur le Rio Madeira, un des principaux affluents de l'Amazone. Les ‘garimpeiros’ dominent la région et circulent sans avoir peur d'être dérangés. (cf. item 4 & suite)
CARENCES DU JOUR : — Conséquence d'un urbanisme sauvage en République démocratique du Congo, l'érosion engloutit tout sur son passage dans ce quartier du sud de Kinshasa : rue principale transformée en ravin, maisons éventrées, cour d'école au bord du précipice… (cf. item 5)
— Il faut chaque jour près de quatre heures "d'un trajet éreintant" à celui qui vit au fin fond de la banlieue sud de Delhi pour se rendre au travail et en revenir, en bus, taxi collectif et triporteur. (cf. item 6)
INQUIÉTUDES DU JOUR : — Tepco, l'électricien japonais responsable du démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi, vient de révéler qu'il allait devoir intervenir sur l'enceinte souterraine construite pour freiner les infiltrations d'eau dans les réacteurs détruits. (cf. item 7)
— L'incident qui a conduit à l'arrêt d'un réacteur à la centrale nucléaire EPR de Taishan (Chine) serait dû à un défaut de conception de la cuve, affirme la CRIIRAD qui met en garde contre le risque de problème identique sur d'autres EPR. (cf. item 11 & 12)
IMPACT DU JOUR : L’intensification des activités économiques en eaux profondes accroît le risque de dommages causés par les munitions et les armes chimiques déversées dans les mers européennes pendant les deux guerres mondiales. (cf. item 8)
PROTESTATION DU JOUR : Des centaines de manifestants écologistes ont bloqué des axes routiers dans plusieurs villes de Serbie, dont Belgrade, pour protester contre un projet du géant minier anglo-australien Rio Tinto qui veut exploiter le lithium dans ce pays des Balkans. (cf. item 9)
ASSIGNATION DU JOUR : 4 fournisseurs d’électricité, Mint Energie, GreenYellow, OVO Energy et ekWateur, qui représentent entre 500 000 et 600 000 clients particuliers, sont attaqués par l’association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) pour certaines de leurs pratiques. (cf. item 13)
RECOMMANDATION DU JOUR : L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dresse le bilan de la politique du pays et formule des recommandations pour l’atteinte de la neutralité carbone. (cf. item 15)
DILEMME DU JOUR : En Inde, les mines à ciel ouvert de Singrauli illustrent le dilemme auquel est confronté le deuxième pays le plus peuplé du monde, expliquant sa résistance à l'élimination progressive du charbon prônée durant le sommet de la COP26 à Glasgow au début du mois. (cf. item 16)
CHIFFRE DU JOUR : Près de dix milliards d’euros : c’est la somme obtenue par Arctic LNG 2, le projet de gigantesque usine de gaz naturel liquéfié (GNL) en construction dans l’Arctique russe, détenu notamment par Novatek et TotalEnergies (à hauteur de 21,6 %). La France a finalement renoncé à soutenir ce projet gazier. (cf. item 17 & suite)
RETOUR EN GRÂCE DU JOUR : "Le nucléaire est de retour !": les industriels réunis près de Paris dans le plus grand salon mondial du secteur ont célébré le retour en grâce de cette énergie controversée à la faveur de la crise climatique. (cf. item 19 & 20)
ALTERNATIVES DU JOUR : — Dans le cadre de son offre MONA Mobility, Retrofleet, spécialiste de la transformation des véhicules et engins thermiques en électrique se déploie dans trois secteurs, les véhicules utilitaires légers, les engins lourds et les engins industriels. (cf. item 1)
— Pour accélérer la transition énergétique la nouvelle coalition allemande ambitionne d’abandonner le charbon d’ici 2030, de quadrupler les installations solaires photovoltaïques sur tous les toits et de porter la part des énergies renouvelables à 80 % du mix électrique du pays d’ici 2030. (cf. item 2)
— L’Allemagne met en place un programme de subventions visant à encourager la transition énergétique dans le secteur du transport routier de marchandises. (cf. item 10)
— Brittany Ferries va affréter son premier navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL) et prévoit l'arrivée de trois autres nouveaux bateaux d'ici 2025. (cf. item 18)
— Maillons stratégiques de la mondialisation, les ports se veulent désormais plus économes en foncier, plus respectueux de l’environnement, tout en étant mieux intégrés à la ville. (cf. item 22)
— Près de 80 % des batteries en panne entrant dans l'atelier de Nowos à Amplepuis (69) repartent en état de fonctionnement. (cf. item 23)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
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> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/le-temps-est-venu-lappel-de-nicolas-hulot-pour-poser-les-premieres-pierres-dun-nouveau-monde/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/economies-denergie-au-quotidien-trucs-et-astuces-pour-depenser-moins/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://www.youtube.com/watch?v=FMjygtDmPSM>
> L'APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <http://www.comite21.org/reseau-adherents/actualites.html?id=11056>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/trophees-pour-le-climat-my-positive-impact/>
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1- Retrofleet lance son offre d’autocar électrique rétrofité, Enerzine, 25/11/21, 10:20

Dans le cadre de son offre MONA Mobility, Retrofleet, spécialiste de la transformation des véhicules et engins thermiques en électrique, enrichit sa gamme en lançant son offre de rétrofit électrique sur la gamme Iveco Crossway. Ce développement prend place dans le cadre d’un partenariat industriel avec le groupe Iveco Bus, constructeur d’origine du véhicule, et le groupe Besset, spécialiste de la rénovation et de la maintenance des engins lourds.
Grâce à cette offre, Retrofleet complète sa gamme Mona Mobility, qui se déploie dans trois secteurs de marchés, à savoir les véhicules utilitaires légers (MONA Automotive), les engins lourds (MONA Trucks) et les engins industriels (MONA Industry).
« Le transport routier étant le premier émetteur de CO2 en France, il est plus qu’urgent de déployer toutes les solutions possibles permettant de réduire rapidement l’empreinte carbone sur tous les secteurs concernés, mais sans oublier la pertinence économique. C’est ce que nous proposons avec nos différentes offres d’électrification, dans une approche très industrielles avec des partenaires de référence dans tous nos secteurs de marché. Dans un premier temps nous ciblerons les autocars scolaires avec des autonomie de 120km/jour, un marché significatif qui compte aujourd’hui quelque 70 000 véhicules en France », déclare Emmanuel Flahaut, CEO de Retrofleet.
>> Suite à lire à :
<https://www.enerzine.com/retrofleet-lance-son-offre-dautocar-electrique-retrofite/35921-2021-11 <https://www.enerzine.com/retrofleet-lance-son-offre-dautocar-electrique-retrofite/35921-2021-11>>
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2- Nouvelle coalition allemande : 80 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030 et davantage de gaz comme source d’énergie d’appoint, EurActiv, 25/11/21
Nikolaus J. Kurmayer | translated by Anne-Sophie Gayet

Mercredi 24 novembre, la nouvelle coalition allemande a annoncé de grands projets pour accélérer la transition énergétique. Elle ambitionne «  idéalement  » d’abandonner le charbon d’ici 2030, à quadrupler les installations solaires photovoltaïques sur tous les toits et à porter la part des énergies renouvelables à 80 % du mix électrique du pays d’ici 2030.
Ils n’ont cependant pas précisé à quel point cette transition reposera sur le gaz, avec une augmentation de 50 % prévue pour la production d’électricité à partir de gaz, dans le but de remplacer les centrales à charbon et nucléaires qui sont progressivement abandonnées.
Mercredi, les Verts allemands ont intégré la coalition dite en «  feu tricolore  » aux côtés du parti social-démocrate (SPD) et du parti libéral (FDP), qui est favorable aux entreprises.
«  L’Allemagne est désormais le premier grand pays industrialisé à s’engager sur la voie d’un système de production d’énergie véritablement renouvelable  », a déclaré le législateur européen des Verts, Sven Giegold, qui faisait partie des négociateurs de la coalition.
L’accord de coalition des partis prévoit d’atteindre l’objectif de 80 % d’électricité renouvelable et de 50 % de chauffage renouvelable pour 2030, tout en maintenant la sortie du nucléaire prévue par le pays et en éliminant «  idéalement  » le charbon d’ici à 2030.
Ces objectifs représentent un défi de taille pour l’Allemagne, qui a eu du mal à promouvoir les énergies renouvelables par le passé.
«  80 % d’énergies renouvelables pour une demande d’électricité de 750 TWh en 2030 correspond à 600 TWh d’énergies renouvelables et à la totalité de la production brute d’électricité en 2019  », a indiqué Frank Peter du groupe de réflexion Agora Energiewende dans une publication sur Twitter.
Pour atteindre cet objectif, Robert Habeck, le futur ministre de l’Énergie, de l’Économie et du Climat, souhaite consacrer 2 % des terres à l’éolien terrestre, plus que tripler la capacité éolienne offshore (à 30 GW) et quadrupler les installations solaires photovoltaïques (à 200 GW).
«  À l’avenir, toutes les surfaces de toit qui s’y prêtent doivent être utilisées pour l’énergie solaire  », ont annoncé les partis dans leur accord de coalition. Alors que les nouveaux bâtiments commerciaux seraient obligés d’installer des panneaux solaires photovoltaïques, cela devrait être répandu dans les nouvelles constructions privées, indique également l’accord.
La capacité actuelle d’énergie renouvelable en Allemagne est de 53 GW pour l’énergie solaire, de 7,7 GW pour l’énergie éolienne en mer et de 54 GW pour l’énergie éolienne terrestre.
Si la production de toute cette énergie renouvelable repose sur le réseau, le réseau électrique du pays a grand besoin d’être développé et modernisé.
«  Non seulement la production d’énergie renouvelable doit être stimulée, mais le développement et l’optimisation du réseau doivent être beaucoup plus rapides  », a déclaré l’opérateur du réseau Tennet.
L’accord de coalition stipule que «  les réseaux électriques et d’hydrogène sont l’épine dorsale du système énergétique du futur  » et invite l’agence fédérale des réseaux d’énergie à élaborer un nouveau plan pour un «  réseau climatiquement neutre  ».
>> Suite à lire à :
<https://www.euractiv.fr/section/climat/news/nouvelle-coalition-allemande-80-denergies-renouvelables-dici-a-2030-et-davantage-de-gaz-comme-source-denergie-dappoint/ <https://www.euractiv.fr/section/climat/news/nouvelle-coalition-allemande-80-denergies-renouvelables-dici-a-2030-et-davantage-de-gaz-comme-source-denergie-dappoint/>>
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3- Factuel. Projet d’exploitation pétrolière en Ouganda : silence sur l’or noir, Le Monde, 26/11/21, 05h37
Laurence Caramel (Buliisa (Ouganda), envoyée spéciale)

Dans ce pays pauvre et enclavé, cet immense chantier dans lequel le groupe français Total joue un rôle moteur suscite de plus en plus de critiques, pour ses conséquences sur l’environnement et pour le sort réservé aux populations locales, qui n’osent résister par crainte des représailles.
La peur est devenue leur horizon. Peur du jour qui se lève et de la faim qui revient. Peur de l’avenir qu’ils n’ont pas choisi : quitter leur terre, attendre l’argent promis en dédommagement et qui ne vient pas. Peur de la violence de l’armée, des arrestations… Dans l’ouest de l’Ouganda, pays pauvre et enclavé, rares sont les habitants qui osent encore s’opposer au gigantesque projet d’exploitation du pétrole enfoui sous les eaux et les rives du lac Albert.
L’enjeu les dépasse : ce chantier à 10 milliards de dollars (9 milliards d’euros) incarne les promesses de prospérité faites à la population par le président Yoweri Museveni. Le vieil autocrate, reconduit pour un sixième mandat en janvier, en a fait l’enjeu principal de son bilan, et veille en personne à le voir aboutir. Quinze ans après les premières découvertes de pétrole, le projet a reçu son feu vert définitif en avril.
Quinze ans… Un délai « anormalement long », selon les experts du secteur, révélateur des multiples différends ayant émaillé les négociations entre l’Etat et les entreprises chargées de faire sortir de terre le gros milliard de barils jugés récupérables sur les 6,5 milliards de réserves piégées dans les roches du rift albertin. Après une si longue attente, l’inamovible président répète que plus rien ne fera obstacle au démarrage de la production, prévu en 2025 pour une durée de vingt-cinq à trente années.
« Un nid d’informateurs »
En ce lundi d’octobre, rendez-vous a été pris au petit matin pour ne pas croiser les forces de sécurité. Nous sommes à bonne distance de Buliisa, principal bourg du district du même nom, et vitrine en construction du rêve pétrolier avec sa rue principale fraîchement asphaltée, son enfilade de réverbères et sa station-service Total au fronton marqué d’un grand « bonjour ». « Un nid d’informateurs à la solde des autorités et du sous-traitant de Total Atacama » chargé de faire accepter aux villageois de renoncer à leurs terres, ont averti nos « éclaireurs ».
Buliisa se situe au carrefour des six champs pétroliers attribués par l’Etat ougandais à la major française dans cette région isolée, frontalière de la République démocratique du Congo (RDC). Le plus important d’entre eux se trouve dans le parc national des Murchison Falls, dont les majestueux paysages, traversés par le Nil, et la faune abondante nourrirent au début du siècle dernier l’émerveillement de Winston Churchill en personne. Le jeune secrétaire d’Etat aux colonies de l’Empire britannique qualifia alors l’0 de « perle de l’Afrique ». Un compliment dont les agences de voyage usent toujours pour attirer les touristes.
Un pipeline long de 1 445 kilomètres
La plus vaste aire protégée du pays – 3 800 kilomètres carrés – ne sera pas pour autant épargnée : 140 puits doivent y être creusés sur les quelque 400 que Total prévoit de construire pour extraire le brut. Ces puits seront reliés entre eux par un réseau de 180 kilomètres d’oléoducs conduisant à une usine de traitement. Une unité de pompage d’eau doit aussi être installée sur les berges du lac. A cette zone d’exploitation que Total a baptisée « Tilenga » – contraction de deux mots de deux langues locales signifiant « antilope » – s’ajoute le site, beaucoup plus modeste, de Kingfisher, avec un seul gisement confié à l’entreprise publique chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC).
La production des deux sites sera ensuite exportée presque en intégralité par un pipeline long de 1 445 kilomètres, construit entre la grande ville d’Hoima et le port tanzanien de Tanga, sur la côte de l’océan Indien. L’oléoduc du pétrole d’Afrique de l’Est (Eacop en anglais) traversera plusieurs centaines de villages, sillonnera d’autres réserves naturelles, des forêts, longera l’immense lac Victoria… Il devra en permanence être maintenu à 50 °C pour éviter la solidification du brut, lourd et cireux. Il s’agira du plus long pipeline chauffé et enterré au monde. Environ 100 000 personnes – des « personnes affectées par le projet » (PAP) comme elles sont ici désignées – doivent être déplacées afin de permettre sa construction, en majorité des agriculteurs propriétaires de quelques acres, ou des éleveurs de zébus qui, dans cette Afrique encore rurale, se partagent la savane.
> Lire aussi En Ouganda et Tanzanie, les projets de Total touchent des « dizaines de milliers de personnes »
De part et d’autre de la route qui remonte vers le parc défilent des villages avec leurs cases de terre séchée, coiffées de chaume ou de tôle ondulée. Des femmes s’affairent dans leur champ, au milieu d’autres parcelles abandonnées dessinant une mystérieuse mosaïque qu’on devine destinée aux futurs forages. Notre voiture bifurque pour s’engouffrer sur un chemin cabossé. Au bout, dans un jardin isolé, à l’abri des regards, un agriculteur, Geoffrey Byakagaba, chemise claire soignée, se tient droit devant un grand acacia, prêt à témoigner : « Je ne veux pas de leur argent. Ceux qui ont accepté sont plus pauvres aujourd’hui car les sommes versées ne permettent pas de racheter une parcelle. Je veux une terre comme la mienne pour nourrir mes enfants, proche d’une école pour qu’ils puissent être éduqués. »
Le prix de l’acre accordé aux familles expulsées avait été fixé à 3,5 millions de schillings ougandais (870 euros) en 2018. Il en vaut aujourd’hui deux ou trois fois plus sous l’effet de la ruée vers les terres qui a attiré dans la région tous les spéculateurs désireux de prendre leur part du boom pétrolier annoncé. Pour s’amender du retard considérable pris dans le versement des indemnités d’éviction, une prime de 15 % par année a été annoncée, mais elle est jugée très insuffisante pour permettre aux familles de retrouver leurs conditions de vie antérieures, alors que la terre est leur unique source de revenus.
Geoffrey Byakagaba fait partie des neuf familles sur les 622 à avoir refusé une compensation financière dans le cadre de la première vague d’expropriations décidée par Total, en 2018, pour récupérer 320 hectares nécessaires à la construction de l’usine de traitement. La saisie de leurs parcelles ne les a pas dissuadés de persister à résister. Cet entêtement leur a valu d’être traduits en justice par le gouvernement pour « entrave au développement du pays ». Fin septembre, les juges de la Haute Cour de Masindi ont donné raison à l’Etat, créant une jurisprudence qui pourrait s’appliquer aux futurs expropriés si la sentence est confirmée en appel. Deux des familles sur le banc des prévenus se sont résolues à empocher leur pécule, mais sept ont refusé dont Geoffrey Byakagaba, bien décidé à ne pas céder : « Mon lopin a été détruit et je n’ai nulle part où aller. Je dois pêcher dans le lac et vendre du charbon de bois pour faire manger mes neuf enfants. » 
Interdiction de continuer à cultiver
Dans le district de Buliisa, près d’un tiers de la population – environ 32 000 personnes – doit abandonner ses terres. Cinq phases ont été planifiées par Total. Les derniers inventaires réalisés pour établir la liste des familles éligibles aux compensations sont achevés depuis février 2019. Mais, près de trois ans plus tard, le flou continue de régner sur le sort des versements. « J’ai donné mon accord et l’argent devait être versé dans les six mois mais je n’ai toujours rien reçu. Mon histoire est banale. Les gens savent qu’ils devront partir. Quand ? Personne ne le sait. En attendant, ils souffrent car il leur a été interdit de continuer à cultiver », se plaint un PAP soucieux, comme tant d’autres, de taire son nom.
Partout, la même histoire résonne et révèle un autre point sensible parmi les critiques formulées contre Total : l’ordre donné aux familles de cesser de cultiver leurs champs dès l’inventaire de leurs biens effectué et le contrat d’indemnisation signé. Malgré les dénégations de l’entreprise, qui invoque une mauvaise compréhension de ses messages, de nombreux témoignages attestent de cette règle imposée de manière informelle par son sous-traitant Atacama. Par crainte des représailles, des familles qui attendent depuis plusieurs années leur indemnité ont ainsi abandonné leurs champs. Sollicité par Le Monde, le sous-traitant n’a pas donné suite.
Cette situation vaut à Total, qui opère via sa filiale Total Ouganda et Atacama, la première procédure judiciaire pour non-respect de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales, votée en 2017. Cette loi française, unique au monde, a été élaborée à la suite de l’effondrement, en 2013, de l’immeuble Rana Plaza au Bangladesh, dans lequel avaient péri plus d’un millier d’ouvriers, pour la plupart employés de sous-traitants d’entreprises textiles occidentales. Elle impose aux grandes entreprises de veiller à ce que leurs activités à l’étranger – par leurs filiales ou leurs sous-traitants – respectent les normes sociales, environnementales et les droits humains. Deux ONG françaises, Les Amis de la Terre et Survie, et quatre ONG ougandaises (Afiego, CRED, NAPE et Navoda), en se fondant notamment sur ce qui constitue, à leurs yeux, une violation du droit à l’alimentation, ont saisi le tribunal judiciaire de Nanterre en octobre 2019. L’instruction reste jusqu’à présent suspendue à une bataille de procédure.
Face à la détresse des familles confrontées à la faim, des rations alimentaires ont été distribuées pendant quelques mois. L’interdiction de cultiver a été levée mais seules les plantes pouvant être récoltées dans les trois mois ont été autorisées. Le manioc, dont la croissance se fait sur un an au moins, restant exclu, alors qu’il constitue la première source d’alimentation.
> Lire aussi Activités de Total en Ouganda : le tribunal judiciaire de Nanterre se déclare incompétent
« Nous vivons ici, nous voyons tellement de choses graves, attestent deux journalistes locaux, eux aussi contraints à l’anonymat pour leur sécurité. Nous avons essayé d’alerter. Nos rédactions refusent de publier nos articles, soit par crainte du gouvernement, soit pour ne pas se priver d’une source importante de publicité. » D’après eux, la situation ne cesse de se détériorer : « La population est à bout. Pour la première fois, des chefs de famille s’en sont pris à des employés d’Atacama. Ils avaient été convoqués à Buliisa pour recevoir leur indemnité et, une fois sur place, il n’y avait plus assez d’argent pour eux. » 
La colère monte
Selon les chiffres fournis par Total, 28 % des foyers ayant signé des accords de compensation ont à ce jour reçu leur indemnité. L’entreprise assure que le retard est en train d’être rattrapé : tous les versements seront effectués d’ici au « premier trimestre de 2022 ». Mais la colère monte aussi le long du tracé du futur oléoduc. Dans les districts de Kyotera et de Lwengo, à 400 kilomètres au sud de Buliisa, une pétition a été déposée le 3 novembre auprès de Total, pour dénoncer les conditions d’acquisition des terres.
> Lire aussi (archive de 2017) : Comment un village ougandais tente de sauver ses terres de la ruée vers l’or noir
Au fil des mois, le futur eldorado de l’Afrique de l’Est est devenu une zone interdite. Pour la presse trop curieuse comme pour les défenseurs des droits humains, obligés de se cacher des autorités, des forces de sécurité et des opérateurs pétroliers pour s’informer. Parmi les figures les plus exposées, Maxwell Atuhura craint pour sa vie. Agent de terrain de l’Institut africain pour la gouvernance dans le secteur de l’énergie (Afiego), à Buliisa, il est chargé de recenser les irrégularités dans les procédures d’expropriation. « Je ne sais pas ce qu’il peut m’arriver. Je ne me déplace plus seul car je me sens en permanence suivi. Des hommes ont pénétré dans mon domicile en mai dernier. Ils ont tout cassé. J’ai porté plainte auprès de la police. On m’a seulement dit d’arrêter de faire le malin », raconte-t-il, au cours d’une rencontre discrètement organisée dans un hôtel excentré d’Hoima.
Dans le climat général de restrictions croissantes des libertés qui prévaut dans le pays, Afiego fait partie des 54 organisations de la société civile dont l’activité a été suspendue au mois d’août pour « non-conformité » avec la législation nationale. Fin octobre, son antenne à Buliisa a été fermée.
A Kampala, la capitale, les organisations de défense des droits humains avouent leur désarroi. « Si nous quittons le terrain, les populations se trouveront seules pour faire face aux pressions, rapporte l’une d’elles, là encore à condition de rester anonyme. Maintenant que les accords ont été signés entre tous les partenaires, le gouvernement veut aller vite. La majorité des personnes déplacées est illettrée et ne parle pas anglais [la langue officielle]. Elles ne comprennent pas le vocabulaire très technique utilisé par les employés d’Atacama et signent leur contrat d’expropriation, convaincues de ne pas avoir le choix. » 
Militarisation accrue de la zone
Bashir Twesigye, le directeur de Civic Response on Environment and Development (CRED), une des quatre ONG ougandaises engagées dans le procès contre Total, et parmi les plus anciennes implantées dans la zone pétrolière, dresse ce constat : « Dès le début, le gouvernement a usé de violence pour récupérer des terres. Total aurait pu en tirer les leçons, prendre davantage de précautions dans le choix de ses sous-traitants. Le groupe a essayé d’introduire de la rigueur dans les procédures de consultation des populations en se prévalant notamment du respect des normes établies par la Société financière internationale [filiale de la Banque mondiale pour le secteur privé], mais, si les choses peuvent sembler parfaites sur le papier, intimidations et harcèlement restent la règle dans la réalité. »
Alors que les travaux entrent dans une phase plus active, la militarisation de la zone a encore monté d’un cran. Total vient, avec son partenaire chinois, de charger la société de sécurité privée Saracen du recrutement de 1 500 gardes supplémentaires afin de surveiller les futurs sites de production. Cinq mille autres seront bientôt embauchés pour protéger l’oléoduc. Saracen a pour actionnaire majoritaire un puissant personnage du régime, le général à la retraite Salim Saleh, demi-frère du président, dont il est aussi le conseiller militaire. La firme créée au milieu des années 1990 avait initialement pour objet de fournir du travail aux vétérans de l’Armée de résistance nationale, la branche armée du mouvement rebelle qui a permis à Yoweri Museveni de prendre le pouvoir en 1986. Elle s’est depuis fait remarquer par ses groupes de mercenaires envoyés en Irak et en Somalie.
Le ministère de la défense a également annoncé des renforts. « Des moyens supplémentaires seront déployés pour garantir qu’aucune force extérieure ne puisse détruire ce que nous sommes en train de construire », a tenu à rassurer le chef des forces armées, le général Wilson Mbadi, le 4 octobre.
Le pouvoir et les compagnies pétrolières ne craignent pas l’assaut des paysans en colère. Leurs yeux sont plutôt tournés vers l’autre rive du lac Albert, en RDC, où les groupes armés puisent leurs sources de financement dans l’exploitation illégale des ressources naturelles. Les installations pétrolières pourraient devenir une cible de choix. En particulier pour les Forces démocratiques alliées, un groupe islamiste d’origine ougandaise installé depuis vingt-cinq ans de l’autre côté de la frontière et officiellement rallié à l’organisation Etat islamique en 2017. De récentes attaques dans la capitale lui ont été attribuées. La menace que représente ce groupe reste difficile à évaluer et les experts n’excluent pas une instrumentalisation du régime pour justifier un nouveau tour de vis sécuritaire.
Blocage d’une mission diplomatique de l’UE
La dégradation de la situation dans cette région isolée inquiète jusqu’aux Nations unies. A deux reprises, des rapporteurs spéciaux auprès du Comité des droits humains ont interpellé le gouvernement ougandais et le président de Total, Patrick Pouyanné, à ce sujet. La première fois, en avril 2020, pour leur demander d’expliquer l’arrestation et les pressions subies par les deux agriculteurs venus témoigner à Paris dans le cadre duprocès intenté à la multinationale pour non-respect de son devoir de vigilance. La deuxième fois, en juillet 2021, c’est le traitement infligé à Maxwell Atuhura et à une journaliste italienne, Federica Marsi, qui a été mis en cause. Tous deux ont été arrêtés à Buliisa après avoir mené des entretiens dans plusieurs communautés dont les terres ont été acquises par Total. Mme Marsi, libérée après son interrogatoire, a été contrainte de quitter la zone. « Nous exprimons notre profonde préoccupation. (…) Nous craignons l’effet dissuasif que [ces arrestations] pourraient avoir sur tous ceux qui cherchent à protéger et à défendre les droits humains en Ouganda, en particulier ceux qui défendent les droits des personnes dont les moyens de subsistance ont été compromis par les actions de Total dans la région d’Albertine », écrivent les rapporteurs des Nations unies.
> Lire aussi En RDC et en Ouganda, le groupe Total dans le viseur des défenseurs de l’environnement
Pour avoir voulu regarder la situation de trop près, une mission diplomatique européenne a été expulsée de la zone pétrolière le 9 novembre. Composée de spécialistes des droits de l’homme travaillant pour la délégation de l’Union européenne et pour les ambassades de France, de Belgique, du Danemark, de Norvège et des Pays-Bas, elle avait pourtant reçu une autorisation officielle du ministère ougandais des affaires étrangères.
Le programme de ses visites avait été validé. Outre des rencontres avec les autorités locales, la délégation devait échanger avec des familles déplacées, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et les représentants de la filiale de Total. « Lorsque nous sommes allés nous présenter aux autorités des districts comme c’est l’usage, elles nous ont fait comprendre que nous n’étions pas les bienvenus, raconte l’un des membres de la mission. Elles n’avaient reçu aucune information nous concernant et nous avons dû retourner à notre hôtel. » 
Le lendemain, après des démarches infructueuses des ambassadeurs auprès du ministère des affaires étrangères, la mission a regagné Kampala, avec interdiction de s’arrêter en route. « Nous savions que c’était un voyage sensible, mais nous ne nous attendions pas à ce qu’une mission diplomatique officiellement accréditée soit bloquée. C’est extrêmement préoccupant », poursuit cette même source, en constatant que ce grave incident ne fait finalement que donner davantage de crédit aux plaintes des défenseurs des droits humains.
Interrogé par Le Monde sur cette répression omniprésente, Total affirme n’accepter « aucune menace ni attaque contre ceux qui défendent les droits humains en relation avec ses activités ». Le groupe cite les interventions de son PDG, Patrick Pouyanné, auprès du président ougandais pour « partager ses préoccupations en la matière » et rappeler l’importance accordée à la liberté de la presse.
Menace sur milieu naturel
Là n’est cependant qu’une des accusations auxquelles se trouve confrontée la multinationale. L’impact du projet sur la nature préservée de cette région reculée de l’Afrique des Grands Lacs soulève d’autres craintes. Il ne faut pas s’enfoncer très loin dans le parc national des Murchison Falls pour observer ce qui est en train de se jouer. Un amas de bitume, haut comme trois étages, tranche sur la savane reverdie par les pluies. Au pied de l’étrange relief, une girafe de Rothschild mâche avec insouciance le granulat noirâtre destiné à recouvrir la large route tracée à travers la réserve naturelle pour desservir plus aisément les infrastructures pétrolières. Les travaux sont déjà bien avancés. Les engins de chantier excavent avec méthode ce qui n’était encore il y a peu qu’un inconfortable chemin de latérite emprunté par les 4 × 4 des écogardes et des touristes.
Avec le pont de béton jeté au-dessus du Nil, la route où déjà des camions circulent à vive allure est pour l’heure la seule empreinte visible dans ce sanctuaire de la faune sauvage. Les forages d’exploration réalisés pour confirmer la présence d’un tiers des ressources exploitables ont été rebouchés avec soin. Et pour cause : l’avenir de ces vastes étendues, où près d’un millier d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles… ont trouvé refuge, soulève les plus sombres interrogations. A côté des girafes de Rothschild, dont il reste moins de 2 000 spécimens entre l’Ouganda et le Kenya, éléphants, hippopotames, léopards, colobes… figurent aussi sur la liste rouge des espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Comment réagiront les animaux au vacarme, aux vibrations des 140 forages, en marche vingt-quatre heures sur vingt-quatre, au va-et-vient des camions… Chercheront-ils à quitter le parc, qu’aucune démarcation ne sépare des villages environnants ?
Face aux critiques des organisations de protection de la nature, Total met en avant ses efforts pour réduire l’emprise physique de ses installations, ramenée à 1 % de la superficie du parc. Pour compenser les dégâts à venir, le groupe annonce la réintroduction de l’emblématique rhinocéros noir et cite l’augmentation de 50 % du nombre de rangers, l’achat de drones de surveillance contre les braconniers, la protection des chimpanzés et de leurs habitats forestiers, des programmes de soutien aux autres aires protégées… L’industriel affirme qu’au bout du compte, son projet aura un « impact positif net sur la biodiversité ».
Risques de marée noire
En attendant, plusieurs organisations de la société civile demandent l’annulation du certificat délivré à Total par l’autorité environnementale ougandaise, la National Environment Management Authority (NEMA), sur la base des études d’impact effectuées par un cabinet de consultants néerlandais. La plainte des ONG déposée en 2019 auprès du tribunal de Kampala dénonce notamment les conditions dans lesquelles ont été menées, selon elles, les consultations locales, en ne donnant pas aux personnes interrogées la possibilité de défendre leur droit à vivre dans« un environnement propre et sain ». Or les risques de marée noire dans le lac Albert, ou de fuites sur le dense réseau d’oléoducs souterrains, dont certaines sections devront être construites sous le Nil, sont bien réels. Avec, pour ces paysages fragiles et les millions de personnes qui en dépendent en Ouganda comme au Congo, des conséquences difficilement mesurables.
Fin 2016, un groupe de scientifiques spécialistes des milieux lacustres a publié dans la revue américaine Science une lettre ouverte destinée à dénoncer la course aux hydrocarbures. « Les milliers de fuites enregistrées au Nigeria montrent que l’exploitation et le transport du brut sont sujets aux accidents, écrivaient-ils. Et c’est une mauvaise nouvelle pour les grands lacs africains, qui sont des écosystèmes quasiment fermés. Leur isolement ferait certainement obstacle à une réponse rapide et efficace en cas de fuite. Nous sommes inquiets de constater combien ces risques sont sous-estimés. »
Faire capoter le financement du projet
L’opposition au projet de Total a désormais pris une dimension mondiale. Menée au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, la campagne StopEacop réunit près de trois cents ONG internationales et africaines. Son objectif : faire capoter le financement du projet, pour lequel la major française et son partenaire chinois, CNOOC, ont besoin d’emprunter 3,5 milliards de dollars. Onze banques commerciales, dont Barclays, Credit Suisse, HSBC, BNP Paribas, Société générale…, trois compagnies d’assurances, dont Axa, la Banque africaine de développement, ont déjà pris leurs distances. Le vent tourne aussi parmi les gouvernements des pays industrialisés. Dans le sillage des recommandations faites par l’Agence internationale de l’énergie pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, une coalition d’unevingtaine de pays, dont la France, ont annoncé, lors de la conférence sur le climat de Glasgow, qu’ils ne soutiendraient plus d’investissements à l’étranger dans le pétrole et le gaz à partir de 2022.
Total garde jusqu’à présent le cap face à ses détracteurs, répétant que son opération ougandaise présente, avec un niveau d’émissions de 13 kg de gaz à effet de serre par baril produit, un bilan carbone meilleur que la moyenne de ses sites fossiles. « C’est un projet transformant pour les deux pays (Ouganda et Tanzanie), robuste économiquement, même avec un faible prix du pétrole. Nous n’avons pas à en rougir », assurait encore il y a peu l’un de ses hauts dirigeants, lors d’un « décryptage “off the record” » organisé pour quelques journalistes parisiens.
<https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/26/projet-d-exploitation-petroliere-en-ouganda-silence-sur-l-or-noir_6103639_3212.html <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/26/projet-d-exploitation-petroliere-en-ouganda-silence-sur-l-or-noir_6103639_3212.html>>
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4- Brésil : inquiétante ruée vers l’or en Amazonie, Le Monde, 26/11/21, 06h13
Bruno Meyerfeld (Brasilia, envoyé spécial) 

Des centaines d’embarcations d’orpailleurs s’amassent depuis plusieurs jours sur le rio Madeira, en Amazonie, bénéficiant d’une impunité alimentée par le pouvoir brésilien. 
Vu du ciel, cela ressemble à une gigantesque armada. Par centaines, les embarcations de bois remontent le rio Madeira, alignées dans une formation quasi militaire et occupant toute la largeur du cours d’eau. Les dragues, surmontées de maisonnettes colorées, bardées de générateurs, de câbles, de poulies et de longs tuyaux, avancent lentement sur la rivière aux tons boueux. Une flottille typique des garimpeiros, les orpailleurs d’Amazonie.
Ces images inquiétantes ont fait ces derniers jours le tour du Brésil. Trois cents à six cents embarcations, soit quelque deux mille orpailleurs, selon les spécialistes, vogueraient actuellement sur le fleuve à la recherche d’or au cœur de la grande forêt. Leur date d’arrivée est incertaine ; selon des habitants, elle remonterait à une douzaine de jours. Cette concentration stupéfiante d’embarcations a rapidement été qualifiée de « quartier » ou de « condominium flottant ». Certains évoquent la folie d’un film digne de Mad Max et tous prédisent un cataclysme environnemental.
> Lire aussi Contrarié par les chiffres de la déforestation, Jair Bolsonaro menace l’institut qui les divulgue
A l’origine, comme souvent en Amazonie, il y a une rumeur : celle d’un « filon » monumental de métal précieux, découvert à l’embouchure du rio Madeira. « Là-bas, ils se font un gramme d’or par heure ! », s’emballe un orpailleur, dans un enregistrement audio diffusé sur les réseaux sociaux de la région et obtenu par le quotidien O Estado de S. Paulo. Vite, les barges sont chargées de vivres, d’essence et d’hommes. En route pour la ruée vers l’or.
L’activité est menée en plein jour. Elle est pourtant totalement illégale et dévastatrice. Afin d’extraire le métal précieux, les orpailleurs plongent de longs tuyaux à 20 ou 30 mètres sous la surface, aspirant tout ce qui se trouve au fond du cours d’eau. Les boues ainsi puisées sont filtrées et épurées à l’aide de mercure afin d’isoler l’or des algues, de la terre et des cailloux. Les « déchets » sont rejetés dans la rivière, alors saccagée et polluée.
Des records
L’orpaillage est loin d’être une nouveauté sur le rio Madeira, cet immense cours d’eau de 3 300 kilomètres qui trouve sa source en Bolivie. L’activité est pratiquée à grande échelle dans cette partie du Brésil depuis les années 1980. « Mais la crise économique et l’explosion de la pauvreté, avec en parallèle la flambée du prix de l’or [augmentation de 52 % du cours du gramme en trois ans à la Bourse de New York], ont tôt fait de convaincre de nouveaux candidats à l’orpaillage de se lancer dans l’aventure », détaille François-Michel Le Tourneau, géographe au CNRS et spécialiste de l’orpaillage.
L’activité est d’abord un moyen de subsistance pour les ribeirinhos, ces populations de pêcheurs pauvres vivant au bord des cours d’eau. Nombre d’entre eux ont vu leurs revenus s’effondrer à la suite de la construction d’énormes barrages hydroélectriques dans la région, sous le gouvernement de gauche du Parti des travailleurs. Mené à un rythme éprouvant, au milieu du vacarme des moteurs et des effluves de diesel, l’orpaillage est une activité éreintante, qu’on ne choisit souvent qu’à défaut de mieux.
> Lire aussi En Amazonie péruvienne, des scientifiques avec la population contre la contamination au mercure
Malgré les alertes, rien n’a été fait pour stopper le regroupement de centaines d’orpailleurs, qui a eu lieu à seulement 120 kilomètres de Manaus, plus grande ville d’Amazonie, où sont installées nombre d’agences de protection de la nature, telles que la police environnementale Ibama ou l’Institut Chico Mendes (ICMBio), chargé de la conservation de la biodiversité. Mais ces dernières vivent depuis trois ans au rythme des coups de boutoir de Jair Bolsonaro, qui s’est fait fort de les démanteler.
Le président du Brésil est en effet un ardent partisan de l’exploitation minière. Son propre père, Percy, piocha un temps à la Serra Pelada, cette mine à ciel ouvert immortalisée dans les années 1980 par les clichés du photographe Sebastião Salgado. Durant sa jeunesse, Bolsonaro lui-même pratiqua l’orpaillage dans l’Etat de Bahia. « L’intérêt de l’Amazonie, ce ne sont pas les Indiens ni les putains d’arbres, mais le minerai ! », avait-il déclaré sans fard en 2019.
Résultat : l’orpaillage atteint désormais des records. Selon l’institut MapBiomas, plus de 107 000 hectares sont aujourd’hui soumis à cette activité au Brésil, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Les garimpeiros n’hésitent pas à envahir les terres indigènes par milliers, établissant dans la jungle de vastes campements, disposant d’avions et d’hélicoptères et polluant les cours d’eau au mercure. « Tout cela est mené avec l’approbation de Bolsonaro », réagit Danicley de Aguiar, porte-parole de l’ONG Greenpeace en Amazonie.
> Lire aussi La NASA révèle les ravages de l’orpaillage au Pérou
Mais le président du Brésil ne saurait être tenu pour seul responsable. Dans sa politique, il est suivi par quantité de parlementaires, rassemblés au sein du lobby minier, qui compte officiellement 233 députés de droite comme de gauche, soit près de la moitié de la chambre basse. M. Bolsonaro est également soutenu par des autorités locales. En janvier, le gouverneur de l’Etat amazonien de Rondônia, Marcos Rocha, a ainsi signé un décret permettant l’émission de licences d’exploitation pour les orpailleurs du rio Madeira.
« Problème de fond économique »
Les garimpeiros se savent en position de force. En 2017, certains n’ont pas hésité à vandaliser et incendier les locaux de l’Ibama et de l’ICMBio dans la ville voisine d’Humaitá, dans l’Etat d’Amazonas. « Vous qui avez beaucoup de bateaux ici, [vous devez] former un grand mur (…), un devant et un derrière. Comme ça, ils vont nous respecter ! », expliquait cette semaine, sur un ton guerrier, un garimpeiro du rio Madeira, sur un autre enregistrement audio rendu public par O Estado de S. Paulo.
Officiellement, la mobilisation générale est décrétée pour stopper la flottille. Certains appellent à incendier les dragues, couper l’approvisionnement en combustible de la région ou encore barrer le rio Madeira. Mais difficile de savoir qui va se risquer à affronter des centaines de garimpeiros déterminés, et sans doute armés. « Les autorités locales ne vont pas vouloir y aller, car les orpailleurs font partie de leur électorat. L’Ibama a déjà eu ses locaux incendiés. La police fédérale est aux mains des bolsonaristes. Il reste l’armée, mais dont l’efficacité en Amazonie est discutable… », résume François-Michel Le Tourneau.
> Lire aussi Or jaune contre or vert : en Guyane, l’Amazonie prise en étau entre l’attrait des pépites et la protection de la biodiversité
La justice a donné trente jours aux autorités pour agir. Vendredi 26 novembre, sous pression, de premières barges de garimpeiros auraient commencé à se disperser et à rompre les rangs de la flottille. « Mais la répression ne réglera pas le problème de fond, qui est économique. Il faut que le travail “normal” rapporte plus que l’orpaillage », poursuit M. Le Tourneau. Une vision sur le long terme, que ne partage pas Jair Bolsonaro. Face au drame en cours, le président du Brésil est demeuré silencieux.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/26/bresil-inquietante-ruee-vers-l-or-en-amazonie_6103794_3244.html>
Sur le même sujet : 
> Brésil : des centaines d'orpailleurs bloquent un affluent de l'Amazone <https://information.tv5monde.com/info/bresil-des-centaines-d-orpailleurs-bloquent-un-affluent-de-l-amazone-433948>, AFP, 25/11/21, 16:00
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5- RDC. Urbanisme sauvage et érosion à Kinshasa : quand la rue devient ravin, AFP, 26/11/21, 09:00
Marthe Bosuandole

Rue principale transformée en ravin, maisons éventrées, cour d'école au bord du précipice : à Ngansele, les habitants assistent impuissants à l'érosion qui engloutit tout sur son passage dans ce quartier du sud de Kinshasa, conséquence d'un urbanisme sauvage en République démocratique du Congo.
Dans la commune populaire et déshéritée de Mont-Ngafula, construite sur les hauteurs, cette érosion spectaculaire a remplacé une rue asphaltée par un gouffre d'au moins 15 mètres de profondeur.
En haut de la falaise, de grosses canalisations d'eau, hors d'usage, sont suspendues dans le vide. Pour traverser ce qui fut la rue séparant Ngansele du quartier voisin de Ngalasi, les riverains se fraient tant bien que mal un chemin à l'intérieur de ce ravin au sable mouvant. 
L’érosion a coupé net l'avenue de l'Université dans son tronçon qui relie l’université de Kinshasa (Unikin) à Kimwenza-mission, agglomération abritant plusieurs établissements scolaires et l'une des plus grandes bibliothèques d'Afrique centrale, tenue par les Jésuites.
Veuve et mère de sept enfants, Espérance Tsimba, 57 ans, a vu sa boutique engloutie un jour de pluie. "J'ai perdu mon business. Depuis, il m'est difficile de scolariser" mes enfants, dit-elle, en réclamant "la construction de caniveaux" pour canaliser les eaux. 
Pour tenter de protéger leur domicile, les riverains construisent des digues en empilant des sacs remplis de sable, dans l'espoir de ralentir l'éboulement.
Au fond de la vallée, cinq hommes placent également des sacs de sable censés dévier la trajectoire des eaux de pluie, tandis qu'en aval, à une centaine de mètres, à la surface, un véhicule de chantier aplanit et égalise le sable sur la chaussée. L'engin appartient à une entreprise chinoise, dont les responsables congolais sur le terrain ne souhaitent pas parler à la presse. 
L'érosion a commencé il y a environ six ans. "Ce n'est pas la première fois que des travaux de réhabilitation de la route sont lancés. Cela s'est fait à plusieurs reprises, mais sans jamais aboutir", déclare à l'AFP Sylvain Nsumbu, directeur d'une école primaire menacée par l'érosion.
- Retour des pluies -
Ce nouveau démarrage des travaux intervient après des manifestations organisées pour interpeller les autorités, racontent les riverains. "Nous avons fait des marches jusqu'à bloquer la route nationale 1 qui traverse notre commune", explique Magloire Kangondi.
"Nous demandons cette fois-ci que ça aille jusqu'au bout", implore Sylvain Nsumbu, qui a vu le mur de clôture de son école tomber dans le ravin et dit vivre avec "un danger permanent" depuis.
Ici, "c'est la cour, les enfants y jouent pendant la recréation. Avant que l'érosion n'arrive, nous avions un portail ici, la clôture était là, il y avait même des mamans qui vendaient juste devant", dit-il en montrant le vide, là où se trouvait l'entrée de cet établissement de 170 enfants. 
Cette situation "nous fait très mal, nous avons aussi une école maternelle où les tout petits ont 4 ans, 5 ans, et doivent traverser ce ravin", ajoute-t-il, la mort dans l'âme. "Cette année, il y a même des parents qui ont préféré ne pas envoyer leurs enfants à l'école", ajoute M. Nsumbu.
Il faut une vraie "urbanisation", plaide-t-il.
Kinshasa, troisième ville la plus peuplée d'Afrique, avec quelque 12 millions d'habitants, a vu sa population doubler en 20 ans. La ville s'est étendue de manière souvent anarchique, des quartiers ont poussé sans viabilisation correcte, notamment sur les collines de la périphérie.
Dans le quartier de Ngansele, un groupe de jeunes, réunis autour de Christel Bulembi, qui se présente comme un acteur de développement et leader communautaire, sensibilise pour une gestion responsable des "eaux de pluie sur un terrain fragile", combinaison expliquant selon lui l'ampleur de l'érosion. 
Spécialiste en gestion de l'environnement, M. Bulembi, né dans ce quartier, appelle les habitants à construire dans chaque parcelle au moins un puits de rétention des eaux de pluie, afin de minimiser les dégâts causés par les ruissellements sur la chaussée.
Il estime cependant que "l’État congolais, garant de la chose publique, doit prendre ses responsabilités en urbanisant le quartier". "Et la population va accompagner les efforts du gouvernement", assure-t-il.
En attendant, avec le retour des pluies, les habitants disent craindre le pire. En novembre 2019, une quarantaine de personnes avaient trouvé la mort à Kinshasa, victimes de pluies diluviennes qui avaient provoqué inondations et glissements de terrains. Mont-Ngafula avait été l'une des communes les plus touchées.
<https://information.tv5monde.com/info/urbanisme-sauvage-et-erosion-kinshasa-quand-la-rue-devient-ravin-434039>
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6- Delhi s'asphyxie : trop de voitures particulières, pas assez de transports publics, AFP, 26/11/21, 15:00

Depuis des décennies, Ashok Kumar, un col blanc de New Delhi, passe plusieurs heures par jour dans les transports en commun pour se rendre au bureau. A force d'embouteillages, il est plus que jamais exposé à la pollution qui asphyxie la capitale indienne.
La mégalopole de 20 millions d'habitants se retrouve régulièrement au palmarès des capitales les plus polluées, accusant notamment les gaz d'échappement. 
Le réseau hétéroclite des transports publics peine à répondre aux besoins d'une capitale en plein essor, en témoignent les longues files d'attente devant les stations de métro et les bus archi-bondés qui tentent de fendre les monstrueux embouteillages aux heures de pointe. 
"Quand je suis arrivé à Delhi, l'air était pur, il n'y avait pratiquement pas de voitures ni de motos sur les routes", se souvient Ashok Kumar, interrogé par l'AFP à l'arrêt de bus du terminal principal de la ville avant de rentrer chez lui.
- "Trajet éreintant" -
"Mais maintenant, tout le monde possède un véhicule", regrette-t-il. 
Il faut chaque jour près de quatre heures "d'un trajet éreintant" à celui qui vit au fin fond de la banlieue sud de Delhi pour se rendre au travail et en revenir, en bus, taxi collectif et triporteur.
A 61 ans, il espère avoir bientôt économisé suffisamment d'argent pour pouvoir s'acheter un scooter et oublier les transports en commun.
"Peu de gens peuvent se permettre de perdre du temps dans les transports", dit-il. 
Les immatriculations de voitures particulières ont triplé ces 15 dernières années dans la capitale, où circulent plus de 13 millions de véhicules, selon les chiffres du gouvernement. 
Les conséquences s'en ressentent tout au long de l'année. A Delhi, on passe une heure et demi de plus dans les embouteillages que dans les autres grandes villes asiatiques, selon le Boston Consulting Group. 
- "Servitude coûteuse" -
Mais en hiver, la situation tourne en véritable crise de santé publique, quand les vents faiblissent et que s'installe un épais brouillard toxique et que les malades d'insuffisance respiratoire affluent dans les hôpitaux. 
Selon le Centre for Science and Environment (CSE) de Delhi, au début du mois de novembre, les gaz d'échappement des véhicules ont contribué à l'émission de plus de la moitié des émissions de PM2,5, particules fines particulièrement nocives. 
Au début du siècle, Delhi s'est doté d'un métro souterrain dont le réseau n'a cessé de s'étendre jusqu'aux villes satellites voisines, comptant aujourd'hui plus de 250 stations. 
Mais le métro est lui-même si engorgé que les citadins préfèrent se déplacer en voiture. 
"Le métro est pratique, mais je dois en plus prendre un triporteur ou un taxi collectif de la station à mon domicile", raconte à l'AFP un autre employé de bureau, Sudeep Mishra, âgé de 31 ans. 
"C'était une véritable servitude, coûteuse en plus", explique-t-il. "C'était plus logique d'acheter mon véhicule pour gagner du temps et de l'argent".
Et c'est désormais sur sa moto achetée d'occasion qu'il effectue son trajet quotidien de 50 kilomètres par jour, aller-retour.
- Investissements massifs -
Selon les experts, le peu de transports reliant le métro aux zones résidentielles est problématique, en particulier pour les femmes dont la sécurité est en jeu dans les transports privés et les rues sombres. 
L'abondance de voitures particulières a entraîné le rétrécissement du réseau de bus de Delhi, réduit d'une centaine de lignes depuis 2009. 
La flotte de la société publique Delhi Transport Corporation a diminué de près de 50% en dix ans. 
Il existe un lien direct entre le sous-investissement dans les transports publics et l'aggravation de la pollution atmosphérique dans la capitale, assure Sunil Dahiya, analyste au Center for Research on Energy and Clean Air. 
Les pouvoirs publics tentent régulièrement la circulation alternée ou de payer des jeunes pour inciter, aux feux de circulation, les conducteurs à couper le moteur. 
La ville compte à peine 145 stations pour recharger les voitures électriques, ce qui n'incite guère à leur adoption. 
Pour M. Dahiya, seuls des investissements massifs permettraient "une croissance agressive des transports publics afin de commencer à voir une réduction absolue des niveaux de pollution atmosphérique".
<https://information.tv5monde.com/info/delhi-s-asphyxie-trop-de-voitures-particulieres-pas-assez-de-transports-publics-434092>
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7- Nucléaire : à Fukushima, Tepco s'inquiète de la fonte partielle du « mur de glace » qui protège la centrale, Les Echos, 26/11/21, 17:45
Yann Rousseau

L'électricien vient de révéler qu'il allait devoir intervenir début décembre sur l'enceinte souterraine construite pour freiner les infiltrations d'eau dans les réacteurs détruits. Près du réacteur 4, des capteurs, placés dans le sol, ont mesuré, ces dernières semaines, des températures proches des 10 degrés.
Depuis début septembre, Tepco, l'électricien japonais responsable du démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi, s'inquiète de la hausse des températures sur certains segments du « mur de glace » souterrain qui freinent les infiltrations d'eau dans les quatre réacteurs ravagés en mars 2011. Près du réacteur 4, des capteurs, placés dans le sol, ont mesuré, ces dernières semaines, des températures proches des 10 degrés, soit un niveau incompatible avec le maintien d'une barrière glacée autour des fondations des bâtiments.
Dans une présentation, l'entreprise vient d'indiquer qu'elle craignait désormais de faire face à une « fonte » partielle de l'enceinte de glace et se préparait à intervenir, dans les tout prochains jours, sur son infrastructure. Ce dysfonctionnement n'augmente aucunement la dangerosité de la centrale détruite, mais risque de compliquer encore la gestion de l'eau « contaminée » qui s'accumule sur le site.
>> Suite à lire à :
<https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-a-fukushima-tepco-sinquiete-de-la-fonte-partielle-du-mur-de-glace-qui-protege-la-centrale-1367342>
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8- Les activités sous-marines augmentent le risque d’explosion de bombes datant de la Seconde guerre mondiale, EurActiv, 26/11/21
Sean Goulding Carroll | translated by  Charles Szumski

L’intensification des activités économiques en eaux profondes accroît le risque de dommages causés par les munitions et les armes chimiques déversées dans les mers européennes pendant les deux guerres mondiales, a déclaré Virginijus Sinkevičius, commissaire européen chargé de l’Environnement.
L’installation de parcs éoliens en mer et l’importance accrue accordée à la pose de câbles sous-marins pour des raisons énergétiques et numériques augmentent la probabilité que ces armes soient perturbées, ce qui pourrait entraîner des fuites de produits chimiques dangereux dans l’océan, voire déclencher une explosion, a averti le commissaire.
L’immersion de munitions obsolètes, endommagées ou périmées dans la mer était considérée comme une méthode d’élimination sûre et rentable jusqu’à la fin des années 1960 et a été largement pratiquée après la fin des deux guerres mondiales.
Cependant, une fuite dans les munitions pourrait créer un danger pour les marins, la vie marine et la santé humaine, a déclaré le responsable de l’environnement. De nombreuses armes sont déjà fortement corrodées, car elles sont restées sous l’eau pendant plus de 70 ans.
On estime que les fonds marins de la seule mer Baltique contiennent environ 50 000 tonnes de munitions chimiques, 500 000 tonnes d’armes conventionnelles et 10  000 épaves. Au large des côtes belges et néerlandaises, environ 35 000 tonnes de munitions ont été déversées après la Première Guerre mondiale.
« Nous devons être conscients des risques. Nous devons les évaluer soigneusement. Et nous devons prendre des mesures », a déclaré M. Sinkevičius lors d’une conférence sur l’élimination des munitions non explosées en mer, organisée la semaine dernière par le groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR) du Parlement européen.
«  Un espace maritime sûr et sécurisé est essentiel pour préserver l’intérêt stratégique de l’UE, comme la liberté de navigation, le contrôle des frontières, l’approvisionnement en matériaux essentiels, ou encore notre sécurité alimentaire  », a-t-il ajouté.
Les préoccupations du commissaire ont été soutenues par le vice-premier ministre polonais Jacek Sasin, qui a qualifié les munitions immergées de «  bombe chimique au fond de la mer Baltique  ».
M. Sasin a déclaré qu’il serait irresponsable de laisser aux générations futures la tâche de nettoyer les mers d’Europe et a appelé à une coopération interinstitutionnelle et transfrontalière.
«  Permettez-moi de vous rappeler que la Pologne a été victime des pays qui nous ont envahis et qui ont déversé des munitions au fond de la mer Baltique. Nous ne pouvons pas être les seuls à en payer le prix  », a-t-il déclaré.
M. Sasin a également averti que l’Europe risquait une «  catastrophe environnementale  » si aucune mesure n’était prise.
>> Suite à lire à :
<https://www.euractiv.fr/section/climat/news/les-activites-sous-marines-augmentent-le-risque-dexplosion-de-bombes-datant-de-la-seconde-guerre-mondiale/>
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9- Exploitation du lithium : les écologistes bloquent des routes en Serbie, AFP, 27/11/21, 18:00

Des centaines de manifestants écologistes ont bloqué samedi des axes routiers dans plusieurs villes de Serbie, dont Belgrade, pour protester contre un projet du géant minier anglo-australien Rio Tinto qui veut exploiter le lithium dans ce pays des Balkans.
D'importants gisements de lithium, indispensable pour la fabrication des batteries pour les voitures électriques, se trouvent dans l'est de la Serbie, aux alentours de la ville de Loznica, où la compagnie a commencé à acheter du terrain, mais attend toujours le feu vert de l'Etat pour ouvrir les mines.
A Belgrade, les manifestants ont bloqué pendant une heure le principal pont de la capitale, Gazela, et une grande intersection, après des échauffourées avec les forces qui les ont finalement laissé prendre les lieux en possession, a rapporté un journaliste de l'AFP.
"Je suis ici parce que je ne veux pas qu'ils vendent la terre de mes ancêtres. La Serbie n'est pas à vendre", a déclaré à l'AFP un manifestant Milan Milosavljevic, musicien de 31 ans.
Les manifestants ont bloqué les routes dans plusieurs autres villes du pays, notamment à Novi Sad (nord), à Kragujevac (centre), à Sabac (nord-ouest) et Valjevo (est), selon la télévision N1.
Des organisations écologistes, qui dénoncent le projet de Rio Tinto, ont décidé de manifester après l'adoption cette semaine par le Parlement serbe d'amendements aux lois sur le référendum et sur l'expropriation.
Ces organisations affirment que la législation a été modifiée pour arranger l'investisseur, ce que le gouvernement a démenti.
Rio Tinto a découvert en 2006 les réserves du lithium de la région de Loznica.
La compagnie entend investir 2,4 milliards de dollars (2,12 milliards d'euros) dans ce projet, a déclaré fin octobre Vesna Prodanovic, directrice de Rio Sava, société soeur de Rio Tinto en Serbie.
Selon un plan financier présenté récemment par la compagnie, l'exploitation du lithium pourrait apporter à la Serbie un bénéfice annuel "direct" de 627 millions de dollars (553 millions d'euros) et générer en outre 885 millions de dollars (781 millions d'euros) de bénéfices dans les secteurs connectés.
"Rien ne se passera sans la décision du peuple", a affirmé mercredi le président serbe Aleksandar Vucic, assurant que le gouvernement serbe devait d'abord analyser le projet avant d'organiser un référendum.
La nouvelle législation ne prévoit plus la participation nécessaire de 50% des électeurs pour la validité du résultat d'un référendum.
<https://information.tv5monde.com/info/exploitation-du-lithium-les-ecologistes-bloquent-des-routes-en-serbie-434228>
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10- L’Allemagne subventionne la transition dans le secteur du transport routier de marchandises, Positivr avec ETX Daily Up, 27/11/21

Objectifs ? Réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre tout en accélérant l’adoption de solutions électriques.
À l’image d’autres pays européens, l’Allemagne met en place un programme de subventions visant à encourager la transition énergétique dans le secteur du transport routier de marchandises. L’idée est bien évidemment de réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre tout en accélérant l’adoption par les professionnels de solutions hybrides ou tout électriques.
L’État va désormais accorder diverses subventions afin d’encourager l’acquisition de véhicules utilitaires légers et lourds dotés de motorisations alternatives, neutres en CO2 mais également le déploiement d’infrastructures de chargement correspondantes. Cette directive (KsNI) vaut donc aussi bien pour les camions ravitaillés en électricité que pour les engins fonctionnant à l’air d’une pile à combustible alimentée en hydrogène.
Le gouvernement fédéral allemand entend ainsi, grâce à cette directive, doper dans les années à venir le nombre de véhicules propres en circulation dans le pays, et surtout inciter les entreprises à basculer, doucement mais sûrement, vers des énergies bien moins polluantes.
Plus de 500 millions d’euros devraient ainsi être engagés pour aider à l’acquisition de camions (catégories N1, N2 et N3) à batterie, à pile à combustible ou même hybrides électriques, ainsi qu’au financement de toutes les infrastructures nécessaires à leur recharge, un peu partout dans le pays. L’idée est de financer, en partie, la différence de prix entre ces modèles et leurs versions thermiques classiques.
À noter qu’en Allemagne, Daimler est particulièrement actif sur ce terrain. La production du Mercedes eActros, le tout premier camion 100 % électrique du groupe allemand, doit démarrer dès cette année. Il s’agit d’un véhicule doté d’une batterie électrique offrant jusqu’à 200 km d’autonomie avec une seule charge. Une version avec une plus grande autonomie, environ 500 km, l’eActros LongHaul, est quant à elle attendue plus tard, à compter de 2024.
L’Allemagne suit ainsi de nombreux pays européens subventionnant l’achat de camions électriques. En France, par exemple, cette aide peut monter jusqu’à 50 000 euros pour l’achat d’un camion électrique ou hydrogène.
<https://positivr.fr/allemagne-subventionne-transition-transport-routier-de-marchandises/>
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11- Incident nucléaire à l'EPR de Taishan, en Chine : la cause identifiée, AFP, 28/11/21, 08:00

L'incident qui a conduit en juillet à l'arrêt d'un réacteur à la centrale nucléaire EPR de Taishan (Chine) serait dû à un défaut de conception de la cuve, affirme samedi la CRIIRAD qui met en garde contre le risque de problème identique sur d'autres EPR.
Association créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) a écrit samedi à la direction de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour lui faire part de cette information qu'elle dit tenir d'un "lanceur d'alerte".
"Il s'agit d'un Français qui travaille dans l'industrie nucléaire, ayant accès à des éléments techniques très précis sur la situation du cœur du réacteur de Taishan 1", a précisé à l'AFP Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la CRIIRAD.
L'opérateur chinois CGN exploitant principal de la centrale (70% des parts) avec EDF (30%), avait annoncé le 1er juillet "mettre à l'arrêt pour maintenance" le réacteur 1 de la centrale nucléaire EPR de Taishan, proche de Hong Kong, la seule installation EPR actuellement en service dans le monde.
L'incident avait été signalé le 14 juin : un petit nombre de barres de combustible d'uranium endommagées ("crayons") causait une accumulation de gaz rares radioactifs dans le circuit primaire, étanche, de la centrale. Les autorités avaient qualifié le phénomène de "courant" et écarté tout danger.
Dans son courrier, dont l'AFP a obtenu copie, la CRIIRAD écrit, sur la foi d'informations transmises par ce lanceur d'alerte, que ces "dégradations constatés sur les assemblages de combustible nucléaire (...) sont dues principalement à des vibrations anormales" de ces assemblages. Et que celles-ci "seraient liées à un défaut de la conception de la cuve de la filière EPR".
Toujours selon la CRIIRAD, des "résultats des essais sur maquette 0.2" chez Framatome au Creusot, dès 2007-2008, auraient révélé ces insuffisances sur l'hydraulique de la cuve. 
L'association demande ainsi l'ASN, entre autres, si elle a été informée "de la détection d'un niveau anormal de vibration des assemblages de crayon à Taishan". 
Elle l'interpelle aussi sur l'EPR de Flamanville, en cours de construction : ne devrait-elle pas "imposer à EDF de changer le couvercle de cuve avant toute divergence ?"; considère-t-elle comme "acceptable, sur le plan de la sûreté et de la radioprotection, que le combustible neuf (...) soit chargé dans le cœur du réacteur en l'état?".
L'ASN, contactée par l'AFP, n'a pas souhaité s'exprimer.
"Le travail d’inspection du combustible et de la cuve du réacteur 1 de Taishan, lancé dès le déchargement, est toujours en cours. L’origine de l’inétanchéité de crayons combustibles ne sera déterminée qu’au terme de ces expertises", a de son côté indiqué EDF.
<https://information.tv5monde.com/info/incident-nucleaire-l-epr-de-taishan-en-chine-la-cause-identifiee-434263>
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12- EPR : des vibrations anormales font planer un doute sur la conception du réacteur nucléaire, Actu-environnement, 29/11/21
Philippe Collet

La Criirad explique que la conception de l'EPR pourrait expliquer les difficultés rencontrées par l'EPR de Taishan. En mars, l'IRSN avait déjà signalé un problème, concernant le pressuriseur. À chaque fois, des vibrations anormales inquiètent les experts.
Dimanche 28 novembre, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a annoncé avoir reçu des informations selon lesquelles les problèmes rencontrés, cet été, par le premier EPR mis en service seraient liés à la conception du réacteur. L'association explique que des vibrations pourraient être à l'origine des ruptures de gaines constatées en Chine. Le défaut pourrait concerner tous les réacteurs EPR. Au-delà de l'alerte, l'association « interpelle l'ASN et demande la plus grande transparence ».
Pour rappel, en juin dernier, CNN révélait la détection d'une concentration anormale de gaz rares dans le circuit primaire du réacteur 1 de Taishan, une anomalie liée à des ruptures de gaines de combustible. Le mois suivant, EDF mettait en avant ses doutes concernant la gestion de l'incident par l'exploitant du réacteur, la coentreprise TNPJVC, détenue à 70 % par l'entreprise chinoise CGN et à 30 % par EDF. En France, le réacteur serait déjà à l'arrêt, expliquait EDF, faisant ainsi pression sur son partenaire. Finalement, le réacteur a été arrêté la semaine suivante, le 30 juillet.
De son côté, dès juin, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), annonçait avoir engagé « un dialogue technique » avec son homologue chinois (la NNSA). Le gendarme du nucléaire français compte « examiner dans quelle mesure le retour d'expérience de la situation d'exploitation actuelle à Taishan peut être pris en compte dans le cadre de l'instruction en cours de la demande de mise en service de l'EPR de Flamanville [Manche] ».
>> Suite à lire à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/EPR-vibrations-anormales-doute-conception-reacteur-38630.php4>
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13- L’association de consommateurs CLCV assigne quatre fournisseurs d’électricité en justice, Le Monde, 30/11/21, 08h45
Adrien Pécout

Mint Energie, GreenYellow, OVO Energy et ekWateur, qui représentent entre 500 000 et 600 000 clients particuliers, sont attaqués pour certaines de leurs pratiques. 
Plus les cours internationaux de l’énergie augmentent, plus les fournisseurs d’électricité accusent le coup… et plus les consommateurs risquent à présent d’en subir le contrecoup. Depuis l’été, la reprise de l’activité économique entraîne un rebond vertigineux sur le marché de gros, où l’électricité et le gaz peuvent se négocier du jour au lendemain. Mais elle exerce aussi un impact indirect sur les ménages, au point de provoquer, en France, une « importante insécurité contractuelle » et certains « procédés particulièrement préjudiciables pour les consommateurs », selon l’association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV).
Mardi 30 novembre, cet organisme de défense des consommateurs a fait savoir par communiqué qu’il avait assigné en justice, une semaine plus tôt, quatre fournisseurs alternatifs d’électricité. Selon ses estimations, Mint Energie, GreenYellow, OVO Energy et ekWateur représentent « entre 500 000 et 600 000 clients particuliers environ ». Dans le pays, quatorze ans après la libéralisation du marché destiné aux particuliers, une quarantaine d’entreprises concurrencent les groupes historiques que sont EDF pour l’électricité et Engie (ex-GDF) pour le gaz. Sans pour autant avoir besoin de produire elles-mêmes l’électricité commercialisée, en partie rachetée à prix fixe à EDF.
> Lire aussi Pas de risque de « black-out » d’électricité en France, même si l’hiver s’annonce « sous vigilance », selon RTE
Les fondements de ces actions devant le tribunal judiciaire de Paris reposent soit sur de « la vente sans commande préalable », soit sur des « pratiques commerciales trompeuses », soit sur « des clauses abusives », estime l’association. Les comparutions sont prévues pour le 25 janvier 2022.
Sans consentement explicite du consommateur
L’une de ces quatre assignations fait grief à Mint Energie d’avoir eu recours à une pratique commerciale interdite. Elle lui reproche d’avoir transformé, à partir du 1er novembre, sans consentement explicite du consommateur, une offre en cours d’exécution. Celle-ci était indexée, jusque-là, sur le tarif réglementé de vente, le « tarif bleu » d’EDF. Désormais, elle est fixée en fonction des fluctuations du marché de gros, ce qui est bien plus risqué, en l’état présent, pour les ménages.
Contacté, Mint Energie déclare que le basculement tarifaire a été « effectué dans le respect de [ses]conditions générales de vente et de la réglementation, avec, notamment, une information préalable et totalement transparente ». Cela a été fait par courriel, dans le délai légal d’un mois de préavis. Tout consommateur est libre, insiste l’opérateur, de résilier ou non son contrat. Encore faut-il prendre le temps de lire ses messages jusqu’au bout. « Rappel : votre offre change au 1er novembre », annonçait l’intitulé de l’un des courriels. Le fournisseur précise avoir déjà adressé, fin octobre, une « réponse détaillée » à la mise en demeure déjà effectuée par CLCV.
> Lire aussi « Je ne me chauffe pas comme je veux. J’ai froid » : le fléau de la précarité énergétique
Quant à GreenYellow et OVO Energy, les assignations déplorent des pratiques commerciales trompeuses. CLCV estime que ces deux sociétés, chacune de leur côté, ont manqué de précision quant à leurs augmentations tarifaires. Celle de GreenYellow a pourtant basculé d’un mois à l’autre : à partir de novembre, « + 30 % » sur le prix du kilowattheure (hors taxe) par rapport au tarif réglementé de vente, contre… « – 20 % » jusque-là. Les deux entreprises n’ont pas souhaité apporter d’explications au Monde.
« Etre très vigilants »
Pour sa part, ekWateur espère parvenir à « une conciliation » avec l’association, qui lui reproche des clauses abusives. Si ce fournisseur écarte plusieurs reproches, il reconnaît l’intérêt d’introduire une forme de « réciprocité » ; pour l’heure, ses clauses ne prévoient pas d’indemnités à verser aux consommateurs en cas de manquement de l’entreprise.
François Carlier, délégué général de CLCV, précise le sens de ces actions simultanées en justice : « Nous voulons alerter les consommateurs. Ces contentieux rappellent que la financiarisation touche désormais l’énergie. Ils nécessitent une jurisprudence. » Surtout en cette période de crise énergétique, où les cours s’affolent à la hausse. « Quand les prix du marché sont bas, les alternatifs se livrent à du démarchage agressif. Quand les prix sont élevés, ils essaient de transférer le risque des prix aux consommateurs. Autres temps, autres mœurs. »
> Lire aussi Electricité : entre le nucléaire et les énergies renouvelables, six scénarios pour 2050
Dans son communiqué, l’association recommande « aux consommateurs d’être très vigilants sur les informations reçues, notamment par courrier électronique, car il peut survenir une forte hausse à tout moment ». Eu égard à « cette période de très forte incertitude », elle leur conseille aussi de revenir au tarif réglementé de vente d’électricité. Calculé par la Commission de régulation de l’énergie, puis fixé par le gouvernement, le « tarif bleu » d’EDF concerne encore une majorité de foyers : plus de 22 millions de sites résidentiels au premier trimestre, soit les deux tiers des sites. Durant l’année, ce tarif régulé de l’électricité a enregistré une hausse bien plus modérée que celle du gaz : + 2 %, après ses deux révisions, en février et en août. Pour le début de 2022, le gouvernement entend limiter le prochain bond de 4 % par une réduction temporaire de la fiscalité.
> Lire aussi Avec la hausse des coûts, les fournisseurs alternatifs d’énergie en difficulté
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/11/30/l-association-de-consommateurs-clcv-assigne-quatre-fournisseurs-d-electricite-en-justice_6104136_3234.html>
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14- Entre frugalité et technologies, quatre choix de société pour atteindre la neutralité carbone, Le Monde, 30/11/21, 09h45 
Perrine Mouterde

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) présente des scénarios énergétiques pour 2050 allant d’une option misant fortement sur la sobriété à une autre pariant sur les innovations. 
C’est une contribution supplémentaire qui viendra alimenter le débat riche et complexe sur l’atteinte de la neutralité carbone. Après l’association négaWatt et le gestionnaire national du Réseau de transport d’électricité (RTE), l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) présente à son tour ses travaux prospectifs articulés autour de quatre scénarios, allant d’une option misant fortement sur la sobriété à une autre axée sur les innovations technologiques.
Les premières conclusions de cette étude intitulée « Transition(s) 2050 », publiées mardi 30 novembre à l’issue de deux ans de travaux, seront complétées par une série de publications thématiques attendue début 2022.
L’établissement public, placé sous la double tutelle des ministères de la transition écologique et de la recherche, part d’un constat : si les tendances actuelles se poursuivent, les émissions de gaz à effet de serre de la France n’auront pas diminué suffisamment en 2050 pour qu’elle atteigne – comme elle s’y est engagée – la neutralité carbone.
Pour y parvenir, l’Ademe dessine donc plusieurs voies. A la différence des travaux de RTE, qui portent uniquement sur le système électrique, elle s’intéresse à des schémas globaux couvrant aussi bien les secteurs du bâtiment, de la mobilité, de l’alimentation, de l’agriculture, des forêts ou de l’industrie que de l’énergie. « Préserver le monde vivant, par exemple, est indispensable pour atteindre la neutralité carbone, notamment grâce au stockage de CO2 et à la production de biomasse, explique David Marchal, directeur exécutif adjoint expertises et programmes. Tous ces leviers sont interconnectés. »
> Lire aussi Electricité : entre le nucléaire et les énergies renouvelables, six scénarios pour 2050
Alors que le débat public se concentre largement sur la question des énergies renouvelables et du nucléaire et que le président Emmanuel Macron a annoncé vouloir construire de nouveaux réacteurs, l’Ademe espère élargir le champ des discussions. « La neutralité carbone va bien au-delà de la question énergétique ou de savoir s’il faut construire des EPR, assure Arnaud Leroy, le PDG de l’Ademe. Cela implique des choix de société en termes de gouvernance, de fiscalité, de centralisation ou décentralisation, de régime alimentaire… » 
« Génération frugale »
Ces choix de société sont bien au cœur des quatre trajectoires. Pour réduire leur consommation d’énergie au cours des trois prochaines décennies, les Français sont-ils prêts à miser sur la sobriété, au prix de changements radicaux de leurs habitudes, ou préfèrent-ils parier sur le développement de nouvelles technologies et continuer à vivre peu ou prou de la même façon qu’aujourd’hui ?
Le scénario le plus sobre, baptisé « génération frugale », implique des évolutions sociétales majeures. Réduction forte des trajets parcourus, division par trois de la consommation de viande, limitation des constructions neuves, logements vacants et résidences secondaires transformées en résidences principales, industrie centrée sur le « made in France »…
Pour mettre en place ces nouvelles pratiques, l’Ademe explique que la contrainte sera nécessaire, par le biais d’interdictions, des quotas et des rationnements. Dans ce scénario, la nature est sanctuarisée et les modifications des pratiques agricoles et forestières permettent une augmentation significative du recours aux puits de carbone naturels – les prairies et les forêts absorbent le carbone présent dans l’atmosphère.
A l’autre bout du spectre, le scénario du « pari réparateur » mise sur les innovations technologiques pour permettre à la consommation de masse de se poursuivre. L’achat de viande reste quasi stable, les mobilités s’accroissent avec des véhicules électriques, seule la moitié des logements est rénovée à un niveau « basse consommation »… Les émissions de gaz à effet de serre restant élevées, les puits « technologiques » doivent compléter les puits naturels, par des techniques de captage et de stockage de CO2.
Expliquer les contraintes
L’Agence de la transition écologique l’admet : ces deux scénarios « extrêmes » posent de véritables défis. Le premier « fait courir le risque de clivages forts, voire violents, au sein de la société », alors que le second repose sur un pari, les techniques de captage et de stockage de CO2 dans l’air n’en étant qu’au stade du prototype.
« Ces deux scénarios marquent d’une certaine façon les limites à ne pas dépasser,précise Fabrice Boissier, le directeur général délégué de l’Ademe. Nous ne faisons pas de choix entre les trajectoires, nous essayons d’expliquer quelles sont les contraintes et les conséquences de chaque décision. »
> Lire aussi Sobriété, efficacité et renouvelables : le scénario de négaWatt pour atteindre la neutralité carbone <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/20/sobriete-efficacite-et-renouvelables-le-scenario-de-negawatt-pour-atteindre-la-neutralite-carbone_6099152_3234.html>
Si tous ces scénarios doivent permettre d’atteindre la neutralité carbone, leurs impacts en termes de pressions sur les ressources naturelles, de réduction des quantités de déchets produits ou de mobilisation de la biomasse varient significativement.
Plus ou moins de sobriété implique aussi des besoins en énergie différents : l’Ademe envisage des baisses allant de – 55 % (790 térawattheures, TWh) pour le scénario le plus sobre à – 23 % (1 287 TWh) pour le plus technophile. Actuellement, la stratégie nationale bas carbone, feuille de route gouvernementale, prévoit une division par deux de la consommation globale d’énergie d’ici à 2050 pour atteindre 930 TWh, contre environ 1 600 aujourd’hui.
Sans surprise, l’Ademe souligne, comme RTE et négaWatt, que la part de l’électricité va croître et que les énergies renouvelables joueront un rôle majeur en 2050 – elles représentent plus de 70 % du mix énergétique dans les quatre scénarios. Si l’agence ne détaillera le résultat de ses travaux concernant le système électrique qu’en début d’année, elle assure que ceux-ci seront cohérents avec ceux de RTE.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/30/entre-frugalite-et-technologies-quatre-choix-de-societe-pour-atteindre-la-neutralite-carbone_6104131_3244.html>
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15- Energie : l’AIE appelle la France à investir « dans l’efficacité, les renouvelables et le nucléaire », Le Monde, 30/11/21, 11h32
Perrine Mouterde et Adrien Pécout

L’Agence internationale de l’énergie dresse le bilan de la politique du pays et formule des recommandations pour l’atteinte de la neutralité carbone. 
La France revendique un rôle moteur en faveur de la transition énergétique sur la scène internationale et dispose déjà d’une électricité très largement bas carbone… mais elle doit progresser bien davantage pour espérer parvenir à la neutralité carbone en 2050. A cinq mois de l’élection présidentielle, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), basée à Paris et rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dresse le bilan de la politique énergétique du pays – un exercice qu’elle répète tous les cinq ans. En plein débat sur les différentes options possibles et alors que le président Emmanuel Macron a annoncé, début novembre, son intention de relancer un nouveau programme nucléaire, elle formule également une série de recommandations et appelle les dirigeants à faire des choix de façon urgente.
« Des décisions-clés concernant le futur système énergétique de la France doivent être prises bientôt si elle veut pouvoir atteindre zéro émission net en 2050, devait souligner Fatih Birol, directeur général de l’AIE, au lancement du rapport mardi 30 novembre. La France doit investir beaucoup plus dans l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et le nucléaire. » 
Car l’AIE fait d’abord un constat : les progrès de la France sont « lents » et le pays est en retard sur ses propres objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de déploiement des renouvelables. Celles-ci ne représentaient que 19,1 % de la consommation finale d’énergie en 2020, alors que l’ambition était d’atteindre 23 %. Pour l’organisation, l’écart avec les cibles inscrites dans la feuille de route énergétique de la France pour 2023 – la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – est encore « massif » : pour les atteindre, la France devrait ajouter, en à peine trois ans, 6,4 gigawatts (GW) de capacité éolienne, soit 40 % de la capacité totale installée aujourd’hui, et quasiment doubler ses capacités photovoltaïques.
> Lire aussi Electricité : la France ne respecte pas sa feuille de route pour la transition énergétique
La France devra donc accroître significativement et rapidement ses investissements dans la transition énergétique, mais surtout, insiste l’AIE, améliorer sa mise en œuvre. Le rapport souligne qu’il n’existe actuellement aucun cadre pour « suivre, évaluer ou guider » les progrès vers les multiples objectifs nationaux et que « de nombreuses politiques restent fragmentées » à travers différents ministères. Il propose une mise à jour annuelle des indicateurs de la PPE et de la stratégie nationale bas carbone et appelle le gouvernement à éviter de lancer « des signaux contradictoires » en direction des investisseurs.
Des ajustements nécessaires
Au cours de la période de transition, garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité devra être l’une des priorités du gouvernement, insiste aussi le rapport. Dans ce contexte, l’AIE estime que des « ajustements » pourront être nécessaires, notamment concernant le rythme de fermeture des réacteurs nucléaires. La loi énergie climat de 2019 prévoit de réduire la part de l’atome à 50 % du « mix » électrique en 2035 (contre environ 70 % aujourd’hui), ce qui impliquerait la fermeture de douze réacteurs, en plus des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim déjà mis à l’arrêt. Cet objectif pourrait s’avérer difficile à tenir sans accélération forte de la croissance des renouvelables.
Si l’agence plaide pour maintenir une capacité de production nucléaire, elle rappelle qu’il y a « peu de visibilité » sur le rôle de cette énergie après 2035. Elle estime que le gouvernement doit se positionner sur l’avenir du « mix » électrique et décider « de toute urgence » comment il prévoit de financer la modernisation du parc de réacteurs existants, dont la moyenne d’âge est d’environ 35 ans, ainsi que la construction de nouveaux réacteurs.
Ces recommandations pourront nourrir la réflexion sur la future loi de programmation énergie climat, qui doit être adoptée d’ici à 2023, et les prochaines révisions de la PPE et de la stratégie nationale bas carbone. La France devra également revoir à la hausse son ambition de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 (aujourd’hui de 40 %) afin de s’aligner sur l’objectif européen d’une baisse de 55 % des émissions par rapport à 1990.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/30/energie-l-aie-appelle-la-france-a-investir-dans-l-efficacite-les-renouvelables-et-le-nucleaire_6104164_3244.html>
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16- Charbon : air pur ou énergie ? l'épineux dilemme de l'Inde, AFP, 30/11/21, 16:00
Abhaya Srivastava

Une épaisse poussière grise flotte au-dessus de la terre éventrée dans les mines de charbon à ciel ouvert de Singrauli en Inde, où de gigantesques pelleteuses charrient le combustible contribuant à la croissance mais aussi à la pollution atmosphérique du pays.
Les mines à ciel ouvert de Singrauli illustrent le dilemme auquel est confronté le deuxième pays le plus peuplé du monde, expliquant sa résistance à l'élimination progressive du charbon prônée durant le sommet de la COP26 à Glasgow au début du mois. 
L'Inde cherche à répartir plus largement les bénéfices du développement au sein de sa population de 1,3 milliard d'habitants, dont nombreux sont ceux qui restent privés d'électricité. 
Mais le prix à payer est élevé. À Singrauli, où plus d'une douzaine de mines et de centrales électriques alimentées au charbon sont en activité, la suie recouvre les arbres, les maisons, les voitures, même les vaches. 
Une boue sombre, grasse et collante tapisse les routes, tandis que les camions, les trains et les téléphériques transportent d'énormes monticules de charbon dont la poussière noire submerge les passants. 
- "Pollué à l'extrême" -
Tous sont condamnés à inhaler la terrible poussière et cet air âcre qui irritent les yeux et la gorge. 
"Notre air, notre eau et en fait tout l'environnement est pollué à l'extrême. Même les vaches ressemblent à des buffles ici", déclare à l'AFP Sanjay Namdev, un militant syndical, tandis que derrière lui, des grues et des bennes vrombissent dans une mer de charbon. 
"Mais oubliez la suppression progressive, impossible de supprimer par étape le charbon dans un pays comme l'Inde", ajoute-t-il. 
"Des millions de personnes dépendent du charbon pour avoir de l'électricité bon marché", explique-t-il,"je ne vois pas comment cela pourrait s'arrêter un jour". 
A mesure que la troisième plus grande économie d'Asie se développe, sa boulimie de charbon ne cesse d'augmenter, les classes moyennes ont besoin d'électricité pour leurs climatiseurs et réfrigérateurs. 
La consommation de charbon qui alimente 70% du réseau électrique indien a doublé cette dernière décennie. Seule la Chine en consomme davantage aujourd'hui. 
La pression internationale s'accentuant, le Premier ministre Narendra Modi a annoncé le mois dernier que l'Inde visait la neutralité carbone d'ici 2070, soit une décennie après la Chine et 20 ans après les autres grands émetteurs de CO2. 
Bien qu'étant le troisième pays émetteur mondial, le gouvernement fait valoir que ses émissions par habitant sont bien inférieures à la moyenne américaine.
- Quel avenir sans charbon ? -
Quelque 30.000 employés dans les mines de Singrauli, et des milliers d'ouvriers intérimaires, s'inquiètent de leur avenir sans charbon. Le changement climatique leur semble moins menaçant, en dépit des chaleurs de plus en plus torrides et des pluies diluviennes qu'ils subissent. 
"La pollution est grave ici. Je sais bien que c'est mauvais pour ma santé, mais que vais-je faire si les mines de charbon ferment ? Comment vais-je nourrir mes enfants ?", interroge Vinod Kumar, mineur aux traits exténués qui démentent ses 31 ans.
Northern Coalfields, entreprise minière publique, qui détient plus de 80% des actifs houillers de Singrauli, et produit 130 millions de tonnes de combustible par an, affirme tenter de rendre ses opérations moins polluantes. 
"Nous voulons rendre l'acheminement du charbon complètement écologique", assure à l'AFP Ram Vijay Singh, porte-parole de la société, "et puis, nous organisons chaque année des aires de consultation gratuite pour dépister les problèmes de santé de la population locale". 
Les militants écologistes, eux, affirment que ces mesures parcellaires ne servent aucun objectif concret. 
"Il existe des machines et des techniques qui peuvent réduire la pollution, mais les entreprises ne les prennent pas au sérieux", selon le militant Namdev. 
"Il existe tant de directives anti-pollution mais elles sont bafouées en toute impunité", poursuit-il, "tout ce qui les préoccupe, ce sont les profits rapides." 
En Inde, les mines de charbon et les secteurs connexes emploient plus de 13 millions de personnes, selon Harjeet Singh, expert et membre de l'Initiative du traité de non-prolifération des combustibles fossiles, un réseau international d'organisations de la société civile. 
"Une suppression brutale du charbon en Inde pourrait entraîner des perturbations économiques", souligne-t-il.
"Dans un pays où une grande partie de la population dépend du charbon pour ses revenus et son énergie, nous devons garantir la justice sociale dans la transition pour un avenir sans combustibles fossiles".
<https://information.tv5monde.com/info/charbon-air-pur-ou-energie-l-epineux-dilemme-de-l-inde-434564>
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17- Dix milliards d’euros pour une usine de gaz naturel liquéfié en Arctique, Reporterre, 30/11/21, 16h57

Près de dix milliards d’euros : c’est la somme obtenue par Arctic LNG 2, le projet de gigantesque usine de gaz naturel liquéfié (GNL) en construction dans l’Arctique russe, détenu notamment par Novatek et TotalEnergies (à hauteur de 21,6 %). Les responsables du projet vont pouvoir emprunter jusqu’à 9,5 milliards d’euros pendant 15 ans, via un « montage financier externe avec un consortium de banques internationales et russes », a indiqué dans un communiqué Arctic LNG 2. Quatre milliards et demi d’euros seront fournis par les banques russes, dont Sberbank, deux milliards et demi par des banques chinoises et encore deux milliards et demi d’euros seront prêtés par des institutions financières de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
>> Suite à lire à :
<https://reporterre.net/Dix-milliards-d-euros-pour-une-usine-de-gaz-naturel-liquefie-en-Arctique>
Sur le même sujet : 
> La France a renoncé à soutenir un projet gazier porté par TotalEnergies dans l’Arctique russe, Le Monde, 01/12/21, 16h48 
Perrine Mouterde et Adrien Pécout
Arctic LNG 2, qui vise à construire une gigantesque usine de liquéfaction pour exporter du gaz naturel vers l’Europe et l’Asie, est vivement contesté pour ses impacts sur l’environnement. 
Le mégaprojet gazier Arctic LNG 2, très contesté par des associations de défense de l’environnement, se fera finalement sans garantie publique de l’Etat français. L’information a été confirmée au Monde de source gouvernementale, mercredi 1er décembre. L’entreprise russe Novatek, principal porteur du projet avec le groupe français TotalEnergies (21,6 % de participation directe ou indirecte), avait annoncé, la veille, avoir obtenu près de 10 milliards d’euros de financement de banques russes et internationales.
La gigantesque usine de liquéfaction d’ores et déjà en construction dans l’Arctique russe, une zone très affectée par le dérèglement climatique, devrait permettre de produire près de 20 millions de tonnes de gaz par an, destinées à l’Europe et à l’Asie. La France avait d’abord envisagé apporter son soutien à ce projet par le biais de garanties à l’export. Grâce à ce mécanisme, le pays se porte garant de prêts pour les entreprises françaises à travers la banque publique d’investissement, Bpifrance. En toute discrétion, et en raison notamment de la pression d’ONG, elle y a finalement renoncé.
> Lire aussi La France envisage de renoncer à soutenir un mégaprojet gazier dans l’Arctique
Selon une source proche du dossier, Bpifrance n’a pas donné suite à la demande d’emprunt formulée par l’entreprise française Technip, également partie prenante du projet. Alors que le premier projet gazier de TotalEnergies dans l’Arctique, Yamal LNG, mis en service depuis 2017 avec Novatek, avait bénéficié de garanties publiques françaises, ni la multinationale ni Technip n’ont souhaité s’exprimer sur le fait que Paris n’accorde pas de garantie export à Arctic LNG 2, dont l’activité doit commencer en 2023. Selon Technip, ce projet « est important pour remplacer le charbon par le gaz naturel, notamment dans les pays asiatiques où les besoins en énergie sont très élevés, et permettre ainsi d’accélérer la transition énergétique ».
Malgré cette absence de soutien français, Novatek a annoncé, mardi, avoir levé 9,5 milliards d’euros sous forme d’emprunts « pour une période allant jusqu’à quinze ans ». Cette somme comprend notamment 2,5 milliards d’euros en provenance de Chine, par le biais de sa Banque de développement et de sa Banque d’exportation et d’importation. Un autre montant de 2,5 milliards proviendra d’institutions financières de l’Organisation de coopération et de développement économiques, notamment du Japon, ou d’Italie à travers l’agence italienne de crédit à l’export. Enfin, l’essentiel des prêts (4,5 milliards d’euros) reposera sur des banques russes.
Le gigantesque chantier d’Arctic LNG 2 est estimé par Novatek à un coût total d’environ 19 milliards d’euros. Outre ces 9,5 milliards d’emprunts, l’autre moitié des investissements repose sur les fonds propres des porteurs du projet, dont TotalEnergies – aucune précision supplémentaire sur la répartition des dépenses n’a filtré à ce stade.
Plusieurs organisations environnementales s’étaient fortement mobilisées contre un possible soutien français à ce mégaprojet gazier, en raison des risques majeurs qu’il fait peser sur la région. La route du Nord, que vont utiliser les bateaux pour transporter le gaz naturel vers l’Europe et l’Asie, n’est devenue praticable une partie de l’année qu’en raison du réchauffement des températures. L’impact sur la biodiversité, notamment en raison d’opérations de dragage des fonds marins, pourrait également être considérable.
Réjouies de la décision française
Accorder un soutien public à un tel projet aurait été en totale contradiction avec les engagements de la France en matière climatique et avec les positions affichées par Paris sur la scène internationale, soulignaient aussi les associations. En 2019, le président Emmanuel Macron avait profité du sommet international du G7 pour exprimer ses inquiétudes à propos de l’état de l’Arctique. En septembre à Marseille, cette fois lors du congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature, il avait affirmé que la France prendrait « toutes les mesures » qu’elle peut pour que « rien de la biodiversité en Arctique ne puisse être dégradé par des projets économiques portés par des entreprises », mais sans citer clairement Arctic LNG 2.
> Lire aussi Changement climatique : comment Total et Elf ont contribué à semer le doute depuis des décennies
Les organisations Les Amis de la Terre, SumOfUs et 350.org <http://350.org/> se sont réjouies, mardi, de la décision française, tout en appelant le gouvernement à mettre fin dès à présent à la possibilité d’octroyer de nouvelles garanties à l’export pour l’ensemble des projets d’hydrocarbures. « En l’état actuel de sa politique, la France pourrait financer des projets similaires [à Arctic LNG 2] jusqu’en 2035, précise Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne climat et transition juste aux Amis de la Terre. Cela va à l’encontre de ce que conseillent les scientifiques si nous voulons avoir une chance de ne pas atteindre un réchauffement climatique supérieur à 1,5 °C. Il est urgent que la France s’aligne sur les meilleures pratiques et inscrive dans la loi la fin des soutiens publics aux projets pétroliers et gaziers, sans exception. »
Lors de la conférence mondiale sur le climat (COP26) à Glasgow (Ecosse), la France a rejoint une coalition d’une trentaine de pays et banques en développements’engageant à ne plus financer, dès l’an prochain, les projets d’énergies fossiles qui ne sont pas accompagnés de « dispositifs d’atténuation » des émissions de gaz à effet de serre (comme le captage et le stockage du CO2). Son calendrier, qui doit toutefois être réexaminé en 2022, prévoit ensuite l’arrêt des financements pour l’ensemble des projets, y compris ceux adossés à des techniques de captage du carbone, en 2025 pour le pétrole et en 2035 pour le gaz.
En mai, l’Agence internationale de l’énergie a appelé à cesser immédiatement tout investissement dans de nouvelles installations pétrolières ou gazières pour espérer atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050.
> Lire notre enquête : En Ouganda, le pétrole de Total impose le silence et la peur
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/12/01/la-france-a-renonce-a-soutenir-un-projet-gazier-porte-par-totalenergies-dans-l-arctique-russe_6104327_3234.html <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/12/01/la-france-a-renonce-a-soutenir-un-projet-gazier-porte-par-totalenergies-dans-l-arctique-russe_6104327_3234.html>>
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18- Brittany Ferries va affréter début 2022 son premier navire au GNL, AFP, 30/11/21, 17:00

Brittany Ferries va affréter début 2022 son premier navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL) après en avoir pris livraison mardi en Suède, a annoncé la compagnie maritime qui prévoit l'arrivée de trois autres nouveaux bateaux d'ici 2025.
Le nouveau navire, baptisé Salamanca, sera loué au groupe suédois Stena RoRo avec une option d'achat, a précisé la compagnie à l'AFP. 
Construit au chantier CMJL de Weihai, en Chine, il sera mis en service au premier trimestre 2022 entre le Royaume-Uni et l'Espagne. Long de 215 mètres, il pourra transporter plus de passagers (1.015 au total) et de marchandises (2.700 mètres de linéaire de garage) que les navires plus anciens de la flotte. Il sera également plus confortable, moins bruyant et moins polluant, selon la compagnie basée à Roscoff (Finistère).
Le programme de renouvellement de la flotte de Brittany Ferries comprend cinq navires au total, tous loués à Stena RoRo avec option d'achat. Le Galicia a été mis en service en 2020. Après le Salamanca début 2022, ce sera au tour du Santoña en 2023, également propulsé au GNL et lui aussi destiné à relier le Royaume-Uni à l'Espagne, d'être mis en service. 
Suivront deux navires hybrides GNL/électrique d'ici 2025 pour remplacer le Bretagne et le Normandie, construits respectivement en 1989 et 1992. Ils relieront la France au Royaume-Uni.
Le Brexit et la crise sanitaire ont mis en grande difficulté la compagnie bretonne, premier employeur de marins français, fondée il y a près de 50 ans. De ce fait, elle va bénéficier d'une subvention exceptionnelle de l'Etat de 45 millions d'euros, ainsi que de l'abandon de créances pour un total de 16 millions d'euros. Un prêt garanti par l'État (PGE) à hauteur de 117 millions d'euros lui a également été accordé.
Brittany Ferries, qui compte près de 2.500 salariés, dont 1.600 navigants ETP (équivalent temps plein), dessert la France, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Irlande via 14 routes maritimes.
<https://information.tv5monde.com/info/brittany-ferries-va-affreter-debut-2022-son-premier-navire-au-gnl-434579>
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19- A Paris, le salon du nucléaire civil s'ouvre dans un climat plus porteur, AFP, 30/11/21, 18:00
Julien Mivielle

"Le nucléaire est de retour !": les industriels réunis près de Paris dans le plus grand salon mondial du secteur ont célébré le retour en grâce de cette énergie controversée à la faveur de la crise climatique, mais attendent toujours les détails du futur programme français.
Le "World nuclear exhibition" (WNE) se tient jusqu'à jeudi à Villepinte, au nord de la capitale française, pour la première fois depuis trois ans, l'édition 2020 ayant été reportée en raison de la pandémie de Covid-19.
"Je suis venu ici une nouvelle fois, mais dans des conditions plus favorables qu’en 2018, défendre cette filière historique qu’est la filière nucléaire française", a déclaré en ouverture le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.
"Les choses ont profondément évolué" depuis trois ans et le nucléaire représente "la seule voie qui nous permettra d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050", a-t-il lancé dans une ambiance de meeting électoral, terminant son discours au milieu de délégués ravis et sans micro en raison... d'une panne d'électricité.
Les organisateurs attendent 18.000 participants pour ce salon international du nucléaire civil, un secteur qui revient sur le devant de la scène dix ans après l'accident de Fukushima qui lui avait porté un coup d'arrêt.
Les industriels mettent aujourd'hui en avant l'avantage climatique de cette énergie qui n'émet pas de CO2 lors de son fonctionnement.
Outre les grandes ambitions chinoises en la matière, le nucléaire suscite en Europe l'intérêt de divers pays comme la Pologne ou la République tchèque par exemple, ou l'Inde. Tous ces pays espèrent ainsi réduire leur dépendance au charbon. 
Signe d'une conjoncture plus favorable, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a relevé cette année ses projections pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, prévoyant désormais un doublement de la puissance nucléaire installée d'ici à 2050 dans le scénario le plus favorable.
- "Soif pour le nucléaire" -
"On est dans les enjeux du changement climatique, de la croissance économique, de la relance économique donc c'est évident qu'il y a un besoin, qu'il y a une soif pour le nucléaire qui est globale", a souligné le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi.
"Il y a 51 réacteurs qui sont construits en ce moment", et "ce n'est pas une histoire de deux ou trois pays", a-t-il souligné.
"Le nucléaire est de retour", a aussi assuré le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, citant outre la question climatique le besoin de stabilité à l'heure d'une crise sur les marchés mondiaux de l'énergie.
"Mais rien n'est encore joué", a-t-il nuancé, en adressant également une mise en garde aux professionnels : "l'industrie nucléaire doit délivrer à temps et selon le budget !".
Un propos qui résonne particulièrement en France, où le seul réacteur nucléaire en construction, l'EPR de Flamanville (Manche), connaît au moins dix ans de retard et des surcoûts à répétition, alimentant les doutes sur la capacité de l'industrie à répondre à temps à l'urgence climatique.
La France, l'un des pays les plus nucléarisés au monde, a finalement décidé de ne pas attendre le démarrage de cet EPR pour construire de nouveaux réacteurs sur son sol, a annoncé Emmanuel Macron le 9 novembre, s'emparant ainsi d'un thème de campagne porteur notamment à droite.
Espéré par les professionnels, le président n'est toutefois pas venu au WNE pour détailler ce nouveau programme tant attendu. "Il faut un nombre significatif de réacteurs nucléaires", a seulement déclaré Bruno Le Maire, sans précision sur le nombre ou le calendrier.
En attendant, il a promis que le nucléaire serait inclus "dans les jours qui viennent" dans la "taxonomie" verte européenne, une liste d'énergies jugées vertueuses pour le climat et l'environnement qui aura ainsi un accès facilité à certains financements.
<https://information.tv5monde.com/info/paris-le-salon-du-nucleaire-civil-s-ouvre-dans-un-climat-plus-porteur-434589>
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20- Énergie : Bruno Le Maire affirme que la France a besoin d'un nombre significatif de réacteurs nucléaires, 20 Minutes avec AFP, 30/11/21, 18h25
M.F avec AFP

Electricité. Le ministre de l’Economie juge que le nucléaire devrait faire partie de la liste des énergies vertueuses pour le climat et l’environnement
« Si nous voulons réindustraliser le pays, avoir une vraie reconquête industrielle, ce qui est au cœur de notre ambition avec le président de la République, il faut un nombre significatif de réacteurs nucléaires », a affirmé mardi  Bruno Le Maire en marge de l’ouverture du salon World Nuclear Exhibition, près de Paris.
« Le président de la République déterminera le nombre de réacteurs nécessaires mais réindustrialiser et décarboner, ça veut dire plus de réacteurs nucléaires pour produire plus d’électricité qui va servir à la décarbonation des grands sites industriels », a poursuivi le ministre de l’Economie, alors que le pays s’apprête à relancer un programme de construction dont les contours doivent encore être précisés.
« Nous allons gagner ce combat »
La France, l’un des pays les plus nucléarisés au monde, s’apprête en effet à construire de nouveaux réacteurs sur son sol, une vingtaine d’années après la mise en service des derniers, a annoncé le président Emmanuel Macron le 9 novembre. Le nombre de réacteurs, le calendrier ou le financement n’ont toutefois pas encore été précisés.
Bruno Le Maire a aussi indiqué que le nucléaire devrait être « inscrit dans les jours qui viennent » dans la « taxonomie verte » européenne, une liste d’énergies jugées vertueuses pour le climat et l’environnement. Cette classification ouvrira l’accès à la finance verte, donnant un avantage compétitif crucial aux filières reconnues. « Il serait inconcevable et irresponsable que l’énergie nucléaire ne soit pas reconnue comme une énergie décarbonée dans la taxonomie européenne » et « nous allons gagner ce combat », a assuré le ministre.
>> Suite à lire à :
<https://www.20minutes.fr/planete/3186083-20211130-energie-bruno-maire-affirme-france-besoin-nombre-significatif-reacteurs-nucleaires>
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21- France : quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050, We Demain, 30/11/21
Sofia Colla

Relocaliser, consommer moins, changer d’énergies… Comment atteindre la neutralité carbone ? L’Ademe a élaboré 4 scénarios très distincts qui permettent d’atteindre cet objectif d’ici 2050.
La France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’idée n’est pas de stopper complètement les émissions de gaz à effet de serre. Mais de trouver des solutions pour les réduire et pour compenser celles qui persistent. L’Ademe s’est prêté au jeu. Pendant deux ans, une centaine de collaborateurs, accompagnés d’experts et de scientifiques, ont élaboré quatre scénarios, qui aboutissent tous à la neutralité carbone de la France métropolitaine d’ici le milieu du siècle. 
Ils “empruntent des voies distinctes et correspondent à des choix de société différents. Ces quatre scénarios sont inspirés dans leur logique des quatre scénarios du GIEC présentés dans le rapport spécial 1,5 °C de 2018”, précise l’Ademe, dans la synthèse du rapport Transition(s) 2050. 
Selon ces quatre projections, “la réduction de la demande en énergie est le facteur clé”. Une réduction qui va de 23 % à 55 % par rapport à 2015. Mais attention, “la neutralité carbone n’est pas qu’un sujet énergétique”, précise Arnaud Leroy, président de l’Ademe. Il faut également prendre en compte la question des puits carbones naturels et technologiques. Dans tous les cas, “il est impératif d’agir rapidement”, alerte-t-il. Avant de préciser que la neutralité est “possible mais difficile”. Toutes les voies “nécessitent une planification orchestrée des transformations, associant État, territoires, acteurs économiques et citoyens.”
De nombreuses évolutions sont en effet nécessaires. Les scénarios 1 et 2 reposent plutôt sur des évolutions sociétales. Quant aux scénarios 3 et 4, ils s’appuient plus sur la technologie. Voici les quatre chemins imaginés par l’Ademe.
> À lire aussi : COP26 : Où en est la France dans ses émissions de CO2 ?
>> Suite à lire à :
<https://www.wedemain.fr/respirer/france-quatre-scenarios-pour-atteindre-la-neutralite-carbone-en-2050/>
Sur le même sujet : 
> « Transition(s) 2050 » : trois points-clés à retenir des scénarios de l’ADEME <https://usbeketrica.com/fr/article/transition-s-2050-trois-points-cles-a-retenir-des-scenarios-de-l-ademe>, Usbek & Rica, 01/12/21
En savoir plus :
> Transition(s) 2050 - 4 scénarios pour atteindre la neutralité carbone : Rapport – Synthèse – Résumé exécutif <https://transitions2050.ademe.fr/>, Ademe, novembre 2011
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En audio
22- Les ports mettent le cap sur l’environnement, France culture, Entendez-vous l’éco, 26/11/21, de 14h à 15h
Tiphaine de Rocquigny

Maillons stratégiques de la mondialisation, les ports se veulent désormais plus économes en foncier, plus respectueux de l’environnement, tout en étant mieux intégrés à la ville. Face à la saturation des chaînes logistiques, l'enjeu est ainsi d'allier efficacité économique et pérennité énergétique.
La crise sanitaire a été le révélateur de profonds dysfonctionnements structurels au sein des dynamiques portuaires mondiales.
Dans un premier temps, dans un contexte de confinement globalisé, les chaînes d'approvisionnement ont été largement et naturellement ralenties. Le port du Havre, principal port français en terme d'accueil de porte-conteneurs, a ainsi vu son trafic diminuer de plus de 14% en 2020.
Cependant, face à la reprise économique forte durant l'année 2021 et l'augmentation drastique de la consommation, de grands ports mondiaux, notamment américains et asiatiques, sont alors en proie à la gestion de l’encombrement des terminaux, favorisant ainsi les retards de livraisons. Le Covid-19 a donc renforcé la nécessité de rendre les ports plus performants. Concrètement, face à cet encombrement, faut-il revoir les infrastructures portuaires afin de les rendre plus résilientes économiquement et écologiquement ? 
>> Suite à lire et émission (58 min) à réécouter à :
<https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-l-eco/les-ports-mettent-le-cap-sur-l-environnement>
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En images
23- La réparation des batteries, un marché plein d'avenir, Actu-environnement, 26/11/21
Baptiste Clarke

Vélos, scooters, trottinettes… En 2020, plus de 2 millions d'engins électriques ont été vendus en France. Autant de batteries à réparer en cas de panne. Un marché sur lequel émergent de nouveaux acteurs. Reportage vidéo à Amplepuis (69).
À Amplepuis, petite commune rurale d'un peu plus de 5 000 habitants, à 60 km au nord-ouest de Lyon, l'entreprise Nowos a ouvert, depuis un an, un atelier de réparation de batteries au lithium-ion. Des batteries de vélos, scooters et trottinettes électriques, en panne.
>> Reportage vidéo à voir à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/reparation-batteries-marche-avenir-38617.php4>
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À PROPOS DE LA PRÉSENTE REVUE DE PRESSE...
Cette revue de presse s’inscrit dans la mission éducative de notre Fondation, au statut apolitique et non confessionnelle, et vise à répondre aux souhaits d’information et de sensibilisation des abonnés.
Elle n’a pas de caractère exhaustif. Il s’agit d’une sélection pluraliste d’articles ou de dépêches, parfois antagonistes, ne faisant pas systématiquement la Une des journaux et regroupés en 6 thèmes, adressée par mail du lundi au vendredi, à raison d’un thème différent chaque jour.
Diffuser ces articles ne signifie pas automatiquement les approuver mais vise à vous surprendre, vous enrichir, vous donner envie d’en savoir plus, vous aider à relayer l’info, à passer à l’action, et même, à vous indigner ou à vous faire sourire ! Nous espérons qu’au moins un de ces articles répondra chaque jour à l’un de ces objectifs.
Si l’archivage récemment mis en place ne cous convient pas, pensez à conserver les articles qui vous concernent ou vous intéressent particulièrement.
Sur le fond et en complément de notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> & Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>, il s’agit là d’une modeste contribution à une meilleure compréhension du monde par l’éducation à la complexité.
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À PROPOS DE LA FONDATION POUR LA NATURE ET L'HOMME (FNH)…
NOS PROGRAMMES
— Génération climat <http://www.generation-climat.org/>, un programme de soutien aux jeunes porteurs de projets en France et à l’étranger.
— J’agis pour la nature <https://jagispourlanature.org/>, des activités de bénévolat nature partout en France.
— Mon Restau Responsable <https://www.monrestauresponsable.org/>®, un outil gratuit destiné à accompagner les restaurants collectifs qui souhaitent proposer à leurs convives une cuisine saine, de qualité et respectueuse de l’environnement.
— L’affaire du siècle <https://laffairedusiecle.net/>, une campagne de mobilisation pour soutenir l'action en justice contre l'Etat pour le climat. 
— The Freaks <https://www.the-freaks.fr/>, un collectif d'artistes et de personnalités qui s'engagent à adopter de nouveaux comportements pour lutter contre la sur-consommation, la pollution, le réchauffement climatique et protéger la biodiversité.
— Le temps est venu <https://letempsestvenu.org/>, 100 propositions pour prendre la mesure des changements à entreprendre pour opérer une transition écologique socialement juste.
— Baromètre des mobilités <http://barometremobilites-quotidien.org/>, une analyse annuelle des pratiques de mobilité des Français.
LES PUBLICATIONS DU THINK TANK
— Les rapports et contributions  <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/articles/?category=think-tank&think-tank=rapport-contributions>
— Les Points de vue & Editos <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/articles/?think-tank=les-points-de-vue-editos&category=think-tank> 
— Les Talks <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/articles/?think-tank=les-talks&category=think-tank> 
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