[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur énergies, ressources, transports, habitat, urbanisme & aménagement du territoire (lundi 18 octobre)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Lun 18 Oct 07:56:43 CEST 2021


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Sondage. Les Français se divisent sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires <https://www.lejdd.fr/Politique/sondage-les-francais-se-divisent-sur-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires-4070212>, Le JDD, 07/10/21, 06h45 
2- A six mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron assume de plus en plus une position pro-nucléaire <https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/a-six-mois-de-la-presidentielle-emmanuel-macron-assume-de-plus-en-plus-une-position-pro-nucleaire_6097410_6059010.html>, Le Monde, 07/10/21, 12h15
3- Présidentielle : le nucléaire, un sujet qui divise les candidats pour 2022 <https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/presidentielle-le-nucleaire-un-sujet-qui-divise-les-candidats-pour-2022_6097492_6059010.html>, Le Monde, 07/10/21, 17h00
4- Nucléaire : les mini-centrales, un projet d’exportation pour la France <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/07/nucleaire-les-mini-centrales-un-projet-d-exportation-pour-la-france_6097491_3244.html>, Le Monde, 07/10/21, 17h00
5- Tribune. « Il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides de TotalEnergies en Afrique » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/08/il-est-temps-que-la-france-cesse-d-encourager-les-projets-climaticides-de-totalenergies-en-afrique_6097566_3232.html>, Le Monde, 08/10/21, 06h00 
6- Des coupures d’électricité menacent l’Inde, les stocks de charbon atteignent un point critique <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/08/des-coupures-d-electricite-menacent-l-inde-les-stocks-de-charbon-atteignent-un-point-critique_6097598_3234.html>, Le Monde, 08/10/21, 10h26 
7- Les porte-conteneurs sont devenus tellement énormes qu'on n'arrive plus à les décharger <https://korii.slate.fr/et-caetera/porte-conteneurs-enormes-decharger-ports-infrastructures-marchandises>, Korii, 08/10/21, 12h00
8- Chaque minute, les fossiles coûtent 9,5 millions d’euros à la planète <https://reporterre.net/Chaque-minute-les-fossiles-coutent-9-5-millions-d-euros-a-la-planete>, Reporterre, 08/10/21, 14h12
9- Chronique. « Vladimir Poutine savoure son statut de “tsar du gaz” » <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/08/vladimir-poutine-savoure-son-statut-de-tsar-du-gaz_6097620_3234.html>, Le Monde, 08/10/21, 15h21
10- Alsace : extinction des lumières, balades nocturnes, 35 initiatives du Jour de la nuit sont prévues samedi 9 octobre <https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/alsace-extinction-des-lumieres-balades-nocturnes-les-35-initiatives-du-jour-de-la-nuit-2284735.html>, France 3 Grand Est, 08/10/21, 15h55
11- Chine : Pékin demande à 72 mines de charbon d'augmenter leur production <https://www.20minutes.fr/planete/3143627-20211008-chine-pekin-demande-72-mines-charbon-augmenter-production>, 20 Minutes avec AFP, 08/10/21, 16h16
12- Décryptage. L’éolien, sujet clivant de la campagne présidentielle <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/08/l-eolien-sujet-clivant-de-la-campagne-presidentielle_6097601_3244.html>, Le Monde, 08/10/21, 18h16
13- Delhi avertit d'une crise de l'électricité imminente <https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211009-delhi-avertit-d-une-crise-de-l-%C3%A9lectricit%C3%A9-imminente>, AFP, 09/10/21, 18:00
14- Au Royaume-Uni, l'eau tiède d'une ancienne mine pour chauffer des maisons <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/au-royaume-uni-l-eau-tiede-d-une-ancienne-mine-pour-chauffer-des-maisons_158162>, AFP, 10/10/21, 08:00
15- Tribune. Energie solaire : « La France interdit aux collectivités d’apporter leur soutien à des projets aux retombées économiques réelles » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/10/energie-solaire-la-france-interdit-aux-collectivites-d-apporter-leur-soutien-a-des-projets-aux-retombees-economiques-reelles_6097809_3232.html>, Le Monde, 10/10/21, 11h00 
16- Les Français majoritairement pour le nucléaire mais contre de nouvelles centrales <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/10/les-francais-majoritairement-pour-le-nucleaire-mais-contre-de-nouvelles-centrales_6097829_3234.html>, Le Monde, 10/10/21, 17h30
17- Gonesse, Grignon, Saclay ou Val Bréon : des marches contre l’artificialisation des terres agricoles <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/10/gonesse-grignon-saclay-ou-val-breon-des-marches-contre-l-artificialisation-des-terres-agricoles_6097841_3244.html>, Le Monde, 10/10/21, 23h17
18- Chine : des dizaines de mines de charbon fermées par des inondations <https://information.tv5monde.com/info/chine-des-dizaines-de-mines-de-charbon-fermees-par-des-inondations-428053>, AFP, 11/10/21, 14:00
19- L'UE va «inciter» les États à baisser les taxes sur l'énergie <https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-ue-va-inciter-les-etats-a-baisser-les-taxes-sur-l-energie-20211011>, Le Figaro avec AFP, 11/10/21, 15:36
20- Décryptage. Pourquoi le nucléaire revient en grâce <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/10/le-nouveau-printemps-du-nucleaire_6097823_3234.html>, Le Monde, maj le 11/10/21 à 19h01
21- Greenpeace : sept arrestations lors d'une manifestation à Londres contre un projet de champ pétrolier <https://information.tv5monde.com/info/greenpeace-sept-arrestations-lors-d-une-manifestation-londres-contre-un-projet-de-champ>, AFP, 11/10/21, 22:00
22- Le chèque énergie contribue à réduire la précarité énergétique des ménages <https://www.actu-environnement.com/ae/news/cheque-energie-contribue-reduire-precarite-energetique-menages-38341.php4>, Actu-environnement, 11/10/21
23- Le prix du gazole n’a jamais été aussi élevé en France <https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/12/le-prix-du-gazole-n-a-jamais-ete-aussi-eleve-en-france_6098026_3234.html>, Le Monde, 12/10/21, 13h40
24- Tribune. Contre-vérités d'une déclaration sur les camions roulant au gaz naturel liquéfié <https://www.asef-asso.fr/actualite/tribune-du-collectif-air-sante-climat-contre-verites-dune-declaration-sur-les-camions-roulant-au-gaz-naturel-liquefie/>, Collectif air-santé-climat, 12/10/21 
En images
25- Hausse des prix de l'énergie : les centrales miniatures sont-elles une solution ? <https://www.francetvinfo.fr/economie/energie/hausse-des-prix-de-l-energie-lescentrales-miniatures-sont-elles-une-solution_4795099.html>, France 2, journal de 20h, 04/10/21
26- Nucléaire : on repart pour 30 ans ? <https://www.france.tv/france-5/c-dans-l-air/2801825-emission-du-mardi-12-octobre-2021.html>, France 5, C dans l’air, 12/10/21, 17h44

Bien à vous,
Florence

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DIVISION DU JOUR : Les Français comme les candidats à l’élection présidentielle de 2022 sont divisés sur la question du nucléaire et de son éventuel développement. (cf. item 1, 2, suite, 3, 4, suite, 16, 20, 25 & 26)
POINTS CRITIQUES DU JOUR : — Les centrales thermiques indiennes ne disposaient plus que de quatre jours de réserves. Les stocks ont rarement connu des niveaux aussi bas, faisant craindre des coupures de courant. (cf. item 6 & 13)
— Avec le gigantisme croissant des porte-conteneurs et un entassement accru des cargaisons sur chaque bateau afin de maximiser les revenus des compagnies maritimes, les ports n'arrivent plus à faire face à cet afflux massif de conteneurs. (cf. item 7)
— La Chine connaît des coupures d’électricité à répétition depuis plusieurs semaines et les autorités chinoises ont demandé à 72 mines de charbon d’augmenter leur production. Mais des inondations ont entraîné la fermeture de dizaines de mines de charbon dans une grosse région productrice du nord de la Chine. (cf. item 11 & 18)
COÛTS DU JOUR : — L’énergie fossile coûte énormément à la société planétaire : 5 900 milliards d’euros par an, soit 9,5 millions d’euros par minute. C’est ce que calcule le Fonds monétaire international. (cf. item 8 & suite)
— Chaque soir en France, "11 millions de lampadaires et 3,5 millions d'enseignes lumineuses s'allument", estime le géographe Samuel Challéat (cf. item 10)
— Le prix moyen du gazole à la pompe a atteint 1,5354 euro la semaine dernière, soit une hausse de 28 % sur un an. Même en 2018, au début de la crise des « gilets jaunes », le litre de gazole n’était pas aussi cher. (cf. item 23)
MOT D'ORDRE DU JOUR : Depuis Gonesse, Grignon, Saclay ou Val Bréon la lutte contre l’artificialisation des terres agricoles en Ile-de-France, contre les projets d’infrastructure, souvent de transports, « inutiles » selon leurs opposants : tel était le mot d’ordre commun des centaines de manifestants qui se sont retrouvés devant l’Hôtel de Ville de Paris. (cf. item 17 & suite)
REQUÊTE DU JOUR : La Commission européenne va inciter les États à baisser les taxes sur l'énergie et à redistribuer les bénéfices de la hausse des prix aux plus démunis grâce à différents outils à leur disposition, a déclaré le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton. (cf. item 19)
ALTERNATIVES DU JOUR : — Perché sur une falaise, l'ancien puits de la mine de Dawdon au Royaume-Uni a été remplacé par deux imposants tuyaux pompant en permanence l'eau tiède qui a depuis envahi les galeries. Elle sera bientôt utilisée pour chauffer 1.500 maisons. (cf. item 14)
— Le chèque énergie « cible bien la population des ménages en situation de précarité énergétique puisque les trois quarts d'entre eux en sont bénéficiaires », souligne le Commissariat général au développement durable (CGDD) (cf. item 22)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/le-temps-est-venu-lappel-de-nicolas-hulot-pour-poser-les-premieres-pierres-dun-nouveau-monde/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
> Pétition. L’Affaire du Siècle. Climat : stop à l’inaction, demandons justice ! <https://laffairedusiecle.net/>
> Let’sbio ! Le Bonus cantine Bio et Locale <https://www.letsbio.org/>
> 30 gestes et astuces pour réduire sa conso d’énergie <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/economies-denergie-au-quotidien-trucs-et-astuces-pour-depenser-moins/>
> Groupe Facebook "Infos et astuces pour économiser l’énergie <https://www.facebook.com/groups/208132273169772/?utm_campaign=GE2018&utm_medium=E5&utm_source=GE2018E516>"
> Une collection de vidéos pour décrypter les enjeux écologiques et climatiques <https://www.youtube.com/playlist?list=PLh--7obE3XQ4Ku7J6VzsvlsKayQqvJTq9>
> Pétition. TAFTA, CETA : des traités climaticides qui menacent nos démocraties. <http://fondation-nicolas-hulot.org/action/tafta-ceta-des-traites-climaticides-qui-menacent-nos-democraties/?_ga=1.254849352.1537587716.1214298697>
> Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://www.youtube.com/watch?v=FMjygtDmPSM>
> L'APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <http://www.comite21.org/reseau-adherents/actualites.html?id=11056>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/trophees-pour-le-climat-my-positive-impact/>
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1- Sondage. Les Français se divisent sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, Le JDD, 07/10/21, 06h45 
Louise Jussian, chargée d’études à l'Ifop

L'enquête Ifop pour le JDD révèle que 51% des Français sont favorables à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, tandis que 49% y sont défavorables. 
Alors qu'Emmanuel Macron devrait prochainement annoncer la création de mini-réacteurs nucléaires, l'opinion publique apparaît fracturée: sur ce sujet très complexe, autant de répondants se positionnent en faveur de la création de ces nouveaux réacteurs (51% y sont favorables) que contre (49% y sont défavorables), selon notre enquête Ifop pour Le Journal du Dimanche.
C'est le signe, alors que la question du nucléaire semble s'immiscer dans la précampagne présidentielle et que l'atome anime régulièrement les débats, d'une absence de maturation de l'enjeu auprès des Français. Dans la lignée de précédentes enquêtes réalisées par l'Ifop, aucun mouvement d'opinion net ne semble encore se dessiner.
Clivages générationnel et politique
Cette "fracture" se joue notamment sur deux clivages : générationnel et politique. Les plus âgés semblent en effet adhérer davantage à la construction de ces nouvelles centrales. Bercée par le discours autrefois unanime autour du fleuron français que constituait le nucléaire, cette génération plébiscite encore cette source d'énergie… Toutefois, les plus jeunes apparaissent moins enthousiastes à l'égard de l'atome (42% des 25-34 ans y sont favorables contre 76% des 65 ans et plus) et peuvent avoir tendance à privilégier des énergies jugées plus "vertes".  
On retrouve cette fragmentation de l'opinion selon le positionnement politique. Les sympathisants de la majorité présidentielle et de droite approuvent assez nettement le discours présidentiel quand les partisans d'Europe Ecologie-Les Verts le rejettent majoritairement. A gauche de l'échiquier politique, les Français semblent plus nuancés mais tout de même opposés au projet : 59% des sympathisants de La France insoumise y sont défavorables, et 58% de ceux du Parti socialiste.
* Enquête réalisée par l'Ifop pour le JDD du 5 et 6 octobre auprès d'un échantillon de 1.010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas, questionnaire autoadministré en ligne. La marge d'erreur se situe entre 1,4 et 3,1 points.
<https://www.lejdd.fr/Politique/sondage-les-francais-se-divisent-sur-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires-4070212 <https://www.lejdd.fr/Politique/sondage-les-francais-se-divisent-sur-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires-4070212>>
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2- A six mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron assume de plus en plus une position pro-nucléaire, Le Monde, 07/10/21, 12h15
Claire Gatinois

Face à la crise énergétique, le président de la République défend l’industrie de l’atome, tout en assurant qu’elle n’est pas incompatible avec les enjeux environnementaux et le développement des énergies renouvelables. 
Et soudain, la question du nucléaire s’est invitée dans la campagne présidentielle. Le dossier, passionnel et clivant, source d’angoisses héritées des catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl pour les uns, motif de fierté nationale pour les autres, a surgi avant même l’arrivée des premiers frimas de l’hiver. La hausse vertigineuse des prix du gaz et de l’électricité observée ces derniers mois, en faisant resurgir la question de la souveraineté énergétique, a poussé la quasi-totalité des candidats, affichés ou pressentis pour l’élection présidentielle de 2022, à se positionner pour ou contre l’atome.
Dans ce débat, Emmanuel Macron a choisi son camp. Celui du nucléaire. Une position qui, à l’en croire, n’est pas incompatible avec les enjeux environnementaux. Les centrales ne produisent pas de CO2, martèle son entourage, et soutenir la filière n’empêche pas de développer les énergies renouvelables, tout en s’attaquant à la question des déchets. « On n’est pas pour ou contre le nucléaire, on est pour la réduction des gaz à effet de serre », appuie-t-on au sommet de l’Etat.
Lors d’un échange avec la presse en marge du sommet entre les pays de l’Union européenne et leurs partenaires occidentaux des Balkans, en Slovénie, mercredi 6 octobre, le chef de l’Etat a réaffirmé cette position. Ne manquant pas de rappeler que tous les pays européens étaient confrontés à cette flambée des prix de l’énergie, Emmanuel Macron a souligné que « la France était moins dépendante que d’autres aux énergies fossiles en raison de notre nucléaire ». Une déclaration de soutien à la filière nucléaire française, qui accrédite l’idée que le président de la République, après avoir programmé la fermeture d’ici à 2035 de douze réacteurs vieillissants, compte (ré)investir dans l’industrie.
> Lire aussi  La course aux petits réacteurs nucléaires est lancée
Selon une information diffusée par Europe 1 le 4 octobre, Emmanuel Macron pourrait annoncer, dès mardi 12 octobre, lors de la présentation du plan d’investissement pour bâtir la « France de 2030 », le soutien au financement de « small modular reactor » (SMR), des mini-centrales nucléaires permettant de servir d’appoint aux centrales existantes.
« Souveraineté énergétique »
Changement de pied ? Emmanuel Macron a un temps été suspecté d’avoir le « nucléaire honteux ». N’a-t-il pas mis à exécution, en début de mandat, la fermeture de Fessenheim, promesse de son prédécesseur François Hollande voulue par les écologistes ? De quoi dénoncer « l’incurie » de la politique énergétique du chef de l’Etat, selon la représentante du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, qui, après avoir jugé l’industrie dangereuse, fait du nucléaire une « priorité nationale absolue ». « Il n’y a pas un “en même temps” énergétique. Fessenheim était une industrie vieillissante (…) et, oui, nous investirons dans d’autres centrales pour renouveler le parc », a rétorqué Clément Beaune, le ministre des affaires européennes, sur Europe 1, le 5 octobre.
A en croire l’Elysée, Emmanuel Macron a toujours assumé son profil pronucléaire. Mais fidèle à la recherche d’un équilibre entre une droite braquée contre les éoliennes, accusées de défigurer les campagnes, et réclamant le tout-nucléaire, et une gauche écologiste, plaidant pour 100 % d’énergies renouvelables, le locataire de l’Elysée prône un entre-deux. Ainsi, le nucléaire, vu comme un outil ad hoc pour décarboner l’énergie et assurer l’indépendance énergétique du pays, n’empêcherait pas de développer, en parallèle, les énergies renouvelables, avec l’éolien et le solaire.
Représentant aujourd’hui de l’ordre de 70 % du « mix » électrique, la part du nucléaire doit baisser progressivement pour atteindre 50 % d’ici à 2035. « On doit lutter contre la démagogie électorale. La vraie question est celle de la souveraineté énergétique. Une sortie trop rapide du nucléaire nous obligerait à acheter du gaz et du charbon, ce qui nous ferait dépendre de M. Poutine [la Russie est le principal fournisseur de gaz en Europe] », souligne Stanislas Guerini, délégué général de La République en marche (LRM).
Ecologie de progrès
Si la France veut réduire ses émissions de CO2, il lui faut non seulement réduire sa consommation en poursuivant les rénovations de bâtiments mais aussi transformer les chauffages au gaz existants et les voitures à essence par de l’électrique. « Tout cela risque de faire augmenter notre consommation. Les énergies renouvelables, seules, ne peuvent répondre à ces besoins. Il n’y a pas tout le temps du vent ou du soleil !, insiste Jean-Charles Colas-Roy, député (LRM) de l’Isère et référent pour la transition écologique. Il ne faut avoir aucune pudeur à défendre de concert renouvelables et nucléaire. »
> Lire aussi  Energies : entre vent et atome, une clarification s’impose
En s’assumant pronucléaire, malgré les réserves de sa ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, Emmanuel Macron pense ne pas braquer une partie de l’électorat de droite, attaché à l’industrie initiée sous De Gaulle et développée sous Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing dans les années 1970, tout en défendant sa propre vision de l’écologie.
Une écologie de progrès, opposée à celle du « modèle amish » qu’il a dénoncée en 2020 et que voudraient, selon lui, imposer Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et leur candidat à la présidentielle, Yannick Jadot. « Le clivage entre une droite pro-nucléaire et anti-renouvelable et une gauche écologiste pour une sortie du nucléaire n’est pas nouveau. Ce qui l’est plus, c’est que le nucléaire devient une solution pour décarboner l’économie et pour répondre à la question du pouvoir d’achat », observe Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondage Ipsos.
> Lire aussi  Présidentielle : le nucléaire, un sujet qui divise les candidats pour 2022
« Emmanuel Macron ne peut pas avoir fromage et dessert. A un moment, il faut choisir », s’agace Julien Aubert, député (Les Républicains, LR) de Vaucluse, tête de pont de la filière nucléaire à l’Assemblée.
Tandis que chez les Verts, on enrage. « La majorité présidentielle veut se présenter comme le camp des “raisonnables”. Leur logique, c’est de dire qu’on ne peut pas se passer du nucléaire. Et on nous remet toujours une nouvelle avancée technologique qui résout tous les problèmes. Hier, c’était l’EPR, aujourd’hui, ce sont ces mini-centrales, ce “nucléaire mignon” et donc moins dangereux. Encore une fois, Emmanuel Macron et sa majorité ne veulent pas considérer la sobriété énergétique comme la clé du modèle de demain ! », dénonce Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, ancien « marcheur » désormais soutien de Yannick Jadot. A un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, la question pourrait bien enflammer les débats.
<https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/a-six-mois-de-la-presidentielle-emmanuel-macron-assume-de-plus-en-plus-une-position-pro-nucleaire_6097410_6059010.html <https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/a-six-mois-de-la-presidentielle-emmanuel-macron-assume-de-plus-en-plus-une-position-pro-nucleaire_6097410_6059010.html>>
Sur le même sujet :
> France 2030 : l’opposition attaque le plan d’investissements d’Emmanuel Macron <https://www.leprogres.fr/politique/2021/10/12/france-2030-l-opposition-attaque-le-plan-d-investissements-d-emmanuel-macron>, Le Progrès, 12/10/21, 16:00
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3- Présidentielle : le nucléaire, un sujet qui divise les candidats pour 2022, Le Monde, 07/10/21, 17h00
Marie Pouzadoux

A droite comme à gauche de l’opposition, le dossier du nucléaire est un marqueur fort de la campagne présidentielle. Tour d’horizon des prises de position. 
La question de l’arrêt ou du renouvellement du parc nucléaire est plus que d’actualité. D’un côté sont pointés du doigt les risques environnementaux et sanitaires qu’un incident lié à des structures vieillissantes ferait peser sur le pays. La question environnementale et la transition énergétique pèsent aussi de plus en plus lourd dans les consciences politiques et les propositions électorales à six mois de la présidentielle.
De l’autre perdurent les interrogations posées par la transition vers les énergies renouvelables et l’autosuffisance énergétique. Ajoutées à cela les questions autour de la souveraineté ranimées par la crise due au Covid-19 et la hausse des prix de l’énergie, le débat autour de l’atomique se reconfigure alors qu’Emmanuel Macron doit prochainement annoncer un nouvel investissement de l’Etat dans l’énergie atomique avec la construction de minicentrales nucléaires, dites « SMR ».
• Une position pro-nucléaire réaffirmée à droite
A droite, le parti Les Républicains (LR), qui a toujours protégé le modèle nucléaire français, défend l’argument souverainiste et celui du progrès technologique pour améliorer les dispositifs de sûreté nucléaire. Valérie Pécresse, candidate à l’investiture de LR pour la présidentielle, a durci sa position sur ce sujet. La présidente de la région Ile-de-France, qui déclarait en 2018 « assumer » faire « sortir progressivement du nucléaire » sa région, a défendu, le 1er octobre à Cherbourg (Manche), la construction de « six nouveaux réacteurs EPR » et le financement et la relance du projet de recherche Astrid sur les réacteurs de quatrième génération.
Michel Barnier, autre candidat à l’investiture, plaide lui aussi pour « la construction de six couples de réacteurs nucléaires » et dénonce la posture du« nucléaire honteux » du gouvernement. Opposé à la baisse du nucléaire dans la production d’énergie et porte-parole régulier des critiques des anti-éoliennes, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, propose, lui aussi, de lancer la construction de nouveaux EPR « à l’été 2022 » s’il est élu – sans en préciser le nombre.
> Lire aussi  A six mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron assume de plus en plus une position pro-nucléaire
A l’extrême droite, la ligne souverainiste sert de fil rouge dans la défense de l’énergie nucléaire. Marine Le Pen en a fait un élément-clé de son programme environnemental depuis 2017. Dans une tribune publiée dans Le Figaro en janvier, la candidate du Rassemblement national (RN) promet, si elle gagne la présidentielle, de « lancer immédiatement la construction de trois nouveaux EPR »et de relancer le financement du projet de recherche Astrid.
De son côté, Eric Zemmour, qui joue encore de son statut flou de non-candidat déclaré dans la campagne, a publié une tribune dans Le Point, samedi 2 octobre, pour appeler à « renouer avec une grande politique nucléaire » par le lancement d’un « programme de dix nouveaux réacteurs EPR2 », la relance des projets de recherche Astrid et la poursuite de l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).
• A gauche, un sujet de divergences
A gauche, la question nucléaire divise davantage. Deux candidats déclarés partagent la ligne pro-nucléaire : Fabien Roussel, investi par le Parti communiste français (PCF), et l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg. Tous deux assument une ligne souverainiste et avancent des arguments relatifs à l’indépendance économique et énergétique, comme la question du pouvoir d’achat. En juin sur France Inter, M. Montebourg louait le nucléaire comme « une énergie décarbonée » et proposait de « préparer la nouvelle génération du nucléaire, qui n’est d’ailleurs pas forcément l’EPR ». 
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De son côté, M. Roussel confirme au Monde sa position : « Je propose la création de six à huit nouveaux EPR de troisième génération. Contrairement aux SMR, on ne dépendra pas des puissances étrangères, car on en maîtrise la technologie. Il faut aussi relancer le projet de recherche Astrid. »
Chez Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et La France insoumise (LFI), la position est clairement opposée. Yannick Jadot, vainqueur de la primaire des écologistes, est favorable à l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). L’ancien militant de Greenpeace assume la ligne historique du parti écolo de sortie du nucléaire, mais « de manière responsable », avec une phase de transition de « quinze ou vingt ans » pour se passer de l’énergie atomique. « On essaie de nous vendre les SMR comme un nucléaire sans problème en utilisant des éléments de langage mignonnets. En réalité, ils posent les mêmes problèmes que les EPR et ne seront en plus pas opérationnels avant 2035 », dénonce Matthieu Orphelin, député et soutien de M. Jadot. Depuis 2017, les « insoumis », eux aussi favorables à l’arrêt du chantier de Flamanville et à une sortie du nucléaire, fixent à 2050 leur horizon « 100 % d’énergies renouvelables ».
Entre ces deux blocs à gauche, le Parti socialiste (PS) a une ligne plus floue. Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate déclarée pour l’investiture, a affirmé sur France Inter, le 13 septembre, qu’elle proposerait « sur les cinq ans qui viennent (…)une planification pour sortir des énergies fossiles vers les énergies renouvelables » le plus vite possible. Mais elle nuance sa position dans une interview à Libération, le 5 octobre : « Nous ne pourrons sortir du nucléaire que lorsque nous aurons réussi à compenser l’énergie des centrales. Cela ne pourra pas se faire en dix, quinze ou même vingt ans. » « Tant que nous ne sommes pas arrivés à maturité sur le renouvelable, il faut maintenir un parc nucléaire », explique, prudent, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
<https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/presidentielle-le-nucleaire-un-sujet-qui-divise-les-candidats-pour-2022_6097492_6059010.html <https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/07/presidentielle-le-nucleaire-un-sujet-qui-divise-les-candidats-pour-2022_6097492_6059010.html>>
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4- Nucléaire : les mini-centrales, un projet d’exportation pour la France, Le Monde, 07/10/21, 17h00
Adrien Pécout

Le plan France 2030, qui sera présenté le 12 octobre, comprend le financement de mini-réacteurs SMR, des petites installations pour lesquelles les Français ont pris du retard face Etats-Unis, à la Chine et la Russie 
Petit réacteur, grande promesse ? Outre l’hydrogène vert, les batteries électriques et autres « secteurs d’avenir », le futur plan d’investissements de l’Etat doit aussi miser sur des mini-centrales nucléaires SMR, pour small modular reactors (« petits réacteurs modulaires »). Le plan France 2030, dont les détails seront annoncés le 12 octobre, se chiffrera en milliards d’euros.
En décembre 2020, en déplacement au Creusot (Saône-et-Loire), le président, Emmanuel Macron, avait affiché sa volonté d’« [engager] la France dans la compétition mondiale sur les SMR ». Celle, aussi, de « rapidement rattraper le retard » pris dans ce domaine sur d’autres pays. En tête de liste : les Etats-Unis, la Chine, mais aussi la Russie, qui a déjà installé un dispositif sur une barge de l’Extrême-Orient.
Côté français, la mise en service d’une première centrale SMR est prévue avant… 2035. Dans le cadre du premier plan de relance, il y a un an, l’Etat avait déjà débloqué une somme pour ce projet Nuward, ou plutôt cet avant-projet sommaire : 50 millions d’euros. EDF coordonne le dossier avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Naval Group et TechnicAtome.
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Le cumul de deux réacteurs permettra, le cas échéant, une puissance de 340 mégawatts. Soit presque cinq fois moins que le réacteur de troisième génération, dit EPR, censé être opérationnel pour 2023, à Flamanville (Manche), après des années de retard et de surcoût. Toutefois, autant l’électricien français compte sur les réacteurs de très grande puissance pour renouveler dès que possible le parc nucléaire existant dans le pays, autant il entrevoit surtout les petits réacteurs comme un produit de vente à l’étranger. « La singularité, c’est que le projet SMR est dès le début adressé à l’international », reconnaît Renaud Crassous, directeur du projet pour EDF. Avec un « objectif premier » : « proposer à l’export un produit standardisé ». « Ce qui est important, c’est d’arriver quand le marché émerge. » Or celui-ci devrait surtout se développer à partir de la décennie 2030.
« Les SMR et les EPR n’ont pas du tout la même temporalité, ni la même raison d’être, rappelle Valérie Faudon, directrice générale de la Société française d’énergie nucléaire. Le SMR est un réacteur de petite taille, c’est pour cela qu’il n’est pas du tout adapté au renouvellement du parc français, où nous avons plutôt besoin de grosses unités sur très peu de sites. »
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Construits en usine
C’est à l’étranger, en revanche, que ces mini-centrales disposeraient de leur potentiel maximal. En particulier pour remplacer le charbon, qui reste le plus polluant des combustibles, car le plus émetteur de dioxyde de carbone, à l’inverse du nucléaire. Ces installations promettent aussi d’autres usages que la production d’électricité. Par exemple, la génération de chaleur pour des chauffages urbains – la Chine a déjà démarré un test grandeur nature –, la fabrication d’hydrogène, ou encore le dessalement de l’eau de mer. Elles pourraient s’installer dans des contrées jusque-là dépourvues d’installations. Isolément, il s’agirait d’alimenter certaines villes sans recourir à un vaste réseau électrique.
Le projet Nuward, qui mobilise quelque 200 personnes, avait fait l’objet d’un accord de préfaisabilité dès 2012. Il n’a été dévoilé, pourtant, qu’en 2019. « Aux Etats-Unis, certains projets sont présentés à la façon d’une start-up. En France, nous fonctionnons différemment, explique Jean-Michel Ruggieri, responsable du programme au CEA. Nous n’avons pas la même approche de recherche des financements. Nous hésitons à en parler tant que nous avons l’impression que ce n’est pas assez solide techniquement. »
Les difficultés rencontrées sur l’imposant chantier de Flamanville n’ont pas dû aider non plus à hâter le dossier des petits réacteurs. « Les industriels qui contribuent à la fabrication des EPR peuvent aussi participer à celle de SMR car ce sont des technologies complémentaires », avance Cécile Arbouille, déléguée générale du Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire. Les concepteurs mettent en avant l’intérêt de modèles plus petits, y compris du point de vue de la sécurité. Puisqu’il y aura « moins de chaleur résiduelle à évacuer, explique M. Crassous, le refroidissement du réacteur à l’arrêt pourra se faire de façon autonome, sans intervention humaine. »
> Lire aussi  La centrale nucléaire de Fessenheim, laboratoire contesté du démantèlement du parc d’EDF
Pour répondre à la standardisation internationale, « l’un des enjeux consistera à harmoniser les certifications de sécurité, ce qui ne va pas de soi, ajoute Michel Berthélemy, économiste à l’Agence pour l’énergie nucléaire, rattachée à l’OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques. Dans le cadre de la régulation de la sûreté du nucléaire, et à la différence de l’aéronautique par exemple, l’échelle est plutôt nationale jusqu’à présent ».
Autre particularité : à la différence des grosses unités, ces petits réacteurs sont destinés à être construits en usine, plutôt que çà et là, sur tel ou tel site d’implantation. « La production en série représentera un élément-clé », selon Aline des Cloizeaux, chef de projet pour Naval Group. Elle « permettra un gain de temps, et un contrôle encore plus facile de la qualité de réalisation ».
Plus de cinquante concepts de SMR sont déjà en cours de développement à travers le monde, à des degrés divers de technologie et de maturité. Mais il n’y a pas lieu de s’emballer, insistent les syndicats. « Il nous manque encore un démonstrateur pour faire la preuve du passage à l’échelle industrielle de cette technologie », tempère Alexandre Grillat, secrétaire national de la CFE-CGC Energies.
Attention aussi à conserver « une maîtrise publique » adaptée aux enjeux français, selon Sébastien Menesplier, secrétaire général de la fédération CGT des mines et de l’énergie : d’abord assurer l’installation d’EPR dans le pays, ensuite songer à vendre ailleurs des SMR. « Pourquoi pas ensuite aller à l’étranger pour les besoins d’autres pays, mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. » L’attelage se précisera en principe le 12 octobre.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/07/nucleaire-les-mini-centrales-un-projet-d-exportation-pour-la-france_6097491_3244.html <https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/07/nucleaire-les-mini-centrales-un-projet-d-exportation-pour-la-france_6097491_3244.html>>
Sur le même sujet : 
> Nucléaire : Pourquoi la France ne veut pas se laisser distancer sur les SMR, les réacteurs de poche ? <https://www.20minutes.fr/planete/3145235-20211011-nucleaire-pourquoi-france-veut-laisser-distancer-smr-reacteurs-poche>, 20 Minutes, 11/10/21, 19h34
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5- Tribune. « Il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides de TotalEnergies en Afrique », Le Monde, 08/10/21, 06h00 
Par Collectif

A l’occasion du sommet Afrique-France qui s’ouvre le 8 octobre à Montpellier, des philosophes, des économistes, des responsables d’institutions et d’ONG, dont la présidente du CCFD-Terre solidaire Sylvie Bukhari-de Pontual, l’avocat Guy Aurenche et le député européen Pierre Larrouturou dénoncent le soutien de la France aux projets du géant pétrolier en Ouganda et au Mozambique.
Tribune. Alors que s’ouvre à Montpellier le sommet Afrique-France, et que l’urgence de réduire drastiquement l’extraction des énergies fossiles se fait chaque jour plus pressante, il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides que TotalEnergies veut lancer en Afrique.
Le président de la République Emmanuel Macron annonçait sur Twitter à propos de la dernière évaluation des Nations unies : « +2,7 °C à l’horizon de 2100. Ce scénario est dramatique. » Il n’y a pas de fatalité, ce scénario dépend avant tout des décisions qui seront prises dans les semaines et les mois à venir. Or, la France s’apprête à entériner de nouvelles extractions fossiles qui, elles, vont s’avérer réellement dramatiques.
En effet, en Ouganda et au Mozambique, TotalEnergies est en passe de faire exploser deux « bombes climatiques » avec le soutien actif de nos institutions et de notre appareil diplomatique.
Quatre cents puits de pétrole
En Ouganda, ce sont quatre cents puits de pétrole et un oléoduc de 1 443 km de long que TotalEnergies souhaite construire jusqu’à la côte tanzanienne, afin d’exploiter des réserves pétrolières (générant 34 millions de tonnes de CO2) au sein d’un parc naturel protégé et sur les rives du lac Albert, à la source du Nil. Au Mozambique, la mise en exploitation des 9es plus grandes réserves gazières du monde émettra autant que sept années d’émissions de gaz à effet de serre de la France.
Alors que l’Agence internationale de l’énergie nous enjoint désormais de cesser tout nouveau projet d’extraction d’énergie fossile pour espérer maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C décidée par l’accord de Paris, l’envergure de ces nouveaux projets dépasse l’entendement : plus de 11 milliards de dollars (environ 9,53 milliards d’euros) d’investissement en Ouganda et en Tanzanie, 24 milliards de dollars au Mozambique.
> Lire aussi  Total tente de résister aux hyperactivistes du climat
Malgré ses déclarations vertueuses, l’Elysée a envoyé, en mai, une lettre au président ougandais pour lui affirmer son soutien au projet pétrolier de TotalEnergies, alors même qu’un recours en justice avait été déposé par six ONG françaises et ougandaises au titre de la loi sur le devoir de vigilance en raison des multiples violations des droits humains et des dommages environnementaux qu’implique ce projet.
Selon un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre, le gouvernement français a également accentué ses efforts diplomatiques et économiques au Mozambique pour y défendre les intérêts de TotalEnergies (visites diplomatiques, financements publics, missions d’affaires, coopération militaire…), engageant de facto la France, et l’ensemble de nos concitoyens, dans cette aventure climaticide.
Janus
A quelques semaines de la COP26 à Glasgow, le gouvernement français et notre diplomatie s’emploient donc à saboter notre avenir à tous.
La France ne pourra pas lutter contre le dérèglement climatique si son président, tel Janus, offre deux visages opposés : héraut du climat sur la scène internationale et façonnier du « business as usual » sur le terrain.
> Lire aussi  « Malgré les engagements des majors, le vieux monde tarde à mourir dans l’industrie du pétrole »
Dans son encyclique Laudato Si’, le pape François a des mots très fermes contre l’attentisme des Etats qui ne font que retarder la catastrophe : « Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier (…). Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. » (LS 194) Nous devons rechercher des alternatives aux énergies fossiles, aujourd’hui et non dans le futur. Et les mettre en œuvre maintenant. Sans attendre. En levant tout soutien public aux projets climaticides.
Emmanuel Macron a affirmé que le sommet Afrique-France permettra de « refonder les relations entre la France et l’Afrique ». Nous appelons la France à s’engager auprès des sociétés africaines pour les soutenir dans la voie de la transition écologique. Ne ratons pas ce rendez-vous !
§ Liste des signataires : Guy Aurenche, avocat honoraire, défenseur des droits humains ; Monique Baujard, présidente des Amis de La Vie ; Dominique Bourg, philosophe, professeur des universités honoraire, directeur de la revue lapenseeecologique.com ; Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente, Comité catholique contre la faim et pour le éveloppement (CCFD)-Terre solidaire ; William Clapier, auteur et théologien ; François Euvé, rédacteur en chef de la revue « Etudes » ; Elisabeth Flichy Saint-Bonnet, membre de Chrétiens unis pour la Terre ; Benoit Halgand, étudiant à l’Ecole polytechnique, engagé pour la justice climatique et sociale ; Pierre Larrouturou, député européen (S&D) ; Elena Lasida, économiste ; Laura Morosini, du Mouvement Laudato Si’ ; Marcel Rémond, jésuite, directeur du Centre de recherche et d’action sociales (Ceras) ; Michel Roy, secrétaire général de Justice et paix.
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/08/il-est-temps-que-la-france-cesse-d-encourager-les-projets-climaticides-de-totalenergies-en-afrique_6097566_3232.html>
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6- Des coupures d’électricité menacent l’Inde, les stocks de charbon atteignent un point critique, Le Monde, 08/10/21, 10h26 
Ravi Pinto (New Delhi, correspondance)

Les centrales thermiques indiennes ne disposaient lundi plus que de quatre jours de réserves. Les stocks ont rarement connu des niveaux aussi bas, faisant craindre des coupures de courant. 
A mesure que les réserves de charbon s’amenuisent, l’inquiétude monte. L’Inde risque-t-elle, par endroits, d’être privée d’électricité ? Lundi 4 octobre, les 135 centrales thermiques alimentées au charbon que compte le géant sud asiatique ne possédaient, en moyenne, plus que quatre jours de stock, contre treize début août. Selon les données du ministère de l’énergie, seize d’entre elles étaient en rupture de stock.
> Lire aussi  Le grand bond en arrière des pays émergents, forcés de réajuster leur « stratégie d’insertion dans l’économie mondiale »
Rarement les réserves de charbon, combustible utilisé pour produire environ 70 % de l’électricité en Inde, ont connu des niveaux aussi bas. « La situation est critique. Nous pourrions assister à des pannes d’électricité de plusieurs heures, particulièrement dans les petites villes », indique Vibhuti Garg, économiste chargée de l’Inde à l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis.
Mousson plus longue
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. A commencer par la vigueur de la reprise économique. La croissance indienne a bondi de plus de 20 % entre avril et juin. La demande d’électricité, elle, a grimpé de 16 % au mois d’août par rapport à 2020. « La croissance de la demande d’électricité fut plus rapide qu’attendue et a même dépassé de 3 % les niveaux d’avant la pandémie », détaille Hetal Gandhi, directrice de recherche chez Crisil, un organisme qui dépend de l’agence de notation Standard & Poor’s.
> Lire aussi  En Inde, une mousson de plus en plus erratique
La mousson fut aussi plus longue que d’ordinaire. Jusque fin septembre, les fortes pluies ont perturbé la production de charbon dans les Etats miniers du centre et de l’est de l’Inde. Elles ont aussi affecté son acheminement à travers le territoire. « Les importations permettent généralement de pallier la baisse de l’approvisionnement domestique durant la mousson, mais cette année, les prix élevés ont dissuadé les exploitants de centrales de faire des réserves », ajoute Vibhuti Garg. L’Inde, deuxième producteur mondial de charbon, est aussi le deuxième plus gros importateur au monde. Le pays se fournit notamment auprès de l’Indonésie dont les prix du minerai ont flambé entre mars et septembre 2021, passant de 60 à 200 dollars la tonne.
Le ministre indien de l’énergie, Raj Kumar Singh, a assuré que le gouvernement travaillait d’arrache-pied pour remédier au problème. Dans le même temps, il a affirmé que l’Inde ne faisait pas face à une crise de l’électricité. « Nous satisfaisons l’ensemble de la demande du pays », a-t-il déclaré mardi 5 octobre. « Les approvisionnements en charbon sont une chose que nous devons surveiller. C’est un processus constant car le charbon est extrait des mines quotidiennement », a poursuivi M. Singh.
La saison des festivals religieux qui débute en ce mois d’octobre risque d’entraîner une nouvelle augmentation de la consommation d’électricité. A l’approche de Diwali, cette fête hindoue qui marque la victoire de la lumière sur les ténèbres, le problème est pris au sérieux et une cellule ministérielle suit la situation de près.
Dans l’immédiat, le gouvernement indien a demandé à Coal India, le géant public du charbon, d’amplifier sa production. Il a aussi autorisé les entreprises qui exploitent des mines pour leur propre consommation, dites « mines captives », à vendre 50 % de leur production annuelle. « L’augmentation de la production domestique et le soutien des mines captives apporteront un peu de répit, juge Hetal Gandhi. Il ne devrait pas y avoir d’énormes black-out. »
Pas d’objectif de neutralité carbone
L’état des stocks des centrales thermiques indiennes ne devrait toutefois pas s’améliorer avant mars 2022, selon Crisil. « Pour les ménages, le prix de l’électricité devrait augmenter de manière progressive et ils demeureront, dans un premier temps, épargnés », précise Hetal Gandhi. Par contre, l’approvisionnement en charbon étant orienté en priorité vers le secteur de l’électricité, les industries comme le ciment ou encore l’aluminium resteront tributaires des importations et risquent de payer le prix fort.
> Lire aussi  En Inde, les start-up à succès cachent une armée de précaires
L’Inde demeure cruellement dépendante du charbon. Tout en investissant dans les énergies renouvelables, le pays continue de développer ses capacités de production de charbon. L’objectif est de réduire sa dépendance aux importations, en accord avec le programme de relance du premier ministre indien, Narendra Modi, basé sur le concept d’autosuffisance. La troisième économie d’Asie, qui pourrait devenir le plus important émetteur de gaz effet de serre d’ici à la seconde moitié de XXIe siècle, ne s’est d’ailleurs pas encore fixée d’objectif en matière de neutralité carbone.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/08/des-coupures-d-electricite-menacent-l-inde-les-stocks-de-charbon-atteignent-un-point-critique_6097598_3234.html>
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7- Les porte-conteneurs sont devenus tellement énormes qu'on n'arrive plus à les décharger, Korii, 08/10/21, 12h00
Repéré par Céline Deluzarche sur Quartz

Les ports ne peuvent plus suivre le rythme. 
Au mois de mars, le blocage du canal de Suez par l'Ever Given est venu rappeler les problèmes causés par le gigantisme croissant des porte-conteneurs. Plus d'une centaine de navires de plus de 20.000 EVP (équivalent vingt pieds) sillonnent désormais les océans du globe. 
Ces mastodontes aggravent considérablement les embouteillages dans les ports, qui n'arrivent plus à faire face à cet afflux de conteneurs, rapporte Quartz. Au port de Long Beach, en Californie, un navire moyen rapporte en moyenne 7.000 conteneurs actuellement, contre 4.000 avant la crise. 
«La surabondance des conteneurs frappe une infrastructure portuaire déjà en situation de tension extrême, en particulier dans les vieux ports comme Long Beach qui a déjà accumulé de gros retards, atteste Turloch Mooney, directeur associé de l'analyse maritime et commerciale chez IHS Markit. Certains de ces ports sont aujourd'hui au-delà du point de rupture.» L'espace à bord des porte-conteneurs est devenu rare et coûteux, ce qui a incité les compagnies maritimes à entasser les cargaisons sur chaque bateau afin de maximiser leurs revenus.
Sauf que les ports ne sont tout simplement pas conçus pour charger et décharger des navires transportant autant de conteneurs. «Chaque poste d'amarrage dans un port a un nombre fixe de grues, qu'un navire arrive avec 1.000 ou 10.000 conteneurs», explique Quartz. Non seulement les conteneurs n'arrivent plus à être déchargés suffisamment vite, mais les ports n'ont aussi plus de place pour les stocker et les empiler.
>> Suite à lire à :
<https://korii.slate.fr/et-caetera/porte-conteneurs-enormes-decharger-ports-infrastructures-marchandises>
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8- Chaque minute, les fossiles coûtent 9,5 millions d’euros à la planète, Reporterre, 08/10/21, 14h12
Gaspard d’Allens

L’énergie fossile coûte énormément à la société planétaire : 5 900 milliards d’euros par an, soit 9,5 millions d’euros par minute. C’est ce que calcule le Fonds monétaire international. Une charge énorme par les subventions, mais surtout par les coûts environnementaux et sanitaires de la combustion des fossiles.
À travers le monde, six ans après la COP21 et l’Accord de Paris, les États persistent à soutenir massivement le secteur des énergies fossiles. Le chiffre établi par le Fonds monétaire international (FMI) est astronomique. Selon une étude publiée le 24 septembre et relayée par le Guardian, les énergies fossiles auraient coûté 5 900 milliards de dollars (5 100 milliards d’euros) à la collectivité en 2020, soit environ 6,8 % du PIB mondial. Chaque minute, le secteur des industries fossiles coûte 11 millions de dollars (9,5 millions d’euros) à la collectivité mondiale.
L’évaluation du FMI s’intéresse à l’ensemble des soutiens directs et indirects aux énergies fossiles. Il comptabilise autant les subventions aux entreprises que le coût des externalités provoquées par cette industrie : la pollution de l’air, la destruction des écosystèmes ou encore le réchauffement climatique. « Ces montants faramineux ne sont pas versés à 100 % dans les poches des producteurs et des distributeurs d’énergies fossiles, précise l’économiste Maxime Combes joint par Reporterre. Cette somme représente plutôt le coût monétaire que l’exploitation et la combustion des énergies fossiles font peser sur nos collectivités. »
Les allégements fiscaux représentent 6 % des 5 100 milliards d’euros. Les subventions qui viennent explicitement réduire le prix des carburants comptent pour 8 %. La part la plus importante tient au fait de ne pas faire payer les pollueurs pour les décès et les problèmes de santé causés par la pollution atmosphériques (42 %) et pour les vagues de chaleurs et les autres conséquences du changement climatique (29 %).
>> Suite à lire à :
<https://reporterre.net/Chaque-minute-les-fossiles-coutent-9-5-millions-d-euros-a-la-planete>
En savoir plus : 
> Still Not Getting Energy Prices Right : A Global and Country Update of Fossil Fuel Subsidies <https://www.imf.org/en/Publications/WP/Issues/2021/09/23/Still-Not-Getting-Energy-Prices-Right-A-Global-and-Country-Update-of-Fossil-Fuel-Subsidies-466004>, International Monetary Fund, September 24, 2021
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9- Chronique. « Vladimir Poutine savoure son statut de “tsar du gaz” », Le Monde, 08/10/21, 15h21
Jean-Michel Bezat

La Russie n’est pas responsable de l’envolée du prix du gaz en Europe, mais il reste que Moscou pourrait contribuer à le faire baisser en desserrant les vannes. Ce qui ne semble pas être la volonté du maître du Kremlin, explique Jean-Michel Bezat, journaliste économique au « Monde ».
De son bureau du Kremlin, Vladimir Poutine savoure son statut de « tsar du gaz » dans un conflit moins brutal que les « guerres du gaz » contre l’Ukraine en 2005, 2008 et 2014. Le président russe sait que son pays, deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis, détient un pouvoir de marché considérable. Et il en use depuis plusieurs mois en exigeant de la société russe Gazprom qu’elle limite ses exportations vers l’Europe – surtout via le territoire ukrainien – et s’en tienne à la stricte application des contrats à long terme signés avec des groupes comme le français Engie.
La Russie n’est pas responsable de l’envolée du prix du gaz, multiplié par cinq en un an sur le marché européen. Celle-ci s’explique par d’autres raisons : forte demande mondiale après la chute de 2,9 % de la consommation en 2020, gros appétit de gaz naturel liquéfié en Asie, plus généreuse sur les prix d’achat, problèmes techniques sur des infrastructures européennes, stockages à remplir pour l’hiver… Autant de facteurs qui ont poussé le prix des quotas de CO2 à 65 euros la tonne et renchéri le gaz. Ces prix élevés se maintiendront jusqu’au printemps, prévoient les experts de l’énergie.
> Lire aussi  Flambée des prix de l’énergie : les Occidentaux demandent aux Russes d’ouvrir les vannes
Il reste que Moscou pourrait contribuer à les faire baisser en desserrant les vannes. Le patron de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a aussi souligné, jeudi 7 octobre, dans le Financial Times, que Gazprom pouvait mettre plus de gaz dans ses tuyaux. Et il a suffi que M. Poutine l’envisage (mollement) pour détendre le marché spot sur lequel s’approvisionnent les industriels pour une partie de leurs besoins. Mais peu d’experts croient en une volonté réelle du maître du Kremlin.
Deux raisons pour un statut quo
Le gaz reste une arme économique, et M. Poutine a deux raisons de maintenir le statu quo. La première est une critique des Européens. « Toute leur politique était de sortir des contrats à long terme et elle s’est avérée erronée, a-t-il déclaré lors d’une réunion avec les responsables du secteur énergétique russe. En conséquence, le prix du gaz a désormais battu tous les records historiques (…), soit plus de dix fois plus que le prix moyen de l’année dernière. »
Son porte-parole s’est chargé de donner la seconde raison. « La mise en service la plus rapide possible de Nord Stream 2 équilibrera considérablement les paramètres de prix du gaz en Europe », a souligné Dmitri Peskov. Ce gazoduc Russie-Allemagne est achevé, mais le régulateur allemand doit soumettre le projet à Bruxelles, très hostile à une infrastructure qui n’est « pas un projet d’intérêt commun européen ».
Depuis la fin des années 1970, la Russie s’est forgé une position très forte et fournit désormais 35 % du gaz consommé en Europe. Gazprom a toujours respecté ses contrats à long terme, tout en mettant de plus en plus de gaz sur le marché au comptant. Une politique qui ne déplaisait pas à la Commission européenne, très critique sur des contrats à vingt-cinq ans incompatibles avec sa vision libérale du marché de l’énergie. Les particuliers et les industriels en paient aujourd’hui le prix… fort.
> Lire aussi  « L’Europe a autant besoin du gaz russe que Gazprom de clients européens »
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/08/vladimir-poutine-savoure-son-statut-de-tsar-du-gaz_6097620_3234.html>
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10- Alsace : extinction des lumières, balades nocturnes, 35 initiatives du Jour de la nuit sont prévues samedi 9 octobre, France 3 Grand Est, 08/10/21, 15h55

Samedi 9 octobre, la 13e édition du "Jour de la nuit" veut sensibiliser le public à la pollution lumineuse. Pour à nouveau voir les étoiles, ou préserver les insectes, plusieurs communes coupent leur éclairage public, et proposent des sorties nocturnes, en Alsace comme partout en France.
Si vous voulez avoir la tête dans les étoiles, samedi 9 octobre 2021 est le moment idéal. A l'occasion du "Jour de la nuit", plusieurs communes ont décidé d'éteindre les lumières dans l'espace public, et de proposer des animations. Cette manifestation nationale est relayée en Alsace dans une trentaine de villes et villages, particulièrement dans le Haut-Rhin. Objectif : lutter contre la pollution lumineuse.
Cette pollution empêche de profiter du ciel étoilé la nuit. "En ville, nous ne pouvons distinguer qu'une vingtaine d'étoiles, contre plusieurs milliers dans un ciel préservé de toute lumière artificielle", affirment les organisateurs. Mais surtout, la lumière perturbe le monde vivant, particulièrement les insectes et animaux nocturnes. Chaque soir en France, "11 millions de lampadaires et 3,5 millions d'enseignes lumineuses s'allument", estime le géographe Samuel Challéat, chez nos collègues de France Culture (février 2020).
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<https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/alsace-extinction-des-lumieres-balades-nocturnes-les-35-initiatives-du-jour-de-la-nuit-2284735.html>
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11- Chine : Pékin demande à 72 mines de charbon d'augmenter leur production, 20 Minutes avec AFP, 08/10/21, 16h16

Energie. La Chine connaît des coupures d’électricité à répétition depuis plusieurs semaines, qui pèsent sur sa croissance
Les autorités chinoises ont demandé à 72 mines de charbon d’augmenter leur production, en pleine crise de l’énergie, a affirmé ce vendredi un média public chinois. Les mines situées en Mongolie-Intérieure, une région majeure de production de charbon en Chine, ont reçu une note officielle réclamant une hausse de la production d’un total de 98 millions de tonnes, selon Securities Times. Le pays connaît actuellement des coupures de courant généralisées qui ont entraîné des fermetures totales ou partielles d’usines, affectant la production et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les raisons en sont multiples mais elles sont principalement liées à la forte dépendance du géant asiatique au charbon, lequel assure 60 % de sa production électrique. Entre l’envolée des prix du charbon, le contrôle des prix de l’électricité par l’État et des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, plus d’une douzaine de provinces et de régions ont été contraintes d’imposer des restrictions sur la consommation d’énergie au cours des derniers mois.
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<https://www.20minutes.fr/planete/3143627-20211008-chine-pekin-demande-72-mines-charbon-augmenter-production>
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12- Décryptage. L’éolien, sujet clivant de la campagne présidentielle, Le Monde, 08/10/21, 18h16
Perrine Mouterde

Des candidats, notamment de droite et d’extrême droite, ont réaffirmé, ces dernières semaines, leur opposition aux renouvelables. Le Syndicat des énergies renouvelables s’inquiète de « contre-vérités » formulées par plusieurs personnalités politiques. 
Réussiront-ils, comme ils le souhaitent, à reprendre la main sur le débat en « rétablissant les faits » et en proposant un « nouveau récit » ? Alors que les énergies renouvelables sont l’objet de vives critiques de la part de diverses personnalités, dont des candidats à la présidentielle, les représentants du secteur ont fait part de leurs inquiétudes, jeudi 7 octobre. Réunis à l’occasion du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), ils ont appelé les dirigeants politiques à la responsabilité.
« Le débat sur la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique est clairement très mal lancé, sur la base de contre-vérités et de désinformation, a déploré Jean-Louis Bal, le président du SER. Les énergies renouvelables sont devenues un objet éminemment politique et sont victimes d’une instrumentalisation souvent caricaturale. » 
Comme lors des élections régionales en juin, la question énergétique s’est d’ores et déjà imposée comme l’un des sujets clivants de la campagne. Des candidats, notamment de droite et d’extrême droite, ont réaffirmé, ces dernières semaines, leur opposition aux renouvelables, et en particulier à l’éolien. C’est le cas de Xavier Bertrand, le président (ex-Les Républicains, LR) des Hauts-de-France, qui accuse les éoliennes de perturber « la vie des gens », de « coûter un argent fou », de se développer de façon « anarchique » ou encore « de massacrer des paysages ». « L’éolien, y en a marre », a-t-il insisté, lundi.
> Lire aussi : Le RN essaie de capter le ressentiment d’une partie de la population contre les éoliennes
Autres candidats de la droite, l’ex-commissaire européen Michel Barnier a fait part de son « scepticisme » quant à cette technologie et le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a soutenu, en 2020, une proposition de loi visant à faire cesser le « développement à marche forcée des parcs éoliens, imposé contre les citoyens ».
Marine Le Pen, elle, va encore plus loin. Après avoir appelé à un moratoire sur les éoliennes dès 2017, la candidate du Rassemblement national (RN) promet désormais de démanteler certains parcs. « Elue présidente, je déconstruirai immédiatement les chantiers éoliens à terre et en mer et supprimerai toutes subventions à l’éolien », a-t-elle écrit. Comme Xavier Bertrand, qui plaide pour lancer la construction de nouveaux réacteurs dès l’été 2020, elle est, en revanche, une fervente défenseuse de l’atome. « LR court après le RN, qui court après LR… C’est la course à l’échalote, observe Nicolas Goldberg, analyste énergie chez Colombus Consulting. Et l’opposition historique entre nucléaire et renouvelables dégrade toujours le débat. » 
> Lire aussi  A six mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron assume de plus en plus une position pro-nucléaire
Outre de supposées nuisances, les détracteurs des éoliennes questionnent aussi l’utilité de cette source d’énergie. Le système électrique français étant déjà peu émetteur de gaz à effet de serre grâce au nucléaire, ils soulignent qu’il ne sert à rien de remplacer une source d’énergie décarbonée par une autre. Une idée contre laquelle se battent les acteurs de la filière. « Ceux qui soutiennent que les renouvelables sont inutiles sont des incompétents ou mentent délibérément », assène Jean-Louis Bal. « Dire que, comme le mix électrique est décarboné, on n’a pas besoin de s’embêter avec les moulins à vent, c’est une spécificité française liée au poids historique du nucléaire, ajoute Nicolas Goldberg. Mais ça n’a pas de sens, car il n’existe aucun scénario qui ne prévoit pas un développement important des renouvelables. »
L’énergie nucléaire insuffisante
De fait, si le parc nucléaire actuel permet de produire une électricité en grande partie décarbonée, les 56 réacteurs construits entre la fin des années 1970 et le début des années 1990 sont vieillissants. Même si leur durée de vie était prolongée de dix ans, voire de vingt ans, la plupart d’entre eux devraient être mis à l’arrêt d’ici à 2060. En outre, si la consommation globale d’énergie devrait diminuer au cours des prochaines décennies, ce n’est pas le cas des besoins en électricité, qui devraient, eux, être amenés à croître rapidement.
La France, comme de nombreux autres pays, s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050 pour essayer de limiter le dérèglement climatique. Or décarboner l’économie doit passer par une électrification de certains secteurs tels que le transport ou le bâtiment, alors que les combustibles fossiles couvrent encore plus des deux tiers de la consommation d’énergie du pays.
« Il y a une lame de fond de l’électrification qui est indiscutable et impose de revoir les chiffres et les objectifs, observe Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF. On aura besoin de plus de térawattheures que ce que l’on pensait il y a encore trois ou quatre ans. Et nous devons utiliser toutes les technologies et tous les financements à notre disposition, parce que nous sommes en retard. » Même si la construction de nouveaux réacteurs était relancée, ceux-ci ne seraient sans doute pas opérationnels avant 2035, et la filière nucléaire ne pourrait couvrir plus de la moitié des besoins en électricité prévus en 2050, selon ses propres estimations.
> Lire aussi  Electricité : la France ne respecte pas sa feuille de route pour la transition énergétique
Face à la fronde et pour tenter de « rationaliser le débat », le SER a publié, jeudi, la première partie d’un Livre blanc qui entend montrer qu’au-delà de la transition énergétique les renouvelables peuvent être le moteur d’un projet de société plus large, à même de créer des emplois, de renforcer la souveraineté de la France ou de profiter aux secteurs industriel et agricole. Une deuxième partie, prévue pour le début de l’année 2022, formulera une douzaine de propositions concrètes à destination des candidats.
Le soutien de l’opinion
Le SER a également révélé les résultats d’un sondage réalisé fin septembre par l’IFOP auprès d’un échantillon de quelque 3 000 personnes. Selon cette enquête, 87 % des Français souhaitent que le prochain gouvernement encourage davantage le développement des énergies renouvelables ; 85 % et 64 % ont une bonne image, respectivement, du photovoltaïque et de l’éolien terrestre (contre 48 % pour le nucléaire) ; et six Français sur dix sont favorables au développement de l’éolien dans leur région.
« La France est loin d’être vent debout contre les éoliennes, même s’il faut reconnaître qu’il y a une certaine érosion du soutien par rapport aux sondages réalisés il y a deux ou trois ans, note Jean-Louis Bal. Mais ce n’est pas surprenant quand des personnalités populaires comme [l’animateur et journaliste] Stéphane Bern ou [le polémiste d’extrême droite et potentiel candidat à la présidentielle] Eric Zemmour pilonnent cette énergie en permanence. »
> Lire aussi  La longue marche de la France pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables
Une deuxième étude, réalisée cette fois-ci début août par l’institut Harris Interactive pour l’Agence de la transition écologique et le ministère de la transition écologique, également publiée jeudi, décrit des tendances similaires, avec 73 % de Français ayant une bonne image de l’énergie éolienne. Selon ce sondage, l’adhésion apparaît même encore plus marquée pour les personnes ayant une résidence principale ou secondaire à moins de 10 kilomètres d’un parc éolien, ou vivant dans une région avec une forte densité de mâts.
Jeudi, la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, a, une nouvelle fois, affiché son soutien « sans équivoque » aux renouvelables. « Tout l’enjeu est celui de l’acceptabilité, a-t-elle rappelé. Après l’éolien, la méthanisation sera attaquée, puis ce sera le solaire… Il faut démonter les contre-vérités, mais aussi que le développement de ces filières se fasse de manière exemplaire. » Mardi, la ministre avait présenté une dizaine de mesures destinées à rendre les éoliennes plus acceptables.
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Les chiffres
• 19,1 % : C’est la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France l’an dernier – l’objectif était d’atteindre 23 % en 2020, puis 32 % en 2030.
• 7,9 % : C’est la part de l’éolien dans la production électrique nationale en 2020, après 6,3 % en 2019. Environ 1,3 gigawatt (GW) de nouvelles capacités ont été installées, portant la capacité totale à près de 18 GW mi-2021. Un rythme en deçà des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France.
• 1,19 gigawatt : C’est le volume cumulé des capacités photovoltaïques installées aux cours des six premiers mois de 2021, un niveau qui dépasse le volume annuel atteint sur l’ensemble de l’année 2020.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/08/l-eolien-sujet-clivant-de-la-campagne-presidentielle_6097601_3244.html>
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13- Delhi avertit d'une crise de l'électricité imminente, AFP, 09/10/21, 18:00

Le ministre en chef de New Delhi, Arvind Kejriwal, a mis en garde samedi contre une crise imminente de l'électricité dans la capitale indienne, estimant que certaines des principales centrales au charbon de la ville ne disposent plus que d'à peine une journée de stock.
Plusieurs États de l'est et du sud de l'Inde ont été touchés par des pénuries, contraignant les fournisseurs publics à des coupures d'électricité imprévues. 
La pénurie en Inde, deuxième consommateur de charbon au monde, fait suite à des pannes d'électricité généralisées en Chine, qui ont causé des fermetures d'usines et durement affecté la production et les circuits d'approvisionnement à travers le monde.
"Delhi pourrait faire face à une crise de l'électricité", a souligné M.Kejriwal, ajoutant que la mégapole a déjà peiné à s'approvisionner en énergie au cours des trois derniers mois. 
Alors que la troisième économie d'Asie rebondit après avoir souffert du coronavirus, les pluies de la mousson ont inondé les mines de charbon et perturbé les réseaux de transport, faisant flamber les prix internationaux du charbon comme ceux en Inde.
La longue saison des festivals en Inde, actuellement en cours, a par ailleurs contribué à la hausse de la demande d'électricité.
"Je surveille personnellement la situation de près. Nous faisons de notre mieux pour éviter" cette crise, a déclaré M.Kejriwal sur Twitter.
Il a exhorté le Premier ministre indien Narendra Modi à résoudre immédiatement le problème, en affirmant que toute interruption majeure affecterait les hôpitaux et perturberait la vaccination contre le coronavirus des 20 millions d'habitants de sa ville. 
A la fin septembre, les centrales au charbon en Inde disposaient d'un stock moyen de quatre jours, au plus bas depuis des années.
Le charbon alimente près de 70% de la production d'électricité du pays et représente environ les trois quarts des combustibles fossiles qu'il utilise.
Plus de la moitié des centrales sont en état d'alerte et le gouvernement envisage de remettre en service celle tournant au ralenti.
Le géant Coal India, contrôlé par l'État, qui assure la plus grande partie de l'approvisionnement du pays, s'est déclaré sur "pied de guerre" pour assurer des livraisons suffisantes.
<https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211009-delhi-avertit-d-une-crise-de-l-électricité-imminente>
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14- Au Royaume-Uni, l'eau tiède d'une ancienne mine pour chauffer des maisons, AFP, 10/10/21, 08:00
Olivier Devos

Perché sur une falaise, l'ancien puits de la mine de Dawdon a été remplacé par deux imposants tuyaux pompant en permanence l'eau tiède qui a depuis envahi les galeries. Elle sera bientôt utilisée pour chauffer 1.500 maisons.
"C'est une source illimitée d'énergie : l'eau s'infiltre en permanence (dans la mine), elle est chauffée sous terre à 20 degrés (par géothermie) et nous pouvons en extraire la chaleur", résume Mark Wilkes, le conseiller chargé du changement climatique dans la région de Durham, dans le nord-est de l'Angleterre.
A côté de l'entrée de la mine où s'engouffraient jadis des milliers d'ouvriers avant qu'elle ne ferme en 1991, une usine de traitement aspire l'équivalent d'une baignoire pleine toutes les deux secondes. Sa fonction première est, depuis 2008, de traiter cette eau très ferreuse et acide pour éviter qu'elle ne souille les plages et les nappes d'eau potable.
Jusqu'ici, cette source de chaleur n'était utilisée que dans l'usine elle-même, mais, d'ici à 2023, un nouveau quartier de quelque 1.500 maisons sera bâti à proximité et sera chauffé grâce à l'eau de la mine, couplée à un système de pompes à chaleur.
"Nous avons un énorme potentiel pour chauffer non seulement ces maisons, mais aussi éventuellement des entreprises dans ce quartier et aux alentours", assure M. Wilkes, qui se félicite de transformer une mine "de l'ère industrielle" en source d'énergie qui s'inscrit "dans le cadre de la révolution verte".
Le Royaume-Uni, très dépendant du gaz naturel pour sa production d'électricité, est frappé de plein fouet par l'envolée des prix de ce combustible en Europe, qui annonce un hiver difficile aux consommateurs.
Si l'énergie de la mine ne sera pas gratuite, l'ambition des autorités locales est d'avoir des prix inférieurs à ceux du gaz. Ce sera de la responsabilité du futur concessionnaire encore à choisir. Il financera en partie l'installation et l'exploitera.
A l'intérieur de l'usine, balayée en cette matinée d'automne par les vents froids de la mer du Nord, règne une douce chaleur. L'eau de la mine, à peine sortie du sol, transfère son énergie au circuit de chauffage du bâtiment. Elle sera ensuite traitée dans une succession de silos et rejetée dans la mer.
- 20 degrés, été comme hiver -
Mais pour atteindre la température nécessaire au chauffage du bâtiment, 55 à 60 degrés, le circuit thermique doit encore passer par une pompe à chaleur, qui fonctionne sur le principe inverse du réfrigérateur, alimentée à l'électricité.
Ce système est quatre fois moins gourmand en énergie qu'un système qui serait 100% électrique, explique Charlotte Adams, la responsable du projet à l'Autorité britannique du charbon, qui gère notamment les anciennes mines du Royaume-Uni.
Il bénéficie toute l'année d'une eau à 20 degrés, car dans les profondeurs du sol, la température est constante. Le puits de la mine de Dawdon descend jusqu'à 400 mètres et il est rempli d'eau jusqu'à 100 mètres sous terre.
"Ce n'est pas neutre en carbone, mais il y a un bon rendement énergétique", ajoute Mme Adams.
Le Royaume-Uni, qui veut atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, a annoncé cette semaine son intention de complètement se passer des énergies fossiles dans sa production d'électricité d'ici à 2035. 
Mais, dans l'intervalle, le gouvernement estime que le pétrole et le gaz restent indispensables pour maintenir la sécurité et la stabilité du système électrique britannique.
Le coût du projet à Seaham est de l'ordre de 12 à 15 millions de livres, des montants en partie financés par le gouvernement britannique, le futur concessionnaire et un forfait de connexion qui s'ajoutera au prix de construction des maisons.
Une trentaine d'initiatives similaires existent dans le monde, selon l'autorité du charbon. L'eau d'une ancienne mine contribue par exemple à chauffer un hôpital à Mieres, dans le nord de l'Espagne, un autre système est en service à Heerlen, dans le sud-est des Pays-Bas, des programmes existent au Canada.
Au Royaume-Uni, le projet de Dawdon est le plus avancé à l'échelle d'un quartier et l'autorité du charbon envisage de le répliquer sur plusieurs sites : un quart de la population de ce pays vit en effet à proximité de l'une des 23.000 mines de charbon abandonnées, dont beaucoup sont remplies d'eau.
<https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/au-royaume-uni-l-eau-tiede-d-une-ancienne-mine-pour-chauffer-des-maisons_158162>
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15- Tribune. Energie solaire : « La France interdit aux collectivités d’apporter leur soutien à des projets aux retombées économiques réelles », Le Monde, 10/10/21, 11h00 
Par Collectif

Plus de 300 acteurs économiques et représentants politiques réunis autour de l’association Energie Partagée protestent, dans une tribune au « Monde », contre le contenu restrictif d’un arrêté gouvernemental qui définit les conditions aux projets de toiture photovoltaïque.
Tribune. Par l’adoption d’un arrêté censé doper les installations de production d’énergie photovoltaïque, la France vient de porter le coup de grâce aux centaines d’initiatives collectives de production d’énergie solaire, portées par des groupes d’habitants et de collectivités. Cet arrêté transcrit de façon restrictive une disposition européenne et interdit le cumul des aides de l’Etat (le tarif garanti d’achat de l’électricité), d’une part, et des collectivités locales, d’autre part (souvent des subventions régionales).
Pourtant, la combinaison des subventions locales et du tarif d’achat est vitale pour les projets solaires citoyens, installation sur de petites toitures de bâtiments publics impliquant des normes de sécurité (écoles, gymnases, etc.) supplémentaires. Ces aides complémentaires sont d’autant plus indispensables dans la moitié nord de la France et les territoires de montagne : l’équilibre économique des projets y est plus difficile à atteindre du fait du moindre ensoleillement, ce qui pénalise les collectivités souhaitant contribuer directement à une transition énergétique locale, mobilisatrice et durable.
> Lire aussi  Patrick Artus : « Ce qui pose problème dans la transition énergétique, c’est la compétitivité-coût »
Ces installations solaires, développées et financées par des citoyens, des collectivités et des acteurs locaux, ne génèrent pas uniquement une électricité verte, mais aussi des actions pédagogiques sur la transition énergétique, une meilleure compréhension et appropriation locale des énergies renouvelables, un soutien à l’économie locale… autant de retombées positives pour les territoires qui expliquent la volonté croissante de collectivités, toujours plus nombreuses, de soutenir ces démarches.
Un mécanisme de modulation du tarif d’achat photovoltaïque
Avec ce texte, la France interdit aux collectivités d’apporter leur soutien à ces projets territoriaux aux retombées économiques, sociales et démocratiques bien réelles. Cela alors que la communauté scientifique exhorte les acteurs nationaux, mais également locaux, à combiner leurs efforts pour lutter contre le changement climatique et accélérer le développement des énergies renouvelables.
> Lire aussi  La deuxième vie des panneaux photovoltaïques
Cela alors que la ministre de la transition écologique Barbara Pompili déplorait récemment qu’il y ait encore « trop peu de projets citoyens », impliquant les acteurs locaux, et promettait des moyens pour accompagner les territoires le long de cette nécessaire transition énergétique. Cela alors que le premier ministre, Jean Castex, affirmait le 28 août à Saint-Nazaire que les projets de production d’électricité solaire photovoltaïque « constituent l’axe prioritaire de notre stratégie en matière d’énergies renouvelables électriques ».
Pourtant, il existe bien une disposition de bon sens qui serait à la fois efficace et équitable. Il s’agit d’introduire dans le dispositif de soutien un mécanisme de modulation du niveau du tarif d’achat photovoltaïque selon :
− le différentiel d’ensoleillement (presque du simple au double entre Lille et Perpignan !) ;
− le coût statistique moyen de la main-d’œuvre et des travaux, variable entre les régions ;
− la maîtrise de la gouvernance du projet par les acteurs locaux publics et citoyens.
Les énergies renouvelables, dans la stratégie industrielle
Un tel mécanisme peut être simple et lisible, si les règles sont claires et les sources de données transparentes. Par ailleurs, il présente les garde-fous nécessaires visant à éviter une rentabilité excessive des projets et permettrait aux collectivités locales de répondre aux enjeux de la régionalisation de la programmation pluriannuelle de l’énergie, grâce à laquelle chaque région doit contribuer aux objectifs nationaux. Laisser le solaire se développer dans le Sud uniquement n’est plus une option !
> Lire aussi  Une méga-usine de panneaux photovoltaïques pourrait voir le jour en Moselle
Les bénéfices attendus sont nombreux : équité territoriale et sociale d’accès aux tarifs d’achat ; participation active à la transition énergétique ; mise en œuvre concrète et rapide de la volonté affichée par le premier ministre en personne ; rattrapage du retard de la France sur ses propres objectifs de développement des énergies renouvelables ; forte incitation à la localisation en France des usines géantes de production de panneaux qui sont aujourd’hui dans les cartons des industriels européens ; optimisation de la dépense publique et des retombées locales en termes de fiscalité et d’emploi.
> Lire aussi  « Les engagements actuels des Etats pour atteindre la neutralité carbone ne sont pas assez crédibles »
Elus locaux, réseaux de collectivités, représentants des acteurs agricoles, coopératives citoyennes et acteurs du débat public sur la transition énergétique, nous attendons du chef du gouvernement des actions enfin en cohérence avec les discours : les énergies renouvelables citoyennes doivent faire partie de la stratégie industrielle offensive dans le cadre du plan de relance. Les collectivités et les citoyens doivent garder la main sur le développement des énergies renouvelables sur leur territoire, et il faut leur en donner les moyens.
Les signataires de cette tribune sont : Mélodie de L’Epine, coprésidente d’Energie Partagée ; Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole ; Anne Hidalgo, maire de Paris ; Yannick Jadot, député européen ; Jean Jouzel, climatologue et parrain de la coopérative Enercitif ; Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole ; Marie-Monique Robin, écrivaine et réalisatrice, marraine de la coopérative Plaine Energie Citoyenne (Seine-Saint-Denis) ; Jacques Regnier, président de l’Association des centrales villageoises ; Jean Rottner, président de la région Grand Est ; Michael Weber, président de la Fédération des parcs naturels régionaux.
> Liste complète des signataires <https://energie-partagee.org/tribune-solaire-citoyen/> (visible sur : )
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/10/energie-solaire-la-france-interdit-aux-collectivites-d-apporter-leur-soutien-a-des-projets-aux-retombees-economiques-reelles_6097809_3232.html>
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16- Les Français majoritairement pour le nucléaire mais contre de nouvelles centrales, Le Monde, 10/10/21, 17h30
Julie de la Brosse

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, 53 % des Français considèrent que cette énergie a été une bonne chose pour la France, mais ils seraient 45 % à s’opposer à la construction de nouvelles centrales. 
Le choix du nucléaire n’a jamais fait l’objet de consultation publique, et pourtant les Français restent majoritairement attachés à cette énergie intimement liée à l’histoire industrielle du pays. C’est en tout cas ce qui ressort du dernier baromètre de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur la perception des risques et de la sécurité, publié en mai. A l’occasion des 10 ans de l’accident de Fukushima (Japon), l’établissement public a réalisé une vaste étude permettant de retracer l’évolution du ressenti des Français à l’égard du nucléaire. Selon l’IRSN, 53 % d’entre eux considèrent que le nucléaire a été une bonne chose pour la France. Un score record, puisque, dans les années 1990, ils étaient moins de 30 % à le penser.
> Lire aussi  Le nouveau printemps du nucléaire
Curieusement, cela n’a pas grand-chose à voir avec le réchauffement climatique. Et pour cause, les Français, qui vivent pourtant dans le pays le plus nucléarisé au monde, souffrent en fait d’un grave défaut d’information sur le sujet. A 69 %, ils restent persuadés que le nucléaire contribue aux émissions de gaz à effets de serre (sondage BVA, 2019), alors même que le climat est devenu l’une de leurs préoccupations majeures (la 3e, derrière la santé et le terrorisme). S’agissant de la perception des risques du nucléaire, la question du stockage des déchets est repassée, en 2020, devant celle des accidents (qui était remontée très fort après Fukushima), et des coûts élevés de l’industrie.
Sécurité énergétique
Au fond, pourquoi les Français restent-ils tellement attachés à leurs vieilles centrales ? En fait, comme à l’époque de la construction du parc, dans les années 1960, c’est l’argument de la sécurité énergétique qui reste prépondérant, suivi de peu par celui de l’électricité bon marché.
> Lire aussi  Taxonomie, Arenh, Hercule : les trois casse-tête d’EDF
Comment replacer ces chiffres dans les débats actuels ? Faut-il en conclure que les Français sont prêts à resigner pour les cinquante prochaines années ? Rien n’est moins sûr. Selon l’IRSN, ils seraient 45 % à s’opposer à la construction de nouvelles centrales, contre 29 % seulement favorables. Mais EDF, qui a réalisé son propre sondage maison, arrive à des conclusions sensiblement différentes : selon l’électricien, 52 % des Français seraient convaincus qu’on ne pourra pas se passer de nucléaire dans les trente ans à venir, même en développant massivement les renouvelables… Comme toujours avec les sondages, il faut se méfier de la façon dont la question est posée.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/10/les-francais-majoritairement-pour-le-nucleaire-mais-contre-de-nouvelles-centrales_6097829_3234.html>
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17- Gonesse, Grignon, Saclay ou Val Bréon : des marches contre l’artificialisation des terres agricoles, Le Monde, 10/10/21, 23h17
Rémi Barroux

Durant deux jours, samedi 9 et dimanche 10 octobre, les opposants à des projets franciliens d’infrastructures – transports, zones d’activités – ont marché jusqu’à l’Hôtel de Ville de Paris. 
Lutter contre l’artificialisation des terres agricoles en Ile-de-France, contre les projets d’infrastructure, souvent de transports, « inutiles » selon leurs opposants : tel était le mot d’ordre commun des centaines de manifestants qui se sont retrouvés, dimanche 10 octobre, devant l’Hôtel de Ville de Paris.
Venus des quatre points cardinaux de la région, partis samedi matin, ils représentaient les combats du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), contre la construction d’une gare sur des terres agricoles, censée desservir à l’origine le complexe touristico-commercial d’Europacity, abandonné en novembre 2019 par le gouvernement ; la lutte contre une future plateforme logistique à Val Bréon (Seine-et-Marne), sur 150 hectares de terres « nourricières ».
> Lire la tribune : « A Gonesse, il est encore possible de sauver des centaines d’hectares de terres nourricières »
Venus du sud, ce sont les opposants au projet de ligne 18 du Grand Paris, qui relierait Saclay (Essonne) à Versailles (Yvelines), menaçant des milliers d’hectares du plateau de Saclay. Partis de Thoiry et passés par Grignon, où se joue la vente du site d’AgroParisTech et de ses forêts et terres agricoles et pédagogiques, les manifestants ont aussi dénoncé ces projets, qui entraînent bétonisation et urbanisation excessive, jugent-ils. Dans la foule, un peu clairsemée, se retrouvaient également des militants hostiles aux projets de densification dans Paris et à la destruction des jardins ouvriers d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
« Fuite en avant »
« Ce qui importe aujourd’hui, c’est la convergence de ces mobilisations contre l’artificialisation des sols. En dépit du “blablabla” du gouvernement sur l’écologie et la visite de Macron au congrès de la nature de l’UICN [le congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui s’est tenu à Marseille début septembre], ces projets destructeurs continuent de se faire », dénonce Clémentine Autain, députée de La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis. Quand Sandrine Rousseau, candidate à la primaire écologiste pour la présidentielle, estime, elle, que « ce n’est pas une convergence, c’est la même lutte qui se joue sur de multiples terrains ».
Au-delà du petit désaccord sémantique, les deux femmes s’accordent pour dénoncer le « double langage » du président de la République, son « en même temps », et l’urgence absolue de défendre ces terres agricoles. « Il [Emmanuel Macron] mène une politique pour faire plaisir à celui qui est en face de lui, mais ces vis-à-vis changent tout le temps, ce n’est pas possible, et au final, ce sont les décideurs économiques qui ont le dernier mot », juge aussi Sandrine Rousseau. Pour Mathilde Panot, députée (LFI) du Val-de-Marne, « il faut sauver les terres fertiles franciliennes et cesser immédiatement toute artificialisation, une fuite en avant et une aberration quand on sait que la ville de Paris ne dispose que de trois jours d’autonomie alimentaire et qu’avec le Covid, on a vu la nécessité des circuits courts ».
Dans la foule, colorée par les drapeaux d’Alternatiba, d’Attac, de Greenpeace, de la Confédération paysanne ou encore de France Nature Environnement (FNE), les militants échangent les informations. Heloïse Faivre, étudiante de 22 ans d’AgroParisTech, en mission à Chaumont (Haute-Marne) pour mettre au point un « répertoire du savoir-faire paysan », explique les recours déposés contre la vente du site de Grignon : « Le gouvernement n’avait pas le droit de vendre les forêts et aurait dû solliciter en priorité les communes concernées lors de son appel à projet. »
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« On n’a jamais vu une gare desservir des champs »
Plus loin, Bernard Loup, du collectif pour les terres de Gonesse, exprime son désappointement devant la décision de la cour d’appel administrative de Paris qui, jeudi 7 octobre, a rejeté les recours des opposants à construction de la ligne 17 Nord du Grand Paris Express, qui doit passer par la future gare du Triangle de Gonesse. « Depuis l’abandon du projet d’Europacity, on espérait que cette gare, qui ne sert plus à rien, ne se ferait pas. Mais le gouvernement s’enferre. Nous n’attendons plus une décision de justice mais bien une décision politique. L’autre espoir, c’est qu’avec l’explosion des coûts de construction – on en a vu les effets avec l’abandon du réaménagement de la gare du Nord –, il n’est pas impensable que ce projet ne voit pas le jour. L’ouverture de cette gare était annoncée pour 2024 et là, on parle de 2028 », explique Bernard Loup.
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Les projets de gare ou de ligne de métro, notamment dans le contexte du Grand Paris, sont souvent au cœur de ces combats pour sauver les terres agricoles. A Saclay, c’est la ligne 18 qui est dans le collimateur. « Derrière ce projet, ce sont 2 300 hectares de terres agricoles du plateau qui sont menacées. Il y a déjà le cluster d’écoles et d’industries, sur lesquelles se trouvent Polytechnique, Supélec… depuis 1976, de nouveaux arrivés comme AgroParisTech, mais on sait que cette nouvelle ligne entraînera l’artificialisation du reste du plateau. On n’a jamais vu une ligne de métro et une gare desservir des champs », peste Harm Smit, du collectif Colos, pour Collectif OIN [opération d’intérêt national] Saclay, créé sous l’égide de FNE. Depuis le printemps, une Zaclay (ZAD de Saclay) s’est installée sur le plateau. « On a entamé l’automne et on prépare la ZAD pour l’hiver », explique Loïc Sivadier, un des étudiants mobilisés.
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Une gare encore est au centre de l’opposition au projet de plate-forme logistique à Val Bréon. « Cette gare, qui ne se fera pas car absente des projets de la SNCF, était la condition pour que le projet immobilier se fasse. Malgré cela, le projet est maintenu dans l’illégalité la plus totale, la communauté de communes a même acheté les terrains pour 12,5 millions d’euros, estime Jane Buisson, de FNE 77. On ne va pas attendre que le projet de zone d’activité se concrétise, on va le bloquer dès maintenant. »
Empêchés de marcher en direction de Matignon, leur intention première, les manifestants ont terminé leur action en fin d’après-midi sur la place de l’Hôtel de Ville, dans un face à face bon enfant avec les gendarmes mobiles, criant « Qui a peur des escargots ? », « Des poireaux pas des JO » ou encore « des citrouilles pas des magouilles ».
A quelques mètres de là, un autre rassemblement mobilisait des centaines de participants, à l’appel de l’Union parisienne, créée au printemps, pour s’opposer aux projets de la maire Anne Hidalgo. Sur les panneaux brandis, on lisait « non aux salles de consommation », « Stop terrasses » et « le vélo oui, le tout vélo non, laissez-nous travailler ». La convergence entre les deux rassemblements n’était pas à l’ordre du jour.
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/10/gonesse-grignon-saclay-ou-val-breon-des-marches-contre-l-artificialisation-des-terres-agricoles_6097841_3244.html>
Sur le même sujet :
> Environnement : à Paris, une "marche des terres" contre l'artificialisation des sols agricoles en Ile-de-France <https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/environnement-a-paris-une-marche-des-terres-contre-l-artificialisation-des-sols-agricoles_4802235.html>, France info avec AFP, 10/10/21, 15:56
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18- Chine : des dizaines de mines de charbon fermées par des inondations, AFP, 11/10/21, 14:00

Des inondations ont entraîné la fermeture de dizaines de mines de charbon dans une grosse région productrice du nord de la Chine, alors que le pays tente d’accroître l’extraction afin de parer à des pénuries d’électricité.
Plus de 60 mines ont cessé leur activité dans la province du Shanxi, à l’ouest de Pékin, où des pluies diluviennes ont entraîné également l’évacuation d’au moins 120.000 personnes, ont rapporté les médias locaux.
Cette suspension du travail tombe mal pour la production d’électricité chinoise, qui peine à alimenter une forte demande industrielle en période de reprise économique mondiale. Le charbon assure 60% de la production électrique du pays.
Des coupures de courant ont été imposées ces dernières semaines dans plusieurs régions, perturbant l’activité industrielle.
Confrontées à la pénurie, les autorités ont dû mettre de côté leurs ambitions de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Des mines situées en Mongolie intérieure, une région majeure de production de charbon du nord du pays, ont reçu une note officielle réclamant une hausse de la production d’un total de 98 millions de tonnes, a rapporté la semaine dernière la presse nationale. Soixante-douze mines sont concernées.
Les prix réglementés n’incitent guère jusqu’à présent les centrales électriques à augmenter leur production.
Vendredi, le Premier ministre Li Keqiang a autorisé les compagnies d’électricité à augmenter leurs tarifs jusqu’à 20% au-delà du prix de référence, au lieu de 10% précédemment.
Pour les industries les plus consommatrices de courant, la limite de 20% ne s’appliquera pas, a annoncé le chef du gouvernement.
Les intempéries au Shanxi surviennent trois mois après des inondations qui ont tué plus de 300 personnes dans la province voisine du Henan.
Selon l’agence Chine nouvelle, le Shanxi, une province habituellement sèche, a reçu la semaine dernière en l’espace de cinq jours trois fois les précipitations normales pour l’ensemble du mois d’octobre.
De nouvelles pluies sont attendues dans la région.
<https://information.tv5monde.com/info/chine-des-dizaines-de-mines-de-charbon-fermees-par-des-inondations-428053>
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19- L'UE va «inciter» les États à baisser les taxes sur l'énergie, Le Figaro avec AFP, 11/10/21, 15:36

La Commission européenne va demander aux pays bénéficiaires de la hausse des prix de redistribuer les bénéfices aux plus démunis.
La Commission européenne va inciter les États à baisser les taxes sur l'énergie et à redistribuer les bénéfices de la hausse des prix aux plus démunis grâce à différents outils à leur disposition, a déclaré lundi le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.
> À lire aussi : L'État a-t-il perçu deux milliards d'euros de taxes supplémentaires avec la flambée des prix de l'énergie ?
«La totalité des États vont (...) bénéficier de cette situation parce qu'il y a beaucoup de taxes sur l'énergie», a affirmé Thierry Breton au micro de France Inter, ajoutant que Bruxelles allait «inciter (chaque État, ndlr) à baisser ces taxes pour redistribuer aux plus défavorisés».
Arsenal de mesures temporaires
Bruxelles doit dévoiler mercredi un arsenal de mesures temporaires pour faire face à la hausse des prix de l'énergie, mais il faudra attendra le prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE les 21 et 22 octobre, pour discuter des adaptations à plus long terme.
L'Espagne, la France, la République tchèque, la Grèce et la Roumanie réclament une «approche commune». Paris souhaite une révision importante du marché de l'électricité, notamment de la fixation des prix jugé trop dépendante des cours des énergies fossiles, tandis que Madrid propose des «achats groupés» de gaz.
Selon Thierry Breton, il faut s'attendre à «six mois de tensions» et mettre des outils en place pour permettre à 36 millions de ménages européens pénalisés de «passer cette période» difficile. «On a toute une gamme d'outils qui va être rappelée précisément à chacun des États et on va les inciter vraiment» à les utiliser, a-t-il ajouté. Évoquant les mesures déjà mises en place par les différents gouvernements - baisse des taxes, chèque énergie, aides ciblées pour les plus pauvres ou encore blocage des prix -, le commissaire a indiqué que la Commission allait donner aux États «la possibilité de baisser aussi la TVA», ce que certains ont d'ores et déjà annoncé.
> À lire aussi : Royaume-Uni: les industries gourmandes en énergie appellent le gouvernement à l'aide
Thierry Breton a rappelé lundi «l'importance» de disposer d'un marché commun de l'électricité et de l'interconnexion des réseaux européens. Mais il a souligné qu'il était «nécessaire de travailler maintenant ensemble pour avoir un mix énergétique qui permette de combattre la volatilité» liée à la part grandissante des énergies renouvelables comme l'éolien.
<https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-ue-va-inciter-les-etats-a-baisser-les-taxes-sur-l-energie-20211011>
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20- Décryptage. Pourquoi le nucléaire revient en grâce, Le Monde, maj le 11/10/21 à 19h01
Julie de la Brosse 

Inflation des prix du gaz et de l’électricité, réchauffement climatique… Ces cinq dernières années, l’atome retrouve un peu de crédit auprès des politiques et d’investisseurs audacieux, Chine en tête. Mais les problématiques financières et technologiques demeurent.
On pourrait presque se croire propulsé vingt ans en arrière, lorsque la sulfureuse Anne Lauvergeon, alors patronne d’Areva, proclamait la « renaissance » du nucléaire et promettait des ventes d’EPR par dizaines. Certes, ce n’est pas aussi flamboyant qu’à l’époque. Mais depuis quelque temps, une petite musique gagne du terrain dans les milieux d’affaires et les QG de campagne parisiens, qui contraste avec les récriminations passées.
Ces derniers mois, les termes « industrie stratégique », « souveraineté énergétique », « sécurité d’approvisionnement » ont en effet supplanté dans le débat public les « fiascos » et « déboires » de la filière nucléaire. En juillet, en visite en Polynésie, Emmanuel Macron, prudent sur le sujet, érigeait le nucléaire en véritable « chance » pour la nation. Quelques semaines plus tard, on apprenait que les activités nucléaires de General Electric, cédées par Alstom en 2015 en pleine déconfiture de la filière, pourraient repasser sous pavillon tricolore.
Sans doute la guerre de haute lutte que mène actuellement la France à Bruxelles pour faire inclure le nucléaire dans la liste des investissements verts européens a-t-elle contribué à resserrer les rangs autour de l’industrie tricolore du nucléaire. Ce qui est sûr, c’est qu’entre les pro (Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Eric Zemmour, Marine Le Pen, Arnaud Montebourg) et les anti (Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo), les débats de la prochaine élection promettent d’être électriques.
> Lire aussi General Electric envisage de vendre sa division nucléaire à EDF
Il faut dire qu’en cinq ans le climat s’est sensiblement amélioré pour l’énergie atomique… En cause, bien sûr, l’inexorable hausse des températures mondiales, et l’idée désormais croissante qu’on ne pourra pas tenir la trajectoire de 1,5 °C supplémentaire à horizon 2050 sans nucléaire. « Que ce soit l’AIE [Agence internationale de l’énergie] ou le GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], toutes les instances internationales en conviennent : pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il faut électrifier nos usages, et donc augmenter toutes les sources de production d’électricité décarbonée, y compris le nucléaire », explique Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
Même les investisseurs, qui avaient déserté ce secteur moribond, se remettent à y croire. Ces dernières années, ils ont investi massivement dans les petits réacteurs modulaires, les fameux SMR, présentés comme l’avenir du nucléaire. Parmi eux, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, s’est même érigé en l’un des plus fervents défenseurs de l’atome. « Au fond, l’idée qui domine aujourd’hui n’est plus d’opposer le nucléaire au solaire et à l’éolien, mais de faire du nucléaire le complément pilotable indispensable au déploiement des renouvelables », explique Pierre-Louis Brenac, consultant énergie chez Sia Partners.
C’est une autre dimension que la crise actuelle des prix de l’énergie vient d’ailleurs de rappeler. « Exposés à la flambée des prix, de nombreux Etats découvrent à quel point la hausse de la demande d’électricité va devenir problématique à l’avenir, à la fois en termes de stabilité des prix, et de sécurité énergétique », explique Jacques Percebois, fondateur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie (Creden). La Chine, qui vient de subir de gigantesques pannes de courant, n’est pas la seule concernée par ces problèmes d’approvisionnement. L’an dernier, plusieurs pays d’Europe de l’Est ont évité de justesse un black-out. « Or, pour ces pays, la sortie du charbon se traduit par une dépendance trop forte au gaz. C’est pourquoi ils sont nombreux, à l’image de la Pologne, à se tourner aujourd’hui vers le nucléaire », détaille Xavier Ursat, le directeur exécutif du nouveau nucléaire chez EDF, qui espère bien compter ces Etats comme clients.
> Lire aussi La carte du nucléaire dans le monde après Fukushima
Alors, après l’hiver qui a suivi Fukushima, va-t-on assister à un nouveau printemps du nucléaire ? Pour l’heure, il faut raison garder. « Déjà parce que, contrairement à une idée reçue, il n’y a pas eu d’arrêt du nucléaire depuis 2011, mais un déplacement de son centre de gravité vers l’Asie », explique Marco Baroni, consultant chez Enel. Sur les 59 réacteurs dont la construction a démarré depuis Fukushima, 28 notamment sont chinois.
+ Infographie : La nouvelle donne internationale <https://img.lemde.fr/2021/10/08/0/0/0/0/700/0/0/0/ff087e6_98335509-nvelle-donne-700px.png>
Problèmes de surcoûts, gestions calamiteuses
Ensuite parce que, pour le moment, rien dans les chiffres n’atteste d’un éventuel rebond. L’an dernier, il y a eu à peu près autant de fermetures de centrales que d’ouvertures. Et globalement, depuis la fin des années 2000, la part du nucléaire dans la production d’électricité stagne autour de 10 %. « En réalité, aujourd’hui, la question n’est pas tant de savoir s’il va y avoir une explosion du nucléaire au niveau mondial, que de s’assurer qu’on va réussir à préserver les capacités existantes, notamment dans les vieilles puissances de l’atome », souligne Marc-Antoine Eyl-Mazzega, de l’IFRI.
+ Infographie : Le nucléaire représente 10% de la production d’électricité dans le monde <https://img.lemde.fr/2021/10/08/0/0/0/0/700/0/0/0/8995b63_897967593-mix-energetique-700px.png>
Empêtrées dans des problèmes de surcoûts, et des gestions de chantier calamiteuses, ces dernières semblent tétanisées à l’idée de statuer sur l’avenir de leur parc. Entre le renchérissement des normes de sûreté post-Fukushima et les dérives de l’EPR (Flamanville, OL3), le nucléaire est devenu exorbitant pour les finances publiques, au point de poser un véritable problème d’acceptabilité sociale. Illustration au Royaume-Uni, où le gouvernement s’est fait accuser de racheter trop cher l’électricité sortie d’Hinkley Point. « Aujourd’hui, le coût du capital représente 50 % du prix du nucléaire. Les Etats cherchent par tous les moyens à faire baisser ce prix, notamment en faisant évoluer les modalités des contrats, mais, pour l’instant, aucun n’a trouvé la formule », observe Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus.
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Sur le fond surtout, une question assez simple demeure : alors que plus personne (ou presque) ne doute de l’utilité de prolonger les centrales existantes (dès lors, bien sûr, que leur sûreté est assurée), est-il vraiment urgent d’investir dans de nouvelles technologies qui risquent d’être dépassées dans les décennies à venir, au profit des renouvelables toujours moins chères, moins controversées et appropriables par tous ?
En France par exemple, où EDF espère installer six EPR2 (théoriquement moins chers que l’EPR), les débats font toujours rage pour savoir si, d’ici à 2050, un scénario 100 % renouvelable ne serait pas envisageable, et in fine moins coûteux pour le contribuable. Des projections chiffrées doivent prochainement être fournies par Réseau de transport d’électricité. Mais les professionnels de l’atome semblent confiants. « Les technologies de stockage ne sont pas assez abouties pour qu’on puisse se passer du nucléaire », estime Stéphane Sarrade, directeur des programmes énergie bas carbone au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Et Marco Baroni d’ajouter : « La plupart du temps, les comparaisons chiffrées qui circulent sont du pur lobbying, car les coûts des systèmes électriques varient d’un réseau à l’autre. »
+ Infographie : La France est la plus dépendante du nucléaire <https://img.lemde.fr/2021/10/08/0/0/0/0/700/0/0/0/e17875c_86812066-france-700px.png>
Cette inflation des prix du nucléaire explique en tout cas les violentes discussions qui opposent la France et l’Allemagne autour de la taxonomie européenne. La Commission doit statuer très prochainement sur la liste des investissements qui bénéficieront du label durable. Si elle refuse d’y intégrer le nucléaire, ses conditions financières risquent de s’en trouver encore une fois alourdies. « Le risque serait de surenchérir le coût du nucléaire français ou européen alors que les autres filières, russe, chinoise ou américaine, non soumises à la taxonomie européenne, pourraient trouver plus aisément des financements », dénonce Xavier Ursat. Avant d’ajouter : « Ce serait une catastrophe, et pour le climat, et pour la souveraineté européenne. » Lobbying contre lobbying…
> Lire aussi Nucléaire : « L’expérience de Fukushima a conduit de nombreux pays à rehausser les exigences de sûreté »
Pendant que l’Europe s’écharpe sur les différentes nuances de vert du nucléaire, le reste du monde, lui, cherche à écrire son avenir. Ces dernières années, la Chine a accéléré ses recherches dans les réacteurs de quatrième génération, censés fermer le cycle du combustible et réduire drastiquement la quantité de déchets produite. Fin septembre, elle a annoncé qu’elle venait d’achever la construction du premier « réacteur propre au monde », avec une commercialisation prévue en 2030. Par ailleurs, pour répondre à ces problèmes de coûts, l’industrie a développé ces dernières années les SMR, ces petits réacteurs modulaires de 30 à 350 mégawatts (MW), beaucoup moins puissants que les EPR (1000-1700 MW), et beaucoup plus maniables. Preuve de l’engouement qu’ils suscitent, 72 projets, de troisième ou quatrième génération, sont actuellement en cours dans le monde, dont un en France (Nuward), porté par plusieurs industriels dont EDF.
La Russie et la Chine font la course en tête
Pour l’heure, la Russie, qui est la seule à avoir un SMR opérationnel, et la Chine, qui affirme qu’elle sera la première à fournir une solution commerciale, font la course en tête. Mais les Etats-Unis sont bien déterminés à rattraper leur retard. Depuis 2012, le département de l’énergie américain a investi 1,2 milliard de dollars dans divers programmes de SMR, et prévoit de doubler la mise dans les années à venir.
Pour les Américains, l’enjeu est à la fois de répondre au renouvellement du parc existant (le plus important au monde), mais aussi et surtout de replacer ses pions sur l’échiquier géopolitique du nucléaire. « Avec l’AP1000, qui a rencontré les mêmes déboires que l’EPR, les Américains ont perdu la main sur cette industrie dans laquelle ils étaient les champions incontestés. Avec les SMR, qui sont en train de prendre une place centrale dans les virées diplomatiques, ils espèrent contrer l’assaut des Russes et des Chinois dans le nucléaire », observe Marc-Antoine Eyl-Mazegga.
+ Infographie : Les centrales sont plus vieillissantes à l’Ouest <https://img.lemde.fr/2021/10/08/0/0/0/0/700/0/0/0/4ea70a2_7705708-age-centrales-700px.png>
Et puis, avec cette nouvelle offre, l’objectif est aussi d’ouvrir de nouveaux marchés : des Etats, petites villes ou grosses industries, qui jusqu’à présent n’avaient pas de réseaux suffisamment robustes pour héberger de grosses centrales, pourraient demain devenir acheteurs. De nombreux pays auraient déjà manifesté leur intérêt, comme le Sri Lanka, le Kenya, l’Ouganda ou encore la Jordanie.
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Mais l’hypothèse est jugée peu crédible par les antinucléaires, qui y voient surtout le dernier fantasme sur papier d’une industrie en panne d’idées. « Comment, alors que les technologies renouvelables avancent à toute allure, peut-on espérer vendre des réacteurs nucléaires à des Etats qui n’ont ni autorité de sûreté, ni filière de gestion des déchets ? C’est un non-sens historique », s’emporte Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt.
« L’arrivée des start-up et des milliardaires »
De leur côté, les investisseurs privés, qui financent une grande partie de ces projets, semblent y croire. Depuis 2006, Bill Gates, le plus illustre d’entre eux, développe, à travers sa start-up TerraPower, Natrium, un petit réacteur à sels fondus de 350 MW de quatrième génération, répondant à la fois aux promesses de la petite taille et de la limitation des déchets. L’entreprise vient d’annoncer qu’elle allait développer son premier prototype dans l’Etat du Wyoming, et promet une commercialisation dans moins de dix ans. « Cette dynamique est assez excitante, car, sans forcément développer des innovations, l’arrivée des start-up et des milliardaires dans cette industrie du temps long pourrait permettre d’accélérer le déploiement et la mise sur le marché de certaines technologies », estime Stéphane Sarrade.
> Lire aussi Pourquoi le nucléaire va s’inviter dans la campagne présidentielle de 2022
Industriels, scientifiques, chercheurs, tous ont à l’esprit l’exemple de la conquête aérospatiale, dopée par la montée en puissance des milliardaires de la tech, Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin). Cet été, la première fortune mondiale a d’ailleurs ravivé les fantasmes, en investissant dans un ambitieux programme de fusion nucléaire. « Si l’on prend l’exemple de la fusion justement, l’avancée la plus excitante de ces dernières années a été réalisée par une start-up incubée par le MIT [Massachusetts Institute of Technology]», relate Greg De Temmerman, docteur en physique expérimentale.
Finalement, n’est-ce pas d’un Elon Musk du nucléaire dont l’industrie a besoin si elle veut renaître ? Toujours aussi technophile, c’est en tout cas ce que semble penser le président de la République, qui en a appelé récemment aux entrepreneurs français pour porter le projet du futur SMR tricolore. Selon nos informations, un riche entrepreneur français de l’énergie serait très intéressé. Juste avant la présidentielle, l’effet de com en tout cas serait assuré.
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/10/le-nouveau-printemps-du-nucleaire_6097823_3234.html>
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21- Greenpeace : sept arrestations lors d'une manifestation à Londres contre un projet de champ pétrolier, AFP, 11/10/21, 22:00

La police britannique a arrêté lundi sept militants écologistes de Greenpeace, qui avaient organisé un sit-in en face de Downing Street à Londres, pour demander au Premier ministre d'arrêter le projet de champ pétrolier de Cambo, au large des îles Shetland en Écosse.
Les sept manifestants arrêtés sont soupçonnés d'avoir bloqué une route, a indiqué la police, affirmant avoir mis plusieurs heures à déloger des militants qui s'étaient enfermés dans des barils de pétrole. 
"Boris : Stop Cambo", proclamait une banderole tenue par des manifestants, assis sur la chaussée et entourant une statue de 3,60 mètres du dirigeant conservateur Boris Johnson aux mains et costume tachés de noir. 
Aux pieds de la statue, une plaque indiquait "Champ pétrolier de Cambo : l'échec climatique monumental de Johnson". Le Premier ministre n'en a rien vu, car il se trouve actuellement en vacances avec sa famille dans le sud de l'Espagne.
Le gouvernement britannique devrait bientôt approuver le développement de ce projet malgré l'opposition des écologistes et son engagement à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Cette action de Greenpeace intervient à quelques semaines de l'ouverture du sommet international sur le climat COP26 à Glasgow le 31 octobre.
"Johnson doit arrêter Cambo et donner la priorité à une transition juste vers les énergies renouvelables pour protéger les consommateurs, les travailleurs et le climat des futurs chocs", a déclaré Philip Evans, militant de Greenpeace.
L'ONG s'attend à ce que le gouvernement annonce sa décision sur Cambo incessamment, et avertit que le pétrole extrait de Cambo dans sa première phase "produirait des émissions équivalentes à celles de jusqu'à 18 centrales au charbon fonctionnant pendant un an".
Le Times a rapporté le mois dernier que Boris Johnson soutenait des projets de développement en mer du Nord, en affirmant que le gouvernement considère "irréaliste d'imposer un moratoire sur de nouveaux projets".
Londres estime que le pays doit devenir moins dépendant des importations. Le Royaume-Uni est actuellement confronté à une crise provoquée par la flambée des prix du gaz, dont le pays est fortement dépendant. Il ne produit qu'environ 48% de son approvisionnement.
Le champ pétrolier de Cambo contient l'équivalent de plus de 800 millions de barils de pétrole, dont 170 millions devraient être extraits dans la première phase du projet. Il est détenu à 70% par Siccar Point Energy, soutenu par la société de capital-investissement américaine Blackstone, et à 30% par Shell UK.
<https://information.tv5monde.com/info/greenpeace-sept-arrestations-lors-d-une-manifestation-londres-contre-un-projet-de-champ>
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22- Le chèque énergie contribue à réduire la précarité énergétique des ménages, Actu-environnement, 11/10/21
Rachida Boughriet 

Le chèque énergie « cible bien la population des ménages en situation de précarité énergétique puisque les trois quarts d'entre eux en sont bénéficiaires », souligne le Commissariat général au développement durable (CGDD). Créée en 2018, cette aide de l'État permet aux ménages à revenus modestes de payer une partie des factures d'énergie de leur logement ou de leurs travaux de rénovation énergétique. Le chèque énergie est de 150 eurosen moyenne, et peut atteindre 277 euros pour les ménages les plus modestes. Le calcul de ce montant est réalisé selon les revenus fiscaux et la composition du ménage concerné.
En 2019, cette aide a permis à « un demi-million de ménages de sortir de la précarité énergétique (en France métropolitaine) et à près de 2,2 millions de ménages de réduire leur précarité énergétique », indique le CGDD, qui vient de publier une étude sur le sujet. En 2019, le chèque énergie a été attribué aux 20 % des ménages les plus modestes en fonction des revenus déclarés à l'impôt sur le revenu. Soit près de 5,7 millions de ménages en ont été bénéficiaires, pour une enveloppe totale distribuée s'élevant à 840 millions d'euros (dont 790 millions en France métropolitaine).
Le CGDD estime que 57 % des bénéficiaires seraient en précarité énergétique et que près de 63 % de l'aide totale serait distribuée aux ménages précaires.
>> Suite à lire à :
<https://www.actu-environnement.com/ae/news/cheque-energie-contribue-reduire-precarite-energetique-menages-38341.php4>
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23- Le prix du gazole n’a jamais été aussi élevé en France, Le Monde, 12/10/21, 13h40 

Le prix moyen à la pompe a atteint 1,5354 euro la semaine dernière, soit une hausse de 28 % sur un an. Même en 2018, au début de la crise des « gilets jaunes », le litre de gazole n’était pas aussi cher. 
Même en 2018, au début de la crise des « gilets jaunes », le litre de gazole n’était pas aussi cher. Le prix moyen à la pompe a atteint 1,5354 euro la semaine dernière, selon les chiffres du ministère de la transition écologique. Le prix du litre de sans-plomb 95 s’élevait, lui, à 1,60 euro, encore en dessous du record de 2012, à 1,66 euro.
Sur un an, alors que la crise due au coronavirus avait fait plonger les prix du pétrole et donc des carburants l’an dernier, la hausse est de 28 % pour le gazole. A titre de comparaison, en 2018, au moment de la crise des « gilets jaunes », les prix avaient augmenté de 22,6 % sur un an pour le gazole. Mais si, à l’époque, une partie de ces hausses s’expliquait par un alourdissement de la fiscalité, ce n’est pas le cas en 2021, le gouvernement ayant gelé les taxes sur les carburants en 2018.
> Lire aussi  Pétrole : l’OPEP+ annonce qu’elle n’augmentera pas significativement la production, les prix s’envolent
L’explication est à chercher du côté des cours du pétrole, qui s’envolent depuis plusieurs mois. Le prix du baril de brent a atteint 82 dollars la semaine dernière, soit une hausse de plus de 10 % depuis septembre. Il s’échangeait autour de 35 dollars (environ 30 euros), après être tombé au-dessous de 20 dollars durant la première vague de Covid-19 et les confinements du printemps.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/12/le-prix-du-gazole-n-a-jamais-ete-aussi-eleve-en-france_6098026_3234.html>
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24- Tribune. Contre-vérités d'une déclaration sur les camions roulant au gaz naturel liquéfié, Collectif air-santé-climat, 12/10/21

Le collectif réagit aux déclarations de l’ONG “Transport & Environnement” qui dans un récent rapport conclut que les camions roulant au gaz naturel liquéfié (GNL) émettent plus de particules fines et ultrafines cancérigènes que les camions diesel. [1]
D’un point de vue médical cela est inexact, le caractère cancérigène des particules est lié à leur composition et principalement à la présence d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de métaux lourds présents à la surface des particules fines et ultrafines. Cela a été particulièrement bien démontré pour les particules diesel, les particules liées à la combustion du bois, du charbon, de l’incinération. Ces hydrocarbures aromatiques polycycliques – en plus d’entrer dans la composition des particules fines- sont également émis sous forme de gaz cancérigènes par ces mêmes sources et notamment en ville par le parc diesel.
Or jusqu’à présent les études montrent que la combustion de gaz naturel n’émet pas ou très peu de ces HAP cancérigènes que ce soit sous forme de particule ou de gaz, RIEN ne permet donc scientifiquement et médicalement de dire que les particules émises par la combustion de gaz naturel sont cancérigènes.
De nombreuses études récentes publiées ont confirmées que les émissions gazeuses et particulaires issues de la combustion du gaz naturel étaient bien moins nocives, et notamment bien moins cancérigènes que les émissions diesel et essence, ainsi une étude parue dans la très sérieuse revue Environmental Pollution [2] démontre que les particules diesel et essence ont un effet cancérigène bien supérieur aux particules issues du gaz, notamment de par le fait que les particules issues de la combustion du gaz contiennent bien moins d’HAP. Une autre étude parue dans Atmospheric Environment conclut que le remplacement du diesel par du GNL réduit de 37 fois les émissions de particules cancérigènes . [3]
En plus de réduire la toxicité des particules, une étude rappelle également l’impact significatif sur la réduction du bruit, qui rappelons-le, est un facteur de risque cardiovasculaire reconnu. [4]
Concernant les impacts sur les gaz à effet de serre, tous les rapports démontrent un bénéfice réel du gaz comparativement au diesel, même si les fuites de méthane lors de l’extraction constituent effectivement un problème reconnu. 
Nous sommes en accord avec T&E sur l’urgence climatique qui exige de décarboner le transport routier via le développement de véhicules neutres en carbone, néanmoins, en termes de pollution atmosphérique le passage par le GNL peut permettre de réaliser une transition, peu couteuse et qui reste d’un point de vue sanitaire bien moins toxique que l’usage du diesel ou de l’essence.
Cette étude, comme les études précédentes, montre en outre que les camions GNL sur autoroute offrent de bien meilleures performances que les camions diesels en termes de niveau de pollution. Or, ces camions sont destinés à un usage exclusivement autoroutier pour lequel ils sont optimisés. Les tester en condition urbaine, où ils n’ont aucune raison d’aller n’a aucun sens.
Le collectif Air Santé Climat :
• Professeur Isabella Annesi-Maesano, Directrice de recherche INSERM  / Directrice d’équipe labellisée INSERM et Sorbonne Université EPAR ; 
• Docteur Mallory Guyon, Collectif Environnement Santé 74 ;
• Docteur Thomas Bourdrel, Collectif Strasbourg Respire ; 
• Docteur Gilles Dixsaut, Comité Francilien contre les maladies respiratoires ; 
• Docteur Pierre Souvet, Association Santé Environnement France (ASEF) ;
• Guillaume Muller, association Val-de-Marne en Transition.
<https://www.asef-asso.fr/actualite/tribune-du-collectif-air-sante-climat-contre-verites-dune-declaration-sur-les-camions-roulant-au-gaz-naturel-liquefie/>
Tribune en réponse à l’article suivant : 
> Les camions au GNL polluent plus que les camions Diesel, selon une nouvelle étude <https://www.actu-environnement.com/ae/news/transport-routier-etude-montre-camions-gnl-pollue-plus-que-camion-diesel-38249.php4>, Actu-environnement, 28/09/21
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En images
25- Hausse des prix de l'énergie : les centrales miniatures sont-elles une solution ?, France 2, journal de 20h, 04/10/21

Face à la hausse des tarifs de l'électricité et du gaz, le gouvernement tente de réagir. Le chef de l'Etat souhaiterait investir dans la construction de SMR, des petits réacteurs nouvelles générations. Explications.
La hausse des prix de l'énergie est l'une des interrogations préoccupantes pour Emmanuel Macron avant les présidentielles. Le président de la République cherche en effet des solutions pour stopper cette inflation. Une des réponses pourrait se trouver dans des centrales nucléaires miniatures (SMR). En Chine ou encore en Argentine, cette nouvelle technologie existe déjà. 
Une solution pour l'avenir ?
Le gouvernement aurait l'idée d'investir sérieusement dans ces SMR, "ces petits réacteurs nucléaires plein de promesses" ainsi que les qualifiait Emmanuel Macron en décembre 2020, pour produire l'énergie de demain.  Ces engins produisent près de 300 mégawatts, contre 900 à 1450 pour une centrale nucléaire classique. Ils pourraient coûter moins cher et seraient plus compacts. Le chef du gouvernement détaillera ce projet vendredi 8 octobre, dans le cadre du plan d'investissement pour 2030.
> Reportage à voir à :
<https://www.francetvinfo.fr/economie/energie/hausse-des-prix-de-l-energie-lescentrales-miniatures-sont-elles-une-solution_4795099.html>
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26- Nucléaire : on repart pour 30 ans ?, France 5, C dans l’air, 12/10/21, 17h44

Dans un contexte d’envolée des prix du gaz et de l'électricité, où la question de la souveraineté énergétique s’est invitée dans le débat, Emmanuel Macron a ddécidé de miser sur l’atome. Lui qui a fermé en 2020 les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, reprenant la promesse faite par son prédécesseur François Hollande, fait désormais de la relance de la filiale nucléaire en France un élément fort de la future campagne présidentielle pour 2022.
Invités :
- Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction - Les Échos 
- Soazig Quéméner, rédactrice en chef du service politique - Marianne
- Arnaud Gossement, avocat spécialiste en droit de l’environnement
- Erwan Benezet, journaliste en charge de l’énergie - Le Parisien - Aujourd’hui en France
> Magazine (64 min) à revoir à :
<https://www.france.tv/france-5/c-dans-l-air/2801825-emission-du-mardi-12-octobre-2021.html>
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