[revue-presse-FNH] Petite revue de presse centrée sur biodiversité, sciences et protection du vivant et de l'univers, patrimoine (mercredi 2 février)

Florence de Monclin f.demonclin at fnh.org
Mer 2 Fév 07:45:02 CET 2022


Bonjour à tous,

Un petit tour d'horizon avec deux possibilités d'accès aux dépêches et articles suivants : 
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1- Les tardigrades peuvent survivre à un violent impact planétaire ! <https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/lune-tardigrades-peuvent-survivre-violent-impact-planetaire-77147/>, Futura-sciences, 22/01/22
2- Chronique. « Le grand malheur de la biodiversité, bien qu’elle soit partout, est de nous être en grande partie invisible » <https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/23/le-grand-malheur-de-la-biodiversite-bien-qu-elle-soit-partout-est-de-nous-etre-en-grande-partie-invisible_6110604_3232.html>, Le Monde, 23/01/22, 08h14 
3- Inde : des dizaines de tortues mortes, probablement empoisonnées <https://www.goodplanet.info/2022/01/24/inde-des-dizaines-de-tortues-mortes-probablement-empoisonnees/>, AFP, 23/01/22, 16:00
4- Pérou : un parc zoologique de Lima s'efforce de sauver les oiseaux de la marée noire <https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/perou-un-parc-zoologique-de-lima-s-efforce-de-sauver-les-oiseaux-de-la-maree-noire_2166694.html>, AFP, 24/01/22, 06:00
5- La puissance de l'éruption aux Tonga supérieure à des centaines d'Hiroshima, selon la Nasa <https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/geologie/la-puissance-de-l-eruption-aux-tonga-superieure-a-des-centaines-d-hiroshima-selon-la-nasa_160851>, AFP, 24/01/22, 10:00
6- Bien-être animal : vers la fin en France des aquariums boules et autres colliers antiaboiements ? <https://www.lepoint.fr/societe/bien-etre-animal-vers-la-fin-en-france-des-aquariums-boules-et-autres-colliers-antiaboiements-24-01-2022-2461743_23.php>, AFP, 24/01/22, 11:00
7- Chez les chimpanzés, casser les noix ne s'improvise pas <https://www.geo.fr/environnement/chez-les-chimpanzes-casser-les-noix-ne-simprovise-pas-208110>, AFP, 24/01/22, 19:00
8- La présence d'un loup confirmée dans la Somme après l'attaque de plusieurs brebis chez un éleveur <https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/la-presence-d-un-loup-confirmee-dans-la-somme-apres-l-attaque-de-plusieurs-brebis-chez-un-eleveur-2433334.html>, France 3, Hauts-de-France, 25/01/22, 09h50
9- Considérer les vivants invisibles <https://3kwcu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/rfAs2JUjzxavPh3j1lRftVbQ4mZwK7qXeUj19xGQsdGv3RjzcT7FO2v6bWmKXI7Ml0rykAkLlbRpr02V0cJdSMG176-o3t3gTLxEbKcRhGobtbtwGRobkFuEiLKnDAUZRfOYWnkm>, TEK4life, 25/01/22
10- Plus de 200 nouvelles espèces découvertes dans la région du Mekong, selon le WWF <https://information.tv5monde.com/info/plus-de-200-nouvelles-especes-decouvertes-dans-la-region-du-mekong-selon-le-wwf-442212>, AFP, 27/01/22, 12:00
11- Reportage. A Nice, le vieil homme qui aimait trop les chats <https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/28/a-nice-le-vieil-homme-qui-aimait-trop-les-chats_6111311_3224.html>, Le Monde, 28/01/22, 04h49
12- L'Australie investit dans la protection de la Grande barrière de corail <https://information.tv5monde.com/info/l-australie-investit-dans-la-protection-de-la-grande-barriere-de-corail-442328>, AFP, 28/01/22, 06:00
13- Grèce : une jeune baleine blessée échoue sur une plage près d'Athènes <https://information.tv5monde.com/info/grece-une-jeune-baleine-blessee-echoue-sur-une-plage-pres-d-athenes-442388>, AFP, 28/01/22, 12:00
14- Le prix François Sommer pour une enquête sur les chasseurs <https://information.tv5monde.com/culture/le-prix-francois-sommer-pour-une-enquete-sur-les-chasseurs-442454>, AFP, 28/01/22, 20:00
15- Un village mexicain, refuge de milliers de pélicans migrateurs, espère attirer les touristes <https://information.tv5monde.com/info/un-village-mexicain-refuge-de-milliers-de-pelicans-migrateurs-espere-attirer-les-touristes>, AFP, 29/01/22, 11:00
16- Décryptage. Des animaux protégés empoisonnés dans le parc national de la Vanoise <https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/30/des-animaux-proteges-empoisonnes-dans-le-parc-national-de-la-vanoise_6111560_3244.html>, Le Monde, 30/01/22, 02h08
17- Phénomène rare : trois varans naissent sans fécondation dans le Lot <https://information.tv5monde.com/info/phenomene-rare-trois-varans-naissent-sans-fecondation-dans-le-lot-442661>, AFP, 30/01/22, 14:00
18- A Delhi, de bons samaritains au secours de milliers de rapaces mutilés par accident <https://information.tv5monde.com/info/delhi-de-bons-samaritains-au-secours-de-milliers-de-rapaces-mutiles-par-accident-442748>, AFP, 31/01/22, 09:00
19- Il reste plus de 9.000 espèces d'arbres à découvrir (étude) <https://information.tv5monde.com/info/il-reste-plus-de-9000-especes-d-arbres-decouvrir-etude-442858>, AFP, 31/01/22, 23:00

Bien à vous,
Florence

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SUPER-HÉROS DU JOUR : Avec leurs corps grassouillets et leurs petites pattes griffues, les tardigrades sont parmi les créatures les plus mignonnes du monde microscopique et leurs dodus bourrelets cachent l'étoffe de véritable super-héros. (cf. item 1)
QUESTIONNEMENT DU JOUR : Pour quelles raisons, la prise de conscience de la crise de la biodiversité tarde à venir. (cf. item 2 & 9)
ÉTUDES DU JOUR : — Comme dans un atelier d'apprentissage : quand les chimpanzés arrivent à casser des noix avec des pierres, ça n'est pas le fruit du hasard mais d'un véritable savoir-faire acquis auprès de leurs congénères les plus expérimentés. (cf. item 7 & suite)
— Des chercheurs ont estimé que le nombre d'espèces d'arbres sur Terre était significativement plus élevé que celui actuellement connu, avec plus de 9.000 espèces restant à découvrir, selon une étude. (cf. item 19 & suite)
DÉCOUVERTES DU JOUR : Des scientifiques ont découvert plus de 200 nouvelles espèces dans la région du Grand Mékong en 2020, selon un rapport du WWF. (cf. item 10 & suite)
CITATION DU JOUR : "Distribuer de l'argent pour la Grande barrière de corail d'une main, tout en finançant l’industrie des énergies fossiles, qui est à l'origine de conséquences climatiques dévastatrices, comme les vagues de chaleur marines et le blanchissement des coraux, signifie qu'ils aggravent le problème même s'ils prétendent vouloir résoudre", Lesley Hughes, professeur de biologie à l'Université Macquarie de Sydney (cf. item 12)
SAUVETAGE DU JOUR : Un parc zoologique à Lima s'efforce de sauver les oiseaux marins appartenant à des espèces en danger, touchés par la marée noire qui a contaminé la côte centrale du Pérou. (cf. item 4)
PUISSANCE DU JOUR : La force de l'éruption volcanique aux îles Tonga a dépassé une centaine de fois la puissance de la bombe atomique d'Hiroshima, ont déclaré des scientifiques de la NASA. (cf. item 5 & suite)
RENONCEMENT DU JOUR : Aquariums boules, colliers antiaboiements ou encore martinets : AgroBiothers, spécialiste des soins et accessoires pour animaux en France, renonce à la commercialisation de ces produits "nocifs" pour les animaux. (cf. item 6)
SIGNALEMENT DU JOUR : La présence d'un loup a été observée dans la Somme après le signalement par un éleveur de l'attaque de plusieurs brebis stationnées dans un pré à Lafresguimont-Saint-Martin (80). (cf. item 8)
REPORTAGE DU JOUR : Francis, un octogénaire habitant à Nice, vivait seul avec plus de cent félins, malades ou morts. Malgré les alertes de ses proches, il a fallu plus de deux ans pour qu’il soit hospitalisé en psychiatrie. (cf. item 11)
ÉCHOUAGE DU JOUR : Une jeune baleine blessée au museau s'est échouée sur une plage du sud d'Athènes, où des efforts étaient en cours pour la secourir. (cf. item 13)
RECONNAISSANCE DU JOUR : Avec son enquête sur les chasseurs en France, l'ethnologue Charles Stépanoff a remporté le prix François Sommer qui récompense un ouvrage guidé par une écologie humaniste. (cf. item 14)
ESPOIR DU JOUR : Chaque hiver, le village mexicain de Petatan qui accueille des milliers de pélicans migrateurs venus du Canada, aimerait maintenant voir arriver des touristes qui permettraient au village de sortir de la crise provoquée par le Covid. (cf. item 15)
IMPUNITÉS DU JOUR : — Un empoisonnement intentionnel est probablement à l'origine de la mort de dizaines de tortues dans un lac près de Bombay, ont avancé des experts indiens de la faune sauvage. (cf. item 3)
— Qui a empoisonné deux loups, deux gypaètes barbus et au moins une douzaine d’autres animaux dans le parc national de la Vanoise, en Savoie, et pour quel motif ? (cf. item 16)
PARTHÉNOGENÈSE DU JOUR : Une femelle de l'espèce des varans malais a donné naissance, sans fécondation, à trois petits au parc zoologique de Padirac (Lot), en raison d'un processus génétique rare. (cf. item 17)
BONS SAMARITAINS DU JOUR : Un vautour percnoptère, grièvement blessé quelques mois plus tôt, s'apprête à retrouver les cieux de Delhi, après avoir été soigné par deux frères qui portent secours aux milliers de rapaces mutilés par accident chaque année, souvent par des fils de cerfs-volants. (cf. item 18)
NOTRE ACTU : A suivre sur notre site Internet <http://www.fondation-nature-homme.org/>, Facebook <https://www.facebook.com/FondationNH/>, Twitter <https://twitter.com/fondationNH> ou Instagram <https://www.instagram.com/fondationNH/>.
> Plan de relance, loi climat... Décryptage et propositions pour des avancées écologiques et sociales qui comptent <http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp-plan-relance-fnh.pdf>
> Le temps est venu de poser les premières pierres d’un nouveau monde <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/le-temps-est-venu-lappel-de-nicolas-hulot-pour-poser-les-premieres-pierres-dun-nouveau-monde/>
> 10 mesures pour juger de la pertinence des programmes des candidats aux élections municipales <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/ecolos-et-sociales-les-prochaines-municipales>
> Baromètre des mobilités du quotidien - Coût, manque d'alternatives : les Français prisonniers de la voiture <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/cout-manque-dalternativesles-francais-prisonniers-de-leur-mode-de-transport>
> Guide en ligne. 7 propositions pour contribuer au grand débat national <http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/7-propositions-pour-contribuer-au-grand-debat-national/>
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> Crèches : arrêtons d’intoxiquer nos enfants <https://www.youtube.com/watch?v=FMjygtDmPSM>
> L'APPEL DES SOLIDARITÉS porté par plus de 80 ONG & associations de tous horizons <http://www.comite21.org/reseau-adherents/actualites.html?id=11056>
> 2nd édition de My Positive Impact : les 6 lauréats du public et les 3 lauréats du jury <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/trophees-pour-le-climat-my-positive-impact/>
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1- Les tardigrades peuvent survivre à un violent impact planétaire !, Futura-sciences, 22/01/22
Nathalie Mayer, journaliste

La liste des caractéristiques étonnantes des tardigrades semble vouloir régulièrement s'allonger. Cette fois, des chercheurs en ont chargé dans un pistolet. Et ils ont survécu. Jusqu'à une certaine limite. De quoi nous donner de nouvelles pistes pour la recherche de formes de vie dans notre Système solaire.
Les tardigrades sont de petits êtres étonnants. Ils survivent à des températures proches du zéro absolu. Tout comme à des chaleurs supérieures à 100 °C. Ils supportent le vide de l'espace. Et même des doses de rayonnement qui nous seraient certainement mortelles.
En 2019, une sonde israélienne nommée Bereshit avait emporté vers la Lunequelques-uns de ces arthropodes ne mesurant pas plus d'un millimètre de long. Avec des dessins d'enfants, une Bible, des extraits d'ADN et même les secrets de certains tours de magie de David Copperfield. Dans le cadre d'un projet visant à stocker le savoir de l'humanité un peu partout dans le Système solaire. Mais la sonde en question s'était écrasée sur la Lune.
Les tardigrades ont-ils pu se sortir vivants du crash ? C'est la question qui taraudait quelques chercheurs de l’université Queen Mary et de l’université du Kent (Royaume-Uni). Non pas de savoir si la capsule qui les contenait avait pu rester intacte, mais si les tardigrades, dans la capsule, avaient pu survivre à l'impact. Pour le savoir, les chercheurs ont mené une drôle d'expérience.
>> Suite à lire et à voir à :
<https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/lune-tardigrades-peuvent-survivre-violent-impact-planetaire-77147/>
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2- Chronique. « Le grand malheur de la biodiversité, bien qu’elle soit partout, est de nous être en grande partie invisible », Le Monde, 23/01/22, 08h14 
Perrine Mouterde

Une étude parue en janvier illustre à quel point la prise de conscience de la crise de la biodiversité tarde à venir. Dans sa chronique, Perrine Mouterde, journaliste au « Monde », en analyse les raisons.
Chronique. Les activités humaines pourraient-elles, à terme, provoquer une sixième extinction de masse ? Pas de panique, le problème n’est pas là. En tout cas pour Elon Musk. Selon le PDG de SpaceX, il y a « 100 % de chance » que toutes les espèces disparaissent en raison de l’expansion du soleil. Il faut donc voir grand et, pour éviter la catastrophe, « rendre la vie multiplanétaire », autrement dit aller coloniser d’autres planètes.
C’est ce que le milliardaire a écrit sur Twitter, le 16 janvier, en réponse à la parution quelques jours plus tôt, dans la revue Biological Reviews, d’une étude intitulée « La sixième extinction de masse : réalité, fiction ou spéculation ? ». Benoît Fontaine, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, en est l’un des trois auteurs. Il admet avoir été « estomaqué » par cette réaction d’Elon Musk – même si elle illustre en partie ce qu’il entendait justement démontrer…
> Lire aussi « Le “biodiversité-scepticisme”, plus discret que celui contre le dérèglement climatique, est en un sens bien plus inquiétant »
Le point de départ de cette étude est un constat : comme la crise climatique a ses sceptiques, celle de la biodiversité a les siens. Quelques voix discordantes, très minoritaires parmi les scientifiques, un peu moins rares dans la sphère non académique, qui peuvent tout de même avoir un certain écho. « Il y a un consensus scientifique très clair sur le fait qu’il y a une grave érosion de la biodiversité, explique Benoît Fontaine. Mais les sceptiques disent soit que les chiffres ne le démontrent pas et que le taux d’extinction a été surestimé, soit que cela fait partie de l’évolution naturelle et qu’il n’y a donc rien à faire, ou que la technologie pourra nous sauver. »
Prendre en compte les invertébrés
Pour répondre à ces arguments, les chercheurs ont réalisé une synthèse des travaux portant sur le taux d’extinction. Ils rappellent qu’adopter une approche strictement « comptable », qui permettrait de connaître précisément le nombre d’espèces disparues, est tout bonnement impossible : sur un peu plus de 2 millions de plantes et d’animaux connus, seulement quelque 140 000 (moins de 6 %) ont été évalués par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
En revanche, ils expliquent que d’autres approches convergent pour montrer que le taux d’extinction actuel est bien supérieur au taux « naturel », et insistent sur l’importance de prendre en compte dans ces calculs les invertébrés : ils représentent 95 % des animaux connus, mais seulement 2 % ont été évalués – contre 77 % des espèces de vertébrés.
> Lire aussi Pour protéger la biodiversité, des scientifiques appellent à des changements majeurs
Les trois chercheurs se sont penchés sur les escargots, leur spécialité. Pour 200 espèces prises au hasard, ils ont recensé toutes les dates auxquelles des spécimens avaient été collectés à travers le monde. Ils ont aussi interrogé des spécialistes sur la probabilité que chaque espèce soit éteinte. Ces deux méthodes les ont conduits au même résultat : environ 10 % de ces 200 mollusques ont très probablement disparu. Un ordre de grandeur en ligne avec ceux observés par d’autres scientifiques. Dans son rapport de 2019, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPES) estime que le rythme d’extinction est « au moins des dizaines ou des centaines de fois supérieur à ce qu’il a été en moyenne durant les dernières 10 millions d’années ».
Des interdépendances d’une infinie complexité
Au-delà même des chiffres, cette étude se veut surtout une nouvelle alerte quant à notre incapacité collective à saisir l’ampleur du problème. Si la prise de conscience progresse lentement, force est de constater que la biodiversité préoccupe toujours moins que le climat. Les réactions à Don’t Look Up l’ont encore montré : comme l’a pointé l’écologue Philippe Grandcolas dans une tribune au Monde, ce film a été vu comme une parabole de la crise climatique, jamais de celle de l’effondrement du vivant !
> Lire aussi la tribune : « Les réactions à “Don’t Look Up” font l’impasse totale sur la crise de la biodiversité »
En mettant l’accent sur les invertébrés, cette publication souligne encore autre chose : le grand malheur de la biodiversité, c’est que, bien qu’elle soit partout, elle nous est en grande partie invisible. Notre difficulté à appréhender cette crise tient sans doute à notre difficulté à comprendre ce que ce terme englobe, parce que nous ne le voyons pas. Bien sûr il y a les grands singes, les éléphants ou les forêts tropicales. Mais il y a aussi les insectes, les micro-organismes, tout ce qui vit dans les sols ou sous la surface des mers – loin de nos regards.
La biodiversité ne se résume pas à un catalogue de plantes ou d’animaux, mais doit se penser aussi bien à l’échelle des gènes que des écosystèmes ; elle repose sur des relations et des interdépendances d’une infinie complexité ; elle est en perpétuelle évolution ; elle est aussi puissante (pour ne prendre qu’un seul exemple, pensons aux espèces envahissantes). Ce sont ses multiples dimensions qui font que la biodiversité est essentielle à notre survie en nous fournissant de quoi nous alimenter et un air que nous pouvons respirer, en régulant le climat. Mais, là encore, qui le voit ?
La représentation du problème climatique est finalement assez simple : plus nous émettons de gaz à effet de serre, plus la Terre se réchauffe. Ses effets, tels que la fonte de la banquise, les mégafeux ou les tempêtes, sont spectaculaires. Il n’existe pas de représentation ni d’indicateur aussi évident pour la biodiversité.
Alors, en attendant la vie multiplanétaire, que faire ? Les trois chercheurs concluent leur étude en appelant à « nourrir l’appréciation innée » de la biodiversité par les humains. Amener de l’émerveillement, donner à voir pour faire comprendre. Comme eux, de plus en plus d’acteurs appellent à une « reconnection » avec la nature. Fin 2021, l’Office français de la biodiversité a organisé la première université populaire de la biodiversité, pour tenter de toucher le plus grand nombre. Il faut « parler à la fois à la tête, au cœur et au ventre », expliquait alors Pierre Dubreuil, le directeur général de l’organisation.
> Lire l’entretien : « Il faut amener chacun à reprendre contact avec le vivant »
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/23/le-grand-malheur-de-la-biodiversite-bien-qu-elle-soit-partout-est-de-nous-etre-en-grande-partie-invisible_6110604_3232.html>
En savoir plus : 
> The Sixth Mass Extinction : fact, fiction or speculation ? <https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/brv.12816>, Biological Reviews, 10 January 2022
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3- Inde : des dizaines de tortues mortes, probablement empoisonnées, AFP, 23/01/22, 16:00

Un empoisonnement intentionnel est probablement à l'origine de la mort de dizaines de tortues dans un lac près de Bombay, ont avancé dimanche auprès de l'AFP des experts indiens de la faune sauvage.
Les agents de protection de la nature ont été avertis de l'incident après qu'un responsable politique local leur eut demandé d'enquêter sur une odeur nauséabonde autour du plan d'eau de Kalyan, à environ 50 kilomètres à l'est de la capitale indienne du divertissement. 
Suhas Pawar, du groupe de conservation Wild Animal and Reptile Rescue, a annoncé que 57 tortues de l'espèce du trionyx à clapet avaient été tuées et que six autres avaient été sauvées. 
Les habitants ont probablement tué les reptiles pour les empêcher de manger les poissons qu'ils élevaient illégalement dans le lac, a-t-il ajouté auprès de l'AFP. 
"L'incident fait l'objet d'une enquête maintenant, une analyse post-mortem et scientifique révélera la cause exacte de ces décès", a précisé M. Pawar. 
Selon cet expert, les restrictions imposées contre le Covid-19 au cours des deux dernières années ont vraisemblablement entraîné une augmentation de la population locale de tortues. 
"Les restrictions de l'activité humaine ont probablement augmenté les stocks de poissons dans le lac et ces tortues se sont multipliées en s'en nourrissant, ce qui a provoqué la colère de certains habitants", a déclaré M. Pawar. 
Les trionyx à clapet ne sont pas particulièrement rares mais ils constituent une espèce protégée par la loi sur la protection de la vie sauvage.
<https://www.goodplanet.info/2022/01/24/inde-des-dizaines-de-tortues-mortes-probablement-empoisonnees/>
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4- Pérou : un parc zoologique de Lima s'efforce de sauver les oiseaux de la marée noire, AFP, 24/01/22, 06:00

Un parc zoologique à Lima s'efforce de sauver les oiseaux marins appartenant à des espèces en danger, touchés par la marée noire qui a contaminé la côte centrale du Pérou.
Plus de 40 oiseaux, dont des pingouins de Humboldt, une espèce en voie d'extinction, ont été récupérées sur les plages souillées de pétrole après le déversement de quelque 6.000 barils de brut il y a une semaine au nord de la capitale péruvienne.
Les oiseaux ont été transportés au parc zoologique de Las Leyendas, où des vétérinaires et biologistes s'efforcent de leur retirer ce pétrole et de les maintenir en vie.
Leurs chances de survie sont toutefois limitées. "Nous attendons de voir comment ça se passe jour après jour", a expliqué à l'AFP la biologiste Liseth Bermúdez, qui travaille dans ce parc.
"Jamais dans l'histoire du Pérou, on a vu une situation similaire. Il n'y a pas de précédent (...) et on ne pensait pas que ce serait aussi important", a ajouté cette biologiste.
Et si la marée noire n'est pas bloquée rapidement, d'autres oiseaux et espèces marines vont disparaître, a averti son collègue, Guillermo Ramos, du Service national des forêts et de la faune sylvestre. Au Pérou, environ 150 espèces d'oiseaux dépendent de la mer pour se nourrir et se reproduire.
Les côtes péruviennes au nord de Lima ont été souillées par du pétrole qui s'est répandu en mer lors du déchargement d'un tanker à la raffinerie de La Pampilla, propriété de la compagnie espagnole Repsol, dans la région de Lima. 
Selon la raffinerie, l'accident qui a eu lieu le 15 janvier, a été provoqué par une violente houle, consécutive à l'éruption volcanique aux Tonga. Le tanker, le "Mare Doricum" battant pavillon italien, était chargé de 965.000 barils de pétrole brut.
"Nous faisons tout ce que nous pouvons, sans épargner les coûts, pour remédier le plus tôt possible à ce désastre", a promis dimanche le directeur de Repsol pour le Pérou, Jaime Fernández-Cuesta, à la chaîne Latina de télévision. "Nous n'étions pas conscients de la gravité de la situation jusqu'à l'arrivée des hydrocarbures sur les plages", a-t-il reconnu.
Les courants marins ont transporté le pétrole brut au large de la côte à plus de 40 kms de la raffinerie, touchant quelque 21 plages, selon le ministère de la Santé, qui a recommandé à la population de les éviter.
Le ministère de l'Environnement a confirmé de son côté dimanche que plus de 180 hectares de plages, soit l'équivalent de 270 terrains de football, et 713 en mer, avaient été contaminés.
Le gouvernement péruvien a annoncé samedi une "urgence environnementale", qui doit permettre une "gestion durable des zones touchées", avec des "travaux de récupération et d'assainissement" pour atténuer les conséquences de cette catastrophe.
<https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/perou-un-parc-zoologique-de-lima-s-efforce-de-sauver-les-oiseaux-de-la-maree-noire_2166694.html>
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5- La puissance de l'éruption aux Tonga supérieure à des centaines d'Hiroshima, selon la Nasa, AFP, 24/01/22, 10:00

La force de l'éruption volcanique aux îles Tonga le 15 janvier a dépassé la puissance de la bombe atomique d'Hiroshima, ont déclaré des scientifiques de la NASA, tandis que les survivants de cette catastrophe décrivaient lundi un choc qui leur a "secoué le cerveau".
Selon l'observatoire de la Terre de la NASA, le volcan Hunga Tonga-Hunga Ha'apai a craché un champignon de fumée atteignant 40 kilomètres de haut lors de l'éruption qui a été entendue jusqu'en Alaska, à plus de 9.000 km de là, et a déclenché un tsunami.
La Nasa a déclaré que l'éruption était plusieurs centaines de fois plus puissante que la bombe atomique américaine larguée sur la ville japonaise d'Hiroshima en août 1945, dont la puissance était estimée à environ 15 kilotonnes (15.000 tonnes) de TNT.
"Nous pensons que la quantité d'énergie libérée par l'éruption était équivalente à une quantité de TNT comprise entre 5 et 30 mégatonnes (5 à 30 millions de tonnes)", a déclaré le scientifique de la Nasa Jim Garvin dans la publication parue dimanche soir.
L'agence a déclaré que l'éruption avait "anéanti" l'île volcanique située à environ 65 kilomètres au nord de Nuku'alofa, la capitale des Tonga.
Elle a recouvert d'une couche de cendres toxiques le royaume insulaire qui compte environ 100.000 habitants, empoisonnant l'eau potable, détruisant les cultures agricoles et anéantissant complètement au moins deux villages.
Il a également fait au moins trois victimes à Tonga et entraîné la mort par noyade de deux baigneurs au Pérou dont les côtes ont été frappées par des vagues exceptionnelles à cause de l'éruption.
Une "urgence environnementale" de 90 jours a été annoncée par les autorités péruviennes pour la zone côtière endommagée par le déversement de 6.000 barils de pétrole brut il y a une semaine, une marée noire qui continue de s'étendre et désespère les habitants. 
Aux Tonga, l'ampleur des dégâts reste incertaine, les communications étant toujours interrompues. 
Le choc "dépasse de loin tout ce que les gens d'ici ont pu connaître", a déclaré à l'AFP la journaliste Mary Lyn Fonua, basée à Nuku'alofa. 
"L'onde de choc de l'éruption nous a tout simplement secoué le cerveau", a-t-elle déclaré, ajoutant que la couche de fine cendre grise qui recouvre tout rend toujours la vie difficile aux habitants.
"Elle s'infiltre partout", dit-elle. "Cela vous irrite les yeux, vous avez des plaies au coin de la bouche, tout le monde a les ongles noircis. Nous avons l'air d'un tas de crasseux". 
Les forces de défense japonaises, néo-zélandaises et australiennes ont commencé à livrer des secours d'urgence, notamment de l'eau, tout en maintenant de stricts protocoles contre le Covid-19 pour préserver l'archipel de la pandémie.
<https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/geologie/la-puissance-de-l-eruption-aux-tonga-superieure-a-des-centaines-d-hiroshima-selon-la-nasa_160851>
Sur le même sujet :
> L’éruption volcanique aux îles Tonga était des centaines de fois plus puissante que la bombe atomique larguée sur Hiroshima, selon la NASA, <https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/24/la-france-envoie-du-fret-a-destination-des-iles-tonga-frappees-par-l-eruption-volcanique_6110709_3244.html> Le Monde avec AFP, 24/01/22, 12h50 
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6- Bien-être animal : vers la fin en France des aquariums boules et autres colliers antiaboiements ?, AFP, 24/01/22, 11:00
Isabelle Toussaint

Aquariums boules, colliers antiaboiements ou encore martinets : AgroBiothers, spécialiste des soins et accessoires pour animaux en France, renonce à la commercialisation de ces produits "nocifs" pour les animaux, une avancée saluée par les défenseurs des bêtes qui en attendent d'autres.
"Notre politique est que 100 % de nos produits soient garants de la bientraitance animale d'ici 2023. On a pris les devants sur les aquariums sans aucune pression des ONG car on savait que c'était interdit dans d'autres pays", a expliqué à l'AFP Matthieu Lambeaux, président d'AgroBiothers, un des principaux acteurs du marché en France.
Son ambition : "être le pionnier dans notre marché sur la bientraitance animale. Celui qui devance, réfléchit et impulse des changements dans le marché".
Sa société va aussi arrêter la vente de tous les aquariums qui sont inférieurs à 15 litres. "Un aquarium doit avoir des filtres et un volume d'eau plus important et on doit aussi pouvoir y mettre un décor", a-t-il ajouté.
Et plus de collier antiaboiements pour Médor. "Nous avons pris cette décision car c'est de la maltraitance", juge M. Lambeaux, estimant que "ces produits ne sont pas assez sécurisés et demandent probablement une éducation". 
"Comme on vend aux consommateurs et pas à des professionnels, on pense que ce n'est pas adapté", a-t-il fait valoir.
Il emboite ainsi le pas à l'enseigne MaxiZoo par exemple, autre acteur incontournable du marché de l’animalerie en France, qui ne propose plus à la vente sur son site internet de colliers antiaboiements et explique sur une page dédiée aux propriétaires de chiens comment s'en passer.
Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice, a salué "une excellente nouvelle". "En France, nous sommes en retard au niveau législatif pour les animaux. C'est grâce aux consommateurs et aux entreprises qui entendent les consommateurs que nous allons faire évoluer la cause animale et que la maltraitance cessera", a-t-elle commenté.
Selon elle, les colliers électriques "ne sont pas une solution efficace pour dresser les chiens, au contraire, ils traumatisent, blessent et conduisent à l’euthanasie".
- "La France est à la traîne" -
Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Bardot, s'est réjoui d"'une illustration du changement profond de notre rapport à l'animal", espérant que "la démarche d'AgroBiothers en entraîne d'autres et aide à une révision de la règlementation".
"Les poissons sont les animaux de compagnie les plus nombreux en France et leurs besoins élémentaires sont souvent niés. Idem pour les cochons d'Inde ou lapins vendus en animalerie dont certains ne sortiront jamais de leur cage", déplore-t-il.
Quant à la mise au banc des colliers antiaboiements et autre martinets, "cela illustre le rejet des actes de violence envers les animaux. Aujourd'hui, frapper son chien parce qu'il n'avance pas ne se fait plus dans l'indifférence des passants et c'est tant mieux !".
Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d'amis, s'indigne elle aussi de l'énorme retard législatif en France. "Une fois de plus la France est à la traîne !"
"Depuis 2018, on a essayé de passer en vain un projet de loi pour interdire les colliers antiaboiements alors que des pays comme le Danemark, la Norvège, le Pays de Galles, la Slovénie, l’Écosse, l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne... tous l'ont interdit depuis des années", énumère-t-elle. 
"Et ce qui est choquant, c'est qu'aujourd'hui il y a des vétérinaires, des professionnels, qui le conseillent. C'est de la maltraitance avérée. Ce manque de législation fait que l'on en trouve partout sur Internet et que les gens qui n'y connaissent rien peuvent provoquer des sévices graves !", ajoute-t-elle. 
Matthieu Lambeaux se donne "un an pour se reposer les questions et voir si on a oublié quelque chose". "Notre perception de ce qui est bien ou pas évolue tout comme la science !".
Pour les produits alimentaires qu'il commercialise, M. Lambeaux affirme être en train de proscrire ceux qui viennent de Chine, qu'il estime davantage susceptibles de contenir des matières toxiques. Selon lui, ces décisions auront un impact financier : un manque à gagner d'un million d'euros en 2022.
<https://www.lepoint.fr/societe/bien-etre-animal-vers-la-fin-en-france-des-aquariums-boules-et-autres-colliers-antiaboiements-24-01-2022-2461743_23.php>
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7- Chez les chimpanzés, casser les noix ne s'improvise pas, AFP, 24/01/22, 19:00

Comme dans un atelier d'apprentissage : quand les chimpanzés arrivent à casser des noix avec des pierres, ça n'est pas le fruit du hasard mais d'un véritable savoir-faire acquis auprès de leurs congénères les plus expérimentés, selon une étude parue lundi.
Les chimpanzés sont souvent considérés comme les primates les plus proches de l'Homme, notamment parce qu'ils sont capables de taches compliquées, comme l'utilisation d'outils.
Il est néanmoins difficile de déterminer d'où leur vient cette aptitude. Certains scientifiques l'attribuent à une "culture cumulative", par laquelle certains primates non-humains transmettraient leurs compétences de génération en génération, perfectionnant leurs techniques au fil du temps.
Pour d'autres scientifiques au contraire, cette forme d'apprentissage social est propre à l'Homme. Chez les chimpanzés, l'utilisation d'outils se développerait spontanément --comme si chaque individu repartait de zéro, sans recopier un modèle. 
Cette deuxième hypothèse suppose l'existence d'une "zone de solutions latentes" dans le cerveau des primates non-humains, qui semble effectivement à l'œuvre pour l'usage d'outils rudimentaires, comme des bâtons pour ramasser la nourriture.
Mais qu'en est-il de pratiques plus sophistiquées telles que le craquage de noix, à l'aide de pierres faisant office de marteau et d'enclume ?
- Outils ignorés -
Des expériences menées sur des chimpanzés en Guinée, et décrites dans la revue Nature Human Behaviour, font avancer le débat. 
Une équipe de chercheurs, menée par la primatologue Kathelijne Koops, de l'Université de Zurich, a comparé le comportement d'une communauté de chimpanzés sauvages à celui d'individus en captivité à Bossou, dans la réserve naturelle du Mont Nimba (sud de la Guinée).
Bossou est l'un des premiers lieux où a été établi scientifiquement l'emploi d'outils sophistiqués par des chimpanzés en captivité. 
Les chercheurs ont présenté ces mêmes outils à des chimpanzés sauvages, toujours au Mont Nimba, sous différentes configurations: avec d'abord des noix de palme dans leurs coquilles et des pierres capables de les casser. On ajoutait ensuite des noix déjà décortiquées, puis des noix de cola, réputées plus faciles à casser.
Le tout répété sur plusieurs mois, entre 2008 et 2011, dans quatre sites différents, visités par des dizaines de chimpanzés et filmés en caméras cachées. Résultat: s'ils ont bien manipulé les outils, pas un seul n'a daigné s'en servir pour accéder à sa pitance, ni même tenté le coup. Invalidant ainsi l'hypothèse d'un usage spontané.
A seulement 6 km de là, chez leurs congénères du centre d'études de Bossou, le craquage de noix est chose courante. "Les recherches menées à Bossou et sur d'autres communautés de +casseurs de noix+ ont montré que les jeunes individus regardaient leurs aînés faire de près, et s'entraînaient", explique à l'AFP Kathelijne Koops, professeure au département d'anthropologie de l'Université de Zurich.
Son étude vient donc renforcer la thèse d'une "culture cumulative" (transmise des ainés aux plus jeunes). Ce qui supposerait, selon la chercheuse, "une origine commune avec l'Homme dans l'évolution".
<https://www.geo.fr/environnement/chez-les-chimpanzes-casser-les-noix-ne-simprovise-pas-208110>
En savoir plus : 
> Field experiments find no evidence that chimpanzee nut cracking can be independently innovated <https://www.nature.com/articles/s41562-021-01272-9>, Nature Human Behaviour, 24 January 2022
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8- La présence d'un loup confirmée dans la Somme après l'attaque de plusieurs brebis chez un éleveur, France 3, Hauts-de-France, 25/01/22, 09h50
Eline Erzilbengoa

Dans la nuit du 20 au 21 janvier, des brebis ont été attaquées chez un éleveur de Lafresguimont-Saint-Martin dans la Somme. D'après les investigations menées par l'Office français de la biodiversité, un loup serait bien à l'origine des faits constatés.
Les faits se sont produits chez un éleveur de la commune de Lafresguimont-Saint-Martin dans le sud-ouest de la Somme à la frontière avec la Seine maritime. 
Plusieurs brebis qui se trouvaient dans un même pré ont été attaquées dans la nuit du 20 au 21 janvier. Une enquête a été menée par les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) qui se sont rendus sur place pour constater les blessures des animaux.
Sur la base d'indices (crottes, attaques, pièges-photo, interactions visuelles etc), l'OFB, et plus spécifiquement le réseau loup-lynx, a pu procéder à "un relevé d'éléments techniques qui confirment la responsabilité du loup."
>> Suite à lire à :
<https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/la-presence-d-un-loup-confirmee-dans-la-somme-apres-l-attaque-de-plusieurs-brebis-chez-un-eleveur-2433334.html>
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9- Considérer les vivants invisibles, TEK4life, 25/01/22

Considérer les vivants invisibles
Par Dorothée Browaeys
A l’aube de cette année 2022, alors que les gestes barrières doivent être reconduits face au coronavirus, nous voulons vous souhaiter de garder confiance dans l’avenir et vous encourager à contribuer à un autre climat social par la coopération et la solidarité. Il nous faut agir à contre-courant des assignations à identité, des invectives qui isolent, de l’indifférence qui blesse, avec une priorité : la considération des invisibles, ces choses ou ces êtres négligés ou mal traités.
Le moment critique où nous sommes oblige à chausser de nouvelles lunettes dites « de survie » qui met au premier plan tout ce qui est vital. J’avais écrit - voici deux ans dans UP’Magazine - un article intitulé « Pour une économie de la considération » qui pointait les illusions qui nous fascinent et nous empêchent d’agir : l’illimité (du monde à dévorer), l’équivalence (des capitaux financiers, humains ou naturels), la réversibilité (des phénomènes géobiophysiques). Et je citais Jean Lauxérois : « Nous sommes défaits et stupéfaits devant la ’dé-civilisation’ qui nous ronge. Car « l’humanisme fondé sur l’homme rationnel et raisonnable, maître de soi et de la nature, touche désormais à sa fin. »
Non, nous ne sommes pas les rois du monde ! Aussi nous faut-il réhabiliter, rendre visibles, tout ce que nous avons négligé… toutes ces choses qui font liens, consistance, subsistance, coexistence… Journaliste au Monde, Perrine Mouterde relaye le constat des scientifiques : « Le grand malheur de la biodiversité c’est que, bien qu’elle soit partout, elle nous est en grande partie invisible. »
>> Suite à lire à :
<https://3kwcu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/rfAs2JUjzxavPh3j1lRftVbQ4mZwK7qXeUj19xGQsdGv3RjzcT7FO2v6bWmKXI7Ml0rykAkLlbRpr02V0cJdSMG176-o3t3gTLxEbKcRhGobtbtwGRobkFuEiLKnDAUZRfOYWnkm>
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10- Plus de 200 nouvelles espèces découvertes dans la région du Mekong, selon le WWF, AFP, 27/01/22, 12:00

Des scientifiques ont découvert plus de 200 nouvelles espèces dans la région du Grand Mékong en 2020, selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), en dépit du réchauffement climatique et de l'exploitation forestière. 
Parmi ces découvertes figurent un nouveau primate, un poisson des cavernes incolore et un serpent irisé dont les écailles, étonnantes, ne se chevauchent pas. 
Au total 224 nouvelles espèces de plantes et d'animaux vertébrés ont été récensées dans la région - qui comprend la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam - indique le WWF dans son rapport "New Species Discoveries".
Des images du singe Langur de Popa, qui tire son nom du volcan éteint du Mont Popa, situé dans le centre de la Birmanie, ont été prises.
Ce primate est cependant menacé par la chasse, l'exploitation forestière et la perte d'habitat. Selon des estimations, seuls 200 à 250 individus subsistent au total. 
Au Vietnam, les chercheurs ont découvert, à plus de 2.000 mètres d'altitude, la grenouille cornue du Mont Ky Quan San, aux couleurs vives.
La région du Grand Mékong est un haut lieu de la biodiversité, grâce à ses paysages variés : on y trouve la jungle, la montagne, ou encore des formations karstiques.
Elle recèle certaines des espèces les plus impressionnantes - et les plus menacées - du monde, notamment le tigre, l'éléphant d'Asie et le poisson-chat géant du Mékong.
Le WWF souligne que le rythme auquel sont découvertes de nouvelles espèces - plus de 3.000 depuis 1997 - prouve l'importance de préserver les écosystèmes fragiles de la région.
<https://information.tv5monde.com/info/plus-de-200-nouvelles-especes-decouvertes-dans-la-region-du-mekong-selon-le-wwf-442212>
En savoir plus :
> New species of herpetofauna from the Greater Mekong region of Southeast Asia reported by WWF <https://osf.io/9k46b/>, January 05, 2022
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11- Reportage. A Nice, le vieil homme qui aimait trop les chats, Le Monde, 28/01/22, 04h49
Sofia Fischer (Nice, correspondante)

Francis, un octogénaire niçois, vivait seul avec plus de cent félins, malades ou morts. Malgré les alertes de ses proches, il a fallu plus de deux ans pour qu’il soit hospitalisé en psychiatrie. Retour sur un dysfonctionnement.
C’est une petite villa isolée sur une colline, au milieu des chênes verts et des figuiers. Un bel endroit, a priori : de la terrasse, on peut voir la ville. Mais en approchant, la puanteur vous saisit, âcre, pénétrante ; une odeur d’urine, de détritus, de mort aussi. Elle émane des murs maculés d’excréments, des monticules de boîtes de conserve à moitié vides, des cadavres d’animaux entassés un peu partout. C’est ici, avenue de la Clua, sur les hauteurs de Nice, qu’ont été découverts, le 4 décembre 2021, une centaine de cadavres de chats en décomposition dans des boîtes, ainsi qu’une trentaine encore vivants mais très mal en point. « La maison de l’horreur », a conclu la presse locale.
Ce matin-là, Joëlle Marchal, 64 ans, s’en souvient bien, il faisait un froid glacial. Cette comptable encore en exercice reçoit un appel avant de partir au bureau : son oncle Francis, 81 ans, dont elle s’occupe depuis des années avec sa mère et ses filles, et qu’elle considère comme son père, est à l’hôpital à cause de son dos. Elle habite à une vingtaine de kilomètres de là, mais Francis, un ancien vendeur de voitures habitué depuis des lustres à vivre en célibataire, lui demande de passer chez lui « nourrir les chats ».
Une odeur suffocante
Sitôt la porte ouverte, une dizaine d’entre eux, affamés, s’échappent. A l’intérieur, il en reste une vingtaine, rachitiques et malades. Le corps d’un autre gît sur le canapé, dévoré par ses congénères. Dans les escaliers, la salle de bains, la buanderie, elle découvre des dizaines et des dizaines de boîtes en plastique scellées, pleines de cadavres en décomposition. L’odeur est suffocante.
Joëlle Marchal sait à quel point l’état psychologique de son oncle s’est détérioré. Lorsqu’elle tente de le ramener à la raison, il devient agressif, l’empêchant d’aller plus loin que la cuisine. Voilà des années qu’elle tente vainement de le faire aider par les services sociaux. Elle ne compte plus les appels restés sans réponse. Les preuves de son combat, elle les conserve dans un classeur violet qu’elle trimballe partout. Mais là, c’est pire que tout. 
D’une voix blanche, elle prévient la police.
Tout le monde, dans le quartier, semble abasourdi. Une voisine parle d’un homme « poli, discret », le genre prêt à dépanner en venant tailler une haie ou balayer une terrasse jonchée de feuilles mortes. « Il sortait toujours très propre, la chemise amidonnée, rasé de près. Même pour aller faire les courses, raconte Annie La Barbera, 63 ans, qui habite juste en face. C’est vrai que depuis deux, trois ans, on avait remarqué avec mon mari des changements. C’était plus sale que d’habitude. Il avait l’air d’avoir besoin d’aide, mais il avait beaucoup trop honte pour l’admettre. » A l’entendre, Francis faisait tout pour maintenir les apparences. Alors, parfois, en son absence, elle débarrassait son jardin des sacs-poubelle et les jetait discrètement. « Mais on ne pouvait pas imaginer que chez lui, c’était comme ça… » 
« Longue descente aux enfers »
Au début, l’octogénaire enterrait les animaux « dignement », raconte Joëlle. Dans des boîtes en bois construites pour eux, avec un lange, un doudou, parfois leur nom gravé sur la boîte. Il avait ses propres rites funéraires, et enterrait même les écureuils ou les renards venus mourir sur son terrain. Il lui arrivait aussi de ramasser les carcasses d’animaux le long de la route pour les mettre dans des boîtes. C’est le décès de l’une de ses sœurs, il y a vingt-quatre ans, au moment de son départ à la retraite, qui semble avoir marqué un tournant dans sa vie. Et puis sont arrivées les douleurs dorsales. « Le vrai basculement, ça a été le tramadol »,tranche sa nièce. Ce médicament contre la douleur contenant des extraits d’opium que le médecin de famille lui prescrivait depuis cinq ans, malgré l’inquiétude de ses proches qui le craignaient « accro ». Ce même généraliste n’a pas répondu aux questions des services sociaux, sollicités par Joëlle Marchal. « Quand il n’avait pas sa dose, il était insupportable », poursuit-elle.
Alors la sœur, la nièce et les petites-nièces de Francis multiplient les appels à l’aide. Aux services sociaux, de gériatrie et d’hygiène de la ville de Nice. Aujourd’hui, les Marchal parlent d’une « longue descente aux enfers ». Elle commence fin 2019. Les infirmières spécialisées en psychogériatrie n’ont pas voulu monter le chemin menant à la maison, trop pentu,confient-elles à Joëlle. Les « municipaux » chargés de l’hygiène se disent incapables de localiser la villa. A la seule convocation du service de gériatrie reçue, en novembre 2020, le retraité explique que « tout va bien ». Résultat : le dossier dort. Les mois défilent, ponctués de relances, d’appels en absence. Un jour, lors d’un enterrement, Joëlle raconte qu’une assistante sociale lui a téléphoné.« J’attends toujours qu’elle me rappelle », dit-elle, amère. Une autre, en novembre 2021, aurait répondu à ses plaintes qu’elle avait une « obligation de moyens, pas de résultat ».
Téléphone hors service
La famille imagine aussi d’autres stratégies. A l’automne 2020, quand le téléphone de Francis tombe en panne, un technicien se déplace : le combiné est hors service à cause de l’urine de chat. Les Marchal attendent plusieurs semaines, persuadées que l’employé signalera aux autorités l’état du logement. Comme rien ne vient, elles rédigent elles-mêmes un message d’alerte en se faisant passer pour lui. Là encore, les services d’hygiène ne parviendront pas « à localiser l’adresse ».
En octobre 2021, Joëlle tente de prévenir le président du département, Charles Ange Ginésy, ainsi que le parquet de Nice. En copie, toutes les institutions auxquelles elle peut penser : la direction départementale de la protection des populations, le service « animal dans la ville » de la ville, les caisses d’activité sociale. Tous se relancent la balle. « Quand on fait des signalements pour des animaux, tout le monde s’en colle », estime Me Isabelle Gharbi-Terrin, avocate de la famille et présidente de l’association Défense et dignité animales. Sollicitée par Le Monde, la ville de Nice répond que des vérifications sont en cours pour retrouver des précisions sur ce dossier.
Le trouble dont souffre Francis, hospitalisé depuis début janvier en psychiatrie, a un nom : le syndrome de Noé, du nom du personnage biblique sauveur des animaux. « Tout le monde peut être touché »,indique le neuro-psychogériatre Jean-Claude Monfort, avant de préciser avec insistance qu’il « ne s’agit pas d’une maladie ». Ce syndrome appartient à la famille, plus vaste, du syndrome de Diogène, qui se manifeste par une désorganisation du rapport aux objets, au corps et à l’autre. La personne affectée accumule toutes sortes de choses et de détritus, tout en négligeant son hygiène. De plus en plus isolée, elle se retrouve dépassée par le nombre de bêtes accumulées et se mure dans le déni. A vouloir les sauver toutes, à en accueillir trop, elle peine à répondre à leurs besoins. « Quand il s’agit d’accumulation d’animaux, les gens s’émeuvent plus vite, trouvant ça horrible, continue le docteur Monfort, mais ce qu’ils oublient de voir, c’est que le propriétaire est dans le même état que ses bêtes. »
« Extrêmement maniaque » dans une autre vie
Francis dormait sur un lit cassé au matelas souillé, sans draps. Il avait une télévision, mais elle a fini par lâcher ; les chats urinaient dessus. La famille en a pris une autre, à écran plat, mais ils l’ont renversée et cassée. Propriétaire de sa maison, avec une pension mensuelle de 1 700 euros, le retraité n’était pas un « précaire ». Mais les quinze premiers jours du mois, quand il allait faire ses courses chez Monoprix, il n’achetait que des pâtés haut de gamme et du poisson pour ses bêtes, et le minimum pour lui. « Une demi-conserve de cassoulet par jour et puis voilà », d’après ses proches.
Dans sa chambre, au-dessus de l’armoire, une mallette en cuir témoigne de sa vie d’avant, du temps où il travaillait chez General Motors (GM), sur la Côte. Un bon vendeur, à en croire les lettres de félicitations datant de son départ en retraite, en 1998. Un homme « extrêmement maniaque »,tiré à quatre épingles, ajoute la famille. Il fallait le voir lustrer les jantes de son Opel GT et protéger les sièges en cuir en les couvrant de serviettes-éponges. Il avait un côté patriarche : un sacré caractère, parfois difficile. Et l’art de s’occuper de sa maison, pelouse soignée, volets repeints. Il aimait les courses auto et les livres sur les animaux. Plus jeune, il avait été fiancé, puis marié, très brièvement, sans jamais avoir d’enfant.
Francis tient beaucoup à cette villa. Il a grandi ici, avec ses huit frères et sœurs, et leurs parents, des métayers italiens, simples paysans locataires des terres. Francis avait pu la racheter une fois embauché par GM. L’endroit est chargé d’histoire. Au-dessus du mausolée qu’il a construit pour certains chats, au fond du jardin, ses parents avaient caché des bijoutiers juifs pendant la guerre. Et dans la cuisine aux tomettes rouges, un gradé allemand qui s’imposait souvent au moment du déjeuner prenait le petit Francis sur ses genoux et lui faisait goûter les plats pour s’assurer qu’ils n’étaient pas empoisonnés.
Une angoisse renforcée par le Covid
La villa, comme la famille, a fini par tomber en ruine. « Dans ce type de trouble, le patient ne veut aucune aide et ne demande rien, alors qu’il semble avoir besoin de tout, pointe M. Monfort. C’est un critère essentiel. » Dans le cas de Francis, la crise sanitaire et les confinements successifs n’ont rien arrangé. « Le Covid a apporté un terreau pour énormément de cas difficiles, poursuit le médecin. La mère de toutes les difficultés psychologiques, c’est l’angoisse. Donc une angoisse environnementale peut faire flamber votre particularité psychologique. » 
La sœur et la nièce du retraité renflouent régulièrement son compte en banque. « On a dû y laisser plusieurs dizaines de milliers d’euros, assure Joëlle. Mais il n’y avait que ses chats qui comptaient. Il croyait qu’en les séquestrant, il leur évitait la maladie ou les dangers du dehors. Dans sa tête, il était le seul à pouvoir les sauver. » Parmi les sarcophages extraits de la maison, une boîte rouge en forme de cœur, semblable aux boîtes de chocolats offertes à la Saint-Valentin. A l’intérieur, un chat mort.
Effrayée par les répercussions de l’affaire, la famille a sollicité Me Gharbi-Terrin. « A chaque fois, c’est pareil, regrette celle-ci :éluder, ne pas voir, ne pas vouloir voir, car il ne s’agit que d’animaux. Dans cette histoire, c’est à l’encontre des institutionsque des reproches doivent être formulés. »D’habitude, cette pénaliste du barreau de Marseille s’occupe des cas de maltraitance et de sévices graves contre les animaux ; ses adversaires sont plutôt les propriétaires. Mais cette fois, à ses yeux, « la détresse animale est une conséquence de la détresse humaine. Il faut soigner l’humain en amont pour éviter de devoir s’émouvoir après sur de pareilles maltraitances ». C’est pour cela qu’elle envisage d’assigner l’Etat français en responsabilité.
Au parquet de Nice, une enquête pour maltraitance animale a été ouverte contre Francis. Les voisins, eux, regardent la maison se vider peu à peu. Depuis décembre, les femmes de la famille Marchal enchaînent les allers-retours à la déchetterie pour vider des monceaux de papiers et de détritus imprégnés d’odeurs terribles. Un matin, quand l’employé municipal a refusé son chargement, Joëlle a fondu en larmes.
Annie La Barbera, la voisine, n’est plus que colère et ne cesse de refaire le film dans sa tête. « Il faut être attentif aux gens comme ça, dit-elle, les larmes aux yeux. Ça ne vient pas pour rien, c’est tout le système qui est foutu. Sous prétexte qu’on est débordé, qu’il y a le Covid, que ce sont des choses trop courantes, et que les organismes qui peuvent aider sont sous l’eau, on laisse couler. C’est un laxisme général et nous sommes tous responsables. »
<https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/28/a-nice-le-vieil-homme-qui-aimait-trop-les-chats_6111311_3224.html>
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12- L'Australie investit dans la protection de la Grande barrière de corail, AFP, 28/01/22, 06:00

L'Australie a dévoilé vendredi un programme de 700 millions de dollars pour protéger la Grande barrière de corail, fortement détériorée par le changement climatique, dans l'espoir d'éviter que cet écosystème unique ne soit retiré de la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, mais les militants restent sceptiques.
Le Premier ministre Scott Morrison a annoncé ce plan d'un milliard de dollars australiens (700 millions USD) sur neuf ans, quelques mois après avoir évité de justesse que le plus vaste ensemble corallien au monde ne soit inscrit sur la liste des sites en péril par l'Unesco.
"Nous soutenons la santé du récif et l'avenir économique des opérateurs touristiques, des prestataires hôteliers et des communautés du Queensland qui sont au cœur de l'économie du récif", a déclaré M. Morrison.
Cette décision intervient avant les élections législatives de mai, au cours desquelles Scott Morrison devra remporter les sièges clés du Queensland situés près du récif pour rester au pouvoir.
En 2015 déjà lorsque l'ONU avait menacé de rétrograder le statut de la Grande barrière, inscrite au patrimoine mondial depuis 1981, l'Australie avait lancé d'un plan d'investissement de plusieurs milliards de dollars pour lutter contre la détérioration du récif.
Mais depuis, l'ensemble a durement souffert après trois épisodes très graves de blanchissement des coraux, en 2016, 2017 et 2020.
Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau -conséquence du réchauffement climatique - qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.
Selon une étude récente, le blanchissement a touché 98% de la Grande barrière de corail australienne depuis 1998, épargnant seulement une infirme partie du récif.
Le gouvernement conservateur australien a jusqu'ici refusé d'établir un objectif de réduction des émissions à court terme et s'est engagé à rester l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz et de charbon.
- "Un sparadrap" -
Les Australiens sont pourtant majoritairement favorables à des actions visant à limiter le changement climatique, après avoir subi une série de catastrophes aggravées par le réchauffement, des feux de brousse aux sécheresses et aux inondations.
Selon un sondage réalisé en 2021 par l'Institut Lowy de Sydney, 60% des Australiens estiment que "le réchauffement climatique est un problème grave et urgent".
Pas moins de huit Australiens sur dix soutiennent l'objectif de neutralité carbone en 2050.
Mais l'économie repose encore grandement sur les énergies fossiles et les partis politiques reçoivent des financements significatifs de donateurs liés aux industries du charbon et du gaz.
Pour le groupe de pression Climate Council, le nouveau plan d'investissements est "un sparadrap sur une jambe de bois".
"Sauf à réduire fortement les émissions dans les dix prochaines années, la situation de la barrière n'ira qu'en se dégradant", explique Lesley Hughes, membre de cette ONG et professeur de biologie à l'Université Macquarie.
"Distribuer de l'argent pour la Grande barrière de corail d'une main, tout en finançant l'industrie même, celle des énergies fossiles, qui est à l'origine de conséquences climatiques dévastatrices, comme les vagues de chaleur marines et le blanchissement des coraux, signifie qu'ils aggravent le problème même qu'ils prétendent vouloir résoudre".
Une grande partie du nouveau plan d'investissements du gouvernement sera consacrée à la prévention de la pollution des récifs par les eaux de ruissellement agricoles.
Environ un quart des fonds sera affecté à l'autorité du parc marin de la Grande Barrière de Corail "pour réduire les menaces que représentent les étoiles de mer acanthaster", qui se nourrissent de coraux.
<https://information.tv5monde.com/info/l-australie-investit-dans-la-protection-de-la-grande-barriere-de-corail-442328>
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13- Grèce : une jeune baleine blessée échoue sur une plage près d'Athènes, AFP, 28/01/22, 12:00

Une jeune baleine blessée au museau s'est échouée vendredi matin sur une plage du sud d'Athènes, où des efforts étaient en cours pour la secourir, a-t-on appris auprès de la police portuaire et d'experts.
"Un patrouilleur de la police portuaire et des plongeurs du centre grec de sauvetage des cétacés d'Arion sont sur place pour secourir la baleine", a indiqué à l'AFP une responsable du bureau de presse des garde-côtes.
Des images diffusées sur la télévision publique ERT montraient un vétérinaire prélevant un échantillon de sang du cétacé qui bougeait faiblement la queue dans l'eau près de la plage de Flisvos dans la municipalité portuaire de Phalère.
Aimilia Drougas, océanographe et co-fondatrice d'Arion, a indiqué à l'AFP que "la baleine ziphius cavirostris, une espèce assez courante en mer Egée (Est) et en mer Ionienne (Ouest) ainsi qu'au large de la Crète (Sud), a été blessée au museau".
L'équipe d'Arion avait repéré le cétacé jeudi à une quinzaine km de là, près de la plage de Vouliagmeni et avait essayé de la diriger vers le large, a-t-elle expliqué.
Mais vendredi, "la baleine s'est échouée à Flisvos et elle est blessée", a-t-elle déploré, soulignant qu'il s’agit d'une baleine plutôt jeune.
Selon Drosos Koutsoubas, professeur de biologie marine à l'Université de la mer Égée, cité par ERT, "les hélices des navires provoquent souvent ce genre des blessures".
Ressemblant à des dauphins, la ziphius cavirostris, baleine de taille moyenne et d'une longueur de maximum sept mètres, plonge à une profondeur de 1.000 à 4.000 mètres, selon Aimilia Drougas.
"Le mammifère a pu être désorienté en raison des recherches sismiques" en cours sur les hydrocarbures dans le golfe de Kyparissia dans le Péloponnèse (Sud-Ouest), a estimé le biologiste de l'Institut Pelagos, Alexandros Frantzis.
Ce golfe est "l'un des quatre principaux habitats au monde" de cette espèce, a-t-il indiqué sur ERT. "Nous détruisons leur foyer (...) pour des hydrocarbures", a-t-il déploré.
Des baleines ziphius s'étaient échouées en 2016 et 2017 près de l'île de Crète et de Naxos respectivement.
<https://information.tv5monde.com/info/grece-une-jeune-baleine-blessee-echoue-sur-une-plage-pres-d-athenes-442388>
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14- Le prix François Sommer pour une enquête sur les chasseurs, AFP, 28/01/22, 20:00

L'ethnologue Charles Stépanoff a remporté vendredi, avec son enquête sur les chasseurs en France, le prix François Sommer, qui récompense un ouvrage guidé par une écologie humaniste.
Le jury a récompensé "L'Animal et la Mort : chasses, modernité et crise du sauvage" <https://www.editionsladecouverte.fr/l_animal_et_la_mort-9782348068966> (éditions de La Découverte).
"Les membres du jury, présidé par [l'écrivain] Xavier Patier, ont été conquis par cette enquête", a indiqué la Fondation François Sommer dans un communiqué.
L'ouvrage raconte une immersion de l'ethnologue et anthropologue dans sa propre région, entre les Yvelines et l'Eure-et-Loir.
Charles Stépanoff, spécialiste à l'origine du chamanisme et des autochtones de Sibérie, "documente l'érosion accélérée de la biodiversité rurale, l'éthique de ceux qui tuent pour se nourrir, les îlots de résistance aux politiques de modernisation, ainsi que les combats récents opposant militants animalistes et adeptes de la chasse à courre", a salué le jury.
Le prix François Sommer, créé en 1980 et doté de 15.000 euros, est dédié à la mémoire d'un industriel des Ardennes, résistant, qui avait œuvré à la protection d'espèces menacées et à la création d'un ministère chargé de l'Environnement, obtenue en 1971.
"L'Animal et la Mort" avait remporté en novembre la première édition du prix de l'essai France Culture-Arte.
<https://information.tv5monde.com/culture/le-prix-francois-sommer-pour-une-enquete-sur-les-chasseurs-442454>
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15- Un village mexicain, refuge de milliers de pélicans migrateurs, espère attirer les touristes, AFP, 29/01/22, 11:00

Chaque hiver, le village mexicain de Petatan accueille des milliers de pélicans migrateurs venus du Canada. 
Il aimerait maintenant voir arriver des touristes qui permettraient au village de sortir de la crise provoquée par le Covid.
Ce phénomène est semblable à la migration des papillons monarques, et survient à la même époque, c'est-à-dire entre octobre et avril, expliquent fièrement les habitants de ce petit bourg de 5.000 personnes de l'Etat du Michoacan, dans l'ouest du Mexique.
Mais surtout, soulignent-ils, à Petatan, on soigne particulièrement ces visiteurs saisonniers.
"Petatan est une île de pêcheurs, et chaque jour les pêcheurs vont à la lagune, et utilisent une partie de leur pêche pour nourrir les pélicans", explique à l'AFP Ana Lilia Manso, maire de Cojumatlan de Régules, la municipalité qui inclut Petatan.
L'arrivée chaque année de ces "pélicans américains" (c'est le nom de l'espèce), que les Mexicains appellent aussi "borregones", attire toujours un peu de touristes des régions voisines, qui remplissent les restaurants et se payent des promenades en canot pour observer les oiseaux de plus près.
Mais le Covid a depuis deux ans chassé les touristes. Et pour se remettre sur pied, Petatan espère maintenant se faire connaître "au niveau du pays et du monde. 
Partout, les gens connaissent la migration du papillon monarque, mais le pélican, lui, est un peu oublié", regrette Mme Manso.
Ces milliers d'oiseaux au plumage blanc et au bec jaune, qui peuvent mesurer jusqu'à 1,75 m de longeur et trois mètres d'envergure, forment pourtant un spectacle impressionnant.
"Nous les aimons bien, nos pélicans. Ils ne nous gènent pas, et on s'occupe d'eux", raconte Enrique Martínez, un pêcheur en train de découper des morceaux de poisson et d'arêtes pour nourrir les pélicans, qui ne pêchent pas en profondeur. 
Chaque jour, les pêcheurs donnent ainsi à leurs "borregones" entre une et deux tonnes de nourriture.
"On aimerait bien que des gens viennent les voir, et qu'ils nous fassent de la publicité", ajoute-t-il, un ton d'espoir dans la voix.
<https://information.tv5monde.com/info/un-village-mexicain-refuge-de-milliers-de-pelicans-migrateurs-espere-attirer-les-touristes>
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16- Décryptage. Des animaux protégés empoisonnés dans le parc national de la Vanoise, Le Monde, 30/01/22, 02h08
Angela Bolis

Des loups, des gypaètes barbus et d’autres animaux sauvages sont morts intoxiqués par des insecticides au printemps 2021. Une enquête judiciaire est en cours sur l’affaire, qui n’a pas été rendue publique. 
Qui a empoisonné deux loups, deux gypaètes barbus et au moins une douzaine d’autres animaux dans le parc national de la Vanoise, en Savoie, et pour quel motif ? L’affaire, pour le moins inhabituelle et non encore communiquée au public, fait l’objet d’une enquête judiciaire depuis presque un an, sans résultat pour l’heure.
Les premiers faits remontent à mars 2021. La Vanoise est encore sous la neige, quand deux cadavres de loups sont récupérés par des gardes du parc, à quelques kilomètres d’intervalle. Un mois plus tard, ce sont deux gypaètes barbus – un adulte et un poussin – qui sont retrouvés morts dans leur nid, sur les hauteurs de Val-Cenis. L’espèce est strictement protégée, et le parc suivait de près l’évolution de ce jeune couple et de leur unique oisillon, sorti de l’œuf un mois plus tôt. Les analyses révèlent pour les quatre animaux une mort par empoisonnement.
> Lire aussi Le « réensauvagement », une vision de la protection de la nature qui gagne du terrain en Europe
Le 30 avril, une enquête judiciaire est ouverte, en cosaisine entre la gendarmerie, l’Office français de la biodiversité (OFB) et le parc de la Vanoise. De nouvelles campagnes de recherche mettent au jour une douzaine d’autres cadavres – fouine, renard, corvidés… –, tous empoisonnés. Deux substances différentes sont détectées, suggérant la dissémination de plusieurs appâts dans la nature. Aldicarbe pour les loups, carbofuran pour les gypaètes : ces deux produits sont des insecticides de la même famille, des carbamates, qui provoquent une mort fulgurante même à très petite dose. Ils sont interdits dans l’Union européenne et en France depuis 2008, mais n’importe qui peut s’en procurer sur Internet.
« Vrai sentiment d’impunité »
Bien qu’elle ne soit pas corroborée par l’enquête, l’hypothèse selon laquelle le poison visait des loups et a fait, au passage, plusieurs victimes collatérales, est dans tous les esprits. Juste avant les découvertes des cadavres, en février et en mars 2021, une meute de neuf individus est filmée cheminant dans la neige en Haute-Maurienne, d’autres sont aperçus dans les environs de Modane – le maire donnera même des consignes de sécurité aux habitants.
Le prédateur est mal accepté par une partie des éleveurs et des chasseurs, et les tensions sont vives sur ce territoire bénéficiant de la protection du parc national, dont l’existence est loin de faire l’unanimité. En 2015, le président, le directeur et un agent du parc avaient été séquestrés quinze heures durant par des éleveurs qui réclamaient plus d’abattages de loups – ils avaient alors obtenu du préfet six tirs supplémentaires dans le département.
> Lire aussi Le gypaète barbu de retour dans les Alpes
Néanmoins, les faits auraient probablement pris une moindre ampleur sans la présence de gypaètes barbus parmi les victimes. Cet oiseau emblématique, plus grand vautour d’Europe, a été éradiqué du continent avant de bénéficier de programmes de réintroduction depuis les années 1980. Aujourd’hui, dix-sept couples sont recensés dans les Alpes françaises, dont la moitié dans la Vanoise. Un fragile retour pour cette espèce, toujours classée « en danger » en France. « La mort de ces gypaètes, et surtout d’un adulte reproducteur, est catastrophique pour la dynamique de cette population à faible effectif, qui se reproduit très lentement »,souligne Pascal Orabi, chef de mission à la Ligue de protection des oiseaux.
L’association suit l’affaire de près. « Sur le braconnage, il y a une démission de la puissance publique en France, avec des enquêtes qui n’aboutissent pas et un vrai sentiment d’impunité », dénonce-t-il. En 2014, des vautours fauves et des vautours moines avaient déjà été empoisonnés dans un autre secteur de la Maurienne, et l’affaire classée sans suite.
Un manque de moyens dénoncé
L’enquête permettra-t-elle d’identifier les auteurs des empoisonnements de la Vanoise ? Certains observateurs en doutent, et dénoncent un manque de moyens. Entre la découverte des loups morts et les premières investigations, plus d’un mois a passé, la plupart des indices ayant eu le temps de disparaître dans la nature. « Nous avons lancé l’enquête quand nous avons eu les résultats toxicologiques », répond Arnaud Chartrain, chef de service de l’OFB-Savoie, qui affirme que cette affaire compte parmi les « priorités » de ses équipes. « On a fait des analyses sur tous les animaux retrouvés morts, des contrôles de nuit sur les sites naturels, des pièges photos, on a prospecté par drones… On a mis les moyens », affirme la procureure de la République d’Albertville, Anne Gaches.
> Lire aussi A l’Office français de la biodiversité, « des pressions inacceptables »
Néanmoins, l’annulation à la dernière minute, « à la suite de complications administratives », selon un courriel de l’OFB, de la venue d’une équipe cynophile italienne spécialisée dans le braconnage des loups a aussi semé le doute. « Si les chiens avaient été lancés dès le début, d’autres cadavres et d’autres traces auraient été trouvés, pointe un connaisseur du dossier. Mais, dès lors qu’on touche au loup, il ne faut pas faire de vagues, c’est un sujet extrêmement sensible en Maurienne. »
Début octobre, le conseil scientifique du parc, instance indépendante, a adressé une note à la préfecture et à la procureure demandant « à être tenu au courant de façon détaillée du déroulement de l’enquête, qui doit permettre d’interpeller les auteurs de cet acte de la plus grande gravité ». « Ce qui nous a interpellés notamment, c’est l’absence totale de communication, alors que la dispersion de ces poisons dans l’environnement peut poser de sérieux risques pour la santé humaine, mais aussi pour les animaux domestiques et toute la chaîne alimentaire », explique un membre du conseil qui préfère garder l’anonymat. « Toute communication est interdite sur le sujet depuis le début, ce qui empêche d’alerter la population sur ces produits dangereux, mais aussi de solliciter des retours d’information de la part des habitants », regrette un autre témoin.
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Polémique autour du comptage des loups en France
Depuis plusieurs mois, des syndicats agricoles, d’éleveurs et de chasseurs mènent campagne contre le comptage des loups réalisé par l’Office français de la biodiversité. « L’OFB nous ment », a notamment affirmé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. Manquements dans la collecte d’indices, divergences avec leurs propres observations, méthodes de calcul « hasardeuses »… Cette estimation officielle serait, selon eux, largement sous-estimée. Or, celle-ci détermine directement le nombre de loups abattus chaque année – 19 % de leurs effectifs, soit 118 individus sur les 624 recensés en 2021.
Face à cette polémique, l’OFB défend « la rigueur et la qualité » de sa méthode de suivi, « validée scientifiquement par plusieurs instances indépendantes », selon un directeur général délégué de l’organisme, Loïc Obled. Son estimation repose sur la récolte d’indices par plus de 4 000 correspondants formés (agents des Parcs, de l’OFB, membres d’associations, chasseurs, éleveurs…), selon un protocole strict et après analyses génétiques. Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, s’est déclaré favorable en novembre 2021 à une « révision des méthodes de calcul ».
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<https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/30/des-animaux-proteges-empoisonnes-dans-le-parc-national-de-la-vanoise_6111560_3244.html>
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17- Phénomène rare : trois varans naissent sans fécondation dans le Lot, AFP, 30/01/22, 14:00

Elle a fait trois bébés toute seule : une femelle de l'espèce des varans malais a donné naissance, sans fécondation, à trois petits, dimanche et lundi au parc zoologique de Padirac (Lot), en raison d'un processus génétique rare.
Shy, une femelle de cette espèce menacée de reptile originaire d'Asie du Sud-Est, n'a croisé la route d'aucun mâle dans le Lot. Et pourtant, les trois œufs qu'elle a pondus en août ont bien éclos grâce à un phénomène connu des scientifiques, bien que peu fréquent : la parthénogenèse.
L'idée que ces œufs pouvaient être viables est "partie d'une intuition car ça n'avait pas été recensé officiellement chez le varan malais, mais c'était déjà arrivé chez d'autres reptiles comme le varan de Comodo", explique le gérant du Padiparc, Raphaël Da Fonseca. 
Ce processus génétique a aussi été répertorié chez les reptiles et les poissons, mais jamais chez les mammifères.
Lors de la ponte, le 10 août 2021, il s'est empressé de placer les œufs dans un incubateur pour les protéger. "Elle avait pondu deux fois précédemment, mais les œufs n’avaient pas le même aspect. Là, ils étaient en bon état, je me suis dit +Pourquoi pas ?+".
Les nouveaux-nés, mesurant une trentaine de centimètres, se portent bien. Ils sont encore reliés à la vitelline, la substance nutritive se trouvant à l'intérieur de leur coquille. 
Ils devraient s'alimenter ainsi pendant une quinzaine de jours, avant que les soigneurs du parc zoologique ne leur proposent des insectes, des petits poissons ou des souriceaux, avant de leur fournir une nourriture plus carnée.
"Il est difficile de dire s'il s'agit de mâles ou de femelles pour le moment, mais dans les cas de parthénogenèse chez les varans, dans quasiment 100% des cas ce sont des mâles", précise Raphaël Da Fonseca.
Le gérant du site en appelle désormais à "des chercheurs, des scientifiques" afin de prouver qu'il s'agit bien d'une parthénogenèse, pour attester de la traçabilité ADN entre la mère, âgée de 13 ans, et ses trois progénitures. 
L'officialisation d'un tel phénomène constituerait une première mondiale pour une espèce braconnée en Asie du Sud-Est pour sa peau et qui figure sur la liste rouge des espèces menacées établie par l'Union internationale pour la conservation de la nature.
En attendant, ces trois bébés feront figure de stars au sein du parc, qui rouvre le 1er février. "On va aménager leur terrarium pour qu'ils puissent se cacher mais que les visiteurs puissent les observer", se réjouit M. Da Fonseca.
A l'âge adulte, cet animal, qualifié de "très intelligent", peut dépasser les deux mètres de long chez les mâles.
<https://information.tv5monde.com/info/phenomene-rare-trois-varans-naissent-sans-fecondation-dans-le-lot-442661>
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18- A Delhi, de bons samaritains au secours de milliers de rapaces mutilés par accident, AFP, 31/01/22, 09:00
Laurence Thomann

Un vautour percnoptère, grièvement blessé quelques mois plus tôt, s'apprête à retrouver les cieux de Delhi, après avoir été soigné par deux frères qui portent secours aux milliers de rapaces mutilés par accident chaque année, souvent par des fils de cerfs-volants. 
L'oiseau "a été blessé à l'aile gauche par un cerf-volant", déclare à l'AFP Salik Rehman, assistant vétérinaire de Wildlife Rescue, organisation fondée en 2010 par les frères Nadeem Shehzad et Mohammad Saud.
Il a dû subir "une intervention chirurgicale, des points de suture et trois semaines de pansements", précise le jeune homme.
Le vautour percnoptère est une espèce menacée dont il reste moins de 38.000 spécimens dans le monde, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
"Une colonie de vautours percnoptères vit à Ghazipur", dit-il, en référence à cette épouvantable décharge haute de 70 mètres qui infeste l'est de Delhi. 
Les rapaces y sont attirés par l'abondance des déchets que les abattoirs et marchés aux volailles et aux poissons y déversent chaque jour. 
- Tableau d'éclopés -
L'oiseau d'environ quatre ans, plumage crème, tête toute ébouriffée, reste docile sous le bras de Salik avant de recouvrer la liberté dans un parc boisé au nord de Delhi. 
A peine posé à terre, le vautour, au long bec jaune busqué, s'élève dans les airs, sous le regard d'un garde-forestier, témoin officiel de sa libération.
"Certaines espèces sont encadrées par une législation stricte qui stipule qu'elles doivent être relâchées dans un lieu de vie sauvage comme un sanctuaire ou une forêt protégée, devant un garde-forestier", explique Nadeem Shehzad, 44 ans.
Les oiseaux secourus passent leur convalescence dans une grande volière sur le toit de son établissement, où une poignée de vautours percnoptères se distingue parmi plus de 70 rapaces, surtout des milans noirs. 
Delhi connaît la plus forte concentration de milans noirs au monde, ajoute l'expert, en observant l'étrange tableau de volatiles éclopés. Ils en sauvent plusieurs milliers par an. 
Selon Nadeem, les lignes électriques, les filets de pêche, les collisions avec des véhicules, mais surtout, les fils des cerfs-volants sont les principales causes de mortalité et de blessures d'oiseaux. 
Au rez-de-chaussée, dans des cages exiguës, près d'une dizaine de milans noirs, aux entailles caractéristiques, souffrent en silence. 
Assis à la table de soins, Mohammad Saud examine chaque oiseau que lui tend Salik et désinfecte leurs plaies.
- Oiseaux de malheur -
"La plupart (...) ont été mutilés par des fils de cerf-volant", poursuit Nadeem, alors que Mohammad lutte avec un fil encore enroulé autour de l'aile d'un rapace, l'humérus à nu. Certains fils sont parfois enduits de verre et extrêmement dangereux, explique-t-il, "nous avons vu des os tranchés net". 
"C'est Mohammad qui soigne les oiseaux", déclare Nadeem, "nous travaillons avec un vétérinaire externe qui vient (...) une ou deux fois par semaine". 
Il est parfois trop tard pour les sauver, comme cet aigle des steppes que Mohammad soigne sans illusion.
"Il va mourir dans quelques jours, sa plaie est déjà gangrenée", dit-il en désignant les pourtours décolorés de l'entaille.
L'organisation, qui vit essentiellement de dons, manque cruellement de fonds, victime notamment de la superstition, selon Nadeem, car "beaucoup croient que les rapaces et les corbeaux portent malheur".
La charité dépend aussi de l'idéologie, les vétérinaires végétariens voient d'un mauvais œil que les rapaces se nourrissent de viande. Ces rejets ont motivé la création de Wildlife Rescue. 
A Gurgaon, en banlieue de Delhi, le minuscule Charity Bird hospital, d'obédience jaïna, strictement végétarienne, recueille chaque année, dans sa volière à l'étage, des milliers de pigeons, de colombes et autres tourterelles blessés ou malades, que des habitants n'ont pas eu le cœur d'abandonner à leur triste sort. 
A l'instar de cet homme qui surgit avec un pigeon blessé par les pales d'un ventilateur au plafond de sa terrasse. 
"C'est la première fois qu'une telle chose arrive", confie, mine coupable, Selva Raj, 67 ans, employé d'un diamantaire.
Le vétérinaire, Rajkumar Rajput, 38 ans, s'empare aussitôt de l'oiseau, l'examine, désinfecte et panse ses plaies. Le dispensaire abrite aussi perroquets, perruches et cacatoès. Leur cacophonie est assourdissante.
"Les oiseaux sont les bâtisseurs de la nature et nous, les humains, sommes ses destructeurs", regrette le vétérinaire jaïn, exhibant un pigeon vert convalescent. "Un tel oiseau sème les graines d'au moins 10.000 arbres au cours de son existence"
<https://information.tv5monde.com/info/delhi-de-bons-samaritains-au-secours-de-milliers-de-rapaces-mutiles-par-accident-442748 <https://information.tv5monde.com/info/delhi-de-bons-samaritains-au-secours-de-milliers-de-rapaces-mutiles-par-accident-442748>>
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19- Il reste plus de 9.000 espèces d'arbres à découvrir (étude), AFP, 31/01/22, 23:00

Des chercheurs ont estimé que le nombre d'espèces d'arbres sur Terre était significativement plus élevé que celui actuellement connu, avec plus de 9.000 espèces restant à découvrir, selon une étude publiée lundi.
Or "estimer le nombre d'espèces d'arbres est essentiel pour guider, optimiser et prioriser les efforts de préservation des forêts sur le globe", soulignent ces travaux, publiés dans la revue de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis (Pnas) et auxquels ont participé des dizaines de scientifiques.
Quelque 64.100 espèces d'arbres ont déjà été répertoriées.
Mais selon ces travaux, dont les estimations s'appuient sur une base de données plus complète et une méthode statistique plus avancée qu'auparavant, le nombre total d'espèces serait d'environ 73.300, soit 14% de plus.
Cela signifie qu'environ 9.200 espèces n'ont pas encore été découvertes.
De façon générale, environ 43% de toutes les espèces se trouvent en Amérique du Sud, suivie de l'Eurasie (22%), de l'Afrique (16%), puis de l'Amérique du Nord (15%) et de l'Océanie (11%), selon l'étude. 
De la moitié aux deux tiers de toutes les espèces déjà connues se trouvent dans les forêts humides tropicales ou subtropicales, sur les cinq continents, estiment les chercheurs.
Une grande partie des espèces restant à identifier devraient ainsi se trouver dans ces régions, où moins de relevés sont effectués.
Par ailleurs, près d'un tiers des espèces mondiales sont qualifiées de rares par les scientifiques, avec une faible population et se trouvant dans des régions limitées. Ces espèces sont ainsi plus vulnérables à une menace d'extinction.
Seules 0,1% des espèces sont présentes sur les cinq continents.
L'Amérique du Sud présente la proportion la plus élevée (49%) d'espèces endémiques, c'est-à-dire uniquement présentes sur ce continent. 
"Ces résultats soulignent la vulnérabilité de la diversité des espèces d'arbres dans le monde", écrivent les auteurs de l'étude, notamment face à "l'utilisation anthropique de la terre et au climat futur".
"Perdre des régions de forêts contenant ces espèces rares aura un impact direct et potentiellement de long terme sur la diversité des espèces au niveau mondial, et leur apport aux services écosystémiques", ont-ils ajouté. 
Les relevés d'espèces sont un travail de très longue haleine et présentant de nombreux défis, notamment d'accès à certaines régions ou même de cohérence d'identification, plusieurs botanistes pouvant par exemple caractériser légèrement différemment une même espèce.
<https://information.tv5monde.com/info/il-reste-plus-de-9000-especes-d-arbres-decouvrir-etude-442858 <https://information.tv5monde.com/info/il-reste-plus-de-9000-especes-d-arbres-decouvrir-etude-442858>>
En savoir plus : 
> The number of tree species on Earth <https://www.pnas.org/content/119/6/e2115329119>, Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), February 8, 2022
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— The Freaks <https://www.the-freaks.fr/>, un collectif d'artistes et de personnalités qui s'engagent à adopter de nouveaux comportements pour lutter contre la sur-consommation, la pollution, le réchauffement climatique et protéger la biodiversité.
— Le temps est venu <https://letempsestvenu.org/>, 100 propositions pour prendre la mesure des changements à entreprendre pour opérer une transition écologique socialement juste.
— Baromètre des mobilités <http://barometremobilites-quotidien.org/>, une analyse annuelle des pratiques de mobilité des Français.
LES PUBLICATIONS DU THINK TANK
— Les rapports et contributions  <https://www.fondation-nicolas-hulot.org/articles/?category=think-tank&think-tank=rapport-contributions>
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